La fumée noire qui l'aveuglait se dissipa, alors que le bras qui lui encerclait la poitrine le lâchait. Harry regarda un homme d'une vingtaine d'années, les cheveux mi-longs et noirs encadrant son visage très pâle aux yeux mauves, le contourner en lui lançant un regard calculateur. Ce ne fut que lorsqu'il passa à côté d'une table détruite que l'adolescent remarqua où on l'avait emmené : ce plancher poussiéreux, ces meubles défoncés et lacérés comme si une bête sauvage s'était acharnée dessus et ces fenêtres condamnées par des planches – la Cabane hurlante. Reportant son attention sur son kidnappeur, il ne paraissait guère lui vouloir de mal mais paraissait surtout curieux, peut-être même légèrement ironique, comme s'il trouvait que le Champion n'avait vraiment pas l'air d'en être un.
− Et tu oses critiquer les méthodes de Midori… dit une voix grave et lasse.
Un autre homme, plus âgé, venait d'apparaître au pied de l'escalier, son bouc brun parsemé de fils gris et le regard sombre et aigu. Harry remarqua que les deux individus portaient exactement la même tenue : tout de noir vêtu, ils avaient des bottes à boucles argentées dans lesquelles ils avaient fait entrer le bas de leur pantalon, ainsi qu'une tunique en partie cachée sous une grande cape.
− Vous êtes les Nehoryn, affirma-t-il.
− Bien, il semblerait que vous ayez déjà rencontré Ooghar et John Guard, dit l'aîné. Je suis Alyphar, voici Horol. Vous êtes ici pour m'aider à obtenir des informations qui pourraient m'être utiles sur votre monde, Harry Potter. Vous ne le savez peut-être pas, mais Prerian se méfie de nous depuis que nous l'avons rencontré. Je ne m'attends pas à ce qu'il nous ait transmis les renseignements les plus importants sur l'Alterion, mais nous pouvons encore lui montrer que ses soupçons sont ridicules.
− Est-ce vraiment nécessaire ? lança Horol avec dédain. Nous nous débrouillons très bien sans lui.
− Nous avons tous le même ennemi, répliqua Alyphar d'un ton sévère. Vas-tu me faire croire que tu te sens capable de mettre en déroute l'armée d'Anteras avec seulement cinq Nehoryn, dont deux blessés ? Rends-toi utile et va demander l'aide à John Guard. Ses connaissances du pays pourraient nous permettre de trouver un endroit isolé où l'Alliance pourra établir un camp durable.
Horol serra les dents, sa mâchoire se crispant, mais disparut quand même dans une nouvelle explosion de fumée noire.
− Quel est le problème avec Prerian ? demanda Harry.
− C'est un homme superstitieux, répondit Alyphar. Nous appartenons à ce que Lorgath considère comme des créatures des ténèbres, car nous agissons généralement la nuit et sommes spécialisés dans l'espionnage et l'assassinat. En Mirvira, c'était à nous qu'était confiée la surveillance de la progression des armées ennemies, mais nos estimations se sont révélées erronées et il rejette la faute sur nous, oubliant que lui-même a été repoussé de Lorgath précisément parce que ses hommes se trompaient dans leurs rapports.
− Et Ooghar ? Il semble avoir confiance en vous, non ?
− Ooghar est un mage intelligent, il sait qu'il ne peut pas défier impunément l'autorité de Prerian sans prendre le risque de se voir interdire l'accès aux informations. Or, nous avons besoin qu'il soit aussi près que possible de Prerian pour nous alerter de toute décision importante.
Boitant légèrement, Alyphar l'entraîna en direction d'une petite pièce mal éclairée où les Nehoryn avaient stocké quelques chaises encore en bon état, bien que bancales. Invité à s'asseoir, Harry prit place et le regarda s'installer face à lui, grimaçant quasi-imperceptiblement.
− Ooghar vous a-t-il expliqué quel serait votre rôle ?
− Pas vraiment, reconnut Harry. J'ai juste compris que c'avait quelque chose à voir avec la Pierre.
− Je vois, il ne vous a donc pas dit qu'elle était la première motivation des sorciers qui assassinèrent – ou emprisonnèrent – Lathar. Pour la science, par cupidité ou pour autre chose, la Pierre attirait car créée par la magie démoniaque. Lorca pourra en dire plus à ce sujet, donc passons… Damar avait établi plusieurs stratégies selon l'âge du Champion. Quand, à votre époque, John Guard a quitté votre maison, il a prévenu que vous étiez le nouveau possesseur de la Pierre. En conséquence, vous devrez être à l'école de sorcellerie Poudlard pour toute l'année scolaire. Ce plan a deux objectifs : le premier est de tromper l'Ennemi qui se dira sûrement que nous ne nous serions jamais séparés du précieux allié que nous avons en Alterion, et le second est d'être assuré que vous aurez le temps de vous préparer à la guerre. Ce qui m'amène à ma première question : y a-t-il un moyen pour que l'un de mes hommes intègre également l'école ?
