CONTE (PRESQUE) DE FÉES EFFRAYANT :

LE MORT ENFLAMMÉ ET LA MAGNIFIQUE TERREUR

C'est une exclusivité à laquelle La Gazette du Sanglier Lavorsien ne s'attendait pas, mais qui s'en plaindrait ? Pendant que nos confrères s'interrogent sur la gigantesque colonne d'obscurité qui a envahi les terres de Poudlard et s'élève vers les cieux, nous pouvons vous révéler que, contrairement à ce que l'on pensait, contrairement à ce que le Démon Darnell assurait à l'antenne de la RITM, ce n'est pas Leo Silver qui a attaqué l'école de sorcellerie… mais Darnell lui-même ! Son petit frère, Ethan Potter (Serpentard), y était, mais pour ne pas risquer que les Démons Anteras et Byr comprennent la nature du pilier, il a refusé d'en parler, ce qui est tout à fait compréhensible.

Toutefois, notre camarade n'est pas le seul à être parti se « promener » : Ethan envoyé à Poudlard, son absence n'allait pas manquer d'interpeller son épouse, Lucretia (Mogg) Potter, si bien que le professeur Dumbledore vint la prévenir. Jamais avare de questions, nous lui en avons posé beaucoup, mais il n'a rien voulu dire… jusqu'à ce qu'une idée spontanée, comme il en a le secret, lui traverse l'esprit. C'est tout naturellement qu'il a donc proposé à notre rédacteur-en-chef, Kenny Ash, de se rendre à Strasbourg, en France, au siège de la Confédération internationale des mages et sorciers – qui ne se réunira pas, selon l'agenda officiel de l'institution, avant le 1er juillet. Inutile de demander pourquoi, le sourire du directeur de Poudlard-Lavorsy dit clairement qu'il ne nous révèlera rien.

Rédacteur-en-chef devenu envoyé spécial, Ash (Serdaigle) atterrit de l'autre côté de la Manche à l'aide d'un Portoloin, dont nous ne demanderons pas la légalité, et… découvre que la Confédération organise une assemblée exceptionnelle. Et il y règne une étrange atmosphère. Consternation ? Inquiétude ? Détermination ? Difficile à dire. La raison de cette séance elle-même ne semble pas vouloir être évoquée ouvertement.

L'aventure aurait pu s'arrêter là : dénoncée par « un confédéré », la présence d'Ash attire l'attention des vigiles. Mais c'était compter sans Aurélien Bresch, directeur de l'Académie de Beauxbâtons enseignant actuellement à Lavorsy.

« TOUCHEZ A CE GOSSE ET JE VOUS EN METS UNE ! rugit-il, visiblement très en colère. »

Et les vigiles déguerpirent plus vite qu'ils étaient venus. Preuve, s'il en fallait une, que le professeur Bresch demeure, en France, un héros légendaire de la guerre contre Gellert Grindelwald, et dont l'autorité et la réputation (et la fureur) n'ont pas faibli. Il ne nous expliquera pas la cause de cette mauvaise humeur que seuls certains de ses élèves savent provoquer. Mais il ne nous faudra attendre qu'une minute pour la deviner, car les portes de l'hémicycle s'ouvrirent, et les confédérés entrèrent. Et l'ambiance étrange rapportée par Ash le devint encore plus… jusqu'à ce qu'un homme hilare pointe le bout de son nez, et pas n'importe qui !

Alain Bonfort, autre héros de la précédente guerre, ancien directeur de Beauxbâtons et dorénavant ministre français de la Justice magique, se gausse et rejoint le professeur Bresch et notre rédacteur-en-chef dans les gradins. Nous l'interrogeons sur son hilarité, il rit encore plus, à la limite de pleurer, alors que les portes se referment.

L'attention générale se concentre alors sur le panneau par lequel Lucian Warwick, le président de la Confédération, un « ultra-humaniste » revendiqué, doit entrer pour rejoindre son pupitre. Le professeur Bresch parvint à calmer Mr Bonfort, et Mr Warwick, 63 ans, fait son apparition, l'air solennel. Et l'atmosphère devient toujours plus étrange…

« Chers collègues, chers amis, je m'excuse de cette convocation spontanée ! assure-t-il. Mais nous sommes confrontés à une situation critique ! Comme l'ont souligné certains médias (ndlr, ultraconservateurs ou religieux), une grande question se pose et doit être posée : et si cette prétendue « déesse », annoncée par ce prétendu « Démon », menaçait l'autorité humaine ? Ce monde est monde parce que nous l'avons fait monde ! Regardez notre Histoire ! Quelle créature magique en a fait autant, franchement ? Quel peuple magique est plus soudé que l'humanité ? Pendant des siècles et des siècles, nous avons enseigné aux Moldus, et nous avons appris d'eux ! Nous avons la science ! Nous avons la sagesse ! Nous avons le pouvoir ! L'Homme est fort, il est intelligent, il est évolué ! Combien d'animaux ou d'êtres magiques peuvent prétendre rivaliser avec nous ? J'ai la réponse à la menace que pourrait présenter cette soi-disant déesse. Car nous ne savons rien de sa nature, de son pouvoir, de sa puissance, utilisons un monstre (ndlr, Leo Silver) dont nous ne savons ri… »

