Réponses commentaires : JaaksG : Hi friend ! Merci pour ton commentaire toujours de bienveillance et de gentillesse, et je suis heureuse de te rendre en joie ahah ! Mais je ne m'attendais pas à me faire traiter de vache, ma bêta dit que je suis seulement sadique, c'est tout… MDR ! Je plaisante bien sûr et je suis ravie de faire tenir autant de suspens ahah ! J'espère que cette suite te plaira, encore merci à toi. Yuki : Merci de m'avoir laissé un petit commentaire, ça fait toujours plaisir, surtout que je prends beaucoup de plaisir à l'écrire. J'adorerais faire du fan art, mais malheureusement je dessine très très mal, alors je vais me contenter d'écrire, ahah ! Merci à toi !
Chapitre 8 : « Amour »
Anna n'en revenait pas d'avoir debout en face d'elle : Benjamin. Et la surprise fut-elle qu'elle n'y croyait pas, qu'elle pensait à un effet d'optique et qu'elle claqua la porte au nez de Benjamin. « Impossible » : ça ne pouvait pas être lui, après sa défaite en coupe d'Europe Junior, il était reparti en Italie, en compagnie de Catherine, elle le savait par son père et la vie avait repris son cours là où Anna l'avait commencé à Spiez.
- Anna…
Anna trembla, c'était pourtant bien sa voix, elle la reconnaîtrait entre mille, elle en était sûre, c'était son ton, cette sonorité si douce et suave. Anna ferma les yeux pour se concentrer, pour calmer ses tremblements, ses frissons, elle devait s'armer, se munir de la réalité, il était là pour s'excuser, pour avouer la vérité, qu'il était à nouveau avec Catherine, mais qu'il ne regretterait jamais sa relation avec elle en Suisse.
- Anna… !
Anna ne voulait pas l'entendre, elle ne survivrait pas à cette réalité sortant de la bouche de Benjamin, elle en avait conscience, elle ne se faisait aucune illusion. Catherine et Benjamin s'appartenaient pour toujours, elle les voyait sur cette plage pour leur premier baiser, ses câlins et ses ballades dans les forêts italiennes, tout ça, toutes ces images faisaient si mal.
- Va-t'en ! Hurla-t-elle, bouchant ses oreilles avec ses mains
- Anna…
La voix de Benjamin était proche, juste derrière son dos, il était entré, la porte non fermée à clef, il avait pu pénétrer à l'intérieur de son salon et s'approcher. Une affreuse douleur percuta son cœur, elle refusait la vérité, qu'importe que le monde la juge, la souffrance de son amour l'étouffait.
Anna se retourna vivement et poussa Benjamin vers l'extérieur, fermant la porte à clef, les yeux imbibés de larmes, la détresse au fond du regard. Il n'en revenait pas qu'elle le repousse autant, il n'imaginait pas tant de douleur à cause de lui…
Benjamin était refroidi, impressionné par le comportement d'Anna, mais il le comprenait. Un peu meurtri, il n'insista pas et se rendit à la villa Robson, retrouver son mentor. Albert fut saisi en le voyant, il ne s'attendait pas à le revoir aussi vite, que venait-il faire à Spiez ?
- J'ai besoin de vous Docteur Robson…
- Dis-moi pourquoi tu es là ?
Benjamin eut un rictus, il ne se moquait pas du Docteur Robson, mais sa posture droite, sévère, protectrice, l'attendrit. Il se positionnait comme un père, un père prêt à lui bondir dessus, excédé qu'il ne sache que faire pleurer sa fille. Benjamin pouvait le comprendre, l'entendre, ses choix et ses actes n'étaient pas cohérent depuis son arrivée. En réalité, il reconnaissait même n'avoir jamais été cohérent du tout, entre amitié et amour.
- Je suis là pour Anna…
Robson étira immédiatement un sourire, soulager qu'il soit ici pour sa fille et non pour une honnêteté qui n'aurait servi à rien.
- Vous allez m'aider ?
Robson acquiesça, mais il ne pouvait pas directement aider Benjamin, Anna aurait des soupçons et refuserait de l'écouter. Elle ne sortait plus, restait enfermée dans sa maison à s'occuper de ses travaux, à des heures tardives, elle refusait le sommeil, elle refusait ses rêves.
Benjamin était vraiment attristé d'entendre tout le mal qu'il lui causait, il ne se doutait pas qu'elle avait autant de sentiment pour lui. Bien sûr, il savait qu'elle était amoureuse de lui, qu'elle aurait tout fait, tout donné pour lui, mais jusqu'à rompre avec le goût de la vie ? Il ne pensait pas le chagrin d'amour aussi destructeur…
- Je suis vraiment un con ! S'insulta Benjamin
- Anna va avoir besoin de temps et de ta confiance… Conseilla Robson
- Je ferais tout pour ça ! Dit-il, s'approchant de son mentor
- Et je sais parfaitement qui peut t'y aider !
Robson posa une main sur l'épaule de son protégé pour lui certifier qu'il allait l'aider, et que s'il écoutait son cœur, tout se passerait bien.
