LA GAZETTE DU SANGLIER SORCIER LAVORSIEN :
C'EST REPARTI POUR UN TRAVAIL D'ÉQUIPE !
Généralement, le professeur Dumbledore ne se déplace chez les élèves que lors des grandes – et très graves – occasions. Ou alors quand il accepte une invitation à des mondanités. Aussi, quelle ne fut pas notre surprise en le voyant débarquer chez nous pour mobiliser notre rédaction afin de couvrir un évènement qui aurait pu ne pas être rendu public. Face à une course contre-la-montre comme celle-ci afin de vous prévenir le plus rapidement, nous avons sollicité le soutien de nos confrères de La Gazette du sorcier afin d'accélérer la publication de toute cette affaire.
Quand les élèves sont en vacances, ils en profitent pour faire la grasse matinée, sortirent avec les amis ou leur famille, rechignent à faire leurs devoirs de vacances, s'amusent ou paressent, mais il en est d'autres qui, malgré eux, subissent une attaque d'une centaine de gerfauts menés par une Lame du Chaos (l'un des trois généraux du Démon Anteras, ndlr). Rien que ça ! Nos camarades penseront sans doute que la cible était le turbulent, étrange et invincible Leo Silver (Gryffondor), qui fait de plus en plus parler de lui au-delà de Lavorsy, mais non, ce n'est pas lui : c'est le chanceux Stratège de la Mort, Ethan Potter (Serpentard), qui a vu cette armada envahir sa belle demeure de Godric's Hollow à la veille de son mariage avec la tant convoitée Lucretia Mogg (Serpentard). Rien de grave à déplorer, mais l'on pourrait se demander pourquoi un jeune homme si discret tient soudainement à se mettre en avant.
Le professeur Dumbledore nous répond :
« C'est moi qui le lui ai demandé, avoue le directeur de Poudlard-Lavorsy. Ethan a quelque chose que tous les autres n'ont pas, pas même Leo : il réunit les gens. Il les touche au plus profond de leur âme pour leur montrer à quoi ils aspirent, qui ils sont réellement. Il est donc nécessaire que les sorciers et les sorcières britanniques aient conscience qu'il y a, dans ce pays, un jeune adulte qui affronte courageusement le danger, qui inquiète assez nos ennemis pour que ceux-ci prennent la peine d'envoyer une Lame du Chaos. »
Force est de constater que le professeur Dumbledore n'exagère rien, qu'on le veuille ou non. En s'installant à Godric's Hollow, il a conduit notre rédacteur-en-chef, Kenny Ash (Serdaigle), à avoir une curieuse conversation avec Berenis Berkelay (Serpentard) l'ayant amené à se mettre en couple avec lui. Epaulé de sa fidèle Vallys, une darderan, il aura averti un assaut de formiath et, aidé de ses compagnons Brigadiers, sauvé sa classe. Loin de se contenter de cela, il est également le cerveau de l'attaque dans les Alpes, a permis à des « ennemis » de devenir des amis et bien sûr, exploit mémorable, dirigé la défense estudiantine lors de l'offensive de décembre. En effet, au moment le plus critique, c'est de Potter qui a permis de limiter les dégâts, comme nous vous le faisions savoir quelques jours après la violente bataille. Et nous ne parlons pas de son intervention à l'anniversaire de Lucretia Mogg, au cours de laquelle il a sauvé une vingtaine de personnes d'un attentat d'Anteras.
Mais qu'en est-il de l'attaque ? Carter Moorehead, Auror de renom, y était. Nous avons été à sa rencontre au nouveau ministère de la Magie, dont vous retrouverez la description en page 3.
« Après l'attentat manqué lors de l'anniversaire de Lucretia, nous avons formé une équipe de prévention avec l'Alliance, Dumbledore et le Quartier général des Aurors, révèle-t-il. Pour des raisons de sécurité, je ne peux en dire trop, mais le fait est que nous avons été prévenus par Mr Potter qu'un assaut menaçait sa maison. Midori le samouraï, le professeur Williams, le Mage Ooghar et le Nehoryn Garwir ont rejoint Mr Potter. Invité inattendu : Mr Silver a également répondu au rendez-vous. Le groupe auquel j'appartenais devait attendre une opportunité. Midori avait anticipé la présence d'une Lame du Chaos, alors il voulait que les choses se passent pour le mieux afin que nous la capturions. Nous sommes restés en retrait pendant que Mr Silver et lui se chargeaient – plutôt facilement, je dois le reconnaître – des gerfauts, secondés par le professeur Williams et Ooghar, pendant que Mr Potter, soutenu par Garwir, se frayait un chemin jusqu'à Ysogür (la Lame du Chaos avait semé la pagaille dans Poudlard il y a quelques mois, ndlr). Même sans en avoir conscience, Mr Potter nous a facilité la tâche, car il a expulsé Ysogür hors des enchantements de sa propriété et l'a grièvement blessé. Nous avons pu transplaner pour neutraliser la Lame du Chaos. »
Potter : 1, Anteras-Voldemort : 0. On pourrait toutefois se demander pourquoi notre australien britannisé – et demain marié – intéresse tant le Mage noir et le Démon.
« Il n'est pas le seul, affirme le professeur Dumbledore. A l'instar de Leo, il possède un pouvoir singulier, sauf que le sien est plus craint par nos ennemis que celui de Leo. L'inconnu fait peur, mais quand vous avez le savoir, cette peut devient terreur, car vous savez de quoi elle est capable. Ethan est pris pour cible parce que Voldemort et Anteras se méfient de son pouvoir, à mon avis, et c'est une excellente chose pour nous. »
Profitant de notre passage au ministère, nous avons été reçus par Astrea Mogg, future belle-mère de Potter, et lui avons annoncé la nouvelle de l'assaut. Vous croyez que l'on ne peut pas transplaner depuis un bâtiment étant soumis à un enchantement anti-transplanage ? Vous avez tort. Dans un bond prodigieux et une course étonnante de vitesse, nous avons dû nous montrer extrêmement vifs pour la retenir et la rassurer sur l'état de santé de son gendre.
Après quelques minutes pour retrouver son calme, Mrs Mogg parvint à s'apaiser et nous répondre.
« J'apprends encore à connaître Ethan, confie celle qui mettra bientôt au monde un(e) autre Mogg, mais je ne m'attendais à ce que Lucretia tombe sur un jeune homme aussi impressionnant. Il est humble, charmant, poli, un peu trop timide, mais si intelligent, curieux et altruiste. S'il n'avait pas été déterminé à devenir Auror, mon mari se serait fait un plaisir de l'accueillir dans son service. Ma fille m'avait dit qu'elle faisait toute confiance en lui, peu importe le contexte, et je commence à comprendre pourquoi. »
A moins de vingt-quatre heures de son mariage, qui s'annonce grandiose et fait déjà baver les médias, tous les voyants indiquent que Potter a marqué un nouveau point auprès de ses camarades comme des parents de sa très belle fiancée. N'en déplaise aux détracteurs accusant toujours le mariage d'être une comédie, malgré les baisers et les nuits que les futurs mariés s'échangent.
On pourrait se demander – et s'inquiéter – de l'avenir des futurs mariés, cependant. Quels sont les risques qui planeront au-dessus d'eux lorsqu'ils se seront installés ensemble ? Quelle garantie avons-nous qu'Anteras et le Lord noir ne les attaqueront pas d'ici la rentrée ? Notre consœur de La Gazette du sorcier, Elena Stramps, s'est tournée vers la Mage Cataara, présente lors de la bataille, pour répondre à ces questions.