Et le ministre Bonfort de l'interrompre dans un éclat de rire impressionnant – apparemment célèbre. D'autres rirent, en toute discrétion… jusqu'à ce qu'une flamme vert émeraude, ronflant comme mille feux de bois, n'apparaisse subitement juste devant le pupitre de Mr Warwick, qui recula, effaré. Les yeux brûlant d'or, Lathar, Démon du Temps, père de Darnell et de notre camarade Ethan Potter, pourtant mort depuis des millénaires, est revenu parmi nous – et il n'est pas content du tout, si l'on en croit le malaise profond qui semble faire trembler l'air lui-même.

« Il n'est pas dans la nature d'un Démon de s'énerver, annonce-t-il avec un calme des plus inquiétants, mais je dois dire que je suis très contrarié. J'ai dû annoncer à Ethan que je devais mourir définitivement, je n'ai pas pu dire à Darnell à quel point j'étais fier de lui, et tout ça à cause de vos conneries. Tuer la déesse ? Utiliser l'ami de mes enfants pour y parvenir et protéger le « pouvoir » de l'humanité ? Apprenez à rester à votre place, primates. Vous existez encore parce que la déesse et Darnell vous en ont accordé le droit. Parce que la Dame du Néant (ndlr, la mère de Darnell) et moi vous y avons autorisé. Et ce n'est pas dans mes habitudes de regretter mes choix, car je les assume tous, mais je peux réparer une erreur. Ne vous en faites pas, vous n'allez pas mourir. Pas encore. Le Temps est un pouvoir effrayant, car nul ne peut s'y soustraire, pas même la technologie. Je vais épargner les hôpi… »

Lathar s'interrompt et se retourne vers les portes, comme interpellé par une pensée soudaine.

« Finalement, reprend-il, je vais utiliser mon dernier sortilège pour aller voir Darnell pour l'embêter une dernière fois, et je vais vous laisser entre ses mains. Je ne crois pas utile de vous le préciser, mais je vais le faire quand même : cette jeune femme n'est pas quelqu'un qu'il faut énerver. Sauf si vous tenez à mourir dans la seconde qui suit. »

Et de disparaître dans un ronflement sonore… et les portes de la salle s'ouvrirent dans un grand fracas la « seconde qui suit » sur… Alexa Fellini ?! Le professeur Bresch bondit, le ministre Bonfort le force à se rasseoir en prononçant une phrase bien mystérieuse :

« Elle est encore Alexa, dit-il, se voulant rassurant. »

L'ex-Serpentard, « compagne » de Leo Silver entre, surchargée de sacs, et… une profonde fissure part de son pied pour fendre le sol et atteindre le pupitre de Mr Warwick afin de le briser en deux (le pupitre, pas Mr Warwick). Le président de la Confédération internationale bat en retraite, rejoignant ses soutiens. Kenny Ash nous dira que, malgré son sourire, il émane une « terreur innommable, inqualifiable » de la Reine de la Mort (ndlr, surnom donné à Miss Fellini.)

« J'ai entendu une drôle d'histoire, déclare-t-elle d'un ton enjoué extraordinairement menaçant. Je faisais joyeusement mon shopping pour trouver les cadeaux que je ferai à mes amis quand, tout à coup, j'apprends qu'une certaine institution est réunie pour un certain projet visant à utiliser un certain Connard de la Mort (ndlr, Silver) afin de tuer la déesse si celle-ci se révélait être une menace pour une certaine espèce primitive… Sauf que je suis l'actualité, donc je suis un peu étonnée parce que la certaine institution n'est pas censée se réunir avant une semaine et demie. Alors comme ce n'est pas très loin, j'utilise le Portoloin de la Mort et… que vois-je ? Ladite institution est réunie ?! Je vais poser une question : se pourrait-il qu'en fait, l'histoire soit vraie ? »

Silence total. Personne ne bouge, personne ne parle, personne ne se regarde. Une scène surréaliste ! Une jeune femme, âgée de 17 ans, terrorise par sa seule voix, par sa seule présence, une assemblée composée de sorciers et de sorcières moins jeunes, plus expérimentés, dont certains ont même combattu lors et survécu à la guerre contre Gellert Grindelwald. Ash ne trouvera aucun mot assez fort pour décrire l'ambiance.

