Bonsoir à tous! Vous allez bien? Voici un nouveau chapitre (le 14ème, déjà!) qui va se centrer sur notre rouquine préférée. Je vous remercie pour vos commentaires sur le chapitre 13, ils m'ont fait super plaisir! J'espère que ce chapitre vous plaira!
Bonne lecture :)
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Chapitre 14 : Ginny
« - Ils ne t'ont pas tout dit. »
Je levais les yeux vers Malfoy. Cela faisait une demi-heure que nous étions rentrés dans la chambre dans un silence tendu, prolongé. Sa conversation avec les Initiaux lorsqu'ils étaient seuls était gardée comme le plus précieux de ses secrets. Il refusait absolument de me révéler ce qui s'était dit.
« - Les Initiaux. La situation s'est envenimée avant qu'ils ne puissent terminer leur histoire.
- Pourquoi me dis-tu ça ?
- Parce que la moindre information que nous pouvons recueillir d'eux est primordiale, c'est indispensable pour notre projet d'évasion.
- Malfoy, je sais que tu es énervé mais prévoir notre évasion maintenant c'est.. inutile. Je veux partir moi aussi, nous voulons tous les deux partir. Mais nous n'avons rien de concret, rien qui nous permette de lutter contre une centaine de créatures que nous connaissons à peine.
- Alors quoi ? On attend comme des moldus que les informations tombent du ciel, on prépare notre évasion et on s'en va ? Je suis désolé, Granger, mais ça prendrait des mois et je ne resterais pas ici une semaine de plus.
- Calme-toi, par Merlin. Si tu veux évacuer ta colère sur quelqu'un, tu sors d'ici et tu vas trouver un mur sur lequel tu peux taper, c'est compris ?
- Ecoute, je ne te reproche rien. Je dis simplement qu'à cause de ta grande bouche de fille, pour être poli, notre rendez-vous a été écourté et par la même occasion ce que nous aurions pu recueillir comme informations.
- Ne remets pas la faute sur moi, tu aurais réagis de la même manière si tu étais à ma place en ce moment. Je ne vois pas l'utilité de débattre sur ce qu'il s'est passé là-bas, passons à autre chose.
- Préparation ou non, je ne resterais plus ici longtemps. »
Je le regardais avec exaspération mais ne renchérissait pas, n'ayant pas la patience de répéter une deuxième fois ce que j'avais déjà dit quelques minutes auparavant.
Un grand silence s'installa pendant lequel je marchais de long en large dans la chambre, mes doigts pianotant sur mon menton, signe de réflexion. Aucune échappatoire, aucune issue ne me venait en tête et, malgré les nombreux jours passés ici, je ne connaissais encore rien des Thanatos. Etre si impuissante, si inoffensive face à eux et leurs pouvoirs me mettait réellement en danger.
Mon cerveau n'avait jamais été si rapide pour analyser les informations que nous avions entre nos mains. Je repensais aux multiples absences de Malfoy lorsqu'un détail me revint en tête. Je m'arrêtais brusquement, écarquillais les yeux et regardais le blond comme s'il était la 8ème merveille du monde.
« - Oh par Merlin, Malfoy ! Comment j'ai pu oublier ça ? »
Il leva la tête suite à mes paroles et je fus frappée par ses traits presque violents. Ses yeux me regardaient comme si j'avais tué le plus cher des membres de sa famille et quelques mèches de ses cheveux retombaient devant ces derniers. J'aurais dû m'énerver face à ce regard, il n'avait rien à me reprocher après tout. Mais en ce moment, je le trouvais plus désirable que jamais. Il semblait mystérieux, près à détruire tout ce qui l'empêcherait de s'en aller d'ici.
« - Je t'écoute, Granger. »
Son sourire en coin et son regard appuyé sur ma lèvre coincée entre mes dents me ramena à la réalité.
« - L'autre jour, tu étais parti et m'avais laissée seule pendant plusieurs heures. Je sais que tu m'avais dit de ne pas créer plus de problèmes qu'on en a déjà, mais j'ai entendu des bribes de conversation et ça semblait…
- Attends une seconde, tu as espionné les Thanatos ?
- Non, Malfoy, laisse-moi terminer. La conversation semblait parler des Initiaux alors j'ai voulu en savoir plus. Je ne suis pas sortie de la chambre, je te le promets. Je n'ai même pas ouvert la porte, j'ai simplement écouté à travers. Ils parlaient d'un moyen de les détruire. »
Malfoy, assis sur le lit, se leva et s'approcha de moi.
