Les traits fins de son visage ne se sont pas durci le moins du monde contrairement aux miens. Certes, ce qui restait de rondeur enfantine lorsqu'il avait 16 ans a disparu, mais c'est tout. Il a changé d'habilles, troquant son ancienne tenue contre quelques chose de plus adulte. Il porte un ensemble chemise pantalon noir et un veston sans manche cintré gris. Par-dessus ceci, il porte le fameux manteau noir aux nuages rouges de l'Akatsuki. Sa coupe aussi a changé. Alors que moi, mes cheveux sont plus court, les siens sont un peu plus long et retombent droit sur son visage et dans sa nuque. Envolé, le perroquet.

Lorsque son regard croise le mien il stoppe son ascension. Il ne bouge plus d'un pouce et me fixe sans sourcier pendant de longues secondes. Au bout d'un moment, il fronce les sourcils dans un grognement soufflé à peine perceptible et fronce le nez, comme si mon odeur ne lui plaisait pas. C'est possible, ça ? Que mon odeur ne lui plaise pas ? Car pour moi, les effluves provenant de son corps qui me chatouille les narines sont simplement délectables. Son odeur n'a pas changé, c'est la même que celle dont j'aimais m'imprégner les soirs de pleine lune, il y a de ça trois ans. Elle m'a tant manqué... Je me concentre pour éviter que mes pupilles se fende et laisse place à celles de Kyubi, tellement mon instinct est titillé par ce parfum.

Au bout d'un long moment, Sasuke tourne la tête pour fixer les flammes noires et ses yeux virent au rouge. Le même symbole que celui que j'ai vu précédemment dans les yeux de son frère se dessine dans ses iris. Il se concentre, un instant. Moi je tourne la tête pour suivre son regard qui fixe avec insistance les flammes noires. Elles s'amoindrissent, jusqu'à disparaître complètement.

Je n'ai pas omis le fait que Itachi ai demandé à son frère d'accomplir cette acte. Ce n'est certainement pas sans raison : il doit être incapable de le faire lui-même. Cela est un exemple de la supériorité évidente de Sasuke, à présent.

« Merci Sasuke. Remercie son frère en souriant. Bref, j'arrête les cours pour aujourd'hui. Déjà, je sais que vous ne tiendrais pas en place à cause du retour Naruto, puis je dois passer à l'hôpital pour l'omoplate et les deux côtes qu'il m'a fracturé. » Poursuit le sensei sans perdre son sourire et en commençant son trajet vers l'hôpital d'un pas lent.
« Vous avez encore beaucoup de travail à faire... Conclut-il en s'adressant à ses élèves.
- Je t'accompagne. » Impose Sasuke en le rejoignant pour l'épauler jusqu'à l'hôpital. Cette réaction me réconforte, j'ai le sentiment que la maturité de Sasuke l'a rapproché de son frère. Son attachement a ce dernier sera un argument important, quand viendra le moment de la rupture.

Cependant je suis perplexe quant à la blessure d'Itachi. Le seul moment où je l'ai touché, c'est lorsque je l'ai poussé dans les flammes. Il me semblait bien avoir entendu un craquement, mais Itachi n'a pas pousser le moindre cri de douleur. Son contrôle de lui-même est déconcertant. Mais je n'ai pas le temps d'y réfléchir plus, car déjà, mes amis viennent me rejoindre au pas de course.

Tous sont là : Gaara, Tenten, Hinata, Neji, Sai, Choji, Lee, Shikamaru, Shino et Kiba. Il y a aussi Juudo, Suigetsu, Hebiko, Konan et Karin, mais déjà je vois le petit groupe s'éloigner de nous. Presque tous m'envoient un regard triste, et je comprends que même s'ils aimeraient pouvoir rester à mes côtés, les circonstances font qu'aujourd'hui, ils ne le peuvent plus. L'Akatsuki me prend toujours pour un humain et de ce fait, le petit groupe de ma classe a dû recevoir des règles strictes tel que « Lorsque Naruto rentrera, je ne veux plus qu'aucun d'entre vous ne l'approche ! Ais-j 'étais suffisamment claire ?! » Rha comme j'imagine bien Orochimaru leur siffler ça… Enfin bref, Je réponds à leur regard désolé par un sourire et un hochement de tête, pour leur faire comprendre que je que je ne leur en veux pas. Ils me le rendent, heureux, puis regardent de nouveau droit devant eux pour poursuivre leur route.

