Sans surprise, la reprise des médias et de l'hôpital Ste Mangouste ne fut guère sans conséquences. La démonstration offerte par Darnell, Midori et Leo n'avait pas manqué de ragaillardir une foule de personnes motivées soit à se porter bénévoles pour renforcer la sécurité des lieux reconquis afin de décharger le ministère de la Magie de cette tâche, soit à se déclarer prêtes à se battre pour reprendre Poudlard. Malheureusement, les bonnes nouvelles s'accompagnaient de mauvaises : les racistes les plus extrêmes du monde entier affluèrent vers le Royaume-Uni pour rejoindre les rangs de Voldemort, déterminés à protéger leurs rêves d'un monde sorcier sans né-Moldu. Le ministère faisait tout son possible pour intercepter ces ennemis étrangers, mais il ne fallait guère espérer grand-chose : les moyens pour pénétrer clandestinement sur le territoire britannique étaient nombreux, difficiles à contrôler et l'organisation, inexistante. Comme souligné par un Auror dans La Gazette du sorcier, il aurait été plus simple d'appréhender ces indésirables s'ils étaient passés par un réseau criminel au lieu de débarquer n'importe où, n'importe quand, par n'importe quel moyen. Cependant, le problème était plus large, comme le rappelait Bartemius Croupton dans une interview : la Grande-Bretagne n'aurait dû jamais être accessible à ces étrangers depuis que l'Alliance avait coupé l'archipel du reste du monde, or, la barrière installée tout autour de l'île était toujours active et intacte. Officiellement, l'explication à ce détail restait à déterminer, mais le commandement, à en croire Lorca, soupçonnait Byr d'être derrière ces entrées illégales.

Toutefois, la déesse demeurait le sujet préféré de tout le monde, aussi bien au Royaume-Uni qu'à travers toute la planète – et les vieilles religions antiques, sans grande surprise, revenaient au goût du jour. Tout le monde, selon sa nationalité, aimait à croire qu'elle dépendait de sa mythologie, mais on se demandait quand même quels étaient, concrètement, ses pouvoirs. A ce mystère s'ajoutaient évidemment d'autres énigmes : était-elle supérieure aux humains à tous points de vue ? Élégance, beauté et charme ? Intelligence, sagesse et pertinence ? Capacités physiques, psychiques et spirituelles ? Pouvait-elle être sensible au maléfice du premier mortel venu ? Etait-elle susceptible d'être soumise à une potion d'un quelconque sorcier ? Avait-elle fait usage de son pouvoir, dans l'ignorance générale, au cours des derniers siècles ? Etait-elle une divinité chtonienne, allégorique ou primordiale ?

Chacun et chacune, y compris à Lavorsy, y allaient bon train sur le sujet. Harry était le premier à s'en amuser, même si lui-même ignorait toujours qui était la déesse. Bien sûr, lui comme Lucretia avaient été largement sollicités par les élèves – aussi bien que par des anonymes ou la presse –, mais tous avaient fait fausse route : les jeunes mariés n'étaient, en aucune manière, dans la confidence, ni même en contact permanent avec Darnell qui, de toute manière, n'aurait sûrement rien révélé.

Une semaine après le coup de force des Trois Grands Malades, personne ne se lassait de la déesse, même si elle cédait petit à petit de la place à Leo, l'autre « star », car devant lancer son raid sur Poudlard. Le Dieu de la Mort fascinait, lui aussi… ou, plus exactement, les mystères qui l'entouraient fascinaient. Tant de puissance chez un si jeune homme, une nature inconnue, une personnalité insolite et un casier judiciaire hors-du-commun – il ne pouvait qu'attiser la curiosité des journalistes. Si Leo était une « célébrité » à Lavorsy, en revanche, il était « presque un dieu dans son pays d'origine », affirmait un reporter. Une constatation qui avait naturellement encouragé d'innombrables lecteurs à envisager la possibilité que le Dieu de la Mort avait son titre pour une bonne raison, même si le professeur Bresch n'avait guère apprécié cette idée : « N'allez pas lui mettre ces conneries dans le crâne, il en a déjà suffisamment comme ça ! » avait-il protesté. Toutefois, et sans grande surprise, c'était le passé du français le plus déjanté de la planète qui passionnait, mais toutes les investigations menaient à des impasses.

Loin des énigmes associées à l'enfance du Dieu de la Mort ou des questions concernant la déesse, Harry avait son mystère bien à lui à résoudre : les âmes du tout-Lavorsy étaient étrangement différentes. Il avait beau chercher, il ne comprenait pas la cause de ce changement, mais quelque chose clochait. Et ça ne datait pas d'aujourd'hui : dès le week-end, il avait senti qu'un « truc » n'allait pas, mais « quelque chose » semblait l'empêcher d'en saisir la nature – et ce n'était certainement pas à Lathar qu'il pouvait demander une explication, l'incarnation flamboyante de sa bibliothèque mentale aimant plus que tout laisser son plus jeune fils trouver les réponses par lui-même.