« - De quoi parles-tu ? »
Je souriais, contente de pouvoir lui apporter une information qu'il n'avait pas été capable de recueillir par lui-même.
Il fronçait les sourcils et avait un regard dur, il ne semblait pas aussi content que moi.
« - Un moyen de détruire les Initiaux, Malfoy ! Ils parlaient d'un feu de joie, l'une des créatures semblait vraiment inquiète que le rituel fonctionne et l'autre le rassurait en lui disant que beaucoup de rumeurs circulaient sur le moyen de tuer les Initiaux et que tout était inventé. »
Malfoy sourit enfin et ferma les yeux quelques rapides secondes, comme soulagé. Lorsqu'il les ouvrit à nouveau, je pus y déceler un réel soulagement. La pointe de tristesse et d'inquiétude présente dans son regard me passa presque inaperçue tant il semblait heureux.
Je continuais.
« - Je n'en sais pas plus, nous devons creuser de ce côté mais imagine que ce soit vrai. On pourrait les tuer. Sans les Initiaux, ce sera l'anarchie parmi les Thanatos et nous pourrions nous échapper. »
Je parlais avec précipitation et bougeait dans tous les sens, animée par une excitation mêlée à de l'adrénaline.
« - C'est pas mal, Granger, mais nous sommes encore loin de déchiffrer ce qu'est ce feu de joie. Ça peut être énormément de choses. Un simple feu, un incendie, un objet en rapport avec le feu ou encore le climat.
- C'est pour ça que nous devons faire des recherches. Tu dois en parler avec des Thanatos qui te font assez confiance pour te confier cette rumeur.
- Ils me font tous confiance, Granger.
- Très bien, alors interroge-les.
- C'est qu'elle donne des ordres, en plus. »
Il me fit un clin d'œil et retourna s'allonger sur le lit double. Je restais plantée au centre de la chambre et réfléchissais à un moyen d'entrer en contact avec des Thanatos au courant de cette rumeur lorsque des coups violents furent frappés à la porte.
Je tournais rapidement les yeux vers Malfoy qui regardait la porte. J'allais m'avancer pour ouvrir à l'invité lorsqu'il se leva avec précipitation.
« - Tu ne bouges pas, compris ? »
J'acquiesçais et me terrais au fond de la chambre, discrète. Les coups se firent plus forts, plus précipités et Malfoy ouvrit enfin la porte.
Une tornade rousse entra dans la chambre et se précipita dans mes bras, contournant Malfoy sans même le voir.
« - Weaslette ? Qu'est-ce que tu fais ici, par Merlin ? Retourne auprès de ton Maître.
- Ne lui parle pas comme ça Malfoy. Si elle est là, c'est certainement pour une bonne raison. »
Ginny ne quittait pas mes bras en j'en profitais pour regarder Malfoy et son doigt d'honneur par-dessus ses cheveux roux. Je le fusillais du regard et tenta de reculer la cadette Weasley pour voir son visage.
« - Ginny, qu'est-ce qu'il se passe ? »
Elle recula en entendant ma voix et je pus enfin observer son visage. J'eus l'impression de la redécouvrir. Elle avait perdu ses joues pleines et ses beaux yeux pétillants. Elle était mal en point en semblait en état de choc. Je faisais appel à Malfoy pour m'aider à la soulever et la poser sur le lit.
Il ne broncha pas et, avec force, souleva Ginny comme une princesse et l'a posa assise sur le bord du lit. Je m'agenouillais face à elle avec Malfoy à mes côtés. Elle leva les yeux vers lui, le remercia et je la priais silencieusement de ne pas poser de questions sur la présence du blond dans ces souterrains.
« - Ginny, il faut que tu nous racontes ce qu'il s'est passé.
- Et rapidement, sinon ton Maître ne va pas se gêner pour débarquer ici et tous nous tuer.
- Ne l'angoisse pas, Malfoy ! Teryel ne fera rien, il est certainement en train de vaguer je ne sais où avec une femelle.
- C'est Maître Teryel, Granger.
- Peu importe. Ginny, est-ce que tu veux me parler à moi seule ? »
Elle releva les yeux vers moi et fit non de la tête.
« - Parle, je t'en supplie… »
Dans mes bons souvenirs, Ginny était une vraie pipelette. Lorsqu'elle lançait un sujet, personne ne l'arrêtait dans son récit et, au grand dam d'Harry, c'était le même tarif lorsqu'elle avait des reproches à faire. La voir si silencieuse, si faible et presque détruite me brisa le cœur. Je voulais retrouver l'amie que j'avais perdue il y a quelques jours lors de l'enlèvement.
