Le lundi matin, toutes les pensées des septième année étaient tournées vers le cours spécial du professeur Williams, mais il n'y eut personne pour en parler. Les conversations s'orientaient soit sur La Gazette du sorcier et les nouvelles mesures que le ministère de la Magie comptait prendre dans la lutte contre les Mangemorts, soit sur La Gazette du Sanglier où un sondage ne faisait pas l'unanimité : d'après le journal de l'école, une majorité des élèves considérait que la Brigade ne s'était toujours pas imposée au sein de Poudlard. A en juger par les commentaires qu'il entendait aussi bien à Gryffondor et à Poufsouffle, James eut la nette impression que le résultat de l'audit était mensonger, les deux maisons semblant s'accorder pour dire que bien des agressions avaient été abandonnées par les malveillants à cause, justement, des succès répétitifs de la Brigade. Ash recevait, à ce sujet, de nombreuses visites de plusieurs élèves souhaitant exprimer leur désaccord, mais le Serdaigle paraissait très calme, voire même amusé, comme si…
− C'est un piège, affirma Sirius.
− Mais dans quel but ? dit Remus. Elle ne s'est peut-être pas totalement imposée, mais la plupart des auteurs de méfaits ont abandonné l'idée de la provoquer et tout le monde sait qu'aucune enquête de la Brigade n'a encore échoué, même si certaines prennent de plus en plus temps à être résolues.
− Ils veulent peut-être que les trouble-paix les plus « compétents » se manifestent, suggéra James. S'ils estiment qu'ils sont en passe de décrédibiliser la Brigade, ils pourraient être tentés de passer à l'action. Quoique, je doute que les Serpentard aient gobé les résultats de ce sondage et on sait tous qu'ils représentent le dernier rempart pour que la Brigade atteigne l'apogée de son « règne ».
Il parcourut la table des Gryffondor jusqu'à repérer les filles de Gryffondor, en compagnie de Fellini et d'Ethan, qui lançait des regards désabusés aux jeunes femmes amusées. A l'évidence, elles le taquinaient. A qui demander le fin mot de l'histoire cachée derrière le sondage ? La splendide française ne répondrait sûrement pas, d'autant que les Maraudeurs n'avaient encore eu aucun contact particulier avec elle. Ethan ? Il fallait reconnaître que son sacrifice pour sauver Ninie n'avait pas manqué de marquer les esprits des Gryffondor et de bien d'autres élèves, mais les éclairerait-il ?
Le petit déjeuner prenant fin et les élèves commençant à prendre la direction des classes, James et ses amis les imitèrent en silence, comme si chacun était perdu dans ses pensées, à l'exception de Peter qui savourait les quelques toasts emmenés avec lui. Cornedrue ne doutait pas que Remus et Sirius réfléchissaient eux aussi au plan qu'ils avaient mis en place pour ce second cours spécial de défense contre les forces du Mal. Fonctionnerait-il ? Malgré tous les efforts, toutes les réflexions et théories, la menace que Rogue fasse tout capoter involontairement était impossible à prédire ou à éviter. Le pire scénario possible étant bien sûr que le Serpentard réussisse à rattacher Fellini et Moorehead à son équipe, car si Lily était certes capable de vaincre la Serdaigle en duel, personne ne connaissait le véritable potentiel de la splendide française.
Traversant le parc pour rejoindre la clairière où s'était déroulé le premier cours spécial, les élèves eurent la surprise de voir que la cabane avait subi plusieurs modifications. Moins haute mais sensiblement plus étendue, elle ne proposait plus d'étage, ce qui ne manquait pas d'attiser la curiosité et l'incompréhension. Certains étudiants, comme Rogue ou Moorehead, s'étaient apparemment déjà lancés dans une observation suspicieuse de ce changement. En devinaient-ils l'explication ou cherchaient-ils à dresser une liste de motifs plausibles ?
− Tout le monde est là ? demanda le professeur Williams. Parfait. Avant que nous ne commencions le cours, j'ai un rapide discours à prononcer. Etant donné que nous ignorons quand sera lancée la prochaine attaque des créatures, il est envisageable qu'elle se produise pendant le cours. Si c'était le cas, vous auriez l'interdiction de sortir de la maison. Nous l'avons soumise à de nouveaux enchantements dont nous devons encore juger de l'efficacité. Si jamais un assaut survenait, vous pourriez quand même aider à défendre l'école depuis les fenêtres, mais assurez-vous d'être accompagné.
L'enthousiasme à l'idée de participer à un second cours spécial fut sensiblement refroidi par la perspective que l'école soit à nouveau ciblée par les créatures, notamment par certains des élèves de septième année qui n'avaient pas assisté à la défense de la semaine dernière.
− Bien, dit la sorcière avec son éternelle neutralité, si messieurs Potter et Rogue veulent bien s'avancer. Qui a commencé à former son équipe, la semaine dernière ?