Je n'ai pas le temps de voir quelle direction ils prennent que je me fais oppresser par mes amis. Lee, Kiba, Ino, Choji et Tenten se jettent littéralement sur moi. Je tombe à la renverse avec tous mes amis sur moi et nous rions à gorge déployé. Finalement ils se relèvent de sur moi et c'est Shikamaru qui me tend sa main en souriant pour m'aider à me remettre sur pied.

Une fois remis debout, je prends le temps de les observer. Ils ont tous tellement changé… Néanmoins, les reconnaître ne me pose aucun problème. Le physique a évolué, mais le fond est resté le même pour chacun d'entre eux et le souvenir que j'avais de leur personnalité continue à leur coller parfaitement à la peau. Tous sont resté fidèle à eux-mêmes.

De tous, il me semble que je reste le plus grand. De très peu dans certain cas, comme pour Choji et Lee, mais j'arrive à aligner mon regard avec aucun d'entre eux. Tout à l'heure j'étais aligné avec lui… Je ne sais pas si c'était du a l'inégalité du sol ou si c'est par ce qu'il est vraiment le seul à être à ma hauteur. Mes jambes tremblent en pensant à lui, comme si elles voulaient me porter de force à ses côtés.

« Alors Naruto ? Ton voyage c'est bien passé ? Me demande Hinata d'une voix douce.
- Ouai ça va ! J'ai découvert beaucoup de chose ! Puis j'ai beaucoup appris aussi. Mais c'était vraiment dure d'être loin de vous. Vous m'avez tous beaucoup manqué ! »

Je souris à mes amis qui me le rendent. S'en suis mille et une questions sur ce que j'ai appris, ce que j'ai visité, ce que j'ai vécu… Et bien d'autre choses encore.
Je réponds gentiment à chacune de leur interrogation, fier d'être l'intérêt principal du jour.
Même si je n'ai pas vraiment envie de leur mentir, j'évite de parler de Kyubi. Encore une fois, je veux qu'on admire ma puissance, non pas celle de mon bijuu. Je l'ai révélé à Itachi car je sais qu'il le gardera pour lui. Il n'est pas du genre à répéter ce qu'on lui dit pour créer la nouvelle rumeur.

« C'est dommage que ce soir, ce soit la pleine lune… Ça aurait été cool de faire une soirée pour fêter ton retour ! » Lance Kiba.

J'hoche les épaules en lançant un regard déçu. La pleine lune, déjà… Depuis que je voyage seul et sans Jiraya, je ne programme plus cette date et je suis toujours surpris par la rapidité avec la quel elle se répète. Je fixe l'horizon et frissonne de tout mon corps. Le soleil baisse déjà dangereusement.
J'aimerais bien aller gambader en laissant Kyubi aux commandes cette nuit… Mais je sais bien que ça ne se fera pas. Mes amis ne me reconnaîtraient pas et ils auraient peur. Mon bijuu va devoir sagement rester à l'intérieur de moi.

Soudain je sursaute et me relève d'un bond.
Je ne comprends pas ce qui m'arrive mais je me sens nerveux et tendu. Mes poignets, mon cou, ma taille et mes chevilles me font souffrir comme si on m'avait enchaîné à des entraves trop serrées. Des sueurs froides naissent dans ma nuque et je serre les mâchoires sans vraiment comprendre qu'es qui se passe.

« Naruto ?... Ça va ?... Me demande Sai, inquiet.
- Ouai… Je dois y aller. »

Je me mets à courir vers le centre de Konoha.
Je ne sais pas pourquoi j'y vais, mais quelque chose m'appelle, c'est plus fort que moi.
Je saute dans une bouche d'égout ouverte et atterris en douceur. Je reprends mon avancé dans les sous terrain mais je n'y vois pas grand-chose… J'utilise une petite technique pour faire apparaître une boule d'énergie lumineuse qui m'éclaire.
Même si j'ai envie de courir, je me force à avancer prudemment. Je tourne à plusieurs intersections que je ne connais pourtant pas du tout : encore une fois, j'ai l'impression que mon instinct me dicte la direction à prendre.

