La timidité de Haziriel s'évanouit en un clin d'œil, notamment quand Draya la défia à un concours de nourriture où elles se confrontèrent l'une à l'autre pour savoir laquelle pouvait manger le plus, mais aussi parce que la grande majorité de la Légion l'accepta, la dorlota rapidement. Si Leonie n'avait pas eu sa tante, elle aurait sans doute demandé à être adoptée par Lucretia et Harry tant elle paraissait heureuse d'avoir la Shadrian et l'archange comme petites sœurs. Toutes les trois dormaient toutes les nuits dans le même lit – ce qui rendait totalement inutile celui acheté par le Démon et sa femme – et ne manquaient jamais une occasion pour aller jouer dans le parc ou prendre un thé chez Hagrid.
De son côté, Alexa était devenue une célébrité planétaire et une véritable énigme pour les médias – nationaux et étrangers – qui ne comprenaient toujours pas comment une « simple » jeune femme de 17 ans avait pu asseoir son autorité et dissoudre la Confédération internationale. Il fallait dire que les ex-confédérés n'aidaient pas beaucoup la presse, refusant d'apporter une quelconque réponse aux questions des journalistes. La Gazette du sorcier avait résumé son article : « Plus qu'une humiliation difficile à digérer, c'est une sorte de terreur sans nom qui semble clouer le bec des personnes que nous avons interrogées. Et c'est à croire que le nom d'Alexa Fellini est en passe de devenir autant craint que celui de Vous-Savez-Qui. » Alain Bonfort, sollicité de toutes parts, s'amusait quant à lui de la situation sans la commenter, selon les journaux. Plus généralement, Alexa et Leo intriguaient encore et toujours, mais les informations récoltées étaient soit déjà connues, soit bénignes.
Une semaine après l'attaque de Darnell et trois jours après la « farce » du Dieu de la Mort, Harry buvait tranquillement son thé en compagnie de Hagrid, Lily, Leonie, Kenny et Ana.
− … ne s'attend pas à ce que Darnell ou Midori se présentent avant de commencer à interdire tout accès à Lavorsy, confiait le garde-chasse à propos de Dumbledore. Ils vont faire leur coup en douce et on va s'étonner de voir quelqu'un apparaître en tenant le Portoloin amélioré. Mais bon, encore faut-il que l'Alliance trouve le moyen de le créer.
− Ils n'arrivent toujours pas à le connecter à un lieu ? demanda Leonie, en attrapant un nouveau biscuit aux myrtilles.
− Non, et on a eu la confirmation que Leo n'en avait pas créé un de son côté, comme le soupçonnait Ethan. Mais Bresch ne semble pas aimer ce fait : « Si ce petit con n'a pas cherché à l'inventer, c'est qu'il prépare quelque chose », qu'il a dit. Il nous avait prévenus qu'Alexa et lui étaient spéciaux, mais jamais je n'aurais imaginé qu'ils l'étaient à ce point… Berenis me disait hier que toi, Kenny, frissonnes encore chaque fois qu'on te demande de décrire ce que tu as ressenti lors de la séance.
− C'est vrai, admit le Serdaigle. Alexa aurait été une inconnue, je serais sûrement traumatisé bien plus que je ne le suis. Ce qui émanait d'elle, c'était… c'était…
Il tressaillit des pieds à la tête.
− N'y pense plus, dit Ana. Mon père a un ami qui est vigile… enfin, l'était… au siège de la Confédération, et lui aussi s'en remet difficilement. Apparemment, Alexa est arrivée et toutes les personnes présentes dans le hall se sont figées de terreur, à part une jeune recrue, une fille, qui s'est jetée sur elle pour lui faire la bise. Il n'est pas sûr d'avoir bien entendu, mais il est à peu près sûr qu'elle a dit à Alexa : « J'avais peur que tu te mettes en colère, ma Reine ! » Mais quelque chose me taraude. J'ai la certitude qu'elle peut être effrayante, mais de là à soumettre des héros de guerre à une peur qu'ils n'osent défier ? Ils n'ont pas hésité à se lancer dans la bataille pour repousser Grindelwald, alors pourquoi trembleraient-ils face à une ado ?
− Moi je sais ! se réjouit le Bébé de Gryffondor.
− La Cinquième Sentence, hein ? dit Harry.
− T'es méchant ! s'insurgea Ninie. Fais des bébés à Lulu' au lieu d'être perspicace !
Le Serpentard sourit.
− J'ai dit ça par hasard, assura-t-il, mais comme Ana, quelque chose me tracasse. La Cinquième Sentence est liée à l'esprit, mais Leo n'oserait pas y avoir recours parce qu'elle menace sa propre santé mentale. Ca n'a aucun sens. Ce mec est un génie, pour moi, alors j'ai du mal à croire qu'il se satisfasse d'une Sentence tronquée, défaillante, dangereuse pour lui… Il est forcé qu'il l'ait gardée pour une bonne raison : il la maîtrise. Je crois en fait qu'il a prétendu qu'elle était nocive pour que personne ne se doute qu'il l'utiliserait. Qu'ils l'utiliseraient, plus exactement, puisqu'Alexa peut emprunter ses pouvoirs à Leo.