− Moi, répondit Rogue.
James eut la curieuse impression que les Serpentard n'étaient guère ravis que le professeur Williams pose la question, car il paraissait clair qu'elle s'apprêtait à demander au Gryffondor de choisir le premier. Visiblement, Rogue et ses amis avaient eu, eux aussi, l'intention de mettre un plan à exécution pour ce nouvel exercice.
− A vous l'honneur, Mr Potter.
− Ethan.
Si l'intéressé s'étonna d'être le premier à être appelé par James, celui-ci nota que l'irritation des Serpentard s'accentua. Ils avaient prévu de le recruter ? s'étonna le Maraudeur. Pourquoi ? Pour les Gryffondor, rallier Ethan avait été justement le sujet prioritaire encouragé par Remus et remis en doute par Sirius et Peter. Si aucun d'eux n'avait eu le sentiment que le surnom de l'australien était mérité après le premier cours, Lunard avait objecté qu'il semblait disposer d'étranges capacités d'éclaireur – et qu'il fallait à tout prix en profiter.
La sélection se poursuivit. Si Rogue sembla privilégier les Serpentard en s'entourant tout d'abord de Fellini, il apparut vite que les deux rivaux avaient eu la même idée : tout miser sur le talent. Pourquoi la splendide française plutôt que Moorehead ? James n'aurait su le dire, mais il se fit une joie de la rallier à son équipe, tout comme les autres Gryffondor, ses amis et Cassie entre autres. Lorsque les deux groupes furent constitués, les élèves constatèrent qu'ils étaient presque identiques à ceux de la dernière fois.
− Je vais emmener le groupe de Mr Rogue de l'autre côté, annonça le professeur Williams.
Mais au lieu de contourner la cabane par le chemin le plus rapide, elle leu fit longer la façade comme si la deuxième porte se trouvait quelque part à l'autre bout de la bâtisse. James les regarda s'éloigner puis, lorsqu'ils eurent disparu, les Serpentard discutant entre eux, il se tourna vers son équipe.
− Vous en pensez quoi ? demanda-t-il en faisant un petit geste vers la maison.
Sa nouvelle allure capta l'attention générale, mais c'était surtout l'expression d'Ethan qui intéressait James. Il semblait être concentré à faire des calculs, analyser les données qui en résultaient et, progressivement, se rapprocher d'une certitude. Si les Maraudeurs n'avaient eu qu'une impression que le Serpentard était dans son élément lors du premier cours spécial, celle-ci ne faisait que de se renforcer.
− Peut-être un labyrinthe, reprit alors Ethan.
− Ou un demi-labyrinthe, renchérit Moorehead. Malgré que l'étage ait disparu, la maison est moitié plus grande que lors du dernier cours. Williams a peut-être utilité l'excédent du premier niveau pour compliquer la traversée du rez-de-chaussée mais l'architecture de l'intérieur n'est rien : ce sont les enchantements dont nous devrons surtout nous méfier, et plus précisément ceux de Silver.
− Alors c'est vrai ? Il a vraiment participé ? dit Ells.
− Plutôt deux fois qu'une, affirma la splendide Serdaigle d'un air blasé. Cet abruti a placé des enchantements raisonnables la fois où il était accompagné de Williams, mais hier soir, je l'ai surpris à revenir du parc… Je n'ai même pas eu à lui demander d'où il venait qu'il assurait « ne pas être retourné à la cabane pour apporter quelques modifications ».
− Tu as prévenu les profs, au moins ? interrogea Cecilia Brogan, pas rassurée.
− Bien sûr. Bresch a obtenu la liste complète des changements opérés par Silver et a assuré qu'aucun enchantement n'avait de risque de blesser quelqu'un… mais il préconise de séparer les filles et les garçons si nous faisons des groupes…
− Enchantement déshabilleur ? dit Cassie, désabusée.
− Il semblerait.
James crut percevoir une petite lueur intéressée dans plusieurs regards masculins, mais il se tourna ostensiblement vers son « cousin » qui continuait d'observer la bâtisse, les sourcils légèrement froncés.
− Ethan, qu'est-ce que tu suggères comme stratégie ?
Le Serpentard parut une nouvelle fois étonné d'être sollicité, mais il se concentra sur sa tâche presque aussitôt, plongeant à l'intérieur de ses réflexions avec un naturel des plus impressionnants. Il resta silencieux quelques minutes, juste assez pour le retour du professeur Williams. Celle-ci ne fit aucun commentaire, visiblement déterminée à laisser le temps à chaque équipe de s'organiser.
− Je ne sais pas trop, reconnut Ethan. A quoi ressemble l'intérieur ? Comment Rogue s'organisera-t-il ? Je ne peux qu'être intransigeant sur deux choses : la première, c'est que Peter sera notre espion et, la seconde, c'est que je serai l'éclaireur.
