« Quoi ?! Et c'est que maintenant que tu viens m'en parler ?! »
Je fixe Tsunade sans réagir face à son énervement. Les yeux cernés et le teint gris, je suis bien trop épuisé pour me vexer.
A peine ais-je quitter Sasuke la nuit dernière que je suis partie à la recherche de l'Hokage en pleine forêt. Heureusement grâce à mon niveau de ninja avancé, je n'ai pas eu grand mal a localiser son chakra et a retrouver le majestueux cheval palomino que j'avais brièvement aperçus trois ans plus tôt.
« Désolé Tsunade mais je ne vois pas ce que ce message a de si urgent... Jiraya m'en a fait part il y a déjà 6 mois et il ne m'a pas dit de me dépêcher : il a même sous-entendu le contraire !
- Tu m'étonne qu'il ait tout fait pour que son message prenne du temps ! S'énerve la jument en battant des sabots. Jiraya est parti dans une mission suicidaire ! Pain est le ninja qui menace Konoha depuis des mois... Je ne sais pas comment Jiraya l'a su, mais ce Pain est un ancien élève a lui. Il est parti pour l'arrêter mais Naruto, Jiraya n'a aucune chance ! Pain est bien trop puissant à présent ! »
Je me tétanise.
Je savais... Je l'avais bien senti que quelque chose n'allait pas ! Je n'aurais jamais dû écouter Jiraya et revenir à Konoha : J'aurais dû essayer de le suivre et de le rattraper pour l'aider à affronter ce Pain !
« Je le rejoins, Tsunade. J'arriverais à temps et je l'aiderais ! Dis-je en commençant déjà à partir.
- Non ! Intervient l'équidé et s'interposant entre moi et ma route. Il est trop tard, ça fait trop longtemps que Jiraya est parti... Tu n'arriveras pas à temps et tu te feras tuer toi aussi.
- Mais alors, que peux-t-on faire Tsunade ?!
- Prier... » Répond la jument en courbant la croupe et en baissant la tête.
Je fulmine, incapable de me résigner à une telle option. Je cherche dans ma tête un moyen, une solution miraculeuse, mais rien ne vient. Énervé, je balance un coup de poing violant dans un arbre en criant :
« Fait chier putain ! »
Cependant, ce geste irréfléchi ne m'apporte rien de plus qu'un tronc explosé et quelques échardes profondément planté dans mes doigts. Finalement, je pose mon avant-bras sur le troc meurtri et appuis mon front dessus dans un soupire. Je ferme les yeux et entend dans mon dos les bruit de pas de Tsunade qui s'approche de moi. Ne pouvant poser une main réconfortante sur mon épaule, elle appuis sa grosse tête dans mon dos.
« Rentrons à Konoha, Naruto. Le soleil va bientôt se lever. »
J'opine lentement, puis me redresse sans entrain. Tsunade me présente son flanc du bout de son nez et c'est sans hésiter que je saute sur son dos pour me laisser ramener.
Elle avance en traînant ses jambes, aussi peu motivé que moi.
La forêt défile si lentement que j'ai parfois l'impression que nous sommes immobiles. Il n'y a aucun bruit, pas de vent. Assommé par le poids du silence, je sursaute en entendant le craquement d'une branche à quelques mètres de nous.
Je me raidis et me redresse en me tournant dans la direction du bruit, les doigts croisés.
Cependant en identifiant l'intrus je me détends et pousse un soupir de soulagement.
« Excusez-moi, je ne voulais pas vous faire peur. S'excuse poliment Itachi. Vous allez bien ? Quelque chose est arrivée ? Questionne-t-il face à nos visages dépités.
- Bof... Jiraya est parti affronter pain, on se fait du souci pour lui...
- Naruto ! » Me réprimande Tsunade.
Elle effectue une ruade qui me déséquilibre et je me retrouve couché sur son encolure. Je me redresse promptement pour essayer de retrouver un peu de stabilité.
« Non mais ça ne va pas de révéler ce genre d'information a l'Akatsuki ?! S'énerve-t-elle en tournant la tête pour m'envoyer un regard mauvais.
- Ca va, c'est juste Itachi. Il ne dira rien.
- Oh, alors si c'est lui, tout va bien ! Non mais je rêve. Je ne savais pas que tu faisais ami-ami avec lui...
