Le lendemain soir de la sortie à Pré-au-Lard, la composition des groupes des phases éliminatoires du tournoi de duel s'était avérée être le sujet de conversation du week-end. Un nouveau tableau d'affichage était apparu dans la salle commune, devant lequel les élèves s'agglutinaient de temps à autre pour faire ou revoir des pronostics. De l'opinion générale, le groupe H serait le plus difficile : si la majorité des parieurs misait sur le professeur McGonagall et Black, personne ne sous-estimait Gardner, ni Olivier Lambert dont on ne connaissait pas le potentiel en duel. Sans réelle surprise, les Serpentard ne doutaient pas que la bande de Rogue se qualifierait, malgré qu'Avery ait à affronter le professeur Vector et Alexa. Certains encourageaient même Mulciber à mettre une raclée à Leonie, jusqu'alors intouchable, et le massif jeune homme s'en ferait visiblement une joie.

Assis à une table de la salle commune de Serpentard, Harry roula son parchemin avec un soupir de soulagement et se laissa aller contre le dossier de sa chaise. Il avait terminé tous les devoirs pour la semaine à venir. Jetant un regard vers les étudiants agglutinés devant le tableau d'affichage exposant le premier tour des phases éliminatoires, il se demanda jusqu'où il irait. Ses adversaires n'étaient pas aussi redoutables que ceux de Sirius, mais il se doutait que Mogg ne serait pas facile à combattre. Il se méfiait également d'Ewan Chambers : même si Alexa l'avait vaincu sans peine, le soir de l'arrivée de Beauxbâtons, Harry ne pouvait prétendre être habitué aux simples duels. Il ne pourrait pas bouger à sa guise, n'aurait aucun meuble pour l'utiliser comme bouclier ou cachette : il ferait face à son adversaire, perché sur une estrade de bois.

Harry soupira de nouveau et rangea ses affaires. Il sentit plus qu'il ne vit les regards intenses que la bande de Rogue, assise dans les sofas et les fauteuils disposés près de la cheminée, lui lança en suivant très attentivement son parcours lorsqu'il hissa son sac sur son épaule et prit la direction de l'escalier menant aux dortoirs des garçons. Quel était leur problème ? Avaient-ils découvert quelque chose ? Lord Voldemort leur avait-il dit de le surveiller ? Pourquoi ? Le Seigneur des Ténèbres avait-il été informé d'une quelconque prophétie le menaçant et identifié Harry comme son pire ennemi ? Ou fallait-il voir autre chose, un autre prétexte ?

Entrant dans son dortoir, Harry s'arrêta sur le seuil. Avait-il rêvé ou avait-il vraiment entendu… Fermant la porte, il gagna son lit avec lenteur, observant partout, tournant sur lui-même, ses yeux ne s'attardant jamais plus d'une demi-seconde sur une même chose. Il se concentra tant bien que mal. Il avait rarement réussi à l'utiliser comme ça, sans une image pour le motiver, mais lorsqu'il ouvrit la bouche, il comprit qu'il avait réussi :

Montre-toi ! ordonna-t-il en Fourchelang.

Il fallut quelques secondes pour qu'il le remarque : le long serpent noir était perché sur le plafond en toile de son lit. Harry réprima un soupir de soulagement. Il l'avait échappé belle, car un pas de plus et le reptile aurait pu lui tomber dessus. Etait-ce ainsi que les Serpentard avaient eu l'intention de s'en prendre à lui ? En utilisant le seul animal soumis à son autorité ? Il prit le serpent pour le faire redescendre, mais alors qu'il l'avait entre les doigts, quelque chose le gêna. Quoi ? La réponse lui vint presque naturellement.

− Tu es un sortilège, toi, dit-il en posant le serpent au sol.

Maintenant qu'il en avait conscience, il trouvait que le reptile ressemblait étrangement à celui que Drago Malefoy avait un jour fait jaillir de sa baguette sous les conseils de Rogue, à l'occasion du club de Duel organisé par Gilderoy Lockhart lors de sa deuxième année. Posant son sac de cours sur sa malle, Harry s'accroupit devant le serpent.

Est-ce que tu peux parler ?

Le serpent fit non de la tête, mais Harry ne s'en étonna pas. Le sortilège Serpensortia était le seul à produire un serpent que Harry ne comprenait pas, bien qu'il put s'en faire obéir. C'était dommage, cependant, car il aurait pu savoir qui avait préparé cette mauvaise blague.

Peux-tu retrouver le sorcier qui t'a invoqué ?

Le reptile acquiesça.

Est-ce que tu peux l'attaquer ?

Nouvelle réponse positive.

− Parfait, dit Harry pour lui-même. S'ils veulent jouer à ça, on va jouer…

Ramassant l'énorme serpent, il l'enroula autour de ses épaules.

Si tu peux m'indiquer son dortoir, ce serait bien.