Finalement je me stoppe net et sursaute. Ce que je vois me glace le sang. Sasuke est enchaîné à un mur, les yeux bandé. Les chaînes de ses bras sont à peine suffisamment longue pour qu'il puisse être à genoux et encore : dans ses conditions il doit garder les bras lever au-dessus de la tête. Tout son corps est entravé aux mêmes endroits où j'ai ressenti des vives douleurs un peu plutôt. Debout en face de lui, Itachi le fixe avec tristesse. Lentement l'aîné tourne la tête vers moi et pause un indexe sur sa bouche pour m'intimer le silence. D'un pas lent, il se rapproche de moi puis se stoppe lorsque sa bouche arrive à hauteur de mon oreille.

« Je savais que tu viendrais. Ne fait rien de trop risqué, il pourrait te reconnaître. »

J'hoche la tête dans un mouvement à peine perceptible et Itachi s'éloigne, me laissant seul avec un Sasuke enchaîné. Visiblement il s'est débattu pour éviter d'être attaché. Son haut déchiqueté traîne un peu partout sur le sol et son torse nu se soulève à un rythme irrégulier.

Je me rapproche un peu d'un pas hésitant. Je me stoppe lorsque je vois qu'il a remarqué ma présence. Il redresse la tête et la tourne vers moi. Malgré le bandeau sur ses yeux, je devine qu'il a les sourcils froncés.

« Qui es-tu ? » Souffle-t-il.

Je tressaille. Je ne dois pas rester ici, le risque est bien trop gros. Il pourrait me reconnaître à ma simple odeur ou à mon chakra. A cette pensée je le camoufle immédiatement et même si c'est à contre cœur, je fais demi-tour pour repartir.

« Non reste ! » Ordonne Sasuke dans mon dos d'une voix à la fois forte et suppliante. « Reste… Ta présence, elle me soulage. »

Je tourne la tête vers lui et fronce à mon tour les sourcils. Finalement je soupire et prend le risque d'aller le rejoindre. Je n'ai pas la force de l'abandonner.

« C'est toi n'es pas ?... Tu es celle à qui je suis combiné ? » Reprend-t-il au bout de quelques secondes de silence.

Il parle d'une voix grave et posée. Comme s'il pesait le poids de chacun de ses mots pour ne pas dire quelque chose de mal qui pourrait gâcher se moment qu'il semble attendre depuis trop longtemps. Moi je frissonne, je n'ai qu'une envie, lui répondre, lui arracher son bandeau et ses entraves et le serrer dans mes bras, fourrer mon visage dans son cou pour m'enivrer de son odeur, poser mes lèvres sur les siennes tout en laissant mes mains caresser son torse immaculé… Mais là je m'égare un peu trop.
Ne pouvant lui répondre autrement pour confirmer ses dires, je m'agenouille à sa hauteur et je pose mon front contre le siens. Se simple contacte nous procure à tous deux une douce chaleur dans tout notre corps. Je devine qu'il a compris que oui, c'est moi.

« Pourquoi je n'ai pas le droit de te voir ? Tu ne fais pas parti de l'Akatsuki, c'est ça ? »

Tout en gardant mon front collé au siens je fais un mouvement négatif pour lui faire comprendre qu'il a raison et je ferme lentement les yeux.

« Rha ! Puis merde, je m'en tape ! Les autres ne sont pas obligés de savoir ! Je veux te voir, je veux te toucher, je veux être avec toi ! » Dit-il d'une voix puissante qui monte au fur et à mesure qu'il perd son self contrôle.

Il tremble de tout son corps, il est sérieux. Mais je sais aussi qui s'il est capable de supporter l'idée que je ne sois pas une fille de l'Akatsuki, il ne supportera pas de découvrir mon identité.
Face à mon manque de réaction, il s'énerve et se relève en serrant les mâchoires. Je l'imite et me met debout à mon tour. Il tire sur ses chaînes pour se rapprocher de moi mais il ne le peut pas plus, même s'il ne manque qu'une toute petite distance entre nous. Nos torses s'effleurent presque.

Sa rage augmente et il tire plus fort, se faisant mal mais visiblement, ce n'est pas son problème.

