Bonsoir à tous! Oui, la légende dit que j'existe encore, de retour avec un nouveau chapitre sur nos deux héros préférés!
J'espère que vous ne m'en voulez pas trop, mais je n'avais vraiment pas le courage d'écrire ces derniers temps, mais je me suis rattrapée assez rapidement donc les chapitres vont (si je suis courageuse) arriver avec moins de mois d'écarts!
Bonne lecture!
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Chapitre 17 : Réunion de crise
Plusieurs semaines étaient passées depuis ma conversation avec Ginny. J'avais été forcée de lui raconter la vérité. Ou du moins, ce que je pensais l'être.
Je restais persuadée, au grand dam de ma meilleure amie, que Malefoy n'était pas sur le point de m'embrasser ce jour-là. Peu importe ce qu'il comptait faire, ce n'était pas ce qu'elle croyait. Nous avions discuté des heures entières, jusqu'au retour du blond. Elle m'avait conseillé de faire comme si de rien n'était, ce que je considérais comme étant la meilleure des solutions pour éviter un malaise.
Cette journée me rappelait, avec nostalgie, toutes les soirées que nous avions passé ensemble, enfermées dans notre chambre au Terrier, à parler pendant des heures, un verre de jus de citrouille à la main. Les ronflements des garçons dans la chambre adjacente berçant nos chuchotements excités, nous n'étions que des enfants. Les responsabilités ne nous atteignaient pas, mais voilà plusieurs années que notre vie était mise en jeu dans le monde des sorciers.
Nous étions des adolescents devenus adultes par nécessité, et non par choix. La vie ne nous avait pas épargné. Voldemort, et maintenant les Thanatos.
Après avoir vaincu un des plus grands mages noirs de tous les temps avec mes meilleurs amis, je me retrouvais kidnappée par des créatures encore inconnues de tous. Seule et soumise, je ne comptais que sur Ginny, Malefoy et moi-même pour nous sortir d'ici.
Mais j'étais fatiguée de me battre, je n'avais qu'une envie remonter le temps et réapparaître dans la chambre de Ginny, où nos seules inquiétudes étaient les garçons. Une larme roula le long de ma joue et atterrit sans bruit sur mon oreiller. Qu'avions-nous fait à Merlin pour mériter ça ?
Couchée sur la paillasse qui me servait de lit, je regardais fixement le plafond, comme espérant qu'il me réconforte. J'étais seule. Littéralement. Malefoy partait, tous les jours, aux petites heures du matin et ne revenait que lorsque mon sommeil était bien trop lourd. Je ne le voyais presque plus, il était absent pendant des heures et ne rentrait dans notre chambre que pour dormir. Je n'avais jamais l'occasion de parler avec lui de notre évasion, car il était plus que temps de mettre en place notre plan.
Nous avions décidé, cependant, de mettre Ginny dans la confidence. Toute aide était la bienvenue. Mais cela ne s'était pas révélé très utile. Ginny, aussi abandonnée que je l'étais par son Maître, était enfermée dans sa chambre et ne pouvait pas en sortir. Malefoy m'avait donné le même ordre, à mon plus grand malheur.
Je n'en pouvais plus, j'allais devenir totalement folle à rester enfermée ici. Le plan allait avancer, Malefoy ou pas.
J'enfilais rapidement mon collier, même s'il ne m'était d'aucune utilité. Les Thanatos savaient que les femelles n'étaient plus autorisées à sortir seules depuis le suicide d'une des créatures. J'étais tout de même plus rassurée en le portant.
Je me redressais, les membres engourdis par l'inactivité, et m'approchait de la porte. Je l'ouvrais, passant discrètement ma tête en dehors afin de repérer une éventuelle créature. La voix était libre, je ne pouvais plus faire marche arrière.
Silencieusement, je sortais et fermais la porte derrière moi, avant de courir à toute allure vers une destination m'étant encore inconnue. Je devais avant tout m'éloigner des chambres.
Je ne croisais personne, à ma plus grande surprise, et arrivais rapidement dans un couloir que je reconnu comme étant celui que nous avions emprunté le jour de mon marquage. Je m'arrêtais, le temps de reprendre mon souffle, et réfléchis à toute vitesse.
Si je me souvenais bien, le bureau d'Anael (la créature s'étant occupée de mon marquage) était proche des bureaux médicaux dans lesquels j'avais passé mes épreuves. Si je trouvais l'appartement d'Anael, je trouvais les bureaux médicaux, et tous les dossiers sur chaque Thanatos vivant ici. Sur les Initiaux.