Il eut cependant d'autres choses auxquelles penser lorsque, traversant murs du premier étage et celui de la salle de duel, un Hermès lui parvint en annonçant : « Ethan, nous avons un problème. Retrouvez-moi dans mon bureau. » Et le Démon, jetant un coup d'œil à Lucretia qui jouait avec le chat de Draya, transplana directement dans le bureau directorial, où Dumbledore y siégeait en remplissant d'hydromel un deuxième gobelet d'or.

− Ah… dit le Serpentard, surpris et coupable. Désolé, j'ai réagi instinctivement…

− Ne vous excusez pas : vous avez répondu promptement et c'est une qualité, dit Dumbledore en l'invitant à s'asseoir. Et il nous faudra réagir tout aussi promptement, car le problème que j'évoquais dans mon Hermès nécessite une franche fermeté et un sérieux… doigté, si je puis dire. Vous n'êtes pas sans savoir que la Confédération internationale se méfie de Leo, n'est-ce pas ?

− Parce qu'il est un être magique inconnu et incontrôlable.

− C'est un peu plus compliqué que ça, mais on peut résumer la chose ainsi, en effet. La Confédération internationale a une politique bien particulière : sa présidence change tous huit ans, et depuis une dizaine d'années, afin d'encourager la jeunesse politisée, elle a entamé un programme appelé « Avenir jeune » : il s'agit de réunir des moins de trente ans prometteurs qui ont pour charge de traiter toutes les affaires internationales concernant la jeunesse. Bien évidemment, la présidence adulte garde un œil sur ses projets et les valident ou non. Depuis six ans, la Confédération est gérée par les Etats-Unis, ses présidents jeune et adulte étant respectivement Eiyan et Lucian Warwick.

− Le fils et le père ?

− Exact. Deux hommes très intelligents, on ne peut pas le nier, mais qui sacralisent l'humanité. Lucian a fait voter plus de décrets pour le contrôle des êtres et créatures magiques en six ans que ses trois prédécesseurs réunis. Malheureusement, ils ne réussissent jamais à montrer la supériorité humaine quand il s'agit de Leo. Pire, la femme que convoite Eiyan, qui est aussi la seule cousine d'Alexa, est une admiratrice inconditionnelle de notre Dieu de la Mort préféré. Toutefois, le père est plus malin que le fils : il sait très bien que face à l'inconnu, il vaut mieux utiliser l'inconnu.

Harry fronça les sourcils, puis comprit.

− C'est pas vrai… souffla-t-il, incrédule.

− J'en ai bien peur. Quand Darnell a annoncé l'entrée en scène de la déesse, j'ai eu un peu peur de la réaction des gens. En usant et abusant de nos amitiés et de notre influence, Horace, Aurélien et moi sommes parvenus à convaincre les médias de se focaliser sur la curiosité et l'enthousiasme des lecteurs en France et dans tout le Commonwealth, mais nous n'avons guère de ces amitiés et influence dans les autres journaux et radios du reste du monde. La question que je redoutais a finalement a été posée : et si la déesse était une menace pour l'humanité ? Question qui n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd, puisque les Warwick – et énormément de politiques – l'ont entendue.

− Ils sont fous ?! s'exclama le Serpentard. Si mon frère a accepté l'allégeance de la déesse, cela veut dire qu'il assume son statut royal : si quelqu'un cherche à s'en prendre à elle, il la protègera ! Ils n'ont donc pas écouté sa devinette ? Que se passe-t-il s'il pose le pied sur un territoire à attaquer ?

− Je comprends parfaitement votre indignation, Ethan, assura Dumbledore, mais les politiques aiment le pouvoir. Qu'ils le recherchent pour le pays, le peuple ou je ne sais quoi, leur principal objectif est d'obtenir le pouvoir, sinon ils ne choisiraient jamais cette carrière. Or, comme vous l'avez dit, Leo est incontrôlable. Il ne se soumettra jamais à l'autorité de l'humanité. Et si l'on met Leo, Darnell et la déesse de côté, il n'en demeure pas moins une autre menace à ne pas prendre à la légère.

Harry ouvrit la bouche, mais se ravisa, à nouveau frappé d'un éclair de lucidité.

− La Sixième Sentence.

− J'en suis convaincu, moi aussi. Comme nos amis français l'ont dit et répété, rien n'est jamais simple avec Leo. De fait, il est plus que probable que la Sixième Sentence relève de quelque chose de beaucoup plus complexe qu'une simple complicité au duel.

Hanzazuki ben'nira. Le Serpentard sursauta, pris au dépourvu, et tourna la tête à sa droite pour voir une gerbe de flammes vertes apparaître dans un ronflement puis prendre une forme plus ou moins humanoïde, ses « yeux » flamboyants d'une lueur dorée. L'incarnation de Lathar avait quitté la bibliothèque, signifiant sa disparition, et avait rejoint le monde des vivants.

− Tu… ?! dit Harry, ahuri.

