Leur dernier rêve
Fanfiction écrite par Andromeda Hibiscus Mavros
www .hananokaze .org
Rating / Classement [+18]
Publié pour la première fois le 2 octobre 2012
Chapitre 51
Cible localisée
Crédits : L'univers de The Vision Of Escaflowne est la propriété de Shoji Kawamori et du studio Sunrise, je ne fais que l'emprunter pour cette histoire.
Exception faite pour quelques personnages et lieux que j'ai créés pour l'occasion.
OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO
Alors que la saison estivale touchait à sa fin, Gaddes avait dû, une fois de plus, faire face à la disparition de son épouse.
Pendant une semaine, aidé du Crusade Crew, il avait arpenté les forêts aux alentours de Palas, en vain.
Après une violente pluie d'automne persistant sur plusieurs jours, désespéré, il s'était enfin décidé à aller parler à Allen.
La nouvelle de la disparition de sa sœur avait mis le chevalier hors de lui. D'abord, il avait passé sa colère sur Gaddes, qu'il rendait responsable, puis ce fut tout le Crusade Crew qui fit les frais de sa fureur.
Après avoir laissé son compagnon décharger sa rancœur, Millerna avait tenu à interroger les protagonistes de l'affaire.
Le sergent lui raconta les innombrables brèves disparations de sa femme, la façon dont il la retrouvait, perdue dans les arbres.
De toute évidence, Celena avait encore fait une fugue. Se souvent de ses connaissances en médecine, la Reine hésitait cependant à mettre cela sur le compte de son état mental.
En effet, sachant ce qu'elle avait vécu, la jeune femme manifestait déjà un trouble du comportement caractérisé par une attitude très enfantine, dont les fugues étaient la manifestation la plus connue.
Cela dit, elle avait besoin d'un « cercle de confort « et ne quittait jamais sa zone habituelle.
L'idée qu'elle en soit sortie d'elle-même était peu probable.
L'hypothèse d'un enlèvement était aussi peu plausible, Celena était très sensible à son environnement et son agilité lui permettait facilement de s'enfuir en sautant de branche en branche tel un petit oiseau.
Alors, où était-elle ?
A cette question, personne n'était capable de répondre.
OoO
Le jour était venu. Des mois d'attente allaient être récompensés, la confirmation des coordonnées par Exclior avait été faite le matin même, une grande partie des effectifs était déjà sur place à effectuer des repérages, il n'y avait plus qu'à…
Plus qu'à… Dans la forêt qui bordait le palais, Yiris et Merle se promenaient à l'abri des regards.
La Reine avait prétexté avoir envie de promener sa fille pour justifier sa petite escapade.
Chioni dans les bras, elle discutait avec sa complice des derniers détails.
Contrairement à l'habitude, Yiris ne semblait pas prête à se jeter dans la bataille. Percevant son scepticisme, Merle lui rappela l'enjeu.
— On va enfin sauver Maître Van, tu te rends comptes ! J'ai passé presque six mois à m'entraîner en attendant ce jour !
— Je sais…
— Pourquoi hésiter ? Insista Merle.
Yiris ne répondit pas. Après un moment de silence, elle affirma à la jeune femme-chat qu'elle serait prête à l'heure convenue et s'occuperait des derniers préparatifs.
Puis, la Souveraine regagna ses appartements, juste accompagnée de sa Princesse. Elle n'oubliait pas la question posée par Merle « Pourquoi hésitez ? », par égoïsme, probablement.
L'ancienne militaire avait un peu honte à se l'avouer à elle-même, mais le pouvoir l'avait toujours grisée.
Devenir chef de tribu avait été une étape, générale une autre, et maintenant Reine…
Jamais, quand elle vivait sur Terre, elle n'aurait cru prendre goût à ce genre de choses.
Gaea avait révélé un aspect de sa personnalité pas forcément honorable.
Son environnement avait changé et elle s'était adaptée à sa nouvelle vie.