− Donc, il n'y aurait pas eu que cette aura menaçante que dégageait Alexa, dit Lily, songeuse. Elle aurait instillé cette peur dans chaque esprit des confédérés ?
− Noooooooooooon, chantonna Leonie. Enfin si, mais non. Cinquième Sentence, deuxième sortilège : Instinct de survie. Il s'agit de faire prendre conscience à la cible à quel danger elle est exposée. Leo dit qu'à force de se croire évoluée, l'humanité oublie des émotions primitives primordiales, alors il a créé ce sort pour lui rappeler qu'il existe des êtres beaucoup, beaucoup plus dangereux que l'Homme. Prof' Bresch m'a aussi dit qu'il se méfiait particulièrement de la Cinquième Sentence, car elle comporte des maléfices très, très, très, très vilains.
Elle attrapa un nouveau biscuit aux myrtilles en regardant les autres d'un petit air supérieur très enfantin, visiblement fière d'avoir des informations que son auditoire ne connaît pas.
− Si on considère qu'Alexa est déjà terrible en temps normal et qu'en plus, elle peut gagner en pouvoir à chaque fois qu'il lui faut franchir une étape de la Sixième Sentence, je peux comprendre que la Confédération ait été secouée, dit Ana. Mais a-t-elle seulement le savoir pour en fonder une autre ?
− Oh, aucun souci de ce côté-là, assura Hagrid. Grindelwald a lui aussi posé cette question et Bresch nous a dit qu'en tant qu'héritière des Fellini, son père l'avait élevée pour qu'elle fasse partie des « grands », c'est-à-dire des personnes puissantes, influentes. Puis en rencontrant Leo, en découvrant qu'il était un être magique, elle a redoublé d'efforts dans son apprentissage de la politique internationale.
− Moi, je voulais représenter les sorcières, mais ma tata a dit non, ronchonna Leonie.
− C'est parce que tu auras un autre rôle, de gozaru.
Ils sursautèrent tous en se tournant vers la fenêtre, dont le rebord servait d'assise à un Leo déjà bien éméché et sirotant une boisson qui n'était probablement pas à mettre entre toutes les mains. A quel moment était-il arrivé ?
− Tu ne pouvais pas passer par la porte ? lança Hagrid, désabusé.
Leo cilla.
− Je savais bien que j'avais oublié un détail, de gozaru, dit-il en glissant du rebord pour rejoindre le sol.
Il s'avança en tirant d'un pli de son long manteau une longue baguette magique, qu'il tendit au garde-chasse.
− Darnell est parvenu à la réparer, annonça-t-il inutilement. Croupton a estimé que, maintenant que tu es innocenté dans le meurtre de Mimi, il n'y a aucune raison pour que tu subisses plus longtemps ta punition, de gozaru. Il t'a même trouvé, grâce à l'insistance de Dumbledore, un professeur particulier pour que tu finisses tes études.
Les yeux noirs de Hagrid s'embuèrent tandis qu'il contemplait sa vieille baguette de nouveau intacte.
− C'est quoi, cette histoire d'« autre rôle » destiné à Ninie ? demanda Lily.
− Le ministère de la Magie et l'Alliance discutent de la création d'un département du LorMirAl que gérera Ambitieuse de la Mort, de gozaru. Comme elle devra aussi présider la Confédération, elle aura besoin d'une vice-directrice, à savoir Leonie, pour la remplacer quand elle s'absentera. Mais il y a encore beaucoup de choses à évoquer et déterminer, d'autant que chacun des mondes a sa propre politique vis-à-vis de ses richesses.
− Sans compter que le Mirvira et le Lorgath devront se rebâtir, dit Harry.
− Aussi, approuva le Dieu de la Mort. De toute façon, ce département mettra au moins un an à être créé, de gozaru. Dorcas négocie avec Bagnold pour que Ninie reçoive une formation politique à partir du mois de septembre, et Alexa a trouvé une ou deux personnes pour qu'elles l'instruisent sur le Mirvira et le Lorgath. Donc, Bébé de la Mort, il va falloir te préparer à avoir du travail.
− Même pas peur ! s'enthousiasma Leonie en s'emparant d'un autre biscuit.
Ca, elle n'avait pas peur, remarqua Harry. Son âme entière était déjà focalisée sur son futur poste de vice-directrice.
− Mais au fait, dit soudainement Kenny, qu'est-ce que tu fais là ?
