J'ouvre un œil et grimace en poussant une plainte. Je me sens mal... Vraiment mal.
A moitié aveuglé par la lumière du jour je me lève et vacille pour rejoindre la salle d'eau. J'ai à peine le temps de fermer la porte que je rends le peu de contenue que j'ai dans l'estomac dans la cuvette des toilettes.
Encore heureux que j'ai réussi à aller jusqu'à la salle de bain. Je ne pense pas que je me serais remis de l'humiliation de vomir partout dans la chambre de Sasuke !
Je me redresse comme je peux et m'appuie sur l'évier pour me laver la bouche. Je me sens toujours aussi nauséeux et en plus, pompon sur la Garonne : j'ai des vertiges. Je suis obligé de me tenir pour ne pas me retrouver par terre. Tout tourne autour de moi. Malgré mon état fébrile j'arrive à retourner jusqu'à mon lit. A peine allonger, l'envie de vomir me reprend à la gorge. De plus j'ai l'impression que le lit tourne sur lui-même, ça me donne le tournis. Je me redresse vivement pour échapper à ces deux sensations désagréables mais je reste encore vaseux, j'ai une migraine d'un autre monde. Je n'ai pas le choix : il faut que je trouve Sakura.
Je la découvre au rez-de-chaussée : assise par terre, elle est appuyée sur une chaise et dors encore à point fermé, comme tout le monde. Je fais de mon mieux pour écraser et réveiller personne malgré mes vertiges et je la secoue par l'épaule. Elle soulève lentement la tête un poussant un « hm ? » interrogatif et endormis.
Lorsque son regard croise le mien je lui fais signe de me suivre dans la cuisine.
Elle se redresse en baillant, s'étire, puis se décide à me rejoindre en enjambant les corps.
Finalement nous arrivons jusqu'à la cuisine sans réveiller personne.
« Qu'es qui t'arrive ? Me demande Sakura à voix basse.
- Je me suis réveillé parce que j'avais envie de vomir. Et depuis j'ai des vertiges. En plus j'ai mal au ventre et j'ai l'impression que je vais mourir de chaud. » Avouais-je en m'asseyant sur le plan de travail.
Sakura fronce les sourcils et avance vers moi. Comme la veille elle pose sa main sur mon front et active son ninjutsu.
« C'est bizarre, tu as moins de fière qu'hier pourtant. Un petit 38, au maximum. Tu as dû attraper un petit virus. Je ne sais pas comment tu t'es débrouillé en plein été mais reste tranquille quelques jours, bois beaucoup d'eau et ça va passer. »
J'opine, bien qu'un peu déçus. J'aurais aimé qu'elle me trouve un remède miracle qui me ferait aller mieux aujourd'hui même, mais visiblement, ça n'existe pas.
Résigné, je me décide à l'écouter et ouvre le frigo pour saisir une brique de lait. Je lui en propose une qu'elle accepte et nous commençons à déjeuner en silence.
Sasuke rentre alors dans la cuisine et nous rejoint. Comprenant que je ne vais pas vraiment mieux que la veille, Sasuke m'abandonne et réquisitionne Sakura pour la mission : chacun chez soi.
En à peine une heure ils ont réussi à renvoyer tout le monde et à rendre à la maison toute sa superbe.
J'en profite pour m'étaler dans le canapé, incapable de rester debout une minute de plus.
Eh bien, si trois verres ça me met dans cet état, je me demande a quoi je ressemblerais si j'avais bue autant que Sakura.
d'ailleurs cette dernière s'éclipse à son tour, me laissant seul avec mon partenaire qui, assis à côté de moi, me frotte doucement le dos.
« Tu veux te reposer, aujourd'hui ? » Me propose-t-il.
Ça me frustre, mais je crois que c'est sûrement la meilleure chose à faire. Je tourne un peu la tête pour le voir et acquiesce lentement. Je me redresse ensuite et prend la direction de l'entrée afin de rentrer me reposer tranquillement chez moi. Sur le perron, il me sourit et se penche pour m'embrasser.
« Si tu vas mieux tu peux me rejoindre ici. Repose-toi bien. »
Il m'embrasse à nouveau puis me laisse partir. Je marche de façon automatique jusqu'à ma maison puis me laisser tomber sur le lit comme un sac à patate. J'ai l'impression que je vais mourir.
« Pssst ! Gamin ! »
Je grogne. Je crois qu'il y a un démon renard à l'intérieur de moi qui n'a pas tout comprit.
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Bien qu'un peu inquiet de le laisser seule, Sasuke referme tout de même la porte de sa maison derrière Naruto. Le blond est malade il a besoin de calme et de repos, et resté dans ses pattes n'est pas une bonne idée. Pour se changer les idées, il décide d'aller faire un tour et se promener un peu dans les rues de Konoha. Rapidement, il récupère ses affaires puis passe la porte à son tour pour profiter du soleil. Les mains dans les poches, Sasuke déserte le quartier Uchiwa pour se rendre du côté de l'académie. Il poursuit son chemin jusqu'à la falaise aux Hokage qu'il contourne pour la remonter. Arrivé en haut, il prend le temps de contempler le village quelques instant, mais très vite il sent une présence dans son dos qui le tétanise et lui hérisse le poil. Un regard glacial le fixe, puis finalement, Orochimaru sort de l'ombre, un sourire mauvais accroché aux lèvres.
« Alors, C'était bien, votre petite soirée ? » Siffle-t-il en tournant autour de l'Uchiwa qui reste stoïque, le surveillant du coin de l'œil sans bouger le moindre muscle.
« Tu sais Sasuke, ton croisé m'a beaucoup déçu. Je pensais qu'il aurait meilleur goût.
- Qu'es que tu veux ? Coupe Sèchement le détenteur du sharingan, méfiant.
- Je veux juste te proposer un marché. Avouât le serpent en se plantant devant le croisé. Tu fais ce que tu veux quand tu veux avec ton Jinchuriki de compagnie, je m'en fiche. Mais tu vas quand même épouser ma fille et lui faire des enfants.