« RAH ! LIBERE MOI ! » Hurle-t-il. Mais je reste statique.
« Pourquoi ?! Pourquoi tu ne veux pas que je sache qui tu es ? Pourquoi toi tu aurais le droit de savoir et pas moi ?! »

Je pousse un long soupire… S'il savait à quel point j'aimerais lui dire ! Mais ce n'est pas que je ne veux pas : Je ne peux pas ! Je ne peux rien faire.
Les secondes passes, et il finit par se calmer. Il souffre, je le sens au fond de moi. Il est déchiré de l'intérieur, comme s'il devait aujourd'hui, la, maintenant, choisir entre deux mondes. Son esprit est écartelé mais il ne peut pas choisir. Il ne peut que subir cette douleur incompréhensible pour le commun des mortels. Mais moi, je comprends… Et ça me fend l'âme. Je ne peux pas rester sans rien faire.

D'une main tremblante, je pose les bouts de mes doigts sur sa joue. Il tressaille lorsque nos peaux rentrent en contact et cherche immédiatement plus en posant son visage dans la paume de ma main. Je sais que je ne devrais pas, mais je le laisse faire et vais même jusqu'à caresser sa joue d'un geste du pouce.
Soudain je le sens se tendre et s'immobiliser, comme s'il venait de comprendre quelque chose d'important. Mon souffle se coupe, je n'ose plus bouger, et moi aussi mes muscles commencent à se tétaniser.

« Tu n'es pas une fille… N'es pas ? Tu es trop grand et tes mains sont trop rudes. »

Je déglutie, retire ma main de sa joue.
Sa voix était tranchante, sans sous-entendu aucun. Impossible de savoir son point de vue sur cette révélation…

« C'est pour ça qu'on nous sépare. Ça fait un moment déjà que j'y pense. » Poursuit-il.
« J'ai déjà croisé et touché milles fois toutes les filles de Konoha et je n'ai jamais rien remarqué d'anormal. Puis, ce n'était pas normal qu'Itachi m'enchaîne pour chaque pleine lune alors que je contrôle mon croisé. Il ne veut pas que je sache ton identité car il n'accepte pas que je me sois combiné à un autre homme. Cependant, il est tellement brave qu'il ne supporte pas plus de me voir souffrir autant et pense que ta présence ici me fera du bien. »

A présent, je tremble un peu. J'espère de toutes mes forces qu'il accepte cette évidence. Se serait tellement plus simple pour la suite. Si déjà, il se braque maintenant, je n'ose même pas imaginer sa réaction pour la suite.

« J'ai moins mal, lorsque tu es là. Tu peux arrêter de trembler, je ne vais pas te demander de partir, même si je devrais. »

Je pousse un soupir de soulagement et fermes les yeux quelques instants, en même temps que je relâche mes épaules. J'ai bien compris au timbre de la voix de Sasuke que la situation ne l'enchante pas, qu'il préférerait qu'il n'en soit pas ainsi. Cependant, il peut quand même plus ou moins le supporter. Ne serait-ce que pour le soulagement et le bien être que ma présence lui procure.

Plus le temps passe et plus j'ai du mal à garder mes distances. Surtout que ses révélations ne m'aident pas. Ma main tremble, j'ai envie de retrouver le contact avec sa peau lisse et douce.

« Ça doit être dure pour toi, de me voir chaque jour et de ne pas pouvoir m'approcher. Itachi a dû te l'interdire. Sache… Que c'est dur pour moi aussi, de connaître ton existence sans pouvoir mettre un visage sur ce que tu représentes pour moi. »

Ses mots ravivent en moi les souvenirs des situation cruelles que j'ai due subir depuis que j'ai compris qu'on était lié, lui et moi. La difficulté que j'ai eu à digérer la nouvelle, les répliques cinglantes que j'ai dû encaisser de la part de l'être que j'aime, mon départ, mon entrainement intensif, ma douleur chaque soir en m'endormant si loin de ma moitié…
Une larme coule le long de ma joue. Je renifle et m'essuie le visage d'un geste rapide, un peu honteux de mon débordement émotionnel.

