Leur dernier rêve

Fanfiction écrite par Andromeda Hibiscus Mavros
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Rating / Classement [+18]

Publié pour la première fois le 9 octobre 2012

Chapitre 52

Adieu

Crédits : L'univers de The Vision Of Escaflowne est la propriété de Shoji Kawamori et du studio Sunrise, je ne fais que l'emprunter pour cette histoire.
Exception faite pour quelques personnages et lieux que j'ai créés pour l'occasion.

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Le moment où elle dut expliquer sa vision fut particulièrement délicat pour Hitomi.
Après une petite pause pour reprendre ses esprits, elle se décida à parler.

Faire comprendre à Folken que sa femme complotait avec une nuée de fausses-personnes pour manipuler tout le palais était délicat.
A sa grande surprise, le Roi écouta attentivement et ne manifesta aucune stupéfaction, à croire qu'il s'y attendait.

La seconde partie n'était pas non plus évidente à raconter. Cette fois, la jeune femme redoutait une réaction brutale.
A l'évocation du nom de Dryden, Folken esquissa un rictus mécontent. Meinmet, à l'image des généraux et des quelques serviteurs eux-aussi présents, retinrent son souffle.

Le Souverain se leva, puis fit quelques pas en direction d'une fenêtre.

— Mon oncle, interrogea-t-il sans que l'on puisse voir son expression, la dernière lettre que t'a envoyée Dryden, d'où provenait-t-elle ?
— Euh, le mois dernier, il m'a écrit de Cesario et me disait qu'il redescendait vers Freid…
— Soit, débrouillez-vous tous autant que vous êtes, dans une heure, je veux savoir où se trouve Dryden Fassa !

Les militaires opinèrent et s'en allèrent immédiatement.

Meinmet et Hitomi tentèrent de discuter avec Folken, cependant celui-ci leur fit comprendre d'un geste qu'il préférait rester seul.

Préférant ne pas insister, les deux se retirèrent, redoutant le pire pour les heures à venir.

OoO

Grâce à la communication via les hurlements des hommes-loups, les nouvelles arrivèrent peu après l'aube.

Il s'avérait que le marchand était juste à la frontière séparant Fanelia de Freid, et ce depuis un peu plus d'une semaine.

Organisant un Conseil d'urgence, le Roi ne cachait pas sa fureur.

Presque que tous les habitants du palais s'étaient massés dans les couloirs pour écouter ce qui allait sortir de cette réunion.

— Je vais être bref ! Je pars avec les armées de Griffe et de Défense, je sais que les effectifs mobilisés en ce moment sont faibles, mais cela suffira, d'autant plus que nous allons embarquer dans les vaisseaux rapides, qui n'ont pas de très importantes capacités. Notre destination est la frontière sud.
Luyren, je te confie le soin d'envoyer un message à Freid pour leur demander de masser des troupes de leur côté pour nous aider. Dis-leur bien que, cette fois, nous avons une piste très sérieuse en ce qui concerne les voleurs d'energist et que la rapidité d'action est capitale.
Ezgas, tu es chargé de la défense de nos terres, je compte sur toi pour renforcer la sécurité de nos relais, l'hypothèse d'un leurre reste envisageable.
Quand à toi, mon oncle, je compte sur toi pour assister Luyren dans la gestion courante et surtout pour veiller sur Hitomi, son fils et ma précieuse petite Princesse.

Si tôt dit, si tôt fait, avant le crépuscule, les soldats des armées concernées présents au palais.
En soit, cela ne représentait même pas sept cent hommes.
Si besoin, le Souverain avait demandé la mobilisation des effectifs de réserves vers la capitale, se réservant le droit d'y faire appel

Observant le départ des armées, Hitomi se retrouvait projeter deux ans en arrière, quand Van était parti pour le front pour ne pas en revenir.
Malgré les paroles réconfortantes de Meinmet, elle ne pouvait s'empêcher d'être dévorée par l'appréhension.

Juste avant de partir, Folken passa quelques instants auprès de sa fille. Il éprouvait une évidente peine à la laisser.
Dans sa tête, tout se bousculait, les agissements de Yiris l'avaient profondément déçus. Il ne comprenait pas pourquoi elle s'obstinait à le maintenir à l'écart de tout, et surtout comment elle avait pu les abandonner, lui et Chioni, du jour au lendemain, sans un mot.

