Assis dans l'herbe au beau milieu d'une clairière, je profite de cet instant de calme. Je ne pense à rien, je suis juste bien. Appuyé en arrière sur mes coudes je regarde un beau paysage en tenant une brindille entre mes lèvres. Les couleurs du ciel de Kumo pendant le crépuscule sont époustouflantes. Mis a par pouvoir voir Sasuke, je n'aurais pas pu demander plus belle vision avant de mourir.
Lentement, le soleil tombe derrière la colline. Juste après sa disparition par contre, tout s'accélère et je sens la nuit froide comme la mort me tomber dessus et me lécher la peau sous mes habilles de son souffle gelé. C'est l'heure.
Je sens dans mon dos le premier rayon de lune et même pas une seconde après, je hurle plus fort que jamais. Une douleur sans précédent me lance dans la poitrine et dans le ventre. J'arrache ma veste dans l'espoir de souffrir un peu moins grâce à la froideur de la nuit qui pourrait apaiser cette brûlure, mais c'est strictement inutile.
Bon quand faut y aller, faut y aller !
Je plonge à l'intérieur de moi-même.
Arrivé dans cet endroit que je connais bien depuis le temps que je viens y défier mon démon, je reconnais tout sauf mon rivale.
Sa couleur orange l'a abandonné pour une couleur or, brillante et incandescente. Des marquages noirs ressortent sur quelques endroits de son corps tel que des tatouages. Bee avait raison : Il a l'aire vraiment bien plus puissant qu'en temps normal.
« Près à rendre l'âme, Naruto ?
- Je suis désolé Kyubi, mais je ne peux pas m'y résoudre : J'ai promis a quelqu'un que je rentrerais a Konoha ! Et je tiens toujours mes promesses ! Kage bushin no jutsu ! »
Sans attendre, je me jette dans le combat. J'appelle autant de clone que possible, ce qui fait un nombre bien plus impressionnant que la petite centaine d'il y a deux semaines.
Chacun d'entre eux utilise un rasengan géant et tous ensembles, nous tombons en plein sur Kyubi qui, surpris par la taille de mon rasengan, a eu le temps de se redressé mais pas d'esquiver.
Tous les clones s'évaporent dans l'explosion phénoménale que cela produit et moi je suis éjecté à plusieurs mètres. J'arrive cependant à atterrir sur mes deux pieds.
Je ne vois plus mon ennemi à travers l'épaisse fumée blanche et je reste vigilent, prêt à le voir de bondir sur moi à tout moment. Seulement ce n'est pas lui qui m'arrive dessus mais quelque chose de bien plus dangereux et rapide : Un bijuu dama.
Par réflexe je me jette au sol. Je sens le souffle de l'attaque m'érafler mais elle ne me touche pas.
Le temps que je me redresse, Kyubi se rue déjà sur mois, crocs et griffes en avant.
Je roule sur le côté et évite de peux un coup de poing monumental qui m'aurait été fatal. A la fin de ma roulade je me remets sur pied et d'un mouvement de main je lui envoie une bourrasque de vent aussi aiguisé qu'une lame d'épée. Cependant il esquive de justesse et mon attaque ne fait que lui érafler la joue.
Frustrée par cette blessure d'où s'échappe un filet de sang aussi minime soit-elle, le renard géant me lance son regard le plus assassin avant de foncer une nouvelle fois sur moi. Je saute pour éviter ses griffe acérer et esquive de peu ses mâchoires puissante en faisant apparaître un clone qui me pousse d'un coup de pied et se fait croquer à ma place. Il disparaît dans un nuage de fumé blanche qui s'échappe entre les dents pointu du de Kyubi, lui donnant des allures de dragon enragé.
Essouffler, je remets pied à terre. Je ne perds pas de temps et lance une énorme bourrasque. Souffler comme une simple feuille, Kyubi se fait éjecter à plusieurs mètres de moi. Je profite de sa position éloignée pour rappeler mon armée de clone et reproduire une attaque groupé.
Reprenant ses appuis, le bijuu en abat beaucoup en les écrasant comme des insectes à l'aide de ses pattes et de ses queues. Ceux qui restent n'hésitent pas à attaquer le démon par tous mes moyens possible, à l'aide de lame de vent ou de rasengan. Cependant Kyubi ne cherche plus à nous tuer. Il nous fixe un par un : il semble chercher quelque chose.
