En ouvrant la porte, je tombe sur deux hommes en costume qui ont plus de points communs avec des gorilles qu'avec des êtres humains.
« Tu es prêt ? » Me demande le plus grand des deux, qui me dépasse de quelques centimètres.
J'hoche la tête en guise de réponse. Le second me tend une paire de lunettes de soleil.
« Enfile ta capuche. Tu dois être discret. » Me précise-t-il.
« C'est vraiment nécessaire ? » Grognais-je en saisissant les lunettes.
« Ordre de Seito. » Répond celui qui m'a donné les lunettes.

Je soupire mais comprend que ça ne sert à rien de s'éterniser sur le sujet et je m'exécute. Déjà, les deux hommes font volte-face et je les suis après avoir refermé la porte de mon appartement. Dans l'ascenseur, ils me glissent derrière eux et restent droit devant les portes pendant que les étages défilent. Autant de cérémonie me surprend. Seito doit vraiment beaucoup miser sur moi pour avoir mis tous ça en place. A moins qu'il n'ait déjà peur qu'un autre essaie de me voler ou tout simplement, de m'éliminer. Au bout d'une seule nuit de combat, cela me surprendrait beaucoup. On dirait presque que je suis la nouvelle superstar en vogue. Je souris à cette idée, « Naruto Uzumaki star des ados » ou « Naruto Uzumaki le combattant de rue clandestin », aucun de ces deux titres ne m'inspire vraiment.
« Naruto Uzumaki, Hokage de Konoha »
Voilà quelque chose qui me parle. Voilà ce que j'ai vraiment envie de devenir. Mais pour être Hokage, il y a un léger problème à résoudre : il faut vivre à Konoha. Et qui dit vivre à Konoha dit vivre dans la même ville que Sa…
« Oh gamin, qu'es qu'ils ont les deux ourses en face, à te dévisager de la sorte ? »
Réveillé par l'intervention de Kurama, je reprends mes esprits. J'étais partis tellement loin dans mes réflexions que je n'ai même pas fais attention au fait que je suis monté à l'arrière d'une voiture. Les deux hommes, assis devant, me regardent à travers les rétroviseurs. Je relève un sourcil en croisant leur regard et retire mes lunettes, de toute façon, les vitres sont teintées.
« Quoi ? » Leur demandais-je.
Le plus grand, celui qui conduit, se contente de se rencontrer sur la route en silence. Le plus petit, à la place passager, fini par me répondre.
« Tu as beaucoup changé, Naruto. Pourquoi es-tu revenus ? »
Je fronce les sourcils. Ces deux hommes étaient-ils déjà sous les ordres de Seito quand je m'occupais des paris ? Je ne me souviens pas d'eux, et je suis un peu déconcerté qu'en revanche tout le monde se souvient de moi. Est-ce que c'est le coup de poing que j'ai envoyé dans la mâchoire de Seito qui a fait de moi une légende ? Ou la façon dont il s'est vengé en me frappant, m'humiliant et en me torturant pendant des heures, qui est resté dans les annales ? Dure à savoir. Peut-être que c'était eux, ou du moins, qu'ils faisaient partie de ces hommes qui se sont acharnés sur moi. Une étincelle sanguinaire traverse mes irises. Kurama fronce du nez en voyant défiler mes souvenirs les plus noirs, alors qu'a travers le rétroviseur je vois l'homme passager se tendre en voyant le changement dans mes yeux. Mais ce n'est pas lui qui va m'éclairer. C'est le chauffeur, qui avait pourtant décrocher. Il reprends le cours de la conversation.