James haussa les sourcils et échangea un regard surpris avec Sirius, Remus et Queudver. Où était donc passée l'animosité à peine dissimulée que le Serpentard avait manifesté à l'égard de Peter lors du dernier cours ? Plus étonnant encore, Queudver, réalisant le rôle improbable et particulier qui lui était confié, afficha progressivement une détermination féroce. Rares étaient les fois où les Maraudeurs avaient pu voir leur ami aussi motivé à s'enorgueillir, mais Remus en paraissait très satisfait. Si les autres paraissaient sceptiques quant à l'utilité de Peter en tant qu'espion, ils n'en dirent rien, tout en cachant difficilement ce qu'ils en pensaient. Seules les filles de Gryffondor, Moorehead, Cassie et Ash semblaient faire confiance au jugement de leur camarade de Serpentard.
− Il vous reste une minute, annonça le professeur Williams.
− Heu… Les enchantements ! dit James en réfléchissant très vite. A part Lily, on ne peut pas dire que nous soyons calés en la matière, donc si nous devons nous séparer, autant que les différentes équipes soient équilibrées. Sirius, Moorehead, Cassie, Lily et moi les mèneront. Ce n'est pas une stratégie inflexible, hein, juste une anticipation. Nous verrons à l'intérieur s'il nous faut apporter des changements.
− Mais si je vais avec Lily, Ana ne voudra plus me faire de bisous et inversement ! se lamenta Ninie.
− Si elle refuse, je la bats encore en duel, prétendit la préfète-en-chef en souriant.
− Cool !
− Vous pouvez y aller, dit le professeur Williams de son éternel ton neutre.
Leonie s'accrocha aussitôt au bras de la belle rousse, alors que James menait son équipe vers la maison. Gagner la partie ne l'intéressait pas vraiment, c'était surtout de défaire Rogue lui-même qui l'intéressait. Il était presque sûr que son ennemi juré nourrissait les mêmes ambitions, mais ce n'était pas plus mal : pour la première fois, ils semblaient comprendre qu'il y avait mieux à faire que de se lancer des sorts au coin d'un couloir. Ce n'était pas seulement un affrontement magique, c'était aussi une confrontation intellectuelle. Qui serait le plus fort, le plus malin, le plus organisé ? James doutait qu'ils le sauraient avant la fin de l'année.
Le professeur Williams leva sa baguette magique au moment où le groupe du Maraudeur atteignit la porte d'entrée, puis fit jaillir une gerbe d'étincelles vertes annonçant le véritable début du cours. James poussa le panneau et entra le premier dans un petit hall en arc-de-cercle, duquel partaient plusieurs couloirs relativement courts et qui bifurquaient à droite ou à gauche. Les autres pénétrèrent dans la bâtisse en examinant les alentours, comme s'ils s'attendaient à être victimes d'un enchantement dès le début. Après quelques secondes d'observation, Ethan tira sa baguette et s'accroupit pour la plaquer au sol. Il plissa le front, puis dans un éclair de couleur bleue, un sortilège fusa à raz du sol pour aller percuter le pied d'une paroi dans un craquement sonore et y laisser un trou de la taille d'un poing. Le sort sembla poursuivre sa route, car ils entendirent une seconde plus tard un autre mur être transpercé, puis un troisième.
Le Serpentard recommença son opération à plusieurs reprises, ayant visiblement dans l'idée de percer tous les murs.
− Qu'est-ce que tu fais ? demanda Aurelia, perplexe.
− J'ouvre la voie, si je puis dire. Tous les trous creusés dans les murs nous seront utiles pour écouter les conversations des autres. Plus vite nous en créerons, moins ils paraîtront suspects au groupe de Rogue. Peter et moi allons faire du repérage afin que je creuse davantage de trous et que nous sachions concrètement si c'est un labyrinthe ou presque.
Le Serpentard et le Maraudeur disparurent dans un couloir, James se tournant vers ses camarades en les comptant très vite. Dix-neuf. Ca n'allait pas lui faciliter la tâche pour faire les équipes, songea-t-il, d'autant qu'il y avait plus de filles.
− Bon, il faut bien équilibrer. Cassie, tu iras avec Sarah, Aurelia et Patricia. Lily avec Ninie, Cecilia et Mary. Sirius, tu vas avec Remus, Ells et Ash. Moorehead, je te laisse Muller et Larissa. Griggs, tu seras avec moi. On demandera à Peter et Ethan de nous soutenir en cas de pépin. On utilisera le sortilège Hermès pour communiquer, bien sûr, mais pensez bien à parler plus bas qu'à l'ordinaire. La stratégie d'Ethan peut tout aussi bien se retourner contre nous.
− A condition qu'ils puissent nous retrouver, objecta le Poufsouffle.