- Dans tes rêves. Crache Sasuke, mauvais.
- Je n'ai pas fini. Reprend Orochimaru. Sasuke, as-tu déjà entendu parler de la technique interdite du nom d'Edô Tensei ? »
L'Uchiwa ne répond pas, attendant que la vipère poursuive son discourt.
« J'ai cru comprendre, que ton frère n'a jamais vraiment voulu te parler du passé... Tu dois beaucoup en vouloir à tes parents, et même à toute ta famille, pour ce qu'ils ont fait. N'est-ce pas ? Et, de ce fait je suppose, que tu dois avoir beaucoup de questions à leur poser. Que dirais-tu si en cadeau de mariage, j'invitais maman et papa Uchiwa ? »
Sasuke fronce les sourcils, frustré.
« On ne ramène pas les morts à la vie, c'est impossible ! Rugit-il, blessé.
- Faux ! Et tu ne te serais rebellé contre l'Akatsuki, tu aurais pu le constater par toi même. Si tu ne me crois pas, demande à l'ancien membre que tu veux. C'est ta seule chance de pouvoir les revoir une dernière fois Sasuke, alors réfléchis-y. » Conclut Orochimaru avant de disparaître dans un sifflement strident.
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« Kurama, je suis malade. J'aimerais me reposer, là.
- Hm... Je n'appellerais pas ça être malade. Répond mon démon d'une voix contrarié.
- Ah oui ? Et t'appelle ça comment alors ? Grognais-je.
- Être enceinte ? »
Malgré mon état fébrile je peux m'empêcher de pouffer de rire face à la blague de Kyubi. Je pose une main sur mes yeux et soupire, le sourire aux lèvres.
« C'est bon t'as gagné... Qu'es qui a ? Accouche.
- Ah non, ça, ça va être toi dans 8 mois. »
Je fronce les sourcils et perd mon sourire, un peu frustré que maintenant que je lui accorde la parole, il continue de faire des blagues.
« Je suis sérieux. C'est quoi le truc dont tu voulais à tout prix me parler ? Dis-je en m'énervant un peu.
- Mais c'est ça ! Répond Kurama sur le même ton. Tu es parasité depuis plus d'un mois, je te signal.
- Kurama, au cas où tu ne le sache pas : Je suis un homme. Grondais-je, fatigué par ces âneries.
- Baka ! Pourquoi tu crois que j'ai mis autant de temps à comprendre ce qui se passe là-dedans ? Mais aujourd'hui, plus d'erreur possible : le cœur bat. Et à m'en ruiner les tympans, d'ailleurs. Je te préviens tout de suite, je ne vais pas supporter ça encore 8 mois. Tu te démerde. »
Je soupire, vraiment énervé. Cependant je prends une grande inspiration pour garder mon sang froid.
« Je suis malade, fatigué, je prends le temps de venir papoter de tes tracasseries avec toi et tu te fou royalement de ma gueule ? Tu es sérieux là ?
- Écoute, moi, je m'en tape. C'est pour toi. Tu n'as cas venir voir, si tu ne me crois pas. »
De nouveau je pousse un long soupire puis ferme les yeux en joignant les doigts pour plonger à l'intérieur de moi-même, dans l'antre gigantesque que kyubi.
Immédiatement je plaque mes mains sur mes oreilles car un bruit si fort qu'il en fait trembler le sol me casse les tympans.
« Ah tu vois ! Je t'ai dit que c'était insupportable ! »
J'ouvre un œil et lève la tête pour faire face à mon démon. Il est assis devant moi, lui aussi se bouche les oreilles avec ses pattes avant. Je ne fais même pas la taille d'une griffe de sa patte arrière mais ça ne m'empêche pas de lui faire face comme s'il s'agissait de n'importe qui.
« Bordel, mais c'est quoi ce raffut ? »
Kurama ne répond pas et pointe un endroit du doigt derrière moi.
Je me retourne et fais face à une énorme boule rouge, encore plus grand que Kyubi ! On dirait une sorte de poche. C'est de là que provient le bruit assourdissant.
« Je te présente ta descendance. » Hurle Kurama pour que je l'entende malgré le raffut.
Je n'arrive pas à y croire.
Je m'avance et fixe la boule opaque avec incrédulité. Ce n'est pas possible. Comment ça se pourrait ? Mais... Mais je n'ai pas ce qu'il faut ! Il faut des organes spéciaux et tout, pour ces choses-là ! Je n'ai pas tout ça, moi ! Ah non mais il n'a rien à faire dans mon corps ! Un démon ça suffit, je n'ai plus de place ! L'hôtel est complet ! Je n'y crois pas...
Kurama ne mentait pas.
Sasuke. Il faut absolument que j'en parle à Sasuke !
Je n'y crois pas.
Je vais être papa, enfin maman, enfin on s'en fiche !
Le plus vite que je peux, je retourne dans le monde réel et plonge dans l'entrée pour enfile mes chaussures et me jeter dehors pour courir comme un dératé jusqu'à la résidence Uchiwa.
Cependant en pleine course je me stoppe, m'appuie sur un arbre qui me fait de l'ombre et baisse les yeux.
Dire qu'à cet instant, dans mon ventre, il y a mon fils ou ma fille qui est entrain de grandir. Je n'arrive toujours pas à y croire. Je souris et rapproche ma main de mon ventre sans oser y toucher. Il y a qu'à moi que ça pouvait arriver, ce genre de chose. Mais je m'en fiche, je m'en fou. Je ne sais pas pourquoi je suis heureux parce que franchement vue la situation actuelle, je serais un peu plus intelligent, je serais entrain de pleurer. Mais rien que l'idée que dans 8 mois je tiendrais contre moi ma progéniture me redonne le sourire. Comprenant que si je continue à penser, je ne vais pas m'en sortir, je mets mon cerveau en pause et repars dans ma course folle jusqu'à la maison de Sasuke.