- Calmez-vous Tsunade, je ne voulais pas savoir de toute façon, je disais ça par politesse. » Intervient Itachi pour me couvrir. « Je vais rentrer au village de mon côté, je crois que ça vaut mieux. »
Alors que Itachi commence à tourner le poitrail pour faire demi-tours et que j'ouvre la bouche pour l'arrêter, une brame assourdissante attire notre attention en face de nous sur le chemin.
J'ai à peine le temps d'apercevoir le cerf de Shikamaru qui lutte pour tenir le croisé de Sasuke avec ses ombres que je sens un choc violent percuter mes cotes. J'étouffe un cri qui résonne dans la forêt lorsque mon dos percute le sol dur comme de la pierre. Je vois du coin de l'œil Tsunade se cabrer et hennir mais je ne peux pas l'observer plus longtemps qu'un rugissement me rappel à l'ordre. Itachi est sur moi, ses grosses pattes encadrant mon visage. C'est lui qui m'a sauté dessus lorsque Sasuke et Shikamaru sont apparus.
« Cours ! Me cri-t-il. Vite et loin ! Il ne doit pas te voir ! »
J'opine et me remet sur pied en faisant appel à trois queues de Kyubi. En une fraction de seconde, je sens mes ongles se changer en griffes, mes articulations se modifier, mes canines s'allonger, mes moustaches s'étoffer et mes pupilles se fendre. L'instant suivant je disparaît dans la forêt. Je cours un moment à une vitesse jamais égalé puis lorsque je me sens enfin en sécurité, je pousse un long soupire.
Je m'assoie et m'inspecte un instant. Mon corps c'est à peine modifier. Pas de fourrure, pas de pattes, pas de museau... C'est toujours moi, le Naruto que tout de monde connais, avec quelques particularités animales en plus dont trois queues de renard qui danse dans mon dos et soulèvent ma veste. Inquiet à l'idée que quelqu'un me voit ainsi, je reprends mon véritable corps et me remet sur pied avec difficulté. C'est fatiguant de muter... Et j'ai l'impression que c'est pire à cause de la pleine lune. Lune qui va bientôt passer l'horizon, d'ailleurs. Il faut que je me dépêche de rentrer chez moi. Enfin, si j'ai toujours un chez moi.
Pas très sûre de cela je soupire. Même si mon appartement n'est pas occupé, il doit y avoir une telle couche de poussière sur le lit que je ne pourrais pas dormir dessus.
Perdu dans mes pensées, je ne regarde plus ou je vais et percute de plein fouet une montagne de fourrure qui sent drôlement fort même si l'odeur n'est pas nauséabonde.
Je me recule de quelques pas tout en m'excusant, mais je suis coupé net par une gueule remplie de dent pointue qui me grogne dessus.
Je me prends les pieds dans une racine et tombe en arrière. En relevant les yeux, je découvre enfin quel est cet animal si hostile à mon égard.
C'est un chacal. Un énorme chacal !
Je ne me rappel pas avoir déjà croisé cet animal, mais pourtant, il me rappel quelqu'un, un membre de l'Akatsuki avec de longs cheveux blonds. Deidara, si ma mémoire est bonne.
« Pitoyable humain... T'aurais mieux fait de ne pas revenir ! » Crache-t-il avant de plonger sur moi.
J'évite l'attaque en me jetant sur le côté et je me remets sur pied avec souplesse après une ruade.
« Deidara, c'est ça ? Moi c'est Naruto, enchanté !» Dis-je ironiquement.
Une nouvelle foi il charge. Je saute vers le haut et atterris sur mes pieds derrière lui.
« On est obligé de se battre ce soir ? Je suis fatigué et je voudrais bien aller me reposer là...
- Mais tu vas la fermer oui ! Grogne-t-il. »
Pressé d'en finir, je soupire puis crée paresseusement un rasengan pendant que le chacal se rue une nouvelle fois sur moi. L'orbe prête dans ma main, je le laisse une nouvelle fois essayer de me charger. Comme précédemment je saute, mais moins loin. Je me retourne dans les airs et plonge sur lui, rasengan en avant.
Il clapit juste avant que mon attaque explose dans un éclat lumineux.