Un sourire d'excitation aux lèvres, je repris ma course à travers les couloirs jusqu'à atteindre mon objectif. La porte du bureau d'Anael apparut dans mon champ de vision. Au lieu de tourner à gauche vers elle, je continuais mon chemin et atteignait la première pièce des épreuves.
Je m'arrêtais dans ma course et, silencieusement, je m'approchais de la porte. Aussi doucement que je le pouvais, je m'appuyais contre le bois et y collait mon oreille, dans l'espoir de ne rien entendre à l'intérieur. Le silence étant d'or, je glissais ma main contre la poignée et l'abaissa d'un coup sec. Rien ne se produisit.
« - Merde ! »
Je chuchotais. Je n'avais pas pensé à ça.
Je répétais mon action plusieurs fois, ajoutant le poids de mon corps contre la porte, mais elle ne bougea pas d'un millimètre.
Soudain, du bruit se fit entendre de l'autre côté. Un son saccadé. Horrifiée, je m'arrêtais nette et m'éloignais de l'entrée avec les yeux exorbités. Alors que le bruit se faisait de plus en plus intense et proche, je me retournais brusquement, avec l'intention de courir dans le sens inverse comme si ma vie en dépendait, ce qui était le cas.
Je n'eus pas le temps de faire un seul pas. Je me cognais de pleine face contre un corps étranger et senti des doigts glacés attraper mes mains et les lier contre mon dos. Alors que je criais de surprise en me débâtant, une deuxième créature arriva et attrapa violemment mes jambes, tandis que son collègue me tenait par les bras.
Maintenue en planche par les deux créatures, j'essayais de donner des coups de pieds à celui qui me tenait les chevilles, sans jamais y arriver.
« - Arrête de bouger, femelle, tu te fais du mal pour rien. Nyx, tiens la bien, nous allons la conduire à la salle de réunion. »
Je criais.
« - Non ! Je suis la femelle Malfoy, lâchez-moi immédiatement. »
La créature à mes pieds sembla hésiter, un moment.
« - Eoles, réfléchis. Si Thanatos Malefoy apprend que nous avons fait du mal à sa femelle, nous pouvons dire au revoir aux chasses.
- Nous allons la conduire à la salle de réunion parce qu'elle a enfreint nos règles en essayant d'entrer là où il lui était interdit d'aller. Les Initiaux choisiront son sort.
- Je ne suis pas certain qu'elle s'en sortira si ce sont les Initiaux qui…
- Thanatos Malefoy est avec eux, ils décideront ensemble d'une punition. »
J'essayais de m'opposer, avant de me rendre compte qu'ils m'avaient rendue muette. La bouche ouverte sans qu'aucun son n'en sorte, je me débattais dans leurs bras jusqu'à ce qu'ils me déposent, à genoux, au sol.
Je les regardais, face à moi, et fut happée par le regard bleu du Thanatos qui était nommé Nyx. Je ne pouvais plus décrocher mes yeux des siens et, en quelques secondes, je tombais dans le noir total.
Je sentais des bras forts me porter comme une princesse, ma tête nichée dans le cou de l'inconnu. Je me rappelais soudainement ce qui s'était passé, et m'agitais doucement. J'avais si mal à la tête qu'il m'était impossible de bouger davantage. J'avais l'impression d'avoir été droguée.
« - Elle s'est réveillée. Elle n'a pas encore repris toutes ses forces, dépêchons-nous. »
Je grognais à l'entente de la voix rauque d'une des créatures qui m'avait attaqué. Nyx, parce que c'était lui, resserra sa prise et accéléra le pas. Je n'ouvrais même pas les yeux, beaucoup trop faible.
J'entendis de lourdes portes s'ouvrir, et une voix nous accueillit.
« - Où étiez-vous ? L'alarme dans les bureaux médicaux a sonné et nous n'avons pas eu le temps d'envoyer des hommes que vous étiez déjà sur place.
- Nous ne sommes pas chasseurs pour rien, Thanatos.
- Qui est-ce ? »
Eoles prit la parole.
« - C'est elle qui a déclenché l'alarme. Elle essayait d'entrer dans les bureaux quand nous sommes arrivés.
- Ah, bien. Nous avons une fouineuse parmi nos femelles, à ce que je vois.