Cependant, tout en restant la Yiris rebelle de sa jeunesse, elle était devenue celle qui appréciait de donner des ordres et de voir des gens se prosterner devant elle.
Ce statut de Reine, après un choc, était devenu son pêché d'orgueil. Il ne restait plus qu'une personne au-dessus d'elle : son mari.
Et finalement, elle s'en satisfaisait car il était brillant et charismatique. Aussi, il y avait cette étrange attirance qu'elle éprouvait vis-à-vis de lui, sentiment qui échappait à son contrôle et à sa rationalité.
Alors, si Van revenait, elle perdait tout. Connaissant Folken, il encaisserait avec pragmatisme, non, il serait même heureux, mais elle…
Sa légitimité à gérer totalement l'armée, son mari la lui avait donnée, en redevenant simplement la belle-sœur du Souverain, elle perdrait ce pouvoir, dont elle avait un besoin quasi viscéral.
Le cauchemar de Yiris lui faisait désormais face : devenir une dame de la noblesse avec pour seul passe-temps, sa fille…
Certes, elle adorait Chioni, malgré tout de là à faire tourner sa vie uniquement autour d'elle... La vision extatique de la maternité accomplie n'était pas la sienne.
Elle aimait sa fille à sa manière, moins enthousiaste, moins visible, elle avait donné son propre sens à son miracle.
L'angoisse de devenir « rien » pesait. Yiris se retrouvait dans une situation identique à celle qu'elle avait connu le soir de son étrange mariage avec Folken, alors qu'elle méditait dans son bain.
Cela dit, plus que le pouvoir, Yiris tenait à son honneur. Tous ceux qui lui avaient fait affront l'avaient payé d'une manière ou d'une autre. Dirken était bien placé pour pester à ce sujet du fond de sa geôle.
Alors, les voleurs d'energist allaient devoir rendre des comptes et la jeune femme allait enfin pouvoir laver la honte de n'avoir pu sauver son Roi du temps où elle était général.
Alors, même si cela aller lui en coûter, elle irait au secours de Van !
Et après ? Une idée commençait à se dessiner, Yiris restait indécise.
Etre la déesse vivante de fausses-personnes, passé l'effet de surprise, lui apportait un immense plaisir et celui-ci tendait à primer sur sa famille.
Pour envisager ainsi d'abandonner ainsi son mari et sa fille, elle arrivait à se demander si elle avait réellement une âme.
Laisser Chioni à son seul père, c'était sans doute lâche, mais pas forcément mauvais. Folken était comblé d'être père et saurait prendre soin de son enfant et l'aider à surmonter son handicap.
Sur un angle, Yiris n'avait rien à apporter à sa fille. Passé son ventre, sa chaleur et son lait, elle n'avait plus que le mauvais exemple à lui donner…
La jeune femme avait toujours été critique vis-à-vis de sa mère qui l'enfermait dans un carcan pour la rendre parfaite à l'image qu'elle s'était faite de sa fille ainée défunte, finalement elle avait elle-aussi échoué dans son rôle auprès de son enfant…
Quand à Folken, elle lui avait dit qu'elle l'aimait une fois, au sommet de la forteresse d'Irini, et cela avait la seule, l'unique fois.
Lui par contre le disait souvent. Parfois, il l'exprimait pas des paroles, parfois simplement par les gestes, démonstrations d'affection spontanée dont Yiris n'était que rarement capable.
La relation entre Yiris et Folken était particulière. La dominante du quotidien était la chose de son mari, elle lui donnait toujours ce qu'il voulait, elle prenait ce qu'il lui donnait sans jamais en demander davantage, au contraire, elle trouvait toujours qu'il s'occupait trop d'elle.
Pour cet homme, elle avait appris à jouer, à se faire plus sensuelle, plus douce… Cependant à son sens, cela relevait plus de l'instinctif féminin que de la volonté pure.
Et pourtant, il existait un lien entre eux, elle le savait, elle avait besoin de lui.
