Bonsoir tout le monde ! Avant tout, je voulais vous souhaiter un Joyeux Noel et une bonne année 2018, que tous vos vœux se réalisent et que Dramione domine le monde ! J'espère que vous avez passé de bonnes fêtes en compagnie de ceux que vous aimez le plus (après Drago).
Voici le chapitre 15, j'espère qu'il vous plaira autant qu'à moi !
Bonne lecture !
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Chapitre 15 : Confessions
Malfoy semblait fier des informations qu'il avait pu récolter seul, certainement plus utiles que celles que nous avions jusqu'à présent.
« - J'ai profité de ta remise au point avec la rouquine pour faire le tour des lieux, à la recherche d'un chasseur.
- Un chasseur ?
- Ils sont les plus informés des Thanatos, que ce soit à propos des sous-terrains ou non. Chaque mois, ils vont chasser pendant quelques jours et des préparations sont requises en compagnie des Initiaux. Les chasseurs sont certainement les créatures les plus proches physiquement de ces derniers, j'ai donc pensé à les interroger en premier.
- Ils savaient quelque chose ?
- Pas grand-chose, non. Ils m'ont gentiment recommandé de ne pas me faire de soucis pour les Initiaux, que ce n'est pas un simple feu qui les détruira. Nous pouvons en déduire que le feu en est vraiment un, et non un rapport avec le climat ou quoi que ce soit d'autre. »
Je jetais un regard exaspéré à Malfoy.
« - D'accord, ce sont des flammes. Et alors ? Les Initiaux, comme toutes les autres créatures de ce monde, ne sont pas sensibles au feu. Il n'y a qu'un seul moyen de les tuer et nous ne sommes pas en mesure de le mettre d'application.
- Je pense que ce n'est pas le feu qui importe, mais la façon dont il est produit. »
Je m'intéressais soudainement à la conversation qui, précédemment, semblait ridicule. Malfoy enchaina.
« - J'ai interrogé un Thanatos au hasard, en espérant qu'il ait entendu parler de cette rumeur. Il m'a appris qu'elle n'était basée que sur une seule phrase « Un feu de sang tuera les précédents. » Je pense qu'un sens est caché derrière ces mots, quelque chose que les Intiaux ont compris.
- Un feu de sang… Ça peut être tellement de choses. »
Un silence concentré régnait, chacun essayant d'analyser les hypothèses importantes et d'en garder les points intéressants pour notre recherche. Des dizaines d'idées me venaient en tête, toutes refoulées par la nécessité de magie dans le processus. Magie que nous ne pouvions pas produire, faute de baguettes.
« - Je ne comprends pas. Notre problème est, avant tout, de trouver un moyen de faire du feu dans cet endroit. Nous n'avons plus de baguettes, nous sommes totalement démunis face à toutes ces créatures. Et si, par hasard, notre plan échoue… Nous n'aurons même pas de quoi nous défendre.
- J'y ai réfléchi, Granger, et c'est du suicide.
- Nous devons récupérer nos baguettes ! Nous n'y arriverons jamais sans elles !
- Je te dis que c'est impossible. Tu as oublié ? Je suis ici depuis des mois, ma baguette a certainement été détruite depuis tout ce temps. Où est la tienne ? »
Je réfléchissais rapidement avant de m'écrouler de désespoir sur le lit.
« - Elle est restée à Poudlard. »
Malfoy applaudit ironiquement ma remarque avant de lever les bras en signe d'innocence.
« - Je ne dirais pas que c'est fichu d'avance, mais sache que je le pense fortement. »
Les minutes passèrent et le silence se fit précieux dans la petite chambre que nous occupions depuis maintenant plusieurs semaines. Malfoy était sur le point de s'endormir tandis que je cherchais un papier et un feutre pour noter les idées intéressantes que nous pourrions récolter. Je parcourais la pièce de droite à gauche, ne sachant pas par où commencer ni même si mes fouilles porteraient leurs fruits.
J'aventurais ma main, à l'aveugle, dans le fond d'un tiroir de la commode. La moitié de mon bras était presque engloutit par le meuble lorsque Malfoy daigna se réveiller de sa sieste improvisée en une exclamation bruyante.
« - Granger ! Je sais ! »
Je sursautais sous la surprise et refermait le tiroir sur mon avant-bras, coinçant celui-ci.