Le soir même, Robson appela sa fille – elle décrocha au bout de cinq appels – il l'informa que les enfants étaient passé à la villa et qu'ils voulaient absolument faire un pique-nique dans les montagnes avec leur coach. Ils avaient peur de perdre tous les enseignements d'Anna s'ils ne s'entraînaient pas un peu.
Anna accepta.
Robson savait que sa fille ne résisterait pas à la demande des enfants, et qu'elle répondrait immédiatement présente. Maintenant, il ne restait plus qu'à convaincre les parents de confier leurs enfants à Robson. Certains n'étaient pas à Spiez, parti en vacances, ou chez de la famille, mais quelques-uns encore au village répondirent présents – Elias et Gavin furent les premiers.
Le lendemain, Robson vint chercher avec son van, assez grand pour embarquer les six enfants, sa fille et partir au point de rendez-vous dans le village, près de la fontaine. Robson roula encore quelques minutes et ils arrivèrent à une entrée de chemin menant vers la forêt et un lac.
Anna était surprise, son père avait tout préparé pour les enfants et pour eux, tout seul, en si peu de temps, elle était impressionnée, et en même temps soulagée. Elle faisait bonne figure devant ses poussins, ses petits joueurs de football, mais au fond d'elle, son cœur se consumait douloureusement.
- Coach, on fait une partie ?! S'impatienta Gavin
- Allez-y les enfants, je vous regarde…
- Non, jouez avec nous coach… Supplia Elias
- D'accord… Papa, tu te joins à nous ?
- Bien sûr !
Les enfants jouèrent en compagnie d'Anna et de son père à une partie de football assez détendue et sous les rires des enfants. Rires qui donnèrent le sourire à Anna, réconfortée par ses petites âmes si tendres, si innocentes, si sincères, elle les aimait profondément, chacun d'entre eux.
- Papa !
Anna râla, son père venait de frapper très fort dans le ballon et de l'envoyer à travers la forêt. Robson s'excusa et demanda à sa fille de bien vouloir aller le chercher pendant qu'il veille sur les enfants. Anna s'enfonça dans la forêt, amusée que son père est encore une telle force de tir. Elle avança jusqu'à tomber sur le lac et s'arrêta au bord de l'eau.
Anna regarda son reflet dans l'eau, se remémorant un souvenir, le souvenir de Benjamin venu la regarder peindre et de ce déjeuner échangé dans une convivialité et une complicité qu'ils n'avaient jamais eu. Anna sentit son thorax se déchirer, combien son être était encore fragile à ses bons moments. Au final, ils n'avaient été que chimères et féeries, un espace-temps, une brèche dans la vie.
- C'est ce que tu cherches ?
Anna remarqua une silhouette à ses côtés dans le reflet de l'eau et tourna immédiatement son visage pour bien réaliser qu'il s'agissait de Benjamin…
Anna tomba nez à nez avec lui, souriant, et tenant le ballon qu'elle cherchait. Anna recula vivement, et s'apprêtait à fuir lorsque Benjamin agrippa fermement son poignée : il ne comptait pas la laisser s'en aller au moins avant qu'il ne lui dise ce qu'il a sur le cœur.
- Anna !
- Lâche-moi !
- Anna, je suis venue te dire quelque chose d'important pour moi… Insista-t-il
- Non, non, non !
Anna réussi à se défaire de l'emprise de Benjamin et recula, les yeux embués de larmes, le cœur sur le point d'exploser de malheur. Égoïste, elle voulait être égoïste et ne pas écouter Benjamin, car elle savait très bien ce qu'il allait lui dire. Catherine et lui s'aimaient comme au premier jour, il avait besoin sûrement de lui demander pardon pour leur courte idylle, pour repartir sur des bases saines avec Catherine, mais elle ne le supporterait pas venant de sa bouche, elle voulait qu'il parte, qu'il parte loin d'elle et qu'il ne revienne plus jamais.
- Anna, je n'irai nulle part… Ni en Italie et pas même en Allemagne sans…
- Tu es incroyable ! Tu te fiches de savoir le mal que tu me fais subir, comme toujours !
- Anna, je…
- Non voglio che tu mi tocchi o mi avvicini. Soffro, brucio, il mio amore mi brucia, non sai quanto ti-amo ! (*)
- Sei tu, sei tu che voglio! (**)
Benjamin le prononça dans un italien un peu maladroit, peu articulé, est-ce qu'Anna avait bien compris, bien entendu, bien saisi chaque mot prononcé. Benjamin s'approcha, déposant ses doigts sur ses joues pour ôter ses larmes salées versées à cause de lui. Ça lui brisait le cœur de voir dans quel état pouvait se mettre Anna juste pour lui…
- Anna, je suis revenue pour toi, pour être avec toi…
Anna avait les yeux grands ouverts, comme un enfant ébahi par le présent qu'on venait de lui offrir, ce cadeau sous le sapin qu'il avait attendu, trépigner d'impatience en l'attendant. Anna avait peur que Benjamin est confondu les mots, il parlait bien l'italien, mais ne conjuguait pas parfaitement et confondait les expressions.