Quand elle était dans ses bras, elle ne pensait pas, elle était juste bien, quand ses gestes se faisaient passionnés, son ventre la brulait, c'était probablement cela « l'amour ».
Parfois, Yiris sentait sa raison la quitter lorsque Folken l'étreignait et, l'espace de quelques instants, tout devenait évident, mais une fois l'euphorie retombée, le doute revenait.
Un cœur froid, elle se sentait proche de cette description des fausses-personnes, tout en ayant conscience de cette fameuse différence car elle éprouvait bel et bien des sentiments, même s'ils n'étaient que fugaces.
Yiris ne se souvenait pas clairement de son temps d'humanité. Une chose était certaine, il y avait une forme d'authenticité qui lui manquait depuis sa transformation.
Trop rationnelle, trop indifférente à sa vie, la raison qui faisait battre son cœur n'était finalement probablement que mécanique.
L'heure du choix était venue. Soit se contenter du présent et perdre tout forme d'honneur, soit d'aller aller régler ses comptes, quitte à y perdre son âme humaine…
OoO
Ce soir-là, après un bref petit moment avec sa fille, Yiris dérogea à son habitude. Au lieu de rester à attendre sagement le retour de Folken, elle descendit à son bureau.
Elle qui avait horreur d'être dérangée quand elle travaillait ne se voyait pas imposer cela à autrui, mais là…
Ne frappant pas à la porte, elle entra directement. Ce comportement étonna Folken, il lui aurait bien demandé curieux ce qui lui prenait, il n'en eut pas le temps.
D'un geste brusque, Yiris repoussa les innombrables dossiers en attente pour s'asseoir sur le bureau de son mari, qui pour la peine ne savait vraiment plus quoi penser.
— Je rêve, c'est cela ? J'ai encore trop veillé et cette fois, je me suis endormi ? Demanda le Souverain à celle qu'il prenait pour une hallucination.
Lui souriant, Yiris se pencha vers lui, approchant ses lèvres des siennes, elle le caressa sensuellement de son souffle.
— Crois ce que tu veux, Roi de Fanelia !
Lui prenant les joues entre ses mains, elle l'embrassa passionnément, lui interdisant tout parole.
Face à cette attitude, Folken, déstabilisé, non seulement, n'arrivait pas réfléchir, mais surtout, ne le souhaitait pas.
L'attitude osée de sa femme tenait du rêve et il ne souhaitait pas gâcher ce moment dont la saveur lui rappelait le baiser de la fontaine d'Asturia.
Il n'avait qu'une envie, succomber à la fougue qui avait envahi Yiris. Ses bras l'enlacèrent et il la caressa à travers le tissu de sa robe de nuit bleu clair, recouverte d'une veste cache-cœur d'un ton plus sombre.
Loin d'être passive, elle déposa une multitude de petits baisers aériens dans le cou de son mari, tout en passant ses mains dans sa chemise pour dessiner de ses doigts fins sa musculature.
L'envie se fit vite trop forte, Folken passa sa main sous la toile pour remonter le long des cuisses.
Sa femme, qui avait toujours eu l'art de se contenir, soupirait avec une délicieuse langueur.
Et alors qu'il n'en pouvait plus, elle pivota brusquement sur elle-même, quitta le bureau et se dirigea vers la porte avant de lancer un regard coquin jamais vu auparavant, puis de s'en aller comme elle était venue.
Quelques instants, le Roi resta simplement immobile, quasi convaincu d'avoir rêvé.
Cependant, la pagaille mise sur son poste de travail tendait à prouver que non, ce qui venait d'arriver était bien réel.
Oubliant toute forme de réflexion, il se leva et regagna ses appartements sans même ranger son bureau.
A l'étage, il découvrit Yiris debout devant le foyer. Elle tendait ses mains vers les flammes. Ses cheveux à mi-dos étaient lâchés, juste la tresse d'or les ornait.
Le voyant arrivé, elle s'en alla vers la chambre avec une mimique facétieuse.