- C'est la femelle Malefoy. »
Un silence s'installa, durant lequel j'ouvrais péniblement un œil pour observer la scène. Je n'eus le temps de voir qu'une créature m'étant encore inconnue à l'entrée de la salle de réunion, avant que je ne retombe dans un état semi-comateux.
« - J'espère que vous avez une bonne excuse. Regardez-là, on dirait que son esprit a quitté son corps. Si Thanatos Malefoy la voit dans cet état, vous pouvez nous dire adieu.
- Nous l'avons simplement endormie, si je peux dire ça de cette façon. Elle se débattait, nous étions obligés de faire ça si nous voulions l'amener jusqu'ici sans qu'elle ne se blesse.
- Vous direz ça à son Maître. Je suis certain qu'il sera très content de voir à quel point vous vous préoccupez de la santé de sa femelle.
- Si Thanatos Malefoy a quelque chose à dire, je serais très heureux de lui exposer ma façon de voir les choses. Après tout, c'est lui qui la laisse traîner. »
Je nous sentis avancer et j'entendis rapidement des portes se fermer derrière nous.
J'ouvrais les yeux, reprenant peu à peu mes forces. Nous étions dans une pièce que j'avais déjà visitée, lors d'un entretien avec les Initiaux. Les fresques dessinées aux murs me rappelèrent l'histoire tragique qui avait conduit à l'apparition des Thanatos.
Je levais doucement la tête et regardais face à moi, où étaient réunies environ 5 créatures. Dont Malefoy, qui ne semblait pas m'avoir remarquée.
« - Maîtres, nous avons trouvés qui avait déclenché l'alarme. »
Teryel et Malefoy, qui étaient dos à nous, côtes à côtes, se retournèrent d'un seul homme. Lorsqu'il me vit, l'horreur passa sur le visage du blond. Il parut inquiet, mais ce sentiment fit place à la déception. Il s'approcha rapidement de la créature qui me portait, et parla d'une voix chargée de reproches tandis que mes yeux se refermaient d'épuisement.
« - Que lui as-tu fait, Chasseur ?
- Elle essayait d'entrer dans les bureaux médicaux. »
Eoles avait répondu pour son accolyte.
« - Je ne te demande pas la raison de sa présence, je te demande ce que tu lui a infligé pour qu'elle soit dans cet état. Je jure sur Merope que je te tuerais sans pitié si je juge ton excuse illégitime.
- Je l'ai juste plongée dans un sommeil particulièrement profond, Thanatos. »
Un silence s'installa durant lequel une haine palpable flottait dans l'air. Je sentis deux mains entourer mon visage, j'ouvrais les yeux et croisais deux perles anthracites.
« - Tu vas bien ? »
Je grognais ce qui ressemblait à un « oui ». D'autres mains prirent la place de celles de Nyx, plus chaleureuses, plus rassurantes. Je passais des bras de la créature à ceux du blond. Je nichais ma tête dans sa nuque et soufflait de bien-être, il frissonna. Je le sentis me déplacer à travers la pièce et poser délicatement ses lèvres sur le dessus de ma tête avant de me coucher sur un tissu doux, que je devinais être un canapé.
Je n'avais toujours pas suffisamment de force pour tenir debout, mais je pouvais ouvrir les yeux et, bien que j'aurai préféré ne rien voir, je fus contrainte d'observer Malefoy mettre un coup de poing monumental à Eoles, qui se laissa faire.
« - Peu m'importe où tu as trouvé ma femelle, et peu m'importe ce qu'elle faisait. Je suis le seul à avoir l'autorisation de la toucher, est-ce que c'est compris ? »
Eoles, tenant son nez en sang, se redressa et transmis par ses yeux toute la haine qu'il semblait ressentir envers Malefoy.
« - Putain, tu te prends vraiment pour le Maitre ici ? Les règles sont les règles, et elle en a brisé plus d'une aujourd'hui. Elle est sortie seule, elle a essayé d'entrer là où il lui était interdit d'aller et nous a presque blessés, Nyx et moi.
- Et quelle règle, exactement, t'autorise à lever la main sur ce qui m'appartient ? »
Un long silence s'ensuivit, durant lequel Eoles ne trouva pas de réponse. Le blond se détourna, et fit face aux Initiaux, restés silencieux depuis.
« - Maîtres, je me retire jusqu'à demain matin des discussions. »
Teryel prit la parole.
« - Je ne crois pas, Thanatos.