OoO

L'assaut du groupe de fausses-personnes étaient sur le point de débuter, chacun était positionné juste à la limite du halo rosé entourant la position ennemie.

Comme prévu, un initié accompagnait un novice, Yiris faisait équipe avec Merle.
Le franchissement de la barrière occasionna un certain stress, malgré cela, la passer fut somme toute simple.

Facilement, tous gravirent une petite muraille pour arriver à une tourelle. Sans trop de difficultés, le duo des hybrides parvint à rentrer dans le fortin en évitant les deux gardes postés sur ce tronçon du chemin de garde.
Une fois à l'intérieur, la jeune femme-chat interrogea sa binôme.

— Alors, tu penses quoi de ce truc dans lequel on est entrées ?
— Aucune idée, je ne connais pas. Je ressens une grande pression, j'ai dû mal à nous cloisonner mentalement hors de cette emprise.
— Mauvaise nouvelle… Tu crois que l'on s'est faites repérer ?
— Peut-être pas, cependant, cela ne devrait tarder, l'effet d'aspiration est fort. J'ai l'impression qu'on essaie d'attirer mon esprit, c'est étrange... Je sens bien que je ne maintiendrai pas longtemps cette vigilance, donc il faut aller vite… Souci, en me cloisonnant, je n'arrive pas à percevoir la présence de Maître Van…
— Soit, alors laisse-moi faire ! Je vais te montrer en quoi je peux être utile !

Dans le silence, Merle marcha quelques pas les yeux fermés, sautillant. Yiris l'observait dubitative.
Elle semblait comme papillonner, attitude complètement paradoxale vu la situation.

Soudain, les moustaches frémirent, et le pelage se raidit. Sure d'elle, Merle pointa une direction.

— Il est par là, je sens son odeur ! C'est dur de le distinguer au milieu du reste, mais je suis sure de moi !

Sans discuter, Yiris emboita le pas à son acolyte déjà emportée par son élan.
Sentir à nouveau le parfum de Van, c'était le miracle que Merle n'osait plus trop espérer.
Là, l'attraction était irrésistible, elle avançait sans plus réfléchir.

Heureusement, sa binôme assurait ses arrières, même si au final, les effectifs semblaient étrangement réduits.
Au long du parcours, elles ne croisèrent guère qu'une dizaine de soldats.

Leur parcours les amena à s'enfoncer dans le sol. Yiris était de plus en plus sceptique, la partie visible du bâtiment n'était rien à côté des souterrains, pourtant peu défendu…
A croire qu'une grande partie de la défense reposait sur ce mystérieux halo.

Soudain, Merle s'arrêta net au-dessus d'une grille. Elle essayait de voir à travers, cependant la pénombre ambiante n'aidait pas.

Prenant une des torches suspendues dans le couloir Yiris s'approcha d'elle.

— Tu penses qu'il en dessous ?
— Certaine ! Répondit la jeune femme-chat. Maître Van, vous m'entendez ? Maître Van !

Même avec davantage de lumière, l'ancienne générale restait perplexe.

En contrebas, il avait l'air d'y avoir un petit ilot de pierres, mais le reste baignait dans une eau saumâtre dont l'odeur était presque pire que celle, sulfurée, de l'extérieur.

Et tout à coup, une silhouette apparut. Les deux jeunes femmes n'en croyaient pas leurs yeux.

Barbu, amaigri, malgré tout, les étincelles dans son regard parfaitement reconnaissables, un homme s'était approché du petit ilot.
Il avait de l'eau jusqu'à mi-cuisses.

Aucun doute, il s'agissait bien de Van.

Submergée par l'émotion, Merle ne put contenir ses larmes. De son côté, Yiris eut un grand soupir de soulagement.

Non seulement l'endroit indiqué par Dryden était effectivement le lieu de détention du Souverain disparu, mais, le plus important, elle avait put arriver à temps.

— Merle ? C'est toi ? Hasarda d'une voix faible le prisonnier qui pensait sans doute rêver.
— Oui, je suis venue vous chercher ! Répondit l'intéressée en sanglotant.
— Je vois que tu n'es pas venue seule…
— En effet, je suis là aussi Maître Van ! Acquiesça Yiris.

