Une semaine passa, mais Harry eut l'impression qu'il s'était écoulé plus de temps. Il faut dire que la fin juillet avait été un marathon de correspondances : si l'examen final du permis de transplanage n'avait pas été une formalité, il avait reçu tout de même, le lendemain, une lettre confirmant sa réussite et l'obtention du permis, puis le ministère de la Magie lui avait annoncé le jour de son anniversaire qu'il était dorénavant un citoyen britannique, quelques minutes avant de recevoir un courrier, cette fois de Poudlard, lui transmettant son billet de train, la liste des fournitures et un parchemin lui souhaitant la bienvenue. Le 31 arrivé, c'était une nouvelle lettre du ministère qu'il avait réceptionnée et dans laquelle il était indiqué que la fameuse Journée des Fournitures se déroulerait le 4 août, puis une autre lui était parvenue quelques minutes plus tard, contenant des prospectus lui présentant la Grande-Bretagne sorcière et les différents services vendus par le ministère.

En parallèle, les journées qui passèrent ne furent pas forcément de tout repos. Harry dut apprendre rapidement à exécuter le moindre sortilège ménager ou jardinier à la perfection. Si le jardin ne demandait pas un entretien quotidien, la maison était un perpétuel champ de bataille : qu'il prenne sa douche, cuisine, rentre après une sortie ou que la poussière s'installe – et c'était sans parler des saletés que laissait Hedwige dans la volière –, Harry devait tous les jours faire un brin de ménage pour garder l'endroit aussi propre qu'il l'était quand il l'avait acheté. Et à chaque fois qu'il avait fini, les deux mêmes questions venaient s'immiscer dans son esprit : pourquoi Midori lui avait-il choisi un manoir aussi vaste ? et ne devrait-il pas acquérir un elfe de maison pour lui faciliter les choses ?

Toutefois, les véritables et quotidiennes interrogations qui le taraudaient portaient davantage sur la guerre contre Anteras : l'Alliance avait-elle trouvé le refuge indiqué par Guard ? Alyphar était-il parvenu à réparer les pots cassés avec Prerian ? Les espions de l'Ennemi avaient-ils commencé à sillonner la Grande-Bretagne ? Quand Harry commencerait-il l'enseignement de Damar ? Etait-il seulement apte à apprendre une forme de magie venue d'un autre monde ?

− Oh, la ferme, grogna-t-il en donnant une tape à sa propre tête.

Autre activité quotidienne de Harry : l'apprentissage de l'occlumancie. Le livre qu'il avait acheté chez Fleury&Bott n'était sans doute pas le meilleur pour apprendre en autodidacte, mais il avait le mérite de très bien expliquer les divers moyens pour devenir un occlumens accompli et, non sans soulagement, Harry avait pu découvrir qu'aucune de ces manières ne ressemblait à celle qu'il avait expérimentée lors de sa cinquième année. Cependant, toutes les méthodes impliquaient de vider son esprit, ce qu'il était bien incapable de faire – du moins, tant qu'il n'aura pas obtenu les réponses aux questions qu'il se posait.

Ce matin-là, l'occlumancie était bien loin d'occuper les pensées de Harry, qui enfila ses chaussures et vérifia de bien avoir sa bourse d'or dans une poche de sa robe de sorcier vert sombre et sa baguette, dans une autre. Satisfait, il prit quand même le temps de réfléchir pour être sûr de ne rien oublier, puis tourna les talons pour s'enfoncer dans les ténèbres du transplanage. Si l'absence d'enchantements autour de la propriété lui permettait de transplaner sans avoir à sortir du manoir, il savait que cette situation ne devait pas s'éterniser. Or, les enchantements présents dans Protéger sa maison n'étaient pas faciles à lancer – des quatre tentatives qu'il avait faites, toutes s'étaient soldées par des échecs. Il avait hésité à demander l'aide du ministère, mais l'idée de dépendre de leurs protections ne le mettait pas vraiment à l'aise, surtout que même les sorciers et les sorcières qui en profitaient n'étaient pas à l'abri des Mangemorts.

A bout de souffle, il réapparut dans une petite ruelle malpropre, malodorante mais bondée de familles sorcières prenant une même direction. Harry suivit le mouvement, attentif à la métamorphose qu'inspirait la Journée des Fournitures. L'anxiété, les craintes, la méfiance avaient totalement disparu des visages, comme si le temps de l'évènement, les sorciers oubliaient tout de la guerre contre Lord Voldemort. On riait, s'interpellait pour se saluer ou se regroupait avec d'autres pour discuter.