− Hein ? Ah merde, j'avais déjà oublié, de gozaru. Comme vous le savez peut-être, Uvon et son équipe peinent à connecter le Portoloin amélioré à un lieu. Ils ont beau tout essayer et tout refaire depuis le début, ça ne marche pas. Le hasard ayant ses raisons que la raison hasarde, je me suis hasardement retrouvé dans leur labo'. Et par le plus grand des hasards, bien entendu, il se pourrait que je me sois penché sur le problème. Après tout, qui mieux que moi peut savoir ce qui cloche chez un artefact basé sur ma capacité à transplaner n'importe où ? J'ai donc essayé plusieurs trucs – toujours par le plus grand des hasards – et je me suis alors dit : « Si ça ne fonctionne pas avec la position géographique, essayons avec la position d'une personne. » J'ai donc été récupéré ce qu'il me restait de l'échantillon de sang que j'avais emprunté à Chouchou pour connecter le Portoloin à lui. Si ça fonctionne, il suffira de prélever le sang de Midori, Darnell et Éris, puis le plan d'Ethan d'infiltrer la résistance dans le château deviendra réalité. Reste à savoir qui posera la main sur le Portoloin.
Tout le monde lui lança un regard blasé.
− Ne me dis pas que tu as agi sans prévenir personne ?! dit Ana.
Leo resta silencieux un bref instant, comme interloqué.
− J'ai peut-être oublié un deuxième détail, de gozaru. Mais bon, tant qu'Éris ne met pas la main sur le Porto…
La déesse apparut subitement à côté de Harry, tenant un cube bleu et translucide semblant être taillé dans un matériau assez similaire à du verre. Elle ne manqua pas de déconcerter les personnes présentes, et comme lors de leur première rencontre, le Démon fut incapable de savoir si elle était belle ou non, élégante ou pas, furieuse ou heureuse, contrariée ou amusée.
− Eh merde… de gozaru.
Éris soupira, mais il était impossible si elle était exaspérée, nostalgique, mélancolique, rieuse ou même agacée. Sa voix aux innombrables intonations contradictoires, toutefois, ne manqua pas de déstabiliser davantage Lily, Ana, Leonie et Hagrid.
− Va chercher Aurélien et Albus, j'ai à leur parler, dit-elle simplement.
Le Dieu de la Mort râla en silence avant de disparaître sans un bruit, sans une flamme, visiblement maître du transplanage utilisé par les Mages.
− On dirait qu'il arrive même à épuiser une divinité, commenta Harry.
− Il me rappelle ton frère quand il était enfant, expliqua Éris en faisant apparaître un grand fauteuil ressemblant à un trône, sur lequel elle s'assit avant qu'une tasse de thé ne surgisse à son tour dans sa main.
L'âme de journaliste de Kenny fut aussitôt émoustillée, lui faisant reprendre contenance.
− Vous êtes plus vieille que Darnell ? s'enquit-il.
− D'à peine une heure. La Dame du Néant, en apprenant sa grossesse, avait demandé aux dieux et aux Lois d'instruire son futur enfant quand elle serait occupée à régner, mais en découvrant que ma propre mère était enceinte, elle a jugé bon de faire de moi la future camarade de jeu de Sa Majesté. Enfin, c'est plutôt Lathar qui lui a suggéré cette idée, et il a eu bien raison. Il est extrêmement dangereux de fréquenter un enfant-Démon qui ne contrôle pas encore ses pouvoirs, mais avec mes aptitudes, je pouvais sentir quand une menace pointait le bout de son nez.
− Pourquoi a-t-il abandonné la Dame et Darnell ? C'était méchant de sa part, ronchonna Leonie.
− Il ne les a pas abandonnés, il a sauvé son fils. Tous les futurs de vie de famille qu'il distinguait lui montraient que, tôt ou tard, il finirait par tuer Sa Majesté, accidentellement ou délibérément, donc il s'est éloigné pour empêcher un tel drame. Mais il se faufilait souvent jusqu'au palais quand Darnell était endormi. La Dame n'a jamais cessé de l'aimer, et lui-même a mis de nombreux millénaires après sa mort avant de tourner la page et se laisser séduire par la mère de Son Altesse.
Leonie se trémoussa sur sa chaise, embarrassée de s'être trompée sur les intentions de Lathar, mais Kenny ne se laissa plus intimidé davantage par la présence étrange de la déesse et renchérit :
− Quelle est votre relation avec Darnell ? s'enquit-il. Il n'a jamais souhaité être roi, mais vous l'avez convaincu d'assumer ce rôle. On pourrait croire que vous avez une certaine influence sur lui.
Éris esquissa un sourire.
− On pourrait dire que je suis sa femme.
Harry avala de travers et fut pris d'une violente quinte de toux.
− Quoi ?! croassa-t-il, les larmes aux yeux.
− Le mariage est une invention purement humaine, mais quand deux personnes emménageaient ensemble, le caractère d'un couple revêtait une symbolique spéciale. Ton frère et moi devions le faire dans une aile du palais, mais le Royaume est tombé avant que ça ne se fasse. Nous sommes restés ensemble pendant un peu plus de deux millénaires, puis il est parti pour voir le monde et s'entraîner en vue de la guerre contre Anteras. Ca peut paraître étrange aux humains, mais malgré tout le temps qui a passé, nos retrouvailles n'ont absolument rien changé à notre relation. Un peu comme s'il était parti hier de la maison. Je ne l'ai jamais remplacé, il ne m'a jamais remplacée, et quelques milliers d'années d'absence ne sauraient suffire à nous séparer, sentimentalement.