Un sourire ému les remercia. Cependant, l'instant de félicité ne pouvait durer, il fallait se dépêcher.
Alors que Yiris cherchait un moyen de bouger la grille lourde et bien rouillée, elle entendit de l'agitation aux niveaux supérieurs.

— Je crois qu'on est repérés ! Pesta la jeune femme en continuant de chercher à ouvrir l'oubliette.

Inquiète, Merle l'aida, mais elle avait beau redoubler d'efforts, la grille restait solidement ancrée dans le sol.
Soudain, un groupe de fausses-personnes surgit dans le couloir.

— Nous eu beau être été discrets, notre présence a été perçue ! Expliqua l'un d'eux. D'autres essaient de gagner du temps.
— Tant pis, on va faire avec ! Venez m'aider, ce bout de métal pèse une tonne !

Les individus s'exécutèrent et enfin l'oubliette fut ouverte. L'incongruité de la prison posa un bref, problème, car personne n'avait pensé à prendre une corde.
Yiris, aidée d'un de ses acolytes, aida Merle à se glisser, montant difficilement sur l'ilot, Van lui attrapa les mains, il ne resta plus qu'à les hisser au dehors.

Cela fait, la jeune femme-chat serra l'homme à nouveau libre dans ses bras. Il était maigre, presque rachitique, épuisé, mais il était là, vivant !
Le bruit des altercations se rapprochait, Yiris se sentit obligée d'interrompre les retrouvailles.

— Faut qu'on s'en aille vite !

Van voulut se lever, il n'y arriva pas. A sa grande surprise, ce furent des fausses-personnes qui l'aidèrent.
Il n'eut pas le temps de poser des questions, une voix qui lui fut étrangement familière retentit dans le couloir.

— Laissez-le ! Ordonna l'individu. Il est à moi.

Une silhouette se dessina dans la pénombre. Il s'agissait d'une jeune femme, vêtue comme un homme, blonde aux cheveux coupés au carré : Celena Schezar.

OoO

Les vaisseaux de Folken n'avaient pas démenti leur réputation de rapidité, seules quelques heures furent nécessaires pour un trajet qui pouvait prendre une journée.
L'embarcation de Dryden était à l'endroit escompté, un des engins s'amarra à lui.

Les matelots apparurent surpris. Cependant voyant le Roi de Fanelia, accompagnés de plusieurs soldats, ils restèrent immobiles.

Paniqué, Monsieur Souris se rendit en courant auprès du marchand.

— Maître, Maître, je vous en prie levez-vous ! L'armée de Fanelia est là ! Maître !

L'intendant eut à peine le temps d'ouvrir les portes des appartements de son patron que déjà Folken l'avait rejoint.

Pris au saut du lit, en robe de chambre, Dryden ne put prononcer le moindre mot que le Souverain, furieux, le souleva par le col et le plaqua contre une cloison.

— Où est ma femme ?
— Pas avec moi en tout cas ! Plaisanta le marchand avec un sourire embarrassé.

L'appui au mur se fit plus fort et cette fois, c'était par la gorge que Dryden était suspendu, les pieds dans le vide.
Comprenant qu'il n'avait pas intérêt à jouer davantage au plus malin, il se décida à parler.

— Soit, soit, désolée ! Votre femme doit être dans la vallée de soufre en train de porter secours à votre frère…
— Comment ça ? Demanda Folken, dont la colère n'était pas retombée.
— Depuis des mois, je traque un groupe d'individus que je soupçonne faire partie de bande des voleurs d'energist. Il y a quelques jours, j'ai localisé leur base, protégée par un étrange halo rose.
— Et que vienne faire mon frère et ma femme dans tout cela ?
— Pour votre frère, un de mes espions a discuté avec un gardien un peu trop bavard qui a évoqué un prisonnier important et…
— Pourquoi ma femme est mêlée à ça ?
— Je travaille avec des fausses-personnes et je ne sais pas trop pourquoi, ces derniers ne veulent rien faire sans elle. Ils en ont fait leur Déesse ou je ne sais quoi… Alors, j'ai dû faire avec…

Les réponses semblèrent, à première vue, satisfaire le Roi qui relâcha son étreinte.
Agenouillé à terre, le marchand reprit difficilement son souffle.

Lui soulevant la tête brutalement par le menton, Folken le fixa droit dans les yeux et demandant une dernière chose.