Posant ses sacs sur le pupitre qui se répare de lui-même, la magnifique blonde, le sourire toujours accroché aux lèvres, poursuit, mais sa bonne humeur est plus effrayante que jamais :

« Je dissous la Confédération, lâche-t-elle, sa déclaration retentissant comme un coup de tonnerre dans les esprits. J'ai toléré jusque-là que vous autres, singes, vous pensiez supérieurs à Connard de la Mort pour lui imposer vos lois, mais je ne peux pardonner que vous ayez poussé Lathar, le père de mon Chouchou adoré (ndlr, Ethan Potter), à précipiter sa mort, et de ce fait, de faire de Chouchou un orphelin. Je recréerai une institution internationale plus équitable le mois prochain. Sur ce, bo… Ah non, j'allais oublier ! Par un accidentel accident, j'ai accidentellement lancé une malédiction sur cette assemblée : dans une semaine, vous perdrez tout pouvoir magique et deviendrez de simples Moldus, sauf si vous offrez une peluche à ma Ninie d'amour (ndlr, Leonie Cordell, Gryffondor). C'est tout ! Bonne journée ! »

Harry interrompit sa lecture ici. Certains avaient déjà fini, d'autres trainaient pour se régaler du barbecue-surprise que le directeur avait organisé sur un coup de tête. Les longues tables avaient été, pour l'occasion, sorties du bâtiment central pour y crouler sous le soleil resplendissant et les plateaux d'or surchargés de brochettes, steaks, pommes de terre, saucisses, etc.

− Elle est vraiment folle, en fait… dit Brythe, ahuri.

− C'est ce que je me suis dis, avoua Kenny, mais peut-être pas tant que ça.

− Ne me dis pas que… ! s'exclama Mary.

− Si : la Confédération est d'ores et déjà dissoute. Dès qu'Alexa est repartie, les gradins se sont vidés ! C'était juste… la scène la plus surréaliste que j'aie jamais vue ! Mais il faut dire que cette… cette aura qui émanait d'elle ne te laissait pas trop le choix… Tu… Tu avais l'impression que si tu bougeais, parlais, sourcillais, soupirais, t'étais mort… Même si ça fait quatre jours, j'en fais encore des cauchemars. M'enfin, on a du bol, l'attaque de Poudlard par Darnell focalisait tant les pros qu'on a pu s'offrir un dernier scoop.

− A ce sujet, dit Beauchesne, le style de l'article est différent de celui que tu utilises, non ?

− Ce n'est pas moi qui ai écrit l'article, approuva le Serdaigle. Guerre ou pas, mort ou pas pendant la reprise de Poudlard, je finis ma scolarité à la fin du mois, alors Dumbledore m'a demandé de me trouver un successeur. Donc, j'ai testé l'équipe et Celina a remporté la partie haut-la-main. D'autant qu'elle n'est qu'en quatrième année et qu'elle ne compte pas participer à la bataille.

− J'espère qu'on ne va pas attaquer trop tôt, dit Leonie, Draya sur les genoux, et armée d'une peluche de fennec envoyée par un désormais ex-confédéré égyptien. Je n'ai pas encore reçu toutes mes peluches.

− Elle était sérieuse, sa malédiction, d'ailleurs ? demanda Matthain.

− Oh que oui, assura Joanna. Vous savez tous que Leo manipule plusieurs magies en même temps, mais il le peut parce qu'il a un don phénoménal pour trouver leurs « connexions », si je puis dire. Et c'est un curieux insatiable. Quand il a appris qu'Ethan était un Démon, vous pouvez être sûrs qu'il s'est intéressé à la magie démoniaque… et qu'il a trouvé un moyen afin de l'adapter à sa propre magie. Il s'est sûrement inspiré aussi de ce qu'il sait de Lathar, de Darnell et de Midori. C'est un vrai danger, ce mec. Les interventions de Bresch et Bonfort mises à part, c'est parce que ses capacités font peur que la justice n'a jamais osé le punir trop sévèrement. Ah ?! Tant que j'y pense, Alexa est vraiment repartie tout de suite ?

− Heu… non, dit Kenny, pris de court par la question. Elle nous attendait devant le bâtiment pour nous donner les sacs... et nous balancer à la tronche : « Comme vous avez grandi, j'ai failli ne pas vous reconnaître, tous les trois ! »

Quelques élèves partirent à rire.

− Est-ce qu'elle a dit quelque chose sur ce que prévoit Silver ? demanda Beauchesne.

− Il n'a encore rien décidé. En fait, dans la stratégie des Trois Grands Malades, le Pilier de Darnell devait être le… coup final à leurs raids, sauf que l'ordre a été bouleversé et le frère d'Ethan trouve plus drôle de laisser Leo se démerder plutôt que de lui dire comment le désactiver. Du coup, elle a reporté la punition de Leo… « Il faut bien qu'il s'amuse », qu'elle a dit. Et Bresch et Bonfort lui ont immédiatement ordonné d'aller à Poudlard avec lui pour le contrôler et l'empêcher d'entrer dans le château pour s'y « amuser » aussi... J'aime bien Alexa et Leo, mais il y a vraiment un truc qui ne tourne pas rond chez eux… Qui trouverait « amusant » d'aller se bagarrer avec des milliers de gerfauts, Anteras, Voldemort et les Mangemorts, sérieux ?! Sans parler du Basilic et la Lame du...

Il fut interrompu lorsque le poste de radio qu'il promenait toujours avec lui s'alluma soudainement dans un grésillement, comme habité d'une volonté propre, et tout le monde arrêta aussitôt de manger. Dumbledore, accompagné des professeurs, et les étudiants assis aux autres tables, s'approchèrent d'un pas vif, curieux, impatients et décontenancés.