« Je ne crois pas qu'ils risqueront grand-chose avant la rentrée, analyse-t-elle. Anteras est un militaire, il fait des erreurs pour mieux prendre conscience de ses points faibles. Son erreur a été d'oublier ou d'ignorer que son attaque était dirigée vers un autre guerrier qui, de surcroît, pouvait compter sur d'autres guerriers de taille pour le soutenir. Il prendra en compte ce détail, donc réfléchira longuement à un nouveau plan. Il se méfie de Midori, de Leo Silver, d'Ethan et de bien d'autres personnes, notamment Albus Dumbledore. Mais les trois premiers ont marqué son esprit plus que n'importe quel autre ennemi. Il peut se reposer sur les deux Lames du Chaos qu'il lui reste, ça ne servira à rien. Quand Midori dit qu'un ennemi n'en vaut pas la peine, cela veut dire qu'il n'en vaut pas la peine pour lui : autrement dit, que les généraux d'Anteras ne lui arrivent pas à la cheville. Et il n'est pas du genre à exagérer sur ce sujet. Anteras doit le savoir, peut-être juste le deviner. Et Byr n'était pas un homme de combats mais de science dont il a besoin, il ne le sollicitera pas avant la bataille finale. »
Vous découvrirez l'intégralité de l'interview jeudi 13 avril dans les colonnes de La Gazette du sorcier, où Mrs Stramps publiera son voyage exclusif au cœur de la Cité, le refuge de l'Alliance.
Pour notre part, nous espérons surtout que Cataara dit vrai. Privilège de fréquenter notre future Mrs Potter, il nous a été offert l'autorisation d'être le seul média à couvrir le mariage de l'année, que nous attendons avec une franche impatience. Trois cents invités – au moins – sont attendus, de l'ancien ministre de la Magie, Terry Hool, à l'essayiste soviétique Yuri Amazinof, qui publiait récemment un billet intitulé Pourquoi les Occidentaux aiment tant nous détester dans la rubrique internationale What about the world? du journal franco-canadien Caribou Le Coq.
Harry hocha la tête en poussant un profond soupir. Il se tenait à l'entrée de sa propriété, juste devant le portail : Berenis et Kenny étaient venus le chercher, la Serpentard pour l'emmener chez les Mogg, le Serdaigle afin de lui montrer l'édition spéciale en personne et qui devait être, en ce moment même, en train de circuler sous le beau et grand ciel bleu britannique.
− Dumbledore t'a demandé d'exagérer ?
− Ouais, dit Kenny, mais je ne l'ai pas fait. Tout ce que tu as lu, c'est la pure vérité. Tu as vraiment la capacité de rassembler les gens. Pas seulement par amitié, mais par ton intelligence et le recul que tu prends sur tout. J'ai parlé avec Dumbledore, hier, et il a raison : Berenis et moi, c'est grâce à toi, parce que tu as emménagé à côté de chez elle, que j'ai dû l'interviewer sur ton compte, qu'elle m'a parlé de ses mensurations, que j'ai fini par aller la voir pour lui demander pourquoi elle me les avait données, qu'elle a avoué qu'elle avait le béguin pour moi, qu'il m'a fallu me rendre compte qu'elle ne me laissait pas indifférent… Tout est parti de toi. C'est assez effrayant de constater qu'une seule personne puisse avoir autant de pouvoir sur les autres, mais c'est rassurant de réaliser que tu l'utilises pour le bien des autres.
Harry eut un léger sourire.
− Merci. On dirait qu'il me reste encore du chemin à parcourir pour devenir le digne fils de Lathar, pour être le fils que je dois être, mais nous avons un évènement plus important à réaliser. Ma femme me manque, ma fille n'a pas daigné venir chercher son câlin ce matin… Je sens que Lucretia va m'en mettre plein la pomme…
− Je ne pense pas, dit Berenis. Contrairement à ce que tu crois, elle te fait confiance… Quoique, elle risque de t'en vouloir pour ne pas l'avoir prévenue que tu avais été attaqué. Et je ne te parle même pas de sa réaction pour avoir incité Draya à ne rien lui dire… En fait, oui, tu vas t'en prendre plein la gueule, à bien y réfléchir. Bref, j'ai hâte de voir ça. Le mariage, hein, pas la colère de Lucretia. Chéri, Ethan, attrapez mes bras, je vais vous amener à St-Maeva.
Le Démon arqua un sourcil.
− Il existe une ville avec un nom pareil au Royaume-Uni ?
− Je t'expliquerai quand on y sera.
S'exécutant, Harry et Kenny saisirent chacun un bras de la jeune femme, qui pivota pour les faire transplaner à destination… Tu te fous de ma gueule ! s'exclama le Stratège de la Mort. Ils étaient apparus sur une longue route de terre bordée de saules-pleureurs qui surplombaient deux grandes mares que se partageaient canards, crapauds, grenouilles, flamants roses, couleuvres, poissons et anguilles. S'étendant sur des dizaines de mètres, la route, qui semblait étrangement lisse, comme si elle était entretenue, et disparaissait un peu plus loin dans un tournant pour s'enfoncer parmi des collines de diverses tailles. Du Manoir Mogg et de cet endroit, on apercevait un toit pointu, en briques rouges, qui rappelait immanquablement l'une des tours de Poudlard. Toutefois, il n'y avait pas la plus petite trace de ville dans les environs. Tout n'était que nature vallonnée et boisée.
Berenis les entraîna le long du sentier, Kenny et Harry regardant de gauche et de droite.
− St-Maeva n'est pas une ville, reprit-elle. C'est le vrai nom de la demeure des Mogg, mais très peu de gens le savent, ce qui fait que le manoir est impossible à localiser pour ceux qui ignorent son nom. Maeva a été la toute première femme à épouser le tout premier Mogg, qui l'aimait éperdument. Elle est morte après avoir accouché et il a donné le nom de son domaine en hommage à sa défunte femme. C'était il y a 1400 ans, je crois. Personne ne sait vraiment quel était son patronyme avant qu'il n'adopte celui de Mogg, mais il a été le père fondateur de cette famille et depuis, tous ses descendants ont respecté ses lois. Enfin, presque tous.
− Adrian m'a parlé des quelques troubles, confia Harry. Entre les parricides, les fratricides, les cousinicides… Heu, est-ce que ça se dit ?
− Pas que je sache, répondit Kenny en souriant, mais comme toutes les vieilles et moins vieilles familles, il est vrai que les Mogg ont connu des hauts et des bas. Ce que je trouve étonnant, c'est que si peu de personnes soient au courant de la localisation de cet endroit. Des sorciers volent tous les jours dans le ciel, alors comment le lieu a réussi à rester secret aussi longtemps ?
− Grâce aux Fondateurs.
Le Démon et le Serdaigle écarquillèrent les yeux, manquant même de s'arrêter brutalement au moment où tous les trois longeaient le virage se faufilant parmi les collines.
− Tu es sérieuse ?! s'exclama son petit ami.
− Très, mais c'est une information confidentielle, hein ! Quand Serpentard est devenu un Mage noir, il a été un peu inquiet pour ses enfants, craignant que ses ennemis s'en prennent à eux pour l'atteindre. Sa fille avait épousé un Mogg et était enceinte, alors il a surprotégé St-Maeva pour garantir sa descendance. On dit qu'après avoir été vaincu, il aurait supplié les autres Fondateurs d'améliorer les protections afin que ses enfants et petits-enfants ne payent jamais le prix de ses propres erreurs… Enfin, ce n'est qu'une rumeur, connue seulement de sources assez peu fiables, car absentes lors du duel entre Gryffondor et Serpentard, mais les Mogg y croient depuis toujours. Et Alexa a eu une petite phrase qui pourrait crédibiliser cette rumeur.
− « Au seuil de la mort, tu penses et parles avec ton cœur », récita Harry.
− Exact. Serpentard n'était pas aussi mauvais qu'on le croit, semble-t-il. Il était juste aveuglé par ses ambitions et croyait réellement qu'il faisait le bon choix. Comme nous tous, il est arrivé un jour où il s'est aperçu qu'il était en tort, qu'il s'était fourvoyé. Ceux qui connaissent cette anecdote, qu'elle soit véridique ou non, sont fiers d'être dans sa maison parce qu'il a su faire son mea-culpa. Il est juste dommage qu'il l'ait fait trop tard et que ses idées aient déjà fait leur bonhomme de chemin dans les mentalités de son temps.