En s'estompant, la lumière me laisse découvrir un chacal sonné, allongé au sol. Je soupire, attristé par ce combat débile. Deidara m'a vraiment sous-estimé, pensant qu'il n'avait pas besoin de se donner le moindre mal pour m'avoir. Je me demande si Sasuke me voit de la même façon. Mon cœur se serre à cette pensé. Sasuke. L'image de lui retenue par Shikamaru me revient en tête. Je me demande s'il a eu le temps de me voir avant que son frère me saute dessus.
Je soupire en reprenant ma route, laissant le chac
al derrière moi. Il est sonné mais il va bien, il se réveillera d'ici peu.
OoOoOoOoO
« Ça va ?
- Ouai. » Répond froidement le cadet a son grand frère.
Assis à côté de Sasuke sur son lit, Itachi pousse un long soupire. Il tourne la tête pour regarder par la fenêtre le soleil monter dans le ciel.
« Tu l'as vue ? Demande-t-il sans détacher ses yeux de la fenêtre.
- Non. Répond aussi sèchement Sasuke. »
Itachi ferme les yeux et se pince les lèvres, résigné.
« Tu l'as vue. Conclut-il de façon affirmative. »
Le cadet ne répond rien, le regard rivé sur le planché. La rage se lit sur son visage sérieux. Caché derrière cette colère, une douleur horrible dont il aimerait pouvoir se débarrasser. Cependant, il sait que c'est impossible.
« Je ne vais pas quitter l'Akatsuki. Je ne décevrais pas papa et maman pour lui ! Crache-t-il d'une voix acide. Je vais voir avec Orochimaru pour reprendre les reines de ce village dès que possible. » Dit-il en se levant pour quitter la chambre.
Suite à son départ, Itachi se laisse tomber en arrière en posant une main sur ses yeux.
OoOoOoOoO
« Merci beaucoup Sakura, t'es la meilleure !
- Je sais ! » Me répond la rose en souriant.
Je lui rends son sourire puis lui tourne le dos en remontant la couette jusqu'à mon cou. Je l'entends quitter le salon et éteindre la lumière en partant.
Allonger dans le canapé de son salon, je laisse enfin mes muscles se détendre un par un. Ne sachant pas où aller après la pleine lune pour me reposer, je suis allé sonner chez Sakura. Ses parents étaient déjà couchés et elle s'apprêtait à faire de même. Elle m'a gentiment proposé le canapé que j'ai accepté sans hésitation. Les volets clos, j'ai presque l'impression qu'il fait toujours nuit. Je baille puis sens mon corps s'alourdir. Lentement, je plonge dans un lourd sommeil dépourvu de rêve.
Le lendemain, Tsunade m'a rendu les clefs de mon appartement. Rien n'à bouger à l'intérieur, mais comme je le pensais, une couche de poussière gigantesque a recouvert tous les meubles. Cependant récupérer mon chez-moi, même pourris, a un prix : je dois retourner à la fac dès demain. J'appréhende, j'ai peur de le voir, de sentir son odeur, sa présence...
Je suis sûr qu'il m'a vue, même si son frère dit qu'il lui affirme le contraire. Il sait.
Le temps passant trop lentement, je me dépêche de finir le ménage pour m'allonger et dormir le plus longtemps possible afin de rester inconscient. Cependant même dans mes rêves, il est là. Il ne sortira plus jamais de ma tête, j'en suis certain.
« Allé Naruto, ça va aller... » Essaye de me réconforter Sakura en me traînant jusqu'à ma nouvelle salle de cours.
Je ne sais pas pourquoi mais je ne la crois pas. On est déjà en retard mais mes pas ralentissent encore. J'ai envie de planter mes pieds dans le plancher et de faire demi-tour. Je sais qu'il a compris ! Mais j'ai si peur de croiser son regard... Je suis sûr qu'il pourrait me détruire.
Bien trop vite à mon goût, nous arrivons devant la porte close. Sakura agrippe vigoureusement mon bras tout en frappant poliment en attendant qu'Itachi nous autorise l'entrée. Je rêve un instant qu'il nous réponde qu'il ne nous veut pas en cours à cause de notre retard, mais mon rêve est brisé quand il prononce le simple mot « entrez ! »
Sakura pousse la porte et je bande tous mes muscles, figé comme une statue de marbre. Je regarde la porte s'ouvrir en criant pour moi même qu'il faut que je baisse les yeux pour par tomber dans les siens, mais mon corps semble déconnecter de mon cerveau et se fiche de ce que je lui ordonne de faire.