Sortant de la ruelle, Harry longea comme les autres le trottoir en réfléchissant. Il n'avait pas besoin d'aller chercher de l'or, mais il lui faudrait quand même passer par Gringotts, non sans faire d'abord un détour par Fantaisies & Fantasy, la boutique où il avait créé ses propres armoiries et commandé une « pièce d'identité » sous la forme d'une chevalière. Puis, bien sûr, les fournitures devraient être achetées dans leur quasi-totalité : il lui faudrait un nouveau chaudron, des gants en peau de dragon, un couteau pour la botanique, les manuels pour les matières qu'il suivrait et des uniformes, entre autres. Il songea que, malgré le stock de parchemins qu'il avait dans son bureau, il serait peut-être plus sage de passer par la papeterie.

Le trottoir bifurqua dans la rue du Chaudron baveur. Les familles entraient dans le pub sans que les Moldus ne remarquent quoi que ce soit d'étrange, bien que nombre d'entre eux observaient le cortège insolite sans même s'étonner de les voir tout à coup disparaître. Pénétrant dans le pub à la suite d'un père accompagné de sa fille de onze ans, Harry adressa un signe de tête à l'attention de Tom, qui répondit aussitôt par un sourire édenté. Sur le comptoir, l'adolescent eut la surprise de constater que les publicités du Sorcier Extraordinaire avaient diminué de moitié.

Sortant dans l'arrière-cour, il franchit l'arcade menant sur le Chemin de Traverse et se laissa surprendre. Il lui semblait que des années et des années avaient passé depuis la dernière fois où la longue rue sinueuse avait été aussi animée, bien que ça ne remontât qu'à trois ans. Voldemort paraissait n'être qu'un lointain souvenir, en cet instant : on hélait un collègue ou une amie pour la saluer ou discuter, on riait des blagues comme des pitreries des enfants, on s'arrêtait aux terrasses pour boire un café, mais le plus frappant demeurait que tout le monde paraissait joyeux, comme si les passants avaient véritablement oublié qu'il y avait des mages noirs en activité quelque part dans le pays.

− Ca fait un choc, hein ?

Harry cilla et tourna la tête vers un jeune homme râblé, le cheveu brun, qui s'avançait vers lui avec un sourire en coin.

− Kenny Ash, dit-il en tendant une main noueuse. Dumbledore m'a demandé de t'accompagner pour te présenter Poudlard, la vie scolaire et tout ce qui va avec…

− Ethan Potter.

Serrant la main offerte, Harry songea que Dumbledore avait eu une bonne idée. Certes, il n'était pas très emballé de savoir qu'il aurait quelqu'un sur le dos pendant tous ses achats, mais il pourrait mieux appréhender Poudlard une fois qu'il saurait à quoi s'en tenir.

− Ouais, le fameux nouveau Potter, dit Ash avec un sourire. Chris Matthain, que tu as rencontré pendant le permis, m'a dit que tu existais quelques jours avant que Dumbledore ne m'envoie son habituelle lettre pour la première édition de La Gazette du Sanglier, dont je suis le rédacteur-en-chef, en m'annonçant au passage que tu ferais ta dernière année à Poudlard… Bref, il faut que je passe par Gringotts, et toi ?

− Aussi, mais j'ai un détour à faire avant.

− OK. Bah, on n'aura qu'à se retrouver devant Gringotts.

− Ca marche.

Laissant Ash poursuivre sa route vers la banque, Harry bifurqua dans une petite ruelle située juste avant Madame Guipure, prêt-à-porter pour sorciers, et s'avança jusqu'à la vitrine étincelante de bijoux de Fantaisies & Fantasy. Entrant, il traversa la petite boutique pour rejoindre le comptoir derrière lequel un homme mal rasé, la moustache sel et poivre, examinait avec une minutie professionnelle une boucle d'oreille ornée d'un saphir en forme de croissant de lune. Remarquant le client, il leva ses yeux de basset et se redressa.

− Mr Potter, bien sûr, dit-il.

Plongeant la main sous son comptoir, Harry l'entendit ouvrir un tiroir duquel il tira une boîte rectangulaire qu'il posa juste devant lui. L'ouvrant, le vendeur révéla une chevalière en argent massif et un tampon, tous deux arborant les armoiries que le jeune homme avait choisies ici même : un lion rampant et un serpent encadrant un bouclier frappé d'un phénix, une étoile au-dessus de l'écu. Il ne savait pas trop comment lui était venue l'idée d'un tel blason, mais chaque fois qu'il y repensait, il avait le sentiment qu'il lui ressemblait assez bien : le fauve et le reptile pour ses côtés Gryffondor et Serpentard, le bouclier pour le désir de protéger, l'étoile pour souligner qu'il était le premier Potter de sa branche et le phénix, pour lui rappeler qu'il n'avait pas eu qu'une seule vie. Il n'irait pas dire qu'il avait l'impression d'avoir ressuscité en atterrissant à cette époque, mais sa vie avait pris un tournant complètement différent de ce qu'elle avait été quand il était encore le Survivant.

− Le tampon est un bonus, indiqua le vendeur. Il est enchanté pour fournir une empreinte magique bien particulière que les gobelins ou vos correspondants pourront authentifier et, ainsi, avoir la garantie que vous êtes bien l'expéditeur. En somme, ne vous le faîtes pas voler ou les choses deviendraient compliquées.