− Le poste de professeur de défense contre les forces du Mal est le seul que je connaisse.
Alyphar glissa une main dans sa cape et en tira l'exemplaire du jour de La Gazette du sorcier, qu'il tendit à Harry. Quelque peu surpris, l'adolescent comprit une seconde plus tard que, même s'ils parlaient la même langue, le Nehoryn était incapable de comprendre l'anglais écrit. Se saisissant du journal, Harry entreprit de le feuilleter jusqu'à la rubrique des petites annonces où, les parcourant une à une, il repéra celle qui l'intéressait.
− Le poste n'a toujours pas été pourvu, dit-il.
− Une bonne chose. Même si je préférerais ne pas m'en séparer, Lorca est la seule capable de s'adapter assez rapidement à votre écriture. Nous aurons besoin de votre aide, Harry Potter, à la fois pour postuler à ce poste que pour acheter un ouvrage à propos de la fabrication des baguettes magiques.
− Ne serait-il pas plus simple d'en acheter une ?
− Sûrement, mais nous venons d'un monde où de tels accessoires n'existent pas. Nous devrons donc en créer une de sorte à ce qu'elle puisse être compatible avec Lorca.
Harry hocha la tête, comprenant.
− Bien que vous soyez encore étudiant, reprit Alyphar, j'aimerais savoir si vous connaissez les moyens que votre ministère de la Magie possède pour repérer les créatures magiques ? Peut-il détecter l'usage de leur magie ?
− Je n'en sais absolument rien, avoua Harry, mais je ne pense pas. Il devrait être possible de trouver des informations dans un livre, notamment à la bibliothèque de Poudlard.
Le Nehoryn opina, satisfait.
− Qu'en est-il de votre intégration ?
− Midori et John Guard s'en occupent, dit Harry. J'ai déjà un coffre à Gringotts, mais le principal problème réside sur toute la procédure de recensement. Guard doit se renseigner sur la démarche à suivre et Midori fera le nécessaire pour que je puisse fournir des documents officiels.
Alyphar ne parut guère inquiet de savoir Midori impliqué. Horol apparut dans l'encadrement de la porte, surprenant même son aîné.
− Tu as été rapide.
− Nous avons de la chance. La famille de John Guard croyant que la Pierre était dissimulée dans une cachette surprotégée, son arrière-grand-père a sillonné les montagnes du nord pour essayer d'en localiser l'emplacement. Il a découvert un passage menant à une longue série de galeries souterraines comportant environ cinq ou six entrées. Le plus difficile reste à trouver ces entrées, mais John Guard a pu restreindre un périmètre de recherches.
− Bien, dit Alyphar. Va te reposer, Horol, tu en as assez fait pour aujourd'hui.
Le jeune Nehoryn tourna les talons sans un mot ni un regard supplémentaire pour Harry et Alyphar.
− Avant que vous ne montiez voir Lorca, je pense qu'une présentation de mon peuple est nécessaire. Vous l'avez constaté de vos propres yeux, notre technique de transplanage ne passe pas inaperçue le jour, mais elle est très pratique la nuit. C'est là l'une des raisons pour lesquelles nous nous sommes spécialisés dans l'assassinat et l'espionnage, mais nos compétences vont bien au-delà de ces deux seules disciplines. Nos courses sont très rapides et silencieuses, ce qui nous permet d'approcher une cible par-derrière sans qu'elle s'en rende compte, à moins qu'elle ne soit dotée d'une perception supérieure à la moyenne. Les magies que nous employons, notamment, nous permettent d'évoluer aussi aisément au sol que dans les arbres, de voir dans le noir et de viser très précisément. Je vous dis tout cela, Harry Potter, pour qu'aucun accident ne survienne à l'avenir. Lancez le moindre sort à une ombre que vous n'auriez pas identifiée comme un Nehoryn et vous recevrez un poignard dans le cœur une seconde plus tard.
− J'en prends bonne note, assura Harry.
− Bien, je vais vous conduire à Lorca et vous présenter à mes hommes pour être sûr que ceux-ci sauront vous reconnaître, à l'avenir.
Claudiquant, Alyphar le conduisit à l'extérieur de la pièce et lui fit traverser le hall de la Cabane hurlante pour rejoindre les escaliers.
− Vous avez déjà rencontré Horol, dit le Nehoryn alors que les marches ne grinçaient que sous les pieds de Harry. C'est un traqueur, le meilleur que nous ayons. Son rôle consiste non seulement à retrouver, espionner voire kidnapper une cible. Il n'a encore jamais échoué, mais il lui reste encore des progrès à faire. Il est encore immature et capricieux, ne supportant pas qu'il lui soit confié une mission qu'il juge trop simple, si bien qu'il se hâte bien trop souvent de la finir et rate des informations qui pourraient nous être utiles.