Arrivé devant la porte je pille et frappe avec enthousiasme en attendant qu'on vienne m'ouvrir, un sourire niais accroché aux lèvres.
Sasuke m'ouvre et je ne prends pas le temps d'analyser son expression que je lui saute au cou pour l'embrasser à pleine bouche.
Cependant il n'y répond pas vraiment et me repousse gentiment avant de fermer la porte.
Cela n'entache en rien mon excitation.
« Ça tombe bien que tu sois venue, je devais te parler de quelque chose. » Déclare-t-il avant de se retourner pour me faire face.
Son expression à elle seule fait faner mon sourire. Je le sens froid, distant, tendu et nerveux. Je déglutis, pas très rassurer par son comportement, mais laisse les choses se faire.
« Ok. Moi aussi j'ai quelque chose d'important à te dire mais je t'en prie, commence. » Dis-je poliment.
Sasuke souffle un grand coup et commence d'une voix morte et fade.
« Je vais épouser Hebiko. » Lâche-t-il comme s'il m'annonçait qu'il allait se servir un verre d'eau.
Je me décompose sur place. Ma joie se fane et une douleur vive me lance dans la poitrine. Je me sens si mal. J'ai si mal. J'ai l'impression de me prendre la gifle de ma vie.
Comment ai-je pu être suffisamment bête pour y croire ? Je suis vraiment si naïf que ça ? Si con ? Pourtant, je pensais vraiment que la réciproque était vrai, que lui aussi m'aimait plus que tout. J'étais sûr qu'il avait tiré un trait sur l'Akatsuki pour nous, qu'il était revenue dans le droit chemin.
J'étais juste stupide.
« Je suis vraiment désolé, Orochimaru est le seul à pouvoir ramener mes parents et il faut que je leur parle, tu comprends ? Essaye de s'expliquer Sasuke.
- Ce que je comprends, c'est que même pour tout l'or du monde, je ne t'aurais jamais fait mal comme toi, tu es en train de me faire souffrir. »
Sasuke s'avance vers moi, la main tendue, mais je recule. Par réflexe, j'évite le contacte de l'homme qui vient de me briser. Et encore, je trouve le terme bien faible. J'en ai eu des fractures et je peux vous assurer que ça ne fait pas aussi mal. Je le contourne sans le lâcher du regard, puis me recule vers la porte. Finalement, je la franchis et déguerpis de là à vive allure sans demander mon reste. Même si je sens que Sasuke ne s'est pas lancé à ma poursuite, je cours aussi vite que le vent souffle, si ce n'est plus encore. Je vais si vite que j'ai l'impression de devenir invisible.
Des larmes de rage dégringolent le long de mes joues et je sens mon corps devenir électrique.
« Calme-toi Naruto, ne fais pas ça! » Gronde mon bijuu, apeuré par mon comportement.
Cependant mes mains se rejoignent et je frappe mes poings l'un contre l'autre. Des étincelles s'échappent de se contacte et dans un cri de détresse, je déchire l'aire devant moi, toute griffe dehors.
« Naruto Non ! » Hurle Kurama.
C'est la dernière chose que j'entends avant d'être violemment aspiré dans une brèche obscure.
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« Bravo. J'espère que tu es fier de toi. »
Sasuke, toujours planté dans la pièce principale, se retourne pour faire face à son frère qui décent les escaliers.
« Ça va, épargne-moi la leçon de morale, tu veux. Peste le plus jeune.
- Sasuke, les morts font partis du passé. On ne peut pas revenir en arrière, et en essayant de le faire, tu gâcheras ton avenir.
- Si tu m'avais parlé au lieu de me laisser dans l'ignorance, on n'en serait pas là ! Rugit le cadet.
- Ne m'accuse pas pour amoindrir ta culpabilité, Sasuke. Assume tes actes, mais je te conseille d'y réfléchir à deux fois. » Conclut l'aîné avant de quitter à son tour la demeure en claquant la porte, laissant le croisé seul avec lui-même.
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« Aoutch ! »
Je me relève avec difficulté, j'ai fait une mauvaise chute. Je pose une main sur ma mâchoire douloureuse et grimace mais mis a par ça, on dirait que je vais bien. Je regarde autour de moi, sur le coup je ne reconnait pas le décore. Soudain j'entend le bruit d'une voiture, et je percute : je suis de retour sur terre. Un sentiment terrible me traverse alors : Kurama ! Et s'il n'avait pas survécu ? Et le bébé ! Je me redresse d'un bon et me frotte le ventre en hurlant le nom de mon bijuu, que peu inquiet de se que pourraient penser les passants en me voyant m'agiter comme ça.
« Ca va calme toi, on est là, baka... » Me gronde le démon renard d'une grosse voix. Je soupire et me calme : j'ai vraiment eu la peur de ma vie.
« On a eu de la chance. Rugit le démon à l'intérieur de moi. Tu aurais pu nous tuer ! Je te rappel que je n'ai jamais pu exister, moi, dans ce monde. Et le p'tit aussi, il aurait pu y rester ! »
Je frissonne à cette idée, je ne sais pas comment j'ai pu ne pas y penser. La douleur et la rage m'ont aveuglé : plus rien n'avait d'importance. Il fallait juste que je parte vite et loin. J'aurais pu tuer Kurama et mon enfant. J'étais tellement blessé que je n'ai plus rien pris en compte. Je voulais juste partir.
« C'est bon gamin, tout va bien. Ressaisis-toi.
- Oui. » Murmurais-je en reprenant mes esprits, une main plaquée sur mon estomac.
Je prends alors le temps de regarder autour de moi. J'ai atterri sur un trottoir au bord d'une grande avenue que je trouve plutôt déserte. Vue ou est le soleil, ça doit être la fin de l'après-midi et je ne vois que quelques voitures, ainsi que très peu de piétons. Je ne sais pas vraiment où je suis. Je ne suis jamais venue ici.