− J'ai fini ce que j'avais à faire dans la bibliothèque, répondit le père, et tu es désormais assez mature pour « voler par toi-même », comme disent les humains. Tu trouveras les ouvrages liés au Royaume de la Dame du Néant dans la sixième allée à gauche. Pour l'heure, je dois intervenir. Je ne peux utiliser que deux sortilèges, un pour transplaner, l'autre pour enseigner un semblant d'humilité à la Confédération internationale des mages et sorciers. Cela étant dit, Leo Silver mis à part, il y a encore une énigme que j'aimerais éclaircir : Albus Dumbledore, savez-vous si ce Firagan est un oiseau enflammé ?

L'intéressé cilla.

− Non, reconnut-il. Aurélien est assez secret sur la question, encore une fois. Que soupçonnez-vous ?

− Pour faire aussi court que possible, ma naissance et celle de la Dame du Néant ont eu lieu le même jour et créé celles d'êtres que nous nommions « les Lois ». Un peu comme si la magie elle-même cherchait à équilibrer les choses suite à un très grand bouleversement. Parmi les Lois, il y avait Osora, la Mesure, qui voyait et entendait tout ce qui se passait sous le ciel. Sa particularité était de restreindre les émotions zélées des personnes. Dans un certain périmètre, tout du moins. Même les Lois avaient leurs limites. Or, la mère de Darnell leur ordonna, à lui et une autre, de prendre la fuite quand le Royaume s'effondra.

− Il est vrai que Firagan entend et voit bien des choses, admit Harry, mais les émotions restent les…

− Je viens de dire que les Lois avaient leurs limites, fit remarquer Lathar. L'esprit de Leo Silver est peut-être si tordu qu'il accapare toute l'attention d'Osora, s'il est réellement Firagan. En outre, la Mesure ne pouvait s'approcher d'une personne qui possédait une trop grande puissance magique, au risque d'en mourir, à moins que l'Équilibre n'intervienne.

Le Serpentard et Dumbledore échangèrent un regard entendu. Était-il possible qu'ils n'aient jamais pu voir le Super Espion de la Mort parce que celui-ci ne pouvait s'approcher de Leo sans… ?

− Alexa… dirent-ils d'une même voix.

− Vous avez réalisé, constata l'incarnation. Alexa Fellini, quand elle a rencontré Leo Silver, a décrété qu'il était né à peine une minute avant lui, ce qui me laisse à penser que la naissance de ce garçon a engendré celle de cette jeune femme. Moïra, à mon avis, est à la source de la lignée des ancêtres maternels d'Alexa Fellini, qui est devenue le nouvel Équilibre à la minute même où Leo Silver a vu le jour.

− Moïra… répéta Dumbledore. Comme la moïra ?

− Vous en avez entendu parler ? s'étonna le Serpentard.

− Dans la mythologie grecque, la moïra était la loi divine imposant à tout le monde, dieux comme mortels, un équilibre de chance et de malchance, d'échec et de succès, de vie et de mort, etc.

− Les humains ont largement fantasmé ses capacités, mais vous avez raison : Moïra a inspiré la mythologie grecque. Elle a le pouvoir de réguler les excès et les faiblesses. A contrario d'Osora, cependant, elle n'atteint que les sentiments et les pouvoirs. De ce que j'ai pu voir tout au long de l'année, Leo Silver gagne en puissance chaque fois qu'il s'éloigne un peu d'Alexa Fellini – d'où mon soupçon sur l'identité de cette demoiselle.

− Ce qui veut dire que… ! s'exclama Harry.

− Que si elle ne l'accompagne pas dans son assaut contre Poudlard, il disposera de sa puissance maximale, dit Lathar. Toi, tu vas à Poudlard, juste par sécurité. Avec un peu de chance, Leo Silver se ménagera peut-être s'il sait qu'il a un ami à côté de lui. Albus Dumbledore, transmettez à Aurélien Bresch ce que je vous ai dit, peut-être se montrera-t-il plus bavard sur Leo Silver et cette fameuse Sixième Sentence.

Harry se leva de sa chaise et hésita, fixant la haute flamme. C'était une sensation étrange : ce père manipulateur, qui l'avait protégé de la mort lors du grand assaut sur Poudlard mais n'avait fait aucun effort pour le choyer ou se faire aimer, allait tout à coup disparaître et laisser un vide bizarre.

Les yeux dorés et flamboyants se tournèrent vers lui et tendit la main pour la poser sur sa tête, les flammes ne brûlant ni un cheveu, ni la peau du crâne, répandant simplement une douce chaleur ressemblant à celle d'un phénix.

− Il n'existe rien de plus égoïste que de faire un enfant, mais il n'y a rien de plus gratifiant que de le voir devenir humble et sage, Ethan. Tu étais déjà un humain exceptionnel, tu es un Démon qui le sera, n'en doute pas. Reste juste qui tu es, et plains les vivants, pas les morts, car nul ne sait ce qu'il y a de l'autre côté.