Harry ne fut guère surpris de l'apprendre, ayant soupçonné cet aspect de la personnalité de Horol dès les premières minutes de leur rencontre, mais il ne dit rien et atteignit le premier palier à la suite d'Alyphar. Celui-ci s'approcha du panneau le plus proche qui donnait sur une chambre où, à une autre époque, Sirius Black le fugitif avait attiré son filleul après avoir kidnappé Ron. Des deux lits métalliques, un seul était occupé par un homme aux épaules larges, les tempes rasées et des mèches brunes tombant sur son front barré d'une cicatrice horizontale, comme s'il avait porté un élastique autour du crâne.
Le Nehoryn tourna ses yeux fauve sur Alyphar et Harry à leur entrée, tout en appliquant un onguent pourpre sur son avant-bras blessé.
− Harry Potter, voici Garwir. Comme je vous le disais, nos métiers ne se limitent pas à l'assassinat, puisque Garwir est l'un de nos plus grands guerriers. En tant que directeur du Centre des Arts Nocturnes, je me suis entouré d'anciens élèves ayant eu les meilleures notes lors de leurs examens et prouvé leur valeur au combat.
− Le Champion, hein ? dit Garwir en observant attentivement Harry. Vous êtes bien jeune pour avoir le regard d'un sorcier ayant déjà livré plusieurs batailles.
Harry haussa les sourcils, surpris. Il n'avait jamais eu l'impression d'avoir un tel regard, mais sa réaction fit sourire Garwir avec amabilité :
− Quand un guerrier a combattu plusieurs fois, il sait déchiffrer le regard des autres, dit-il. Il y a assez de douleur, tristesse, détermination et calme dans vos yeux pour savoir que vous avez déjà vu mourir des gens plus d'une fois, Harry Potter. Qui se chargera de lui, à Poudlard ?
− Lorca, j'espère, répondit Alyphar.
− Si la Pierre doit avoir une quelconque incidence sur Harry Potter, pourquoi ne pas le confier à Midori ?
− Parce que les élèves ne survivraient pas plus d'un mois.
Garwir eut un rire bref.
− Ce n'est pas faux, admit-il.
− Quand tu auras fini de guérir ton bras, va voir John Guard pour qu'il te montre la zone où nous pourrons établir un camp, dit Alyphar. Sillonne-la jusqu'à la tombée du jour. Tant que nous n'aurons pas localisé Ooghar ou reçu un message de la part des mages, je préfère que nous soyons séparés le moins longtemps possible.
− Pas de souci, j'ai presque terminé.
Et Alyphar entraîna Harry à l'extérieur de la chambre pour l'attirer vers le fond du couloir, où une deuxième chambre était cette fois-ci occupée par deux personnes. Une belle femme, à peine plus âgée que Horol, sa longue chevelure noire et lisse lui tombant sur une épaule, veillait sur un blessé dont la tunique semblait avoir été lacérée par trois grosses griffes. Blafard et les favoris grisonnants, son front luisait de sueur à la lueur d'une chandelle, mais il semblait simplement endormi.
− Comment va-t-il ?
La femme tourna son regard d'un bleu sombre, presque noir, sur les nouveaux arrivants, l'attardant à peine sur Harry.
− Il survivra, dit-elle d'un ton neutre. J'ai réussi à extraire une bonne partie du poison, son organisme devrait donc pouvoir assimiler ce qu'il reste, mais je préfère qu'il reste sous surveillance pendant une ou deux semaines une fois rétabli. Quant aux missions, il faudra le ménager au moins un mois.
Alyphar hocha la tête, quelque peu contrarié par les délais d'indisponibilité de l'homme, mais surtout soulagé que sa vie ne fût plus menacée.
− Funar, dit-il à l'adresse de Harry, est un guerrier d'une classe très particulière que nous appelons « Assimilateur ». Il est spécialisé dans l'absorption de poison, l'empoisonnement et le lancer de dagues. Celles-ci sont enduites dans son propre sang qui, même en ne faisant qu'égratigner un ennemi, lui inoculera tous les poisons et venins que Funar a assimilés. Vous aurez déjà compris que le gros point faible de cette discipline est que Funar doit s'empoisonner ou se laisser empoisonner. Or, toute assimilation a ses limites : si la quantité de poison les dépasse, il sera aussi vulnérable que n'importe qui.
Harry comprenait tout à fait l'intérêt qu'il y avait derrière cette discipline, mais il trouvait qu'elle ressemblait bien moins à de l'art qu'à du masochisme. Toutefois, l'épaisseur des déchirures de la tunique du dénommé Funar étaient inquiétantes. Quel genre de monstre pouvait avoir des griffes d'une telle taille ?
− Lorca vous expliquera elle-même son rôle, poursuivit Alyphar. Il est temps que je parte à la recherche des unités perdues et des villages.
− Malgré ta jambe ? dit la belle femme, indifférente.
