Mon cœur tambourinait dans ma poitrine à une vitesse effrénée. Je ne parvenais à le calmer. Il bourdonnait à mes oreilles, me rendant sourde de ton autre son.

Il était temps. Je le savais. Rester ainsi cachée n'y changerait rien. Je devrais à un moment ou à un autre remplir cette obligation.

Je rencontrai mon regard une dernière fois dans le miroir, me rendant compte qu'il ne serait plus le même à présent, sachant pertinemment que je signais à ce jour un nouveau chapitre de ma vie, provoquant des bouleversements dont je ne mesurais pas encore l'étendue.

Je replaçai une mèche rebelle derrière mon oreille, me décidai à franchir le pas et quittai la salle de bain qui m'avait servi de refuge ces dernières minutes.

Il m'attendait alors…là, face à hautes fenêtres qui surplombaient sa chambre, lieu que je n'avais découvert qu'un instant auparavant, le regard vague, perdu dans des pensées qui m'étaient inaccessibles. Il se tenait ainsi, splendide, à en couper le souffle. Les faibles lueurs de la nouvelle lune glissaient sur sa peau, le rendant presque irréel. Et il était mien à présent.

Je m'avançai lentement vers lui, comme si chaque atome de mon corps me dirigeait spontanément vers lui, comme si nous étions deux aimants et que je ne pouvais résister à son attraction. Seul le bruissement du mouvement de ma robe brisait le silence environnant. Comme si le temps avait choisi de faire une pause, comme si nous étions bloqués dans un instant suspendu, qui n'attendait que nous pour poursuivre sa route.

Il demeura stoïque durant mon ascension, ne voulant pas me brusquer pour une fois, me laissant le champ libre, sachant que nous avions de toute façon toute une vie devant nous. Je m'arrêtai alors juste derrière lui, fermant les yeux un court instant pour apprécier pleinement sa présence. Son odeur m'embauma, me faisant légèrement perdre pied. Je saisis doucement son épaule pour me retenir, agrippant tendrement sa veste.

Je le sentis se détendre doucement à mon contact, comme s'il n'attendait que cela. Il se tourna alors lentement vers moi, me surplombant de toute sa hauteur. Mes yeux rencontrèrent les siens et se perdirent dans la panoplie de sentiments qui l'habitait. Nous n'étions plus que tous les deux, seuls, face à un monde qui tourbillonnait autour de nous.

Ses doigts se glissèrent dans mes cheveux, dénouant d'un mouvement précis la coiffure complexe que sa sœur avait tenté de réaliser, libérant ainsi mes boucles sur mon dos. Sa main se dirigea ensuite vers mon cou, avant de saisir mon menton qu'elle maintint alors qu'il s'emparait doucement de mes lèvres.

Sentant que mes jambes se dérobaient sous moi, il enlaça ma taille, me rapprochant tendrement contre lui. J'en profitais pour caresser ses épaules et de rejoindre le creux de son cou. Me détachant délicatement de lui, je commençais à déboutonner son veston, prudente dans ma démarche. Son regard demeurait fixe sur moi alors que ses mains agrippaient ma taille. Ma concentration demeura sur ces boutons dorés qui semblaient prendre une toute nouvelle importance à mes yeux. Il me permit de la lui retirer, m'aidant dans ma démarche avant de la déposer sur le sofa qui trônait par là.

Il recula de quelques pas, continuant à m'accorder toute son attention avant de se placer derrière moi. Je le suivis du regard avant de fermer les yeux lorsqu'il glissa ses lèvres contre la peau de mon cou, avant qu'il ne mordille légèrement la zone, me tirant un gémissement. Cela l'amusa mais n'arrêta en rien son ascension. Il délia un à un les fils de ma robe, libérant ainsi mon buste de l'étau qui l'enserra. Lorsqu'il arriva au niveau de ma taille, celle-ci retomba sur le sol dans un bruit sourd. Je me retrouvai alors devant lui en corset, les jambes nues, le corps pris d'assaut par le froid environnant. J'aurais souhaité pouvoir me dérober à son regard mais savais ne pas pouvoir y échapper. Je contemplais le vêtement sur le sol alors qu'il venait de nouveau se placer devant moi. Je le vis me tendre la main, m'invitant ainsi à sortir du vêtement. Relevant le menton, je perçus ses prunelles assombries.

_Tu es magnifique, Bella.

Je rougis à ses mots. Souhaitant moi aussi profiter de ce corps que je n'avais jamais eu l'occasion de voir, je caressai doucement le premier bouton de son chemisier. Il hissa doucement, ce qui me fit sourire. Il n'était effectivement pas insensible. Maladroite dans ma hâte, je finis cependant par vaincre du bout de tissu et pus enfin apprécier les vallées de son corps. Mes doigts se perdirent un peu d'eux-mêmes, curieux de ce que je venais de posséder.

Il ne me laissa le temps de poursuivre et fut de nouveau sur mes lèvres, plus entreprenant. Ses mains longèrent mon corps avant de me soulever et m'inviter ainsi à enrouler mes jambes autour de lui. J'étais à présent à la bonne hauteur, accédant avec plaisir ses lèvres qui m'étaient déjà devenues si essentielles. Il nous dirigea vers le lit où il m'allongea doucement. Je sentis le satin de ses draps effleurer ma peau, ce qui m'arracha un frisson. Il s'arrêta un moment pour s'assurer que j'étais bien, ce dont je lui fus reconnaissante. Mon index caressa sa tempe avant de rejoindre sa joue puis ses lèvres.

_Je t'attends depuis si longtemps, Bella.

_Je le sais…Je suis à toi à présent, murmurai-je à mi-voix comme si je craignais qu'on nous entende, de briser ce moment.

