JaaksG : Un grand merci pour ta fidélité, tu me laisses un commentaire à chaque fin de chapitre et ça me fait tellement plaisir, car je tiens beaucoup à cette petite fiction. Et bien malgré que je sois une fille, Olive et Tom, et L'école des Champions restent dans mon top 5 de mes mangas favoris. Et j'aurai également aimé qu'Anna et Benjamin finisse ensemble dans l'anime… Est-ce que ça sera le cas dans ma fiction ? Je te laisse découvrir ce chapitre et les suivants Encore merci pour tes commentaires, et à très bientôt.
Chapitre 5 : « Attraction ».
Roberto regardait l'entraînement intensif que ce faisait subir Benjamin depuis trois jours. Des gradins, il pouvait observer sa colère, sa hargne, et sa déception. Le meilleur ami fort, passionné, vif et chef de bande n'était plus depuis maintenant deux mois. Et les retrouvailles avec Anna n'arrangeaient rien visiblement.
Roberto le voyait bien, et il faudrait être aveugle ou ignorant pour ne pas l'apercevoir, son ami était malheureux. Et maladroitement, Benjamin ne savait plus comment gérer sa vie. Il était le genre d'homme à toujours vouloir concilier, et faire plaisir à tous, quitte à s'oublier. C'était un généreux infortuné, prêt au sacrifice, à l'abandon, tant que la situation allait dans le sens des êtres qu'ils adoraient. Le moins que l'on pouvait dire de Benjamin, même si parfois cela causait du tort, il avait le sens du dévouement.
Autrement dit, l'état dans lequel se mettait Benjamin énervait profondément Roberto. L'envie de le secouer le prenait férocement, car depuis trois jours, il se punissait lui-même. Il était prisonnier d'Éric et de Catherine, et il fallait parfois savoir être égoïste. Benjamin rêvait d'intégrer l'équipe de Hambourg, en Allemagne, et ceux depuis quatre ans et il s'en empêchait. Il devait comprendre que l'amour, et un couple ne devait pas vous enchaîner, mais vous rendre libre. Benjamin avait fait mille sacrifices pour Catherine, et subissait suffisamment la pression d'Éric, bien trop présent et pesant dans leur vie pour ne pas enfin penser à lui.
Attrapant une bouteille d'eau, pour éviter que son ami ne face une insolation, il s'avança sur le terrain et balança la boisson en direction de son ami. Et le moins que l'on puisse dire, ce fut que l'aigreur de Benjamin l'habitait, puisqu'il réceptionna la bouteille d'eau avec son pied, et qu'il tira dedans pour la mettre dans le filet. Et sous le coup de pression du footballeur, elle explosa.
- Et bien, quelle fougue ! Fut surpris Roberto
- Tu as vu, joli shoot hein ! Dit-il, sur un air arrogant
- Tu devrais t'arrêter, et venir boire un coup… !
- Tu te prends pour ma mère toi aussi !
C'en fut trop, c'en fut trop pour la patience de Roberto. Il tacla le ballon que Benjamin martyrisait avec ses pieds, et tira si fort qu'il devenait presque invisible dans le bleu du ciel. Le regard qu'ils échangèrent fut à la fois silencieux et réuni de bavardage. Ils étaient des hommes, et ne se confiaient pas aussi facilement que les femmes peuvent le faire entres elles.
Néanmoins, ils abdiquèrent, et Benjamin fit l'effort de partir s'asseoir sur un banc, et d'avaler la demi-bouteille d'eau qu'il s'était apportée. Roberto prit place à ses côtés, et attendit que son ami décide de se confier. Après l'hésitation, la honte, le jeune français fit une révélation assez surprenante à l'italien « j'ai menti ».
- Tu as menti ? À quel propos ? Questionna très intrigué, Roberto
Autrement dit, Sophia n'avait pas tout révélé à Roberto, ou bien, Catherine n'avait pas tout confiée à sa meilleure amie. Un soir, il y a quelques semaines, Benjamin avait appelé sa petite-amie, euphorique, en lui expliquant qu'il avait dans la journée, rencontré à Gênes, le milieu de terrain de Hambourg, l'équipe allemande qu'il rêvait d'intégrer. Les deux joueurs de football ayant sympathisés, et échangés quelques ballons, le joueur de Hambourg s'était montré positif quant à son intégration possible dans l'équipe en septembre. Heureux de cette rencontre, Benjamin avait immédiatement repris du mordant, et souhaitait plus que tout désormais, postuler à un poste d'attaquant chez les allemands.