« - C'est… C'est Maître Teryel… Je l'ai découvert en train de… »
Elle fondit en larmes et essaya de terminer mais ce fut incompréhensible, ses paroles étant coupée par des sanglots.
J'imaginais facilement le pire. Avait-elle découvert Teryel tuer une créature, parler de choses horribles ? Qu'avait-elle vu ?
« - Je t'en supplie ne m'en veux pas… »
Je fronçais les sourcils et regardait Malfoy, il semblait aussi perdu que moi.
« - Pourquoi est-ce que je t'en voudrais, Ginny ? Nous sommes dans le même camp, tu es ma meilleure amie.
- Je l'ai vu… Il était en train de l'embrasser puis il a commencé à la… »
Elle ne put en dire plus et je couvris mon cri, prêt à sortir de ma bouche, en plaquant ma main contre celle-ci. C'était certain, maintenant. Il avait violé une fille.
« - Il me l'avait dit, lorsqu'il a découvert que j'étais stérile… Il me l'avait dit, Hermione !
- Tu n'as pas à te sentir coupable, Ginny, tu n'aurais rien su faire contre lui.
- Mais, tu ne comprends pas…
- Je ne t'en veux pas, il est trop fort et sauver cette fille aurait…
- De quoi parles-tu, Hermione ? »
Ginny me regardait d'un air curieux, les larmes roulant sur son visage abîmé.
« - Tu essaies de me dire qu'il a violé une femelle, n'est-ce pas ? »
Elle plongea sa tête entre ses mains et pleura de plus belle alors que je ne comprenais rien à ce qu'il se passait.
« - Ginny, qu'est-ce qu'il y a, à la fin ?
- Tu n'as rien compris, Hermione… Tu vas m'en vouloir toute ma vie…
- Explique-moi, je te promets que tu resteras toujours ma meilleure amie. Je ne t'en voudrais pas.
- Je… Quand je l'ai vu embrassé cette femelle et… Je n'ai pas pu, Hermione, je devais faire quelque chose mais j'étais si impuissante, si triste… Il m'a entendu pleurer et a continué en me regardant… Je suis désolée, Hermione, je n'ai pas pu le contrôler… C'est venu tout seul et maintenant c'est trop tard…
- Ginny, je ne comprends pas. Qu'est-ce qu'il… »
Malfoy se leva brusquement, ses yeux durs plongés dans les miens.
« - Granger, je dois te parler. »
Je le regardais avec suspicion mais le suivait, gardant un œil sur la rouquine pleurant toutes les larmes de son corps sur le lit.
« - Tu n'as vraiment rien compris.
- Parce que toi oui, la fouine ?
- Ce n'est pas difficile.
- Alors explique-moi !
- Elle est amoureuse de Maître Teryel, Granger. Elle l'a vu embrasser et coucher avec une autre fille donc elle est effondrée. Et il faut croire qu'il a profité de sa présence pour la narguer. »
Je n'écoutais qu'à peine ce qu'il me disait ensuite, je restais bloquée sur ses premiers mots. La bouche ouverte, je regardais distraitement Ginny dans le dos de Malfoy et eut énormément de mal à imaginer ma meilleure amie, cette jeune fille incroyablement badass, pleurer parce que son geôlier avait embrassé une autre fille.
« - Arrête de dire ce genre de choses Malfoy, elle ne peut définitivement pas être amoureuse de Teryel. C'est impossible.
- Explique-moi comment tu interprètes ses paroles alors ? Je t'écoute.
- Elle est amoureuse d'Harry.
- Tu te mets le doigt dans l'œil jusqu'au coude, Granger. Elle est amoureuse de Maître Teryel simplement parce qu'il est son seul repère dans cet endroit, la seule personne sur qui elle peut compter.
- C'est faux. Je suis là, moi.
- Rappelle-moi combien de fois tu l'as vue depuis le premier jour ? Maître Teryel est constamment avec elle, contrairement à toi et personne ne peut te blâmer pour ça non plus.
- Je ne peux pas y croire. Pourquoi est-ce qu'elle a fait ça ?
- Tu dois lui parler, je vais vous laisser seules. Elle doit se reprendre, nous avons besoin d'elle pour notre évasion. Si elle reste ici pour vivre avec son cher et tendre, nous pouvons dire au revoir à son aide pour récolter des informations.