Le Serpentard hocha simplement la tête, de peur que sa voix tremble, et transplana dans un éclair de flammes scintillantes pour se retrouver instantanément à la sortie de Pré-au-Lard et à côté de… Darnell ?! Face à eux, une foule de gerfauts cornus, épineux, aux queues en forme de faux, de toutes tailles, de toutes couleurs, avait inondé la grand-rue du village sorcier pour y affronter le Démon millénaire, bien qu'ils ne semblèrent pas vouloir s'en approcher, se contentant de cracher, grogner, siffler, gronder et feuler à une dizaine de mètres de lui.

− Qu'est-ce que… ?! s'étonna Harry.

− Petit changement de programme. Parce qu'il s'était absenté une semaine sans donner de nouvelle, Alexa avait puni Leo jusqu'à aujourd'hui, sauf qu'elle a aussi découvert que cet idiot buvait des potions de Stérilité pour ne pas la fertiliser alors la punition a été étendue jusqu'à la semaine prochaine.

Ces deux-là… songea Harry, désabusé.

− J'imagine que Firagan – ou Osora – t'a déjà rapporté ce qu'il s'est dit dans le bureau de Dumbledore ?

− Évidemment. Même si son allégeance va surtout à Leo, je reste son roi légitime. Et non, je ne savais pas pour Alexa. Son ascendance est depuis trop longtemps « humanisée » pour que même Osora puisse reconnaître sa nature de Loi, et même si sa capacité est la même que Moïra, son pouvoir est bien moins grand – ou alors c'est que celui de Leo est vraiment gigantesque, ce qui ne m'étonnerait pas outre-mesure. A l'époque du Royaume, Moïra se concentrait sur les émotions afin de prévenir tout excès dans les réactions des habitants. Si elle avait cherché à réguler les pouvoirs comme le mien ou celui de ma mère, elle se serait probablement consumée, physiquement ou mentalement.

Une créature de la taille d'une vache, recouverte d'écailles vertes et dotée de six cornes épaisses comme des bras, aboya un défi, une provocation. Darnell posa son regard tricolore sur elle, et l'abomination recula en hâte, plus méfiante que jamais.

− Pourquoi ils ne bougent pas, au fait ? s'intéressa le Serpentard.

− Anteras semble avoir amélioré ses créations. Selon moi, ses nouveaux gerfauts sont plus sensibles à leur environnement, donc on peut partir du principe qu'ils peuvent percevoir qu'ils font face à une menace qu'ils ne comprennent pas. Même si on m'a accordé le titre de « Démon », je suis autant le fils de Lathar que celui de la Dame du Néant.

− Tu peux utiliser les magies des deux, c'est ça ?

− Non, je ne possède que la magie démoniaque, mais mon métissage me permet de convertir les connaissances que j'ai sur la magie de ma mère pour les utiliser avec notre magie. Il doit me rester quelques bouquins sur l'art des nymphes, tu pourras au mieux réussir à adapter la magie de ta mère à la démoniaque, au pire tu en sauras au moins plus sur elle et son peuple.

Harry hocha la tête et regarda à nouveau les gerfauts.

− S'ils ne viennent pas à nous, pourquoi ne vas-tu pas à eux, maintenant que j'y pense ?

− On attend Éris.

Le nom frappa le Serpentard de plein fouet. Avec les délires de Leo de nommer un sortilège de chaque Sentence selon une divinité, plusieurs élèves et Draya avaient appris ou réactualisé leurs connaissances sur la hiérarchie divine de la Grèce, car, à en croire Joanna et les autres français, il y avait de fortes chances que le Dieu de la Mort ne se contente pas de sept Sentences, surtout depuis qu'il n'était plus surveillé par le professeur Bresch.

Éris ?! La Éris ?!

− La déesse « grecque » de la discorde elle-même et, contrairement à ce que les humains ont cru et croient toujours, la plus puissante divinité qui ait jamais existé. Les dieux « primordiaux » n'ont jamais été au sommet : ceux que vous appelez Zeus, Thor, Taranis n'étaient en position de force – et encore – que s'ils avaient accès à la foudre. Les « allégoriques », puisque les humains les appellent ainsi, se nourrissent des émotions de tout être vivant entrant dans le champ d'action de leur pouvoir. La seule qui pouvait et peut tous les capter et s'en nourrir est Éris. Même les gerfauts et nous deux sommes en train de le faire en cet instant. A partir du moment où il existe une minuscule contradiction dans tes émotions, elle se régale. Et n'en déplaise au genre humain, il n'est pas le seul à être surchargé de ces émotions.

Harry ouvrit la bouche, se ravisa puis sentit un soupçon naître dans son esprit.

− Les âmes…

− Le pouvoir d'Éris consiste, la plupart du temps, à nourrir son pouvoir grâce aux émotions discordantes présentes tant dans les cœurs que dans les esprits, mais elle peut aussi les manipuler à sa guise pour soulager la peine d'une personne qui ne mérite pas le drame qui l'accable, tout comme elle peut te rendre fou quiconque jugera-t-elle mériter ce châtiment.

− Il ne vaut mieux pas la contrarier, en somme… Si je comprends bien, elle préparait ton attaque de la semaine prochaine ?