James hocha la tête d'un air distrait, mais il avait un curieux pressentiment sur la stratégie adoptée par Ethan. Et lorsque le Serpentard et le Maraudeur revinrent, l'étrange expression de Peter ne fit que renforcer cette étrange sensation car, à n'en pas douter, Queudver venait d'apprendre quelque chose qu'il lui fallait absolument rapporter à ses amis. Le préfet-en-chef fronça légèrement les sourcils, mais se concentra presque aussitôt sur l'australien.
− Alors ?
− Pour ce que nous en avons vu, c'est un labyrinthe relativement simple, mais il se peut que la difficulté du trajet évolue et se complexifie autour de l'artefact. Pour le moment, seuls les murs se déplacent. Nous parcourions un long couloir quand une paroi a pivoté pour nous barrer le passage. Même si je ne peux pas l'affirmer, je crois aussi que certaines poignées de porte se révèlent être piégées.
− Vous avez aperçu des enchantements ?
− Pas encore.
James hocha la tête et Ethan lança un coup d'œil à Peter.
− On compte sur toi, dit-il avec une totale neutralité.
Queudver acquiesça et s'éloigna vers un autre couloir, le Serpentard en empruntant un autre. James donna le signal et toute son équipe se fragmenta en fonction des groupes qu'il avait composés. Accompagné de Griggs, il s'enfonça dans un corridor. Il sentait le Poufsouffle plutôt tendu, malgré qu'ils fussent encore à bonne distance des troupes de Rogue – à moins que ce ne fût l'idée de se retrouver face à un enchantement qui le rendit nerveux.
Comme l'avait annoncé Ethan, les cloisons avaient tendance à changer de place comme bon leur semble. A trois ou quatre reprises, non seulement elles détournèrent la trajectoire suivie par James et Griggs, mais elles les poussèrent également à faire marche-arrière pour suivre des chemins qui les ramenaient vers leur point de départ avant que d'autres parois ne permettent à poursuivre de l'avant. Ils ne parlèrent pas beaucoup, ne parlant que lorsqu'ils rencontraient une porte en se demandant si elle était ensorcelée ou non. Ils atteignirent bientôt un autre petit hall, circulaire cette fois, où là encore, plusieurs destinations leur offraient un choix cornélien de directions.
− Et Potter appelle ça un « labyrinthe relativement simple » ? grogna Griggs.
− Au moins, on n'a pas eu à affronter d'enchantement, jusque-là…
Quelque chose fondit soudainement sur eux, une sorte de présence invisible, semblable à un oiseau de proie plongeant vers son repas, et tous deux entendirent soudainement la voix d'Ethan :
− Quatrième couloir de droite.
James cilla. Encore ? Encore cette capacité à entendre plus loin que n'importe qui ? Néanmoins, ça leur était bien pratique, en cet instant, même s'il fallait prendre en compte que les murs continueraient à bouger, à fermer des passages pour en ouvrir d'autres. Entraînant le Poufsouffle à sa suite vers le quatrième couloir de droite, le Maraudeur regarda une paroi, tout au fond du corridor, pivota pour les empêcher de tourner à droite. Tout droit ou à gauche ?
− T'en penses quoi ? demanda-t-il à son comparse.
− Tout droit, dit Griggs sans réelle conviction.
A peine eurent-ils franchit la nouvelle ouverture que le mur pivota pour se refermer derrière eux. James lança un bref coup d'œil par-dessus son épaule, surpris, alors que Griggs étouffait une exclamation. Reportant son attention devant lui, le préfet-en-chef regarda deux panaches de fumée s'élever du sol en prenant lentement forme humaine. Les deux adolescents serrèrent étroitement leur baguette magique, à l'affût de la première hostilité, mais ils se firent totalement surprendre lorsque les deux silhouettes devinrent… eux-mêmes.
Sans leur accorder le moindre répit, les deux sosies dégainèrent, permettant à James et Griggs de reprendre leurs esprits, et décochèrent des éclairs de lumière sur leurs originaux. Ceux-ci s'écartèrent d'un bond et répondirent du tac-au-tac. Les duels commencèrent, chacun évitant l'autre avant de contre-attaquer avec exactement les mêmes techniques. Le faux-Maraudeur se comportait exactement comme James, utilisant ses sortilèges, ses esquives, mais il semblait également apprendre petit à petit, comme s'il lisait dans son esprit pour en soutirer des connaissances que le préfet-en-chef n'avait encore montré à personne, à part à ses amis. Au bout d'un moment, toutefois…
− Arrête, Potter ! dit Griggs.
− Quoi ? s'étonna James en se baissant.
− C'est un leurre !
Visiblement confiant, le Poufsouffle abaissa sa baguette et laissa un sortilège de son double… lui passer au travers, comme s'il s'agissait d'une simple illusion. Surpris, James vit également un trait de lumière passer à travers son épaule, sans effet. Le duo de sosies continua à attaquer, alors que Griggs encourageait le Maraudeur à poursuivre leur chemin.