- Vous pouvez faire sans moi pendant quelques heures, je dois m'occuper de…
- Ta femelle doit être punie pour ce qu'elle a fait, elle ne peut pas désobéir aux règles comme bon lui semble sans en retenir quelque chose.
- Je m'occuperais de la punir, c'est mon rôle en tant que Maître.
- Cette affaire n'est plus de ton ressort, Thanatos Malfoy. »
Teryel restait tout à fait calme, ce qui étonnant de sa part, tandis que le blond s'énervait à vue d'œil. Nyx intervint.
« - Maîtres, si je peux me permettre, c'est moi qui ai été chercher la femelle. Avec tout mon respect, vous vous trompez sur ses intentions. Elle n'essayait pas d'ouvrir la porte, en réalité, elle avait l'air perdue.
- Pardon ? »
Eoles semblait choqué des aveux de son collègue, le regardant avec interrogation. Les Initiaux étaient impassibles, et Malfoy jeta un coup d'œil dans ma direction.
« - Qu'est-ce que tu racontes Nyx, nous l'avons clairement vue s'acharner sur la poignée de la porte !
- C'est faux, elle était devant quand nous sommes arrivés mais elle ne la regardait même pas. Je pense qu'elle cherchait surtout un moyen de retrouver son chemin vers sa chambre.
- Et pourquoi en serait-elle sortie, sachant pertinemment que depuis le suicide aucune femelle ne peut gambader seule ?
- Je n'en ai aucune idée, mais je suis certain que son but n'était pas d'entrer dans les bureaux médicaux. Pour faire quoi ? Dormir sur le lit du médecin ? Il n'y a absolument rien d'intéressant dans ce local, elle n'avait aucune raison d'y aller. Si elle voulait vraiment fouiner, elle serait venue écouter aux portes, interroger des créatures, or aucune créature ne circule dans les couloirs ces temps-ci et elle ne connait pas le chemin jusqu'ici. »
Son raisonnement était infaillible, accentuant la colère de son compagnon de chasse.
« - Je rêve, Nyx, réveille-toi ! Elle t'a jeté un sort, cette sale sang-de-bourbe de sorcière ? »
Mes yeux s'ouvrirent à l'entente de l'insulte proférée par Eoles. Je vis Malefoy se raidir, mais il fut le seul à réagir.
« - Je sais que tu ne l'aime pas et que tu n'as pas eu l'occasion d'avoir une femelle à toi, mais ce n'est pas la peine d'essayer de tuer les femelles des autres. »
Nyx réduit, une nouvelle fois, Eoles au silence. Je n'arrivais pas à comprendre ce qu'il se passait. Nyx mentait effrontément devant les Initiaux. Mon esprit était peut-être embrumé, mais je me souvenais avoir été prise sur le fait, en train d'essayer d'ouvrir la porte en jurant. Je ne savais pas s'il nous protégeait, Malefoy et moi, ou s'il souhaitait simplement ennuyer son collègue, mais le fait est qu'il me sauvait la vie.
Addanc, un des Initiaux, ouvrit enfin la bouche.
« - Nous te faisons confiance, Nyx, mais je pense qu'il est plus judicieux de poser la question à la principale intéressée, qui nous écoute gentiment depuis 10 minutes.
- Elle est trop faible, Addanc.
- Je ne t'ai pas demandé ton avis, Thanatos Malefoy. Reste à ta place et laisse-nous faire notre travail. »
Addanc s'approcha du fauteuil où j'étais couchée, m'invita à me lever et me conduit jusqu'au centre de la pièce, face à Eoles, Nyx, Malefoy et les 3 Initiaux.
« - Pourquoi es-tu sortie de ta chambre, femelle ? »
Une seule et unique question. Je n'avais aucune idée de ce que je pouvais répondre. La panique remplaçait la force, les larmes me montaient aux yeux et je les fermais pour les empêcher de couler. Un mal de tête horrible m'empêchait de réfléchir, mes oreilles sifflaient et je n'entendais même plus ma propre voix. Soudain, tout ce bruit cessa.
J'ouvrais les yeux et captait le regard de Malefoy, inquiet.
« - Je suis sortie parce que j'ai entendu du bruit de l'autre côté de la porte de notre chambre. Comme si quelqu'un essayait d'entrer. Je me suis cachée, j'avais peur, et quand le bruit a cessé, j'ai ouvert la porte pour voir qui était là mais il n'y avait personne. Je suis sortie et j'ai parcouru les couloirs pour trouver celui qui avait essayé d'entrer, et j'ai finis par me perdre. »
Simple et efficace, j'avais presque envie de sourire de satisfaction.