Une plainte douloureuse sortit de ma bouche tandis que Malfoy me regardait suspicieusement.
« - Je peux savoir ce que tu cherchais dans ce tiroir ?
- Un couteau pour couper ce qui te sert d'appareil génital. Viens m'aider, crétin !
- Tu sais, Granger, je pense que tu n'es pas en position pour négocier ni me donner des ordres.
- Quand j'aurais le bras libre, je serais en une assez bonne position pour te frapper jusqu'à ce que le professeur McGonagall entende ton cri.
- Evidemment. McGonagall, la sauveuse des Gryffondors. Tu veux appeler Dumbledore, le fervent défenseur des causes perdues, aussi ? »
- Comment le pourrais-je ? Tu l'as tué. »
Je venais inconsciemment de jeter un froid glacial entre nous deux, renforçant le mur de haine qui nous séparait depuis le début de cette aventure.
Un lourd silence s'était installé, chargé de reproches et de non-dits. Je ne voulais pas l'accuser du meurtre de Dumbledore, je savais pertinemment, grâce à Harry, qu'il n'avait été qu'un pion dans l'ascension du Seigneur des Ténèbres, que ce soit pour le décès du directeur de l'école ou autre.
Devinant par sa respiration saccadée et son silence que Malfoy était dans une colère noire, je tentais de réinstaurer le peu de paix et de respect que nous avions pu ressentir l'un envers l'autre ces derniers temps.
« - Je suis désolée, Malfoy, je ne voulais pas dire ça de cette manière. Je… Je sais ce qu'il s'est passé cette nuit. Je comprends tes… »
Un bruit sourd et la main sanglante de Malfoy me coupèrent la parole. Le mur avait subi la colère du blond et en gardait la marque.
« - Non, tu ne comprends pas. »
Son ton glacial et tranchant comme une épée me fit de nouveau sursauter, bloquant un peu plus mon bras dans le meuble.
« - Qui es-tu, réellement, pour penser une seule seconde que tu en es capable ? Hermione Granger, l'amie de l'élu, la plus intelligente de notre génération, aimée par tous les professeurs et accablée des maux que lui a valu la guerre. Cette pauvre adolescente, traumatisée à vie par la recherche des horcruxes qui l'a empêchée de vivre sa vie d'élève modèle comme elle le souhaitait. Je te plains sincèrement. »
Je n'osais rien dire. Ses yeux s'étaient faits gris et il ne semblait pas s'inquiéter plus que cela pour ses phalanges qui ne cessaient de saigner.
« - Tu es égoïste, Hermione Granger. Tu penses avoir vécu la guerre comme personne d'autre ne l'a vécue ? Tu penses avoir subi les pires tortures que la nature humaine puisse infliger ? Laisse-moi te dire une chose. Ce que Bellatrix Lestrange t'as lancé, au Manoir des Malfoy, c'est ce que je recevais pour avoir refusé de torturer une femme enceinte jusqu'à ce qu'elle en perde son enfant. C'est ce que je recevais de mon propre père, pour avoir déshonoré l'image de la famille Malfoy. C'est ce que je recevais du Seigneur des Ténèbres pour avoir failli aux meurtres qui m'étaient attribués, dont celui du directeur. J'ai torturé, c'est vrai. C'est ce qu'un adolescent de mon âge et de ma famille était contraint de faire pour survivre parmi les membres de son propre clan. »
J'avais les larmes aux yeux, désormais. Il était réellement bouleversé par ce qu'il racontait et la colère avait laissé place à la douleur.
« - J'ai dû torturer des hommes, des femmes et même des enfants simplement parce qu'ils habitaient une ville dans laquelle il était probable que vous soyez. Je ne vous ai jamais haï autant que pendant ces moments où ces personnes souffraient parce que vous aviez eu le malheur d'exister. Oui, j'ai eu pour mission de tuer Dumbledore. Mais je ne l'ai pas fait. Si tu t'intéressais un petit peu plus à autre chose que tes propres malheurs de survivante, tu l'aurais su. »
Il était essoufflé par sa tirade. Quelques cheveux blonds étaient retombés devant son visage et ses yeux étaient fixés au sol.