- Et Catherine l'a très mal pris… Souffla Benjamin
Encore une fois, la jeune femme reprochait à son bien-aimé de ne pas vouloir vivre avec elle en France, et d'intégrer non pas l'équipe d'Allemagne, mais celle de France. Elle ne comprenait pas que sa vie professionnelle et sa vie intime ne pouvaient pas toujours se concorder. Benjamin avait accepté les sacrifices, que sa bien-aimée vive loin de lui, pour qu'elle puisse vivre à mille pour cent sa passion, la danse, et qu'elle devienne une danseuse étoile admirée et respectée dans le milieu.
À force du temps, Benjamin réalisait qu'ils ne se comprenaient pas, ne parvenaient plus à se diriger dans la même direction de leur avenir, et que l'amour qu'ils éprouvaient autrefois enfants, ne suffisaient pas à les combler. Ce soir-là, épuisé de regarder leur couple s'effondrer, et de presque ressentir les échanges d'une étrangère, il s'était emporté, et avait vociféré au téléphone « peut-être devrions-nous nous séparer, car ni toi ni moi n'arrivons plus à être d'accord sur quoi que ce soit ! ».
- Tu as rompu par téléphone ?! S'étonna Roberto
- « Nous » avons rompus par téléphone…
La réponse de Catherine fut en effet formelle, « non, apparemment, nous sommes d'accord sur notre séparation ». Benjamin avait raccroché après l'entente de cette réponse, et n'avait pas dormi de la nuit pour y réfléchir. Le lendemain matin, Catherine avait tenté de le rappeler, mais il n'avait pas décroché, car égoïstement, il se sentait libre, et ce sentiment le gâtait de manière heureuse…
- Je suis un salaud d'après toi ?! Demanda Benjamin, se sentait très honteux
- Vous aviez des torts tous les deux, il est donc inutile de te le faire payer !
- Disons que… Je n'arrive pas à savoir si je suis triste, malheureux, en colère…
- Tu n'as pas besoin de te poser cette question pour l'instant, tu dois vivre au jour le jour !
- De toute façon, la question ne se pose plus ! L'Italie a accepté mon transfert pour l'Allemagne ! Et dès la fin de la coupe d'Europe junior, je pars pour Hambourg SV !
Benjamin annonça cette nouvelle à Roberto avec sourire large, très large, il prenait tout le visage de son ami qui paraissait fier de lui annoncer son transfert. Et il en fut ravi, et le félicita avec toute sa fougue italienne. Le rêve de son meilleur ami se réalisait enfin, et le génie de ce joueur exceptionnel serait enfin récompensé, et il reviendrait dans son équipe nationale, plus fort.
- Et tu avais décidé de fêter ça en te punissant ? Ironisa Roberto
- Je culpabilise…
- Benjamin, je vais finir par te mettre mon poing dans la figure !
- …
- Tu as le droit d'être heureux de cette nouvelle ! Pour Catherine, laisse faire les choses…
Benjamin écoutait attentivement son meilleur ami, et les encouragements et conseils qu'il recevait. Roberto le comprenait, il l'avait toujours compris, encouragé, et aidé dans les moindres difficultés ou épreuves vécues. En effet, il était temps pour lui de penser à lui, d'accomplir ses projets, et d'aller au bout…
- Ce n'est pas parce que Sophia te manques que tu dois te jeter sur moi, hein ! Se moqua Benjamin.
- Oh, t'es con ! Ria jaune Roberto
À ce propos, il restait un point sur lequel il souhaitait mettre également un terme le malaise entre Anna et lui. Et depuis trois jours, l'arrivé de Rodrigue chez elle, en pleine fin de soirée, après son altercation avec Éric le rendait obsessionnel. Frustré, contrarié, et un peu, jaloux ? Le moins qu'il pouvait penser, ce fut qu'il détestait cet ami qu'avait Anna, son « sex-friend », ça ne correspondait véritablement pas au caractère de son amie italienne.
- Eh, à quoi tu penses là ? Sourit sournois Roberto
- À rien… Je vais rentrer, et…
- Si va a corteggiare Anna… ? (1)
- Je déteste quand tu prends ton accent italien du fin fond de la campagne, je ne comprends rien ! Se vexa Benjamin
- C'était fait exprès ! Ria-t-il
Benjamin rentra à la villa, prit une douche, et enfila un jean et un tee-shirt confortable. Il rejoignit le docteur Robson dans le jardin, et lui demanda où il pouvait trouver Anna ? Le professeur lui répondit qu'elle était probablement dans les vallées derrière le village de Spiez, en train de peindre.