Décidemment, non, il ne rêvait pas, c'était bien elle qui était venue lui rendre une visite incongrue.
Alors, il la suivit et une fois le seuil de la chambre franchi, elle s'approcha de lui et lui donna un nouveau baiser passionné qui lui procura un plaisir comme il n'en avait jamais connu auparavant.
Yiris, sa Yiris, toute la glace avait fondu, et il devait se rendre à l'évidence, il l'adorait ainsi.
L'ardeur dont elle faisait preuve l'incitait lui-même à repousser ses limites, car la voir dans cet état, lui faisait perdre tout contrôle, il voulait la combler.
Ce furent sans doute les heures qui défilèrent, et aux terme d'étreintes torrides, ils finirent par s'effondrer, épuisés, en sueur.
Au-dessus de lui, elle se laissa retomber sur son torse, la tête sur son cœur et enfin, il trouva la force de parler.
— Qu'est-ce qu'il t'arrive ? Je n'imaginais pas un jour te connaître ainsi…
— Cela ne t'a pas plu ?
— Si bien sûr ! Cependant, je pense être en droit d'être surpris !
Yiris soupira et ne répondit pas. Folken n'insista pas, et tira la couverture sur eux.
Il s'endormit vite, sentant les battements de son cœur ralentir, Yiris se redressa.
Fermant un bref instant les yeux, elle laissa les signes des fausses-personnes couvrir sa peau.
Ensuite, elle posa la main au centre de la marque du Roi qui apparaissait un peu sur le torse tel un trait dessiné par une luciole.
Un sursaut agita le corps du jeune homme.
Avec une certaine tristesse dans le regard, elle se pencha vers lui et déposa un petit baiser sur son front avant de se lever et de partir vers la salle d'eau en murmurant :
— Désolée…
OoO
Le lendemain, le Roi s'éveilla avec un mal de tête tenace. Se rafraichir un peu arrangea partiellement le problème, malgré tout il restait encore un peu endolori.
Et, comme à l'habitude, il partit travailler, faisant toute fois un détour pour aller embrasser sa petite Princesse.
La journée s'écoula paisiblement…
Le lendemain, même chose, il croisa Hitomi dans les couloirs en train de courir après le petit Balgus qui marchait avec enthousiasme, discuta avec Meinmet, accepta même de goûter une de ses créations, comme si de rien n'était, comme si tout était normal….
Et le soir, il se rendit auprès de Chioni. Malgré l'heure tardive, la petite ne dormait pas.
Du haut de ses neuf mois, elle avait toujours son regard perçant bien que blanc et son expression sérieuse.
Il la prit dans ses bras, elle le fixa les yeux dans les yeux comme si elle voyait.
— J'ai l'impression que tu essaies de me dire quelque chose, petit poisson. Malheureusement, je ne te comprends pas.
Un long moment, il la berça, finalement, elle finit par s'endormir blottie contre lui.
Délicatement, il la déposa dans son berceau, échangea quelques mots avec Mila qui la gardait et s'en alla.
Cette fois, sa nuit fut loin d'être paisible. Son sommeil était très agité, soudain, la marque sur sa poitrine le brûla au point qu'il se réveilla en sursaut.
— Yiris !
Il se tourna sur le côté, et se rendit compte qu'elle n'était pas là. Sur ce constat, les maux de tête reprirent.
Tout ceci n'était pas normal. Peu à peu, il remettait ses idées en ordre, se rendant compte que cela faisait deux jours que sa femme avait disparu et que, malgré tout, ni lui, ni personne ne l'avait cherchée.
Il se remémora la dernière soirée avec elle, c'était tellement étrange…
Dans sa quête de parfaire sa manœuvre, elle avait même pensé à ranger le bureau pour effacer toutes traces des événements.
Une brève réflexion le conduisit avec une évidente conclusion, il y avait de la magie fausse-personne derrière tout ça.
Yiris était très certaine capable de manipuler un esprit, mais tout un palais… Il était impossible qu'elle ait agi seule !