− Elle ira mieux d'ici quelques minutes.
Et dans une explosion de fumée noire, Alyphar disparut sous le regard critique de Lorca. Celle-ci jeta un rapide coup d'œil à Funar puis, estimant qu'il ne nécessitait plus d'une surveillance de proximité, elle se leva du lit métallique pour s'approcher de Harry. Sans un mot, elle prit son visage entre ses mains fraîches et l'ausculta, abaissant ses paupières, penchant et tournant sa tête sur la gauche et la droite, observant l'état de ses dents et ses oreilles.
− L'absorption semble optimale, commenta-t-elle alors. Avez-vous ressenti quelque chose depuis votre réveil ? Une espèce de démangeaison, une montée de chaleur ou une sensation froide ? S'est-il produit un phénomène inattendu ?
− Heu… Juste ma baguette magique qui s'est littéralement jetée sur moi quand je l'ai achetée…
− Rien d'anormal, en somme. Votre baguette a juste réagi à la présence de son propriétaire légitime, mais sa réaction a été amplifiée par le fait que vous ne soyez plus un être humain entier.
− Je… Quoi ? s'étonna Harry.
− Disons que vous êtes désormais comme les ancêtres de Midori, expliqua Lorca. Vous êtes humain mais possédez certains gênes démoniaques, à présent. Il vous faudra vous attendre à des transformations de votre corps et de votre métabolisme. Il se peut que vos traits changent, mais rien de bien méchant. Vous ressemblerez peut-être un peu plus à Midori qu'à votre père ou la Pierre, du fait de son créateur, vous offrira quelques traits de Lathar. Votre organisme se modifiera, lui aussi, mais j'ignore encore comment. Jusqu'à la rentrée scolaire, vous devrez être attentif à tout changement, toute sensation inhabituelle et me le rapporter immédiatement.
− Heu… d'accord.
− Enlevez votre t-shirt.
Quelque peu embarrassé, Harry s'exécuta malgré tout et regarda Lorca examiner l'étrange marque apparut sur son torse. Il se demanda si elle saurait le décrypter, puisqu'elle semblait avoir quelques connaissances sur la Pierre, mais elle soupira d'un air exaspéré.
− Voilà ce qu'il entendait par « petite surprise », marmonna-t-elle.
− Qu'est-ce qu'il y a ?
− L'écriture démoniaque est extrêmement complexe. Chaque symbole se compose de plusieurs mots dont les sens peuvent varier en fonction de ceux qui les précèdent. Les interprétations peuvent être innombrables pour quiconque ne possède pas les yeux d'un démon. Pour cette fois, nous avons la chance d'être dans un contexte très particulier qui me permet d'éliminer une bonne partie des interprétations possibles. Le symbole que vous avez sur le pectoral signifie littéralement : A l'Héritier de la Pierre sera offert les pouvoirs du 1er Cercle.
Harry arqua un sourcil.
− Le 1er Cercle ?
− Je ne sais pas de quoi il s'agit, avoua Lorca. Bien que partageant tous les trois la même nature, les Démons n'avaient pas la même façon de procéder. Ooghar a sûrement vous le dire : Byr ne connut réellement Lathar que lors de la guerre et y périt, nous ne sommes donc pas très informés sur qui il était. Toutefois, les premiers Guides, bien qu'ils ne le rencontrèrent jamais, eurent vent d'une rumeur déjà ancienne selon laquelle il aurait été le maître d'une famille de serviteurs. Nous pouvons espéré qu'il existe quelque part des textes anciens sur Lathar.
Harry ne dit rien, mais il était loin d'être aussi optimiste que Lorca. Après tous les millénaires passés, les guerres ou même les meurtres, il était tout à fait envisageable que cette famille ait disparu ou perdu ces textes – en admettant que cette rumeur eût dit vrai.
− Quoi qu'il en soit, reprit Lorca alors que Harry renfilait son t-shirt, il faudra surveiller ces pouvoirs. Si jamais l'un d'eux se manifeste, prévenez-moi. S'il est dangereux d'employer un sortilège que l'on ne maîtrise pas, il est souvent mortel d'avoir recours à une magie dont on ne sait rien.
− Je croyais que Midori était le seul à connaître la magie démoniaque…
− C'est le cas, mais nous avons eu une relation intime et épisodique pendant vingt ans. Vous pensez bien que j'en ai profité pour le convaincre de m'instruire sur certaines choses, même si je n'ai appris qu'un quinzième de ce qu'il sait.
Vingt ans ? s'étonna Harry.
− Mais… heu… sans vouloir être indiscret, quel âge avez-vous ? demanda-t-il.
L'ombre d'un sourire apparut furtivement sur le beau visage de Lorca.
− Pas moins de 110 ans.