— Conduis-moi à l'endroit dont tu parles !

Dryden opina positivement, heureux de s'en être sorti indemne.

OoO

Dans le fort, la bataille entre les fausses-personnes et les soldats ennemis faisaient rage.
Cependant, au milieu de tout ce tumulte, dans les souterrains, c'était plutôt un silence de mort qui régnait.

— Dilandau ! Soupira Van.
— Hein, c'est une femme là, Dilandau était un homme ! S'étonna Yiris.
— Oui, mais je sais comment, il a repris le contrôle de la sœur d'Allen. Le corps est celui d'une femme, cependant, aucun doute sur la personnalité qui l'habite.
— Allons, Van Fanel, tu ne vas quand même pas me laisser ? S'amusa Celena, possédée, en frottant une légère cicatrice visible sur sa joue

Brusquement le sol trembla. Yiris et toutes les fausses-personnes semblèrent comme pris de violents maux de tête.
Soudain, Exclior surgit dans le couloir.

— Il faut fuir vite, leur barrière magique semble se renforcer. Nos esprits ne vont pas résister.

Comme insensible, Dilandau se mit à rire. L'ignorant les acolytes de Yiris et Merle aidèrent Van à avancer.

La jeune femme-chat leur emboita le pas. Précautionneuse, l'ancienne militaire resta en arrière pour couvrir leurs arrières.

Et cela fut utile, furieuse, celle-ci se rua à la poursuite de son prisonnier.
Yiris la bloqua de son bâton.

Sortant des couteaux, Dilandau s'évertua à la passer. Plantant l'une de ses lames dans le bras de son adversaire, Celena parvint à se dégager et à se relever.
Elle voulut courir en direction des fuyards, mais tendant fermement sa main indemne, Yiris la fit trébucher.

Dans un dernier geste avant de perdre l'équilibre, Dilandau lança un couteau de toutes ses forces.

Se relevant rapidement, la Reine de Fanelia hurla :

— Attention !

Soutenant Van, Merle se retourna et vit venir la lame.

Sans réfléchir, elle se positionna dans l'axe du trajet de celle-ci, qui visait clairement le jeune homme.

Horrifiée, Yiris vit la lame se planter en plein dans la poitrine de la jeune femme-chat qui s'effondra.
Comprenant que quelque chose s'était passé, Van voulut s'arrêter. Cependant les fausses-personnes le forcèrent à avancer.

Se précipitant vers la blessée, Yiris prit juste le temps d'écraser de tout son poids le mollet de Dilandau à terre qui gémit de douleur, la force déployée avait fêlé les os.

— Je m'occupe de Merle, avancez !

D'autres soldats arrivèrent aux cotés de Dilandau, qui était bien décidé à poursuivre son objectif, mais ceux-ci tempérèrent son ardeur.

— Nous devons fuir, Maître, le système est au maximum de sa puissance. Si nous restons trop longtemps, nous allons tous mourir.

Ecoutant juste d'une oreille et comprenant l'urgence, Yiris releva la jeune femme-chat et s'enfuit en courant.
Incapable de marcher, Merle reposait de tout son poids sur elle.

— Yiris, laisse-moi !
— Te laisser, non mais tu es folle, chaton ! Maître Van va me massacrer, sans compter que si je t'ai sauvé la vie à Irini, ce n'est pas pour te laisser tomber maintenant.
— Soit pas stupide toi non plus… Tu as vu où j'ai été touchée…

Les mots étaient sortis difficilement, la jeune femme-chat semblait étouffer.
Impuissante, Yiris continuait d'avancer, retenant ses larmes.

Le chaos total régnait dans le fortin. Les ennemis semblaient vouloir fuir, tout le monde se bousculait.
La sensation de tête écrasée dans un étau perdurait, mais il fallait tenter de s'en accommoder pour avancer.

— Yiris… Bredouilla Merle. Je peux te demander… quelque chose ?
— Tout ce que voudras…
— Je n'ai… aucun regret… Alors, tu diras à Maître Van « bonne route ! » de ma part.
— D'accord, on en reparlera dehors…

Un léger souffle se fit sentir dans le cou de Yiris, le poids sur son épaule se fit plus lourd. Elle secoua un peu la jeune femme-chat, elle resta inerte.
Se penchant brièvement de son côté, elle vit qu'elle avait les yeux clos et le sourire aux lèvres.