Ils bifurquèrent à nouveau. Cette fois-ci, Harry et Kenny s'arrêtèrent brutalement, incrédules. A l'extrémité du chemin se dressait un énorme portail de fer forgé, chaque grille agrémentée d'un M savamment dessiné – en or ! –, au-delà duquel se dressait un véritable petit château médiéval. Une longue allée pavée d'au moins cent mètres, bordée d'arches disparaissant sous des lilas aux diverses couleurs et décrivant un dégradé soigneusement étudié, menait à une vaste place au centre de laquelle avait été érigée une grande fontaine représentant les armoiries des Mogg : deux dauphins entrelaçant un sceptre dont l'extrémité supérieure, circulaire, était hérissée de neuf pointes symbolisant les neuf lois que la famille devait toujours respecter. Le jardin – ou plutôt, le parc, songea Harry – se garnissait d'une multitude et de magnifiques parterres de fleurs, de bancs, de statues, de vasques, d'un belvédère, d'une mare et de petits sentiers que des employés de l'organisateur évènementiel faisaient bien attention à ne pas abîmer tandis qu'ils s'attelaient à installer les chaises devant un immense chapiteau. Mais le « manoir »… pensa, encore sous le choc, le Démon. Il comportait trois tours, une tourelle, son propre vitrail et faisait au moins quatre fois la taille de son propre domicile.
Encadrant le portail, raides comme des poteaux, deux personnes vert et argent attendaient d'accueillir chacune des personnes invitées, des parchemins à la main pour contrôler les identités. Plus inquiétant, Lucretia faisait les cent pas juste derrière eux en tapotant l'édition spéciale publiée par le journal de l'école. Elle s'arrêta sèchement dès qu'elle les aperçut.
− Sans être un Démon des Âmes, je peux percevoir une certaine colère, dit Kenny. Désolé, j'aurais dû attendre demain pour envoyer le numéro.
− Ca n'aurait rien changé, affirma Berenis. Elle sait pour l'attaque depuis hier soir. Vous n'avez tout de même pas cru que Ninie ne serait pas au courant ? Dorcas est assez intimidante et froide, mais face à sa nièce, elle fond comme glace au soleil. Dès qu'elle est revenue de la bataille, elle a tout dit à Ninie, qui a écrit à tout le monde, y compris à Hool, l'Alliance, les professeurs, le fabricant de peluche, Pomfresh, Hagrid et Guard.
− Oh le con ! s'exclama le Serdaigle en se donnant une grande tape sur la tête. J'ai oublié d'apporter le cadeau d'anniversaire de Ninie !
− Le contraire m'aurait étonnée, alors j'ai pris des précautions : j'ai demandé à mon père de prévenir ton frère que tu risquais de zapper, alors il l'amènera avec lui.
Ils atteignirent les deux employés. Ceux-ci devaient avoir eu une description de Harry, car ils ne demandèrent les noms qu'à Berenis et Kenny, tandis que Lucretia fixait durement son fiancé. Sa colère retomba dès qu'elle se retrouva dans les bras de son amie, elle salua chaleureusement le Serdaigle, puis elle s'énerva de nouveau quand elle reposa les yeux sur le Démon.
− Toi et moi, on va avoir une très, très sérieuse discussion, promit-elle. Bere', Kenny, le buffet est déjà dressé, nous vous rejoignons dans quelques minutes. Ah, surveillez que Draya ne mange pas tous les vostaki, elle a déjà englouti deux plateaux… Ethan, amène-toi.
Les deux couples se séparèrent, les futurs mariés suivant l'allée principale, l'autre binôme empruntant l'un des nombreux petits chemins qui sillonnaient le parc. Harry ne parla pas, aussi bien parce qu'il savait que Lucretia le rabrouerait, mais aussi parce qu'il ne tenait pas vraiment à ce qu'une scène de ménage éclate en public. Il marcha donc en silence, se focalisant sur toutes les âmes qu'il détectait. Mr Mogg était absent, mais Astrea était là, assise et dans l'attente de quelqu'un devant apparemment venir par cheminée. Concentrés, empressés, Alix et Porola, le couple d'elfes de maison de la famille, s'affairaient dans les cuisines pour préparer des cocktails et des apéritifs, la nourriture solide ayant été confiée au traiteur.
Ils atteignirent la haute double porte aux poignées d'or et entrèrent dans un vaste hall richement décoré. Il n'y avait presque rien, sinon un porte-manteaux aux pieds en forme de serpent, un grand tapis vert et argent affichant les armoiries de la famille et une multitude de portraits d'ancêtres des Mogg qui observèrent, jaugèrent Harry. Le nombre de portes s'élevait à une dizaine et un double escalier aux rampes dorées s'ouvrait autour d'une fontaine au centre de laquelle la statue de Maeva, fine femme à la longue chevelure et au nez pointu, trônait, deux saphirs à la place des yeux. Suspendu au plafond, un énorme lustre de cristal aux bougies éteintes. Le soleil entrait par la grande fenêtre circulaire qui surmontait le portail de l'entrée, mais le Démon ne douta pas que l'après-midi venu, l'endroit serait beaucoup plus sombre.
Lucretia l'entraîna vers le double escalier, toujours sans un mot, jusqu'au seul étage qu'il desservait. Rien que le premier couloir qu'ils parcoururent devait être plus riche que tout ce que Harry possédait chez lui. Des armes, des meubles feuilletés d'or et minutieusement sculptés, des tapisseries, des portraits encore, des vases aussi hauts que lui et d'origines diverses. Quand bien même les Mogg auraient été ruinés demain, ce seul couloir leur aurait sans doute permis de retrouver une fortune confortable. Des escaliers florissaient un peu partout et les portes ne manquaient pas.
Après avoir tourné à un carrefour, la jeune femme fit quelques pas et ouvrit un panneau menant à sa chambre – si on pouvait appeler une pièce avec de telles dimensions comme ça. Elle était surchargée de choses divers, mais elle paraissait très modeste. Les murs étaient recouverts de cadres de différentes époques, l'un d'eux se révélant uniquement consacré à Leonie. Placé au beau milieu de la salle, un énorme lit drapé de soie affichait le blason de Serpentard. Ici aussi, les meubles étaient feuilletés d'or, de la commode jusqu'à une armoire vitrée contenant des objets divers et variés, depuis une vieille peluche jusqu'à une édition de La Gazette du Sanglier encadrée faisant de sa Une le résultat d'un sondage sur les élèves les plus populaires de Poudlard. Il y avait une bibliothèque bien fournie, une porte donnant sur une salle de bains privée et un lustre en argent massif serti d'émeraudes, dont une de la taille d'un poing.
Lucretia referma sèchement la porte, rappelant à Harry dans quelle situation il se trouvait et que découvrir était censé être le cadet de ses soucis, à l'heure actuelle.
− Ecoute, je sais que j'aurais dû t'avertir…
− C'est ça, le problème ! s'exclama la richissime héritière d'un ton glacial. Tu le sais et tu ne le fais pas ! Pour l'amour du ciel, Ethan, je suis ta femme ! Tu n'as pas été attaqué chez toi, tu l'as été chez nous ! C'est chez nous ! J'ai autant le droit que toi de protéger notre maison ! Tous nos amis et moi avons autant le droit que toi de nous battre ! Tu cherches tout le temps à nous protéger en nous mettant à l'écart, mais comment veux-tu qu'on puisse apprendre à faire face à la guerre si tu nous empêches de nous y adapter ?! Je sais que nous ne sommes pas aussi puissants que Midori, Leo, Lorca et j'en passe, et on ne le sera probablement jamais, mais nous aussi, on veut te protéger ! J'ai reçu une montagne de lettres après celle de Ninie. Les Maraudeurs, les filles, Aquilius – j'en ai eu une de Rogue, tu te rends compte ?! Il n'était pas au courant de l'assaut avant que Mulciber ne lui en parle et il a écrit pour savoir si tu allais bien !
Elle poussa un profond soupir et alla s'asseoir sur le lit, Harry l'imitant en hésitant à s'adonner à un petit geste affectueux. Un nouveau pic de frustration grimpa en flèche chez sa fiancée.
− Putain, je viens de te dire de faire ce que tu sais ! Je viens de passer trois jours à me lamenter de ne pas avoir tes baisers, tes mains sur moi et à imaginer notre nuit de noces super torride, tu attends quoi pour… ?!
Il l'interrompit en l'embrassant, l'étendant sur le lit, se collant à elle. La colère se volatilisa instantanément, la jeune femme passant ses bras autour de son cou en se détendant, souriant, dégustant ses lèvres, sa langue et tout autant, les mains qu'il faisait courir sur elle. Ils ne rompirent le contact que lorsqu'ils furent à bout de souffle. Ils restèrent l'un contre l'autre, se regardant dans les yeux.