Benjamin ria légèrement, il était parfaitement certain de ce qu'il venait de dire en italien : il la désirait elle, il voulait être avec elle, et personne d'autre.
- Ѐ impossibile…
Anna posa ses mains sur celles de Benjamin pour qu'elles ne soient plus sur ses joues : elle avait besoin de pleurer. Les mots qu'il venait de dire lui allaient droit au cœur, et elle savait qu'il n'était pas homme à tricher. Malgré tout, elle avait l'impression d'être légère, très légère, comme emporté vers un autre ciel, Benjamin ne pouvait pas la vouloir elle, c'était impossible.
- Anna, ne dis pas ça…
Benjamin paniquait, il observait les yeux dans les yeux toute la souffrance d'Anna, tout le désespoir accumulé face à la non réciprocité de ses sentiments. Il tremblait, mesurait subitement la grandeur, la hauteur de l'amour qu'Anna avait pour lui…
- Anna…
Anna se recula, elle remercia du bout des lèvres Benjamin pour ses mots, mais préféra partir rejoindre les enfants, et terminer cette journée.
Benjamin resta un long moment figé sur le sol, percuté, bousculé par l'amour d'Anna. Il avait déjà auparavant réalisé à quel point ses sentiments étaient forts et puissants et qu'ils ne s'étaient jamais éteint, constamment dans l'attente d'un coup de pied du destin. Mais ce qu'il réalisait en cet instant, c'était le mal qu'il lui avait fait… Elle l'avait dit, l'amour qu'elle ressent pour lui est brûlant, douloureux : venait-il de la perdre ?
Benjamin s'y refusait. Le soir venu, il frappa chez elle, mais elle ne répondit pas, ignorant ses appels et son désir de lui parler. Pas découragé, il usa d'imagination et de technique pour s'adresser à elle.
Anna était dans sa chambre, la tête plongée dans l'oreiller : impossible de penser, impossible d'y croire, impossible qu'il soit là, ce n'était qu'une illusion, il ne l'aimait pas, il ne l'avait jamais aimé et rien n'y changerait.
Anna sursauta soudainement, interpellée par des cognements provenant de sa fenêtre : Benjamin jeter des cailloux dans la vitre. Elle paniqua et descendit de son lit pour ouvrir sa fenêtre et l'implorer de descendre de cet arbre.
- Tu es dingue, descends de là ! Imbrogliare… !
- Je dois donc grimper dans un arbre pour que tu daignes m'écouter… Sourit-il, fier
- Ne dis pas n'importe quoi et descends de là, tu vas tomber !
« Trop tard » Benjamin glissa et tomba sous les yeux d'Anna, déjà en train de déballer les escaliers de sa maison pour accourir auprès de son ami, inconscient. Anna stoppa sa course, étonnée que Benjamin soit les deux mains accrochées à une branche, les jambes balancées, le sourire jusqu'aux oreilles, vraisemblablement content de sa « fausse » chute, tout ça pour qu'elle sorte de sa chambre et qu'elle s'intéresse à lui.
- Benjamin, tu es vraiment…
- Un « imbrogliare » ! Dit-il, revenant sur terre, s'approchant d'elle, aguicheur
Anna recula, mais Benjamin avança, un sourire séduit, sûr de lui, prêt à tout, à tout pour lui dire ce qu'il avait à lui dire, mais elle s'y refusait toujours. Et pourtant, son cœur battait, son corps lâchait et elle ne savait dans quelle force elle puisait pour ne fondre dans ses bras, se noyer dans ses yeux, déchirer son cœur…
- Tu es irresponsable ! Et si tu étais vraiment tombé, la cheville cassée, ou le coccyx, tu aurais dit quoi à la fédération de Hambourg ? S'agaça Anna, paniquée
- Que je ne savais pas que je pouvais autant désirer autre chose que le football…
- Tu… !
- Que je ne savais pas que j'étais prêt à tout abandonner, titre, place, récompense, compétition pour être heureux auprès de quelqu'un…
- Benjamin…
- La place que j'occupe auprès de toi, dans ton cœur est plus importante que tout… !
Anna était sur le point de chuter, de tomber, de se fondre dans les abysses du bonheur… Benjamin venait d'ouvrir son cœur, de mettre à nu ses sentiments, sans faillir, sans trembler, sans douter. Il était droit, souriant, le regard pétillant et Anna ne savait plus réfléchir.
Benjamin glissa une main sur sa chevelure et l'autre sur sa hanche, il colla son corps contre le sien et captura vivement ses lèvres, ne pouvant plus attendre, ne pouvant plus résister. Le baiser fut immédiatement électrique, intense et gourmand. Anna qui avait décidé de le repousser par peur de souffrir à nouveau réalisa que devant Benjamin, elle ne serait à jamais qu'une femme amoureuse, éperdument amoureuse.