Benjamin décida de s'y rendre à vélo, et fut aidé par une petite carte confié par le père d'Anna. Il enfourcha sa bicyclette, et partit à la recherche de son amie. Traversant un long chemin de terre, il sortit des vallées pour se diriger sur la route et partir au centre de Spiez. À l'entrée du village, des maisons typiquement Suisses charmèrent le jeune homme, ainsi que ces imposants sapins qui décoraient parfaitement ce cocon. Il fut séduit tout particulièrement par cette école vieillit, faite de pierre, entouré par un boulanger et une chapelle discrète. Les couleurs rouges et marrons le rendait joyeux, et surtout la convivialité des habitants, et leur gentillesse le fit sourire comme jamais depuis un long moment.
Néanmoins, il n'avait pas encore vu le plus beau, l'entrée à la vallée voisine de celle où résidait Robson. Il franchit un pont de bois, où s'écoulait un lac ravissant. Et l'élégance des montagnes, qu'en dire de plus quelles leur donnèrent des frissons. Grandement, il comprenait qu'Anna et son père furent immédiatement séduits par ce village il était à leur image, simple, généreuse et chaleureuse.
Près d'une fontaine, se tenait un petit marché, et Benjamin fut tenté de s'y arrêter. Il prit quelque fromage et des fruits, un goûter en haut des collines le tentait. L'odeur, les couleurs, les saveurs, le parfum des fraises, et vendues avec du chocolat que lui donna par amitié la commerçante, le rendit heureux. Et ce fut encore plus souriant qu'il reprit sa route.
S'engouffrant dans la forêt, il dut descendre de son vélo pour grimper un chemin qui le mènerait enfin à son amie. Ce qu'il aperçut après l'effort le laissa sans voix. Il marchait sur des épais cailloux, des galets gris à l'infini. Les arbres et sapins entouraient une petite rivière discrète, ou un ruisseau s'écoulait de manière apaisante, et au centre de ce paradis, une cascade, petite, mais magnifique. Les rayons du soleil transperçaient le noyau de cette béatitude.
Anna se trouvait près de la rivière, et peignait son horizon. Benjamin s'avança discrètement, ne souhaitant pas la déconcentrer. Les coups de pinceau de son amie était assurées, et il entendait les poils de l'instrument, danser sur la toile. Il avait déjà pu constater son talent avec ses tableaux décorant le salon de la villa Robson, mais ce fut la première fois qu'il la voyait à l'œuvre, et le moins qu'il pouvait penser, ce fut qu'elle sut le captiver. Aucunement, il n'aurait imaginé qu'elle eut ce talent en plus du football, de ses connaissances en médecine, et de son sens de l'organisation et de supportrice.
Benjamin resta un peu moins d'une heure à regarder Anna peindre son tableau. Et puis, il se rendit compte qu'il n'y avait pas que l'artiste qu'il admirait, mais aussi la femme… La combinaison en dentelle blanche qu'elle portait sciait son corps à merveille. Cette vérité avait fait l'unanimité, Anna était devenue une ravissante jeune femme. Les cheveux plus long, une tenue plus féminine, une assurance telle les grandes dames, elle ne passait pas inaperçue...
Soudainement, Anna ne possédant plus de bleu sur sa palette, se retourna pour attraper son tube, et cria de stupeur en apercevant son ami.
- Tu m'as fait peur ! Dit-elle, se tenant le cœur
- Excuse-m…
Benjamin voulut s'approcher d'elle pour présenter ses excuses, mais ses jambes tremblantes dû à l'entraînement, et au fait d'être resté cinquante minutes sans bouger, le lâchèrent, et il trébucha et tomba.
- Ça va ?! S'abaissa Anna, ricanant quelque peu
- Oui…
- Tu es là depuis longtemps ? Questionna-t-elle
- Assez longtemps pour tomber comme un imbécile devant toi !
Anna éclata de rire, et la paix fut prononcée. Elle fut touchée qu'il soit venu jusqu'à elle, traversant le village et les vallées. Après ces trois jours sans le voir, et après les mots d'Éric, mais surtout ceux de son père, elle avait décidé de mettre sa rancune de côté. Elle ne pourrait en vouloir éternellement à Benjamin d'avoir choisi Catherine après tout…
Le rire qui s'échappait des lèvres d'Anna fit sourire Benjamin. Il aimait cette mélodie, et l'observait dans ce bien-être grâce à lui le réjouissait.
- Que viens-tu faire là ? Demanda-t-elle, l'aidant à se relever.
- Je suis venu pour m'excuser…
- T'excuser ? Mais de quoi ?! Fut-elle surprise
- Pour ce que t'a dit Éric au stade…
- Tu nous as entendus ?