D'un seul coup son regard rouge sang s'agrandit et il ouvre la gueule. Sans prévenir il lance un nouveau biju dama.
Tous mes clones disparaissent d'un seul coup, comme si ils avaient tous été touché par l'attaque. C'est normal puisque en vérité, je suis le seul à avoir été touché et une telle attaque ne me permet pas de poursuivre le contrôle de mes clones. Je ne sais pas comment mais il a réussi à me reconnaître parmi mon armée.
L'énorme bombe me pousse avec violence sur plusieurs mètres. Elle n'a même pas encore explosé que j'entends le craquement sourd de certain os de mon corps qui se brisent. Je vois une lumière aveuglante et sens une brûlure vivace tout le long de mon corps. Avant même que l'explosion se termine, ma vision se brouille et je ne vois plus rien. Je ne sens plus rien. Je n'entends plus rien : C'est certainement la fin.
Tout est noir. Il n'y a plus rien. Je ne sens pas de douleur. Alors que je me fais lentement à l'idée d'avoir échouer, j'aperçois quelque chose au milieu de tout ce noir. Quelque chose de brillant.
Je plisse les yeux pour mieux voir, puis je me redresse en sursautant. Un regard encore plus noir que le reste du décor me fixe avec détermination. Ses yeux… Je les reconnaîtrais entre mille !
« Sasuke ?...
- Debout Naruto ! Relève-toi ! »
Je sursaute. Cette voix… Certes c'est bien la sienne, mais elle a quelque chose de différent. Elle est plus grave, plus… Bestial.
« J'ai besoin de toi. Si tu n'as plus suffisamment de force pour défendre ta vie, bat toi pour sauver la mienne ! Retournes-y et je t'interdis de mourir ! » Aboi-t-il sur le ton d'un ordre.
Un flash m'éblouit de nouveau, le regard qui me fixait disparaît, comme tout le reste du décor noir.
D'un seul coup mes douleurs me reviennent et j'étouffe un cri que je ne peux pas pousser car même mes poumons me font souffrir. Je crois que je suis allongé mais je n'en suis même pas sûr. J'ai l'impression que tout à l'intérieur de moi est broyé et ma peau me pique horriblement. Le simple fait de soulever mes paupières me demande un effort sur humain.
Ma vue est floue mais je reconnais l'endroit : C'est l'antre de Kyubi. Je ne suis donc toujours pas mort ?
Comprenant cela, une flamme se met à brûler férocement à l'intérieur de ma poitrine. La rage de vaincre s'empare de moi et me donne la force de ramener mes bras pour croiser les doigts. J'appelle trois clones qui apparaissent à mes côtés. Le premier dans mon dos se dépêche de me redresser. Même si je souffre, je le laisse me maintenir ainsi en position assise. Les deux autres s'activent au-dessus de mes deux mains ouvertes au bout de mes bras ballant, paume tourné vers le ciel.
Récupèrent lentement mes capacités oculaire, je vois une gigantesque masse couleur or se jeter sur moi. Je sers les dents et rassemble tout ce qui me reste de forces pour ramener mes deux mains devants moi et infliger mon ultime attaque au démon. Juste au moment ou mes deux mains de rassemble pour faire fusionner futon et rasengan géant, Kyubi ouvre sa gueule pour me mettre en pièce. Cependant sa gueule ne se referme pas : L'explosion et si intense qu'elle nous propulse a plusieurs centaines de mètres l'un de l'autre. Tout en dérapant sur le sol, un bras devant le visage pour me protéger du souffle violent provoqué par mon attaque, je vois Kyubi en lévitation dans les aires, entouré qu'une sphère bleu et blanche qui dégage une lumière éclatante. Des millions de fines aiguilles traversent le tourbillon d'énergie à vive allure… C'est vraiment moi, qui ai fait ça ?
Le bijuu hurle de toute ses forces jusqu'à que l'énorme tourbillon explose. Je le vois ensuite tomber comme une masse inerte sur le sol.
Je n'entends plus un seul bruit, et je comprends que c'est le moment. Sans même savoir comment, je me remets sur pied. Une fois droit, je peux voir au loin Kyubi effondré au sol. Allonger sur le flanc gauche, il respire avec difficulté : il est grièvement blesser.