Je le repoussai doucement, le forçant à s'asseoir avant de prendre place sur ces genoux. Il sembla surpris de mon audace comme je l'étais moi-même d'ailleurs. Je finis par retirer complétement sa chemise qui rejoignit ma robe sur le sol et déposai mes lèvres sur son torse, parcourant chaque parcelle que je pouvais atteindre. Je n'étais absolument pas expérimentée mais quand il s'agissait de lui, mon instinct prenait le lead. Ma main passait près de son cœur et sentit sous son diaphragme, un trait d'une texture différente. M'arrêtant un instant, j'y jetais un coup d'œil et reconnus une cicatrice, à quelques centimètres à peine de son cœur. Mon regard se dirigea brusquement vers le sien. Il eut un sourire rassurant, recouvrant ma main de la sienne qu'il porta à ses lèvres pour y déposer un nouveau baiser.

_Qu'est-ce qui t'est arrivé ?

_Les affres de la victoire. Une ancienne bataille, rien de bien important.

_Mais tu as été blessé…Tu…

_Mais je suis en vie. Ne t'en inquiètes pas, répliqua-t-il d'un ton qui ne permettait aucune discussion

Je n'étais pas du tout rassurée par cela, ni convaincue par ce qu'il venait d'émettre. Sa vie avait été mise en danger. Je le pensais immortel et découvrais à présent qu'il était aussi faillible que moi. Ce constat me prit d'effroi et me fit apprécier d'autant plus cet instant où je pouvais le tenir contre moi. Je l'enlaçai alors, nichant ma tête contre son cou.

Ses mains parcoururent mon dos pour me consoler avant qu'elles ne se rejoignent au centre et commencent à délier mon corset. Je ne pus retenir un sourire à cela.

_Tu ne perds pas le nord.

_T'ai-je préciser depuis combien de temps, je t'attends ? Rétorqua-t-il, amusé.

Il se saisit de mes lèvres comme pour prouver son point. Je fus parcourue de frisson lorsqu'il parvint à le retirer et qu'il m'invitait à reprendre place entre ses draps. J'aurais dû me sentir gênée d'être ainsi devant lui mais il me contemplait d'une manière qui me faisait faire fi de tout cela.

Alors qu'il reprenait possession de mes lèvres, je sentis son corps contre le mien et me sentis plus vivante que jamais. Sa chaleur m'embaumait, son amour m'encerclait. J'étais à sa merci et pourtant je détenais tout le contrôle. Mes mains se dirigèrent vers l'unique vêtement restant. Alors que je détachai sa ceinture, il eut un dernier regard à mon égard comme s'il souhaitait s'assurer que c'était bien ce que je voulais. Comment pouvait-il encore en douter ? N'étais-je pas vulnérable devant lui ? Il dût trouver la confirmation qu'il recherchait puisqu'il m'aida à le découvrir.

Mon cœur s'emballait alors qu'il vénérait chaque partie de mon corps. Il était partout. Je le sentais partout. Ses lèvres mordillaient chaque parcelle de peau, m'emmenant un peu plus loin de là où je me trouvais. Alors que je sentis son souffle sur mon cou, je me demandais si c'était le moment. Il finit par se détacher un bref instant, le souffle erratique, et je compris à l'instant ce qu'il me demandait.

J'opinai lentement.

La douleur fut vive, brève, alors que je sentais ses canines déchirer la membrane de mon cou, et me parut si familière. Elle suscitait en moi diverses émotions, soudaines, inattendues. La volonté de me débattre d'abord, de me défendre face à ce qu'une partie de moi considérait comme un assaillant. La volonté de le rapprocher et de m'abandonner davantage à lui, en proie à un désir de ne faire plus qu'un. La crainte de le perdre, la crainte de ne pas pouvoir y survivre. Le besoin de lui, le besoin de cette connexion.

Je me retrouvais dans un entre deux mondes. Je n'étais plus vraiment là mais le sentais encore près de moi. Je sentais défiler autour de moi, des multitudes de vie, d'images, de sons. Je nous voyais là dans cette chambre mais également dans cette forêt, sur cette plaine, parmi d'autres lieux que je n'avais jamais visité.

Il se détacha au bout d'un moment, affrontant mon regard de ses prunelles sombres avant que je ne sois attirée par ses lèvres qui suintaient de mon propre sang. Il s'arrêta un moment, vérifiant que j'allais bien. Je le rassurai d'un baiser avant de me diriger doucement vers son cou que j'effleurai de mes lèvres. Je devais en faire de même, pour finaliser le rituel.

Sa main ajusta légèrement ma nuque afin que je puisse mieux pénétrer sa peau. J'éraflai d'abord sa peau, espérant rencontre un quelconque obstacle mais elle semblait s'adapter à moi. Je me saisis alors de sa peau, insérant mes canines dans celle-ci. Ses bras m'encagèrent, m'étouffant de son étreinte, nous connectant entièrement. Il fut alors en moi, me possédant autant que je le possédai à l'instant.

Ce fut comme un dénouement, une découverte progressive de ce qu'il était. J'avais l'impression de le voir de nouveau, différemment. Je ressentais ce qu'il ressentait, pouvais presque anticiper ses prochains gestes, deviner ses prochaines pensées. J'étais à lui. Entièrement, irrévocablement.

Je sentis alors son souffle contre mon oreille, chaude, rassurante.

_Je t'aime Bella.

C'était ma seule certitude à présent. Ne pouvant répondre à cela, je redirigeai mes lèvres vers les siennes et les scellai de nouveau par un tendre baiser. Oui. Il était mon évidence à présent.