- Mh ! Et je regrette de ne pas être intervenu…
- C'est rien…
Anna se voyait mitigée. Elle était entre la colère qu'il fut encore spectateur, sans intervenir, mais aussi satisfaite qu'il puisse voir le visage d'Éric, et présenter des excuses. Que pouvait-elle faire ? Elle rit, et s'insulta – elle savait pertinemment ce qu'elle allait faire accepter ses excuses, car elle n'arrivait jamais longtemps à se sentir loin de Benjamin.
- Ce n'est rien ! C'est oublié !
Anna tourna le dos à Benjamin et retourna à ses occupations. Il entendit parfaitement la peine dans l'intonation de sa voix… Et il ne supportait pas de rester continuellement dans ce mal-être avec elle. Terriblement motivé à retrouver leur complicité italienne, il prit son sac et se positionna à côté de son amie.
- Je me suis arrêté au marché en venant, tu veux goûter ? Sourit-il
- Oui, avec plaisir !
Anna étendit une couverture à carreaux vert et rouge dans un coin de verdure. Benjamin installa les mets à déguster, et son amie fut étonnée de tout ce qu'il avait acheté. Apparemment, tous les étalages avaient donné envie à son ami, et il avait dévalisé le marché. Et ce fut devant un convivial repas qu'ils retrouvèrent naturellement un compérage d'en temps. Bavardage, rire, échange, discussion, et même pronostique sur le mercato footballistique.
- En parlant de ça, je t'annonce que je serais dans l'équipe de Hambourg SV à la rentrée ! Informa Benjamin
- Et tu ne le dis que maintenant ?! Félicitations ! Dit-elle, d'un immense sourire
- Merci, tu es gentille… Je vais enfin réaliser mon rêve et rentrer dans une équipe allemande !
- C'est fantastique, mais raconte-moi tout !
Anna et Benjamin bavardèrent du transfert du jeune joueur sans compter les minutes. Il était heureux de partager ça, son excitation, ses peurs, ses doutes, mais aussi sa hâte avec une amie, une amie sincèrement heureuse pour lui. Et puis, de cette conversation, en venue une autre, puis des tas, et ils parlèrent des heures comme pour rattraper ce temps écoulé sans eux, sans leur amitié, sans leur connivence.
Anna buvait chaque parole de Benjamin, et il s'en rendait compte. Les yeux saphirs de l'italienne ne quittaient pas les siens. Elle souriait, sincèrement, éprouvant une véritable fierté pour lui, et son parcours. Une admiration certaine elle possédait de son courage et sa volonté de combattre toujours contre les accros de la vie. Il souriait, franchement, ressentant un honorable plaisir d'être à ses côtés, et de lire en elle sa flemme empathique. La frénésie qu'elle avait à l'égard de la vie le fascinait.
Un courant électrique traversait le cœur de ses deux amis.
Et ce moment n'aurait pu être brisé par rien, excepté qu'Anna, sentit subitement une présence grimper sa main. Quelque chose la chatouilla, et elle détourna son regard de celui de Benjamin pour se débarrasser de ce frisson assez désagréable. Au moment où ses yeux croisèrent l'objet qui l'embarrassait, elle poussa un cri de frayeur, et colla sans le vouloir son dos au torse de Benjamin, reculant d'effroi.
- Un lézard, un lézard sur la couverture ! Pleura-t-elle, de peur
Benjamin eut un moment de rire, car l'apercevoir si calme et joyeuse, et en à peine trois secondes se transformer en papillon craintive, l'amusa.
- Benjamin !
- Oui, oui, je le chasse… ! Continua-t-il, riant, et faisant reculer l'animal avec sa main
Anna tenait son cœur, elle pensait réellement avoir frôlé la crise cardiaque, et elle essayait de reprendre sa respiration convenablement, sous les rires de Benjamin. Elle le supplia d'arrêter de rire, et de se moquer d'elle. Les femmes et leur peur irrationnel des rampants une phobie séduisante.
Benjamin réalisa qu'il avait Anna, tout près de lui, collé à lui, son dos toujours en contact avec son torse. Il pouvait sentir la fleur de cerisier émané de sa chevelure blonde, son parfum de rose, et la douceur de sa peau. Le bras de l'italienne frôlait le sien, et ce contact n'était pas désagréable. Et ne parvenant plus à penser convenablement, ses doigts se mirent à caresser ce bras, partant de sa main jusqu'au sommet de son épaule. Anna ressentit comme un courant électrique lui traverser le corps, et elle se paralysa de plaisir…
Benjamin fit plusieurs va et vient de son poignet à son épaule quelque peu dénudée. Il fut complètement hypnotisé par sa beauté, sa fraîcheur, et tel un automate, il se permit encore plus d'intimité. Sa main remontée jusqu'à son épaule, ne repartit pas vers le bas, mais continua jusqu'à sa nuque, où il mit ses cheveux blonds sur le côté. Anna ne bougeait plus, elle ne réalisait pas ce qu'il se passait, elle rêvait sûrement, imageait ce moment dans sa tête et il fallait qu'elle se réveille avant de sombrer dans un plaisir chimérique.