Et à peine la porte s'ouvre-t-elle que je tombe dans ses yeux.
Mon sang se glace, ma température explose. Je transpire et tremble, j'ai juste mal.
Le regard remplis de haine et de mépris qu'il me jette me tue à petit feu. Il sait. Il sait mais il est revenu sur sa parole en découvrant mon identité. Il ne va pas quitter l'Akatsuki pour moi, il ne va pas défier les siens pour nous. Non, il a choisi de me rejeter. Il ne veut pas de moi.
Un couinement d'un renard blessé résonne du fin fond de ma gorge sans que je le veuille et je recule d'un pas vif, prêt à m'enfuir, cependant Sakura qui est accrocher à mon bras me retient. Je me dandine, tire sur sa prise, essaye de reculer encore... Je veux partir loin, et vite !
« Sakura, laisse-le. Prononce Itachi d'une voix posée. »
Sakura s'exécute et je pars au quart de tour à travers les couloirs à la vitesse de la lumière. Je ne contrôle plus mes jambes qui enchaînent les pas plus vite que Lee.
Je fuis la bâtisse, je fuis les jardins, je fuis Konoha pour partir me réfugier au cœur de la forêt.
Une fois loin, je stoppe ma course dans une petite clairière. Je me mets à marcher en rond, nerveux, blessé, paniqué. Ne contrôlant plus ni mon corps ni mes sentiments, je m'arrête pour laisser Kyubi sortir du fond de mes entrailles afin de pouvoir me calmer.
Mon corps se change en celui du démon-regard aussi grand qu'une montagne.
« Repose toi gamin, je n'irais pas loin. » Me rassure-t-il.
Comme promis, Kurama ne partit pas bien loin, se contentent de se promener un peu pour se dégourdir les pattes. Quand il eut fini, il me rapprocha le plus possible du village puis me rendit mon corps.
D'un pas lent, je retourne à l'académie, dépiter. J'arrive devant la salle et soupire avant de frapper à la porte. Je suis déjà blessé, revoir Sasuke ne pourras me faire plus mal à présent, je souffre déjà trop de par ses décisions.
« Rentre. »
Je m'exécute et sans un mot, retourne à ma place. La salle n'est plus la même mais la configuration de la pièce est pareille. Personne ne m'a pris ma place à coté de Lee et de la fenêtre mais la joie de la retrouver ne réduit en rien ma souffrance.
Les cours sont simple, je sais déjà la majeure partie de ce qu'Itachi déblatère. Je tremble régulièrement, mon corps régissant à la torture de mon esprit.
J'ai mal, et j'ai du mal à me concentrer sur autre chose que ma douleur. J'ai envie de me lever, le rejoindre et le secouer comme un prunier. Lui hurler dessus ses promesses, lui demander de me dire en face qu'il ne veut pas de moi. Plusieurs fois, je recule ma chaise, prêt à m'exécuter mais je me ressaisis et me stoppe avant même d'avoir levé mes fesses.
La journée passe lentement, comme la soirée. Les cours de Jiraya qui occupé mon temps libre me manque. Je compense en partant me coucher plus tôt. J'ai l'impression de savoir-faire que ça en ce moment : dormir.
Les jours défilent, tous aussi douloureux les uns que les autres. Puis enfin, les cours de la semaine se terminent pour laisser place au sport.
La survie... Ça m'avait manqué. Je retrouve à mes côtés Kiba et Gaara, ainsi que Sasuke, évidement... Il y a d'autres élèves que je ne connais pas, tous plus jeune que nous. Notre prof est toujours Yamato mais le parcoure lui a changé.
Des champs de plante vénéneuse, des fossés sans font, du feu, des pièges... Mais rien de tout ça ne m'impressionne.
Le départ retenti et je fonce, tenant tête à mes concurrents. Je suis en tête suivie de près de Sasuke... Suivie de trop près. Je veux aller plus vite, plus loin ! Je veux mettre le plus de distance possible entre nous !