− C'est noté.

Réglant la commande, il enfila aussitôt la chevalière à son annulaire droit, prit le sac une fois la boîte et le tampon dedans, salua le vendeur puis ressortit. De nouveau mêlé à la foule, bousculé, bousculant et s'excusant, il se fraya un chemin jusqu'au grand escalier de Gringotts et monta les marches pour subir le contrôle assuré par les deux gobelins gardant le portail.

Une minute plus tard, Harry entra dans le hall de marbre en regardant les innombrables portes pivoter au passage de clients descendant dans les profondeurs de Gringotts ou en revenant, la bourse pleine d'or. Des files d'attente se formaient le long du comptoir, les sorciers et les sorcières discutant gaiement en attendant de soumettre la raison de leur venue à un guichetier. Le jeune homme eut, malgré lui, un léger sourire : il était vraiment impressionnant de constater combien il était facile pour toute cette foule de renouer avec un moment de « paix ». Apercevant Marlok, le gobelin avec lequel il traitait le plus souvent, il prit aussitôt la direction de son guichet.

− Mr Potter ! dit le gobelin avec déférence. Venez-vous pour un retrait ?

− Pas aujourd'hui, répondit Harry en retirant sa chevalière. Comme je vous l'annonçais la semaine dernière, j'ai acquis une pièce d'identité.

Le gobelin prit l'anneau et l'examina à l'aide d'une loupe, l'air expert.

− Argent massif… gravure nette… Le travail de Fantaisies & Fantasy ?

− En effet.

− Je crois savoir que les gérants fournissent parfois un tampon ?

Harry approuva et sortit ledit tampon pour le donner à Marlok, qu'il savait soucieux de vérifier que les armoiries n'avaient aucun défaut et reproduisaient très précisément celles figurant sur l'anneau. Le gobelin hocha la tête d'un air satisfait, rendit à les deux objets à leur propriétaire puis s'empara d'un parchemin pour y décrire les armes de son client.

− Nous nous chargerons de communiquer vos armoiries au ministère de la Magie, Mr Potter. Je vous recommande aussi de vous habituer à tamponner vos courriers officiels et les bons de commande que vous pourriez prendre dans un magazine.

− Je n'y manquerai pas, assura Harry en enfilant de nouveau sa chevalière, le tampon retournant dans le sac.

Tamponnant son parchemin, Marlok le glissa parmi une liasse puis salua Harry. Ceci terminé, celui-ci tourna les talons en jetant un regard alentour, à la recherche d'Ash, mais le Serdaigle l'attendait déjà sur les marches de la banque. A l'évidence, il était revenu de son coffre pendant que le nouveau Potter faisait enregistrer sa chevalière.

− Bien, dit le Serdaigle en se relevant, il vaudrait mieux que nous nous jetions dans la foule avant que certains de mes amis ne profitent de me voir avec toi pour te harceler. On va commencer par le plus éloigné du Chaudron baveur, j'ai justement un couteau à racheter pour la botanique.

Joignant le geste à la parole, ils retournèrent s'enfoncer parmi les passants.

− Tu suis quels cours ? s'intéressa Harry.

− Botanique, soins aux créatures magiques, métamorphose, sortilèges et défense contre les forces du Mal, J'ai raté la BUSE de potions, mais ce n'était pas une matière que j'affectionnais particulièrement donc, je ne suis pas triste d'avoir arrêté. Et toi, tu comptes suivre lesquels ?

− Pareil, sauf les soins aux créatures magiques et avec les potions en plus.

− Et dans quelle maison espères-tu atterrir ?

− Gryffondor.

− C'est une bonne maison, admit Ash, mais il faut s'accrocher. Au risque de te décevoir, le simple fait que tu ressembles à Potter et que tu aies le même nom que lui te désigne d'ores et déjà « ennemi juré de Serpentard ». Pendant des années, Potter et sa bande ont mené la vie dure à nos camarades, en particulier à Severus Rogue, mais les choses ont commencé à se calmer, ces derniers mois. On dirait que Potter a finalement compris qu'il était temps qu'il mûrisse… En tout cas, ça va jaser quand le reste de l'école va apprendre que c'est à lui que les profs ont donné le badge de préfet-en-chef.

Harry haussa les sourcils, franchement surpris. Son père était préfet-en-chef ? Après toutes ces années à brutaliser ceux qui lui déplaisaient et à enfreindre le règlement, c'était à lui qu'était confié l'insigne de la plus haute autorité estudiantine ?

− Au début, poursuivit le Serdaigle, je pensais que c'était encore une fantaisie de Dumbledore, mais il semble que non. On peut comprendre le choix des profs, bien sûr : même s'il est toujours accompagné de ses potes, Potter n'en reste pas moins un duelliste redoutable. A part Kingsley Shacklebolt, qui est parti à la fin de ma cinquième année, tous les préfets-en-chef étaient loin d'être à la hauteur.