− Pourquoi l'appelez-vous « Sa Majesté » si vous êtes sa… petite amie ? lança Ana, intriguée.
− Amant ou non, il reste mon roi, mais je le dénomme surtout ainsi pour l'embêter. Quand nous étions jeunes, il s'énervait chaque fois qu'on le désignait par son titre. Aujourd'hui, ça a tendance à le rendre nostalgique. Il sait que les choses auraient été différentes, en cet instant, s'il n'avait pas laissé sa mère, gravement malade, aller seule défendre le Royaume. Il n'en a pas l'air, mais il se sent toujours coupable de sa mort et de celles de ses sujets, dont nombre de nos amis. Lathar a profité des tout derniers moments de son existence pour réparer ça, pour s'attribuer à lui seul la culpabilité de ces évènements, mais Darnell a un côté obstiné que l'on ne peut briser facilement.
− C'est pour ça qu'il intervient… murmura Harry. Parce qu'il n'a pas pu sauver sa mère, il veut sauver son frère.
Éris acquiesça.
− Il fait un parallèle entre lui et toi, je pense, dit-elle. Le Royaume était à lui ce que Poudlard est à toi. En somme, il perçoit les professeurs, les élèves et les employés légitimes de l'école comme tes sujets, même si ce sont des humains qu'il aurait pu tuer sans hésitation si tu n'avais pas existé. Lathar devait le savoir, c'est sans doute l'une des raisons pour lesquelles il a créé les Pierres. Il soupçonnait sûrement que Darnell mettrait de l'eau dans son vin, comme vous dites, s'il découvrait qu'il avait un petit frère né humain et devenu Démon.
Le Serpentard songea que son père aurait pu lui expliquer cela, mais peut-être était-ce justement parce qu'il ne l'avait pas fait que les deux frères s'acceptaient l'un l'autre.
− Et le vrai de Darnell ? intervint Lily, visiblement très curieuse à ce sujet.
− Asophios. La Dame demanda à Lathar de lui donner une idée du pouvoir spécial qu'aurait Sa Majesté, l'Annihilation, et le nomma donc « Petit désastre ambulant ».
− C'est un nom un peu bizarre, commenta Leonie.
− Mais parfaitement adapté, assura la déesse.
Des coups furent donnés contre la porte. Bondissant de sa chaise renforcée, Hagrid se hâta d'aller ouvrir à Dumbledore, les professeurs Bresch et Grindelwald et Leo, qui ne paraissait guère ravi de revenir dans le giron d'Éris. Le directeur et le Mage noir repenti se laissèrent à leur tour désarçonnés par l'indéfinissable impression discordante qu'inspirait la déité, mais Harry remarqua que le vieux français n'était guère troublé.
Et il en comprit vite la raison.
− Tu n'as pas pris une ride, Aurélien, dit Éris.
− C'est à moi de dire ça, objecta le professeur Bresch.
− Vous… Vous vous connaissez ? s'étonna le Démon, aussi surpris que les autres.
− Oh, tu ne le leur as pas encore dit ?
− On ne peut pas vraiment dire que vous nous ayez beaucoup parlé de vous, la dernière fois. Même si je me doutais que la fameuse déesse était vous, je préférais m'en assurer avant.
Éris hocha simplement la tête et posa la main sur la table, qui s'élargit sans renverser les personnes assises autour, afin que tout le monde puisse prendre place. Un autre mouvement de main et des chaises identiques à celles des élèves apparurent. Le professeur Grindelwald et Dumbledore reprirent contenance et s'installèrent, imités par le directeur de Beauxbâtons et Leo – ce dernier traînant un peu les pieds. Des tasses pleines se matérialisèrent alors devant les nouveaux arrivants.
− Aurélien vous racontera tout plus tard, annonça-t-elle. Pour le moment, concentrons-nous sur la guerre. L'Alliance a pris en compte l'idée de Son Altesse d'attaquer de l'intérieur pour reprendre Poudlard. Maintenant que Leo a trouvé comment les Portoloins améliorés pouvaient fonctionner, nous passerons les prochains jours à en créer quatre, un pour chacune des salles communes. Lorca étant la plus mesurée, je l'emmènerai dans celle de Serpentard pour qu'elle neutralise les élèves, puis j'irai rejoindre la tour Serdaigle. Darnell partira de Poufsouffle avec des Aurors pour faire le ménage, tandis que Midori en fera de même depuis la tour Gryffondor avec la brigade magique. Albus et Gellert emprunteront avec une équipe le passage secret de Honeydukes, Aurélien et Alastor en feront de même avec le passage du quatrième étage, et Ethan et la Légion passeront par la Cabane hurlante.
Harry fronça les sourcils.
− Ca va nous prendre du temps, fit-il remarquer. Le tunnel est étroit et bas de plafond.