− Comment tu as su ? demanda le préfet-en-chef.
− L'un de mes sortilèges aurait dû rebondir sur celui de mon double, mais il ne l'a pas fait, expliqua Griggs alors qu'un jet de lumière rouge lui traversait la tête comme s'il avait été un fantôme. Je crois que cet enchantement était seulement destiné à nous faire perdre du temps. Si tu regardes bien, en plus, ces copies n'ont jamais cherché à parer, pas vrai ? Elles se limitaient à des esquives.
− Je dois avouer que tu m'épates, là…
− Je ne suis pas aussi observateur que Moorehead, mais j'ai quand même un oncle qui bosse à la brigade magique.
Dès qu'ils eurent pris un peu de distance, leurs sosies se volatilisèrent, alors qu'un pan de mur pivotait à nouveau pour leur ouvrir la voie sur un couloir menant à un petit hall carré où Ethan attendait tranquillement, agitant parfois sa baguette comme pour lancer des sorts invisibles. Sans doute Hermès, se dit James. Le groupe de Sirius surgit d'un couloir en même temps que celui du préfet-en-chef, alors que ceux de Cassie et de Lily faisaient leur apparition quelques secondes plus tard. Ne manquait plus que Moorehead, mais la sublime Serdaigle et son équipe apparurent à leur tour.
Tout le monde entreprit de se raconter les enchantements affrontés, alors qu'Ethan continuait à jeter des sortilèges, sans nul doute pour guider Peter à travers la maison. Jusqu'où portait son ouïe ? Quel sort utilisait-il pour pouvoir la concentrer sur un objectif alors que tant de gens parlaient autour de lui ? se demanda James.
Il apparut que tout le monde avait rencontré des enchantements très différents. L'équipe de Moorehead semblait avoir eu le chemin le plus facile et le plus direct jusqu'à ce hall, mais elle avait été retardée par un brouillard désorientant qu'il lui avait été impossible de contourner, duquel elle s'était sortie péniblement grâce à un système de cordes les ayant finalement menées hors de la purée de pois. Bien plus chanceux, les groupes de Sirius et Cassie n'avaient eu aucun obstacle à affronter, alors que celui de Lily était resté piégé dans une salle pendant plusieurs minutes, jusqu'à ce que la préfète-en-chef comprenne que l'un des pans de mur était une illusion et permettait de sortir.
Peter les retrouva entretemps, l'air assez satisfait de lui, mais il fallut attendre que Ninie ait fini de raconter leur aventure à Moorehead pour qu'Ethan et Queudver prennent enfin la parole.
− Alors ? demanda le Serpentard.
− Rogue a divisé son groupe en quatre équipes menées par lui, Mogg, Fellini et Beauchesne. Ils sont encore à une distance raisonnable du centre de la maison, mais la bande de Beauchesne bénéficiait d'une chance insolente et progressait plutôt vite, la dernière fois que je l'ai vue. Par contre, Rogue a lui aussi trouvé la présence des trous que tu as creusés utile pour entendre et surprendre l'un de nos groupes.
− Ca n'a plus vraiment d'importance, affirma Ethan. A quelques couloirs d'ici, les murs arrêtent de bouger et le labyrinthe, le vrai labyrinthe, commence. Les enchantements se multiplient, mais je n'ai pas pu trouver un chemin facile. Reste à savoir ce qu'on fait…
− Qu'est-ce que tu proposes ? dit James.
Le Serpentard poussa une profonde expiration, visiblement indécis, tout en réfléchissant intensément.
− En tant qu'éclaireur, je n'ai plus aucune utilité. Si c'est pour partir devant et sans cesse revenir sur mes pas, ça ne servira à rien. Puisque tu as l'équipe la plus petite, il vaut mieux que je l'intègre. Peter continuera à espionner autant que possible les différents groupes formés par Rogue et, s'il en a la possibilité, les prendre à revers si jamais nous tombons sur eux. Essaie de localiser l'artefact, aussi.
Queudver hocha la tête et repartit aussitôt d'un bon pas, sous les regards mi-surpris, mi-intrigués des autres. Il s'opérait un véritable changement chez le Maraudeur, réputé pour n'avoir été que celui-qui-suivait-partout-James-et-Sirius. Cornedrue ne doutait pas une seule seconde que tout le monde se demandait comment Ethan réussissait à révéler une telle confiance chez le Gryffondor, et lui-même se posait la question.