− Et qui est la préfète-en-chef ?

− Evans. Lily Evans, elle est aussi à Gryffondor. Avec un binôme comme celui-là, même les têtes-brûlées y réfléchiront à deux fois avant d'essayer de défier l'autorité de Potter et d'Evans.

Ils entrèrent chez un fleuriste vendant le matériel nécessaire aux cours de botanique. Prenant une paire de gants en peau de dragon, une pince coupante et un petit couteau à la lame étincelante, Harry retrouva Ash au bout de la file formée par des fils et des filles qui effectueraient leur première rentrée à Poudlard.

− Comment est Poudlard ?

− C'est un labyrinthe de courants comportementaux, comme dirait mon frère. Tu peux y passer une journée merveilleuse et vivre un véritable enfer le lendemain. Les quatre maisons sont rivales, certaines plus que d'autres, mais les choses deviennent un peu plus brutales dès qu'il s'agit de la course au trophée de Quidditch ou à la Coupe des Quatre Maisons. Tu as de vieilles rancœurs qui animent les faits divers et de vieilles amitiés qui attisent parfois la jalousie, et ce même au sein d'une maison. Si je ne me trompe pas, Chris m'a dit que vous aviez passé le permis en compagnie d'Ana Moorehead, non ? Ben voilà : tous les deux sont aussi à Serdaigle mais, s'ils entretiennent une relation cordiale, ils sont loin d'être amis. Parallèlement, tu trouveras des romances inattendues. A Poufsouffle, Patrick Griggs sort avec une sixième année de Serpentard, par exemple.

− Ah ? s'étonna Harry.

− L'ironie du sort, c'est que les Serpentard ont beau être les plus racistes et étroits d'esprit de l'école, ils sont également les plus tolérants quant à cette histoire d'amour. Ils s'en foutent, quoi, mais dans les autres maisons, ça casse du sucre dans le dos de Griggs. Même si tout le monde sait que Serpentard fournit la majorité des Mangemorts à Tu-Sais-Qui, j'ai toujours trouvé qu'on diabolisait un peu trop ses élèves… En tout cas, qu'on commettait l'erreur de tous les mettre dans le même panier.

Bien que ne suivant plus les cours de potions, Ash l'accompagna chez l'apothicaire, leurs narines taquiner par le parfum de chou rance et d'œufs pourris qui y régnait. Au comptoir, Miss Moorehead était accompagnée d'une jeune fille qui s'apprêtait sans nul doute à faire son entrée à Poudlard. Attirée par leur approche, la belle adolescente pivota et adressa un sourire à Ash, jetant simplement un coup d'œil à Harry. A l'évidence, elle se méfiait quelque peu de sa réaction si jamais elle se montrait un peu trop familière.

− Ana, voici Ethan Potter. Ethan, je te présente la délicieuse, convoitée et invincible Ana Moorehead.

− Ca en fait, des titres, commenta Harry.

− Et encore, tu n'as pas entendu les surnoms que me donnent certains mecs, dit Ana en se détendant. Tu lui présentes déjà le Podium des Douze, Kenny ?

− Le Podium des Douze ?

− C'est un classement que La Gazette du Sanglier a publié au mois de juin pour dresser la liste des élèves jugés par l'école entière comme les plus redoutables, expliqua Ash. On s'est basés sur plusieurs critères, comme le duel, le comportement et le talent en classes, et tu as devant toi la sorcière occupant la première place de ce tableau. Malheureusement pour moi, elle fait l'unanimité. Si elle ne l'avait pas fait, j'aurais pu lui proposer de me soudoyer avec son énorme poitrine, mais…

− Très drôle, abruti, répliqua Ana en lui lançant un regard désabusé.

− Ce serait plus drôle si ça devenait réalité, commenta Ash d'un air rieur. Au fait, c'est ta fameuse nièce ?

− Oui. Elle n'est pas très heureuse de quitter la maison de mon frère, qu'elle ne pourra plus embêter, mais je suis sûre qu'à Poudlard, elle trouvera un camarade à enquiquiner tout autant. Hein, Laura ?

La jeune fille haussa simplement les épaules d'un air peu convaincu. Les deux sorcières se retournèrent lorsque le vendeur réapparut en tenant deux sacs remplis d'ingrédients. Payant les fournitures, Ana salua Ash et Harry puis sortit, accompagnée de sa nièce. Harry s'avança pour transmettre sa liste, et le gérant repartit dans l'arrière-salle.

− Je ne l'imaginais pas si redoutable, dit-il alors.