Harry ouvrit des yeux ronds. Être « bien conservée » était un euphémisme, la Nehoryn ne semblait guère avoir plus de dix ans que lui, mais il se souvint subitement qu'elle était une créature magique. Il était tellement habitué à croiser des créatures à l'apparence très différente de celle des humains qu'il en avait momentanément oublié que « Nehoryn » ne désignait pas juste un peuple de Mirvira.
− Bien évidemment, continua Lorca, j'aurai besoin de son aide, mais je préfère que ce soit moi qui me charge de tout votre apprentissage, aussi bien de l'enseignement de Damar que du contrôle des pouvoirs que la Pierre vous conférera. Midori a de réelles qualités pour instruire, mais à moins que vous ne soyez une femme désirable, il perdra patience très vite si vos progrès ne sont pas à la hauteur de ses attentes.
Elle s'intéressa une dernière fois aux blessures de Funar puis entraîna Harry à l'extérieur de la chambre.
− J'ai entendu Alyphar parler de m'envoyer à Poudlard, c'est ça ? lança-t-elle par-dessus son épaule.
− Oui.
− Passez-moi votre baguette magique.
Descendant l'escalier, Harry obéit. Lorca l'examina très attentivement, la faisant tourner entre ses doigts, en examinant les deux extrémités puis la secouant très légèrement tout près de son oreille. Elle murmura quelque chose d'inintelligible lorsque tous deux atteignirent le rez-de-chaussée, et la baguette émit une lueur dorée traversée de scintillements écarlates.
− Je vois, dit-elle pour elle-même. Ca ressemble un peu à la magie des épées de Lorgath, mais je devrais pouvoir trouver le moyen de me fabriquer une baguette. Il me faudra juste obtenir quelques informations sur la méthode de fabrication.
− Je pourrai les acheter, dit Harry.
Lorca hocha simplement la tête, l'air indifférent, et lui rendit sa baguette magique alors que le halo disparaissait. S'arrêtant dans la petite salle où Harry s'était brièvement entretenu avec Alyphar, elle s'assit avec élégance, imitée par l'adolescent.
− Avant que je ne vous fasse une présentation sur l'enseignement de Damar, j'ai besoin d'informations sur Poudlard. C'est une école de sorcellerie dont les enchantements se font ressentir jusqu'ici, mais je m'intéresse surtout aux professeurs. Savez-vous qui ils sont ?
− Pour la plupart, reconnut Harry. Il y a Minerva McGonagall, qui enseigne la métamorphose et est directrice de la maison Gryffondor, mais je ne suis pas sûr qu'elle soit déjà directrice-adjointe de l'école. Elle est sévère et impartiale. Filius Flitwick est un minuscule sorcier qui s'occupe à la fois des sortilèges et de la maison Serdaigle. Horace Slughorn, c'est un vieil ami et collègue de Dumbledore quand celui-ci était encore professeur : il est directeur de Serpentard et le maître des potions. Je suis à peu près certain que Pomona Chourave est déjà là : elle est chargée de la maison Poufsouffle et enseigne la botanique… Le professeur Brûlopot – je ne l'ai jamais eu – s'occupe des soins aux créatures magiques… Pour le reste, je ne suis sûr de rien à part pour Binns. Il enseigne l'Histoire de la magie et a la particularité d'être le seul professeur-fantôme de l'école… Je pense qu'il y a déjà Aurora Sinistra, chargée de l'astronomie, mais je peux me tromper.
Lorca resta silencieuse quelques instants, enregistrant la présentation offerte par Harry.
− Quel est le poste que je suis censée prendre ?
− La défense contre les forces du Mal. Aucun professeur n'a réussi à l'enseigner plus d'une année depuis que Voldemort a lancé une malédiction dessus, après que Dumbledore lui eût refusé le poste.
La Nehoryn hocha la tête, songeuse.
− Il faudra que j'aille rendre visite à John Guard pour qu'il m'en parle plus précisément, dit-elle. Peut-être aurait-il gardé la grande majorité de ses cours de défense contre les forces du Mal, compte tenu de la guerre qui sévit dans le pays.
Elle parut réfléchir puis croisa les bras sous sa poitrine, sa tunique se tendant pour en révéler les courbes appréciables, mais Harry garda résolument les yeux fixés sur son beau visage.
− L'enseignement de Damar, qui révolutionna l'éducation des jeunes mages, se base sur le principe des Sept Lois du Corps et de l'Esprit, déclara Lorca. Je crois que vous avez un concept semblable, en Alterion. La Première Loi désigne une magie se basant sur le toucher, la Seconde sur l'ouïe, la Troisième sur la vue, la Quatrième sur l'odorat, la Cinquième sur le goût, mais la Sixième et la Septième sont différentes, car spirituelles et respectivement basées sur la perception et l'élévation.
− L'élévation ? répéta Harry sans comprendre.