« - Tout cela semble cohérent. Tu devrais faire davantage attention à ta femelle, Thanatos Malefoy, nous ne savons pas ce qui traîne dans les couloirs ces temps-ci.
- J'en prendrais soin.
- Chasseurs, ramenez femelle Malefoy dans sa chambre, nous devons encore discuter un moment. »
Ces derniers hochèrent la tête, en m'encadrèrent en me conduisant vers l'entrée.
Une fois les lourdes portes fermées dans notre dos, je soupirais de soulagement. J'avais approché la mort de trop près à mon goût.
« - Est-ce que tu peux m'expliquer ? »
Eoles, de sa voix chargée de reproches, s'adressait à son acolyte tout en gardant le regard résolument droit devant lui.
« - Je sais ce qu'elle a essayé de faire, je ne suis pas aveugle.
- Non, mais tu es suicidaire.
- Je devais une faveur à Malfoy.
- Quelle genre de faveur, au juste ?
- C'est entre lui et moi. Contente-toi de me faire confiance.
- Tu m'as fait passer pour un menteur auprès des Initiaux, et je t'en voudrais à jamais pour ça.
- Je suis désolé mon frère. Malfoy avait réellement besoin de moi sur le coup, je ne pouvais pas laisser les Initiaux faire du mal à sa femelle après ce qu'il a fait pour moi. »
Eoles acquiesça en grognant, sceptique.
Je reconnus peu à peu les chemins menant à ma chambre. Les Chasseurs, après s'être assurés que j'étais enfermée, partirent et la solitude me tordit les entrailles pour la deuxième fois de la journée.
Le contre coup de la peur et de l'excitation me retomba sur les épaules, et les larmes dévalèrent mes joues pâles et creuses. Assise sur le lit conjugal, je tentais de retenir les sanglots qui s'échappaient de ma bouche sans que je ne les contrôle. J'avais désespérément besoin de sortir de cet endroit, je voulais plus que jamais revoir le visage incertain de Ron, les yeux verts d'Harry, sentir les bras rassurants de mes amis autour de moi.
Mais ils n'étaient pas là. Et rien ne m'assurait que je pourrais un jour les revoir.
Je m'allongeais, repliais mes jambes contre mon corps et tombais rapidement dans les bras de Morphée.
De légères caresses dans mes cheveux me réveillèrent. J'ouvrais difficilement les yeux et tombais directement sur le visage dur de Malfoy au-dessus de moi.
« - Salut. »
Il avait chuchoté, gardant une de ses mains dans mes cheveux, immobile. Comprenant soudainement pourquoi il me réveillait, je me levais du lit avec précipitation.
« - Oh, je suis désolée, je me suis endormie dans ton lit.
- Je ne t'ai pas demandé d'en partir. Ça ne me dérange pas, tu peux dormir dedans.
- Oh, hum… »
Il ne disait rien, assis sur le lit.
« - Est-ce que tout va bien ? »
Il releva les yeux vers moi, soupira et tapota la place vide du lit à ses côtés. Obéissant, je m'asseyais auprès de lui et attendit patiemment qu'il prenne la parole. Il ne faisait pas attention à moi, son regard était perdu dans les couvertures fines.
« - Je pense que tu ne te rends pas bien compte de certaines choses. »
Je fronçais les sourcils, pas certaine de comprendre ce qu'il essayait de me dire.
« - De quoi parles-tu ?
- Je ne sais même pas. »
Il laissa échapper un rire faible.
« - Malfoy, il s'est passé quelque chose ? »
Enfin, il leva les yeux vers moi.
« - Non, il ne s'est rien passé. »
Il se leva, comme pour partir dans la salle de bain. Je le retins par le poignet juste à temps, et le forçait à se rassoir face à moi.
« - Si tu pensais t'en sortir avec un mensonge, tu te trompais. »
Il ne souriait même pas à ma remarque, et j'eus un instant peur de ce qu'il allait me dire.
« - Je ne sais pas trop… Je suis fatigué, je crois, et perdu. En colère.
- Contre qui ?
- Contre toi, Granger. »
Je ne fus pas si surprise, après cette longue journée je m'attendais à recevoir des reproches.
« - Ecoute, Malfoy,…
- Non. Toi, écoutes moi. Est-ce que ça t'arrives de réfléchir avant d'agir ? Non, évidemment, vous êtes des putains de gryffondors bornés. Tu as risqué ta vie en agissant comme tu as agis aujourd'hui, et tu es vachement égoïste.