− Et pourtant, elle n'a perdu qu'un seul duel en six ans. Bien sûr, le Podium des Douze contient plus de douze élèves, car il y a certains étudiants qui sont jugés plus ou moins au même niveau, mais il était indubitable qu'Ana finisse première. Elle est très populaire, mais aussi très méfiante à l'égard des garçons… ce que je comprends parfaitement, étant donné que la plupart d'entre eux n'ont plus regardé plus haut que ses seins quand ceux-ci ont commencé à gonfler démesurément. De toute façon, elle est déterminée à se focaliser seulement sur ses études puis, après, elle se souciera peut-être de vivre une romance.

− Et qui sont les autres du classement ?

− Evans a la seconde place, notamment parce qu'elle est la seule à avoir vaincu Ana en duel. Je te parlais des amitiés entre des élèves de deux maisons différentes et de conflits internes, eh bien Ana est une grande amie d'Evans. La belle rousse a une technique de duel très singulière, car elle associe sortilèges, duel et défense contre les forces du Mal. C'est assez déconcertant quand tu te retrouves à te battre contre elle. Bien sûr, elle est également très populaire pour ses capacités, sa gentillesse et son caractère bien trempé. C'est une nana aussi belle, séduisante et aimable que dangereuse quand elle s'énerve, et crois-moi, elle a appris à se faire craindre dès ses premières interventions en tant que préfète, lors de notre cinquième année.

Le vendeur réapparut. Lui donnant les Gallions demandés, Harry récupéra sa monnaie et ressortit avec Ash pour prendre la direction de la papeterie.

− A la troisième place, tu trouves Severus Rogue, James Potter, Sirius Black et Cassie Lindon. Rogue est à Serpentard et le grand ennemi de Potter, en plus d'avoir été son souffre-douleur préféré pendant nos cinq premières années d'études. Il fait un peu peur, je dois bien le reconnaître, mais il est tellement focalisé sur son ennemi juré qu'il passe également pour le raciste le moins actif… Ce n'est pas lui, en tout cas, qui se propose d'être le premier à jouer un sale tour à un né-Moldu. Potter et Black sont très appréciés, l'un pour son talent de Quidditch, l'autre pour sa belle gueule, et tous les deux pour les moments épiques que leurs farces et leurs brutalités ont offerts aux élèves. Ils sont redoutables individuellement, brillants en cours, mais quand ils se battent ensemble, ils sont presque invincibles. Il n'y a qu'Ana qui réussisse à leur mettre des raclées. Quant à Lindon, elle est à Poufsouffle et n'a pas vraiment de rythme stable : elle peut t'éclater presque tout le monde un matin puis être battue à plates coutures l'après-midi. Populaire, elle aussi, notamment pour son humour très vaste et son côté aguicheur. Il suffit que tu lui plaises d'une façon ou d'une autre pour qu'elle te taquine et, fais-moi confiance, elle sait s'y prendre, mais ne va jamais au-delà du simple jeu.

Entrant dans la papeterie, ils firent une pause dans la présentation du Podium des Douze et se séparèrent pour parcourir les rayons qui les intéressaient. Poudlard semblait avoir des élèves dotés de sacrées personnalités, pensa Harry en ramassant une épaisse pile de parchemins vierges, mais ça ne le rassurait pas : même s'il ne s'agissait que d'une supposition, le niveau de sa future classe paraissait être plus élevé que dans son ancienne vie. Ou peut-être avait-il été trop concentré sur ses amitiés avec les Gryffondor et les aventures que Ron, Hermione et lui avaient vécues pour évaluer correctement le niveau de sa précédente classe.

Chargé de plumes, de bouteilles d'encre et de parchemins, Harry régla son stock pour Poudlard et retrouva Ash dehors, son guide n'ayant apparemment eu que de nouvelles plumes à acheter.

− La Place Cauchemardesque, annonça le Serdaigle d'un ton théâtral.

− Cauchemardesque ?

− Tu vas comprendre. Retiens chacun de ces noms, car il est très important de ne pas les contrarier : à la quatrième place, il y a Marius Mulciber, Tara Gardner, Lucretia Mogg et Aurelia Andrews. Cette dernière est juste mal tombée, en fait, mais il te faut te souvenir que les trois premiers sont les dernières personnes à ne pas offenser. Ca te tente de prendre une glace ?

Pris au dépourvu, Harry répondit par l'affirmative et suivit Ash sur la terrasse de Florian Fortarôme, bien plus jeune que la dernière fois où le nouveau Potter l'avait croisé. La chaleur commençait à atteindre une telle ampleur que les passants avaient eux aussi une soudaine envie de se rafraîchir. Déjà installés, des adolescents ahuris attiraient l'attention de leurs amis pour les informer de la présence de Harry. Visiblement, son existence avait déjà eu le temps d'atteindre toutes les oreilles de Poudlard et, tout aussi évident, les élèves avaient beau avoir entendu dire qu'il ressemblait à James, personne ne s'attendait à ce que la ressemblance soit aussi frappante.