Lentement, instinctivement, ma main me désobéi et retourne se poser sur la joue de Sasuke. Frileux, j'attends sa réaction avec appréhension, cependant il ne bouge pas. Sans même que j'y fasse attention ma main glisse le long de sa mâchoire, puis sur son cou pour finir dans sa nuque. J'hésite mais je ne peux pas m'empêcher de me rapprocher encore et encore de lui. Je n'ai plus aucun contrôle, je sens ma volonté partir en fumé au fur et à mesure que les secondes s'écoulent. Le silence devient assourdissant, mes paupières se font lourde et se ferment. A quelques millimètres de lui, j'arrive enfin à stopper tout mouvement. J'hésite, mon contrôle est fragile, si j'attends trop longtemps, je devine que je ne pourrais plus faire marche arrière. Je ne sais pas combien de temps je reste ainsi, le temps ne semble plus s'écouler de la même façon. Je réalise que je suis de toute façon d'hors et déjà piégé : Le peu de volonté qui me reste ne sera pas suffisant pour que je me recule, et la proximité, le souffle chaud de Sasuke sur mes lèvres, l'attraction de nos deux corps ne vont pas mettre longtemps à détruire ma piètre résistance. Finalement dans un geste extrêmement lent, hésitant et maladroit, mes lèvres effleurent les siennes.
Et je crois mourir.
J'ai envie que le temps s'arrête maintenant, j'ai envie de finir ma vie ici.
Je n'ai qu'une envie : Lui sauter dessus comme un loup sur une brebis blessé et servie sur un plateau d'argent. Cependant, je me ressaisis et m'éloigne, me contentent de ce bien trop léger baiser superficiel.

« Recommence. » Ordonne alors Sasuke d'une voix ferme, coupant net mon recul.

Je m'exécute, incapable de refuser. Cette fois-ci, j'y vais avec plus de ferveur, plus d'envie et je plaque mes deux mains autour de ses mâchoires. Il répond à mon baisé en se penchant le plus qu'il le peut sur moi. Sans hésiter, il entrouvre les lèvres et caresse les miennes de sa langue humide.
A se contacte, je prends feu.

Je fais un pas en avant pour plaquer mon corps au sien et je laisse à mon tour ma langue partir caresser la sienne avec douceur et envie.
Ma respiration se saccade, la sienne aussi.
Son parfum déjà chargé en testostérone se décuple et envahis mes sens. Je soupire de bien être dans sa bouche et crois mourir lorsque j'entends un gémissement provenir de la sienne.

Trois ans. Trois ans que je rêve de ce moment. Je n'arrive pas a réalisé qu'il se réalise vraiment.

Inconsciemment, mes mains glissent sur son corps musclé et je caresse langoureusement son torse et ses abdos avec une envie non retenue qui se lit dans chacun de mes mouvement.
Sasuke tire sur ses chaînes, rêvant de pouvoir en faire de même.

Ma bouche glisse sur sa mâchoire, puis dans son cou. Une de mes mains remonte pour se poser sur sa nuque et lui maintenir la tête relevée afin que je puisse mieux avoir accès à la partie de chair que je lèche, mord et suçote avec avidité.
Les gémissements de Sasuke se multiplient et ça me rend fou. J'ai envie de plus, j'ai envie de tout !
Étouffant dans ma veste bien trop chaude je me recule et la retire d'un geste rapide qui me parait déjà trop long. La seconde suivante, je suis de nouveau collé à mon amant, mon torse transpirant glissant contre le siens dans le même état.

Mes mains reprennent là où elles se sont arrêtées et glisse dangereusement vers sa ceinture. Il n'oppose aucune résistance lorsque je commence à la détacher et pousse même un nouveau gémissement dans notre étreinte buccale brûlante.

Cependant la seconde suivante, je ne comprends pas d'où sa provient mais je me fais projeter loin de ma moitié. Je n'ai aucune blessure dû au choque mais pourtant, une douleur vive à l'intérieur de moi me donne l'impression que l'on vient de me déchirer en deux. Le souffle toujours saccadé je me redresse dans le but d'étriper celui ou celle qui a osé m'interrompre en si bon chemin. Cependant mes envies meurtrières s'envolent lorsque je reconnais l'énorme panthère noire qui me lance un regard menaçant.
Tout à coup ma rage se transforme en gène et je rougis violemment. Ça me rappel la fois ou les parents de Sakura m'avaient retrouvé à moitié nu dans les bras de leur fille… Sauf que cette fois-ci, il n'y a pas de quiproquo.

« Je t'avais dit de rester prudent ! » Me réprimande l'aîné.

Je baisse la tête, penaud.
Finalement Itachi pousse un long soupire et retourne vers son frère, l'air soucieux.

« Pourquoi tu n'es pas en loup, Sasuke ? La nuit est tombée depuis des heures.
- Je n'ai rien senti du tout. » Répond le prisonnier qui je le devine, est plus ou moins dans le même état émotionnel que moi.