− C'était l'idée, mais les conneries d'Alexa et Leo l'ont obligée à accélérer le mouvement pour atteindre un palier minimal de sentiments à stocker à Poudlard.

− Vous avez prévu quoi, en fait ?

Darnell esquissa un sourire.

− Tu verras.

− Je ve… Quoi ? Tu veux que je vienne ?!

− Tu souhaitais savoir ce qui se passait quand je posais le pied sur un territoire ennemi, non ? Ne t'inquiète pas, tu peux te promener tranquille, mais tu resteras près d'É…

Harry tourna brusquement la tête qu'il s'interrompit et observa la grand-rue, alors que la baguette du Serpentard sautait de sa poche pour atterrir dans sa main. Dans une série de craquements sonores, des Mangemorts, baguettes également tirées, se présentèrent en première ligne des gerfauts et décochèrent vers les deux Démons une pluie d'éclairs verts… qui disparurent à mi-chemin, prenant tout le monde au dépourvu. Tout le monde, ou presque : Darnell était le seul à ne pas avoir bougé, et il ne paraissait guère surpris par le phénomène.

Il leva lentement une main et tendit un index.

Mondenka gomori.

Et dans un grondement quasi-sismique, la terre s'ouvrit en grandes écharpes semblables à des doigts grossiers, saisirent les gerfauts et les mages noirs puis les engloutirent dans le sol. Et il n'y eut plus personne dans la grand-rue, sinon le frère aîné et son cadet éberlué. La terre elle-même n'avait laissé aucune trace de son « soulèvement ».

− C'est… C'était quoi, ça ? Je n'ai vu aucun sortilège qui…

Il n'eut même pas à finir sa phrase qu'il percuta :

− Une malédiction…

− Exact. Comme tu le sais, la langue démoniaque possède deux syllabaires : un pour les sortilèges et la vie courante, et un autre pour les malédictions. Dans le premier cas, Mondenka gomori signifie « Protéger toute chose chère », ce qui nous offre l'opportunité de répandre notre puissance autour de ce que nous souhaitons protéger, tandis que dans le second cas, cela veut dire « Engloutissement de toute corruption ». De par leur nature, les gerfauts et les humains sont condamnés à se soumettre à un tel maléfice, les uns parce qu'ils ne sont pas naturels, les autres parce qu'ils ont menti ou trahi. Même toi, Ethan, tu aurais pu être avalé par ma malédiction si je n'avais pas pointé du doigt la cible, car tu es né, as grandi et penses encore et toujours à la manière d'un humain. Pense à ça : Anteras est plus vieux que moi, peut-être même plus puissant, et selon la tournure que le combat prendra, je ne pourrai pas me soucier de toi. Si j'estime que je dois employer les grands moyens, je ne me demanderai pas si tu es assez loin pour ne pas subir les effets de mes sorti…

Il s'interrompit et tous deux tournèrent la tête à l'endroit précis où apparut une femme des plus mémorables. Elle paraissait à peine plus âgée que Darnell, autour de la petite trentaine, mais il émanait d'elle une aura extrêmement ancienne et sage. Ses longs cheveux bleu-noir scintillaient d'or comme un ciel nocturne et étoilé, le côté droit maintenu en arrière par une superbe broche d'argent sertie d'une émeraude, d'un rubis, d'un saphir et d'une améthyste. Elle était belle sans être belle, froide sans être froide, désirable à souhait mais aussi castratrice. Ses traits finement sculptés d'arrogance la faisaient ressembler à Lorca, mais ça s'arrêtait là. Le plus frappant restaient ses yeux : ils étaient le ciel. Entièrement bleus comme la voute céleste, les très rares nuages qui survolaient la vallée de Poudlard traversaient également les yeux de la déesse au même rythme.

− Ca devrait suffire, déclara-t-elle.

C'était la voix la plus incroyable que Harry eut jamais entendue. Sarcastique, sincère, douce, furieuse, chaleureuse, froide, maternelle, indifférente, tranchante – les intonations se mêlaient les unes avec les autres pour exploser dans chaque syllabe de la déesse, dont l'âme restait hors de portée du Serpentard.

− Bien, allons nous amuser un peu, dit Darnell, s'avançant le long de la grand-rue.

Harry s'arracha à sa contemplation pour emboîter le pas à son frère et à la déesse.

− Puisque tu attaques, dit-il à son aîné, j'en déduis que tu vas utiliser un truc inspiré de la magie de ta mère, non ? Si Éris a collecté tous ces sentiments négatifs, c'est probablement pour que tu « ponctues » leur influence sur les résidents de Poudlard afin de… de leur faire regretter leur allégeance, j'imagine ? Il y a des élèves, je te rappelle ! Ils sont cons, mais c'est surtout à cause de leurs parents !