− Ethan, je… je…
− Inutile de le dire. Le plus important est que nous le sachions et que nous nous le prouvions. Quand tu sauras le dire naturellement, tu le feras.
Lucretia sourit.
− Pousse-toi, je vais chercher quelque chose.
Harry s'exécuta et la regarda s'éloigner vers la commode pour en ouvrir un tiroir. Intrigué par les gestes d'une surprenante précaution de sa fiancée, il la regarda sortir une sorte de long manteau immaculé fait d'un textile que le Démon n'avait encore jamais vu. Ourlets dorés, sa singularité était avant tout la présence d'une rose noire aux pétales scintillant d'argent. Il émanait quelque chose d'étrange de la fleur, comme si elle était enchantée.
− As-tu déjà entendu parler des Dragonneaux du Feu Blanc ?
− Non, reconnut Harry.
− C'est parce qu'ils ont été exterminés le millénaire dernier, dit Lucretia en revenant s'asseoir à côté de lui. La moindre écaille d'un Dragonneau du Feu Blanc valait, il y a 1400 ans, cent kilos d'or. Je te laisse imaginer à quel point ils étaient prisés. Un jour, en se promenant dans la forêt, Maeva est tombée sur l'un d'eux. Il était blessé et affamé, mais il était surtout le dernier de sa race. Elle l'a soigné. Alibert, le fondateur de la famille Mogg, n'était pas très heureux de voir une telle fortune lui échapper. Au début, en tout cas, car il a fini par s'attacher à lui. A la mort de Maeva, le Dragonneau s'est absenté et a ramené cette rose, sur laquelle il a craché ses flammes afin de la rendre éternelle, puis il est resté auprès de mon aïeul. Quand le Dragonneau a senti son heure venir, il a demandé à Alibert une faveur : en échange de la moitié de ses écailles, il utiliserait les autres pour tisser un manteau-piège. Quiconque ne s'avérant indigne de le porter brûlerait dans le Feu Blanc. En 1400 ans, seuls trois Mogg ont pu le porter, mon père étant le dernier en date. Aucun bomme d'une autre famille n'a réussi, si bien qu'ils n'ont jamais osé passer cette épreuve, se contentant d'un mariage traditionnel.
Harry baissa les yeux sur le vêtement et la rose.
− OK, essayons.
Lucretia rayonna, soulagée, comme si elle avait craint qu'il n'ose pas relever le défi. Il attrapa le manteau tout en se levant et l'enfila en essayant d'étouffer une certaine appréhension. Une flamme apparut sur son épaule sous le regard inquiet de la belle blonde, mais elle s'éteignit quelques secondes plus tard, tandis que Harry se sentait – très – étrangement à l'aise dans ce manteau. Malgré sa robe de sorcier, il avait l'impression de sentir la douceur, la souplesse, la chaleur du tissu contre sa peau. Il aurait tout aussi bien pu être nu.
− Oh, Merlin ! murmura la future mariée, euphorique, en se jetant à son cou pour l'embrasser. J'en étais sûre ! J'en étais sûre ! Quand je vais raconter ça à tous ces connards de pseudo-traditionnalistes, ils vont l'avoir dans le cul et bien profond ! Ah non, c'est vrai, ils vont le voir par eux-mêmes. Dommage que les premiers invités…
− Soient déjà arrivés.
Il venait tout juste de sentir plusieurs présences, et pas celles qu'il était impatient de rencontrer. Lucretia, assez surprise, se précipita à la fenêtre, suivie par Harry, et émit un grognement en apercevant les Malefoy, les Wilkes, les Lestrange, les Avery, Rogue et d'autres qu'ils ne connaissaient pas, mais une âme attira particulièrement son attention. Il avisa un vieil homme vouté, s'appuyant sur une canne, le crâne dégarni mais doté d'une barbe courte et blanche qu'il avait tressée avec des élastiques.
− Qui est le sorcier qui parle avec Rogue ?
− Mon grand-oncle maternel, Batistus. Il est un peu bizarre et imprévisible, mais c'est un amour, assura-t-elle, s'éloignant de la fenêtre tout en se déshabillant. Est-ce que ma mère est en mouvement ?
− Alix ou Porola vient de la prévenir, elle vient tout juste de sortir d'une pièce du rez-de-chaussée.
− OK, enlève le manteau, il faut que ça reste une surprise qui clouera le bec à toutes ces langues de… vipère et va assister ma mère, s'il te plaît. Je vous rejoins dès que possible. Hé, enfoiré, tu te barres où sans m'embrasser ? Il va vraiment falloir que je te reprenne en main !
Il s'amusa de son caprice indigné et rattrapa son erreur, dégrafant au passage son soutien-gorge. Elle en sourit, il s'en régala, puis tous deux se séparèrent à contrecoeur. La porte de la chambre refermée, Harry accéléra le pas, inquiet de faire bonne figure aux yeux d'Astrea et de Batistus… et se retrouva brusquement sur la place, sous le regard surpris de sa belle-mère.
− Que… ?! s'étonna-t-il. Comment suis-je… ?!
− Je ne suis pas la mieux placée pour expliquer votre transplanage, signala Astrea en reprenant contenance. Je vais m'occuper de ce groupe-là, Ethan. Une fois les présentations faites, restez ici et attendez le prochain. Faites attention avec Batistus, il aime bien astico… Qu'y a-t-il ?
Harry venait de jeter un soudain regard par-dessus son épaule. Trois âmes étaient apparues dans la maison.
− Dorcas, Leonie et Nala.
− Vous êtes un véritable radar. Est-ce que vous pensez pouvoir gérer ici ? Si je n'accueille pas Ninie, elle va se mettre à faire la tête pour au moins une semaine.
− Ne vous inquiétez pas pour moi. Je n'ai aucune envie de voir Leonie bouder le jour de son anniversaire et du mariage de Lucretia. Affronter une Lame du Chaos, c'est quand même pire que d'accueillir quelqu'un… Et votre fille sort tout juste de sa chambre.
Astrea esquissa un sourire et retourna à l'intérieur. Leonie semblait déjà ronchonner de ne pas trouver sa tante à son arrivée. Harry regarda Batistus, avec une énergie et forme physique impressionnantes, prendre de l'avance sur le reste du groupe conduit par un guide de la société d'évènementiel. Il contourna la fontaine d'un pas rapide et s'arrêta devant le Démon, plantant sa canne dans le sol en observant attentivement le futur marié.
− Te voici donc filou, coquin, malotrus, toi qui oses t'emparer du cœur de ma précieuse Lulu' ! dit-il d'un ton théâtral. Si j'étais plus jeune de 80 ans, je t'aurais déjà botté le cul avec une telle force qu'on t'aurait pris pour un mili… limi... sismi… Bref, le truc que les Moldus s'envoient en pleine tronche chaque fois qu'il y a une guerre.
− Missile, monsieur.
− Qui tu appelles « monsieur » ?! C'est « grand-oncle Batistus », sale môme !
Lucretia sortit de la maison en compagnie de sa mère, sa tante, sa cousine et la minette blanche comme neige à l'instant précis où le groupe des Mangemorts et Rogue dépassait la fontaine. Harry sentit une certaine tension se glisser dans les esprits des mages noirs à la vue de Dorcas, preuve que la sorcière inspirait une certaine crainte. Il n'y avait que Bellatrix, toujours plus assoiffée de sang et de mort, qui fantasmait à l'idée d'un duel contre elle.
Leonie se précipita dans les bras de Batistus, à l'aise comme chez elle au point de ne pas avoir besoin de tenir une quelconque main. Elle présenta sa nouvelle peluche, un étrange petit lutin doté d'une longue queue fourchue et vibra d'une intense réjouissance lorsque le vieil homme feignit, avec un certain talent, d'être jaloux.
Présentations et salutations se firent, les Mangemorts évitant toute parole déplacée, tout sous-entendu. Rogue, le plus discrètement possible, demanda la direction des toilettes, non pas pour un besoin, mais pour attirer l'un de ses camarades de Serpentard à l'écart. Lucretia le comprit bien vite et l'entraîna à sa suite, tandis que Harry avait toutes ces personnes désagréables à remercier d'être venues à son mariage. Les regards froids ne manquaient pas et l'hypocrisie était de mise, même envers Astrea qui en faisait de même. Même s'ils jouaient la comédie, ils ne manquaient toutefois de se montrer délicats face à Dorcas, qui démontrait un peu plus la force de sa réputation et guettait scrupuleusement quiconque pourrait manquer de respect à Leonie.