Les équipes repartirent par différents couloirs, toutes aussi déterminées les unes que les autres à remporter la partie. James, non sans avoir lancé un regard éloquent à Sirius et à Remus, entraîna Griggs et Ethan dans une direction et suivit un corridor, dont l'un des pans de mur pivota pour leur barrer à nouveau la route et les conduire dans un couloir plus long, plus étroit et au fond duquel se dressait non pas une porte, mais une arcade ornée de runes. Etonné, James tourna la tête vers l'autre extrémité et comprit alors pourquoi il n'avait pas remarqué cette ouverture atypique : des couloirs n'étaient accessibles uniquement que par d'autres couloirs.
− Ca sent un coup tordu de Dumbledore, commenta le Maraudeur en s'approchant prudemment.
− Mais on ne peut pas y échapper, semble-t-il, à moins que nous ne fassions demi-tour, dit le Poufsouffle.
− Il faut avancer, répliqua Ethan d'un ton calme. Quand bien même nous faisions marche-arrière et empruntions un couloir différent, rien ne nous garantit qu'un enchantement plus difficile à vaincre ne nous tomberait pas dessus. Je vais y aller avant, vous vous occuperez de me sortir des problèmes si jamais il y en a.
James se contenta d'opiner et regarda le Serpentard s'éloigner. Son sens du « sacrifice » était pour le moins déconcertant et ce, plus particulièrement depuis son sauvetage de Ninie lors de l'attaque des créatures mystérieuses. Même s'ils participaient juste à un cours, le préfet-en-chef se serait attendu à ce qu'Ethan se montre plus prudent, plus méfiant vis-à-vis de tout ce qui pouvait constituer « un risque ». Et pourtant, l'australien n'hésita pas et franchit l'arcade le plus naturellement du monde. Un instant plus tard, il s'immobilisa, mais au lieu d'être soumis à un quelconque enchantement, il sembla que l'arcade était juste un leurre : en effet, un pan de mur bascula à nouveau pour ouvrir une autre voie, comme si franchir l'arcade avait été un mot de passe permettant d'accéder à un passage secret.
− C'est fait pour nous séparer, donc, dit James. Ethan, essaie de nous rejoindre comme tu peux.
Le Serpentard acquiesça et poursuivit son chemin, alors que le Gryffondor et Griggs empruntaient le nouvel accès dans un silence, une prudence et une méfiance accrus. Le Maraudeur ne doutait pas un instant que son « cousin » finirait par retrouver son groupe, mais il s'inquiétait surtout de ce que le Poufsouffle et lui auraient à affronter avant qu'Ethan ne les rejoigne. Quel enchantement allaient-ils devoir affronter jusque-là ? Combien ? Allaient-ils tomber sur l'une des équipes de Rogue ?
Le parcours paraissait plus complexe, plus tortueux. Les murs cessèrent de bouger, mais les portes se multiplièrent. Ouvrir, ne pas ouvrir ? C'était là le dilemme auquel James et Griggs étaient confrontés. Quelles poignées étaient ensorcelées ? Quels pièges se dissimulaient de l'autre côté du panneau ? Comme si ça ne suffisait pas, les messages de Peter n'étaient pas les plus rassurants, le groupe de Rogue semblant progresser – et plus particulièrement, l'équipe menée par Fellini – plus vite, malgré les efforts d'Ethan, de Lily, de Sirius et de Moorehead pour recenser les obstacles qu'ils rencontraient et vainquaient.
Traversant soudainement une paroi à la manière d'un fantôme, le Serpentard réapparut, James et Griggs amorçant un geste pour le menacer de leurs baguettes avant de se raviser.
− Il va falloir accélérer l'allure, annonça-t-il.
− Peter nous a prévenus que Fellini était en avance, approuva James.
− Il n'y a pas que ça. L'équipe de Sirius a été aperçue par celle de Beauchesne, mais il n'a pas attaqué. Autrement dit, c'est l'artefact, la priorité de Rogue. Alexa est sûrement en avance sur les autres parce qu'il la considère comme la plus apte à leur ouvrir un passage, ou au moins à briser les enchantements qu'elle rencontre. Les différentes équipes gravent des flèches sur le moindre mur pour indiquer les directions qu'elles ont prises, au cas où une autre passerait par le même chemin. Et s'ils ont un cul-de-sac face à eux, ils l'effacent et rectifient le coche.
− Je vois… En somme, ils font une sorte de carte du labyrinthe.
Le couloir décrivit une série de coudes, comme un éclair, et tombèrent, en bifurquant à gauche, devant un rideau de petites lueurs violacées qui s'étirait d'un mur à l'autre et du sol jusqu'au plafond.
− Qu'est-ce que c'est que ça, encore ? soupira Griggs.
− On ne va pas tarder à le découvrir… dit James.
Il avança prudemment sa baguette et en plongea l'extrémité à travers les scintillements. Il se sentit aussitôt happé avec une force prodigieuse et vola dans les airs avant d'atterrir lourdement sur le plancher. Poussant un grognement en se redressant, il jeta un regard par-dessus son épaule et cilla. L'écran scintillant n'était plus là, il n'était même plus dans le couloir, mais dans petite pièce mal éclairée par des flammes magiques au milieu de laquelle, assise sur une chaise, une armure d'or semblait être dans l'attente d'un visiteur, sa longue et large épée tenant en équilibre entre ses jambes.