- Tu ne m'avais pas dit qu'on aurait besoin d'elle.
- Ca me semble logique. Plus on est de fous, plus on rit.
- Ce n'est pas drôle, Malfoy. »
Il posa ses mains froides sur mon visage, le prit en coupe et me regarda avec intensité.
« - Granger, tu vas tout de suite aller dire à la rouquine qu'elle perd les pédales pendant que je m'occupe de Maître Teryel, il ne doit absolument pas débarquer ici. Fais ce que tu veux, mais elle doit se reprendre et retomber amoureuse du balafré.
- N'insulte pas mes amis.
- Va. »
Je me défis de son emprise et fit de mon mieux pour m'agenouiller devant Ginny sans lui crier son erreur. Elle gardait les yeux résolument fixés sur le sol, ses larmes s'échouant sur celui-ci. Je regardais Malfoy s'en aller et me retournais vers la rousse lorsque la porte se referma.
« - Ginny, tu es perdue. Nous sommes tous étrangers dans cette situation mais tu ne peux définitivement pas tomber amoureuse de Teryel dans l'espoir de trouver quelqu'un à qui t'accrocher. Je suis là, moi, je serais toujours là.
- Tu ne comprends pas, c'est trop tard. Il me rend heureuse malgré tout ce que tu peux penser, il a toujours été présent lorsque tu n'étais pas là.
- J'étais prisonnière autant que toi ! Tu ne peux pas m'en vouloir de ne pas avoir été à tes côtés.
- Je ne t'en veux pas, Hermione. Je dis simplement qu'il a été gentil, même si c'est difficile à imaginer. Il m'apportait de la nourriture et me disait de rester dans la chambre pour me protéger.
- Ginny, tu es complètement déboussolée.
- Arrête de me prendre pour une gamine, par Merlin ! Je sais ce que je ressens et Maître Teryel est l'homme avec lequel je veux passer le reste de ma vie !
- Ce n'est pas un homme mais une créature ! Tu te mets en danger !
- Tu n'en sais rien, tu n'étais pas là lorsqu'il était attentionné avec moi.
- Non, c'est vrai. Et toi, où étais-tu lorsqu'il faisait souffrir toutes ces filles aux épreuves ? Il m'a fait du mal, à moi et aux autres ! Comment oses-tu croire qu'il se préoccupe de ta sécurité ? Il s'en moque, tout comme il se moque du mal qu'il peut provoquer et tes larmes en sont la preuve.
- Il ressent la même chose que moi, je le sais.
- Tu te voiles la face.
- Aucun homme ne m'a fait ressentir ce qu'il me fait ressentir. Tu n'as jamais été amoureuse, tu n'as jamais été désirée par aucun homme excepté mon frère. Tout ce dont tu es capable, c'est de les repousser. Tout comme tu as repoussé Ronald. »
Je regardais la rousse, les yeux exorbités et la bouche ouverte, ne comprenant pas pour quelle raison elle agissait de cette manière avec moi. Mes yeux lançaient des éclairs lorsque je m'avançais à quelques centimètres de son visage et prononçais doucement ces mots.
« - Pour qui te prends-tu ? Si tu penses que tu as le droit de me parler de cette manière, tu te trompes lourdement. Je ne suis pas désirée par tous les hommes de la terre, c'est vrai. Mais rappelle-moi, simplement, pourquoi es-tu ici ? Attends, je te rafraichis la mémoire. Tu es tombée amoureuse d'un homme qui ne veut chez toi que tes atouts de femme et ton vagin, tu veux passer le reste de ta vie dans un souterrain miteux parce qu'il a eu le malheur de s'intéresser à ta petite personne égocentrique. Pense à revoir tes valeurs, parce qu'à choisir entre être désirée par Teryel et être désirée par Harry Potter, le choix n'est pas compliqué. »
Je sus que j'avais touché un point sensible lorsqu'elle se figea, semblant se rappeler l'existence de l'élu. J'en profitais pour enfoncer le couteau dans la plaie.
« - Il est là, juste au-dessus de nos têtes, en train de prier tous les dieux pour que tu lui revienne. Il pleure ton absence et se prive de sommeil pour nous sortir d'ici. Tout comme Ron, Molly, Arthur,… Ils ont perdus Fred il y a quelques mois, tu voudrais leur faire perdre leur seule et unique fille ? Pense à toutes ces personnes qui attendent ton retour, tu ne peux pas rester ici parce qu'une créature t'a nourrie et séquestrée dans une chambre miteuse. »
Elle ne pleurait plus, gardant le silence. J'avais peut-être été un peu dure en sous-entendant qu'elle était égoïste et qu'elle ne pensait pas à sa famille et ses amis, mais là était la réalité. Si je remontais à la surface sans elle, Harry et les Weasley ne s'en remettrais jamais.