Je fronce les sourcils et fait un pas en avant. Une énorme entrave tombe alors du ciel pour bloquer mon démon au sol en l'emprisonnant autour de la taille. Kyubi se cambre et se débat en hurlant, comprenant qu'es qui est en train de se produire bien mieux que moi. Quant à moi, cette première entrave laissée tomber soulage en partie mes douleurs et me donne la force de faire un second pas. Une seconde entrave tombe : immobilisant le démon au niveau de la nuque. Plus je me rapproche de mon démon, plus je sens mes forces me revenir, plus les entravent continu de pleuvoir, tenant fermement ses neuf queues, ses pattes, et même son museau. Lorsque j'arrive à sa hauteur c'est à peine s'il peut desserrer les crocs pour parler. Le voir ainsi me serre le cœur et je n'arrive pas à me résoudre de le laisser comme ca durant tout le restant de ma vie… C'est donc ça, une existence de bijuu ? Comment peut-on leur en vouloir d'essayer par tous les moyens de se libérer ? Qui n'essayerait pas, dans ses conditions !
Kyubi me fusille d'un regard plus que mauvais. Il a toujours le souffle court. Sa rage se voit comme sa truffe au milieu de son visage, mais ce n'est pas le seul sentiment qui émane de lui. Je sens aussi beaucoup de douleur, de panique et de tristesse a l'idée de rester ainsi durant plusieurs dizaines d'années.
Ses yeux furieux se remplissent de larme de rage qui coule bien malgré lui.
« Naruto… Libère moi, enfoiré ! Libère moi immédiatement ! »
Il cris et essaye de se débattre. Je sens la rage s'évanouir peu à peu et la panique prendre le dessus dans son regard. Je serre les mâchoires. Certainement que je devrais me réjouir, mais ce n'est pas du tout ce que j'ai envies de faire. Mon instinct me dicte un tout autre comportement.
« D'accord. »
Kyubi écarquille les yeux et se fige. Moi je joins les doigts avec difficulté.
« Libération. »
Les lourdes entravent de Kyubi se soulèvent lentement et retourne de là où elle vienne. Mon bijuu regarde la scène sans la comprendre. Doucement, il se remet sur patte. Sa lenteur est autant du a son état qu'a sa surprise.
« Voilà Kyubi. Tu es libre. Tu as le choix à présent : Sois tu me tue et tu t'échappes de mon corps pour vivre quelques heures de liberté avant de te faire de nouveau pourchasser et retourner dans un nouveau corps, soit tu acceptes de rester ici et on partage cet habitacle ensemble, toi et moi. »
A Konoha, la nuit est tombée depuis longtemps. Allonger au côté de son frère enchaîné, Itachi a les yeux fermé et la tête sur le côté pour essayer de ne pas prêter attention au plaintes répétitives et assourdissante du croisé.
Finalement, après une bonne poignée de seconde sans plus rien entendre, l'aîné se risque à jeter un coup d'œil au plus jeune. Allongé sur le côté, le croisé semble reprendre son souffle. Itachi se lève et va s'asseoir en face de lui. Visiblement la torture a pris fin. Lentement, Sasuke relève la tête pour planter son regard noir dans celui identique de son frère.
« Itachi ? »
La panthère sursaute. Si son frère s'adressait a lui en grognant son nom, alors cela voulait dire…
« Sasuke ? C'est toi ? Je veux dire, le vrai toi ? »
L'animal répond en hochant lentement son énorme tête. Sous le regard toujours surpris de son frère, il se remet lentement debout.
« Détache-moi Itachi… Je dois aller à Kumo. »
Itachi, qui allait s'exécuter, se stoppe pour regarder son frère en attendant des explications.
« Pourquoi ?
- Heu… Je ne sais pas. Je sens juste que je dois y aller, comme si ma place était là-bas. Détache moi, qu'es que tu attends ?! »
Lentement, Itachi se recule, s'éloignant de son frère qui ne comprend visiblement pas se comportement.
« Je suis désolé, Sasuke, mais je ne peux pas te laisser sortir du village. Fais-moi confiance, petit frère.
- Quoi ?! Non ! Détache-moi ou je brise mes chaînes ! Hurla le croisé en commençant à tirer sur les liens qui l'entrave.