− Ton frère s'occupe actuellement de l'agrandir, puisqu'il est le seul à pouvoir déambuler dans le Pilier à sa guise. Il y a un problème, cependant : Horol et Lusanna ont tracé une piste laissant clairement entendre qu'Anteras a caché des gerfauts près de Poudlard, sans doute pour qu'ils nous prennent à revers une fois la bataille engagée. Les Mages et les Palans sont d'accord pour couvrir nos arrières, mais Prerian, Alyphar et Ooghar doutent sincèrement que ces gerfauts soient de la bagatelle. Ils ont dû être assez améliorés par Anteras pour que celui-ci les considère comme des renforts de poids.
− Envoyez Alexa, dit le professeur Bresch.
Le regard céleste et divin sembla glisser de l'enseignant au Dieu de la Mort.
− C'est précisément l'autre souci que nous avons, dit-elle. Osora se fatigue plus vite que nous ne le pensions, notamment à cause de l'excitation que Leo ressent à l'idée de participer à la reconquête de Poudlard. S'il ne se repose pas, il ne pourra plus le contenir, aussi préférerais-je qu'Alexa accompagne cet emmerdeur dans son assaut pour qu'il ne se déchaîne pas trop.
− Tch ! Elle me piquerait des gerfauts, de gozaru ! Et j'aurai besoin de Firagan pour trouver le Basilic. Je n'ai jamais tué de Basilic. Je n'en ai même jamais vu, sauf à l'état d'œuf. Personne ne me volera le serpent !
Un rictus inquiétant étira franchement les lèvres de la déesse.
− Bien. Puisqu'Alexa tient tant à ce qu'on prenne un bain ensemble, j'en profiterai pour lever la restriction que j'ai placée sur elle à sa naissance et nous l'affecterons à l'unité des Mages et des Palans.
− Et pour la garde rapprochée d'Anteras et de Voldemort ? demanda Dumbledore sans chercher à comprendre de quoi elle parlait quant à cette histoire de restriction. Ethan est obligé d'affronter Voldemort si nous voulons nous en débarrasser. Leo a le Basilic, mais que fait-on pour la Lame du Chaos, Byr et Anteras ?
− Lorca se chargera du général, Midori s'occupera de son aïeul et Darnell contiendra autant que possible Anteras.
Quelque chose frappa aussitôt l'auditoire.
− Vous dites ça comme s'il n'était pas sûr de pouvoir le vaincre, commenta Lily, un peu inquiète.
− Un Démon ne sous-estime jamais un Démon, dit Éris. Sa Majesté n'a jamais vaincu Lathar en duel, mais Anteras l'a tant affaibli que de simples humains ont pu l'achever à son retour en Alterion. En outre, même s'ils maîtrisent la même magie, ils ont probablement des connaissances différentes. Qui sait de quoi est capable l'autre ? Dans le meilleur des cas, Midori, Lorca et Leo rejoindront Darnell pour le soutenir.
− Pas vous ? dit Kenny, très surpris.
− Je suis la sujette de mon roi, j'obéis donc à ses ordres, et il ne souhaite pas que je prenne le risque de mourir. Ma mission première est de veiller sur son Altesse pendant son affrontement contre Voldemort et de le protéger des mages noirs pouvant venir au secours de leur maître si celui-ci s'avérait en difficulté.
A l'évidence, Darnell ne sous-estimait pas le savoir que le Seigneur des Ténèbres avait pu acquérir auprès d'Anteras.
− Quand est prévue l'attaque ? reprit Dumbledore.
− Jeudi prochain, à la tombée de la nuit. Selon Darnell, Anteras aura déjà dissipé le Pilier d'ici-là, alors il faudra s'attendre à ce que les passages de Honeydukes et du quatrième étage soient infestés. Nous sommes à peu près sûrs que personne ne sait pour le Saule Cogneur, Severus ayant tenu sa langue comme tu le lui as demandé. Le plan d'attaque n'est pas tout à fait établi, mais nous estimons qu'il est préférable que Filius devrait mener la première unité qui suivra Leo afin d'immobiliser l'arbre et laisser la Légion sortir du passage. Horace et l'équipe qu'il mènera s'occuperont qu'à eux de repousser les Détraqueurs, mais il nous faut encore déterminer qui composera cette défense.
− Et les êtres magiques ? interrogea le professeur Bresch. Hagrid a perdu le contact avec les centaures et les araignées de la forêt interdite depuis la mise en place du Pilier. Si Anteras le dissipe, l'ennemi pourra de nouveau négocier avec eux, et nous n'avons pas vraiment besoin de ça.
Éris sourit et parut soudainement plus belle, arrogante, intimidante, cruelle, douce, aimante, chaleureuse, glaciale.
− Leo s'en chargera.
− Tch ! Elle a deviné, de gozaru.
− Même si Osora t'est dévoué, ce n'est pas un morveux comme toi qui occultera des millénaires d'amitié. Midori est parti au Japon pour solliciter l'aide de Mashiro, tu peux bien faire un effort pour les centaures, les araignées et les trolls, non ?
Leo soupira profondément et disparut à nouveau, emportant avec lui un dernier biscuit.
− C'est pas vrai qu'il a encore développé une Sentence… dit le professeur Bresch, déconcerté.