Le reptile, bien plus lourd qu'il ne l'avait imaginé, hocha la tête. Satisfait, Harry sortit de son dortoir et laissa le temps à sa nouvelle connaissance de darder sa langue à plusieurs reprises, comme si elle cherchait la trace d'une odeur. Puis elle orienta sa tête vers le bas. Descendant les marches, le reptile resserra doucement ses anneaux pour l'avertir qu'ils avaient atteint leur destination : la porte du dortoir des cinquième année. Le Serpentard hésita. Le serpent était-il venimeux ? L'auteur de la farce saurait-il se protéger ou se soigner ?

Il chassa ces questions de sa tête et entra prudemment, mais le dortoir était vide.

Tu peux me dire quel lit ?

Il reposa le serpent au sol et celui-ci fila aussitôt vers le lit de droite. Harry le suivit et s'arrêta devant la table de chevet, où il observa un cadre d'argent. La photo en noir et blanc montrait Barry Bannerman, le garçon assommé par Alexa le soir où les français étaient arrivés, en compagnie d'une haute femme à l'air pincé et d'un homme rondouillard, le visage rayonnant, bien plus aimable en apparence que le reste de la famille.

D'accord. Je vais te cacher derrière les coussins : dès qu'il se couche, fais-lui peur.

Le sifflement du serpent ressembla curieusement à un rire, alors qu'il se hissait sans peine sur le matelas et se faufilait sous les coussins, que Harry arrangea pour bien le cacher. Caressant une dernière fois la tête du reptile qu'il ne reverrait sans doute jamais, le Serpentard ressortit du dortoir des cinquième année et descendit l'escalier, aussi bien pour montrer qu'il n'était pas tombé dans le piège de Bannerman tout comme pour partir en patrouille. Comme il s'y attendait, son retour sain et sauf attira l'attention de plusieurs élèves. Straton eut un sourire goguenard à l'attention de Bannerman, mais Harry, bien que ne tournant pas les yeux vers eux, était plus intéressé par l'intensité que ses propres camarades de dortoir lui dédiaient. Etaient-ils derrière le mauvais coup ? Avaient-ils demandé à Bannerman de l'agresser d'une manière ou d'une autre ? Ou savaient-ils seulement que le cinquième année avait préparé une « surprise » à Harry ?

Comme par réflexe, il écarta ces questions de son esprit et sortit du cachot de Serpentard. Ignorant si quelqu'un n'allait pas chercher à le suivre, il inspira profondément et visualisa sa magie intérieure pour l'étendre vers ses oreilles. Le fourmillement lui arracha une grimace, mais il tint bon. Il avait beau s'entraîner encore et encore, la sensation ne diminuait pas à cause de ce fichu fragment d'âme de Lord Voldemort – pire, il lui semblait que la démangeaison s'aggravait à chaque nouvel usage de sa magie intérieure.

Il ne tarda pas à annuler sa magie auditive, cependant : elle était juste prévue au cas où un Serpentard aurait dans l'idée de le suivre pour l'agresser. Sage décision ou non, il ne supportait déjà plus le fourmillement qui le rongeait lorsqu'il ne fut plus qu'à deux couloirs de l'escalier menant au hall d'entrée, de toute manière. Harry avait hâte que l'Alliance trouve une solution pour lui extraire ou isoler le fragment d'âme, en tout cas, car tant que celui-ci le gênerait, il ne pourrait jamais savoir si oui ou non il progressait. Toutefois, il lui restait encore beaucoup à apprendre : il avait déjà fini la lecture de tous les livres abordant les trois premières Lois, mais les sortilèges présentés à travers n'étaient que la surface émergée de l'iceberg. Damar écrivait à ce sujet : « Soyez patient, soyez appliqué, soyez original : en moins d'un an, vous aurez compris le processus de chacune des Lois, et c'est à partir de ce moment-là que vous pourrez vous lancer dans l'apprentissage de tous les sortilèges. »

Harry se demandait souvent s'il pourrait adapter certains sorts typiques d'Alterion à la magie de Mirvira. Kirya n'avait-elle pas dit qu'elle n'avait jamais entendu parler d'une magie aussi noire, aussi malfaisante que celle ayant permis à Voldemort de créer ses Horcruxes ? Et s'il existait des sortilèges dans ce monde qui n'existaient nulle part ailleurs en LorMirAl ? Peut-être pourrait-il les « convertir » pour enrichir les connaissances des Mages en signe de remerciements pour l'avoir aidé et soutenu à son arrivée à cette époque. Certes, c'était à cause d'eux qu'il avait fait un bond temporel, mais il se plaisait de plus en plus à cette époque. C'était, assez ironiquement, comme s'il avait vraiment changé de pays : Ron, Hermione, Ginny lui manquaient, mais Alexa, Silver, les filles de Gryffondor et Lorca contribuaient largement – et involontairement – à son intégration dans ce temps-ci.