- Tu n'y arriveras pas cette fois-ci, je suis vraiment désoler. Je viendrais te chercher demain matin. »
Sur ces mots, Itachi se retourne et quitte le couloir. Sasuke le fixe d'un regard assassin et se met à hurler.
« Reviens Itachi ! Tu ne peux pas me laisser ici ! Itachi ! »
Faisant la sourde oreille, l'aîné disparaît au fond du couloir.
Impatient, Jiraya, sous sa forme d'hérisson, marche inlassablement, formant un rond autour de Bee qui lui, écrit sans relâche de nouvelles rimes dans son petit cahier, assis en tailleur dans l'herbe. Ce dernier étant un jinchuriki, il n'a pas à subir les transformations automatiques les soirs de pleine lune.
De l'autre côté de la colline, les deux hommes attendent impatiemment le retour de Naruto qui c'était isoler la veille pour qu'en cas de défaite, Jiraya et Bee puissent aller chercher les rend forts a Kumo avant que Kyubi ne se mettent à tout saccager.
Déjà, la nuit laisse lentement place au jour et le premier rayon de soleil qui passe la colline rend sa forme humaine au hérisson impatient. Jiraya enfile rapidement ses habille qu'il avait retiré la veille.
« C'est bon, je vais le chercher ! » Déclare Jiraya en se tournant dans la direction que Naruto avait empruntée.
« Yo Jiraya, pas la peine de faire ça ! Regarde qui va la ! »
Jiraya tourne la tête vers le haut de la colline mais n'arrive pas à voir grand-chose à cause du soleil éblouissant. Il place donc sa main sur son front pour se faire de l'ombre et sourit face à la vision que lui offre le petit matin.
Les mains dans les poches de mon pantalon, je marche avec dédain jusqu'au sommet de la colline. Ma veste ouverte sur mon torse nu vole dans mon dos, soulevé par les neuf queues rousses de renard qui dansent derrière moi avec légèreté. Arrivé au sommet, je vois en contre bas Jiraya et Bee qui me fixent tous les deux en souriant. Je leur rends leur sourire et vais les rejoindre en courant. Jiraya me prend dans ses bras alors que Bee danse et chante autour de nous. Mon maître me sert de toutes ses forces : je crois qu'il n'y croyait pas plus que moi.
« Je suis si fier de toi, Naruto. M'avouât-il d'une voix douce.
- Merci, Jiraya. »
Suite à Mon retour, on a tous les trois rejoint Kumo d'un pas tranquille. Les blessures de mon combat ce sont évanouis dès que je suis retourné dans mon corps. Je suis épuisé mais je vais bien, et c'est avec plaisir que j'accepte l'invitation à dîner de Jiraya et Bee.
N'ayant plus grand-chose à faire à Kumo, moi et Jiraya avons repris la route dès le lendemain. C'est le cœur lourd que je salut Bee, sans qui je serais mort a l'heure qu'il est. Il me présente son point et je tape contre avec le mien pour le saluer avant de rejoindre Jiraya pour poursuivre notre long périple.
A présent que je suis sauvé, je reprends peu à peu goût à la vie. Je ne mets pas longtemps à reprendre un poids normal, et je suis même un peu plus lourd qu'avant toute cette histoire à cause de mon entraînement intensif qui m'a procuré une belle musculature.
Souvent lorsque nous marchons entre deux destinations, je laisse ma place à Kyubi qui gambade en toute liberté. Il a accepté notre marché uniquement à condition que je le laisse se dégourdir les pattes régulièrement. Même si notre entente ne plais pas beaucoup à Jiraya qui n'est pas très rassuré de marcher à côté d'un démon, moi, j'en suis très fier.
Les jours passes, puis les mois et les saisons. J'apprends beaucoup et je progresse vite maintenant que je possède les pouvoirs de Kyubi. Jiraya m'a aidé à perfectionner l'attaque que j'ai utilisée contre Kurama le jour de notre combat. Celle-ci était trop dangereuse pour moi. Cependant, j'ai appris a correctement la manier, et en l'envoyant tel un shuriken, je ne risque plus rien.