Je me jette sous les plantes, saute par-dessus le ravin en m'agrippant de l'autre côté de toutes mes forces pour m'extirper de là le plus rapidement possible. Je cours si vite que quand les pièges s'activent je suis déjà trop loin pour être touche. Je glisse, rampe, bondit, cours... Je n'arrête pas de courir aussi vite que mon corps le peu. Parfois dans les lignes droites, j'ai même l'impression de devenir invisible.
Pour conclure le parcours je plonge dans le cube de branche. Je danse entre elles, coule comme un fil d'eau en évitant qu'elles m'agrippent.
Finalement, je suis le premier à finir le parcours.
Je m'assois à l' écart et attend l'arrivée des autres. Le croisé de Sasuke est le suivant, suivie de près par le Shiba de Kiba. Arrive ensuite Gaara, puis quelques autres élèves dont je ne connais pas les noms. Bon nombre en revanche ne nous rejoignent pas, piégé dans le cube qui se résorbe pour nous les dévoiler.
« Bravo Naruto, très jolis temps. Tu as beaucoup progressé ! Me flatte Yamato.
- Merci. » Répondis-je simplement, pressé d'en finir.
On refait le parcoure plusieurs fois, et je garde ma place de premier. Je sens la rage de Sasuke grandir mais je n'y prête pas attention. Je veux juste qu'il disparaisse de ma vue, qu'il ne devienne qu'un souvenir... Je sais que c'est impossible, mais c'est tout ce que je souhaite.
« Aller, cette fois c'est la dernière. Je veux vous voir tout donner ! En piste ! »
Je rejoins la ligne d'arrivée sans entrain. Passant à côté de moi, Sasuke percute mon épaule avec violence et provocation. Je relève la tête pour soutenir son regard remplis de rage et de vengeance. Il m'en veut avec tellement de hargne... Je peux le voir dans ses yeux noirs. Il m'accuse sans retenue. Il me rend coupable de son conflit intérieur.
Ça m'énerve. Ce n'est pas ma faute. Moi aussi j'ai mal, moi aussi je ne voulais pas, moi aussi je subis cette situation tout comme lui ! Cependant moi, je fais tout pour essayer de faciliter les choses, alors que lui ne fais que les rendre plus compliqué qu'elles ne le sont déjà.
La pression monte entre nous. Nos regards se provoque, nos mâchoires et nos poings se serrent. Aucun de nous n'est décidé à se coucher face à l'autre.
Si bien que c'est Yamato qui nous sépare, s'interposant entre nous deux en posant une main sur nos tors respectif pour mettre de la distance.
« On redescend les garçons. Si vous avez des comptes à rendre, faite le sur le parcours. »
Éloigné de force l'un de l'autre, nos regards se décroche, et nous regagnons la ligne de départ aux deux points opposés.
A côté de moi, Gaara pose sur moi un regard inquiet mais je l'évite. Je suis bien trop enragé. J'ai l'impression d'être en feu.
Sans que je le contrôle, mes pupilles se fendent, les iris virent au rouge et mes crocs et mes griffes s'allongent.
Il veut une bonne raison d'être énervé, Sasuke ? Je ne vais pas me priver de lui en donner une !
Un vent violent se met à souffler dans mon dos, prêt à me donner des ailes pour ce parcours.
Une explosion retentit. C'est le départ.
Je pars comme une balle, comme si j'étais moi-même l'explosion. Toute mon énergie, tout mon chakra, toute ma rage, toute ma peine… Tout ce que j'ai en moi me propulse à toute vitesse.
Les obstacles ne semblent presque pas exister et je les enchaîne avec une facilité déconcertante.
Je prends même le risque de foncer tête bêche dans le mur de branche. Je le transperce comme une flèche. Je suis allé si vite que Yamato n'a même pas eu le temps de faire bouger ses branches.
Sans surprise, je finis premier, une fois de encore.
J'attends un bon nombre de seconde avant l'arrivée du second. Le croisé de Sasuke sort du mur de branche dans une explosion.
Il me fixe avec ce même regard haineux malgré la vingtaine de mètres qui nous sépare. Il reprend forme humaine mais nos yeux ne se quittent pas pour autant et continuent à se défier en silence jusqu'à que tous les autres élèves nous rejoignent.
« Venez tout le monde, j'ai une annonce à vous faire ! »
Moi et Sasuke obéissons, comme les autres, et nous rejoignons notre professeur.