Benjamin n'attendit pas longtemps avant de la guider dans sa chambre et de l'allonger sur le lit pour embrasser son corps de toute part, de sa gorge à ses seins, de son ventre à son entre cuisse. Anna ne voulait pas que ses lèvres, elle voulait son regard, elle voulait sa sincérité, les yeux dans les yeux, réaliser sa présence… Elle attrapa son visage dans ses mains et posa son regard dans le sien, rempli de larme, entre bonheur et peur…
- Benjamin…
Il entendit son prénom être prononcé sensuellement, mais aussi silencieusement, à peine audible, comme si prononçait son prénom plus fort risquait de la réveiller, et de le faire évaporer. Benjamin réalisait, affrontait l'amour d'Anna les yeux dans les yeux, elle l'aimait, l'aimait plus que tout, et cet amour le rendait fier et puissant. Mais elle avait tellement souffert, tellement attendu, qu'elle se préservait, se protégeait pour s'évitait de souffrir.
Benjamin la serra encore plus davantage contre lui, glissant un regard fiévreux dans le sien, embrassant ses lèvres câlinement, gardant les yeux ouverts, pour plonger dans son cœur, et l'entourer de toute l'ardeur qu'éprouvait le sien à son contact. Anna serra son cou, laissant tomber ses larmes et laissant tomber son corps et son âme dans les bras de Benjamin.
Anna enleva son tee-shirt et Benjamin fit valser le sien – les autres habits suivirent aussitôt. Benjamin ne quitta pas les lèvres d'Anna, leurs baisers étaient bons, épicés, et leurs mains dessinaient sur le corps de l'autre toute l'envie de le posséder, tout brûlait en eux, ils avaient chaud et ils s'impatientaient.
Benjamin quitta les lèvres d'Anna pour embrasser, mordre, happer le reste de son corps, ses seins, son ventre et s'accorda un moment d'intimité avec le pêchée de l'italienne. Anna s'agrippa au drap, son âme avait quitté son corps pour le septième ciel et aucun mot ne saurait définir le plaisir, le plaisir d'avoir l'homme qu'elle aimait en contact avec sa peau. Anna se releva et s'agrippa au cou de Benjamin pour l'embrasser, elle voulait sentir sa bouche sur la sienne, elle voulait être certaine de ne pas rêver, de ne pas à nouveau succomber à l'illusion de son amour.
Benjamin la fit asseoir sur ses cuisses et habita son pêché de sa fierté. Anna ne cessait de s'agripper à Benjamin, de s'attacher à lui, ses épaules, son torse, elle arrivait à peine à croire qu'il était en elle, valsant, dansant à la perfection corps à corps. Elle posa ses mains sur ses joues, sur son visage, elle voulait son regard bleu dans le sien, elle voulait capturer sa sincérité, son bonheur, son plaisir d'être là, avec elle, qu'il soit sûr, qu'il ne reparte plus jamais…
Benjamin était en pleine extase, en plein plaisir, savoureux, délicieux, et le regard fiévreux, mais fébrile d'Anna à l'idée qu'il se volatilise en plein plaisir le bouleversa. Il se rallongea à califourchon sur elle, attrapant ses mains, croisant ses doigts avec les siens et les positionna au-dessus de sa tête. Il voulait qu'elle sache, qu'elle devine qu'elle était à lui désormais, et qu'il la posséderait pour toujours…
- Anna…
À l'entente de son prénom si suavement, si doucement susurré, Anna défit ses doigts de ceux de Benjamin pour venir griffer son dos et le sentir encore plus contre elle, elle voulait qu'ils fusionnent, confondent leur corps l'un l'autre : Benjamin passa une main sous le dos de l'italienne et s'accrocha au barreau de lit pour donner de l'élan à ses vagues qu'il faisait avec ses hanches, et emmenait Anna là où elle désirait se rendre avec lui…
À l'extase, à l'orgasme, ils se serrèrent dans les bras l'un de l'autre, Anna cachant sa tête dans le cou de Benjamin, respirant son parfum, elle voulait le toucher, ne plus le lâcher…
Anna s'endormit quelques minutes dans les bras de Benjamin. Pendant son sommeil, il caressa son bras, le creux de sa taille, elle était divinement belle… Il poussa une mèche de cheveu blond pour embrasser sa joue, puis le coin de ses lèvres, puis ses lèvres pour la réveiller.
Anna ouvrit les yeux et tomba sur le regard aimant de Benjamin. Elle rendit son baiser sensuel, et éclaira son visage d'un sourire, un sourire traduisant le bonheur de se trouver prêt de lui. Anna n'y croyait pas, elle avait peur de cligner des yeux et d'être seule dans le lit et d'avoir été l'otage d'un rêve qui ne se réalisera jamais.
- Anna, je ne compte pas m'en aller ni te laisser…
- Tu…
- Je suis fou de toi… J'avais envie d'être avec toi… Je veux être avec toi !
Anna versa des larmes de bonheur, embrassa Benjamin et fondit dans ses bras, se confinant, se moulant contre son torse, elle voulait le toucher, le respirer, lui si inaccessible, il était là, bien là, dans son lit, ses mains ne cessant de caresser sa peau. Anna ne voulait aucune explication, elle ne voulait pas savoir, égoïstement, pour l'instant, elle ne voulait se concentrer que sur la présence irréel de Benjamin.