− Il s'agit d'une magie transcendant le lien entre le corps et l'esprit. Pour vous donner un exemple concret, je pourrais faire voyager mon esprit en dehors de mon corps pour parcourir une certaine zone, m'immiscer dans l'esprit d'un autre, ou, mais à un niveau très avancé, interagir avec l'environnement. C'est une discipline à la fois très pratique, complexe et dangereuse. La plupart des jeunes mages n'en apprennent généralement que la théorie.
Harry les comprenait très bien. Il ignorait ce que cela faisait de se retrouver hors de son corps, même s'il s'était déjà trouvé dans la tête d'un autre, mais il ne doutait pas que la moindre erreur dans cette discipline pourrait avoir des conséquences plus graves que d'assister à une scène à travers les yeux d'un autre.
− Il me faudra un peu de temps pour comprendre votre langage écrit et traduire les cours de Damar, dit Lorca, mais je peux déjà vous indiquer comment vous devrez procéder. Pendant une semaine, vous lirez et relirez un chapitre par jour afin que les premières bases soient bien enregistrées. Suivez l'ordre des Lois : la Première le premier jour, la Seconde le deuxième, etc. Il faut qu'à la fin de la semaine, vous ayez retenu le premier chapitre de chacune d'entre elles. Ensuite, vous pourrez avancer de manière plus autonome, mais ne vous focalisez pas sur une seule magie : si vous lisez un chapitre d'une Loi le matin, lisez un chapitre d'une autre Loi l'après-midi. Vous verrez qu'une fois les premières bases apprises, les suivantes sont assez faciles à comprendre. C'est, entre autre chose, ce qui fit le succès de l'enseignement de Damar.
− Et une fois que j'aurai fini ? demanda Harry.
− Je me chargerai de vérifier que vous les avez bien retenues, répondit Lorca. Si je suis satisfaite, nous commencerons par apprendre un sortilège qu'il vous faudra maîtriser avant de passer à un autre.
Harry fronça légèrement les sourcils.
− Cela ne risque-t-il pas d'être long ?
− L'avantage de l'enseignement de Damar, c'est qu'une fois qu'on a compris comment fonctionne le sortilège d'une Loi, il est possible de lancer les autres avec plus ou moins de facilité.
Elle tendit une main et la plaqua sur le torse de Harry, qui sentit une curieuse pulsion traverser son torse alors que sa chaise basculait légèrement en arrière avant de retomber sur ses quatre pieds, la main de Lorca à nouveau contre la poitrine. Presque aussitôt, son t-shirt se transforma en une tunique similaire à celle des Nehoryn.
− Je viens de vous faire la démonstration de deux sortilèges de la Première Loi : l'un de Rejet, l'autre de Réadaptation – ou métamorphose, comme vous l'appelez en Alterion. Vous aurez remarqué que j'ai juste eu à faire en sorte que ma main touche votre t-shirt pour y parvenir.
Il s'agissait indubitablement d'une étrange magie, mais elle paraissait extraordinairement pratique. Toutefois, un souvenir, récent mais qui lui paraissait déjà lointain, ressurgit à la surface de la mémoire de Harry.
− Midori a utilisé un sortilège ressemblant au Rejet contre Voldemort, mais il ne l'a jamais touché directement. Voldemort a été repoussé avec une violence hallucinante, d'ailleurs.
− Il n'est pas dans la nature de Midori de faire les choses à moitié, d'autant que sa nature en partie démoniaque pousse tous ses sortilèges à une puissance exacerbée, expliqua Lorca. Il préfère utiliser son sabre plutôt que d'employer la magie, car cela risquerait de blesser ses ennemis comme ses alliés. Non pas qu'il se soucie de savoir qui il touche et qui meurt, mais il n'aime pas se faire sermonner par Alyphar ou Ooghar.
Harry plissa le front.
− Je croyais que vous seule aviez une certaine autorité sur lui, confia-t-il.
− C'est le cas, approuva Lorca d'un air indifférent, mais aussi insensible et sanguinaire soit-il, Midori sait reconnaître ceux et celles qui le respectent vraiment. Tout comme vous, il n'a pas eu une enfance merveilleuse. Bien que Byr soit vénéré par la plupart des peuples de Mirvira, la naissance d'un enfant-démon attisa une certaine méfiance. Sa mère mourut quelques heures après l'accouchement et son père, un mois plus tard. Les mages ne voulurent pas de lui et tentèrent de le donner aux Nehoryn, qui refusèrent d'en prendre la charge. Il fut finalement abandonné en pleine nature, mais récupéré par l'arrière-arrière-grand-père de Damar.
− L'arrière… Mais quel âge a-t-il ? s'exclama Harry, incrédule.
− Un peu moins de trois cents ans, il me semble, dit Lorca d'un ton badin.
L'air ahuri de Harry lui arracha un léger sourire.
− Pourquoi cela vous étonne-t-il ? demanda-t-elle. Les Démons ont vécu des millénaires et j'ai moi-même cent dix ans. Le métissage entre un descendant de Byr et une Nehoryn ne pouvait que lui assurer une très longue vie.