Montant l'escalier menant au rez-de-chaussée, perdu dans ses pensées, il traversa bientôt le hall en direction du couloir qui desservait la rédaction de La Gazette du Sanglier et les locaux de la Brigade. Conformément aux consignes d'Alexa, tout acte malveillant devait être rapporté, qu'il ait réussi ou échoué, afin que les malveillants soient identifiés et surveillés par le Super Espion de la Mort. Qu'était Firagan ? Il l'ignorait toujours, mais son hypothèse selon laquelle il s'agissait d'un elfe de maison avait été infirmée par la splendide française, qui ne manquait d'ailleurs pas de lui rappeler que le gage donné par Mogg, pour sa victoire au concours de nettoyage de la façade du château, obligeait Harry à offrir un costume d'infirmière à Alexa.

Franchissant la porte des locaux de la Brigade, il fut assez surpris d'y trouver Mogg. Assise derrière son bureau, elle lança à Harry un regard désintéressé et replongea dans sa rédaction d'un formulaire solennellement intitulé Rapport de la Mort, qui relatait tout méfait constaté par la Brigade. S'installant sur sa propre chaise, Harry en prit un et commença à écrire ce que lui-même avait vécu quelques minutes auparavant. Il savait que sans preuve concrète, Bannerman ne serait pas puni, mais c'était toujours mieux de le savoir à l'origine d'un premier mauvais coup pour que Firagan garde un œil sur lui.

Mogg acheva sa rédaction, referma sa bouteille d'encre en posant la plume dans un gobelet puis alla épingler le rapport sur le tableau d'affichage, l'inaugurant par la même occasion de sa toute première affaire à résoudre. Sans un regard en arrière, la belle blonde de Serpentard sortit. A quel point se méfiait-elle des garçons ? se demanda Harry, assez perplexe. A demeurer si silencieuse en leur présence, il était étonnant qu'elle n'ait pas encore hérité d'une réputation de snob, songea-t-il en se levant, rejoignant à son tour le tableau pour y accrocher son propre formulaire. Il en profita pour jeter un regard à celui affiché par la richissime héritière :

Victime : Jack Moore.

Faits : Retrouvé par Lily Evans et James Potter dans un placard à balais, salement amoché. Evans s'occupe de l'emmener à l'infirmerie pendant que Potter part à la recherche du Moine Gras pour lui demander si Moore a été vu pendant le dîner et quand il a été aperçu pour la dernière fois.

Suspects : L es garçons de quatrième année de Serpentard et Owen Anderson (Serdaigle).

Constatations : Lèvre fendue, œil au beurre noir, hématomes en plusieurs endroits du visage.

Ainsi donc, ça avait réellement commencé, se dit Harry. Les méfaits avaient repris et ne feraient sûrement qu'empirer aussi longtemps que la Brigade n'aurait pas prouvé sa valeur. Il aurait été tenté de prendre l'enquête, mais Silver n'avait pas encore reçu ses « ustensiles de la Mort », sans parler qu'il ignorait complètement comment les investigations fonctionnaient.

Au moment où il se retourna pour ranger sa bouteille d'encre et sa plume, il eut la surprise de remarquer que Lorca s'était assise à son bureau. Quand était-elle arrivée ? se demanda-t-il alors que la Nehoryn lui intimait le silence en levant une main. Elle jeta un regard éloquent vers la porte des locaux, comme pour insinuer que quelqu'un écoutait derrière le panneau. A pas de loup, Harry la rejoignit et rangea ses affaires. La belle enseignante attendit qu'il ait fini, lui attrapa ensuite le bras et, dans une explosion de fumée noire, les fit transplaner.

Avant même que le panache se fut dissipé, Harry sut qu'ils n'étaient plus à Poudlard : l'air frais de la nuit vint caresser son visage alors qu'une odeur de terre humide lui assaillait les narines. Lorsque la fumée se fut dissipée, il remarqua qu'ils étaient au bord d'une route, bordée sur sa gauche d'une haie sauvage et touffue, qui plongeait brusquement vers une petite vallée. Niché entre deux collines, un petit village silencieux et endormi se signalait par ses réverbères. Bien que déconcerté, le Serpentard n'eut même pas à lever les yeux pour savoir qu'au sommet d'un mont, se dressait un imposant manoir qui, plus de trente ans auparavant, avait appartenu à la famille Jedusor.

− Little Hangleton… Ca veut dire que la chasse aux Horcruxes commence, alors, dit-il.

− Alyphar, Ooghar et Prerian ont décidé que votre propre guerre pouvait passer en priorité tant que nous ne trouverons pas une solution pour vous débarrasser du fragment d'âme de Voldemort, indiqua Lorca. Cataara et Triaus doivent nous rejoindre dans quelques minutes.