- Je suis bien là !
Benjamin se mit au-dessus d'elle, un sourire cajoleur sur les lèvres, le regard fourbe et l'envie irrésistible de l'embrasser. Gourmandise qu'il happa, consuma, profita sans fin, sans lassitude, pendant toute la nuit durant…
. . . . . . . . . .
À l'ombre d'un arbre, Benjamin et Anna pique-niquaient au bord du lac de Thoune dans le village de Faulensee à quelques kilomètres de Spiez. Ils déjeunaient près de l'eau, au soleil, où un escalier de pierre menait dans le lac – Benjamin ne cessait d'être époustouflé par les endroits où l'emmenait Anna, c'était constamment beau, le regard ne sachant où regarder tellement l'horizon était superbe.
Anna portait un large tee-shirt blanc transparent, ou le soutien-gorge noir de maillot bain se laisser observer et un short jeans révélant ses jambes élancées. Elle avait attaché ses cheveux en chignon, ou des mèches blondes bouclées dépassées. Des lunettes de soleil aux verres sombres et reflet vert cachaient ses yeux bleus azurs.
- Tu es belle… Glissa Benjamin, venant piquer la pomme dans laquelle elle comptait croquer
Anna sentit son cœur sautait d'un étage, le compliment de Benjamin fit bondir son cœur, tremblait son corps. Il ne lui semblait pas qu'excepté son père, qu'un homme lui ait dit qu'elle était belle… Adolescente, c'était un vrai garçon manqué, et pas du tout populaire auprès de la gente masculine.
- Le soleil te tape sur la tête ! Répondit-elle, gênée, récupérant sa pomme, croquant le fruit
Un rire échappa à Benjamin : Anna détestait les compliments. Modeste, mais surtout injuste avec elle-même. Physiquement, elle ne se trouvait pas particulièrement jolie ni attirante, Rodrigue aimait son tempérament de feu et non sa silhouette ou son charme. Même lorsqu'elle parlait de son jeu au football elle se diminuait, alors qu'elle s'ennuyait du niveau faible de l'équipe féminine en Italie dans son enfance.
- Ma tête se porte bien, et je réitère, tu es très belle…
Benjamin s'était rapproché d'Anna, encerclant son corps avec ses bras, un peu décontenancé qu'elle n'est pas confiance en elle, en sa beauté, et surtout, en cette fièvre qu'elle provoquait chez lui le désir embrasser ses lèvres, caresser son corps, la consumer jusqu'à l'échange d'une respiration saccadée et aiguë.
- Je ne suis pas aussi belle que Catherine…
« Effondrement » : Benjamin tombait. Il ignorait pourquoi, ou plutôt, il espérait qu'Anna ne fasse plus ça, se comparer à Catherine, pensé même à elle. Lorsqu'il était revenu à Spiez il y a deux semaines – souhaitant rester tout l'été en Suisse avec Anna – ils avaient eu cette conversation, qu'il avait rompu avec Catherine, en avouant son aventure avec l'italienne à Spiez et qu'il mettait fin plus dignement à leur idylle de cinq ans.
Les premiers jours de leur relation furent compliqués, Anna était heureuse, c'était inexplicable de le décrire, mais elle avait si souffert que parfois, elle avait l'irrésistible peur que Benjamin réalise son erreur, prenne conscience que sa décision n'était pas la bonne, et qu'il parte de nouveau.
Et puis, ces amis qui ne prenaient pas de nouvelles, ils savaient que c'était définitivement terminé entre Catherine et Benjamin, et les appels qu'il avait reçus de Roberto et d'Éric n'avaient été que pour essayer de lui faire entendre raison, ou de se donner encore du temps avant d'être définitivement certain de vouloir rompre avec la danseuse étoile.
Une situation délicate et assez triste pour Anna, se disant que personne n'étaient heureux pour eux excepté Robson.
Benjamin essayait de la rassurer, de la combler, de l'étouffer de sa présence, de son envie d'elle, d'être avec elle, tout simplement, qu'importe où ou ce qu'ils faisaient, il y avait des moments où son esprit se mettait sur pause quelques secondes pour le faire réaliser à quel point il était bien et terriblement heureux.
Catherine, c'était le passé, et Anna, son délicieux présent.
- Tu vas finir à l'eau si tu redis une telle bêtise ! Dit-il, pinçant son nez
- Ce n'était pas une bêtise… Dit-elle, le provoquant
Benjamin ôta les lunettes de soleil à Anna et l'attrapa rapidement dans ses bras en princesse, sous les cris et les rires de l'italienne. Elle essaya de se débattre, mais Benjamin la tenait fermement et il sauta à l'eau. Remontant à la surface, Benjamin nagea vers Anna et la pris dans ses bras, voulant entendre plus fort le rire incontrôlable d'Anna. Elle ne le croyait pas capable d'un tel tour, mais elle oubliait son côté joueur.