Que pouvait-elle bien avoir l'intention de faire ? Là était tout la question. A y réfléchir, cela faisait un moment qu'elle était secrète.
Comme pour la fuite pour se livrer à Constantin, il n'avait jamais rien vu venir.
Yiris ne parlait jamais d'elle-même, de ses aspirations profondes, elle gardait toujours tout pour elle.
Folken avait eu la bêtise de croire que la naissance de Chioni la changerait, force était de constater que ce n'était absolument pas le cas.
Elle était partie du jour au lendemain, abandonnant son mari et sa fille pour suivre son idée.
Se levant pour réfléchir, Folken se souvint d'un autre détail : il avait vu Hitomi, mais pas Merle.
Bien sûr, la jeune maman se promenait parfois seule avec son fils, mais on savait quand la demoiselle chat était là, car elle parlait bruyamment dans les couloirs, or silence…
Même si ce n'était qu'un vague début de piste, Folken devait en avoir le cœur net et se rendit aux appartements d'Hitomi dont Merle occupait une petite dépendance.
Il frappa à la porte sans trop insister, de peur de réveiller le petit Balgus.
Au bout de quelques minutes, la porte s'ouvrit dévoilant une Hitomi qui devait dormir profondément il y a encore peu.
— Folken, que se passe-t-il ? Bredouilla-telle dans un demi sommeil. Vous allez bien ?
— Je suis désolé de venir ainsi en pleine nuit. Cependant, je dois absolument savoir si Merle est là.
— Merle ? Heu… Laissez-moi réfléchir…
Visiblement prise de migraine, Hitomi alla s'asseoir.
Le Roi la suivit à l'intérieur de la chambre, alluma une lampe et apporta un peu d'eau à la jeune femme.
— Tenez, cela vous fera du bien…
— Merci, je ne comprends pas pourquoi j'ai soudain aussi mal. Quand je me suis couchée, j'allais parfaitement bien, et là…
Prenant une chaise Folken se plaça face à elle.
— Je vous demande pardon, mais je dois insister, il faut que je sache où se trouve Merle.
— Pourquoi ? Elle aurait fait quelque chose de mal ?
— Vous n'allez sans doute pas me croire, cependant, je pense qu'elle est quelque part avec Yiris. Je suis très inquiet concernant ce qui risque de se passer.
— Yiris n'est pas au palais ? Demanda Hitomi, stupéfaite.
Folken hocha négativement la tête.
— En fait, jusqu'à cette nuit, je ne m'en suis pas rendu compte, comme tout le monde d'ailleurs. La mémoire m'est brutalement revenue il y a quelques minutes. Je me souviens seulement que deux jours auparavant, elle a eu un comportement étrange… Depuis, je ne l'ai plus revue…
Dubitative, Hitomi regarda alentour. Il était évident que Merle n'était pas là non plus et elle ne l'avait pas remarqué.
Fermant les yeux, elle se concentra autant qu'elle pu, tentant d'ignorer la douleur qui lui serrait le crâne dans un étau de plus en plus fort au fort, à mesure qu'elle tentait de libérer son esprit d'une sorte de prison.
Et là, tout s'éclaira.
Elle voyait une sorte de voile sombre envelopper le château, les gens semblaient tenus par des fils de marionnettes.
Au centre de la cour du palais, se tenait Yiris, les fils arrivaient tous à ses mains et, soudain, semblèrent les quitter pour se trouver tenus par de nombreux fausses-personnes qui apparaissaient autour d'elle.
Puis, au côté de Yiris, Merle apparut, libre de ses gestes. Elles étaient complices, pourquoi ?
C'est alors que la vision prit une tournure inattendue. Hitomi ne voyait qu'une clarté floue avec deux silhouettes, les personnes semblaient discuter entre elles.
Les paroles étaient confuses. Soudain une phrase se fit entendre de façon totalement compréhensible. Il s'agissait de la voix de Merle
— Yiris, tu es sure que l'on peut faire confiance à Dryden ?