Surgissant de nulle part, Ethan et Griggs volèrent à leur tour pour s'écraser douloureusement. Ils se redressèrent et posèrent à leur tour leurs yeux sur leur « hôte » doré, aussi méfiants que déconcertés.
− Vous pensez que… ? commença le Poufsouffle avec une pointe d'espoir.
James doutait sérieusement qu'il ait s'agi de l'artefact, mais il n'était franchement pas rassuré par la présence de l'épée, car il était à peu près sûr que l'armure bénéficiait de protections. Cela signifiait-il qu'ils allaient devoir l'affronter tout en évitant de se faire découper ? Peu probable, les professeurs ne mettraient jamais en danger les élèves, alors quoi ?
− Je n'entends plus rien, dit Ethan, intrigué.
− Que veux-tu dire ?
− Avant de te suivre à travers l'enchantement, j'entendais Sirius qui pestait de tourner en rond et Alexa qui partait dans un de ses délires… mais je ne les entends plus.
− La pièce est insonorisée, donc, dit Griggs.
Ethan ne parut guère d'accord, mais il resta silencieux, concentrant toute son attention sur l'armure. Il fit un pas prudent en direction du « gardien » de la pièce, dont le casque vide se redressa aussitôt. Les baguettes se brandirent aussitôt, mais l'hôte n'amorça aucun geste menaçant. Une voix étrange, mécanique et caverneuse, s'éleva alors du heaume :
− Je suis le Soldat d'Or, protecteur des Quarante-Six Couloirs de la Perdition, annonça-t-elle. Vous qui convoitez le trésor, vous ne passerez qu'à la condition de répondre chacun votre tour à une question. Celui qui aura bon poursuivra sa mission, le fautif restera pour l'éternité dans ces lieux abandonnés.
− C'est du Silver, ça… murmura James.
− Qui souhaite commencer ?
Les trois adolescents se regardèrent d'un air interrogateur, comme si chacun se demandait s'il ne devait pas attendre qu'un autre se sacrifie pour avoir une idée du genre de questions que l'armure poserait. Ethan n'hésita pas longtemps et s'avança un peu.
− Moi.
− Voici ma première question : Je fais la joie de mes ennemis, le malheur de mes amis, mais dans la tristesse que j'inspire, je marque les esprits de mes alliés pour les encourager à continuer de se battre. Que suis-je ?
Ethan plissa légèrement les yeux.
− Ce n'est pas du Silver, dit-il à l'adresse de James et Griggs. C'est du Williams.
Reportant son attention sur l'armure, il répondit naturellement :
− Le sacrifice.
L'armure souleva légèrement son épée et l'abaissa aussitôt. Un pan de mur pivota derrière les trois garçons. Semblant être saisi par une main invisible, Ethan fut transporté à une vitesse prodigieuse à l'extérieur de la salle, et le panneau se referma.
− A qui le tour ?
− A moi, dit James en prenant une profonde inspiration.
− Voici ma deuxième question : on me recherche dès le plus jeune âge, on me cultive pour ne jamais disparaître, mais je ne suis pas infaillible. J'apporte mon lot de rires, de sourires et de joie, mais quand je trahis, j'inspire le ressentiment, la haine et l'amertume. Que suis-je ?
Le Maraudeur ne répondit pas tout de suite, bien qu'il eût ouvert la bouche dès la fin de la question. Il avait failli répondre « l'amour », mais même si la description y ressemblait beaucoup, il n'y croyait pas. Donc…
− L'amitié.
L'armure resta immobile une seconde qui lui parut extraordinairement longue, mais elle finit par soulever son épée pour en frapper le sol une nouvelle fois. Le pan de mur s'ouvrit à nouveau et James, attrapé par l'immense main invisible, fut amené à l'extérieur si vite qu'il eut peine à le croire. Il n'y connaissait pas grand-chose aux véhicules des Moldus, mais il doutait qu'il y en ait eu d'aussi rapide. Le sortilège disparut, l'élan le faisant trébucher jusqu'à un mur qu'il heurta avec une grimace. Juste à côté de lui, Ethan patientait tranquillement, les bras croisés.
− Comment tu as su que c'était Williams et pas Silver ? demanda James en s'écartant de « la piste d'atterrissage », massant son dos au passage.
− Je n'imagine pas vraiment Silver ensorceler une armure pour qu'elle nous pose de telles questions. Tout comme j'ai cette fâcheuse manie à vouloir me mettre en danger pour ceux que je souhaite protéger, j'imagine qu'elle t'a parlé d'amitié, non ?