− Ce qui les rend doublement cons, rétorqua son frère d'un ton très calme. Tu ne vis pas pour tes géniteurs, tu vis pour toi : si tu es assez débile pour obéir à leur volonté et non à la tienne, la mort est le meilleur remède à t'administrer. « Je te rappelle » qu'Éris et moi avons toutes les raisons du monde de vouloir exterminer l'humanité, et nous l'avons autorisée à vivre. Garde tes leçons de morale humaniste pour toi, « je te rappelle » que tu es encore vivant parce que tu es un petit frère intéressant et prometteur, c'est tout.

Harry ne répondit rien. Il n'était toujours pas d'accord avec cette mauvaise impression que lui inspirait le plan de la déesse et de Darnell, mais les arguments de son aîné retentissaient dans sa tête comme une gifle l'aurait fait sur sa joue.

Ils sortirent de Pré-au-Lard en silence, empruntant la longue route menant jusqu'à Pré-au-Lard. Le Serpentard observait les buissons et les arbres bordant la voie, intrigué, méfiant, mais il dut se rendre à l'évidence : le chemin n'était pas surveillé par les gerfauts. Il eut vite fait de ne plus s'en soucier, car, du coin de l'œil, il vit la déesse lever le nez vers le ciel, comme si elle « captait » quelque chose.

− Anteras semble avoir compris que c'est toi qui attaques, et non Leo, annonça-t-elle. Il rappelle plusieurs groupes pour les poster dans le château.

− Sa nouvelle génération de gerfauts et lui doivent partager un lien, dit Darnell. Ca expliquerait comment les Mangemorts ont su qu'il y avait un problème à Pré-au-Lard. S'il diminue volontairement la défense dans le parc, c'est probablement parce qu'il veut me tester pour comprendre mon pouvoir… ou bien, comme on s'y attendait, qu'il se méfie surtout de Leo et de toi, car aucun livre ni personne, parmi ses alliés, ne sauraient lui expliquer concrètement ce que vous êtes. Mais bon, il peut faire ce qu'il veut avec le placement de ses gerfauts, ça ne changera rien.

− Il serait préférable qu'il n'identifie pas la nature de ton pouvoir, cependant, dit Éris. Si Anteras le fait, nous aurons perdu un atout, car il saura à quoi s'attendre quand il faudra batailler pour reconquérir cette école. Contente-toi du parc, il y a assez de gerfauts pour que tu battes le record de Midori.

− Ce n'est pas vraiment de battre son record qui m'intéresse, mais plutôt de défier Leo. Si nous l'éloignons d'Alexa, il sera capable de nous montrer son vrai pouvoir, et je préfère savoir ce dont sont capables mes alliés, surtout quand ils perçoivent le monde différemment.

Harry doutait sérieusement que le professeur Bresch – ou même Dumbledore – accepte que Leo s'éloigne trop d'Alexa, en particulier après les révélations de Lathar, mais il oublia de le signaler dès qu'ils franchirent la courbe menant au portail, car au-delà des grilles fermées par une chaîne, l'horreur les attendait. Il y avait tant de gerfauts que les compter paraissait être une véritable quête, et leurs grondements réunis sonnaient comme un tonnerre prolongé, tandis que Darnell, Éris et son petit frère s'approchaient.

− La chaîne risque de poser problè… commença le Serpentard.

Et la chaîne se déroula et tomba au sol dès que l'ainé des deux Démons posa un doigt dessus. Les grilles s'ouvrirent, mais les gerfauts n'attaquèrent pas : comme ceux de Pré-au-Lard, ils prirent tout à coup conscience d'une menace qu'ils n'avaient encore jamais rencontré, qu'ils ne parvenaient pas à identifier.

Darnell se tourna vers la déesse et son cadet.

− Il est peu probable qu'Anteras et Voldemort emploient leurs cartes maîtresses pour une seule personne, affirma-t-il, mais on disait aussi qu'aucun peuple du Royaume n'oserait trahir ma mère. Éris, tu gardes Ethan ici. L'impulsivité des humains est trop profondément ancrée en lui pour qu'il ne réagisse pas si le Basilic ou la dernière Lame intervient. Ca va me prendre une ou deux minutes pour créer le Pilier.

− Je veillerai sur Son Altesse.

Pilier ? Altesse ?! s'étonna Harry. Il ne savait pas de quoi le premier retournait, mais le titre princier l'embarrassa. Même si Darnell était son demi-frère, il ne voyait pas très bien pourquoi il serait considéré comme de la famille royale, sachant que ce n'était pas leur père mais la Dame du Néant, la mère de son frère, qui avait fondé le Royaume.

Le Démon millénaire se retourna à nouveau, cette fois vers l'entrée de Poudlard, et franchit le portail. Son pied se posa sur le sol… et les gerfauts moururent. Tous. Instantanément. Il fallut quelques secondes pour que Harry enregistre l'information, tandis que son aîné remontait l'allée menant jusqu'au château.

− Que… Qu'est-ce… ?! balbutia le Serpentard, incrédule. Co… Comment… ?!