Il y eut un bref silence, puis une voix familière et joyeuse s'éleva :

Toujours pas enceinte mais bandante comme jamais, votre Reine de la Mort préférée est dans la place !

− Tata Alexa ! s'enthousiasma Draya.

− TU RESTES ICI ! tonna Lucretia, sentant la Shadrian prête à partir pour rejoindre la vallée de Poudlard.

− Comment tu fais peur quand tu cries, maman ! s'émerveilla la fillette, comme à chaque fois qu'elle pouvait admirer les moments d'autorité de la belle blonde.

Au cas où vous vous demanderiez pourquoi je suis diffusée sur toutes les stations, reprit Alexa, c'est très simple : il se pourrait, à l'insu de notre plein gré, que nous ayons momentanément piraté les ondes radio. Ne vous inquiétez pas : nous ne vous en voulons pas d'avoir une transmission aussi peu sécurisée.

− C'est possible, ça ? s'étonna Nadège.

− Si les ondes peuvent être émises, elles peuvent être détournées, souligna le professeur Bresch. Ce n'est pas aussi corsé que ça en a l'air du moment qu'on sait comment ça fonctionne. Le faire sur tout un pays n'est pas à la portée de n'importe qui, bien sûr, mais ce n'est pas aussi impressionnant que ça semble l'être. Ce qui me surprend et m'inquiète le plus, c'est la raison de cet assaut inattendu. Ce matin encore, Firagan me confirmait que Leo ne savait toujours pas comment désactiver le Pilier ou s'en servir, ni même ce qu'il allait faire.

− Connaissant cet abruti, il compte improviser une fois sur place, dit Beauchesne.

− C'est justement ce qui me fait peur…

Sans transition, j'ai une ou deux annonces à faire. La première concerne la future Confédération de la Mort. J'ai déjà nommé Endory pour représenter les elfes de maison, Mélie pour en faire de même avec les Vélanes, Aseck pour les gobelins, Saranna pour les vampires et Anbemar pour les centaures. La seconde annonce est destinée à Antémort et Voltarace… Non, c'est pas ça… Merde, comment ils s'appellent ?... Enfoiré de Midori, il m'a retourné le cerveau à force de mélanger tous les noms ! BREF ! Le méchant Mage noir et le vilain Démon du Lorgath, il serait souhaitable que vous jetiez toutes vos forces à la rencontre de Feignasse de la Mort ou il va le prendre très mal. Mais essayez quand même de l'égratigner pour que je sois son infirmière !

− Elle dit ça comme si Silver suffirait pour éclater tout le monde… souffla Roby, déconcerté.

Le professeur Bresch ne dit rien, résistant clairement à la tentation de se précipiter auprès d'Alexa pour surveiller Leo et la Reine.

Ah ?! s'étonna Alexa. On dirait qu'Antévol a réussi à affaiblir le Pilier Céleste des Ténèbres Éternelles, car il y a des Vol'dek qui en émergent et s'éparpillent pour survoler toute la vallée. On dirait qu'ils cherchent une blonde super sexy. La grande question est : s'ils me repèrent avant que Dégénéré de la Mort arrive, qu'est-ce que je fais ? Si je lui pique ses jouets, il va bouder pendant un mois et je n'aurais plus mes neuf orgasmes quotidiens et je me suiciderai sans avoir mon bébé ni fait ça, ça et ça avec Chouchou, Lulu', Lily, Ninie, Cassie et Ana !

− CA N'ARRIVERA JAMAIS ! s'écrièrent les filles, Harry se contentant de hocher la tête d'un air désabusé.

Oh, ça me fait penser que l'ex-petite amie de Clément m'a raconté des choses très intéressantes. On pourrait peut-être l'inviter à se joindre à nous.

− Crève… dit Beauchesne, excédé.

Bah mince alors, j'ai été repérée, indiqua la Reine sur le ton de la conversation.

Un étrange rugissement suraigu, probablement une sorte d'appel, s'éleva en effet la seconde d'après du poste de radio.

Bah mince alors, ils sont morts. On dirait un feu d'artifice, mais à la place de jolies lumières, on a du sang, des bras, des jambes, des torses, des têtes qui volent en tous sens. C'est assez beau, en fait. J'aurais dû prendre mon appareil photo et envoyer une copie à nièce Draya, tiens… Ah, attends ! Pourquoi ils sont morts ?!

Ils étaient sur mon chemin, de gozaru.

Bien imbibée – pour ne pas changer –, la voix de Leo conservait toujours cette extraordinaire capacité à articuler comme s'il était sobre.

Pourquoi c'est toujours quand on est habillés que tu t'approches de moi par-derrière ? demanda Alexa, irritée.

Plusieurs élèves rirent, tandis que le professeur Bresch paraissait plus las que jamais.

Ne dis pas des choses comme ça, il y a des enfants qui nous écoutent, de gozaru.

Les enfants sont moins innocents qu'on le croit, affirma Alexa. Ils le sont même moins que les parents qui croient que leur gosse doit atteindre l'adolescence pour qu'il soit en âge de comprendre la sexualité. Quand ils voudront lui en parler, le môme aura déjà fait ça, ça et ça plus d'une fois et le blâment parce qu'il n'a pas été assez prudent.