Anna se releva, furtivement, et frotta avec sa main là où son ami l'avait caressé. Elle voulait oublier cette illusion, et s'éviter tout espoir. Benjamin se releva à son tour, et s'approcha d'elle, doucement. Elle fut de nouveau pétrifiée devant lui, entendant sa respiration se saccader, son cœur tambouriner et son ventre papillonner. Que voulait-il ? Lui faire du mal ? Elle ne souhaitait plus y croire, et elle ne voulait plus souffrir par sa faute.
- Anna, je…
- On… On devrait rentrer, il commence à se faire tard…
Anna rangea ses accessoires de peinture, et tourna le dos à Benjamin, sans ne plus lui adresser la parole. Il en fut déstabilisé, et aussi une pointe de déception l'envahis il aurait désiré que ce moment intime se prolonge… L'italienne le fuyait complètement, et il avait la désagréable impression qu'elle préférerait être ailleurs qu'ici. Contrarié, sa colère de ces trois derniers jours se déchaîna, peut-être que son amie pencherait davantage en la présence de Rodrigue ?
Anna s'apprêtait à monter sur son vélo, lorsqu'il se positionna devant elle. Il allait encore une fois se mettre sur la défensive, et railler, mais il tomba sur des larmes silencieuses qui s'écoulaient de ses deux saphirs…
- Anna…
- Laisse-moi Benjamin... !
Anna grimpa sur la bicyclette, et s'échappa. Promptement, Benjamin en fit de même, et essaya de rattraper son amie qui avait pris de l'avance. Elle se sauvait, comme fuyant un mauvais rêve, un cauchemar, et pédalait vers la réalité.
Benjamin se demandait ce que pouvait penser Anna pour en venir à pleurer face à son geste espiègle. L'avait-il blessé ? Il aurait pourtant cru qu'elle prendrait plaisir à le sentir près d'elle, en symbiose, seul à seul, presque les derniers survivants d'une apocalypse. C'était ce qu'avait ressenti Benjamin en profitant de chaque seconde de ce tête à tête. Depuis combien de temps n'avait-il rit de manière franche, sourit de façon sincère, et partager en toute véritable générosité, sans se préoccuper de ce qu'il allait dire ou faire.
- « Je suis stupide ! » S'insulta Benjamin
Il n'ignorait pas les sentiments qu'elle avait pour lui, depuis l'enfance, et ils étaient puissants, tellement qu'elle avait dû fuir l'Italie pour s'en débarrasser… Elle n'avait jamais du espérer que ses sentiments soient réciproques, et que pendant une seule seconde, Benjamin puisse s'intéresser à elle comme à une femme et non plus une amie. Que faisait-il ? Que lui prenait-il ?
Benjamin avait l'irrémédiable envie de la rattraper, de l'arrêter, et de la supplier de l'écouter… Mais pour lui dire quoi ? Quelle explication avait-il ? Sans s'y attendre, il avait eu le désir de se rapprocher d'elle, de toucher sa peau, de se sentir proche d'elle. Elle était soudainement apparue comme irrésistible, et s'il était honnête avec lui-même, il n'avait jamais su vraiment résister à Anna… Quoi qu'il eut fait, ou eut dire, il essayait systématiquement de se racheter envers elle… Pourquoi ? Par culpabilité ? Non, ce fut plus fort, plus vigoureux que ça…
- Anna !
Benjamin s'époumonait à crier son prénom, mais elle ne répondait pas, et ne se retournait pas également. Et puis, comme un pressage, le soleil fut recouvert par des nuages gris sans prévenir, et une pluie épaisse, devenant rapidement une averse, tomba sur Spiez. Les deux amis pédalèrent alors plus rapidement, plus sauvagement.
Benjamin prit de l'avance sur Anna, et roula à ses côtés. Ils étaient tous les deux dans un sale état, trempés de la tête au pied, et en cœur, ils se mirent à éclater de rire vu la situation. Ils rirent comme deux enfants terriblement fier de leur bêtise.