« - Malfoy… »
Il plongea son regard dans le mien et je pus voir toute la souffrance que cette délivrance avait provoqué en lui. Parce que oui, il s'était délivré. Il avait enfin mit des mots sur ce qu'il ressentait envers moi et mes amis, pour tout ce que nous avions fait et même pour ce que nous étions.
Il se dirigea vers sa penderie, en sortir un t-shirt qu'il déchira. Il banda son poing et, sans un mot de plus, sortit de la chambre.
Il était difficile de dire depuis combien de temps Malfoy était parti. Je n'avais aucune idée du nombre de minutes qui passaient. La nuit pouvait être tombée tout comme le jour pouvait être levé, je n'en aurais rien su.
J'avais réussi, après une dizaine de jurons et beaucoup de patience, à extraire mon bras de meuble. Un bleu à l'aspect douteux commençait déjà à apparaître sur le haut du membre, malgré les nombreux massages que j'avais pu lui offrir.
Malfoy ne revenait pas de son escapade improvisée et mon inquiétude grandissait. J'avais peur qu'il fasse une bêtise, sachant à quel point ses confessions avaient remuées de choses en lui. Mon esprit me passait sans cesse des films de plus en plus horribles sur ce qui pourrait être en train de se passer à l'extérieur de cette chambre.
Mon corps, désormais indépendant de ma raison, se dirigea vers la porte avant de s'arrêter aussi net. La main sur la poignée, mon regard s'attarda sur le pendentif déposé à la va-vite sur la table de chevet. Je soupirais fortement avant de l'attraper. Je l'enfilais et sortais, déterminée bien qu'un peu méfiante.
Le silence était d'or, comme si tous les Thanatos s'étaient enfermés dans leurs chambres pour le reste de la journée (de la nuit ?). Me rendant compte que mon collier interdisait à quiconque excepté mon Maître de me faire du mal, je cessais d'avancer comme un ninja et marchais rapidement de couloirs en couloirs.
La seule créature que j'aurais voulu éviter pendant ce trajet se présenta à moi.
« - Tiens, tiens, tiens. La femelle Malfoy vague seule dans les couloirs ? Ce n'est pas très prudent.
- Je cherche mon Maître, vous n'auriez pas une idée de l'endroit où il est ?
- Il avait l'air très énervé quand je l'ai croisé il y a une trentaine de minutes. Il est certainement parti se soulager avec une femelle, comme à son habitude.
- Je ne trouve pas ça drôle. »
Maitre Teryel s'avança un peu plus vers moi.
« - Je ne rigolais pas. »
Alors que je comptais continuer mes recherches en passant outre cette altercation, la créature me retint et parla plus bas que d'ordinaire.
« - Je sais ce qu'a vu ma femelle, je sais ce qu'elle vous a dit et je sais ce que vous lui avez répondu. Elle est amoureuse de moi, et si j'étais vous, je ne jouerais pas trop avec le feu au risque de perdre une certaine rouquine chère à mes yeux. Vous comprenez ce que je veux dire ?
- Vous ne la tuerez pas. Si vous le vouliez, vous l'auriez fait lorsque vous avez appris qu'elle était stérile. »
Il était désormais si proche de moi que je pouvais sentir son souffle dans mes cheveux.
« - Là est la nuance, femelle. Si je ne le veux pas, je ne la tuerais pas. Mais si je le dois, je n'hésiterais pas une seconde. »
Je déglutis difficilement et me reculais d'un pas, sa proximité m'étouffant. Je fus si habituée à sa violence, autant physique que morale, que je fus presque étonnée lorsqu'il n'ajouta rien de plus et partit sans un mot.
Je continuais ma route et ne pus m'empêcher d'espérer ne pas tomber sur Malfoy en pleine action avec une fille, créature ou non. Ça m'aurait gêné, dans un premier temps mais aussi blessé. Pour ma fierté, j'aurais aimé que personne ne le voie en compagnie d'une autre femelle que moi.
Alors que mon inquiétude grandissait plus le temps passait, une tête blonde reconnaissable entre mille apparut au bout du couloir. Dos à moi, Malfoy avançait d'un pas rapide.
« - Mal… Maître ! »
Le peu de créatures présentes dans le couloir se tournèrent, puis reprirent leurs occupations en concluant que je ne m'adressais pas à eux. Seul Malfoy se retourna, il écarquilla les yeux et avança rapidement vers moi, semblant encore plus énervé que tout à l'heure.