- Tu disais ? Taquina Benjamin
- Que tu es beau… Et gentil…
Benjamin sourit aux compliments d'Anna et s'empressa de capturer ses lèvres pour un baiser passionné. Les journées qu'ils passaient ensemble avaient le parfum du bonheur, de la complicité. Anna le menait dans des endroits magnifiques, ils marchaient, faisaient du vélo, jouaient même au football, ils étaient ensembles, parfaitement bien ensembles.
. . .
Les jours passèrent, et pour leur dernière semaine de vacances – avant que Benjamin ne parte pour l'Allemagne – ils avaient loué pour cinq jours une petite maisonnette à Gwatt, une ville à l'Ouest de Spiez. Le coucher de soleil arrivait, c'était le dernier jour dans ce village, et l'avant dernier avant le départ de Benjamin. Anna enfila un pull, et admira le paysage.
Anna se trouvait sur un pont de bois où à chacun de ses pas, les planches craquelaient. Du pont, elle admira le paysage, la vue des montagnes enneigées au pic, le calme du lac, la vision des chalets où milieu de la petite ville et des arbres donnaient l'envie à Anna de peindre et d'arrêter le temps, de suspendre ce moment.
Benjamin admirait le paysage, mais au centre de cet horizon à couper le souffle, la vision d'Anna remua son cœur, remua ses sens. Il s'approcha d'elle et l'entoura de ses bras. Il embrassa sa joue et colla sa tête à la sienne : Anna tremblait. Elle avait été un peu silencieuse aujourd'hui, comme ailleurs, des pensées ne cessant de vagabonder dans son esprit, des pensées sûrement triste et morose, car ils ne seraient bientôt plus ensemble.
- Tu sais que tu pourras venir quand tu veux en Allemagne, et je reviendrais aussi à Spiez…
Anna ferma les yeux et absorba la tendresse de Benjamin, et ses mots rassurants. Anna avait malgré tout des difficultés à croire que leur relation tiendrait… Et si Benjamin se réveillait un matin en se disant qu'il n'avait pas fait le bon choix ? Et si la distance faisait qu'il se rendait compte que c'était Catherine qui lui manquait ? Et si, et si : Anna avait trouvé toutes les raisons du monde de croire que Benjamin la quitterait…
- Anna, tout va bien ?
- Oui… ! Tu vas me manquer…
Benjamin fit retourner Anna dans ses bras, pour l'embrasser et la serrer fort – elle mentait. Il le voyait bien, à son regard, à son touché, à ses baisers, elle était dans une inquiétude, dans l'anxiété de le perdre, qu'il l'oubli, oubli tout, tout de cet été, tout de ces vacances.
. . .
Benjamin et Anna dînèrent en compagnie de Robson pour son dernier soir à Spiez. Benjamin profita de l'absence d'Anna, occupée à préparer le dîner pour se confier à son mentor. Robson le rassura, en lui disant qu'il avait fait une belle compétition, même si l'Italie avait été éliminée. Il avait apprécié son jeu, sa technicité et elle serait encore meilleur à Hambourg, il méritait largement sa place.
- C'est gentil Docteur Robson, mais… Je voulais vous parler d'Anna…
- Oh ? Ricana Albert
Benjamin rougit un peu, mais il remercia Robson pour ses mots paternels et sincères sur sa carrière de footballeur en Allemagne, ça le rassurait et le motivait surtout. Mais son tourment concerné Anna, et sa distance, déjà… Elle se comportait étrangement, il avait l'impression qu'elle s'éloignait de tout, de lui, de leur avenir, de leur relation, de cet avenir : elle en Suisse, et lui en Allemagne.
- Je crois qu'elle doute tout simplement de mes sentiments… Sourit tristement Benjamin
- Je vois…
Robson comprenait le ressenti de sa fille. Anna aimait Benjamin depuis toujours, et elle n'avait pas cessé de l'aimer, même avec les années, même en le sachant avec une autre, mais accompagné de cet amour se fixait le désespoir, la fatalité : son cœur serait à jamais pour une autre, Catherine.
Leur aventure avant la coupe d'Europe junior s'était tissée naturellement, mais rapidement décousue à l'arrivée de Catherine. Bien sûr, Benjamin était revenu, pour elle, pour Anna, et il avait juré et prouvé qu'il l'avait « choisi ». Mais lui avait-il fait part de ses sentiments ?
- Je… J'ai dit Anna qu'elle comptait plus que tout, même plus que ma place en Allemagne !
- Malheureusement, Anna n'a pas peur que ce soit ta passion, ou même la distance qui vous sépare…
- …
- Mais ton amour pour Catherine qui a tout de même duré cinq années…
Benjamin comprenait. Comme Olivier et Patty, Anna savait que ni la passion dévorante du football ni la distance n'enterreraient leur amour, mais son passé, son passé avec Catherine. Mais il n'avait pas pris cette décision à la légère, ce n'était pas un coup de tête… Il avait posé son cœur sur la table, sa relation avec Catherine battait de l'aile bien avant de revoir Anna. Et les sentiments pour l'italienne, eux, avaient capturé son âme, s'accrochant, s'agrippant, et il n'avait ni eu l'envie de les rejeter ni de les ignorer…
Benjamin était clair avec lui-même, il pouvait se regarder dans une glace et jurer devant le monde entier qu'il n'aimait plus Catherine et appartenait à Anna…
Benjamin respectait les peurs d'Anna, mais après ces six longues semaines ensembles, il pensait qu'elle avait confiance, qu'elle ne possédait plus de crainte sur l'avenir de leur relation.