Après plusieurs minutes sous une pluie qui ne voulait aucunement cesser, ils arrivèrent en courant se réfugier dans la maison d'Anna. Elle monta à l'étage, récupérer des serviettes de bain dans sa chambre pour qu'ils se sèchent, et Benjamin lui emboîta le pas. Pénétrant dans la pièce, il reçut au visage une serviette blanche. Il rît, amusé de sa fougue, et l'admira effectuer des gestes délicats pour se sécher… Anna passa la serviette sur sa nuque, égoutta le bout de ses cheveux, et la passa ensuite dans son cou…
Benjamin déglutit avec difficulté, et il sentit son souffle se couper il éprouvait subitement un sentiment étrange, un tourbillon emportait tout ce qu'il possédait de raisonnable en son âme. Il s'approcha d'elle, délicatement, et se positionna devant Anna, sans rien dire, juste la regarder, et laisser aller son imagination… L'italienne était belle, désirable, et il ne savait pas d'où lui venait cette irrésistible envie de l'embrasser, là, maintenant, et faire que le temps s'arrête, mais il ne répugnait pas l'idée de réaliser ce désir…
- Anna…
Anna ne bougeait toujours pas, et elle fut une nouvelle fois paralysée. Cependant, de nouvelles larmes se mirent à tomber de ses yeux, et traduisaient ses pensées. Elle n'était pas là, devant Benjamin, supportant un regard sur elle qui frôlait la luxure, elle ne pouvait pas y croire, le réaliser. C'était son premier amour, son unique amour, le ciel seul savait combien elle pouvait l'aimer et d'avoir prié pour un jour lui donner une chance de lui appartenir…
Anna sourit subitement, elle voulait se réveiller, car il était impossible, là, maintenant, qu'elle recula jusqu'à être bloquée entre le mur et Benjamin, qui s'était avancé vers elle, jusqu'à ce qu'elle soit prisonnière. Ce n'était pas croyable, pensable, après tout, il ne l'avait jamais regardé comme une femme, il était homme pris… Oui, pris… Et elle ne voulait pas ressentir encore une fois la douleur de se sentir accusé de l'avoir piégé, ou séduit malgré lui.
- Catherine… Et Catherine… Chuchota-t-elle, sa gorge coincée par les sanglots
- Nous avons rompus… Et bien avant mon arrivé en Suisses…
Benjamin prit la main tremblante d'Anna, et la posa sur son cœur. Il ne cessait de battre depuis qu'il l'avait rejoint dans les vallées, et qu'ils avaient partagés un instant unique et complice. Son rire, son sourire, son regard, sa bienveillance, sa bonté, tout, tout chez Anna l'avait capté, emprisonné, et il voulait subir encore bien plus comme châtiment.
Benjamin et Anna se regardèrent, un long moment, comme pour se découvrir, domptant le temps pour réaliser qu'il s'agissait bien d'eux, de eux deux… Mais qu'importe, qu'importe pour Benjamin, il avait bien assez attendu une réponse de la vertu pour savoir s'il était bien de la posséder, et sans réfléchir, avec ardeur, il glissa sa main dans son cou, et captura ses lèvres, sans honte.
Immédiatement, le baiser passa de sage, à passionné. Leurs lèvres valsèrent, et bientôt leur langue se joignit à la danse. Anna serra le cou de Benjamin, et ce dernier la compressa contre lui, contre son cœur qui ratait mille battements pour l'oxygéner convenablement.
Avide, Benjamin allongea Anna sur le lit, et tout en continuant ses baisers ardents, il ôta son tee-shirt. Les mains de la jeune femme caressa son torse où elle s'était réfugiée plus tôt, et eut de l'admiration pour la sculpture de ses abdos qui se creusaient sous ses doigts. Benjamin quitta ses lèvres pour venir les poser dans son cou, puis descendit jusqu'à rencontrer l'échancrure de sa poitrine, où il lécha les gouttes d'eau de pluie rouillée. Approchant de ses épaules pour les mordre avec gourmandise, ses mains se frayèrent un chemin pour venir défaire la fermeture de sa combinaison. La dentelle blanche tomba au pied du lit…
Anna allongea ses bras en arrière, et regarda Benjamin jusqu'à brûler le peu de sagesse qu'il possédait. Elle se releva, courbant son corps, et fit profiter de sa taille fine, et de sa poitrine appétissante. Une main hésitante, mais amoureuse se posa sur la fierté gonflé du jeune homme, et il eut un hoquet de plaisir. La main timide, mais rapidement farouche de l'italienne, titilla adroitement la fierté du français. Présentant la montée d'adrénaline, Benjamin défit son jean, qui rejoignit la dentelle au pied du lit, et il se mit à califourchon sur Anna, et l'embrassa, fiévreusement, tout en défaisant ses deux sous-vêtements. Amant, ses lèvres partirent à la découverte du corps d'Anna, et il vénérait la forme de ses seins, le creux de son ventre. Et ce fut nullement intimidé qu'il rejoignit l'intimité de l'italienne, en espérant la rendre folle, folle de lui.