Alors qu'il arrivait à ma hauteur, il ne s'arrêta même pas et empoigna mon poignet avant de me tirer à sa suite. Je tentais, tant bien que mal, de suivre sa cadence et me demandait distraitement comment il faisait pour connaitre le chemin de la chambre sur le bout des doigts, moi-même m'étant perdue plus souvent que je n'oserais l'avouer.
La porte numéro 13 se fit rapidement voir, Malfoy l'ouvrit et me poussa violemment à l'intérieur avant de fermer derrière lui. Je m'attendais à ce qu'une nouvelle dispute éclate et étais préparée à me justifier, mais rien ne vint. Et c'est ce qui m'inquiéta le plus.
Je préférais nettement lorsqu'il criait, son silence m'angoissait et j'avais l'impression que la bombe pouvait tomber à tout moment. Je voulais qu'il parle, qu'il réclame des excuses ou peu importe. Mais je l'avais blessé. Trop pour qu'il prenne la peine de crier sa douleur.
Il fouillait dans une armoire et en sortit un tube blanc qu'il déboucha. Assise sur le bord du lit comme Ginny plus tôt dans la journée, il s'agenouilla en face de moi.
Sa main releva la manche de mon t-shirt, laissant apparaître un hématome en plus des frissons provoqués par ce contact. Un sourire serait d'ordinaire apparut sur son visage, mais ce ne fut pas le cas.
Il appliqua la pommade sortie du tube sur ma blessure avec douceur, concentré sur sa tâche. Il était réellement attendrissant et je ne pouvais empêcher mes yeux de balayer l'entièreté de son visage pâle, de la racine de ses cheveux blonds à sa mâchoire. Il évitait tout contact visuel, alors j'approfondissais mon observation en fixant, cette fois-ci, mes yeux aux siens.
Il tint quelques secondes avant de me regarder lui aussi, exaspéré.
« - Pourquoi me regardes-tu de cette manière, Granger ?
- Pour que tu me regardes aussi.
-Et bien, c'est chose faite. Contente ? »
Il se releva après avoir baissé la manche de mon t-shirt sur mon bras, et rangea le tube de pommade.
« - Malfoy… »
Il ne réagit pas, mais je savais qu'il m'écoutait.
« - Je suis vraiment désolée, je n'ai jamais été aussi sincère que maintenant. Je sais que tu es innocent, crois-le ou non. Harry était présent, ce jour-là. »
Il s'arrêta net dans ce qu'il faisait.
« - De quoi parles-tu ?
- Harry était dans la tour d'Astronomie, le jour où Rogue a tué Dumbledore. Il revenait d'un voyage avec le directeur pour trouver le Médaillon de Salazar Serpentard quand tu es arrivé. Il a tout entendu, il était caché sous sa cape d'invisibilité. »
Il plongea sa tête entre ses mains en un soupir.
« - Je m'en fiche de ce que Potter a bien pu voir ou entendre. Les faits sont là, tu m'as accusé du meurtre du directeur tout en sachant pertinemment que je ne l'avais pas tué.
- C'est sorti comme ça, Malfoy, je suis désolée ! La guerre n'a été facile pour personne. Tu penses que je n'ai fait que suivre Harry dans sa quête, que j'étais triste de ne pas pouvoir suivre une scolarité exemplaire mais qui ne le serait pas ? Je ne vais pas prétendre avoir été contente d'accompagner Harry dans la recherche des horcruxes, parce que c'était une horreur. Oui, j'ai souvent pensé à faire comme Ron et à l'abandonner, lui et son destin merdique. Après tout, qui étais-je, moi, dans cette quête ? Le destin a fait qu'Harry Potter était mon ami, et je devais l'assumer. J'aurais pu ne pas tomber sur lui dans le train, j'aurais pu vivre cette guerre comme les autres élèves de Poudlard mais non, la vie m'a donné comme rôle de protéger et d'aider mon meilleur ami, au péril de ma vie.
- Arrête de jouer la victime, Granger.