Emportant les glaces, Harry et Ash trouvèrent une table fraîchement libérée et s'installèrent, le prétendu australien feignant de ne pas remarquer la curiosité qu'il suscitait chez les élèves présents.

− Commençons par te présenter Andrews, dit le Serdaigle. Belle métisse qui connaît un succès certain, on pourrait presque dire qu'elle est l'Ana de Gryffondor, mais avec un talent moindre. Elle est très zen, on se demandait même s'il lui était arrivé de s'énerver au moins une fois, sauf que la seule fois où elle a perdu sa sérénité habituelle, on en a eu pour nos frais. La seule chose à ne surtout pas faire, c'est toucher à l'une de ses amies. Pendant notre cinquième année, Mulciber a essayé de jeter un maléfice de magie noire à Mary Macdonald, que tu as aussi croisée au permis. Le soir même, pendant le dîner, Andrews s'est pointée, a remonté la table de Serpentard et t'a aplati la tronche de Mulciber dans son assiette avec une force étonnante.

− Il a du mal le prendre…

− Oh que oui, mais il s'est fait littéralement écrasé par Andrews. Elle a un sacré potentiel en duel, mais elle n'aime pas trop se battre.

− Comment ça se fait que Mulciber n'ait pas été renvoyé, au fait ?

− Il a bien failli, mais comme sa tentative a échoué sans blesser Mary, il s'en est sorti avec un simple avertissement. Il faut se montrer extrêmement prudent avec Mulciber. Il est impulsif, brutal, arrogant et raciste jusqu'à la moelle. Si tu passes avant lui pour franchir une porte, il serait capable d'y trouver un affront à son sang pur et de te lancer un sort. Il ne réfléchit jamais, préférant confier les choses intellectuelles à Rogue ou à Avery, qui heureusement ont un certain contrôle sur lui. Crois-moi, il faudra que tu fasses gaffe avec lui, car il compte parmi les élèves qui pourraient t'attaquer pour voir ce que tu vaux – et même si tu lui mets une raclée, il n'abandonnera pas forcément. Regarde Ana : il fait une fixation sur elle et l'a provoquée vingt-six fois en duel pour se manger vingt-six défaites, mais il ne lâche pas le morceau.

Harry songea que Mulciber ressemblait étrangement à Vincent Crabbe et Gregory Goyle, mais en plus violent et autonome que les anciens – futurs, rectifia-t-il – gardes du corps de Drago Malefoy.

− Après, tu as Tara Gardner, elle aussi à Serpentard. Elle est étrangement raciste : elle insulte les nés-Moldus qui l'irritent, mais elle appelle Evans et Lindon par leurs noms parce qu'elle les respecte. Elle reconnaît même qu'elles lui inspirent plus de respect que ces, je cite, « sous-merdes qui s'agenouillent devant un autre sorcier ».

− Elle ne doit pas être en bons termes avec Mulciber et les autres, commenta Harry.

− Ah, dit Ash d'un air satisfait, mais il faut être fou pour chercher les ennuis avec Gardner ou Mogg. Cette dernière est une beauté frigide dont le nom impose un franc respect chez les sang-pur, car héritière d'une des plus vieilles familles du pays. Je crois même que les Mogg existaient déjà quand les Fondateurs ont bâti Poudlard, c'est pour te dire. Ensemble, ces deux-là ne sont ni plus ni moins que le pire cauchemar de leurs ennemis. Elles aussi imaginatives que sadiques, et les hommes qui ont le malheur de les contrarier s'en mordent bien plus que les doigts. On ne connaît pas vraiment leur potentiel en duel, même si je ne crois pas qu'elles aient déjà perdu un affrontement, mais leurs vengeances sont devenues quasi-légendaires, car elles n'ont peur de rien pour les assouvir… même si Gardner est celle qui donne de sa personne pour arriver au résultat final.

− Comment ça ?

− Eh bien, disons que tout en étant une célibataire endurcie, Gardner a vu et touché plus de pénis que la fille la plus facile à séduire, dit Ash. L'année dernière, un Serpentard partit au mois de juin a eu le malheur de ploter Mogg pendant la fête faisant suite à la victoire de leur équipe de Quidditch contre Poufsouffle. Deux semaines plus tard, le journal de l'école recevait une photo de ce même mec offrant son cul à un autre type qui avait contrarié Gardner…

Harry sentit un frisson remonter sa colonne vertébrale.

− Effectivement, il vaut mieux garder une certaine distance de sécurité, admit-il.

Le Serdaigle approuva avec un sourire, son regard parcourant la foule qui défilait sur la longue rue pavée.

− Tiens, quand on parle des vipères, dit-il.