Harry hocha la tête, non sans clairement afficher sa déception que l'Alliance n'ait toujours pas trouvé un moyen d'isoler ou d'extraire le morceau d'âme qui l'empêchait d'employer la magie de Mirvira.

− Qui était derrière la porte ? demanda-t-il.

− Personne, je pense : il fallait juste que vous évitiez de parler, répondit la Nehoryn. Vous ne l'avez pas remarqué, semble-t-il, mais vos camarades de Serpentard ont été particulièrement attentifs à vos déplacements et aux miens toute la journée. Ils ont l'air de croire que nous nous connaissons.

− Comment pourraient-ils le soupçonner ? s'étonna Harry.

Quand bien même ils avaient plusieurs fois disparu en même temps les week-ends, le transplanage de Lorca lui permettait de réapparaître plus rapidement que lui une fois sortis de la Salle sur Demande. Il était convaincu qu'ils n'avaient rien fait de suspect pour amener les Serpentard à se douter d'un quelconque lien entre eux. Ca ne pouvait pas être à cause de Vallys, dont la description détaillée n'avait pas été rendue publique. Il était impossible que la bande de Rogue ait pu associer la darderan à une créature unique et surgie de nulle part à Lorca ou à l'Alliance. Alors, comment ?

La Nehoryn, elle-même plongée dans ses propres réflexions, fronça quasi-imperceptiblement les sourcils.

− Le Poudlard Express, dit-elle à mi-voix. L'un d'eux a dû remarquer mon irritation quand Midori est arrivé... Mais je vois mal comment ils auraient pu interpréter ça comme une preuve plausible entre moi et l'Alliance.

− S'il y a bien une chose que je sais sur Rogue, c'est qu'il est très intelligent et prudent. Il n'aura écarté aucune théorie sur la raison de votre réaction, mais quel est le rapport avec moi ? Ils ne peuvent quand même pas avoir soupçonné quelque chose parce que vous avez pris ma défense lors du premier cours de défense…

− J'en doute, admit Lorca. Il doit y avoir une autre raison, mais elle nous échappe encore. Quoi qu'il en soit, nous n'avons pas le droit à l'erreur : à en juger par leur attitude d'observations, il est permis de penser qu'ils ne font encore que soupçonner nos liens, ne les confortons pas dans cette idée. S'ils venaient à acquérir la certitude que vous faîtes partie de l'Alliance, ils le diraient probablement à un Mangemort et vous deviendriez la cible privilégiée de Voldemort pour obtenir des réponses sur ce qu'il se passe.

Harry se demanda si les Serpentard oseraient le kidnapper. Il ne doutait pas une seconde que Mulciber le ferait lui, même si cela signifiait interrompre ses études définitivement et être reconnu comme un mage noir – ou au moins, comme un criminel. Mais les autres ? Ils étaient tous plus sensés que leur grosse brute d'ami. Préféreraient-ils interroger eux-mêmes Harry et faire en sorte d'entamer leur carrière de Mangemort dans l'anonymat ou leur loyauté pour Voldemort surpassait-elle leur prudence et leur désir de mener, parallèlement, une vie normale ?

Il fut tiré de ses réflexions lorsque deux silhouettes apparurent dans le plus grand silence à quelques mètres d'eux. L'une se trouvait être celle d'une petite femme très âgée, son visage marqué de profondes rides, ses yeux sombres presque fermés et la chevelure blanche, sèche et cassante. L'autre appartenait à un jeune homme d'une vingtaine d'années, le crâne rasé, les yeux profondément enfoncés dans leurs orbites et les pommettes saillantes. Harry n'eut aucun mal à deviner qui était qui, mais il se laissa surprendre par Cataara : après en avoir tant entendu parler, il s'était attendu à une haute femme majestueuse, sévère ou dégageant quelque chose d'impressionnant.

− Ah ! Le Champion d'Alterion ! s'exclama joyeusement Triaus, qui portait un grand sac de toile. Très hono… !

La longue branche tordue, semblable à une canne, que Cataara tenait jusque-là dans son dos s'abattit sur l'épaule du jeune homme pour le rappeler à l'ordre. Elle dut y aller moins fort que Harry ne l'avait pensé, car Triaus n'exprima aucune douleur, se contentant de baisser la tête d'un air coupable.

− Nous ne sommes pas là pour des mondanités, dit la vieille femme d'un ton paisible.

Malgré son grand âge, sa voix était encore ferme, assurée.

− Bien, Ethan, veuillez nous montrer le chemin.

Harry obéit aussitôt, entraînant les trois autres le long de la pente abrupte que dégringolait la route.

− Quelles sont les nouvelles ? demanda Lorca.