Anna dormit dans la chambre de Benjamin à la villa Robson pour plus de simplicité pour son départ de demain matin. Il terminait ses affaires, réfléchissant aux mots, au moyen de concrètement faire entendre raison à Anna sur ses sentiments.
Benjamin rangeait son bureau lorsqu'il tomba sur la pile de photo qu'ils avaient fait développer. Il avait très envie d'en choisir une pour la mettre dans un cadre qui trônera sur sa table de nuit dans son nouveau studio. Il jeta son dévolu sur un cliché où Anna et Benjamin se prenaient en photo avec comme paysage les montagnes de Gwatt. Il avait adoré ces cinq jours dans ce magnifique endroit.
- Je peux ? Demanda-t-il, se retournant vers Anna.
Benjamin en lâcha sa photo – une vision divine apparu. Anna ne portait sur elle qu'un soutien-gorge et un boxer de dentelle fine et de couleur rouge vif. Elle voulait une dernière nuit mémorable, une dernière nuit fiévreuse, une dernière nuit où l'humidité de leur corps définirait leur plaisir, leur jouissance d'être l'un avec l'autre de manière charnelle.
Benjamin sauta presque sur Anna, la bloquant contre le mur et prenant ses jambes pour entourer ses hanches et captura ses lèvres intensément. Benjamin aimait l'idée, la savourer déjà dans son esprit, mais un seul détail ne lui plaisait pas, ne l'émoustillait pas, et il allait le corriger immédiatement, car il ne comptait pas lui faire l'amour comme si c'était la dernière fois,
- Je vais te faire l'amour comme pour la première fois… !
Benjamin porta Anna sur le lit, entendant son cœur exploser par cette envie rassurante et à laquelle elle ne s'attendait pas… Benjamin embrassa tout son corps, laissa des traces de ses dents, de ses doigts sur la totalité de sa peau. Et lorsqu'il vint en elle, elle ne se souvenait pas avoir jamais eu un tel plaisir, l'avoir senti aussi en phase, en osmose, il était tendre et bouillant à la fois, délicat et vif, attentif et joueur – c'était bel et bien comme la première fois.
. . .
Robson avait accompagné Anna et Benjamin en van jusqu'à la gare. Albert donna des derniers conseils à Benjamin pour qu'il parte dans les meilleures conditions dans l'équipe d'Hambourg BV – puis il laissa de l'intimité au couple.
Anna essayait de ne pas craquer, elle bavardait, naturellement, d'un tout et d'un rien, mais Benjamin voyait l'horloge de la gare tourner, et l'heure du siffler de départ approcher de manière angoissante.
Anna l'accompagna sur le quai et Benjamin entra dans le wagon pour poser ses valises. Il revint sur le quai et prit immédiatement Anna dans ses bras qui serra son cou et respira vivement son odeur. Benjamin attrapa son visage en coupe pour l'embrasser passionnément, sensuellement, il ne voulait pas qu'elle oubli le goût de ses baisers, la saveur de leurs lèvres l'une avec l'autre.
- Je t'appelle aussitôt que j'arrive… Confia-t-il, ne sachant que dire
- Tu auras certainement une journée chargée aujourd'hui, alors, ne t'en fais pas pour moi !
- Anna…
- Tu devrais monter dans le train…
Anna demanda à Benjamin de s'amuser, d'apprendre, de profiter, de devenir le meilleur, et de parfaire sa technique de jeu pour remporter la prochaine coupe du monde junior. Anna se projeter pour lui dans l'avenir en tant que footballeur, mais elle ne disait rien sur eux, sur elle…
- Tu vas me manquer… Glissa Benjamin
- Toi aussi…
- …
- Allez ! Monte, je ne veux pas… Craquer devant-toi !
Anna mordit sa lèvre inférieure, repoussa légèrement Benjamin de sa main en poussant son torse, et offrit un sourire crispé, anxieux, rempli de doute, rempli de mots qui ne parvenaient pas à se libérer. Qu'est-ce qu'elle voulait dire ? Que voulait-elle avouer ? Pourquoi ne disait-elle rien ? Et lui, pourquoi ne disait-il rien ?
Benjamin vint l'embrasser, encore, c'était sa seule façon de communiquer, étrangement, animale, mais elle le repoussa un peu, le suppliant de partir, que c'était trop dur, qu'il fallait qu'il s'éloigne dès maintenant avant que ça ne devienne trop difficile, trop insoutenable…
- Ciao… Murmura Anna
Benjamin lâcha la main d'Anna et répondit à son exigence et monta dans le train. Par la fenêtre il vit Anna s'en aller, ne souhaitant aucunement voir le train s'éloigner… Benjamin avait une impression d'inachevé, d'avoir salué une amie banalement : c'était insupportable !