Sans savoir pourquoi je traverse la rue, ça a l'air plus accueillant de l'autre côté. Je tombe alors face à une immense propriété, juste devant les grandes portes ouvertes en grand. Je lis l'inscription « dojo » sur un panneau et fronce les sourcils. Finalement je rentre dedans d'un pas déterminé.
« Qu'es que tu fais gamin ? Tu ne devrais pas plutôt te mettre à chercher une auberge pour cette nuit ?
- Ça ne marche pas comme ça ici, Kurama. Lui expliquais-je. Je suis partie depuis des années. Pour ce monde, je suis mort, je n'existe plus. Et en plus, je n'ai pas d'argent. »
Je rentre et suis un chemin de terre qui longe un grand terrain d'entraînement jusqu'à arriver devant le bâtiment. Je franchis le seuil et tombe dans une immense pièce déserte. Je repère juste un homme sur l'un des rings entrain de resserrer les cordes. Je m'approche de lui et m'immobilise en bas. Il est de taille et de carrure moyenne, ses cheveux poivre et sel sont coiffé en un chignon strict et porte une petite moustache.
« Bonsoir. Lui dis-je poliment.
- La salle est fermée. Vous n'avez pas regardé les horaires ? Me répond sèchement l'homme sans me regarder. Pour vous renseigner, revenez lundi matin.
- Je ne veux pas prendre des cours, je veux en donner. »
Suite à ma répartie l'homme cesse son activité et me jette un coup d'œil, sourcils froncé. Finalement il sourit de façon sarcastique et reprend son travail.
« Les muscles ne font pas tout. Puis tu es trop jeune pour enseigner. Tu ne seras pas trouvé les bons mots.
- Un combat. La discipline que vous souhaitez. Vous gagnez, je repars. Je gagne, vous me prenez. »
L'homme sourit, il semble être intéressé par ma proposition.
« Non mais tu es malade ? S'emporte Kurama. Tu as pensé au petit ? Je veux bien que tu sois un bon ninja, mais les arts martiaux ce n'est pas ton fort et tu le sais bien. Tu vas te faire mettre en pièce sans le mode sennin, le mode bijuu et tes ninjutsu !
- Je sais ce que je fais, calme toi. » Ordonnais-je à mon bijuu.
« Tu as un peu trop confiance en toi, mon garçon. Monte, je vais remettre tes pendules à l'heure. »
Je me déchausse, retire ma veste pour rester torse nu et m'exécute, rejoignant l'homme qui doit avoir entre 40 et 50 ans sur le ring. Je le rejoins au milieu et m'incline respectueusement, tout comme lui.
« Le premier qui fait tomber trois fois l'autre gagne. Tous les coups sont permis. » M'explique-t-il avant de prendre une posture de défense. J'en fais de même et il annonce le départ du combat par un cri de guerre.
Il attaque et je recule d'un pas pour parer sa charge, puis d'un second pour encaisser les multiples coups qu'il enchaîne. Je grimace et l'observe tout en me contentant d'éviter d'être blessé sans chercher à le toucher.
Il me fait encore reculer d'un pas et je sens que mon dos frôle la corde. Je fronce les sourcils, frustré par ma mauvaise posture, et au même instant il envoie un coup de pied destiné à atterrir dans mes flancs. Cependant un réflexe fulgurant me permet de saisir sa cheville et l'immobiliser. Il se raidit, surpris par ma vitesse. De ma main libre, je joins les doigts devant mon visage.
Les yeux de mon adversaire s'écarquillent un instant et il a à peine le temps de placer son bras devant son visage pour parer une attaque qui lui aurait été fatal. Il arrive aussi à encaisser mon second coup mais ne peux plus rien pour le coup de pied retourné qui l'envoie s'écraser au sol tête la première.
« Mais, il est nul. S'étonne mon bijuu. Comment il peut enseigner les arts martiaux ?
- Il est doué, pour un humain. N'oublie pas, nous ne sommes pas du même monde. Ici, on ne nous apprend rien sur le chakra, et même si le mien est un peu bridé sur terre, la partie que j'arrive à utiliser me donne déjà un avantage monstrueux. »
A ma grande surprise, l'homme se relève. C'est quelque chose que je dois reconnaître aux êtres humains, ça. Même quand c'est perdue d'avance, même lorsqu'il n'y a aucun espoir et qu'ils sont déjà à moitié morts, il n'abandonne pas, il ne lâche rien tant qu'ils sont vivants. J'ai certainement dû hériter un peu de leur témérité en passant toute mon enfance sur cette planète.
L'homme charge de nouveau. Cette fois ci je n'attends pas : Je pars son premier coup, en profite pour attraper son poignet et le tirer vers moi. Je profite de l'ouverture que j'ai créée pour lui infliger un coup entre les deux omoplates qui l'envoie une seconde fois au tapis. Cependant il se relève encore, et je vois dans ses petits yeux noirs qu'il est enragé et bien déterminé à se venger de cette humiliation. Fatigué par ce combat gagné d'avance, c'est moi qui attaque le premier. Je suis si rapide qu'il ne me voit même pas agir et ne réalise la situation que lorsqu'il se retrouve une nouvelle fois par terre, allongé à mes pieds.
Je lui tends la main mais il la refuse et se relève seul en essuyant le petit filet de sang qui coule de sa bouche et qui a un peu taché son chandail blanc.
Il semble réfléchir quelques instants en me fixant. Finalement il prend son menton entre ses doigts et commence à me tourner autour pour m'inspecter comme on inspecte un cheval dans un marché. Ça a le don de m'énerver.
« Tu ne transpire pas, ta respiration reste inchangée, tu es grand et lourd pourtant, je n'ai jamais vue quelqu'un d'aussi rapide. Tu as déjà fait de la compétition ?
- Je ne peux pas. » Lui répondis-je.
Intrigué il stop son inspection pour revenir en face de moi et planter son regard dans le mien.
« Et pourquoi ?
- Je suis sensé être mort. » Avouais-je dans un hochement d'épaule.