Il désigna à Harry deux jeunes femmes qui attendaient devant la vitrine de Madame Guipure. Très grande, très mince et un sourire sarcastique étirant ses lèvres pâles, Tara Gardner était une jolie adolescente aux yeux gris étincelant de sournoiserie et à la longue chevelure brune. Sans nul doute possible, c'était l'attitude joviale des passants qui lui inspirait son sourire. A côté d'elle, plus petite mais à peu près de la même taille que le nouveau Potter, Lucretia Mogg ne rivalisait sûrement pas avec Ana mais n'avait rien à envier à personne. Ses longs cheveux blonds étincelaient au soleil et encadraient un visage finement ciselé aussi froid que pâle, tandis que ses yeux d'un vert extraordinairement clair regardaient avec un total désintérêt les sorcières et les sorciers passant devant elle.

− L'ironie veut que Mogg, toute sang pur qu'elle est, n'est pas raciste, contrairement à sa meilleure amie sang-mêlé. Elle a même des désirs assez insolites envers Evans, qu'elle se ferait un plaisir de déshabiller si jamais celle-ci venait à la contrarier, et Ana, qu'elle rêve aussi de dévêtir.

− Elle préfère les filles ?

− Qui sait ? dit Ash en haussant les épaules. A l'instar d'Ana, elle se méfie des mecs. Être la riche héritière d'une ancienne famille de sang pur doit la placer dans une situation similaire.

Il consulta sa montre.

− Ah, le Sorcier Extraordinaire ne va pas tarder à se montrer.

Finissant leurs glaces, ils prirent bientôt la direction du stand de l'étrange sorcier rencontré la semaine passée et que Harry, en se remémorant l'entrée improbable de l'énergumène au Chaudron baveur, soupçonnait venir d'un autre monde. Un groupe assez impressionnant s'était amassé devant le magasin condamné où le vendeur-ambulant avait installé un grand chariot dont ils apercevaient le toit de tissu par-dessus les têtes des spectateurs. Se frayant difficilement un chemin parmi la foule, Ash eut la chance d'apercevoir Chris Matthain pour leur donner un prétexte de progresser un peu plus vers le Sorcier Extraordinaire.

− Potter, bien sûr, dit le jeune homme en serrant la main de Harry. Le grand sujet des conversations de l'été chez les élèves de Poudlard.

− Je préférerais qu'ils évitent, marmonna Harry.

− Le commérage est une activité beaucoup trop appréciée pour qu'ils exaucent ton souhait, dit Ash. Ca a commencé ?

− Pas encore, je crois que les Aurors s'acharnent sur lui : c'est le troisième contrôle qu'il subit, apparemment.

Mais il sembla que les chasseurs de mages noirs n'avaient rien trouvé à reprocher au Sorcier Extraordinaire, car ils allèrent bientôt contrôler un autre vendeur-ambulant, fendant la foule en passant à côté de Harry qui aperçut la haute silhouette vêtue de noir de la tête aux pieds, le visage de l'animateur toujours caché par le grand col relevé de son long manteau et le chapeau aux bords très larges et souples qui tombaient jusqu'à ses épaules.

− Bien, nous pouvons commencer ! déclara-t-il d'une voix forte. Je vois que ma réputation me précède, mais pour ceux qui n'auraient pas encore entendu parler de moi, mes marchandises sont certifiées conformes à leurs prétentions ! Pas d'arnaques, pas d'articles fonctionnant le temps d'une journée, pas même le plus petit défaut : tout est exactement comme je l'ai décrit. Et nous allons le prouver ! Avons-nous un volontaire pour assurer le spectacle ?... Applaudissons la jeune fille !

Harry se hissa sur la pointe des pieds, mais depuis que les rangs des spectateurs s'étaient refermés, l'espace en demi-cercle où le sorcier donnait son show lui était occulté par des pères portant leurs enfants sur leurs épaules. Ash et Matthain n'étaient guère plus avantagés, car plus petits que lui, mais ils paraissaient se contenter de tendre l'oreille.

− Voici un collier somme toute assez banal en apparence, reprit le vendeur, mais qui vous confère une protection contre les sortilèges mineurs, tout en réduisant de moitié les effets d'autres plus puissants. A noter que les Sortilèges Impardonnables ne verront aucune différence, que vous portiez mes bijoux ou non. Bien, la jeune fille – comment tu t'appelles ?... Natalie va être victime de mon sadisme quand elle aura enfilé le collier, c'est-à-dire que je vais lui jeter un simple sortilège de Stupéfixion et vous montrer l'efficacité de mes protections.

Quelques secondes plus tard, Harry aperçut une brève lueur rouge annonçant que le sort venait d'être lancé. Dans les rangs les plus proches, un murmure d'excitation accueillit la démonstration couronnée de succès.