Je fronce les sourcils, surpris par cette révélation.
Itachi se rapproche de son frère pour le renifler à deux ou trois reprise puis soupire, blasé.

« Ne t'en fais pas… dès que tes hormones se seront calmées, tu te métamorphosera. Vue leur taux, tu en a encore pour un bon moment. »

Sasuke grogne et baisse la tête. Moi je rougis de plus belle. Je ne savais pas que le sexe, ou du moins mes hormones, avaient ce genre d'effet sur les mutants…

« Itachi ? »

L'interpellé fixe son frère, attendant la suite.

« S'il te plaît, libère-moi. Juste pour cette fois. Je te jure que je ne dirais rien à personne ! L'Akatsuki n'en sera rien. Mais pitié, laisse-moi partir. J'en peux plus de cette situation. »

Itachi couine, les supplications de son petit frère lui transperce le cœur.
Nous partageons cependant un regard remplit d'espoir. Déjà, Sasuke semble commencer à se détacher de l'Akatsuki pour moi, alors que nous n'avons passer qu'un petit moment réuni. Je ne sais toujours pas comment je vais réussir à dégoupiller la situation, mais nos chances de réussites semblent augmenter.
Itachi met un long moment à répondre à son frère, détachant ses mots.

« Un jour viendra, ou tu comprendras mes actes Sasuke. Tu dis que l'Akatsuki n'en sera rien… Mais c'est impossible. Tu sais qu'ils comptent sur toi pour détruire Konoha, que feras-tu, lorsqu'il t'interceptera pour t'empêcher de renverser l'Hokage ? Crois-tu vraiment pouvoir le tuer de sang-froid ?
- Je le reconnaîtrais de toute façon, que tu me libère ce soir ou pas.
- C'est là où tu fais erreurs, Sasuke.
- Rah, puis merde ! Depuis quand toi aussi tu veux renverser l'Hokage ?! Si je refuse de le faire, c'est mon problème ! » S'emporte le cadet, pour mon plus grand bonheur.
« Tu ne connais même pas cet homme et tu es près à rejeter ce pourquoi tu te bas depuis des années pour lui ? » Interroge la voix ferme de la panthère d'Itachi.

Sasuke baisse la tête et soupire. Il prend un bon moment avant de répondre d'une faible voix :

« Oui. »

Je vois la panthère noire sourire, ravie par cette conclusion. Nous partageons un nouveau regard satisfait avant qu'il reprenne sa conversation.

« Je ne te libérerais pas cette nuit, Sasuke. Je veux d'abord que tu quittes l'Akatsuki. Je le ferais avec toi. Ensuite, je ne t'enfermerais plus jamais. Ça sera à toi de gérer l'acceptation de ton partenaire.
- Je l'accepte déjà.
- Tu ne sais même pas qui c'est ! » S'indigne l'aîné dans un soupire.

Sasuke répond par un sourire en coin et un étouffement qui attire l'attention de son frère.

« Je sais déjà que c'est un renard. »

Itachi sourit et se retient pour ne pas rire. Si son petit frère commence à se mettre en quête d'un renard, il n'est pas sorti de l'auberge… Enfin, au pire s'il ne trouvait pas d'ici la prochaine pleine lune il comprendra sans aucun doute mon identité lorsqu'il se retrouvera en plein milieu de mon appartement sans même comprendre comment il a atterri là.

« Bref. Je dois te laisser Sasuke. Je reviendrais d'ici quelques heures. Toi, dit-il en s'adressant à moi, suis-moi. On rentre. »

J'obéis et suis la panthère. Cependant, je ne peux m'empêcher de m'arrêter en passant devant ma moitié enchaînée. Je n'ai vraiment pas envies de le laisser là… Mais je n'ai pas le choix.
Une dernière fois je pose mes lèvres sur les siennes. Il répond à mon baiser sans la moindre once d'hésitation et fait durer se moment le plus longtemps possible.

« A demain… » Chuchote-t-il.

Je soupire, forçant sur ma gorge pour ne pas lui répondre. Au fond du conduit, Itachi m'attend impatiemment et je me résigne à le rejoindre en traînant la patte pour sortir d'ici.

« A demain Sasuke… » Chuchotais-je à mon tour, bien que je sais que je suis trop loin à présent pour qu'il m'entende.