- Anna !
Benjamin couru dans la gare à la recherche d'Anna, il bouscula des passants et aperçu sa silhouette près de la porte de sortie.
- Anna !
Anna se retourna et tomba nez à nez avec Benjamin, essoufflé comme s'il venait de courir cent kilomètres, ironique pour ce grand sportif, cet exercice du cardio : son cœur battait, cognait à tout rompre dans cette gare.
- Anna, dis-le moi ! Dis-moi ce que tu as à me dire !
- Benjamin, tu es fou ! Tu vas rater ton train ! Dit-elle, le poussant légèrement
- Je ne partirais pas avant de savoir ce que tu as sur le cœur !
- Tu es inconscient Benjamin, retourne dans ce train !
- Je m'en fiche de ce train ! C'est toi qui compte Anna !
Benjamin ne comptait pas faire les mêmes erreurs que dans le passé, que dans sa relation passée. Il voulait de la sincérité, de l'honnêteté avec Anna, il ne voulait pas qu'ils se cachent quoi que ce soit, et elle savait que si elle lui demandait, il resterait avec elle, et ne partirait pas en Allemagne…
Anna sourit, tendrement, émue, très émue par cette confession, par cette déclaration : il préférait leur relation au football et ça la touchait. Anna posa une main sur sa joue, heureuse.
- Je ne te demanderais jamais ça… Dit-elle, souriante
- Dis-moi ce que tu veux Anna…
- Toi…
Anna n'avait pas peur de la distance ni de la passion dévorante pour le football de Benjamin, ils vivaient chacun leur passion à leur manière et ça les unissait plus que les séparait – il sourit à cet aveux. Le seul détail qui faisait peur à Anna c'était son passé amoureux, le passé amoureux de Benjamin, et il se nommait Catherine.
- Et si demain matin, en te réveillant, tu repensais à tout ça ! Dit-elle, sanglotant
- Anna, je…
- C'est vrai nous deux c'est… C'est comme un coup de folie, c'est…
- Je t'arrête tout de suite Anna… !
Les doutes de Benjamin étaient fondés, mais il pensait qu'avec leur dernière nuit charnelle, il avait pu lui transmettre tous ses sentiments, toutes ses certitudes, l'évidence… L'évidence de leur union, et Anna avait raison, eux deux, c'était un coup de folie, un coup de foudre, une révélation… En réalité, il ne mettait aucune définition sur leur relation, c'était tout simplement,
De l'amour.
- Je t'aime Anna…
Benjamin glissa une main dans la chevelure blonde d'Anna et l'autre dans son dos pour amener son corps au sien, son cœur contre le sien, lui qui battait si fort, si intimidé de l'avoir avoué les yeux dans les yeux à son « amour », son amour.
- Je t'aime… Répéta-t-il
Anna laissa des larmes de bonheur, de joie, d'amour rouler sur ses joues puis embrassa Benjamin, passionnément, d'une passion folle, sans limite, sans temps, son amour pour lui, pour cet homme était éternel, immortel.
- Je t'aime aussi, je t'aime tellement Benjamin… !
Benjamin étira un sourire lumineux, grand, immense, il souleva de bonheur Anna dans ses bras pour la faire tourner et la remettre pied sur terre pour l'embrasser, l'embrasser à perdre haleine, l'embrasser jusqu'à ce que le chef de gare annonce que le train en partance pour Basel à Hambourg démarrait dans moins d'une minute.
À contre cœur, à souffle coupé, Benjamin quitta les lèvres d'Anna pour la prendre par la main et courir vers le quai. Il lui donna un dernier baiser en lui glissant à l'oreille un « ti-amo » dans un accent italien maladroit et monta dans la voiture.
Anna suivi Benjamin et pu lui répondre « anche io » - moi aussi. Il posa sa main sur la vitre et elle fit de même. Le train sonna son départ et Anna dû lâcher cette main imaginaire. Elle regarda le train s'éloigner, s'échapper dans les bois de Spiez pour rouler vers une autre destination, une destination où Anna serait avec Benjamin par le cœur, par l'esprit…
Benjamin posa sa tête contre le siège, le cœur serré de laisser Anna, mais en même temps que le train l'amenait vers l'Allemagne, l'excitation le gagnait.
Anna occupait pourtant tout son esprit, à peine deux minutes qu'ils n'étaient plus ensembles et il ressentait un affreux vide, un manque, une solitude qu'il n'avait jamais encore eu en lui.
Benjamin réalisait qu'il était heureux, et qu'il ferait tout, qu'il allait tout faire pour le préserver.
à suivre…
….
Nota bene :
(*) Je ne veux pas que tu me touches, ni que tu m'approches. Je souffre, je brûle, mon amour me brûle, tu ne sais pas combien je t'aime.
(**) C'est toi, c'est toi que je veux.