− Elles sont mauvaises, reconnut Cataara. Les rapports de Horol et de Midori confirment que les petites escarmouches que l'Ennemi a lancées jusque-là lui servent à explorer un maximum de magies d'Alterion. Il les exploite pour créer ses nouveaux gerfauts, mais ce n'est pas le pire : il arrive maintenant à les améliorer, à les faire évoluer. Certains arrivent à communiquer et à établir des stratégies. Le plus alarmant n'en demeure pas moins qu'Anteras prépare quelque chose d'envergure sur plusieurs écoles, sans doute celles qu'il considère comme les plus redoutables, et Poudlard est bien évidemment ciblé. Nous ignorons à quelle date l'attaque aura lieu, cependant.

− Anteras a changé de stratégie, apparemment, commenta la Nehoryn d'un ton indifférent.

− Ses échecs répétés le rendent méfiant, mais la menace pèse toujours plus sur Midori et Horol. Anteras doit avoir compris que nous l'espionnions et il ne tardera pas à les rechercher.

− Pourquoi s'acharne-t-il sur les écoles de sorcellerie ? lança Harry par-dessus son épaule.

La descente était d'autant plus pénible qu'il faisait un effort constant pour ne pas avancer trop vite, Cataara n'ayant plus la vigueur de sa jeunesse et marchant à petits pas en s'aidant de sa canne pour ne pas dévaler la pente trop rapidement.

− Les raisons sont multiples et incertaines, répondit la vieille Mage. Peut-être soupçonne-t-il le Champion d'Alterion d'être un élève remarquable qui sera bientôt libéré de sa scolarité, peut-être se méfie-t-il des menaces que ces institutions pourraient engendrer, peut-être cherche-t-il simplement à inquiéter les parents. Anteras est passé maître dans le traumatisme mental. Dès qu'il aura compris quelles sont les choses qui choquent, bouleversent, détruisent psychologiquement les sorciers, les Moldus et les créatures magiques de l'Alterion, il adaptera ses gerfauts pour qu'ils répondent à ces hantises.

Harry sentit un frisson lui remonter la colonne vertébrale. Jusqu'à présent, il avait toujours considéré l'Ennemi comme une sorte de Voldemort démoniaque, mais il fallait reconnaître qu'il était plus sinistre et cruel : contrairement au Lord noir, qui ne comprenait pas qu'il était des choses pires que la mort, Anteras se révélait en être parfaitement conscient et disposé à en faire la démonstration.

Ils arrivèrent au pied de la pente. Harry se tourna vers l'ouverture aménagée dans la haie, mais il s'arrêta aussitôt : le trou à travers lequel Bob Ogden, de nombreuses décennies auparavant, était passé pour rendre visite aux Gaunt avait été refermé. A cause de quoi ? La magie ou la nature ?

− Oh ? s'étonna Triaus en faisant courir son regard sur la haie.

D'un mouvement d'épaules, il fit basculer son sac devant lui et s'accroupit pour l'ouvrir et fouiller à l'intérieur. Cataara se rapprocha prudemment de la haie en observant l'endroit exact où s'était autrefois trouvée l'ouverture.

− Je me doutais que cette magie était pour le moins étrange, mais je ne pensais pas qu'elle l'était à ce point, dit-elle.

Harry comprit aussitôt que Cataara, Triaus et Lorca employaient tous l'enseignement de Damar pour déceler le maléfice se cachant dans la haie. En quoi consistait-il ? Il l'ignorait totalement, mais il regarda avec un franc intérêt le jeune homme tirer un parchemin et un étrange cylindre hexagonal noir de son sac. Il rejoignit son aînée, tendit le morceau de feuille vers la haie, puis lança dessus le cylindre, comme s'il avait joué aux fléchettes.

Au contact de la haie, une gerbe d'étincelles crépita alors que le cylindre fondait littéralement et que le parchemin, intact et immobilisé dans les airs, se tachait progressivement à l'encre noire d'un étrange symbole ressemblant à deux grilles closes en forme de serres.

− Qu'est-ce que ça signifie ? demanda Harry.

− Un simple maléfice de Scellement, répondit Cataara. Si quelqu'un avait le malheur de toucher la haie sans protection, ses derniers jours se feraient de l'autre côté. Emprisonné derrière la haie jusqu'à ce que mort s'en suive. Un peu naïf, mais plutôt prometteur. Si ce Voldemort a augmenté la difficulté du côté de la maison, on pourrait peut-être s'amuser.

Harry songea que le maléfice ressemblait étrangement à celui des coffres de Gringotts. Il se souvenait encore de Gripsec, le gobelin qui les avait accompagnés, lui et Hagrid, le jour de ses onze ans dans les profondeurs de la banque des sorciers. Alors que le garde-chasse récupérait la Pierre philosophale dans le coffre 713, le gobelin lui avait dit que tout voleur se retrouverait enfermé dans le cachot s'il touchait à la porte.