« Nous avons un nouveau record de temps sur ce parcours niveau 0 ! »
Immédiatement, les murmurent se mettent a fusé. Cette révélation semble être vraiment incroyable et personne ne veut y croire. Malgré le brouhaha, Yamato poursuit.
« Comme vous le savez, le dernier record a était établit il y a 30 ans par le quatrième Hokage : Minato Namikaze. Son temps était de 11 secondes et 32 centièmes.
Aujourd'hui, un élève vient d'exploser se record en réalisant un temps de 8 secondes et 30 centièmes. Félicitation Naruto, tu viens de rentrer dans l'histoire de Konoha ! »
Je reste stupéfait. J'ai mis moins de 10 secondes ?... Moi qui a encore quelques années, ne comprenait pas comment on pouvait franchir un parcours de niveau 5 en 30 secondes ?
Je réalise alors le chemin parcourus, et je ressens une immense fierté. D'autant plus en constatant que l'ancien teneur du titre n'était autre que mon père… J'espère qu'il est fier de moi, là où il est aujourd'hui.
Autour de moi les félicitations, sifflements et applaudissement fusent. Tous les élèves me félicitent avec enthousiasme.
Gaara me prends même dans ses bras en me donnant l'accolade.
Enfin… Tous sauf un.
« C'est impossible ! » rugis soudain le concerné. « Tu as triché ! »
Silence se fait. Quand Sasuke parle, tout le monde se tais. Cette constatation que j'avais déjà faite m'énerve et réveil la haine que ma victoire avait apaisée. Je m'avance vers Sasuke armé d'un sourire jaune.
« Mon petit Sasuke… »
Il me laisse venir vers lui, me surveillant, prêt à bondir.
« Ne t'a-t-on pas déjà dit de ne pas accusé les autres, juste parce que tu n'es pas fier de ta performance ? »
Comprenant la référence aux serments que lui faisait son frère, Sasuke prends feu.
Sans surprise il me saute à la gorge, mutant en plein vol.
Je n'esquive pas l'attaque intentionnellement, refusant de me pousser devant lui.
Nous tombons dans une pente et roulons l'un sur l'autre sur plusieurs mètres, entraîné par la vitesse.
Nous finissons par nous réceptionner en nous faisant face. Une jambe tendue et l'autre plié, une main appuyée sur le sol et l'autre tenant un kunai devant mon visage. Je l'attends
Lui est penché en avant, la tête basse, les épaules rentrées. Ses babines retroussées sur ses crocs tranchant, il marche de droite à gauche en face de moi, étudiant le meilleur angle d'attaque.
Un vent fort soulève nos cheveux et nos habilles abîmés par notre chute, je sais que c'est moi qui le provoque sans même le vouloir, tout comme l'électricité qui s'agite dans l'air à cause de Sasuke. Le temps est à l'orage. Alors qu'un éclair déchire le ciel, Sasuke craque. Il n'en peut plus de réfléchir, il n'a pas la tête à ça.
Il se contente de me charger, crocs et griffes en avant. Je le pare avec mon bras droit en l'attrapant par le cou, et ses mâchoires puissantes se referment à quelques millimètres de mon visage. De ma main libre je crée un rasengan que j'essaie de lui envoyer dessus mais il bondit sur le côté et l'esquive. Il enchaîne en me crachant un nuage de flammes dessus. Je saute dans les aires et profite de ma position avantageuse pour lui balancer plusieurs rafales de vents tranchantes comme des lames de rasoirs.
Il les esquives, et je profite de ça pour plonger, mon kunai dans la main. Je le touche et je l'entends japper en bondissant. Il reprend forme humaine et me fait face, sa main gauche posé sur le haut de son bras droit ensanglanté.
Il regarde sa main recouverte de sang, comme si il n'arrivait pas à y croire, puis me jette un regard exorbité. Je peux y lire la haine, mais aussi la surprise et même un soupçon de peur. Cependant ce moment de doute le quitte très vite et à la place, je vois ses yeux virer au rouge. Immédiatement je me protège de son genjutsu en passant en mode sennin. L'instant suivant il est sur moi, katana a la main.
Nous débutons alors un combat au corps à corps endiablé, ou chaque geste est presque invisible à cause de la vitesse. Seul preuve de notre combat, le bruits de ferraille provoqué par le métal des lames qui se percutent. Il attaque fort et prends un peu le pas sur moi, moins doué que lui dans ce genre de combats. Je lui résiste tout de même avec acharnement.