Anna s'accrochait aux draps, elle avait tellement de plaisir qu'elle en pleura de bonheur. Quiconque ne pouvait deviner son bien-être de sentir Benjamin près d'elle, la désirant, l'embrassant, et si c'était un rêve, elle donnerait jusqu'à sa vie pour ne jamais être réveillée.
Anna mordit sa lèvre supérieur, elle voulait allait au bout de ce rêve, et être possédée par Benjamin avant le réveil. Elle posa une main sur sa chevelure corbeau, pour qu'il relève la tête, et comprenne de son regard qu'elle souhaitait lui appartenir, vraiment… Benjamin gagna les lèvres d'Anna en n'omettant pas d'embrasser encore une fois la totalité de son corps, aucun grain de peau n'avait été épargné par la bouche de Benjamin.
Anna et Benjamin s'embrassèrent, elle serrait son cou, adorant échanger des baisers exaltés, et fervent il caressait son corps, adorant sentir sous ses mains une peau chaude et chatouilleuse à son passage.
Benjamin cessa leurs baisers pour la regarder droit dans les yeux. Elle fuyait son regard, et elle pleurait toujours… Il posa une main sur sa joue, pour que son visage et le sien soit en communion, ses yeux ne quittèrent pas les siens.
- Tu es belle… Glissa-t-il, au creux de son oreille
Anna fut émue de ce compliment… Elle qui s'était constamment diminuée face à la beauté transcendante de Catherine, à sa grâce, à sa prestance, et qui adolescente, était loin de la jeune femme attirante, et féminine. Entendre ses mots de la part de Benjamin, prononcé avec une extrême douceur les larmes roulèrent davantage sur ses joues… L'audace d'Anna s'effondrait sous la tendresse de Benjamin. Bien que, il avait une fervente envie de la posséder. Il glissa une main sous l'une de ses cuisses qu'il remonta sur sa hanche, et pénétra en elle, conservant une délicatesse courtoise.
Anna s'accrocha aux épaules de Benjamin, venant l'embrasser, détenant tout l'amour qu'elle avait pour lui. Il fit des vas et vient, d'abord contrariant, car peu rythmés, comme s'il cherchait amusé à la séduire, et réclamer d'elle une cadence supérieur. Et ce fut ce qu'elle réalisa, en trémoussant à son tour ses hanches. Ils se sourirent, appréciant le bien-être commun, et puis, subitement, ne se résistant plus, ils valsèrent ensemble, s'embrassant, se caressant, avec comme chef d'orchestre, leur respiration saccadant.
À l'approche de l'orgasme, Benjamin posa sa tête dans le cou d'Anna, et mordit toute l'ivresse qu'elle lui procurait. Et dans le dernier souffle de plaisir, ils s'embrassèrent, et se prirent dans les bras, transis.
Anna s'assoupit quelque peu dans les bras de Benjamin, qui posa sur eux, le drap. Il caressa son bras, comme pour bercer ses rêves. Étrangement, si Anna pensait rêver, et ne réalisait pas qu'ils s'étaient unis sous la fougue charnelle, rien ne paraissait étrange à l'égard de Benjamin. Ce fut presque naturel, comme évident…
Benjamin vit Anna ouvrir les yeux, et à son réveil, il l'embrassa, mielleusement. Elle sourit, et il rendit son sourire comme un ange sourit à son prophète. Il caressa sa joue, et appréciait terriblement l'esquisse heureuse que dessinait ses rêves.
- Salut… Prononça-t-il, aussi comblé
- Eh… Je ne pensais pas te trouver au réveil… Sourit-elle, amusée
- Tu pensais que je me serais enfui par la fenêtre… ! Ria-t-il
- Je dois avouer que l'arbre qui est à proximité est fortement avantageux… ! S'amusa-t-elle
- Est-ce que c'est par là que s'enfuit Rodrigue ?! Dit-il, non sans amertume
- Pourquoi tu me dis ça ? Questionna-t-elle, blessée et intriguée aussi
Pourquoi Benjamin avait-il posé la question, ou plutôt eut l'intention de soulever un sous-entendu, il ne saurait répondre, mais il était vrai que la visite de nuit de Rodrigue datant de trois jours, le perturbait encore.
- Et bien, c'est ton sex-friend après tout, tu es libre ! Dit-il, sous le ton du reproche
- Mon quoi ?! S'indigna-t-elle, se relevant du lit
- Ton sex-friend, c'est ce qu'il nous a dit à notre première rencontre !