Harry sentait que les mages noirs auraient bien voulu aborder l'attaque d'hier, voir sa réaction comme s'ils lui avaient fait passer un test pour établir son portrait psychologique, mais Astrea les emmena vers le chapiteau dès le retour de Rogue et de la future mariée. Un autre groupe, composé uniquement d'inconnus cette fois, pénétra la seconde d'après dans le périmètre de détection du Démon.
− Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
− Il semblerait que l'attaque sera lancée juste après l'échange des vœux, mais il y a pire : deux groupes se sont ramenés par le sud et l'est pendant la nuit. Severus ne sait pas s'ils convergeront tous vers le portail ou si certains tenteront de détruire l'enceinte pour nous encercler.
Il hocha la tête avant de relever un détail.
− Comment peuvent-ils savoir où vous habitez ? Berenis nous a expliqué que l'endroit n'était pas localisable à moins d'en connaître le véritable nom.
− C'est le cas, dit Dorcas, restée avec eux. La grande majorité des invités arrive ici grâce à des Portoloins, sauf que pour les créatures magiques, seules celles connues à l'époque des Fondateurs y sont soumises. Par chance, il y a un autre enchantement, de Serdaigle, qui fait que l'endroit est inaccessible si la personne qui cherche à venir n'y est pas attendue par Adrian ou Astrea.
Harry secoua la tête d'un air un peu déconcerté. Les Mogg n'étaient décidément pas une famille comme toutes les autres.
Se concentrant sur son devoir, il salua un scientifique turc, une danseuse marocaine, un essayiste allemand, un homme politique scandinave, une chanteuse, un boulanger, le gérant de Fleury&Bott, Florian Fortarôme et toute une foule venant d'horizons et de professions divers. Il plaignait sincèrement les deux sorciers chargés de faire la liste des invités arrivés, surtout que les personnes hautaines ne manquaient pas, s'impatientant de ne pas être vite autorisés à entrer. Les pires étaient sans conteste les familles qui avaient cherché encore et encore et faire marier l'un de leurs fils à Lucretia. Si elles s'efforçaient de paraître cordiales, leur hypocrisie était encore plus palpable que celle des Mangemorts. Et l'humeur des prétendants de la belle blonde ne s'arrangeait pas lorsqu'ils tentaient vainement de faire mal à Harry lors des poignées de main.
Mr Mogg apparut à son tour à la tête d'un cortège ministère. Des employés, des directeurs, l'ex-ministre de la Magie, Aquilius, etc. Harry remarqua surtout des têtes rousses qui n'étaient pas encore assez jeunes pour entrer à Poudlard : les Weasley. Molly portait un petit Percy, alors qu'Arthur tenait par chaque main celles de Bill et de Charlie. C'était une curieuse sensation de les voir si jeunes, tous. Le père n'avait pas encore le front dégarni et la mère était plus mince que le jour où il l'avait rencontrée pour la première fois, dans une autre vie.
Alors qu'ils s'approchaient, Harry eut un sursaut.
− Arrêtez-vous !
Ils le firent, étonnés, mais de justesse : dans un silence total, Leo apparut, Alexa dans les bras, et dérapa sur au moins cinq mètres, à reculons et en traçant deux longues marques dans le sol, avant de s'arrêter finalement et de reposer la magnifique française à terre..
− Tch ! Foutu transplanage Sedulan, il est plus compliqué que prévu, de gozaru.
− C'est pour ça que je t'ai dit d'utiliser le transplanage habituel, abruti ! En plus, c'est grossier d'apparaître au beau milieu du jardin, sans parler que tu as bien failli blesser le père de Lucretia, crétin. Excuse-toi, tout de suite.
− Sumimasen deshita, Mogg-san.
− Je vous pardonne, Mr Silver, mais à l'avenir, évitez d'expérimenter des transplanages en public si vous avez encore des mises au point à faire, dit le maître de maison avant de se tourner vers ses collègues. Mesdemoiselles, mesdames et messieurs, je vous présente deux des héros du jour : ma fille Lucretia et mon gendre, Ethan Potter.
Forcément, Harry eut droit à plusieurs conversations et félicitations pour avoir survécu à l'attaque de la veille, tenant tout de même à signaler qu'il n'était pas seul, remerciant au passage Maugrey pour son soutien. Croupton lui rappela une nouvelle fois qu'il n'avait pas intérêt à rater ses Aspic. Nerveux, Mr Weasley amusa la galerie en bafouillant :
− Très invités par votre honneur… heu… Très honorés par votre invitation, rectifia-t-il en saluant les fiancés.
Il rougit sous les rires.
− Bonté divine, Arthur, détendez-vous, dit Mr Mogg en s'autorisant un sourire. Vous avez plus votre place ici, en ce jour, que certains invités dont je me serais volontiers passé. En plus, Orianne souhaite absolument avoir la recette des fondants au chocolat de Molly depuis que vous en avez fait goûter à Sandra.
− Vous avez trouvé une nourrice pour vos jumeaux ? demanda Lucretia en rencontrant Mrs Weasley.
− Plus ou moins. Mon frère Fabian a accepté de les garder, mais il est un peu tête en l'air, alors je ne suis pas trop rassurée…
− J'aurais beaucoup aimé porter un bébé dans mes bras pour m'entraîner. Oh, je pourrais vous embaucher pour me donner des cours ! Chez vous, bien sûr, et seulement quand vous êtes disponible. Je pourrais aussi apprendre quelques recettes, j'ai un mari et une fille d'une gourmandise surhumaine à nourrir.
− Ce… Ce serait avec plaisir, dit Mrs Weasley, surprise par l'offre.
− Je demanderai à Warlock de préparer le contrat, dans ce cas, annonça Mr Mogg. Bien, allons-y, je vous prie. Le prochain groupe ne devrait pas tarder et il est plutôt massif. Mr Silver, essayez de laisser de l'alcool pour les autres invités.
Leo lança un regard désabusé à Lucretia, qui riait sous cape avec Alexa. Le Dieu et la Reine de la Mort prirent le chemin du chapiteau avec le groupe mené par leur hôte. Harry scruta sa dulcinée d'un air soupçonneux, elle fit l'innocente, mais son amusement était tel qu'elle ne parvenait pas totalement à réprimer un sourire.
− Tu as proposé ce travail à Molly pour me faire plaisir.
− Non, mentit-elle. Bon, d'accord, un peu, mais c'est aussi pour moi. Ils ont déjà cinq enfants, Molly doit être plus rôdée que n'importe qui pour faire de moi une mère exemplaire. La dernière fois que j'ai entendu parler des Weasley, c'était par ma tante. Le directeur du département de la Justice magique lui a demandé d'enquêter à son sujet. Elle ne lui a même pas laissé le temps de sortir de son bureau : elle a validé l'intégrité d'Arthur et prier cet idiot de ne plus lui faire perdre son temps avec des missions ridicules. Si tu n'écoutes pas les racistes, tu te rends compte que les Weasley sont très, très appréciés.
Harry sourit avant d'ouvrir de grands yeux. Mr Mogg n'avait pas exagéré : le groupe massif annoncé portait le qualificatif parfait : les Evans, les Lindon, les Potter, Sirius, les Moorehead, les Lupin, Peter et sa mère, Wendy, John Guard et une inconnue qui devait être sa petite amie, les parents de Berenis, Dumbledore, Ooghar, Alyphar, Garwir, Lorca, les professeurs McGonagall, Sinistra, Slughorn et Bresch, les Gardner, les Sainton, Straton et son ami John, Sarah Claymore, Melanie Barnes, Ily, Cataara, les Andrews – ils arrivèrent tous ensemble. Petunia n'était pas là et il ne s'en étonnait pas vraiment, mais l'absence de Midori l'inquiéta un petit peu.
Ou pas, car il sentit venir le samouraï et le regarda apparaître juste devant lui au moment même où Draya, dans sa robe lilas ceinte d'or et son sabre à la hanche, en faisait de même, réceptionnée par Harry, la fillette reprenant forme juste au-dessus de lui pour tomber dans ses bras.