− Je suis d'accord avec elle, mais elle part en vrille, non ? demanda Sirius.

− C'est l'anniversaire d'un ancien voisin qu'elle avait et adorait quand elle était enfant, expliqua le professeur Bresch. A cause d'une maladie sexuelle, ses parents l'ont déshérité car « la lignée de la famille était menacée de corruption », selon eux. Plus personne ne se souvient de sa maladie : on ne se rappelle que du très grand brigadier qu'il était. Aujourd'hui encore, des recrues vont déposer des fleurs sur sa tombe pour l'honorer. Et comme vous l'aurez deviné, c'est lui qui a inspiré le nom de « Brigade de la Mort ».

− Je suis sûr que c'est une histoire très triste, dit Avery, mais vous ne trouvez pas que le silence de Silver et Fellini est… étrange ?

Tout le monde se concentra de nouveau sur le poste de radio. Le Serpentard n'imaginait rien : le silence était vraiment le plus bizarre que Harry ait jamais entendu, mais il n'arrivait pas à le décrire. On n'entendait absolument rien, ni le vent, ni les oiseaux, ni la respiration d'Alexa qui tenait le micro.

− La transmission a peut-être été coupée, suggéra Brythe.

− Non, assura Beauchesne, le regard intense. Silver réfléchit, c'est tout.

− Hein ?! s'exclamèrent plusieurs, élèves comme professeurs, interloqués.

− C'est un phénomène assez rare, dit Lambert, mais quand cet abruti réfléchit, la nature elle-même semble s'arrêter. Un peu comme si le vent retenait son souffle, que la pluie n'osait plus tomber de peur de le gêner et des trucs comme ça. Silver a une concentration si hors-norme que le monde semble craindre sa réaction si on le dérange ! Je l'ai vu : ce dégénéré n'arrivait pas à se décider entre une robe de bal noire et une autre de couleur bleue, et ça le travaillait tellement qu'il s'est assis parterre et la neige s'est figée dans les airs dans tout le village ! Il a fallu que toute la Brigade intervienne pour voter laquelle lui allait le mieux pour que la neige recommence à tomber !

− Mais c'est quoi, ce mec… murmura Wheeler, ahuri.

Yosh ! dit soudainement Leo, plein d'entrain, alors que le vent recommençait à souffler et que les oiseaux piaillaient à nouveau de bon cœur. J'ai un plan : je vais tout faire péter, de gozaru !

− NON ! rugit le professeur Bresch, livide. FIRAGAN ! EMPÊCHE-LE !

Comme si j'allais te laisser faire, sombre crétin ! rétorqua Alexa. Je te rappelle que Ninie est née à Poudlard, il n'y a pas une chance que je te lai… Ah bah voilà, t'as mis vieux dirlo' en rogne ! T'es content ?! Malmener un homme de son âge, franchement, c'est cruel.

− MON ÂGE T'EMMERDE ! gronda le directeur de Beauxbâtons.

Il y eut un bref silence, puis…

On dirait que tu l'as encore plus énervé que moi, de gozaru. Mah, quand je parlais de tout faire péter, c'était juste de défoncer leurs tronches à Anteras, au Basilic et à la dernière Lame du Chaos. Les insectes ne m'intéressent pas, donc je vais laisser Byr à Midori, Voldemort à Chouchou et les Mangemorts à tous les autres… sauf Bellatrix, je veux vérifier si elle est aussi belle nue qu'habillée.

Moi aussi ! dit Alexa, le ton gourmand. Mais je te surveillerai, hein ! Pas question que tu la tripotes avant moi !

Les français repartirent à rire, mais ils furent bien les seuls, tant la conversation du Dieu et de la Reine sonnait comme la plus surréaliste des discussions. A quel point étaient-ils insouciants ?! A quel point étaient-ils déconnectés de la réalité ?! Il était impossible de croire un seul instant que ces deux-là aient un jour appartenu à ce monde, songea Harry, qui perçut un très léger changement d'atmosphère.

Quelqu'un avait rejoint Leo et Alexa, il en était presque sûr, et il en eut la confirmation très vite.

Haziriel ?! se réjouit la magnifique blonde. Darnell t'a finalement autorisée à retrouver Chouchou, Lulu' et 'Yaya ?

Lucretia bondit à moitié de sa chaise, mais ne perdit pas le nord pour autant.

− TU RESTES ICI ! répéta-t-elle à Draya. Si Darnell a jugé bon de la tester, ce n'est pas par hasard. Et ta joie de vivre a parfois quelque chose qui pourrait effrayer une enfant qui ne te connaît pas ! Elle viendra quand elle viendra... Je dis ça, mais, en y réfléchissant, que fait-elle dans la vallée de Poudlard ?!