Il fronce les sourcils, puis fini par sourire et même rire de bon cœur.
« Ah mon garçon... Dit-il en me tapant sur l'épaule. Tu tombes pile au bon moment, tu sais. On n'allait pas tarder à saisir mon école ! »
Je reste silencieux pendant que lui recommence à rire gaiement.
« Ce que tu veux. Tout ce que tu veux, tu l'auras !
- Un toit et de quoi vivre.
- Bien ! Très bien ! Je suis riche ! » Conclut l'homme en levant les bras au ciel, ravis.
« Tu peux m'expliquer ? Je n'ai pas tout très bien suivi. Me demande Kurama, un peu perdue.
- Il n'y a pas 100 façons pour quelqu'un qui n'existe plus de se faire de l'argent. Il y a la drogue, la prostitution, le trafic d'arme, et les combats clandestin.
- Laisse-moi deviner, tu viens de signer pour le dernier, c'est ça ? Demande-t-il de façon sarcastique.
- Quand j'étais ado, j'avais déjà un pied dedans. Je m'occupais de gérer les paris dans ce genre de combat de rue pour trois sous. Je ne pensais pas avoir de nouveau à me frotter à ce genre de personnes un jour. » Avouais-je.
« Tu vas commencer dès ce soir. M'explique mon nouveau manager en descendant du ring. Mon nom est Fujio. Suis-moi, on a de la route à faire. »
Je m'exécute et me rhabille.
Nous quittons le dojo que Fujio prend soin de fermer à double tours et nous nous mettons en route vers le métro. A l'intérieur de moi, j'entends Kyubi qui commente et observe toutes ces technologies qu'on ne connait pas chez nous, car on n'en a tout simplement pas besoin. A quoi bon faire des routes et utiliser des voitures quand on peut se déplacer tout aussi vite en courant ? A quoi bon inventer le portable alors que tant de ninja arrives à communiquer par télépathie ? La terre me parait à présent bien triste et bien fade. Les humains ont choisi un mauvais chemin, et j'ai bien peur qu'il soit trop tard pour les tirer d'affaire. Je les observe dans le métro, tous en train d'agir comme des automates. J'ai l'impression d'être entouré de robots. Nous quittons finalement les sous terrains de la ville une fois arrivé au terminus pour nous terrer dans les quartiers mal famés.
Nous traversons plusieurs ruelles aussi obscures les unes que les autres, pourtant je n'ai pas peur de me perdre. Je sais exactement où je suis. Je suis de retours dans l'arrondissement ou j'ai grandi.
Revenir ici ou tout est gris, ou l'odeur de poubelle, de joint et de pollution me donnent mal à la tête ne ravive aucune émotion. Kurama lit à travers mon esprit et reste muet face à cette enfance sans saveur que j'ai due traverser. Quand on est gamin, on ne s'amuse avec rien, on s'émerveille de tout. Surtout moi, je crois que j'étais beaucoup comme ça. Au détour d'un immeuble, je me rappel d'un jeu au quel je jouais souvent avec mon plus vieil ami. Nous posions une canette sur le muret à moitié effondré, puis on allait se placer derrière le vieux banc en ferraille tout tagué. Nous envoyons ensuite des pierres chacun notre tour, et le premier qui réussissait devait donner un gage au perdant. Un jour, j'ai dû avaler un déchet du vide-ordure qui était resté coincé dans la porte depuis des mois : impossible même de se rappeler ce que c'était à l'origine. J'ai été malade pendant une semaine. Un autre fois, j'ai dû attraper un rat pour l'embrasser. Dieu merci, je n'ai jamais réussi à en capturer un : j'avais pourtant tout mis en œuvre et même construit des pièges avec quelques branches d'arbre, du vieux grillage et mes lacets de chaussure. Me revient alors en mémoire la foi ou j'ai dû aller piquer un paquet de cigarette a un des plus gros dealers du quartier. Je crois que je perdais souvent, à ce jeu. Heureusement que je vise mieux avec mes Rasengan Shuriken qu'avec les cailloux.
Tous ces souvenirs me semblent aujourd'hui tellement pathétique. Je refuse que mon enfant grandisse dans cette merde. Je comprends alors qu'il va falloir que je trouve une solution, et que je n'ai que quelques mois. Mon passage par la terre ne sera que transitoire, le temps de laisser cicatriser un peu mes plaies, mais un jour il faudra rentrer. De toute façon, je n'ai aucune idée de la façon dont cet enfant compte sortir de mon ventre dans quelques mois, j'ai besoin de Tsunade et Sakura pour le découvrir. Ici, si je me pointe à l'hôpital en disant que j'ai un démon-renard géant sceller dans le bide et qu'il s'avère que depuis quelque temps, un fœtus a décidé de grandir à ses côtés, je suis bon pour être interné.
L'idée me traverse de rentrer à Konoha juste le temps de le mettre au monde, puis de revenir vivre ici. Je sens Kurama grogner : il désapprouve. Vivre ici, c'est le condamner à ne plus jamais pouvoir sortir. Malgré tout il ne trouve pas la force de me l'interdire. Il sait se que j'ai ressenti. Même lui, n'est pas assez cruel pour me laisser vivre ça au quotidien jusqu'à la fin de mes jours. Ici, j'ai un peu moins mal. Je suis tellement loin, je viens presque à me demander si tout ça est vrai. Sans Kurama et mon enfant, je pense que mon cerveau aurait juste décidé de tout oublier.
Finalement nous rentrons dans un bâtiment désinfecté que je connais aussi, même si de mon époque, il était toujours habité. Nous descendons au sous-sol en empruntant un escalier mal éclairer. Je commence à entendre du brouhaha. J'en profite pour donner mon autre condition.
« Je ne tus pas. Lâchais-je froidement.
- Oh, tu sais, du moment qu'ils ne se relèvent plus, ça me va. Mort ou pas, je m'en fiche. »
Ça va, j'avais peur que les négociations soit un peu plus tendu. Quand j'étais ado, le public n'appréciait pas que le travail soit fait à moitié.