Quelque peu déconcerté par les propos de Cataara, il regarda la vieille mage tendre une main et la poser sur la haie. Elle ne fut pas aspirée, la végétation ne réagit même pas, mais après quelques secondes, Harry entendit la haie bruisser, craquer, alors que son branchage s'animait et s'écartait pour faire apparaître une ouverture identique à celle que Bob Ogden avait franchie à l'époque où les Gaunt vivaient encore tous les trois ici. Tour à tour, ils passèrent le trou, le Serpentard porta son attention sur le bosquet d'arbres qui se dressait plus bas. Dans l'obscurité de la nuit, il avait quelque chose d'étrangement sinistre, comme si les enchantements mis en place par Voldemort en avaient altéré la nature elle-même. La maison des Gaunt était noyée dans l'obscurité, mais Harry avait quand même l'impression de la voir.

− Hm… marmonna Cataara. Triaus, nous aurons besoin d'une lamportable.

Et le jeune homme replongea aussitôt dans son sac.

− Pour en revenir aux sujets sérieux, poursuivit la vieille Mage à l'adresse de Lorca, il serait préférable que vous évitiez le moindre contact, Ethan et toi. Tout au moins, quand vous êtes à Poudlard. Nous avons reçu un message de Midori annonçant que son maléfice d'Abolition a été déclenché.

− Ca expliquerait que les Serpentard soient aussi attentifs à nos mouvements, dit la Nehoryn. Un Mangemort a dû se rendre en Australie pour enquêter sur vous. Pourquoi Midori a-t-il utilisé un maléfice d'Abolition ? Il aurait pu installer un piège qui aurait été plus radical, cet imbécile.

Cataara haussa simplement les épaules, alors que Triaus se redressait en tenant une petite sphère nacrée sur laquelle il porta de petits coups, comme s'il avait frappé à une porte. Le globe s'illumina et bondit de sa main, flottant dans les airs pour jeter une lumière dense dans un rayon de cinq mètres. Les mauvaises herbes étaient plus nombreuses que jamais, remarqua Harry à la dérobée, mais il était trop intrigué par la conversation pour se soucier du changement du paysage depuis sa seule visite via le souvenir d'Ogden.

− C'est quoi, un maléfice d'Abolition ? interrogea-t-il en menant les autres à travers les hautes herbes, la végétation s'étant chargée d'engloutir l'ancien sentier menant à la maison des Gaunt.

− Un enchantement permettant de protéger toutes les informations liées à un nom, expliqua Cataara. Si vous y étiez soumis après avoir prononcé le nom de Lorca, vous seriez incapable de le prononcer, de l'écrire, ni même d'extraire les souvenirs de l'enquête que vous avez menée sur elle. Midori a fait tout son possible pour que votre existence soit authentique, mais elle est surtout administrative : les habitants de Brisbane et les élèves et les professeurs de l'Oceanian School of Magic ignorent tout de vous.

Harry hocha lentement la tête. Il comprenait bien mieux, à présent, pourquoi les Serpentard l'avaient si observé avec autant d'intensité tout au long de la semaine : le Mangemort frappé par le maléfice de Midori devait avoir attiré une sacrée attention, notamment parce que la magie du demi-démon devait poser de sacrés problèmes à Voldemort. S'il n'était pas d'accord sur le côté « radical » regretté par Lorca, il partageait quand même son étonnement sur la manœuvre du samouraï : pourquoi ne pas avoir opté pour un enchantement qui éviterait que les mages noirs s'intéressent davantage à lui ? Une amnésie très puissante, un sortilège de Confusion démoniaque auraient parfaitement fait l'affaire. A moins que Midori n'ait eu une idée en tête, se dit le Serpentard.

Ils atteignirent le bas de la côte. L'odeur de terre humide était plus présente, ici, mais il se mêlait également au parfum des fleurs sauvages qui s'étaient multipliées au fil des années. Dans la pénombre du bosquet d'arbres, Harry distinguait à peine la vieille maison des Gaunt, mais Triaus y remédia : levant une main en direction des ténèbres, il envoya aussitôt la lamportable éclairer les ruines du bâtiment.

Les choses avaient bien changé, songea Harry. Le toit de la maisonnette s'était presque entièrement effondré, tout comme un pan de mur donnant sur une petite chambre dont les meubles avaient pourri, dévorés par les mites. La végétation avait pris le contrôle de l'endroit, le lierre grimpant le long de la façade pour se déverser par la fenêtre brisée et s'enroulant autour de la charpente apparente. Recouverte de mousse, la porte d'entrée ne pendait plus que sur un vieux gond rouillé, mais là encore, le Serpentard sentait une atmosphère lugubre, effrayante, comme si les sortilèges de Voldemort dénaturaient l'air lui-même.

− J'ai l'impression que ça devenir plus pénible, confia Triaus sur le ton de la conversation. Peut-être aurions-nous dû faire appel à Midori…

− Et nous gâcher tout le plaisir ? l'interrompit Cataara d'un ton sec. Pour la peine, c'est toi qui te charges de la porte ! Mais si tu meurs, je te promets de dire un ou deux mots gentils à tes funérailles.