Harry referma sa bouche bée, réalisant sa réaction disproportionnée maintenant que l'argumentation de Lorca frappait son cerveau de plein fouet. Effectivement, le raisonnement de la Nehoryn était plutôt logique, se dit-il, mais il était tout de même assez choqué que Midori, qu'il croyait âgé d'une trentaine d'années, puisse être finalement si vieux.
− Et… pourquoi est-il habillé comme ça ?
Lorca ne parut pas comprendre, car elle lui lança un regard interrogateur, mais elle sembla presque aussitôt se rappeler une conversation.
− Ah, oui. Ooghar m'en a parlé. Si vous ne le savez pas, Midori a passé une semaine à votre ancienne époque, mais au lieu de partir vers le nord-ouest à sa sortie du portail, cet idiot a pris la direction opposée. Il semble qu'il se soit retrouvé dans une lointaine contrée orientale où il a remarqué qu'autrefois, les sorciers portaient un sabre semblable au sien. Il a beau avoir l'air indifférent à tout, Midori est quelqu'un de plus fantaisiste qu'on ne pourrait le croire…
Elle s'interrompit en tournant la tête vers la porte, quelques secondes avant qu'Alyphar ne réapparaisse, le pas assuré – de toute évidence, il n'avait pas exagéré quand il disait que sa jambe serait guérie en quelques minutes.
− Tu les as trouvés ? demanda Lorca sans paraître particulièrement intéressée par la réponse.
− L'unité de Sorva est cachée dans les montagnes du nord, accompagnée d'une partie du village de Torgos et d'une bonne cinquantaine de mages, dont Cataara, indiqua Alyphar. Elle n'a pas encore reçu de nouvelles d'Ooghar, mais Garwir a donné des nouvelles sur l'intégration de Ha… Ethan Potter, puisque Midori en a décidé ainsi.
− Oh ? s'étonna Lorca, qui perdit pour la première fois sa neutralité. Il vous a appelé Ethan, alors ?!
− Heu…
− Plus tard, coupa Alyphar. John Guard a reçu une réponse de sa tante avant que Garwir parte enquêter dans les montagnes et ne tombe sur Cataara. Vous devez envoyer une lettre de demande de recensement à la Brigade magique, à l'attention de Mr Dylan Cross, qui fixera un rendez-vous au cours duquel vous devrez simplement présenter votre baguette magique à l'accueil du ministère de la Magie. Il vous fera remplir un formulaire, mais c'est ici que les choses se compliquent : « votre ministère » doit avoir envoyé une demande d'immigration et fourni vos dossiers ministériel et scolaire.
Harry sentit une main invisible et glaciale empoigner impitoyablement son cœur.
− Midori ne le sait pas… s'inquiéta-t-il.
− Ne vous alarmez pas, John Guard assure qu'il n'y a pas de quoi paniquer : si le ministère de la Magie ne reçoit rien dans les deux semaines suivant votre inscription, il contactera celui dont vous êtes prétendument le ressortissant. Lorca, dès que tu en as fini avec Ethan Potter, trouve-moi Mido…
Mais dans un silence total, l'homme aux sandales japonaises et au grand chapeau asiatique surgit de nulle part, refermant le long sabre qu'il portait à la ceinture dans un léger cliquetis. Soulevant sa coiffe, il posa automatiquement son regard atypique sur Lorca avec indifférence.
− Je savais bien que je connaissais ce parfum, dit-il d'un ton neutre, en laissant son chapeau retomber.
− Comment nous as-tu trouvés ? demanda Alyphar.
− J'ai entendu dire que la serveuse du pub était charmante, alors j'ai voulu voir ça de mes propres yeux, mais le parfum de Lorca a attiré mon attention, expliqua Midori en enfonçant un auriculaire dans sa narine droite.
− Pour une fois que ton appétit vorace pour les femmes sert à quelque chose… commenta Lorca d'un ton goguenard. Tu as choisi le meilleur moment pour te montrer : l'intégration d'Ethan Potter risque d'être compliquée.
− Ah ?
Alyphar lui répéta mot pour mot le discours qu'il avait tenu, à peine deux minutes plus tôt. Harry eut l'impression que son « sosie » n'écouta pas vraiment, mais les Nehoryn ne manifestèrent aucune méfiance quant à son air désintéressé. A la fin du monologue, Midori plongea une main dans son kimono et en sortit une liasse de parchemin.
− C'est le formulaire que tu devras remplir, dit-il en le tendant à Harry. Réfléchis à chacune des réponses à apporter, Ethan Potter. Ooghar m'a parlé d'un continent isolé, dans l'hémisphère sud d'Alterion. Tu en seras originaire, alors instruis-toi à ce sujet. Alyphar, il semble que Poil canne… Père Ian…
− Prerian, rectifia Alyphar d'un air las.