− Ouais, reconnut James. J'ai failli me faire piéger, d'ailleu…
− Le cours est terminé, annonça la voix magiquement amplifiée du professeur Williams.
Griggs apparut une fraction de seconde plus tard et heurta à son tour le mur, alors que James proférait un juron. Fellini était parvenue à atteindre l'artefact ? Qui avait gagné ? Ou bien s'était-il passé quelque chose de particulier ? Il n'avait pas du tout l'impression que quatre heures s'étaient écoulées depuis qu'ils avaient commencé le cours…
Les murs pivotèrent tous pour tracer des couloirs facilitant l'accès aux sorties de la maison. Sur leur route, James aperçut le groupe mené par Mogg, formé de ses amies de Serpentard, qui se posait les mêmes questions que lui. A l'évidence, l'équipe à avoir mis la main sur l'artefact, s'il y en avait une, n'avait pas daigné prévenir ses alliés.
Lorsqu'ils sortirent de la maison sous une pluie fine et fraîche, James eut toutefois la surprise de découvrir que c'était bien son groupe qui avait remporté la partie, car Ninie tenait une grande bombonne de Bièraubeurre et rayonnait. Pourtant, Fellini paraissait tout aussi satisfaite, malgré la défaite de son camp, et à en juger par le regard soupçonneux d'Ethan, il ne faisait pas de doute que la victoire de Leonie était ambiguë. Toutefois, le professeur Williams ne la contesta pas.
− Dans l'ensemble, vous avez fait un très bon travail, déclara-t-elle, mais la stratégie mise en place par Mr Rogue souffrait de lacunes non négligeables. Sur le papier comme sur le terrain, le groupe de Mr Potter était indéniablement supérieur, même si Mr Rogue et ses équipes ont été à la hauteur de mes attentes. A Miss Cordell, j'accorde trente points pour sa victoire, ainsi qu'à Miss Fellini, dont l'équipe a été la première à atteindre la salle de l'artefact. A Miss Evans, vingt points pour avoir brisé, identifié ou su contourner habilement les enchantements qu'elle a rencontrés. A Mr Pettigrow, dix points pour avoir très bien mené la tâche d'espion qui lui a été assignée. Et dix autres points à Miss Barnes pour avoir remarquablement sorti son équipe d'un enchantement particulièrement éprouvant. Nous sommes en avance, mais je vous libère. Si vous avez des devoirs encore à terminer, profitez-en.
Les élèves reprirent le chemin du château, certains plus enthousiastes que d'autres, les uns se racontant leurs parcours dans la maison, les autres relatant certaines mésaventures face à des enchantements. A moitié kidnappé par Fellini, Ethan disparut dans la masse, alors que les Maraudeurs traînaient des pieds. James ne pouvait nier qu'il était un peu déçu de ne pas avoir été jusqu'au bout de l'aventure pour la seconde fois. Toutefois…
− Alors ? dit Sirius à l'adresse de Peter. C'était quoi, cette tête, au début du cours ?
Queudver lança un regard prudent autour de lui pour s'assurer que personne ne risquait de les entendre.
− Ethan sait, murmura-t-il. Pour la lycanthropie de Remus, mais aussi pour nos Animagi.
− Quoi ?! s'exclama James dans un souffle incrédule.
− Les trous qu'il a creusés dans les murs, c'était pour moi. C'est comme ça que j'ai pu me faufiler à travers toute la maison avec autant de facilité, sous ma forme de rat.
− Mais comment… ?
− Il nous a peut-être aperçus à la dernière pleine lune, marmonna Remus. S'il m'a identifié comme loup-garou, il n'est pas impossible qu'il nous est vus quand nous sortions du passage secret sous le Saule Cogneur, et il a logiquement déduit que vous m'accompagniez… Mais il n'a rien dit et ne semble ni vouloir nous dénoncer, ni nous menacer de le faire, alors nous ne devrions pas nous inquiéter… En fait, ce qui m'inquiète le plus, c'est ce que Williams va faire, car si elle sait que Peter a été notre espion, si elle a pu savoir ce qu'il s'était passé dans la cabane, elle sait peut-être aussi que Peter est un Animagus, non ?
L'appréhension, l'angoisse, la crainte s'insinuèrent dans l'esprit des Maraudeurs. James était conscient que Remus n'avait pas exagéré sur Ethan, mais le professeur Williams ? Si elle avait réellement découvert que Queudver était un Animagus non déclaré, que ferait-elle ? En parlerait-elle, au « mieux », aux professeurs ? Ou contacterait-elle le ministère ?
− Et si on se déclare ? couina Peter, tendu.
− Ne commence pas à paniquer, répliqua Sirius d'un air pensif. Nous ne savons encore rien de ce qu'elle va faire, ni même de ce qu'elle sait, alors reste calme. Si les choses tournent mal, on trouvera bien quelques excuses à fournir.
− Espérons-le, soupira James.