- Il a osé dire ça ?! Et toi, et toi tu le crois ?!
Anna se sentit soudainement humiliée, et insultée. Elle sortit du lit en trombe, et se rhabilla en enfilant un tee-shirt et une culotte. Benjamin fit de même, en remettant son boxer, et il s'approcha de son amie, car il trouvait son comportement sincère, et souhaitait qu'elle parle davantage.
- Excuse-moi Anna, je ne voulais pas te blesser… Dit-il, prenant sa main
- Rodrigue n'est pas mon sex-friend ! J'ai eu deux rapports avec lui, et la dernière fois date d'il y a deux ans !
- D'accord… ! Je te crois… Ne te justifie pas ! Je te prie de m'excuser…
Benjamin captura la hanche d'Anna et la prit dans ses bras, et l'embrassa, passionnément. Il aimait le goût de ses baisers. Et par cette preuve d'affection, il voulait lui affirmer qu'il croyait en ses dires. Anna avait certes mûrie, changée, un peu, elle était une vraie femme, assumant ses choix, ses actes, ses dires, mais une chose fut certaine… Lorsqu'il regardait au plus profond de son regard, il croisait ses yeux de jeune italienne de douze ans, amoureuse de lui, et prête à tout pour lui.
- Tu es fâché contre moi, mais tu portes quand même mon tee-shirt ! Taquina-t-il
- J'adore ton parfum… Rougit-elle, comme une enfant
- Anna, je…
Benjamin fut interrompu par la sonnerie du téléphone d'Anna. Elle jeta un rapide coup d'œil au destinataire, et vu le surnom de « papa » s'afficher. Elle se permit de décrocher, étant donné qu'il s'agissait de son père. Ce dernier s'inquiétait pour elle et Benjamin, les sept heures du soir dépassées, ils les attendaient tous pour dîner. Anna rassura son père, et lui indiqua qu'ils arrivaient tout de suite.
Benjamin se mit à rire devant le comportement paternaliste de Robson, et exécuta les ordres d'Anna. Il reprit son tee-shirt, non sans déposer un baiser sur cette poitrine nue. Vêtis, ils partirent à la villa. Anna se sentait nerveuse, elle sentait déjà le vent tourner en sa défaveur. Et si en posant un pied dans le salon, tout se fracturait, et que son réveil fut brutal. Subitement, elle se tourna vers Benjamin, et le regarda, anxieuse.
Malgré l'angoisse d'Anna, ce fut l'assurance et le réconfort qu'elle trouva en Benjamin. Il prit sa main, serrant ses doigts entre les siens, et les embrassa. Toutefois, l'anxiété d'Anna ne tenait plus, elle embrassa Benjamin, lentement, mais passionnément.
- Eh, Rodrigue te prend peut-être pour sa sex-friend, mais tu n'es pas mon coup d'un soir ! Sourit-il, sournois
- Tu es bête ! Le frappa-t-elle, rieuse
Naturellement, ils pénétrèrent dans le grand salon, où tous étaient déjà pratiquement attablés. Éric arriva sur leur droite, descendant de l'escalier. Anna se dirigea vers son père, l'embrassant, et s'installant à ses côtés. Toutefois, Éric ne broncha pas, et attaqua Benjamin à peine assis.
- Tu étais où ? Je t'ai cherché toute la journée ? Demanda-t-il, un point arrogant
- Je t'ai manqué mon chéri ? Se moqua Benjamin
- Je voulais simplement m'entraîner un peu avec toi ! Tu as fait quoi ?! Insista-t-il
Éric insista, lourdement, et n'en démordrait pas tant que Benjamin n'aurait pas répondu à sa question. L'agacement gagna le jeune homme, Éric savait pertinemment où il avait passé sa journée, et avec qui, mais il fallait qu'il le dise, l'avoue, comme une faute. À moins que son ancien beau-frère pense peut-être qu'il allait se défiler.
Aucunement !
- J'ai passé la journée avec Anna ! Nous étions dans la montagne ! Et comme il s'est mis à pleuvoir, nous nous sommes réfugiés chez elle ! Sourit-il, naturellement
Éric hocha la tête, et à son air, il se sentit bête, ou agacé. Quant à Anna, elle fut agréablement surprise, Benjamin avait assumé sans honte, avoir passé la journée avec elle. Évidemment, ils garderont pour eux cette fin de soirée intime, charnelle, et sincère…
Néanmoins, Anna ne pouvait s'empêcher de craindre pour demain, est-ce que Benjamin serait toujours aimant amant.
Doutes.
…..
Nota : (1) Tu vas courtiser Anna ?