Dès que nous avons un peu de temps, Jiraya m'entraîne au Karaté ou me donne quelques cours théorique. Parfois je le défi au combat, mais il refuse constamment. Soi-disant qu'il a la flemme, mais je pense qu'il a surtout peur de perdre. De toute façon les combats, je n'ai pas besoin de lui pour en pratiquer : Je ne sais pas combien de brigands ont tenté de nous attaquer depuis que nous avons quitté Kumo tellement il y en a ! Certains d'entre eux fuient dès qu'ils voient apparaître sous leurs yeux le démon Kyubi. D'autres tente leur chance mais n'insiste pas longtemps et finissent par repartir la queue entre les pattes avant de se faire mettre en pièce.
Notre voyage a beau être la plus part du temps merveilleux et très instructif, il y a toujours un jour dans le mois qui me donne envie de rebrousser chemin et retourner à Konoha : Les nuits de pleines lunes. Parfois, j'ai l'impression d'entendre Sasuke hurler au loin. Néanmoins, si pour moi ces nuits-là sont très pénibles, elles sont encore pire pour Kyubi qui lui, même si il ne ressent rien vis-à-vis de Sasuke, est toujours très excité. Il ne tient pas en place. Puisque ça nous arrange tous les deux, on s'est mis d'accord : à chaque pleine lune, je lui laisse ma place, comme les ninjas normaux le font avec leurs animaux.
Heureusement ce soir, ce n'est pas la pleine lune. Nous sommes en pleine montagne et il fait un froid glacial pourtant, nous dormons dehors avec Jiraya. Nous n'avons pas réussi à atteindre de village avant la tombée de la nuit. Ce genre de situation nous est arrivé régulièrement en près de un an et demi de voyage, mais encore jamais dans de tel condition météorologique.
Dos à dos, nous partageons une tente comme on peut.
« Pousse-toi Naruto ! Tu prends toute la place ! Grogne Jiraya.
- Je ne peux pas faire plus ! Je suis déjà collé au bâtant, là ! Ce n'est pas ma faute si vous êtes si grand !
- Hey, ne m'accuse pas gamin ! On n'était pas autant serré avant que tu pousses comme une asperge ! La prochaine fois qu'on s'arrête dans une ville, tu t'achèteras ta propre tente. »
Je grogne à mon tour. C'est vrai que j'ai beaucoup grandi, même si je n'ai pas encore rattrapé Jiraya. D'ici peu de temps je vais fêter mes dix-huit ans et j'aurais aimé pouvoir le faire à Konoha, mais nous sommes encore loin d'avoir fini notre expédition et je ne pense pas que ça sera possible.
Mon esprit s'évade et je pense à Sasuke.
Je me demande si lui aussi a grandi, si il a changé. Peut-être a-t-il appris à contrôler son croisé depuis le temps, ou peut-être a-t-il échangé ses yeux avec ceux de son frère. Mais ce qui me perturbe la plus, c'est de savoir s'il pense à moi. Se souvient-il au mois, du simple humain pour lequel il me prenait à l'époque ? Peut-être m'a-t-il oublié, balayer de sa mémoire comme une ordure insignifiante. Ça m'étonnerait, car Sasuke n'a pas l'air à être homme à oublier un défi qu'on lui lance. C'est sûrement ainsi qu'il se souvient de moi : Comme un faible abruti qui a osé le défier lui, grand Uchiwa de l'Akatsuki. Si un jour, ce duel vient à se dérouler, j'aimerais vraiment ne pas avoir à faire appel à Kyubi pour le battre. J'aimerais lui cacher mon statut de jinchuriki jusqu'au bout, jusqu'à être accepté. Sur ces dernières pensées je m'endors, rêvant de mon ninja brun qui m'attend à l'autre bout du monde.
2 ans. 2 ans, 6 mois et 12 jours plus exactement que je suis parti de Konoha.
Comparer aux 4 pauvres mois que j'ai passés là-bas, ça me semble énorme. Parfois, je me demande pourquoi je reste accrocher à ce village qui n'est plus qu'un souvenir flou. Je n'arrive plus à imaginer le visage de mes amis car ils ont certainement du beaucoup changer, tout comme moi. La seul image net qui reste dans mon esprit, c'est celle de Sasuke et de son animal, même si eux deux aussi ont sûrement beaucoup évolué. Peut-être que c'est à cause de lui que je n'arrive pas à me détacher de Konoha, ou peut-être est-ce car c'est le village qui m'a accueilli ou bien car il représente mes origines, mais en tout cas, le village me manque affreusement.