Enfin, nous arrivons au sous-sol.
Une foule impressionnante s'écrase et se piétine pour être le plus près possible d'un grillage derrière lequel le bruit des coups me certifie qu'il y a un combat en cours.
Ça pue l'alcool, le vomi et la pisse à m'en donner des hauts le cœur et j'avance dans cette débandade avec dégoût.
Les rares femmes présentent sont à peine vêtue et sont sûrement payer pour satisfaire la gente masculine. Quelques gamins traînent aussi pour s'occuper des paris, comme je le faisais à leur âge.
Je suis Fujio jusqu'à un petit escalier de fer qu'il escalade. Jetant un coup d'œil en l'air je constate qu'il donne sur une mezzanine ou sont installé les gérant.
Je grogne en reconnaissant le gros chef, Seito, assis sur le seul canapé de la salle, une brune a forte poitrine et quasiment à poil sur chaque accoudoir. Il est gras comme un cochon et a le crâne rasé. C'est lui qui me faisait faire les paris pour trois fois rien il y a de ça près de cinq ans.
Avec le nombre de gens qu'il voit passer, il y a peu de chance pour qu'il me reconnaisse, mais au cas où j'enfile la capuche de ma veste.
« Seito, appelle mon tuteur. Bonsoir. » Commence-t-il respectueusement en s'inclinant.
« Oh ! Fujio. Ça faisait un moment. Je te pensais ruiné, entrain de croupir dans un caniveau. Avoue Seito sans vergogne avant de boire une gorgé de sa coupe de champagne.
- Oui, je sais. Mais, je viens de trouver un nouveau poulain et je pense que vous allez apprécier. Avance ! » M'ordonne Fujio.
Je m'exécute d'un pas lent, même si ça me répugne de me retrouver de nouveau face à ce porc écœurant. Seito lève les yeux vers moi et fronce les sourcils.
« Retire ta capuche. » M'ordonne-t-il.
Kyubi grogne à l'intérieur de moi, et je dois me faire violence pour contenir son chakra et empêcher que mes yeux se fendent ou que mes canines s'allongent.
J'obéis a Seito et dévoile mon visage presque sans marque. Il n'y a que la cicatrice de mon visage qui traverse mon sourcil droit qui est resté coupé en souvenir de ma première nuit avec Sasuke.
« Oh ! Mais je te connais, toi. Bon retour à la maison, Naruto. Se réjouit Seito en rigolant de sa grosse voix. La dernière fois que je t'ai vue, tu n'étais pas en grande forme. Tu rampais et tu pleurer à chaude larme en me suppliant de te laisser partir, tu te souviens ? »
Des flashes de ce fameux jour me reviennent en mémoire.
J'avais travaillé dure et Seito a refusé de me payer car je n'avais soi-disant pas fait un bon chiffre. Du haut de mes 16 ans j'avais déjà très mauvais caractère et je lui avais envoyé une droite en plein visage. Évidement après, j'ai dû en découdre avec ses chiens de garde, et ça c'était plutôt mal fini pour moi. Je me rappelle que lorsque on m'a laissé partir, j'ai couru à en perdre haleine. Je voulais plus que tout quitter ce monde exécrable.
Puis je me suis réveillé à Konoha.
« Oui, et moi je me rappel de votre radieux œil au beurre noir. » Lui répondis-je dans un sourire.
Cependant Seito le prend plutôt mal et dégaine de sa ceinture un revolver qu'il pointe vers moi. Je grimace et fronce les sourcils, frustré et enragé.
« J'espère pour toi que t'es doué, p'tit gar. » Crache-t-il avant de ranger son arme.
« Envois le moi dans la cage tout de suite. S'il survit à cette nuit, on verra si on peut s'arranger. » Ordonne Seito a Fujio.
Ce dernier opine et me fait signe de le suivre.
Je m'exécute et nous redescendons en bas. Cependant nous passons par une porte un peu reculée et rentrons dans un long couloir qu'on traverse avant de tomber dans une nouvelle pièce : le chenil.
Ici attendent tous les gros bras qui conte se taper dessus ce soir. Je suis de loin le plus mince. Tous ont des biceps aussi gros que ceux du Raikage.
Une nouvelle porte s'ouvre et trois hommes apparaissent, traînant ce qui reste d'un combattant. Derrière eux je vois un autre des monstres de guerre debout à l'intérieur des grilles, entrain de chauffer le public en criant et en bandant ses muscles.
« C'est à toi gringalet. » Appellent un de ceux qui traînent le corps inerte en me faisant signe de rentrer en piste.
Bon, et bien quand faut y aller, il faut y aller.
Je rentre dans l'arène et la porte se referme derrière moi. En l'entendant claquer, le tas de muscle se retourne vers moi.
Il n'est pas aussi grand que moi mais par contre, il doit facilement faire deux fois mon poids, et ce n'est pas du gras. Il rigole en me voyant et tape son poing droit dans la paume de sa main gauche.
Moi je souffle un grand coup et me débarrasse de ma veste avant de faire craquer ma nuque. Je contracte mes muscles mis à nu, je prends le temps de coordonner mon corps et mon esprit.
« Tu t'es trompé de sale Barbie, ce n'est pas ici le défilé de mannequin. Se moque le gros en rigolant.
- Encore heureux parce que t'es vraiment lais ! » Lui répondis-je en souriant.
Piqué, l'ours pousse un cri de guerre et se jette sur moi. Je bondis, l'esquive, et atterris en lui infligeant un coup de pied violent dans la nuque.
Il s'écrase en avant et s'éclate la mâchoire par terre. Il ne s'en relèvera pas.
Un silence pesant prend place autour des grilles et le public me dévisage avec incrédulité. Moi je lève la tête vers Seito et le regarde avec défi, sans l'ombre d'un sourire. Je ne pense pas avoir déjà eu l'air si sérieux. Lui me répond en me fusillant du regard.