- Mais Malfoy, te rends-tu compte une seule seconde de ce que nous avons vécu ? Ce n'est pas simplement une histoire de magie, de Seigneur des Ténèbres ou autre. J'ai perdu des amis, pour les protéger. Putain Malfoy, j'ai perdu mes parents et tu oses me dire que je n'ai pas souffert de la guerre ? »
Malfoy se figea et se retourna vers moi.
« - Je ne le savais pas.
- Si tu t'intéressais à autre chose que tes petits malheurs de survivant, tu l'aurais su. »
J'enfonçais le couteau dans la plaie en copiant la réplique qu'il avait prononcé. Je continuais.
« - On est dans la même merde, Malfoy. Nous avons perdu des proches, nous serons à jamais vénérés ou détestés pour le rôle que nous avons joué dans la guerre, nous sommes détruits. L'un n'a pas plus souffert que l'autre. »
Un silence calme, doux et reposant s'installa. Malfoy semblait reconnaitre que la guerre avait affecté tout le monde, de différentes façons, et pas seulement sa famille et lui.
« - Granger ?
- Malfoy ?
- Comment tes parents sont morts ? Enfin, si ça ne te dérange pas d'en parler, je veux dire, tu n'es pas obligée. »
Je relevais les yeux du sol pour les fixer aux siens, un sourire aux lèvres devant le léger malaise qui l'avait envahi.
« - Ils ne sont pas morts, mais c'est comme si, à peu de choses près. Harry, Ron et moi allions partir à la chasse aux horcruxes dans les semaines qui précédaient la rentrée. Je devais partir de chez mes parents pour rejoindre les Weasley, nous devions assister à un mariage au Terrier. J'avais pris ma décision depuis un moment, je savais ce que je devais faire mais ça n'en restais pas moins difficile. Un article au journal sorcier comme quoi une famille moldue avait été assassinée termina de me convaincre. Mes parents étaient en danger à cause de moi, j'étais l'ennemie numéro 2 et je ne doutais pas que les Mangemorts s'en prendraient à ma famille pour m'atteindre. Sans leur dire au revoir, parce que je savais que ça serait encore plus difficile, je leur ai jeté le sort d'Oubliette. Ils n'ont plus aucun souvenir de moi, ni de notre vie d'avant et je les ai envoyés dans un autre pays, sous un autre nom.
- Tu n'as pas essayé de les retrouver ?
- Si, évidemment. Et je les ai retrouvés après la guerre. Ils étaient heureux, ils avaient un chien et vivaient de leur passion pour le jardinage. J'ai décidé de ne pas leur rendre la mémoire, ils vivaient très bien sans moi et, qui sait ce qui peut encore m'arriver ? En voici la preuve. Ils seraient dévastés s'il m'arrivait quelque chose, je ne veux pas leur infliger cette inquiétude constante. »
Malfoy était dans ses pensées tandis que je l'observais à la dérobée, cherchant ce qui pouvait lui passer par la tête.
« - Tu as eu beaucoup de courage, Granger. Peu de personnes auraient fait ce que tu as fait, surtout à ton âge. »
Estimant cette conversation trop dramatique, je regardais Malfoy avec un petit sourire, impressionnée.
« - Waouh Malfoy ! Je ne m'attendais pas à tant de reconnaissance de ta part.
- Ne t'y habitue pas. »
Je rigolais doucement. Je me rendais compte que tous les non-dits venaient d'être étalés à la vue de l'autre, je savais ce qu'il pensait de moi et avais rétabli la vérité sur sa façon de me voir, moi et mes amis.
Ce n'était peut-être pas si mal, après tout. Alors que je pensais qu'une barrière s'était renforcée suite à notre dispute, je me rendais compte qu'elle était finalement tombée.
Nous nous étions livrés, à cœurs ouverts et sans limites sur les maux que nous avaient valus la guerre. Il y aura encore des dispute, encore des choses à régler mais nous avions fait un pas en avant, je le savais.
Le silence fut rompu par l'objet de mes pensées.
« - Tu sais, j'ai beaucoup réfléchi pendant ce temps où je suis parti. »
Une phrase, prononcée par certainement la pire des créatures de ce monde après le Seigneur des Ténèbres, me revient en tête.
« - Il avait l'air très énervé quand je l'ai croisé il y a une trentaine de minutes. Il est certainement parti se soulager avec une femelle, comme à son habitude. »
Je ne pouvais m'empêcher de poser la question à Malfoy, par acquis de conscience.