Suivant Jiraya sans vraiment lui prêter attention, je manque de peu de le percuter lorsqu'il se stoppe.
« Pourquoi tu t'arrêtes Ero-sennin ? » Lui demandais-je d'une voix curieuse.
Il se tourne vers moi, me regarde et me sourit. Aujourd'hui, je fais la même taille que lui et il n'a plus besoin de baisser les yeux pour fixer mon regard. Au fil du temps, j'ai découvert l'amour de mon maître pour les belles femmes. De là est né se surnom que j'emploie sans-cesse. Quant au tutoiement je ne sais pas trop… Sûrement s'est-il installé tout seul sans même que ni lui ni moi s'en aperçoive.
« C'est ici que nos routes se séparent, Naruto. »
Je reste perplexe face à cette déclaration. Je penche la tête sur le côté et fronce les sourcils, attendant une explication.
« Tu vois cette montagne au loin ? »
Je tourne la tête pour observer le paysage. A l'horizon se dessinent plusieurs collines rocheuses, de plus en plus haute, puis vraiment très loin une montagne semble se fondre dans le ciel. C'est à peine si je peux l'apercevoir à une telle distance.
« Oui…
- Rejoins-là. Là-bas, les crapauds que je t'ai appris à invoquer t'enseigneront le mode sennin. C'est la dernière étape pour toi. Tien, prend mon rouleau, je n'en aurais plus besoin puis, il m'encombre… »
Il détache le gros rouleau contenant la liste de tous les sennin existant ou aillant existé et me le tend. Je le récupère, toujours aussi incrédule.
« Euh… Ok… Mais pourquoi tu ne viens pas ?
- C'est quelque chose que tu dois apprendre seul, gamin. Ma présence ne servira à rien.
- Très bien. On se donne rendez-vous dans combien de temps ?
- Jamais, Naruto. »
Déjà que jusqu'à présente je ne comprenais pas trop, cette dernière phrase me surprend d'autant plus. Jiraya doit lire l'incompréhension dans mes yeux car il sourit pour me rassurer puis m'ébouriffe les cheveux.
« Fais pas cette tête, gamin. On finira bien par ce revoir un jour, lorsque j'irais faire un saut à Konoha. Mais pour le moment, j'ai des affaires urgentes à régler ailleurs. Toi, dès que tu en auras fini avec les crapauds, retourne au village et dit à Tsunade que je m'occupe de Pain d'accord ? Tu peux faire ça pour moi ? »
J'acquiesce, toujours un peu sous le choc de réaliser que l'homme avec lequel je voyage depuis deux ans et demi s'apprête à me quitter. Et visiblement, pour un bon moment.
Après un dernier sourire qui se veut rassurent, Jiraya se retourne et commence à s'éloigner de moi. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai un mauvais pressentiment… Son regard… On aurait dit le mien juste avant que je m'apprête à combattre Kurama : il est résigné.
« Au fait Naruto ! »
Il s'arrête et se retourne vers moi, maintenant la distance qui nous sépare.
« Minato et Kushina aurait étaient très fier de toi. Tu es un bon gamin. Moi-même, je suis fier d'être ton parrain ! »
J'écarquille les yeux. Nouveau choque. Alors Jiraya… Il connaissait mes parents ? Enfin je veux dire, bien ? Suffisamment bien pour qu'ils fassent de lui mon parrain ?
« Grâce à toi, je n'ai pas peur d'échouer, gamin. Je sais que si ça se produit, toi, tu y arriveras pour moi. Je compte sur toi ! Adieu, Naruto. »
Il se retourne de nouveau puis reprend sa marche, les mains dans les poches. Je n'ai pas vraiment compris ce qu'il a voulu me dire… Mais quelque chose me dit qu'un jour, je comprendrais.
« Au revoir Jiraya… » Dis-je plus pour moi que pour lui, qui est déjà trop loin pour m'entendre.
Je reste un bon moment à fixer la route par la quel il est parti, puis finalement, je me tourne vers la montagne. Je la regarde un moment puis fronce les sourcils d'un air déterminé. C'est le dernier obstacle à franchir avant Konoha… Et je ne compte pas échouer !