Doucement les murmures repartent dans le public, puis le ton monte doucement jusqu'à que les cris et les hurlements reviennent.
Mon premier adversaire est évacué alors que le second rentre en piste.
Il ne durera pas plus longtemps que le premier.
Mes adversaires s'enchaînent et tombent tous les uns après les autres comme des mouches, jusqu'à qu'il n'en reste plus un seul en état de se battre. Et la nuit n'est pas fini.
« Fujio ! » Appel Seito.
Mon tuteur me rejoint au milieu des grilles, juste en dessous du big boss.
« Oui Seito ?
- Je refuse le marché, Naruto n'est pas un bon adversaire. Il va tuer tous les hommes.
- Bon. Très bien Seito. accepte Fujio sans insister.
- Cependant, reprend le gros. Je te le rachète. Tu ne seras pas riche, mais t'auras de quoi garder ton dojo.
- Oh ! Merci Seito ! Merci infiniment ! »
Je grogne. Je ne pensais pas que ce gros dégelasse aurait aussi peu de vergogne pour accepter de racheter un homme qui lui a levé la main dessus.
Fujio va pour repartir, mais avant, prend le temps de poser sa main sur mon épaule.
« Tu es un bon combattant, Naruto. Courage. »
Sur ce il disparaît et quitte les grilles dans lesquelles il m'abandonne, face à Seito qui rigole et me fixe d'un air mauvais.
« Pourquoi tu rigole ? » Lui demande un autre des gérants habillés en costard noir à voix basse. Je ne l'entends que grâce à mes facultés inhumaines.
« On va se faire des couilles en or avec ce morveux. Il n'est pas comme les autres, je le connais depuis des années. Il ne perdra jamais. Brossez-le dans le sens du poil, et pas de balle perdue avec lui. Il vaut des millions. »
Je grogne mais prend le temps de fermer les yeux un instant.
Si Seito respecte quelque chose, c'est bien l'argent. Et s'il estime que je vaux cher, je suis sauvé. Du moins pour quelques temps.
OooOoOoOoOoOoOo
« Naruto... Il faut qu'on rentre à Konoha ! Grogne Kyubi.
- Non ! Et arrête de me bassiner avec ça, ce n'est pas négociable. » Crachais-je en m'énervant sur mon démon plus têtu qu'une mule.
Déjà nu, je me laisse glisser dans la baignoire remplie d'eau bouillante.
Les hommes de Seito m'ont totalement pris en main et j'ai étais installé dans un luxueux appartement en plein cœur de Tokyo au vingtième étage. J'ai une vue imprenable et sans vis-a-vis sur toute la ville. Ils ont cependant été clair : demain soir, j'ai tout intérêt à être chez moi quand ils viendront me chercher pour aller au « travail ». Je profite donc de ma seule soirée pour détendre mes muscles meurtris dans un bon bain chaud et relaxant avant d'aller dormir pour me remettre de ma nuit blanche de la veille. On m'a fait attendre des heures dans le chenil avant de me mener ici et en route, la voiture a fait de nombreux arrêts, parfois de plusieurs heures, je suis donc arrivé tard. Dans les placards, j'ai trouvé de quoi me nourrir un peu, mais dès demain il va falloir que je retrouve le chemin des supermarchés pour pouvoir remplir le frigo.
« Mais enfin soit réaliste deux minutes gamin. C'est du délire. C'était amusant de découvrir la terre, mais tu n'as quand même pas l'intention d'aller casser la gueule à des mecs tous les soirs et rester vivre ici, si ?
- Tu connais très bien mes intentions, Kurama. Tu es aux premières loges pour pouvoir les suivre en direct. Qu'es qui t'arrive exactement ? C'est quoi cette crise de panique ? »
Kyubi grogne, vexé par ma réflexion.
« Je ne panique pas ! Je m'inquiète, c'est tout.
- Le grand Kurama à peur de découvrir un monde qu'il ne connait pas ? Lui dis-je en me moquant de lui, amusé par son comportement.
- Pas du tout ! » S'énerve-t-il.
Je rigole alors qu'il croise les bras sur sa poitrine et relève la tête. Ça me fait du bien de rire. Kurama l'a-t-il compris ? Il n'en pèche qu'il ne continue pas à bouder bien longtemps. Finalement, il abdique.
- Très bien, comme tu voudras. Mais sans Tsunade et Sakura, il va falloir que tu te débrouille seul pour apprendre tout ce qui concerne la chose qui me broie les tympans à longueur de journée. »
Kurama n'a pas tort. Toujours dans mon bain, je garde une main posée sur mon ventre. Je n'y connait rien du tout en bambin, essayer de me renseigner un peu ne me fera pas de mal. Il faudra que je m'achète un PC pour pouvoir faire quelques recherches tranquillement. Mais pour ça, il va falloir que je me mette Seito dans la poche car pour le moment avec ce qu'il m'a laissé comme argent, j'ai tout juste de quoi m'acheter de quoi me nourrir pour quelques jours. Je vais devoir être convainquant demain soir. Il va peut-être falloir que je me débrouille pour faire durer le spectacle afin que le public ne s'ennuie pas. Penser à travailler ma mise en scène me déplaît déjà mais si je n'y mets pas un peu du mien, les gens vont rapidement se lasser de me voir assommer tous mes adversaires en moins de trois secondes. Je soupire et m'enfonce dans l'eau chaude.
« Je t'aiderais si tu veux. » Me propose mon bijuu. « Je jouerais le spectateur et je te proposerais des scénarios au fur et à mesure des combats. »
Je souris, touché par l'investissement de Kurama. Je vois bien qu'il cherche à faire en sorte que je me sente le mieux possible et ça m'émeu beaucoup.
« Merci, Kurama. Je ne savais pas que tu avais des compétences de metteur en scène.
- Encore faut-il que je ne disparaisse pas. Qui sait se qu'il peut m'arriver, ici. » Grogne-t-il, toujours un peu inquiet.