− L'Annihilation, répondit Éris. Tout pouvoir inférieur à celui de ton frère meurt au gré de sa volonté. C'est la raison pour laquelle les sortilèges de Mort de ces humains, au village sorcier, se sont volatilisés : la magie employée était trop faible pour atteindre Sa Majesté. Et parce que les gerfauts sont nés d'une certaine forme de magie, leur existence a succombé à ce même pouvoir.

Harry resta bouche bée un court instant. Il comprenait beaucoup mieux pourquoi Lathar se méfiait du pouvoir de Darnell – et pourquoi la déesse ne voulait pas que son roi déploie son pouvoir jusqu'au château : s'il pouvait annuler toute magie étant plus faible que la sienne, Anteras n'aurait sans doute eu qu'à croiser le premier portrait pour comprendre… Mais un détail ne manqua pas de ressurgir dans l'esprit du Serpentard. Dès qu'il l'avait entendue, cette phrase l'avait interpellé, mais il n'avait rien dit. Or, Éris paraissait bien plus bavarde que Darnell.

− Qu'entendait-il par « on disait aussi qu'aucun peuple du Royaume n'oserait trahir ma mère » ? questionna-t-il.

− Pour quoi penses-tu que les anges aient une place si importante dans les croyances humaines ?

− Les… ?!

− Les anges étaient des êtres de lumière, poursuivit Éris. Ils faiblissaient sensiblement quand la nuit tombait, et perdaient la grande majorité de leurs pouvoirs quand la lune était noire ou que le soleil ne perçait pas les nuages. Or, la lumière n'a aucun sentiment. C'était du moins ce que je pensais, à l'époque, mais les anges se sont révélés aussi narcissiques et cupides que tous les êtres aspirant à dominer les autres. Plus que ça, ils ont compris que la lumière pouvait être présente dans les cœurs et sont venus à la conclusion qu'ils pouvaient surpasser La Dame, mais c'était compter sans « le Diable », comme ils l'appelaient.

− Lathar ?

− Ton frère.

Harry cilla.

− Quoi ?! Il n'avait que deux ans quand… quand…

Oh le con ! se blâma-t-il, réalisant son erreur.

− Mon père ne parlait pas en « année humaine »…

− Définir le monde n'a jamais été la propriété exclusive de l'humanité, Altesse. Ca vaut aussi pour le temps. Pour nous qui vivons des millénaires, un siècle n'est qu'une semaine, mille ans ne sont qu'une année. Sa Majesté avait 224 ans quand Notre Dame est morte et que le Royaume s'est effondré. La trahison des anges a réveillé une colère incommensurable chez Darnell, et comme tu l'as deviné, chez Lathar aussi. Tout comme chez les peuples que la Dame avait recueillis et proté…

Darnell s'arrêta aux portes du château, attirant leur attention. Dans un claquement semblable à un coup de fouet immense, il tapa des mains et sa voix s'éleva comme un tremblement de terre :

Sonsadze Obima !

Harry écarquilla les yeux, alors qu'une obscurité surnaturelle s'élevait du sol pour s'élever jusqu'au ciel et s'étendre sur le territoire de l'école. Sonsadze Obima… Le Pilier Céleste des Ténèbres Éternelles ? Ce n'était pas un sortilège, ni même une malédiction ! C'était…

− Une prison ?!

− Le néant, précisa Éris. La Dame utilisait cet enchantement pour punir leur arrogance aux premiers humains ayant attaqué le Royaume. Nulle lumière ne peut percer ces ténèbres, nul esprit ne peut s'y orienter. Même quand ils n'ont pas peur du noir, les humains recherchent tout de même la lumière. Si nous les en privons, nous les atteindrons directement à l'âme. Toutes les émotions négatives que j'ai récoltées et entreposées à Poudlard nourriront celles déjà présentes dans les cœurs des occupants de l'école. Colère, peur, jalousie, ambition, etc.

− Ils vont… Ils vont devenir fous ! S'entretuer !

− Épargne-nous ton humanisme, frérot, dit Darnell, surgissant de la gigantesque colonne de ténèbres, le portail se fermant à son passage. Anteras ne sombrera pas aussi facilement. Et même s'il n'a aucune affection pour ses alliés, y compris les élèves pour qui tu t'inquiètes, il les raisonnera de toutes ses forces pour ne pas affaiblir son armée. D'autant qu'ils représentent une arme efficace, car les adultes hésiteront face à des enfants.

Des traits de lumière fusèrent en tous sens, vers le nord, l'est, l'ouest, le sud, le ciel, ainsi que le trio, mais les sortilèges qui visaient ce dernier disparurent presque aussitôt sortis du Pilier, le pouvoir de Darnell les « exterminant » immédiatement.

− Passons à l'étape la plus difficile, dit le frère aîné d'un ton très naturel. Si nous voulons comprendre le pouvoir de Leo, il faut convaincre Alexa de le libérer de son enchantement pour qu'il créé une Sentence capable de neutraliser Sonsadze Obima. Sa magie a beau être différente, ce merdeux perçoit le monde comme le faisait ma mère, et le fait qu'Alexa et Osora doivent concentrer leurs efforts sur lui seul ne manque pas de me travailler. Ethan, tu la connais mieux que nous : comment tu ferais ?