Sa… Sa Majesté a dit que tonton Leo aurait peut-être besoin de moi, dit la voix d'une petite fille. Et je… je… j'ai peur que ma nouvelle maman et mon nouveau papa et mes grandes sœurs ne m'acceptent pas si… si je ne les impressionne pas. Il y a ma grande sœur Draya qui peut se dématérialiser et ma grande sœur Ninie qui est très, très forte et qui a plein de jolies peluches, alors que moi, je ne peux que… que…

Ne dis rien de ce que tu peux faire, de gozaru, dit Leo. Je te rappelle que nous sommes aux portes du territoire ennemi. La déesse et toi êtes des atouts considérables tant que vous restez des mystères. Et Chouchou, Lucretia, Draya et Leonie sont sûrement impatients de t'accueillir. J'ai même cru entendre ta mère brailler contre ta sœur qui voulait venir ici… ou j'ai pété, au choix.

− QUI TU COMPARES A UN PET ?! s'insurgea Lucretia.

Je parie qu'elle est en train de gueuler. Ne t'en fais pas, tu seras accueillie avec beaucoup de tendresse et de joie.

On va d'abord passer par Pré-au-Lard pour faire du shopping, décréta Alexa. Gaichiffon, je repasserai le mois prochain pour te payer ce que je te dois. Chères auditrices, chers auditeurs, nous reviendrons vers vous à la seconde même où nous serons devant le portail de Poudlard. Bisou-bisou !

Et le poste s'éteignit.

− Mais quelle bande de cinglés… soupira Beauchesne.

− Non… dit Harry. Ils sont brillants.

− Comment ça ?

− Leur attitude désinvolte est une pure provocation. Parce que Leo et Alexa sont aussi décontractés au point d'aller faire un détour shopping à Pré-au-Lard, ils envoient un message signifiant clairement qu'Anteras et Voldemort ne représentent pas la moindre menace pour eux. Ils cherchent à blesser leur orgueil pour…

− Mobiliser toutes les forces de l'ennemi contre Silver, acheva le professeur Grindelwald. Je doute sérieusement que nos ennemis tombent dans un piège aussi grossier.

− Peut-être, mais Anteras se méfie particulièrement de Leo et de la déesse, car il ne comprend ni la magie du premier, ne sait rien de celle de la deuxième... Même si après quatre jours, il est possible qu'il se doute du pouvoir d'Éris. Le fait est que, même pour un Démon, manipuler plusieurs magies totalement opposées ou différentes d'un coup est un acte qui n'a rien d'anodin. Anteras sait que Leo est une menace à ne pas sous-estimer, mais il lui faut aussi prendre en compte Darnell, Midori, Lorca et moi. Se débarrasser de l'une des « plaies » qui sauraient le mettre en danger, pourrait l'amener à répondre à la provocation de Leo et d'Alexa.

− Vous pensez au Basilic ? demanda Dumbledore.

− C'est le meilleur « soldat » qu'ils puissent envoyer, compte tenu de son regard mortel. Anteras réservera la Lame pour la bataille fina…

Le poste de radio se ralluma, interrompant Harry.

− Rapide ! s'exclama Berenis.

Chers auditeurs, chères auditrices, nous sommes de retour et approchons de Poudlard. Au fait, qu'est-ce que tu as en tête, Emmerdeur de la Mort ?

Rien, pour le moment. Je ne peux toujours pas désactiver le Pilier, mais je peux m'en servir, de gozaru. Et comme j'ai dit tout à l'heure, il vaut mieux que Haziriel ne montre rien de ses pouvoirs, même si on en a déjà suffisamment dit pour que tout le monde se doute de leur nature. Ah, j'y pense : on ne peut pas dire que je sois venu jouer, du coup ! Yosh, quand on se jettera à la reconquête de Poudlard, c'est moi qui irai m'amuser le premier ! Mais on n'y est pas encore. Bien, qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire ?

− A qui veut-il faire croire qu'il vient seulement d'y penser ? dit Beauchesne, blasé. A tous les coups, c'est parce qu'il y a pensé qu'il a décidé de se pointer à Poudlard aujourd'hui !

− C'est sa façon à lui de protéger ce qu'il doit protéger, affirma le professeur Bresch. Il aime se battre, c'est indéniable, surtout quand il sait que son adversaire est puissant, mais en désirant être le premier à frapper lors de la reprise de Poudlard, il cherche également à faire le plus de mal à l'ennemi pour réduire la menace pesant sur ses compagnons. Ce couillon oserait même détruire un ministère pour protéger un camarade.

− Vous allez laisser Alexa lui rendre tous ses pouvoirs pour la bataille ? demanda Leonie.

Les rôles de la Sixième Sentence et de Firagan n'étaient plus un secret pour personne, même si Kenny n'en avait rien dit dans le journal de l'école et que, Harry en était sûr, Dumbledore ou quelqu'un d'autre avait ensorcelé Lavorsy pour qu'aucun courrier ou Hermès ne puissent communiquer ces informations à l'extérieur de l'école.

− C'est elle qui décidera. Leo et Alexa seront toujours mes élèves, mais maintenant qu'ils sont indépendants, je n'ai plus vraiment mon mot à dire sur leurs choix. En outre, elle sait bien mieux que moi quelle quantité de pouvoirs elle doit laisser à cet abruti, mais j'espère vraiment qu'elle ne lui rendra pas la totalité.