« Ne t'en fais pas, je ne laisserais rien t'arriver. »
Kurama ne répond pas, mais je devine que mes mots le rassure. Cela sous-entend évidement que si à un moment il sent ses forces s'amoindrir, je ne prendrais aucun risque et retournerait immédiatement à Konoha. Encore faudra-t-il que j'arrive à ouvrir encore une fois une porte, et pour être franc je n'ai aucune idée de la façon dont je m'y suis pris les deux premières fois. Je croise les doigt pour que les choses ne se passent pas comme ça, mais de toute façon je n'y crois pas beaucoup. Ça fait déjà plus de 24h que nous sommes arrivés sur terre : Si il y avait un problèmes, il y aurait déjà eu des signes. Du moins je pense.
Le lendemain matin, je me réveil en fin de matinée. J'ouvre les yeux et tourne la tête vers la baie vitrée. J'ai presque oublié que j'ai changé de monde : mais le ciel grisâtre et pollué me rappelle que je suis de retour sur terre. Lentement, je m'assoie sur le bord du lit et prend mon visage dans mes mains. Je commence déjà à avoir le mal du pays. Je me demande qu'es que je fou ici : je n'y suis pas à ma place. Cependant dès que je repense à Konoha, je repense à Sasuke, et un frisson violent me parcours la colonne. J'ai terriblement mal, j'ai l'impression d'être complètement brisé, comme si on m'avait arraché la moitié de mon âme. Et j'ai la nausée, aussi. Une nausée soudaine et très virulente. J'ai tout juste le temps de me rendre jusqu'au toilettes avant de vidanger mon estomac. Je reste agenouillé au-dessus de la cuvette plus longtemps que nécessaire : j'ai des vertiges et du mal à me remettre sur pied. Décidément, il n'y a rien qui va, ce matin.
« Allé gamin, relève-toi. Tu dois aller chercher de quoi manger un peu. Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le pour lui. » m'ordonne Kurama en pointant la gigantesque boule rouge bruyante derrière lui. J'hoche la tête, je sais qu'il a raison. Je me remets sur pied, me rafraîchi et me prépare tant bien que mal avant de quitter mon nouvel appartement. La ville ne m'avait pas manqué. Il y a du monde de partout, les immeubles trop grands cachent le ciel trop pollué, et les écrans trop lumineux m'agresse de publicité sans queue ni tête à chaque coin de rue. Je grogne et rentre mes mains dans mes poches et mon menton dans le col de ma veste tout en avançant machinalement jusqu'au supermarché le plus proche. Kurama quant à lui analyse ce nouvel environnement avec étonnement : à vrai dire il se sent un peu perdu et noyer au milieu de tant d'informations et d'agitation. Je le comprends tellement.
Arrivé au magasin je me dirige tout droit vers le rayon des plats préparé : le seul que je connais. Je remplis mon panier plus ou moins au hasard, puis je fais demi-tour pour partir le plus vite possible d'ici. Je me sens mieux perché dans mon appartement que perdue au milieu de la foule. Cependant je m'arrête soudainement et tourne la tête en passant à coté du rayon enfant. Je ne m'y aventurerais pas car il est bien trop fréquenté, mais je prends quelques secondes pour laisser glisser mes yeux sur les articles en tête de gondole. Il y a tellement de chose que je prends presque peur et ramène ma main libre sur mon estomac. Il va vraiment falloir que je m'informe un peu si je veux que cet enfant survive plus de trois jours quand il sortira de là !
Alors que je continue d'observer, mon regard se pose sur une mère pencher au-dessus de sa poussette. Son bébé pleure à chaude larme et elle lui fait signe de se calmer en lui souriant. Elle le sort de sa poussette pour le prendre dans ses bras et le bercer quelques instants. L'enfant se calme presque instantanément. Elle se penche au-dessus le lui en souriant et je vois sa minuscule main essayer de caresser les cheveux noirs de sa mère qui lui chatouille le visage. Elle a de long cheveux ébènes aux reflets bleutés. Ils manquent un peu d'éclats, mais me rappels malgré tout la crinière de jade de Sasuke. Je me pince les lèvres et ferme les yeux alors que ma main se referme sur ma veste au niveau de mon ventre et agrippe le tissu avec force. La simple évocation de son nom suffit à raviver la douleur. Je souffle un coup et rouvre les yeux. Mon regard tombe sur ma main agrippant ma veste, et je constate en relâchant mon emprise que racheter quelques habiles ne serait pas du luxe : les miens sont sale et tachés, il faut vraiment que je les lave. Je fais donc un dernier détour pour acheter trois caleçons et trois paires de chaussettes, quelques t-shirts, une veste, deux pantalons et une paire de chaussure plus discrète. J'espère franchement que Seito va me redonner un peu d'argent après mes combats de ce soir car avec tout ça, je suis déjà à sec !
Le temps de rentrer chez moi, de ranger les courses, de manger, de m'installer et de m'occuper de mon linge : il est presque l'heure de partir. Il me reste encore un peu de temps, mais j'avoue que ça ne m'arrange pas. Quand j'ai rien à faire, je me met à penser, et le résultat de mes réflexion est bien souvent très douloureux. Kurama le sait et vient me faire la conversation dès que je reste plus de quelques secondes immobiles. Il n'imagine même pas à quel point sa présence m'aide à ne pas devenir complètement fou. Nous parlons principalement de ce monde, il a beaucoup de question sur sa façon de fonctionner, surtout après avoir vue un échantillon de la ville tout à l'heure. On parle de tout et de rien, des nouvelles technologies, des voitures et des portables, de la politique : de ses avantages et ses inconvénients. Quoi qu'il advienne, il prend un soin particulier à ne jamais faire de rapprochement avec le monde ninja et de ne surtout pas parler de quoi que se soit qui pourrait me ramener vers ce sujet. Grace à lui, j'arrive à tenir sans perdre la raison jusqu'à se qu'on frappe à ma porte.
C'est l'heure d'aller massacrer des gens.