- Egoïste ? C'est toi qui me dis ça ?
- Oui, Granger, c'est moi qui te le dis. J'en ai marre de m'inquiéter pour toi du matin au soir. Dès que je passe la porte, je ne pense qu'au fait que si l'envie t'en prend, tu peux décider de te barrer comme bon te semble et ça me rend malade. Ouvre grand tes oreilles parce que ce que je vais te dire, je ne te le dirais qu'une seule fois. Tu es la seule et unique chose qui me permet de tenir ici. S'il t'arrive quelque chose, je ne me pardonnerais jamais. On est à deux dans cette merde, on forme un équilibre et si une partie s'effondre, l'autre en fait de même. Je ne peux simplement pas m'imaginer sortir d'ici sans toi, retourner à Poudlard sans pouvoir t'avoir à l'œil, ne pas te revoir gambader avec tes meilleurs amis. Tout ce qui m'énervait chez toi avant m'est indispensable maintenant parce que c'est grâce à ça que je tiens. C'est grâce à toi, putain. Mais ça, ton esprit de suicidaire semble l'oublier. Que tu le veuille ou non, tu m'a sur le dos maintenant. Avant, pendant et après notre sortie. Granger, j'ai vraiment cru que j'allais tuer Eoles tout à l'heure. Rien que savoir qu'il avait pu te mettre dans cet état me rendait fou. J'aurais pu tuer quiconque voulait te faire du mal, quitte à me porter préjudice au passage. Alors je t'en supplie, arrête d'enfreindre les lois parce que c'est non seulement ta vie que tu mets en péril, mais également la mienne. »
Je restais muette face à ce discours, ne sachant pas exactement comment réagir. Un silence s'installa, durant quelques secondes avant que je réagisse.
Sans réfléchir, je m'agenouillais face à lui, m'approchais et entourais sa nuque de mes bras en exerçant une petite pression.
Il se raidit, comme gêné, avant de passer ses propres bras autour de ma taille, rapprochant mon corps du sien. Presqu'à califourchon sur lui, j'enfouissais ma tête dans son cou.
« - Je suis désolée, Malfoy. Tu as entièrement raison. On prend les risques à deux, maintenant. »
Il soupira, soulagé, et je reculais pour pouvoir lui faire face. Il me regardait intensément et, dans un élan, je déposais mes lèvres au coin des siennes. Lorsque je me reculais à nouveau, son regard alterna plusieurs fois de ma bouche à mes yeux.
« - Je… Je vais aller dormir. Il doit sûrement être tard. »
J'avais parlé d'une voix incertaine, encore moi-même troublée par le presque baiser que je venais de lui donner. Je tentais de me lever, dans le but de rejoindre mon propre lit mais fut retenue dans mon mouvement.
« - Que dis-tu de dormir dans un vrai lit ? »
Le blond souriait malicieusement, comme ayant totalement oublié la déclaration qu'il m'avait faite quelques minutes avant.
« - Est-ce que le grand Draco Malfoy me proposerait de dormir avec sa personne, dans son lit ?
- Profites-en avant que je ne change d'avis. »
Sans me faire prier davantage, je m'allongeais sous les draps. D'un coup, Malfoy se leva, retira son t-shirt et déboutonna son pantalon. Je cachais mes yeux.
« - Malfoy ! Rhabilles toi par Merlin !
- Attends Granger, tu as vraiment cru que je dormais habillé ? Ne fais pas ta prude et remercie tous les dieux de pouvoir dormir en compagnie d'un mâle bâti comme je le suis !
- Tu as un égo surdimensionné.
- Si ce n'était que mon égo… »
Je retirais mes mains de mes yeux et le regardait avec exaspération, ayant clairement compris l'allusion qui se cachait derrière ses paroles. Il souriait, fier de lui.
Il finit par s'installer à mes côtés, restant à une distance correcte de mon corps. J'eus à peine le temps de me sentir gênée que je tombais de sommeil, pour la deuxième fois de la journée.
Vos avis ? Hermione l'a échappée belle et passe sa première nuit dans un vrai lit, avec un vrai homme (et pas des moindres)!
J'espère que ce chapitre vous a plu! Vous connaissez la chanson, je réponds à vos reviews en PM donc n'hésitez pas à laisser une trace de votre passage, ça fait toujours super plaisir !
Merci pour tout !