Je continuais sur ma lancée, ma voix se faisant plus douce.
« - Je veux que tu réfléchisses à ce que je t'ai dit, d'accord ? Tu ne dois surtout pas oublier ton petit-ami et ta famille qui retourne la Terre entière pour te retrouver. Tu n'es rien sans eux, tout comme ils ne seront rien sans toi si tu viens à disparaitre à jamais.
- Je… Je te promets, Hermione. »
Avec un sourire, elle se leva et allait sortir de la chambre lorsqu'elle reprit la parole.
« - Je ne compte pas effacer complètement ce que je ressens pour Maitre Teryel. J'ai bien compris qu'il était néfaste pour moi, mais c'est peut-être ce que j'aime chez lui, après tout.
- Je ne te demande pas de rayer tes sentiments, simplement de les comparer à ceux que tu as pour les personnes qui t'attendent à Poudlard. Il ne doit pas prendre la 1ère place dans ton cœur.
- Tu me dis ça alors que tu es bien plus proche de Malfoy que moi de Teryel. Qu'en penserait Ron ? »
Je plissais les yeux, ne reconnaissant définitivement plus ma meilleure amie dans les menaces et les reproches qu'elle ne cessait de formuler discrètement.
« - Que crois-tu, Ginny ? Je ne suis pas proche de Malfoy, et ton frère n'a rien à voir là-dedans.
- J'ai vu comment il te touchait. »
Ces mots me firent plus d'effet que prévu et des images envahirent mon imagination débordante.
« - Il ne me touche pas comme tu le sous-entend. Qu'est-ce qu'il te prend ?
- Rien. Rien du tout. »
Et elle s'en alla, me laissant au bord de la crise de nerfs face à cette confrontation tout à fait illégitime.
Je me frottais les yeux et soupirais, le lit accueillant mon corps avec douceur. Je plongeais ma tête dans le coussin et l'odeur de Malfoy en sortit. Je reniflais et repensait aux images qui m'étaient venues à l'esprit lorsque Ginny avait mentionné que le blond me touchait.
Je l'avais imaginé me toucher, pas comme il l'avait fait plus tôt dans la journée mais bien comme Ginny elle-même l'imaginait. Les films présents en ce moment dans ma tête n'étaient vraiment pas désagréables, et je me surpris à revoir Malfoy comme il me regardait tout à l'heure. Avec haine, violence. J'imaginais cette tension sexuelle qu'il y aurait eu entre nous s'il s'était approché de moi en me regardant de cette manière.
Je soupirais plus fort encore et me levait du lit, m'échappant de l'odeur envoûtante de mon geôlier. Je me dirigeais vers la salle de bain et prit une douche chaude, relaxante.
J'en profitais pour réfléchir à cette journée pour le moins chargée en émotions. Ginny était vraiment perdue. Je la blâmais pour ce qu'elle ressentait envers son Maitre, alors que je me prenais à imaginer le mien nu, me touchant. La différence entre nous deux était pourtant flagrante, mon Maitre à moi était humain. Le sien était un monstre.
Après une bonne demi-heure, je sortais enfin de la douche et entourais mon buste d'une serviette rêche. Mes vêtements propres étaient pliés sur le lit de la chambre, j'entrepris de sortir avant de me rappeler que Malfoy devait certainement être rentré de son expédition. La main sur la poignée, je collais mon oreille sur la porte de la salle de bain dans l'espoir de percevoir quoi que ce soit de l'autre côté.
N'entendant rien, j'ouvris doucement la porte et baladais mon regard sur la pièce. Il n'y avait personne. J'entrais dans la chambre et m'approchais du lit pour attraper les vêtements dont j'avais besoin. Alors que j'allais atteindre mon objectif, la porte s'ouvrit et j'eus le réflexe de courir vers cette dernière, poussant dessus afin de la maintenir fermée.
« - Granger, c'est toi ?
- Malfoy, arrête de pousser sur la porte, j'ai moins de force que toi.
- Je n'aurais pas à pousser si tu l'ouvrais.