Cette fois, les larmes coulèrent sur les joues de l'ancienne militaire, tandis qu'enfin, elle atteignait la surface.

OoO

Les troupes de Fanelia et celles de Freid venaient de converger à l'entrée de la vallée.
Malgré les vives inquiétudes des médecins sur les possibles effets des effluves nauséabondes sur la santé, le jeune Duc avait tenu à être présent.

Vêtu d'une armure qui semblait l'écraser, il s'avança vers le Roi de Fanelia.
Bien que fin, Chid était assez grand, cela lui donnait un semblant d'autorité.

— Comme vous pouvez le constater, j'ai répondu présent au plus vite avec les forces dont je disposais. La vallée est en cours d'encerclement. Cependant, il existe des bâtiments à flanc de montagne qui peuvent servir de cachettes aux ennemis. Ce sera long de tous les fouiller. Quoiqu'il en soit, débusquer jusqu'au dernier de ces criminels est une priorité absolue !
— Merci à vous, Duc de Freid ! Répondit Folken. Les informations de Dryden ne sont pas totalement certaines, mais la cible du commando censé délivrer mon frère est un fortin situé au centre de cette vallée, dans la zone la plus brumeuse.

Après une mise au point, carte à l'appui, les différents états-majors se mirent d'accord et des troupes avancèrent dans la forêt.

Simplement le nez protégé par des tissus imbibés d'essences spéciales, les soldats des deux pays progressaient difficilement dans le brouillard toxique. Plusieurs s'évanouirent rapidement.

Folken avançait avec les troupes, il avait convaincu Chid de coordonner l'arrière, conscient que le jeune homme risquerait sa vie au cœur de ce lieu irrespirable.
Sa nature en partie non-humaine lui permettait de supporter plus facilement que les soldats, ce n'était pas pour autant évident.

Enfin, les militaires arrivèrent en vue du fortin en question où semblait émaner une grande agitation.
Et brusquement, l'édifice sembla devenir une cheminée avec un rayon rose s'échappant vers le ciel, transperçant les nuages, au point que pour la première, un rayon de soleil pénétra les terres.

S'en suivit un sifflement atroce, puis une explosion provoqua l'apparition d'une série de cercles d'ondes de choc dont les contacts successifs occasionnaient de violents maux de têtes.

Nombres d'hommes perdirent encore connaissance, Folken, quand à lui, restait le regard rivé sur le fortin, désormais en ruines.

OoO

Au même instant, à Fanelia, Hitomi, qui prenait son petit déjeuner avec Meinmet, s'évanouit.
Les minutes qui suivirent faillirent provoquer une crise cardiaque au vieil homme, complètement paniqué.

Finalement, la jeune femme reprit ses esprits et se mit à pleurer nerveusement tout en affichant un sourire qui ne manqua pas d'intriguer les présents.

Inquiet, le vieux Prince se pencha vers elle.

— Hitomi, vous allez bien ?
— Oui… Répondit-elle entre deux sanglots, tout en se frottant les yeux de son avant-bras. C'est juste que maintenant je sais que Van est vivant, je sens sa présence, à nouveau…

OoO

Le phénomène surréaliste qui s'était produit dans la vallée avait occasionné une énorme frayeur aux soldats qui s'étaient dispersés ça et là.
Entre ceux qui avaient fait des malaises, ceux qui étaient en proie à des crises d'angoisse, l'anarchie était total.

Il fallut un bon moment et quelques renforts venus de l'arrière pour mettre bon ordre à tout cela.

Une fois le calme revenu, la progression reprit. En tête, Folken donnait un rythme assez soutenu aux troupes l'accompagnant.

L'événement auquel il venait d'assister lui fit redouter le pire.

Petit à petit, il sentit comme des présences autour de lui. Il y avait du mouvement dans les branches, et ce n'était certainement pas des oiseaux, à part quelques reptiles, aucune faune ne pouvait survivre longtemps dans un tel environnement.

Plutôt que de se méfier, le Roi se sentit au contraire attiré par ceux qui l'observaient et suivit leur avancée.

Il finit par se trouver dans une petite clairière. Les soldats derrière lui brandirent leurs armes devant le spectacle.