− Il en a quelle quantité, d'ailleurs ? demanda Kenny.

− Environ un tiers.

− Un… UN TIERS ?! s'exclamèrent élèves et enseignants, sous le choc.

Leur réaction amusa le vieux français, qui acquiesça.

− A… A… A quel point ce con peut-il être monstrueux… souffla Lambert, effaré.

Qui tu traites de « monstrueux » ?! répliqua Leo, blasé. Ah, attends ! Tu viens de me donner une idée, de gozaru. Bien joué, Olivier, je t'achèterai une glace.

− Je n'en veux pas !

Un claquement sonore indiqua que Leo avaient entrechoqué ses mains, mais il ne prononça aucune incantation. Sans nul doute pour que l'Ennemi ne comprenne pas tout de suite ce qu'il lui destinait. Il n'y eut aucun bruit indiquant que le Dieu de la Mort agissait, jusqu'à ce qu'il revienne près du micro en ricanant avec malveillance.

T'es vraiment un gamin… dit Alexa, désabusée. Bon, tu rentres, la réunion a déjà dû commencer. Moi, je vais faire les présentations. Chers auditeurs, chères auditrices, c'est tout pour aujourd'hui ! On vous rendra les ondes dans cinq minutes, donc patientez un petit peu. Bonne journée !

Et le poste de radio s'éteignit définitivement.

− Qu'est-ce qu'il a bien pu… ? commença Melanie.

Elle fut interrompue par une grande gerbe de flammes multicolores qui fit place à Alexa et une petite fille de quatre ans, tout au plus, dont la vue fit ciller tout le monde. Le cheveu aussi auburn que celui de Lily, le teint pâle, ses yeux brillaient à la manière de deux petits soleils, mais le plus surprenant n'en demeurait pas moins la paire de grandes ailes immaculées qui lui sortaient des omoplates et scintillaient d'un blanc aussi pur que la robe qu'elle portait.

Haziriel rosit en s'apercevant de l'attention générale qui s'était braquée sur elle et se cacha légèrement derrière la Reine, chargée de sacs de chez Gaichiffon.

− Ooooooooooooooooooh ?! s'émerveilla Draya, qui parvint à résister à la tentation de se jeter sur sa petite sœur pour la gratifier d'un accueil hyper-chaleureux dont la Shadrian avait le secret.

− Voici l'archange Haziriel, déclara Alexa. Ses parents ont été deux des rares êtres de lumière à protéger le Royaume de la Dame du Néant, à ce que m'a dit Darnell. Son père est mort peu avant sa naissance et sa mère a succombé à une longue et grave maladie que la pollution n'a pas arrangée. Depuis quelques mois, elle errait un peu partout quand elle a entendu dire de la déesse que Chouchou et Lulu' avaient recueilli une petite fille d'un autre monde. Elle voulait venir plus tôt, mais Darnell a fait l'objet de plein d'anecdotes effrayantes racontées par sa mère, alors elle flippait un peu à l'idée de se montrer. Sans parler qu'il l'a passablement terrifiée quand il l'a remarquée et menacée avec sa puissance, mais tout est rentré dans l'ordre.

Lucretia, remise de ses émotions, s'était levée pendant que la Reine présentait Haziriel. Ni une, ni deux, elle l'attrapa par les aisselles et la prit dans ses bras pour déposer un tendre baiser sur sa joue, la petite fille rougissant en esquissant un sourire mi-embarrassé, mi-réjoui.

Sentant que l'archange n'était pas très à l'aise face à tous les regards concentrés sur elle, Dumbledore détourna bien vite l'intérêt général en s'adressant à Alexa, tandis que Lucretia retournait s'asseoir pour poser Haziriel sur ses genoux pour faire manger la fillette – qui n'était pas bien épaisse, il fallait le reconnaître.

− Qu'a fait Leo, exactement ?

− Hallucination absolue de la Neuvième Sentence, répondit la magnifique Reine. C'est un enchantement qui affecte tous les sens pour te faire croire des choses, comme une insulte de la personne la plus proche qui te parle en fait du beau temps ou même d'avoir une main au cul alors que tu es tout seul et que tu as les bras croisés, pour ne citer que deux exemples. Sadique de la Mort est maître ès foutre-le-bordel-dans-ta-tête. Ne vous inquiétez pas, quelqu'un comprendra très vite la nature de cette farce.

− Il vaut mieux, dit le professeur Chourave. Même s'ils ont choisi l'autre camp, même s'ils ne sont pas fréquentables, on ne peut décemment pas laisser nos élèves devenir fous !

Une lueur terrible éclata l'espace d'un instant dans les yeux d'Alexa, si terrible qu'elle déstabilisa même le directeur de Beauxbâtons, dont la main tressaillit comme s'il allait s'emparer de sa baguette. Dumbledore avait eu la même réaction, tout comme le professeur Grindelwald. Ce fut très bref, une fraction de seconde, mais la magnifique blonde s'était changée en une beauté glaciale annonçant un danger innommable et imminent.