« - D'ailleurs, tu faisais quoi tout ce temps ? Je me suis inquiétée, jusqu'à sortir de cette chambre pour venir te chercher.
- C'était très imprudent, Granger. Si tu avais croisé Maître Teryel ou encore un Thanatos un peu trop aventureux, je n'aurais pas pu intervenir.
- J'ai croisé Teryel, mais il n'a rien fait. C'était très étonnant.
- C'est très suspect, surtout. Lui et toi, seuls dans un couloir, et il n'a rien tenté ?
- Exactement. Il m'a juste mit en garde sur ce que tu pourrais faire dans mon dos et sur ce qu'il pourrait faire subir à Ginny si je venais à leur mettre des bâtons dans les roues.
- Sur ce que je fais dans ton dos ?
- Il m'a dit que ce ne serait pas étonnant que tu sois parti soulagé ta colère avec… une fille.
- Tu y crois ?
- Ca m'étonnerait, mais après tout, tu fais ce que tu veux. »
Un large sourire prit place sur le visage du blond.
« - Tu es jalouse ?
- Quoi ? Pas du tout !
- Pourquoi tu te renfermes de cette manière alors ? Tu n'aimes pas l'idée de me voir avec une autre fille, n'est-ce pas ?
- Je n'aime simplement pas l'idée que quelqu'un te vois avec une autre femelle que moi. J'ai un minimum de fierté, assez pour espérer que tu ne couches pas avec une autre femelle que celle qui t'a été attribuée.
- Ça voudrait dire que je ne dois coucher qu'avec toi ?
- Quoi ? Mais… Non ! Ce n'est pas ce que je voulais dire !
- Tu l'as clairement sous-entendu.
- Tu te fais des films, je dis juste que je n'ai pas envie de passer pour la femelle cocue. »
Malfoy se rapprocha de moi, tint mon menton entre deux doigts et leva mon visage à sa hauteur.
« - Non, Granger, je ne couche avec aucune fille de ce sous-terrain. »
Répondant à la question que je me posais depuis une heure, il s'éloigna et s'allongea dans son lit.
Il continua.
« - Je disais, j'ai beaucoup réfléchi pendant cette pause qui était tout sauf sexuelle. Il nous sera impossible de récupérer nos baguettes, nous pouvons définitivement rayer ce plan de notre tête. Mais nous pouvons créer une autre magie.
- Une autre magie ?
- Nos pouvoirs sont dans notre sang, nous pouvons essayer de les faire sortir d'une autre manière que par l'intermédiaire d'une baguette magique.
- La magie intuitive ?
- Exactement.
- C'est du suicide, Malfoy.
- Je sais que tu as lu des livres sur cette pratique de la magie, nous en sommes capables.
- Tu as raison, j'ai lu des livres mais très peu. C'est quelque chose de très compliqué, ça demande énormément de volonté et de force autant physique que mentale.
- Dis-moi tout ce que tu sais.
- C'est du suicide….
- Nous n'avons pas le choix, Granger. Si tu as une autre idée, je t'en prie, propose.
- Très bien. Stimuler notre magie intuitive demande, premièrement, une concentration irréprochable. Nous avons besoin de calme, d'un endroit chaleureux où nous nous sentons en sécurité.
- Notre chambre suffira, nous y sommes bien et personne ne peut y entrer sans mon autorisation.
- Ce n'est pas tout. Nous avons besoin de notre force vitale, et je suis loin d'être rassasiée avec la nourriture qu'ils servent aux femelles dans cet endroit. »
Malfoy semblait en pleine réflexion suite à mes mots. Les yeux dans le vague et ses deux mains soutenant sa tête, il semblait faire face à un dilemme.
Il releva la tête soudainement, la mine presqu'enjouée.
« - Le marquage. »
..
Eh bien, les langues se sont dénouées ! Je parie sur la tête de Teryel (ce ne sera pas une très grande perte) que beaucoup d'entre vous aviez oublié le marquage avec tout ce qu'il s'est passé depuis !
J'espère que ce chapitre vous a plu !
N'hésitez pas à laisser une review, ça fait toujours super plaisir et ça me motive énormément pour la suite. Merci pour tout !