− Ethan, sonde les âmes de tout le monde, ordonna Midori. Trouve-moi la personne qui sait que les gerfauts ne pourront jamais atteindre l'enceinte de cette demeure.
Déconcerté, Harry s'exécuta tout de même. Il ne comprenait pas la situation, mais ça avait l'air urgent – assez, en tout cas, pour que le demi-démon ne lance pas son habituel « Yo ! » à chaque retrouvaille. Les Mangemorts ? Inutile de s'y intéresser, ils étaient tous convaincus que l'attaque serait couronnée de succès. Avery fils craignait qu'Aurelia soit blessée, Rogue en faisait de même pour Lily et Beauchesne s'interrogeait sur le moyen d'aborder Melanie sans se faire rejeter. Leo ? Il dégustait un vin français, apparemment, tout en attendant avec impatience la bataille. Il avait beau parcourir toutes les âmes, le Démon ne trouvait personne répondant à la mission confiée par Midori.
− Aucune, annonça-t-il.
− Que se passe-t-il ? s'inquiéta Lucretia.
− Le frère ou demi-frère d'Ethan a encerclé les enchantements du manoir de tes parents avec Sovendiksa. C'est l'un des Six Déluges Interdits de la magie démoniaque, car quasi-incontrôlables. Je l'ai senti quand le Portoloin a traversé son champ d'action, alors j'ai été jeté un œil pour m'en assurer.
− Quels sont les risques ? demanda Harry.
− Que tous les humains présents soient tués. Sovendiksa est comme un couloir. Au moment où les gerfauts s'y aventureront, elle s'activera. Le problème est que si elle n'est pas parfaite, elle consumera tout ce qui se trouve à l'intérieur de son périmètre. Même Draya ne pourrait y survivre, dématérialisée ou pas, à moins d'être très rapide pour y échapper.
− Moi-même personnellement suis toujours super grave trop rapide, Boss ! affirma joyeusement la Shadrian.
− Que veut dire Sovendiksa ? demanda Lucretia.
Midori souleva légèrement son chapeau pour poser son regard atypique et indifférent sur la jeune femme.
− « Tour de flammes embrasant l'ennemi ». C'est un maléfice que j'ai utilisé quand j'ai dû détruire la horde de gerfauts qui approchait de Londres. La première fois que j'ai essayé, j'ai bien failli en mourir. Byr n'a jamais osé y avoir recours et, pour ce que j'en sais, Anteras non plus. Ca m'a pris cinquante-six ans pour la maîtriser. Où est Lorca ?
− Derrière toi, imbécile, dit l'intéressée en contournant la fontaine avec le reste du groupe. C'est sans doute la première fois que tu ne m'entends par arriver.
Et elle semblait savoir pourquoi, sa magie auditive ayant dû capter la conversation, qui fut mise de côté. Draya fut présentée à tout le monde, la petite fille sautant dans les bras de tout le monde, ravie de rencontrer les parents, frères et sœurs de ceux et celles qu'elle considérait comme sa famille. Elle fut indéniablement la « star ». Laura, la nièce d'Ana, refusa d'être seulement sa cousine, préférant le titre de « grande sœur », alors que Mr Evans, très heureux de s'entendre appelé « papy », laissa clairement entendre qu'il ne serait pas mécontent que Lily fasse le nécessaire pour lui offrir des petits-enfants. Idée qui embarrassa quelque peu la préfète-en-chef et James, comme si tous deux en rêvaient secrètement mais n'osaient pas se l'avouer.
Leonie, les blanches comme neige Ninou et Nala sur les talons, accourut et se jeta sur les nouveaux arrivants et partagea une multitude d'étreintes. Evidemment, ils avaient tous entendu parler du Bébé de Gryffondor, peut-être même la plupart d'entre eux l'avaient-ils déjà rencontrée. Harry sourit lorsque le petit bout de femme-enfant prit Draya dans ses bras, comme si elles s'étaient manquées pendant les quelques minutes qui les avaient séparées.
Un nouveau groupe d'invités entra dans le périmètre de sa perception.
− Mon cœur, dit-il à la Shadrian, emmène tout le monde au chapiteau, d'autres personnes arrivent.
− Yokay, papa !
Si les sorciers et les Moldus la suivirent, les membres de l'Alliance restèrent avec les futurs mariés.
− Que proposes-tu ? interrogea Lorca.
− Plusieurs barrières, répondit Midori. A mon avis, le frère d'Ethan est confiant sur sa maîtrise de Sovendiksa, mais je l'étais aussi la première fois que je l'ai essayée. Nous ne pouvons pas prendre de risque. Je vais ériger la première aussi près que possible de la façade intérieure de l'enchantement. Ooghar et Cataara, vous vous chargez des deux autres. Garwir, Alyphar, vous vous chargerez d'évacuer autant de personnes que possible si les choses ne se passent pas bien. Lorca, tu…
− Je viens avec toi, coupa la Nehoryn d'un ton catégorique. Si je crée une barrière juste derrière la tienne, nous pourrons peut-être affaiblir encore plus le maléfice.
C'était peut-être vrai, mais Harry savait que la véritable raison était qu'elle avait besoin de son amant pour être capable de passer en « mode » Istriya sans perdre le contrôle. A quel point sa métamorphose lui faisait-elle peur ? se demanda le Démon.
− Très bien, céda Midori. Ethan, il faudra compter sur toi sur nos barrières se brisent. Ce n'est qu'une théorie, car nous n'avons encore jamais connu des frères démoniaques, mais il se peut que ton empreinte magique puisse être reconnue par celle de ton frère et s'étouffe d'elle-même pour ne pas te blesser. Allons-y.
Ils se volatilisèrent. Lucretia aurait voulu aborder le sujet, mais le prochain groupe passa la fontaine au même moment. Le conservateur américain du Musée de la Sorcellerie de Houston, trois gobelins, cinq Vélanes, vint-six nains, un vampire, cinq centaures, une foule de fées aux ailes scintillantes et une famille d'elfes de maison après, tous les invités étaient arrivés, au grand plaisir de Harry qui n'aurait su dire si c'était par lassitude ou si c'était en raison de son impatience d'épouser Lucretia. Il continuait à sonder les âmes, mais à part les personnes au courant de la menace des gerfauts, aucune ne semblait savoir qu'un enchantement démoniaque protégeait les terres de sa belle-famille.
− Ta mère a d'étonnants amis. Des gobelins qui sautent de joie de revoir une sorcière… Je n'y aurais pas cru si je ne l'avais pas vu de mes propres yeux. Et ces elfes de maison qui se comportent comme nos égaux, Hermione en pleurerait de joie.
− Elle se bat chaque jour pour améliorer leurs statuts. Tu verrais la fête qu'un des gobelins de Gringotts lui fait quand elle y va… 'Thanou, ton frère…
− On en parlera plus tard. Il a trouvé l'emplacement de la maison de tes parents parce qu'il est un demi-démon et veut s'assurer que notre mariage se déroule bien, alors il le regardera sûrement de quelque part. Peu importe si je ne le rencontre pas aujourd'hui, du moment que je sais qu'il est là et qu'il veille sur moi. Aujourd'hui, tout ce qui compte, c'est toi.
− Pourquoi seulement aujourd'hui ?! Ce sera tous les jours !
Alyphar et Garwir revinrent.
− La bonne nouvelle, dit le chef des Nehoryns, c'est que nous avons repéré plusieurs endroits où emmener une bonne moitié des invités. La mauvaise, c'est que tous les membres de l'Alliance réunis ne réussiront jamais à les envoyer tous là-bas. Nous n'avons que deux bras et l'Istriya ne contrôle pas encore son transplanage de masse. A moins que Midori ait un secret, il y aura des sacrifices.
− Pas sûr, dit Harry. Pourriez-vous demander à Leo s'il pourrait gérer autant de personnes d'un seul coup ?
− Nous lui poserons la question.
Mr Mogg et Astrea les rejoignirent et se présentèrent à Alyphar, ayant apparemment déjà rencontré Garwir.
− Chérie, il est temps d'aller te changer, dit la mère.
Lucretia sursauta, Harry percevant son excitation mêlée d'une certaine panique monter en flèche.
− 'Thanou aussi. Nous avons laissé le Manteau de Mogg dans ma chambre. Il peut le porter !