− Allons, ne soyez pas naïve, Pomona, dit Alexa avec un grand sourire. La prochaine fois que vous verrez ces étudiants, ils ne vous demanderont pas un conseil sur une plante : ils chercheront à vous tuer. Si vous hésitez face à eux, c'est sur votre tombe que les futures générations étudieront les plantes. Parallèlement, qu'ils deviennent fous ou non, ils le seront lorsqu'ils se retrouveront à Azkaban.

− Le ministère ne va quand même pas envoyer des mineurs à… ?!

− Non, bien sûr, mais la Confédération de la Mort, si. Millicent et Barty ne sont pas d'accord, mais ils m'ont confirmé à demi-mots qu'ils ne s'opposeraient pas à moi. La connerie humaine a déjà atteint un niveau si abyssal que seul un traitement de choc lui permettrait de ne pas s'enfoncer davantage… et encore. C'est toujours mieux que de laisser faire Darnell, Éris ou Leo. Il faut dire que la provocation de l'ancienne Confédération est assez mal passée, et il en faut beaucoup pour les vexer. Et c'est d'ailleurs pour ça que je suis intervenue. Mais ne vous en faites pas, les élèves seront jugés pour les crimes commis lors de la bataille, pas parce qu'ils ont une idéologie différente de la majorité de la population. Il se pourrait même qu'ils ne soient pas capables de lancer le moindre sort.

− Comment ça ? interrogea Rogue, intrigué.

− Le commandement a pris en considération le souci des professeurs à ce que les élèves renégats ne soient pas blessés, si possible. Il fallait donc trouver un moyen pour y parvenir, mais le seul que l'on ait trouvé est une technique que Darnell, Leo, Éris, Lorca et Midori ont en commun et qui consiste à « écraser » l'ennemi en libérant sa puissance dans un certain périmètre. C'est ce que le frère de Chouchou a fait quand il a effrayé Haziriel. Le problème, c'est que ces cinq-là sont si puissants qu'ils pourraient accidentellement briser le corps d'un humain avec cette technique. La réunion porte sur ça : trouver une solution à ce problème ou au moins une stratégie pour qu'ils ne l'utilisent pas en même temps.

− Tu pourrais réguler le pouvoir de Silver pour qu'il n'en fasse pas trop, non ? suggéra Beauchesne.

− J'y ai pensé, mais le fait est que je ne sais pas à partir de quel point le corps humain lâcherait ou non. De toute façon, il est hors de question que Leo utilise cette faculté. Il serait même préférable qu'aucun sorcier ne croise sa route. Pas seulement parce qu'il est incontrôlable quand il s'amuse, mais aussi parce que Firagan commence à faiblir. Gérer les émotions de l'autre abruti n'est pas une mince affaire tant son esprit est complexe. Enfin voilà ! Je…

Elle se tut brusquement et leva la tête vers le ciel pour écouter Firagan.

− On dirait que Lorca se chargera des élèves, finalement, annonça-t-elle. Bien, je distribue les bisous et j'y retourne ! Ah, Lulu', j'ai acheté des vêtements pour 'Yaya et Hazi' et pour toi, Ninie, tes friandises préférées.

Les élèves retournèrent à leurs tables en commentant la discussion, mais surtout le regard terrible qu'Alexa avait eu – en prenant soin de parler le plus bas possible – tandis que la magnifique jeune femme embrassait sur la joue ses amis. Elle donna les sacs à Lucretia, salua tout le monde en piquant une aile de poulet à Harry et disparut dans un nouveau flamboiement.

− Heu… Je viens de réaliser, dit Peter. Ce n'est pas la technique de transplanage de Silver, ça ?

Le professeur Bresch sourit.

− Alexa ne fait pas que réguler les pouvoirs de Leo, elle peut aussi les lui emprunter, expliqua-t-il.

− Et c'était quoi, ce changement de personnalité ? interrogea son collègue germanique. J'ai déjà rencontré des femmes à ne pas faire chier, mais aucune ne m'avait flanqué la pétoche comme Fellini l'a fait.

Le directeur de Beauxbâtons soupira, résigné.

− La Sixième Sentence a beau ne porter que le nom d'Alexa, elle se compose de trois étapes, révéla-t-il. La première est Alexa, bien sûr. La seconde s'appelle Marianne et la troisième, Moïra. La deuxième est une ancêtre d'Alexa, une femme très froide, voire misanthrope, qui prenait un plaisir malsain mais justifié à rabaisser tout et tout le monde. Elle est surtout connue, en France, pour avoir vaincu un Mage noir avec seulement des mots, même si cette histoire relève plus de la légende que du fait historique. Je n'ai jamais encore rencontré Moïra, pour être honnête, mais chaque fois que Marianne est apparue, Alexa a gagné en puissance. Il faut être prudent avec ce que l'on dit : cette chieuse a beau être humaine, elle ne l'est pas tant que ça – elle est même plus proche de la personnalité de Leo ou de Darnell que de la nôtre.

− Si vous n'avez jamais vu Moïra, comment savez-vous qu'elle est la dernière étape ? s'étonna Aurelia.

Le professeur Bresch eut un sourire sans joie.

− C'est une longue histoire. Je vous la raconterai bientôt.