− Votre bonté me va droit au cœur, répliqua Triaus avec un formidable sarcasme.

Emportant son sac, il se dirigea droit vers la porte de la masure. Harry retint son souffle, s'attendant à ce que la végétation, qui bordait les vestiges de l'allée menant à la maison, réagisse. Elle n'en fit rien, et Triaus s'accroupit à un mètre du panneau pour fouiller dans son sac et en sortit un nouveau parchemin et un autre cylindre noir.

− Pourquoi utiliser ces… accessoires ? demanda Harry, intrigué.

− Pour notre compréhension de la magie noire d'Alterion, répondit Lorca. Elle est très différente de celle de Mirvira, mais si nous prenons connaissance de sa nature la plus abstraite – ou, si vous préférez, si nous savons quelle est sa forme quand sa branche émerge du tronc de la magie –, nous serons en mesure de contrecarrer les obstacles placés par Voldemort. C'est aussi un moyen pour enrichir notre propre savoir sur les magies de ce monde.

− Et ce bâton noir peut faire ça ?! Révéler la nature la plus abstraite d'un maléfice ?!

− Même en sorcellerie, il a existe des sortilèges le permettant, dit la Nehoryn, mais seuls les érudits peuvent en comprendre les symboles.

Triaus revint en examinant son parchemin d'un air quelque peu perplexe et le tendit à Cataara. Harry aperçut un signe plus complexe que le précédent et ne représentant rien de réellement descriptible, on aurait plutôt dit un entremêlement de figures géométriques. Le glyphe avait néanmoins quelque chose de savant et d'élégant.

− Qu'est-ce que tu en penses ? demanda la Mage à Lorca.

− On dirait une superposition de deux formes de magie. Ca voudrait dire qu'il y a deux pièges au niveau de la porte. Il faut maintenant savoir si oui ou non l'un déclenchera le second quoi que nous fassions. Je vais essayer de sonder la maison pour y trouver un coin qui serait libre de toute menace, il est préférable de ne pas toucher à la porte.

Comme lors de la venue de Kirya, la lueur qui animait le regard indifférent de la Nehoryn disparut dès qu'elle fit appel à la magie d'élévation. De toutes les Lois établies par l'enseignement de Damar, c'était sans conteste celle que Harry ne parvenait pas à cerner, mais la chose était tout à fait normale : l'apprentissage de l'élévation commençait par sa fin et s'achevait par son début, à savoir que Damar enseignait d'abord différentes manières d'employer cet art pour que l'élève ait bien conscience des dangers et des atouts qu'il pourrait tirer, puis il terminait cette formation en révélant le moyen pour élever son esprit. Bizarre, se répétait souvent Harry, mais au vu des risques encourus par un mauvais usage de cette magie, il comprenait très bien pour quelles raisons Damar préférait faire comme ça et pourquoi les étudiants se contentaient généralement d'apprendre la théorie.

Lorca revint à elle, ses yeux s'illuminant de nouveau.

− Sauf erreur de ma part, on dirait que l'intérieur n'est pas piégé. J'ai senti un enchantement quelque part dans le salon, par contre, mais je n'ai pas réussi à le localiser.

− Au moins, on sait où est caché le Horcruxe, dit Harry.

Lorca leva une main et la posa sur son épaule, alors que Cataara et Triaus transplanaient. Dans un panache de fumée noire, les deux résidents de Poudlard les rejoignirent sur le parquet pourrissant. La lamportable, comme aimantée par le jeune Mage, les retrouva à l'intérieur de la masure en passant par la fenêtre qui vomissait du lierre et des ronces. La poussière était telle, à présent, qu'elle était facilement visible dans l'air, mais Harry s'inquiétait surtout de la végétation qui se trouvait juste derrière lui ou qui grimpait le long des murs. Et si c'était elle, le second piège détecté au niveau de la porte ?

− Bien, on dirait que ça va être à vous de jouer, Ethan, annonça Cataara.

− Heu… dit Harry, pris au dépourvu. Qu'est-ce que je dois faire, exactement ?

− Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée, intervint la Nehoryn. Je ne lui ai pas encore appris à employer sa magie et ses gènes en même temps, et nous ignorons quelles conséquences cela pourrait avoir à cause du fragment d'âme.

− C'est possible ? s'étonna le Serpentard.

− Naturellement, dit Cataara d'un ton léger. A quoi bon avoir des gènes démoniaques si vous ne pouvez pas y faire appel ?

− Je peux toujours essayer… Mais comment ça marche ? Et qu'est-ce que je devrais faire ?

− Exactement de la même manière que le contrôle de votre magie intérieure. Et pour ce que vous avez à faire, regardez tout ce que vous pourrez avant que le fragment d'âme ne devienne insoutenable.