Harry n'eut pas vraiment besoin de réfléchir, d'autant que la réponse – divine – était juste à côté de lui.

− La connaissant, Alexa doit fantasmer sur Éris, dit-il.

La déesse tourna la tête, contemplant le ciel de ses yeux célestes, visiblement à la recherche des émotions de la Reine de la Mort.

− Ton Altesse a visé juste : Alexa semble vouloir m'emmener dans les bains des Sedulans, déclara-t-elle. Je voulais voir ce qu'ils avaient de si fameux, de toute façon. Majesté, je pars devant.

Et elle disparut aussitôt, alors que de nouveaux maléfices jaillissaient du Pilier, ceux visant Harry et Darnell se volatilisant presque immédiatement.

− Elle n'a pas l'air de comprendre qu'Alexa ne se contentera pas de regarder… dit le Serpentard.

− De qui crois-tu parler, humain ? rétorqua Darnell sur le ton de la conversation.

A sa propre surprise, Harry prit très mal d'être « insulté » de la sorte, mais il perçut nettement une humeur dangereuse qui se dégageait de son frère. Il ne s'excusa pas, ne se vexa pas ouvertement : il comprit juste, mieux que jamais, que son enfance et son ancienne vie l'emprisonnaient autant que de l'immense prison créée par son frère.

De nouveaux sortilèges jaillirent de tous les côtés du Pilier, certains prenant les deux frères pour cibles, mais ils se volatilisèrent, anéantis par le pouvoir de Darnell, qui saisit son cadet par le col de son uniforme et le fit transplaner avec lui dans la grand-rue de Pré-au-Lard.

− Pour une prison dans laquelle on ne peut pas s'orienter, je trouve qu'ils sont vite sortis du château, dit Harry.

− Et c'est bien là la preuve de ta naïveté, petit frère : ces sortilèges n'étaient pas de l'ennemi, mais de Leo.

− H… Hein ?!

− Je te critique, mais c'est en réalité ma faute, assura Darnell. Après avoir récupéré la RITM et être rentré à la Cité, Midori, Leo et moi avons été boire un coup… plusieurs coups, en fait. Je n'ai pas prêté attention à ses propos lorsqu'il m'a dit : « Fais attention à ne pas poser le pied trop fort. », mais je viens de comprendre. Cet emmerdeur a piégé Poudlard pour qu'une puissance plus grande que sa protection déclenche cette salve de sorts.

Harry eut l'impression de revenir au début de l'année scolaire, le jour où Beauxbâtons était arrivé et qu'Alexa avait décidé qu'il serait le Stratège de la Mort : « Je vais te désigner comme Stratège de la Mort, deuxième du nom ! Leo est le premier du nom, mais son titre de Dieu de la Mort est plus orgasmique. Ca ne veut pas dire que je ne fantasmerai pas sur toi, hein ! »

− Il a dû installer son piège quand il a appris qu'il nous faudrait abandonner Poudlard, dit le Serpentard. Il s'attendait, sans doute, à ce qu'Anteras active la protection… A quel point ce mec est-il brillant, sérieux ?!

− Probablement plus qu'il veut bien nous le faire croire, mais passons. Ethan, je veux que tu rentres et préviennes Albus et Lorca que nous allons utiliser Lavorsy comme « terrain d'essai » pour le Portoloin amélioré. De fait, nous supprimerons toute capacité de transplanage. Demande aussi à Aurélien s'il peut encourager Alexa à libérer Leo, au cas où Éris échouerait.

− D'ac…

Il se figea aussitôt, abasourdi.

− Comment j'ai pu oublier ça… ?! murmura-t-il, consterné par sa propre bêtise.

− Quoi ?

− Leo ! Bresch et Alexa l'ont dit : il adore inventer, et il est plus que doué pour ça ! Il a sa susceptibilité bien à lui : s'il sait que l'Alliance cherche à créer un Portoloin amélioré sans lui, il cherchera à en créer un de son côté, d'autant que l'artefact est basé sur sa capacité à transplaner où bon lui…

Darnell plaqua soudainement une main sur sa bouche pour le faire, les yeux levés vers le ciel et – pour la première fois – se montrant ouvertement émotif. L'air singulièrement inquiet, il fouilla la voûte céleste, puis serra les dents… et la terre trembla violemment, les vitrines et vitres des magasins et habitations explosant aussitôt.

Puis le calme revint.

− C'était… C'était quoi, ça ?! s'exclama Harry, déconcerté.

− Rentre et prépare un deuxième lit : tu es le père d'une deuxième fille, décréta Darnell.

Et il disparut dans une gerbe de flammes.

TADAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIMA !

Bon, je ne vais pas vous mentir, ce chapitre est le seul moyen que j'ai trouvé pour avancer dans cette histoire, donc ayez un peu d'indulgence :'( De toute façon, si n'en montrez pas, je tuerai votre personnage préféré, mouahahahahahahaha !