− Dans ce cas,, je viens avec toi. Ethan, restez ici le temps que je vous l'apporte. Adrian, peux-tu conduire nos chers Nehoryns à leurs chaises, s'il te plaît.
− Attendez, intervint Garwir.
Il tira de sa tunique un bracelet fait d'un métal rouge comme un rubis qu'il appliqua contre le poignet de la très imminente mariée. Le bijou s'anima pour s'ouvrir et se refermer sur le poignet.
− Nous sommes alliés dans la guerre, mais nous le sommes aussi pour leur bonheur. Quand Ethan et Lucretia s'accepteront mutuellement dans leur mariage, l'Arisovar scellera leur union à la mode Nehoryn.
Harry crut que Lucretia allait se mettre à pleurer. Elle serra Garwir dans ses bras, puis Alyphar, qui répondit au câlin un peu maladroitement, pris au dépourvu par cet élan de tendresse, mais qui esquissa l'un de ses très rares – vraiment très rares – sourires. Cachant ses yeux de plus en plus humides en baissant la tête, la belle blonde suivit sa mère à l'intérieur du petit château d'un pas vif, tandis que Mr Mogg emmenait les Nehoryns
Le Démon resta seul quelques minutes, jusqu'à ce que les Mages, éprouvés, Lorca et Midori fassent à leur tour leur réapparition. Ooghar s'appuya sur son grand bâton, le souffle court.
− Je ne veux plus vieillir… lâcha-t-il. Si Damar était encore là, il se roulerait parterre en riant en voyant l'état dans lequel je suis. Où est passée la sublime créature de votre vie, Ethan ?
− Elle est partie se changer. Ca va aller ?
− Oui, oui, ne vous en faites pas pour nous.
Ils baissèrent tous les yeux en tournant la tête, un instant avant qu'une elfe de maison, vêtue d'une livrée verte ornée des armoiries des Mogg brodées au fil d'argent, ne fasse irruption en s'inclinant légèrement. Elle avait des oreilles de chauve-souris, comme tous ses semblables, un petit nez pointu et de grands yeux d'un bleu très clair.
− Honorables invités, auriez-vous l'amabilité de me suivre ? Miss Lucretia ne tardera pas à descendre. Maître, c'est un plaisir de faire votre connaissance, Miss Lucretia a beaucoup parlé de vous. Je suis heureuse qu'elle soit tombée sur un homme avec autant de qualités.
− C'est un honneur pour moi aussi, Porola, mais appelle-moi juste Ethan.
− Comme il vous plaira, Ethan. Messieurs, mesdames, hâtons-nous de vous faire rejoindre vos places, il n'est pas question que le mariage de Miss Lucretia soit imparfait. J'ai attendu ce jour pendant dix-huit ans, alors vous ne me gâcherez pas mon rêve.
Harry haussa les sourcils, frappé par l'autorité de la créature.
− On n'a pas le choix, apparemment, dit Ooghar d'un air rieur. Nous vous suivons, ma chère.
Ils s'éloignèrent à leur tour, Mr Mogg les croisant en les saluant rapidement, tandis qu'Astrea sortait d'un pas vif du château avec le Manteau. Elle en recouvrit le Démon, mais cette fois-ci, il n'y eut aucune flamme. Il sentit tout à coup la pression s'emballer tout comme son cœur. Il allait se marier. Là-bas, à cinquante mètres d'où il se trouvait, il allait se marier. Pourquoi n'avait-il pas anticipé sa réaction ? Il était le Stratège de la Mort, pourtant ! Il aurait dû se préparer ! Il… Il…
− Oh, merde…
Mr Mogg éclata de rire, assez proche de lui et d'Astrea pour l'entendre.
− Vous venez de prouver que vous étiez mon gendre, Ethan ! s'amusa-t-il. J'ai eu exactement les mêmes mots quand j'ai épousé ma femme. Je vais attendre la vôtre ici et je vous l'amènerai.
Astrea attrapa Harry par un bras et l'entraîna vers le chapiteau. Son appréhension divertissait sa belle-mère qui resserrait parfois sa prise, comme pour l'apaiser, l'encourager, lui assurer que tout allait bien se passer. Il y avait tant de chaises qu'il n'osait même pas les compter. Il y avait tant d'anxiété en lui qu'il ne se sentait même pas la force de réfléchir : tout ce qu'il savait, c'était que le gros homme barbu qui avait organisé l'évènement était celui qui lierait la vie du Démon à celle de la richissime héritière.
Sans surprise, que Harry ait pu porter le Manteau de Mogg fit réagir les invités connaissant l'anecdote funeste qui avait été crainte par les ancêtres de Lucretia. Le Démon et Astrea s'avancèrent le long de la large allée. Tara, Leonie et Draya attendaient à la droite de l'homme qui célébrerait l'union, alors que Midori se tenait à sa gauche, soulevant légèrement son chapeau comme pour mieux scruter le futur marié.
Les murmures ne s'estompaient. Jalousie, envie, joie, impatience positive, intérêt, curiosité, dédain… Il y avait tant de sentiments contradictoires qu'il n'arrivait pas à tous les analyser. Ils atteignirent la destination finale où la mère de Lucretia, serrant une dernière fois son bras pour lui souhaiter bonne chance, l'abandonna afin de prendre place parmi les spectateurs. Un orchestre, situé derrière le directeur de l'entreprise, guettait l'arrivée de la mariée pour commencer à jouer. Le Stratège de la Mort n'osait pas se retourner, son cœur tambourinait si vite dans son torse qu'il avait l'impression qu'il allait le voir transpercer os et peau.
Il allait se marier.
Calme-toi. Harry cilla et son stress s'envola. Ly… Maman ? s'étonna-t-il. Croyais-tu vraiment que je n'aurais pas à cœur de voir mon fils se marier ? Ton père a placé une petite partie de mon âme dans la bibliothèque qu'il a aménagée dans ton esprit afin que je puisse assister au jour où mon petit bout de chou épouserait ma bru, mon chéri. 'Thanou, ne regarde pas ton mariage comme une épreuve, regarde-le comme l'accomplissement de ce que tu es et de ce que tu as fait. Mon peuple ne comprenait rien à cette union, nous considérions qu'aimer suffisait et qu'une cérémonie pour clamer cet amour était inutile, mais je veux que mon fils passe le plus beau jour de sa vie et se montre à la hauteur. Je regarderai à travers tes yeux, fais honneur à tes parents, mon Démon.
− Je le ferai, maman, murmura-t-il. Merci.
Il inspira profondément jusqu'à en frissonner et se retourna lorsque l'orchestre se mit soudainement à jouer. Le bonheur, l'excitation, l'angoisse de Lucretia lui parvenaient avec une telle intensité qu'il aurait presque cru avoir la possibilité de la toucher, mais elle souriait, elle irradiait, le Kato Distra atteignant son niveau maximum. Main dans la main avec son père, sa longue robe blanche glissant derrière elle, le front décoré d'une sorte de couronne d'or incrustée d'une émeraude étincelante, elle ne lâcha pas Harry du regard, comme pour lui faire savoir que cet instant était irréversible, qu'un divorce était exclu, qu'elle était à lui comme il était à elle jusqu'à la mort – voire même au-delà.
− Comment qu'elle est super grave trop belle, ma maman, chuchota Draya, impressionnée.
Harry réprima un sourire un peu crispé et regarda Mr Mogg laisser sa fille juste en face du Démon, leurs yeux ne se quittant pas. Dès que le maître de maison eut pris place, l'orchestre s'arrêta le gros sorcier barbu intervint :
− C'est un mariage particulier que nous célébrons aujourd'hui, déclara-t-il d'une voix forte. Ce ne sont pas des personnes s'aimant, mais celui de deux âmes prêtent à vivre ensemble, à surmonter tous les problèmes, à s'aider, se parler et s'écouter mutuellement dans cette vie comme dans une autre. Lucretia Astrea Anibell Mogg, celui se tenant devant toi est-il l'homme avec lequel tu souhaites respecter et chérir comme Alibert le promit à Maeva ?
− Sans aucune hésitation, oui.
− Ethan Lathar Potter, celle qui se tient devant toi jure d'être ta femme à travers vie et mort, acceptes-tu d'être son époux pour l'éternité comme Alibert et Maeva le sont ?