Une trentaine de fausses-personnes entouraient Yiris assise à terre au chevet d'un homme barbu allongé.
Près d'eux, recouvert d'un drap sommaire, un corps gisait.

Faisant signe aux militaires de ne pas bouger, le Roi de Fanelia s'approcha de sa femme.
Se penchant, il reconnut le blessé, son frère. Ce dernier dormait, sans doute épuisé.
Emu, Folken s'accroupit près de son cadet et passa la main sur son front. C'était un vrai miracle de l'avoir retrouvé.

— Voilà, fit Yiris, Maître Van est vivant ! Il va avoir besoin de repos et de soins, mais il va s'en remettre…

Puis, détournant le regard vers le drap, elle ajouta, tête basse…

— Malheureusement, en voulant le protéger, Merle a perdu la vie, je suis désolée…

Sans un regard pour son mari, la jeune femme se redressa.

— Je ne pense pas qu'après l'explosion, il ne reste encore grand chose là-bas. Il faut savoir qu'ils utilisaient une sorte de machine de contrôle mental…
Sur ce, nous allons reprendre la traque, plusieurs de mes hommes sont à leur trousse. Nous sommes certains qu'ils ont une base arrière aussi, nous allons en finir avec eux.

Alors, qu'elle allait s'en aller, Folken se précipita vers elle et la prit violement par le bras.

— Et c'est tout, tu t'en vas comme ça ? Tu vas poursuivre ta croisade avec ta petite armée ? Tu te rends comptes ? Vous n'étiez déjà pas nombreux pour votre assaut. Là, vous risquez encore de rencontrer une plus grande résistance, d'autant que votre venue sera attendue, cela s'appelle du suicide.

Cette fois, Yiris planta ses yeux bigarrés dans ceux du Roi.

— Nous allons faire ce qui doit être fait !
— Mourir tout ensemble ?

La jeune femme essaya de se dégager, pas moyen, Folken la retenait trop fermement.
Faisant fi des nombreux témoins présents, il la poussa contre un arbre.

— Est-ce que cela t'amuse de me torturer ?
— Bien évidemment que non…
— Alors, si tu m'aimes ne serait-ce qu'un peu, attends avant ton assaut que nous organisions nos troupes pour avoir de vraies chances de réussir avec un minimum de pertes.

Fixant le sol, l'intéressée ne répondit pas tout de suite. Elle soupirait de dépit. Doucement, Folken lui releva le menton.

— Allons en discuter au calme, d'accord ?
— D'accord…

Rapidement, l'essentiel des troupes évacua la vallée ne laissant que quelques troupes de surveillance fréquemment relayées.

Van avait été conduit à l'arrière. Hylden le prit en charge. Le bilan de son état de santé n'était pas glorieux, mais somme toute, il s'en sortait bien de deux ans de détention.

A la perte importante de poids et de muscles s'ajoutait la présence de quelques plaies mal soignées, ainsi que deux doigts de la main gauche absents, un gangréné que Van avait dû amputer lui-même, l'autre dont il avait expliqué que Dilandau avait tenu à le prendre en trophée.

Avant d'être rapatrié vers Fanelia, Van se recueillit un long moment seul auprès de la dépouille de son amie de toujours.
Dans son dernier sommeil, Merle souriait. Lui, par contre, pleura, se souvenant de toutes ses années où jamais la fille-chat ne l'avait laissé seul...
Plus de vingt ans ensemble… Et maintenant, tout était fini… La vie savait toujours aussi bien se montrer cruelle avec le jeune homme…
Définir le rôle qu'elle avait jouée dans sa vie lui semblait impossible… Amie, sœur, amante… Elle avait été tant de choses…
Il avait fallu la chasse au dragon pour les séparer plus d'une nuit la première fois.
Emu, Van se souvenait des critiques de Balgus sur l'habitude que Merle avait de dormir avec son maître adoré, alors qu'ils étaient adolescents.
A chaque fois, le jeune homme disait qu'il allait dormir seul sagement et, à chaque fois, Merle passait par la fenêtre…

Racontant ce souvenir à son amie qui ne pourrait plus jamais lui répondre, il souriait tout en pleurant.
Merle, l'agitée, la joyeuse, restait paisible et le resterait à jamais…

La complice de chaque instant s'était figée dans une expression heureuse qui était le reflet de ce qu'elle avait été toujours été : le soleil dans la vie de Van.