− Ouais, lui, dit Midori d'un ton insouciant. Il semble qu'il ne laissera aucun Nehoryn pénétrer son campement, à moins de lui apporter des informations extrêmement importantes. Et encore, il récupérera les informations sans le laisser entrer. Ooghar pense que si vous localisez les différentes divisions de Lorgath éparpillées un peu partout, ça pourrait jouer en votre faveur et convaincre Pet d'âne de vous laisser « une seconde chance ».
Bien que les Nehoryn n'aient guère l'air avide de bénéficier de cette deuxième chance, l'opinion d'Ooghar les intéressa. A l'évidence, songea Harry, Alyphar et Lorca avaient un réel souci à maintenir une certaine cohésion au sein de l'Alliance. Qui était ce Prerian ? Il l'ignorait, même si Ooghar lui en avait parlé, mais il lui paraissait de plus en plus désagréable.
− Bref, résumons, dit Midori d'un ton désinvolte. Il faut des dossiers ministériel et scolaire pour Ethan Potter, hein ? Venus du continent isolé de l'hémisphère sud.
− C'est ça, approuva Alyphar en émergeant de ses pensées.
− Et reste discret, ajouta Lorca.
− L'Australie est loin, fit remarquer Harry, soucieux. Combien de temps ça va vous prendre ?
Midori ne répondit pas tout de suite. Glissant à nouveau une main dans son kimono, il en sortit une bourse pleine à craquer et un parchemin cacheté qu'il donna à l'adolescent.
− Un ou deux jours, dit-il alors.
Il tira légèrement sur la poignée de son sabre et se volatilisa sous les yeux incrédules de Harry. Un ou deux jours ?! C'était irréalisable, quand bien même il aurait de la chance. Il lui faudrait traverser la moitié de la planète, puis localiser le ministère australien de la Magie ainsi que l'école de sorcellerie locale, puis trouver le bureau et un créneau horaire pour le cambriolage. Nullement impressionnés par les prétentions de Midori, les deux Nehoryn semblaient réfléchir à tout autre chose.
− Combien de temps faudra-t-il à Funar pour se remettre ? interrogea Alyphar.
− Trois ou quatre jours, tout au plus.
− Il faudra faire sans lui, dans ce cas. Si Prerian est déterminé à nous mépriser, nous n'aurons qu'à lui envoyer Midori pour échanger les informations que nous récolterons. Nous nous organiserons avec Horol et Garwir ce soir, je vais confier à Sorva de mobiliser ses hommes pour sillonner le nord de l'archipel.
Et Alyphar disparut dans une nouvelle bouffée de fumée noire. Reprenant ses esprits, Harry baissa les yeux sur la bourse et le parchemin scellé. Brisant la cire avec la plus grande précaution, il déroula la missive :
VOTRE RENDEZ-VOUS IMMOBILIER
Cher Mr Potter,
Conformément à votre requête de ce jour, l'agence Sorcier Logé vous propose une visite du manoir victorien (offre n°145) situé à 5km du village à l'est de Godric's Hollow. L'un de nos agents vous retrouvera demain, 14 heures, accompagné d'une représentante du ministère de la Magie, au croisement de la route du village et de votre PEUT-ÊTRE future demeure. A cette occasion, nous vous remercions de vous munir d'un certificat de la banque Gringotts prouvant que vous avez les moyens de faire l'acquisition de cette propriété (évaluée à 13 000 Gallions).
Si vous ne pouviez vous présenter au rendez-vous, nous vous remercions de nous en avertir dans les meilleurs délais pour organiser une nouvelle rencontre.
Vous remerciant d'avoir choisi notre agence, nous vous prions d'agréer, cher Mr Potter, à l'expression de nos salutations distinguées.
Karen Smooth
Agence Sorcier Logé
Quelque peu déconcerté, Harry roula lentement le parchemin.
− Midori est incontrôlable et impulsif, dit Lorca, mais il est aussi consciencieux. Il n'a jamais reçu l'éducation typique des Nehoryn, alors il fait tout ce qu'il peut pour montrer qu'il n'en a jamais eu besoin pour rivaliser avec nous. Alyphar et lui ont à peu près le même âge et se battaient souvent quand ils étaient enfants : Midori était un envahisseur, Alyphar le défenseur de notre forêt. A l'époque, ils se valaient l'un l'autre. Au fil de leurs affrontements, un respect mutuel est né. Même s'ils ne sont pas amis, Alyphar a été le premier Nehoryn à le reconnaître comme l'un des nôtres.
− Et « Ethan » ? demanda Harry, curieux.
− C'était le nom de son demi-frère, répondit Lorca. Avant de rencontrer sa mère, son père avait déjà eu un fils d'une mage, mais leur couple s'est rapidement dégradé. L'union entre son père et une Nehoryn a indigné Ethan, qui y voyait une offense à sa mère. Il fût d'ailleurs l'un des premiers à suggérer d'abandonner Midori.
− Et… que s'est-il passé ?
− Midori l'a tué.