− Oui.
− Alors, bienvenue à Ethan Lathar Potter et Lucretia Astrea Anibell Potter. Vous pouvez embrasser la femme de votre vie, Mr Potter, les invita-t-il alors que l'Arisovar s'illuminait avant de disparaître.
Ils n'eurent même pas besoin d'attendre la fin de la phrase qu'ils se jetaient l'un sur l'autre pour s'embrasser – un baiser humide, la belle blonde pleurant à chaudes larmes mais avec le sourire, comme si elle ne croyait pas à ce bonheur qu'elle n'aurait jamais eu dans une autre vie. D'autres versaient également des larmes, émus, pendant que les soupirants, furieux, assistaient à la preuve indéniable que le couple n'était pas une mascarade, mais bel et bien un mari et sa femme s'aimant profondément. Les applaudissements s'enchaînaient… jusqu'au grondement assourdissant qui ébranla la terre.
Des exclamations fusèrent. Les Alliés se préparèrent. De gigantesques flammes rouge et or jaillirent, s'élevant des dizaines de mètres vers le ciel, tournoyant dans un ronflement sonore en formant un dôme d'un kilomètre de diamètre. La grande majorité des gens sembla croire qu'il s'agissait d'un divertissement censé célébrer l'union et acclama le spectacle, mais ceux qui connaissaient la vérité fixèrent le brasier avec appréhension. De leur côté, les mages noirs se demandaient ce qu'il se passait tout en soupçonnant un problème dans le plan d'Anteras et de leur maître.
Les flammes s'évanouirent aussi soudainement qu'elles étaient apparues. Il avait réussi. Son frère avait réalisé une parfaite Sovendiksa. Les Mangemorts patientèrent et l'eurent mauvaise lorsque, pendant que les félicitations pleuvaient sur les jeunes mariés, ils remarquèrent une bonne dizaine de minutes plus tard qu'aucun gerfaut ne se montrait. Bellatrix était la plus furieuse, car elle savait ce que cela signifiait : annoncer un échec à Voldemort. Le Démon s'en réjouissait dans un élan de sadisme, mais il était trop occupé à profiter des invités et de son euphorie pour s'aventurer à une petite remarque sarcastique à leur attention.
La fête dura plusieurs heures. Les spécialités de Mirvira attirèrent naturellement les êtres, humains ou non, qui n'y avaient jamais goûté, tandis que l'on conversait ou dansait. Harry ne s'en sortit pas trop mal lors de la danse, ne se lassa pas non plus de faire davantage connaissance avec certaines personnes entre deux baisers échangés en catimini avec Lucretia. Le clou du spectacle fut sans conteste la montagne de cadeaux offerts à Ninie : elle était si haute qu'elle ne pouvait même pas être glissée sous le chapiteau, et le gâteau était assez énorme pour nourrir à peu près le double du nombre d'invités. Leo testait tous les vins… du moins, il le fit jusqu'à ce que le professeur Bresch ne se faufile derrière lui et n'abatte le tranchant de sa main sur son crâne. Les Potter et les Evans faisaient plus ample connaissance, la mère de Lily et Melissa paraissant convaincues que le destin de leur enfant respectif était déjà tout tracé. Dumbledore retrouvait d'anciens élèves avec plaisir tandis que Batistus et Horace, de vieux amis, commentaient l'« aberration » publiée dans un magazine de potions publié récemment. Kenny prenait tout un tas de photos en interviewant un maximum d'invités, y compris étrangers, en laissant ses parents et son frère faire la connaissance de Berenis. Cassie buvait un verre de champagne avec son petit ami Umidareens, qu'elle ne demandait qu'à attirer dans un coin tranquille et sombre. Peter écoutait avec un réel intérêt Ily lui raconter toutes les capacités qu'aurait Vallys une fois qu'elle serait adulte. Hedwige, arrivée juste à temps pour la cérémonie, ne cessait de narguer Ninou et Nala en s'envolant au dernier moment. Nadège, méfiante, surveillait que son père et sa belle-mère ne s'approchent pas de trop près pendant son tête-à-tête interminable avec William.
− Endory !
L'elfe de maison se retourna, un verre de vin à la main, alors que sa femme discutait avec Molly et ses enfants, un garçon et une fille, jouaient avec Alix et Porola.
− Notre jeune marié ! s'exclama-t-il. Que puis-je pour vous, mon cher ?
Harry jeta un regard alentour.
− Connaissez-vous un elfe de maison appelé Dobby ? chuchota-t-il.
Endory se gratta la tête en réfléchissant.
− Le petit de Saria et Gorom ? Ils appartiennent à ces fichus Malefoy, il me semble. Pauvres bougres, Saria est morte parce qu'elle avait prétendument mal nettoyé un vase… Ma femme en a pleuré toute la nuit. C'était une de ses grandes amies. Gorom ne va pas tarder à connaître le même sort. Il se fait vieux et tremblant. Pourquoi cette question sur Dobby ?
− Je veux le libérer et l'embaucher.
L'elfe le regarda de ses grands yeux bruns et partit à rire.
− Venez dans mes bras, Mr Potter ! Par Merlin, je n'ai plus entendu ça depuis qu'Astrea a déposé plainte pour tortures aggravées contre mes anciens maîtres ! dit-il en l'étreignant. Je porte des chaussures car trois orteils ont été tranchés par ces sales individus. Comptez sur mon aide, jeune homme. Je vais en parler à votre belle-mère et elle s'arrangera pour éviter tout procès à l'encontre de Dobby.
− Merci.
L'elfe de maison s'éloigna d'un pas joyeux, visiblement enchanté de voir qu'un sorcier souhaitait sauver l'un des siens de la tyrannie des sorciers. Harry lança un coup d'œil par-dessus son épaule : Lucretia s'approchait en compagnie d'un nain, s'amusant de ses anecdotes sur sa précieuse Oniga à qui il reprochait sa fainéantise.
− 'Thanou, je te présente Wadikh. Wadikh, voici mon mari Ethan.
− Sacré gamin ! dit le nain en lui serrant le poignet. On a entendu parler de vous jusque dans les terres de neige du nord de la Finlande ! J'ai papoté avec cet Ooghar, Dumbledore et votre charmante femme, il paraît que votre capacité à réunir est exceptionnelle ? Mon peuple ne refuse jamais un bon combat, et les Dieux savent que nous n'en avons que très peu d'intéressants à mener, dernièrement ! Je n'ai toujours pas compris toute l'ampleur de la menace que représente Anteras, mais je serai là quand il le faudra, je vous en fiche mon billet !
− Et nous serons là pour vous, Wadikh, promit Harry en souriant. Que nous soyons en guerre ou non, que vous le soyez ou pas, nous répondrons toujours à votre appel.
Le nain l'observa puis donna un léger coup de coude dans la jambe de Lucretia.
− Si vous abandonnez cet homme, c'est contre vous que je pars en guerre, très chère.
La mariée partit à rire.
− Je ne le quitterai jamais, rassurez-vous.
− Bien, je voulais juste m'en assurer. On ne sait jamais à quoi s'attendre avec les humains. Excusez-moi, mais votre étrange ami semble capable de tenir tête à des nains quand il s'agit de bière. Mon honneur m'oblige donc à lui montrer où est sa place !
Harry aperçut Leo en compagnie des nains qui accompagnaient Wadikh. Celui-ci se dirigea vers la table, plein d'entrain, tandis que Lucretia attrapa la main de son époux en frémissant de joie.
− Et dire que j'ai tout ça grâce à un samouraï destructeur qui a eu la bonté d'envoyer mon mari dans le passé… 'Thanou, j'aimerais que cette journée soit enfermée dans une boucle infinie pour la revivre encore et encore et encore et encore… mais je veux plus que tout que le temps avance.
− Pourquoi ?
Lucretia rayonna.
− Je suis enceinte.
Gomen ne ^^' C'était l'un des chapitres que j'appréhendais le plus parce que je ne suis vraiment pas doué pour les « scènes à l'eau-de-rose ». Merci toujours pour les reviews, j'espère que le mariage vous aura plu – même si je ne l'ai pas vraiment pas détaillé – et que vous aurez aimé le Chapitre de la Mort (pour le moment, c'est le plus long que j'ai prévu).
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