− Garde le collier, Natalie, c'est pour te remercier de ta participation. Vous trouverez tous des bagues, des gourmettes, des anneaux, des boucles d'oreille et même des piercings qui vous protégeront comme vient de le faire le collier de Natalie. Vous découvrirez également d'autres articles extraordinaires, certains liés à la guerre, d'autres non : les Lunettes de Vérité pourront vous dire si un proche, un collègue ou un ami est soumis à l'Imperium, les Poignées Inviolables empêcheront quiconque avec de mauvaises intentions de franchir les portes qui en seront dotées, les Détecteurs à magie noire vous serviront à déceler toute activité criminelle dans un rayon de trente mètres, les Ampoules de Subterfuge vous assureront une attaque-surprise même si vous êtes désarmé et, pour en finir avec mes marchandises les plus populaires, les Bombes Enchantées installeront tout un tas de protections chez vos voisins Moldus si ceux-ci sont sur le point d'être attaqués. Pour le reste, demandez-moi.

Les spectateurs se massèrent aussitôt pour former une file plus ou moins ordonnée devant le chariot. Matthain, aussi excité que les autres, les rejoignit sans un regard pour Harry et Ash, qui tournèrent pour leur part les talons afin de revenir à hauteur de Madame Guipure.

− Aussi incroyables que soient ses produits, ce type devrait peut-être s'inquiéter pour sa vie, commenta le Serdaigle. Je ne pense pas que les Mangemorts toléreront encore longtemps qu'un vendeur-ambulant propose des marchandises qui pourraient leur mettre des bâtons dans les roues.

− C'est sûr, mais c'est peut-être la raison pour laquelle il vend tout ça incognito.

Ils entrèrent dans la boutique de prêt-à-porter, Ash semblant avoir lui aussi besoin de nouveaux uniformes. Harry sentit son cœur rater un battement lorsqu'il porta son regard au fond de la pièce, où les vendeuses s'occupaient déjà de deux clientes de son âge. Bien malgré lui, il ne pouvait pas faire demi-tour, aussi se concentra-t-il de toutes ses forces pour calmer son rythme cardiaque et contrôler le teint de son visage.

Remarquant les deux jeunes hommes, Lily Evans posa son regard vert émeraude sur Harry et haussa les sourcils, son beau visage encadré de longs cheveux auburn exprimant une surprise nettement plus contenue que les élèves croisés jusque-là. Sur un autre tabouret, une belle métisse coiffée d'une longue natte et aux yeux d'un bleu étincelant eut la même réaction et lança un coup d'œil sur le côté. Apparemment alertée par les réactions de ses amies, Mary Macdonald montra son visage de souris et parut réprimer un sourire triomphant.

Pris en charge par une vendeuse jusqu'alors inoccupée, Harry et Ash rejoignirent les trois Gryffondor.

− Vous avez abandonné Ninie ? lança le Serdaigle.

− Elle est en vacances au Mexique, répondit Mary.

− Je vois. Je vous présente Ethan, qui sera peut-être dans votre maison puisqu'il aspire à rejoindre Gryffondor. Ethan, voici Aurelia Andrews, Mary Macdonald et la fameuse Lily Evans.

− Pourquoi « fameuse » ? s'étonna Lily.

− J'ai briefé Potter sur les quatre premières places du Podium des Douze, expliqua Ash en montant sur un tabouret.

− Il doit être courageux pour ne pas s'être encore enfui, dit Aurelia. Pourquoi est-ce toi qui l'accompagne, au fait ? C'est le rôle du préfet-en-chef, non ?

− Dumbledore me l'a demandé.

− Tu es déjà tombé amoureux de Lily ? demanda Mary.

Harry cilla.

− Quoi ? Heu… non.

− Ah, donc, ce n'est pas une malédiction si au moins un Potter résiste à ton charme, Lily.

La belle rousse sourit.

− Ah oui, j'ai oublié de te dire que Potter était éperdument amoureux d'Evans, glissa Ash à l'attention de Harry.

Harry eut un sourire, appréciant d'entendre parler des sentiments de James pour Lily, mais il ne put profiter davantage des présences féminines, car les vendeuses en eurent fini avec la préfète-en-chef et Aurelia. Saluant les garçons, les trois filles se dirigèrent vers la caisse pour y régler leurs achats, Mary jetant un regard soupçonneux par-dessus son épaule afin de s'assurer que Harry ne contemplait pas amoureusement Lily, puis les Gryffondor sortirent.

− Et voilà, tu as rencontré trois de tes quatre futures camarades de maison, dit Ash. Si tu atterris à Gryffondor, bien sûr.

− Et Ninie, c'est vraiment son prénom ?

− Leonie Cordell, mais tout le monde l'appelle « Ninie ». Je pourrais t'en parler, mais je préfère te laisser la surprise de la découvrir par toi-même.

− Ah ? Elle est… spéciale ?

− Très spéciale, affirma Ash. Si tu t'attaques à Evans, tu auras Potter et sa bande et Aurelia sur le dos. Pour Mogg comme Ana, ce seront leurs soupirants qui te tomberont dessus, mais si tu touches à Ninie, Potter, c'est Gryffondor, Ana, sa tante, les professeurs et une petite poignée d'Aurors qui t'en mettront plein la poire. Si tu touches à Ninie, Potter, t'es un homme mort.