OoO
Dans une vallée de soufre de Freid, proche de la frontière de Fanelia, se trouvait un fort abandonné depuis très longtemps en raison de la dégradation du climat ambiant avec les années.
C'était là que Van était censé être retenu. Le pourquoi personne n'était venu chercher ici là était évidente, l'odeur.
Car ce n'était pas un brouillard ordinaire qui flottait, mais des nuages de soufre. L'aspect humain de Yiris la mettait au bord de la nausée.
Merle aussi se sentait mal.
Bon sang, quelle idée avait eu les ennemis de venir là… Bonne cachette en effet.
Cependant eux-mêmes ne devaient pas en profiter…
Le groupe se rassembla. Environ une cinquantaine de fausses personnes accompagnaient les jeunes femmes.
Certains étaient furieux de voir Merle figurer parmi l'effectif, cependant celle-ci avait trouvé un moyen de se rendre utile.
Elle connaissait Van mieux que personne, et malgré les effluves puants, elle était certaine de percevoir à coup sûr son aura, atout intéressant.
Après des heures d'attente, sortant de la brume, un éclaireur vint faire son rapport.
— La base ne me semble pas trop défendue. Je n'ai pas vu beaucoup de soldats. Ceci dit, je n'ai pas senti leur présence non plus… En fait, il y a ce mystérieux mécanisme que les premiers espions avaient rapporté. En tant que sorcier, c'est étrange, je n'arrive pas à percevoir les esprits de ceux qui se trouvent à l'intérieur de cette drôle de barrière, clairement délimitée par un halo rosé.
— Rosé… Comme l'energist… j'ai du mal à voir une coïncidence entre cela et les vols… Fit Yiris.
— Tu en penses à quoi ? Interrogea Merle.
— De ce que j'ai compris, Zaibach se servait d'energist comme source de puissance pour générer une sorte de contrôle mental. Il est possible le système ait été reproduit ici à petite échelle.
— Tu crois donc que c'est l'œuvre d'anciens de Zaibach ?
— Ce sont eux qui ont développé cette technologie, donc ça se tient… Après, s'ils sont bien derrière toute cette histoire, rien ne prouve non plus que le système soit pareil que du temps de l'Empire.
— Comment ça ? Demanda la jeune femme-chat, inquiète. A quoi devons-nous attendre ?
Perplexe, Yiris haussa les épaules tandis qu'elle observait la forteresse dont, parfois, une tour émergeait du brouillard.
Exclior, fort de sa grande expérience de sorcier fausse-personne, reprit le raisonnement.
— Et bien, la machine de Dornkirk était gigantesque et possédait une source d'alimentation annexe exceptionnelle grâce au point de puissance de Freid. Or, ici, tout est bien petit, bien que nous soyons à Freid même, il n'y a aucun moyen d'accéder au Temple de Fortona, donc à l'énergie du point, qui plus est doit être sous bonne garde.
— Système rudimentaire ? Questionna un autre membre du groupe.
— Ou totalement différent… Ce qui est certain, c'est qu'il semble protéger son contenu de l'extérieur. En effet, physiquement, on voit les gardiens, mais on ne sent pas leurs âmes.
Espérons que la traversée de la barrière puisse se faire de façon discrète. Chaque non-sorcier passera avec un expérimenté, il faudra forcer pour s'isoler, c'est impératif de ne pas se faire repérer.
J'ai vraiment peur que si nous nous faisons prendre, ils n'hésitent pas à exécuter leur prisonnier plutôt que de prendre le risque que nous ne le libérions ! Conclut Exclior.
La mise au point de la stratégie nécessita encore plusieurs heures de palabres. Les équipes se formèrent et les rôles se définirent.
Etant donné que la façon dont les âmes seraient perçues à l'intérieur de la barrière était inconnue, ce serait Merle, accompagnée de Yiris, qui aurait pour tâche de trouver Van.
Avant de partir, la jeune femme-chat regarda longuement le fortin.
— Maître Van, j'arrive !