Harry hocha la tête et inspira profondément. Par précaution, notamment parce que c'était la première fois qu'il tentait cette expérience, il entra en demi-méditation et visualisa la sphère rouge et or encerclée des deux anneaux flamboyants. Comme un contrôle de la magie intérieur, se répéta-t-il. Il concentra son esprit sur un point, mais les filaments jaillirent du globe au lieu d'un anneau. Qu'à cela ne tienne, il laissa le bras replonger dans la surface de sa magie intérieure et retenta, focalisant toutes ses pensées sur un point invisible et sur l'un des cerceaux, si semblables aux pupilles de Midori. Il échoua encore.

− Ca ira, dit la voix de Cataara.

− Dé… désolé, mais…

− Ne vous excusez pas, vous nous avez apporté une information très intéressante, bien que problématique. C'est sans doute parce que vous n'êtes pas un demi-démon naturel que vous n'arrivez pas à utiliser votre magie démoniaque. Il faudra que l'on demande à Midori s'il peut trouver une alternative à ce handicap.

Elle reporta son attention sur le salon, ses yeux sombres presque clos parcourant le plancher, les décombres et la cheminée encore debout.

− Sous le plancher ?

− Ou dans ce qu'il reste de la cheminée, dit Triaus.

− Plutôt sous le plancher, confirma Lorca. Je n'ai rien senti quand je suis passée devant la cheminée. Cataara, tu prends sur la gauche et je prends sur la droite. Triaus, veillez sur Ethan, on ne sait pas ce que le maléfice causera et si ses études sauront lui être utiles face à l'enchantement.

Les deux femmes s'éloignèrent chacune de leur côté, s'avançant prudemment. Elles s'arrêtèrent en même temps, au centre du salon, et tournèrent la tête d'un même mouvement pour poser les yeux sur une planche particulière. Elles s'avancèrent très précautionneusement, puis Lorca s'accroupit avec élégance pour caresser le bois pourri du bout du doigt.

− Dessous.

Cataara brandit un index à ses pieds, sur l'extrémité de la planche, et l'arracha du sol dans un craquement sonore. Triaus et Harry réagirent en même temps, se hissant sur la pointe des pieds pour essayer d'apercevoir le contenu de la cachette, mais ils n'eurent guère à attendre longtemps. Apparemment assurée que l'objet n'était pas ensorcelé, Lorca ramassa un coffret d'or et le posa à côté d'elle. Considérant que la menace était passée, les deux jeunes hommes rejoignirent les femmes au moment où Lorca, d'un geste de l'index, ouvrait le coffret.

Elle était là. La grosse bague de Marvolo sertie de sa pierre noire gravée d'un œil triangulaire. Triaus eut un frisson.

− Je n'aime pas ça, marmonna-t-il.

− Ce n'est pas très encourageant, admit Cataara.

− Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Harry.

− Le maléfice qui protège la bague est plus terrible que ceux que nous avons rencontrés à présent, expliqua Lorca. C'est un niveau de connaissances en magie noire qui nous dépasse, et pas seulement parce qu'il s'agit d'une magie noire d'Alterion. Il serait intéressant qu'Uvon l'examine, non ?

− Je le pense aussi, la vieille Mage. De plus, nous avons besoin de l'empreinte magique de ce Voldemort pour repérer tous les autres Horcruxes. Quand nous aurons terminé avec ça, nous vous ramènerons le coffre et la bague, Ethan. Par contre, c'est à vous qu'il appartiendra de trouver le moyen de le détruire.

− J'ai une heure de libre, demain après-midi, indiqua la Nehoryn. J'en profiterai pour faire un saut à l'Allée des Embrumes car, dans la Réserve, les livres traitant des Horcruxes ont tous disparu.

− Dumbledore savait que la transformation de Voldemort n'était pas naturelle, il a dû les retirer de la Réserve pour essayer de comprendre qu'il lui était arrivé, dit Harry. Dans mon ancienne vie, j'ai détruit un Horcruxe avec un crochet de Basilic. Il y a d'ailleurs un Basilic, à Poudlard, mais seul Voldemort peut le faire sortir de sa cachette, et il le fera pour agresser des nés-Moldus.

− Le fameux journal intime ? interrogea Cataara.

Harry acquiesça.

− Je vois. Il serait préférable que nous nous en occupions en dernier, le temps que nous réunissions tous les Horcruxes… à moins que ce Voldemort n'intervienne avant, bien sûr. Triaus, range le coffre dans le sac. Lorca, si tu croises Midori avant un rappel du commandement, demande-lui de passer examiner ce maléfice et ce Horcruxe, son aide pourrait nous être utile. Pour finir, Ethan, continuez à trouver un moyen d'utiliser vos gènes démoniaques. Essayez tout ce qui vous passe par la tête, mais n'en faîtes pas trop.

− Très bien.