- Je ne peux pas, je suis presque nue. »
La pression sur la porte s'arrêta presque instantanément et j'entendis Malfoy rire.
« - Et je peux savoir ce que tu fais nue ?
- Je ne suis pas vraiment nue, quand même. Je suis en serviette.
- Oh Granger, ça va. Si tu es en serviette, le principal est couvert. »
Il recommença à essayer d'ouvrir la porte et je faillis tomber sous la force qu'il avait mise.
« - Non ! Je te dirais quand tu pourras rentrer, laisse-moi le temps de prendre mes vêtements et d'aller jusqu'à la salle de bain.
- Je rêve, Granger, tu as vraiment cru que j'allais rester sur le pas de ma chambre parce que madame ne veut pas que je la vois en serviette ? Tu n'es pas nue, par Merlin. Et même si tu l'étais, tu ne serais pas la seule fille à poil que j'aurais vue de ma vie, loin de là.
- Tu es vraiment rassurant quand tu le veux, c'est dingue.
- Je sais. Aller, ouvre cette porte. »
J'évaluais rapidement la distance à parcourir en courant et la vitesse à laquelle je devrais courir pour que je puisse récupérer mes vêtements et aller jusqu'à la salle de bain sans qu'il ne me voit.
Je lâchais la porte, courait le plus vite que je pouvais vers mes vêtements et allait entrer dans la pièce adjacente lorsque Malfoy m'attrapa le bras et me retourna vers lui. Je lâchais mes habits au sol sous la surprise et poussait un petit cri.
« - Malfoy, lâche-moi ! »
Il ne dit rien et me regarda intensément dans les yeux pendant quelques secondes silencieuses. Ils parcoururent ensuite l'entièreté de mon corps, sans aucune gêne. Il commença par ma nuque, mes épaules, la naissance de ma poitrine, survola la surface que la serviette couvrait et descendit le long de mes jambes. Il fit le chemin inverse et revint dans mes propres yeux. Ses pupilles étaient légèrement dilatées et il respirait rapidement, ce qui me poussa à me demander si ce qu'il avait vu lui avait plu.
Je commençais à avoir froid lorsqu'il me rendit un regard presque bestial, exactement le même auquel j'avais pensé plus tôt. Les frissons se firent plus que présents.
Un sourire prit naissance sur son visage.
« - Tu peux y aller, maintenant. »
Je ne cherchais pas à épiloguer davantage et me précipitait sur la porte de la salle de bain, la refermant avec force. Je restais quelques secondes immobile, persuadée que je venais de rêver. Il m'avait observée pendant de longues secondes, des secondes interminables. Lorsqu'il avait relevé les yeux, je n'avais pas pu dire ce qu'il s'y cachait.
Je me rendis alors compte que j'avais oublié mes vêtements sur le sol de la chambre lorsqu'il m'avait attrapé le bras. J'étais maudite, c'était la seule explication.
Je collais ma bouche contre la porte et appelait Malfoy.
« - Qu'est-ce qu'il y a, Granger ?
- J'ai encore oublié mes vêtements dans la chambre, tu veux bien me les passer ?
- On se demande ce qu'il te passe par la tête pour être aussi distraite… »
Je pouvais clairement entendre l'ironie dans ses paroles mais ne relevait pas, passant simplement ma main dans une légère ouverture de la porte. Lorsque je sentis le tissus dans ma paume, je refermais la porte et entrepris d'enfin m'habiller.
Je sortais, encore gênée de ce qu'il s'était passé et envisageais Malfoy, allongé sur le lit comme à son habitude.
« - Tu as pu éloigner Teryel ?
- Je n'en ai pas vraiment eu besoin, il s'en sortait bien tout seul avec sa femelle. Je n'ai même pas eu besoin d'intervenir.
- C'est répugnant.
- C'est la nature, Granger.
- Il a une femelle, il pourrait au moins faire attention qu'elle ne soit pas au courant de ce qu'il fait et avec qui.
- Tu penses qu'il s'occupe de ce qu'elle peut ressentir ? C'est le moindre de ses soucis.
- Qu'as-tu fais tout ce temps, alors ? »
Il se releva en position assise et sourit avec suffisance.
« - J'ai récolté des informations pour le moins intéressantes. »
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Ca devient tendu, dites donc! Ginny est amoureuse de son Maitre, mauvaise idée quand on voit le caractère qu'il a et la façon dont il agit avec Hermione elle-même. J'espère que ce chapitre vous a plu et que vous ne me lancerez pas des pierres!
Merci pour tout!