− La Onzième, précisa la déesse. Elle n'est pas encore tout à fait au point, mais le sortilège Artémis lui sert à communiquer avec tous les peuples magiques présents dans un certain périmètre. Ce n'est pas un grand orateur, mais il a passé toute l'année à se faire une réputation dans la forêt interdite, il devrait donc être écouté.
Sa tasse vide disparut, imitée par son fauteuil dès qu'elle se leva, puis elle tourna son regard céleste sur le directeur de Beauxbâtons.
− Alain et toi avez élevé un bon garçon, dit-elle soudainement.
− Dites ça à ma tension artérielle…
Éris se contenta de sourire et se volatilisa, laissant un long silence derrière elle. Les informations étaient si nombreuses que Harry peinait à toutes les traiter, mais le professeur Grindelwald ne sembla guère avoir de mal à en faire abstraction, focalisé sur un soupçon qu'avaient déjà intégré les autres :
− C'est elle qui t'a confié Silver, dénonça-t-il.
Le professeur Bresch opina.
− Les jeunes n'en ont peut-être pas entendu parler, mais Albus, Hagrid et toi vous souvenez sans doute de « l'Ardèche aux horreurs miraculeuses », non ?
Dumbledore haussa les sourcils.
− Je croyais que c'était un canular, avoua-t-il.
− Le vrai canular a été de croire que le journal – très peu sérieux, il faut l'admettre – qui relatait ces évènements cherchait à augmenter ses ventes. Pour que tout le monde comprenne, Le Pingouin de la Citrouille est un hebdomadaire qui a la même réputation que Le Chicaneur, c'est dire s'il est rarement pris au sérieux. Mais il y a dix ans, le nombre de ses abonnés a bondi d'un seul coup lorsqu'il a relaté des phénomènes que nombre de sorciers et de sorcières ardéchois ont confirmés. Pas que des inconnus ! Un ministre et plusieurs hauts-fonctionnaires ont témoigné et défendu la véracité de ces scènes inimaginables, sauf que les preuves ont toujours manqué – ou presque. Peut-on blâmer les gens ? Des forêts disparaissant instantanément, rasées, puis comme neuves la seconde d'après. Un géant tué d'un coup de poing d'enfant. Qui irait croire à de telles histoires ?
Il but une gorgée de thé, le regard dans le vague.
− Alain et moi avons l'habitude de passer nos vacances ensemble depuis la mort de nos femmes respectives. Un an après le premier phénomène, nous avions décidé d'aller parcourir l'Ardèche. On ne pensait plus à ces histoires totalement fantaisistes, mais on y a été obligés quand nous avons vu la rivière s'assécher brusquement puis se « regonfler », débordant même de son lit. Nous avions à peine eu le temps de réaliser ce qu'il venait de se passer qu'une détonation dantesque faisait s'effondrer les falaises alentours des Gorges, puis revenaient à leur place comme si de rien n'était. Puis plus rien. Durant trois semaines, on a campé à divers endroits des Cévennes ardéchoises, que dalle. Jusqu'au jour où Éris est apparue, passablement amochée, mais dans un meilleur état qu'un gosse si crasseux qu'on ne savait même pas de quelle couleur était sa peau. Sauvage, carnassier et évoluant à quatre pattes, il souriait comme un dément, comme si rien ne lui faisait plus plaisir que de saigner et de combattre, comme s'il avait trouvé une proie de luxe. Mais il ne s'attendait clairement pas à notre présence – et encore moins aux truites que nous faisions griller, car leur fumet l'a déconcentré. Éris en a profité pour le neutraliser avec une violence telle que j'étais convaincu qu'il était mort, mais il n'était qu'assommé. Alain et moi étions sonnés, je ne le nie pas. D'abord par sa présence à peine descriptible, mais aussi par ce morveux bestial. Il émanait quelque chose de… Je ne saurais comment le dire, mais on a échangé un regard, avec Alain, et nous nous comprenions : nous aurions préféré une nouvelle guerre contre Gellert plutôt que de nous retrouver face à ces deux-là.
Il avala une nouvelle dose, comme si ressasser cette histoire lui asséchait la gorge.
− Éris ne s'est pas présentée, poursuivit-il. Elle a ramassé le gamin inconscient et s'est approchée de nous, qui étions alors tétanisés, fascinés : « Une guerre se rapproche, cet enfant aura peut-être un rôle à jouer, nous annonça-t-elle. Éduquez-le, ne laissez sous aucun prétexte vos semblables le contrarier, protégez-le de votre prétendue justice. Je vais envoyer un ami pour vous aider et m'occuper de sceller Moïra. » C'est, en résumé, ce qu'elle nous a dit. Nous n'avons pas osé désobéir, alors on a embarqué Leo, on est retournés à Beauxbâtons et Firagan a fait son apparition pour nous rassurer : il s'occupait de gérer tous les sentiments violents de Leo afin de le rendre le plus docile possible. Alain a alors intégré le ministère de la Justice, je lui ai succédé au poste de directeur de l'académie et pendant qu'il s'arrangeait pour intégrer Leo à la société, je découvrais que cet enfant était d'une intelligence hors-du-commun. En une semaine, il apprit juste assez le français pour passer pour un gosse de neuf ans tout à fait normal, mais sa présence menaçait toujours un peu plus d'être découverte par mes collègues, alors je lui ai trouvé une place dans un service hospitalier.