Je pars une attaque de justesse, et son katana rencontre mon kunai à quelques centimètres seulement de mon visage. Nous nous fixons, lutant de toutes nos forces pour tenir face à notre adversaire. Soudain, Sasuke électrifie son katana.
Une douleur vive me lance dans la joue et je m'écarte. L'électricité de son chidori envoyé dans son Katana a fait exploser mon kunai et un éclat m'a coupé la joue.
Nous nous défions du regard a une dizaine de mètres d'écart. Le souffle court, j'ai l'étrange sensation qu'on se regarde sans se voir. Sasuke a l'air moins enrager, et moi, je n'ai même plus envie de me battre contre lui.
Il fronce les sourcils, comme pour mettre un terme à un conflit intérieur, et reviens sur moi armé de son chidori.
J'esquive, crée un rasengan, riposte, attaque, me défend, attaque à nouveau…
Cependant plus le combat avance plus je nous trouve ridicule.
Mille fois lui et moi aurions pu nous entre-tuer depuis le début de ce combat. En analysant mes mouvements, j'ai l'impression d'avoir fait n'importe quoi. Aucune de mes attaques n'était suffisamment puissante, bien placé et rapide pour pouvoir le toucher. Mais il en est de même pour lui…
Non, on ne se bat pas. On danse. Nos légères blessures ne sont que des erreurs mal calculé, un simple pas raté.
Réalisant ça je me recule et le fixe avec amusement, le sourire aux lèvres. Le vent se calme en même temps que la colère m'a quitté.
Je laisse tomber le nouveau kunai dont je m'étais armé au sol et m'avance vers Sasuke qui me regarde venir à lui avec une certaine inquiétude.
A présent en face de lui, je lui souris plus franchement, et lui tend la main.
« Merci pour ce moment, Sasuke. »
Il continue à me fixer avec dédaigne, mais son Eien no Mangekyô Sharingan disparait pour laisser place à ses iris onyx.
Malgré son mépris, je le sens plus détendue, et me contente de cette évolution.
Il recule d'un pas, puis me tourne le dos en ignorant ma main tendue. Il me tourne le dos et s'éloigne.
Je le regarde traverser le groupe d'élèves accompagné de Yamato. Aucun d'eux n'a cherché à nous séparer, ils ont bien compris que c'était beaucoup trop dangereux. La main gauche sur sa blessure et le regard droit, Sasuke traverse la foule en silence, cette dernière s'étant immobilisé pour le laisser passer.
Derrière lui, les murmures fusent.
« Sasuke Uchiwa est blessé ? », « Vous avez vue : il saigne ! », « Naruto a réussi à blesser Sasuke ? », « Sasuke Uchiwa c'est fait toucher par un humain ! », « ce n'c'est pas possible, il ne peut pas être humain… », « Il a réussi à battre le record de vitesse du 4ème Hokage et blesser Sasuke dans la même journée ! »
De nouveau, silence se fait lorsque j'arrive moi aussi à leur hauteur.
Je lis dans leur regard un million de questions mais je n'ai pas la force de leur répondre. Je me contente de leur sourire avant de quitter le terrain à mon tour.
Le lendemain au handball, je me défends tout aussi bien que la veille sur le terrain de survie. Je suis même nommé chef d'équipe pour le match final. Contre moi l'équipe de Sasuke. Cette année, toute la classe a rejoint le même sport d'équipe.
Depuis le début de la journée, nous ne faisons que nous ignorer, mais visiblement ma promotion au rang de capitaine a l'air de le piquer a vif.
Mon équipe a du mal à démarrer, et je sais que c'est ma faute. J'évite Sasuke, je le fuis alors que je suis le seul à pouvoir lui faire face.
Ce n'est qu'en entendant le score de 3 pour eux et 0 pour nous que je me réveille, conscient que les autres membres de mon équipe n'ont pas à subir la défaite par ma faute.
Je m'avance, fait face à Sasuke au centre du terrain et attend que le départ soit donné. Mes yeux bleus rivé dans ses orbes noirs, je lui passe un message silencieux. Un message qui lui dit que je gagnerais, encore, toujours.