Harry s'était imaginé bien des scénarii à propos de la mystérieuse enfance de Leo, mais certainement pas celui-ci. Tous les yeux étaient braqués sur le professeur Bresch, toutes les oreilles étaient concentrées sur sa voix, comme pour rien ne manquer de son récit.
− Dès le lendemain de son hospitalisation, poursuivit le français, j'ai été lui rendre visite et je suis resté sur le cul en voyant Alexa, dont le père était mort deux jours plus tôt dans des circonstances assez étranges. J'ai eu du mal à le reconnaître tant sa personnalité avait changé. Je l'avais rencontrée quand elle avait quatre ans, son père voulant montrer à l'Assemblée combien elle était déjà d'une beauté surnaturelle à cet âge, mais c'était une gamine glaciale, indifférente, à la langue acérée. A part sa mère, rien ni personne ne savaient l'attendrir. Et ce jour-là, lors de ma visite, je suis tombé sur une gosse joyeuse, surexcitée, empathique, aimant tout et tout le monde et déjà déterminée à faire un enfant à Leo.
− Tu n'avais pas été la voir à la mort de son père ? s'étonna légèrement Dumbledore.
− Alain s'en était chargé, car il s'agissait de la première affaire importante depuis qu'il était devenu ministre. En réalité, je prévoyais de faire d'une pierre deux coups : rendre visite à Leo et à Alexa, mais ils s'étaient déjà unis pour faire chier tout le monde. Pas une fois – pas une ! –, je n'ai échappé à des plaintes d'un guérisseur ou d'un directeur à cause de ces deux chieurs. Ils maraudaient constamment, s'introduisaient dans les remises pour goûter aux potions ou en refiler en douce aux patients et piquaient des gâteaux au restaurant de l'hôpital… Bref, en revenant de ma première visite, Éris est revenue vers moi, non pas pour me parler uniquement de Leo mais aussi d'Alexa : « Cette jeune fille n'est pas n'importe qui, m'assura-t-elle, mais elle est encore trop immature pour rester elle-même. J'ai scellé les pouvoirs de Moïra pour protéger un maximum de personnes, mais même moi ne puis rivaliser avec une Loi. » Contrairement à ce que Gellert a dit l'autre jour, Alexa ne change nullement de personnalité : chaque étape de la Sixième Sentence est un aspect de son authentique personnalité, de son véritable pouvoir.
− Et qu'est-ce qu'elle a ajouté à propos de Silver ? lança le professeur Grindelwald.
− Elle m'a surtout expliqué le rôle de Firagan – ou Osora – et celui d'Alexa, mais j'ai réussi à lui arracher quelques détails sur Leo. C'est Firagan qui l'a remarqué le premier, apparemment : il percevait une conscience sans corps depuis un moment, non loin de la cachette d'Éris, qui s'était terrée en Ardèche. Il a surveillé cette présence pendant huit ans, jusqu'à ce qu'elle se matérialise enfin sous les traits d'un garçon. En d'autres termes, Leo n'est pas né : il est apparu. Ils ont d'abord cru qu'il était une Loi, mais sa magie était trop différente. Ils ont envisagé à un nouveau dieu, mais là encore, la nature de ses pouvoirs ne correspondait pas. Éris a donc émis une théorie selon laquelle Leo serait une sorte de « nouvelle Dame du Néant », seul être à ce jour à n'avoir jamais eu de semblable, à avoir été unique en son genre à travers tout le LorMirAl.
Harry tiqua brusquement.
− Ce n'est pas vous qui avez nommé Leo… La Dame du Néant était parfois appelée Lea par les dieux, ce qui signifie dans leur langue, si j'ai bien lu, « Être Unique ». Masculin ou féminin, le sens du nom ne change pas.
− En vérité, Éris nous a juste devancés, mais dès que nous avons compris qu'elle allait nous le confier, nous savions déjà le prénom que nous lui donnerions. Alain et moi sommes amis depuis notre scolarité, et nos liens se sont renforcés lorsque mon fils a épousé sa fille. Ils attendaient un bébé qu'ils souhaitaient nommer Leo, mais ils ont été tués avant que leur enfant naisse, indépendamment de la guerre contre Gellert. Ou presque. Leur meurtrier cherchait à acquérir de « hauts faits » pour mieux se présenter à lui.
− Je l'ai donc tué, dit le professeur Grindelwald.
− Ah ?! s'étonnèrent les élèves et Hagrid.
− C'est quoi, cette réaction ?! aboya le repenti. Je n'ai pas toujours été Mage noir, sales mômes ! Pour l'anecdote, pendant que je me promenais dans le village sorcier allemand en réfléchissant à mon projet de mettre les Moldus au pas, j'ai rencontré la fille de Bonfort. Pour intégrer le ministère des Affaires étrangères, elle s'était mise en quête de découvrir et d'apprendre les cultures sorcières des autres pays. Comme je la voyais galérer à traduire une affiche, je l'ai aidée et on a discuté tout le reste de la journée. D'un côté, elle m'impressionnait tant elle rayonnait de lucidité pour une gamine de son âge – elle n'avait même pas 21 ans, mais elle portait déjà un regard cynique et juste sur la politique internationale. D'un autre, je connaissais son père de réputation et m'en méfiais quelque peu, donc elle me permettait d'en savoir plus sur lui. On a traîné ensemble pendant tout son séjour, je lui apprenais les langues et les cultures que je connaissais, je la présentais à des personnes qui m'avaient « à la bonne ». Puis elle est retournée en France. On a continué à communiquer. Je me faisais même engueuler dans ses lettres après avoir déclenché la guerre, mais elle m'écrivait toujours. Pour me raisonner. Elle seule a réussi à me faire douter des méthodes que j'employais, mais un jour, puis une semaine, puis un mois, je n'ai reçu aucune nouvelle. Empêtré dans les batailles, je me souciais peu de la presse, jusqu'à ce qu'une sous-merde se pointe devant moi en me certifiant avoir « affaibli moralement » le duo le plus coriace de mes opposants, à savoir Alain et Bonfort, en tuant leurs enfants. Pour la première fois de ma vie, je n'ai pas cherché à réfléchir : j'ai perdu le contrôle et j'ai réduit cette raclure en pièces. Nurmengard est née de cet évènement. J'ai tellement pris peur de moi-même que j'ai préféré bâtir une prison pour mes ennemis plutôt que de les laisser me faire sortir encore une fois de mes gonds. J'ai tué sciemment, mais le traitement que j'ai infligé à cette enflure… J'en viendrais presque à demander pardon.
Son âme et celle du professeur Bresch étaient au diapason, moroses, comme s'ils n'avaient toujours pas fait leur deuil, bien qu'ils n'en montraient rien.
Harry tourna brusquement la tête, fixant l'endroit précis où Midori apparut, soulevant un énorme cube composé de caisses frappées de kanji et de symboles bizarres, enveloppées de plastique, qu'il posa en douceur sur le sol tout en rengainant son sabre avant de soulever son large chapeau circulaire, balayant les visages de ses yeux noirs aux iris cerclés de feu.
− Yo ! salua-t-il avec son éternelle indifférence.
Il remarqua le Portoloin amélioré, abandonné par Leo et la déesse, mais ne s'attarda pas dessus et posa sa main sur le gros, très gros colis qu'il avait amené avec lui. Le plastique disparut instantanément, et il attrapa l'une des caisses situées en haut et imprimée d'un glyphe étranger à ce monde. Il le tendit à Hagrid.
− Livraison spéciale d'Otorius, indiqua-t-il. Les kombaki sont déjà mûrs pour que les elfes de maison puissent les cuisiner, mais il s'est dit que tu pourrais vouloir en garder quelques-uns pour en faire pousser ici ou à Poudlard. Lorca s'est chargée de te traduire ses explications.
Le garde-chasse prit la caisse et l'ouvrit sur une quantité considérable de terre de laquelle dépassaient des sortes de carottes violettes aux feuilles argentées. Au milieu, un parchemin rédigé en Palan était souligné de l'alphabet latin, en anglais.
− Qu'en est-il de Mashiro ? demanda Dumbledore, alors que le samouraï du Mirvira retournait auprès de son colis.
− Elle s'est réinstallée dans le lac souterrain de la Cité. Darnell étant le seul à pouvoir se déambuler à sa guise à travers son Pilier, il s'occupera de l'amener jusqu'au lac, mais nous aurons besoin de ton aide, Albus : nous ne pouvons pas imposer une cohabitation entre sirènes et démon, même si cette cohabitation n'est que temporaire. Il faudra que tu convainques Murcus de tolérer sa présence jusqu'à ce que la guerre soit terminée. Je t'emmènerai à la Cité dès que j'aurai vérifié que… Non, c'est ça. Ethan, je te laisse te charger de la distribution. Il y a sept caisses d'Alexa pour tes filles et Leonie, et le reste pour Haziriel et Draya… Qui sont où, au fait ?
− C'est l'anniversaire d'Ady.
Impatiente de présenter sa nouvelle petite sœur à ses anciens camarades de classe, la Shadrian avait profité de la fête de sa meilleure amie Sedulan pour emmener avec elle Haziriel, Lorca se chargeant d'activer le Sceau de Transfert. Lucretia, la nuit passée à préparer plusieurs gâteaux, était partie avec elles, soucieuse de prouver qu'elle était une bonne mère, même si Harry la soupçonnait de vouloir s'assurer que leurs filles rentreraient à Lavorsy dès la fête finie.
− Je vois. Bien, Albus, on y va ?
Dumbledore le rejoignit. Midori posa la main sur son épaule, tira sur la poignée de son katana, et ils se volatilisèrent.