« Moi et mon frère Fukujiro, nous étions là. Mais on ne t'as pas touché.
- Tu n'aurais pas dû revenir, Naruto » Complète le dit Fukujiro.
« Que sait-tu de ma vie, pour savoir mieux que moi ce que j'aurais dû faire ? » Ma voix est amère, je suis tendue d'évoquer des souvenirs aussi violents, humiliants et douloureux. Je peux presque sentir de nouveau le gout du sang dans ma bouche.
« Je me rappel du gamin aux paris, je me rappel de ta révolte, de ta punition. Je me rappel que tu te relevais toujours, peut-être n'aurais-tu pas dû, d'ailleurs. Ça se serait fini plus vite.
- Tu es quelqu'un de trop bien pour cet univers. » Conclut le frère qui conduit.
Je souffle par le nez, sourcils froncés, puis décroche mon regard pour regarder par la fenêtre les lumières de la ville défiler.
« Un jour, je devrais repartir. Ce jour-là, je tuerais Seito. »
Choqué par ma phrase, les deux frères se dévisages quelques instants avant de me regarder. Moi mon regard balaye toujours la ville à travers la vitre. Je sais que je les ai déconcertés. Ils ne savent pas comment prendre cette information. Doivent-ils en parler à Seito ? Certainement que c'est se qu'ils feront. Mais je m'en fiche. Qu'il soit au courant de se qui l'attend ou pas ne changera rien à l'issue final.

Nous finissons par arriver à l'immeuble désaffecté. Les sous-sols sont déjà pleins à craquer de monde. L'odeur nauséabonde me fait froncer le nez alors que je traverse la foule pour me rendre au chenil. A l'intérieure, c'est un peu mieux : il y a moins de monde et donc un peu moins de fumer de cigares, de clopes et de joints. Enfin, on va dire qu'on arrive encore à voir à un mètre, ici. Je jette une œillade aux autres hommes en me demandant quel sera le programme. Lesquels vais-je devoir affronter ? A première vue, je n'ai aucune préférence. En silence, je vise un banc au milieu de la salle. J'essaie de mettre le plus de distance entre les autres et moi. J'essaie de rester imperméable à tout ce qui m'entoure. Alors que je passe devant les autres, j'entends les murmures me suivre. Il faut croire que le bouche à oreille va vite : tous ont déjà entendue parler de mon arrivée épique. Je ne les calculs pas et j'essaie de rester sourds faces à leurs commentaires. Je m'assoie à la place que je voulais. Je me penche en avant, les coudes appuyés sur les genoux et la tête basculé en avant. Je ferme les yeux et rapproche mes mains pour méditer et m'enfermer dans ma bulle. L'heure approche.

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Il fait déjà nuit à Konoha, mais Sakura continue malgré tout de tourner dans la ville et ses alentours. Naruto n'a plus donné signe de vie depuis l'anniversaire de Karine. Juste là, rien de très alarmant maintenant qu'il vie son idile aux côtés de son beau brun ténébreux, mais il a surtout planté la rose sur une mission dont ils devaient s'occuper ensemble et elle a été contrainte de s'en chargé toute seule. D'un côté, elle sait qu'il était bien malade mais de l'autre, il aurait au moins pu la prévenir. Elle se serait trouvé un autre partenaire. Déterminé à régler ses comptes et aussi à prendre des nouvelles, elle c'est mise à sa recherche, mais sans suces. Impossible de lui mettre le grapin dessus et personne ne semble l'avoir vue depuis l'anniversaire de la hyène.
Sasuke quant à lui, disparaissait avant qu'elle n'ait le temps de venir vers lui à chaque fois qu'elle arrive à le croiser de loin. Son comportement étrange et fuyant la met d'autant plus en alerte. Pourquoi tant de mystères et de distance tout à coup ? Pourquoi ne les a-t-il pas tout simplement informé que Naruto était souffrant et qu'il se reposait ? La rose a un mauvais pressentiments.
Elle décide de mener son investigation. Elle commence par se rendre à l'appartement de son ami, puis à la résidence Uchiwa, mais les deux fois elle a fait choux-blanc. Elle se rend ensuite à l'hôpital de Konoha pour voir si un médecin a reçu Naruto aujourd'hui étant donné qu'il était malade. Son enquête l'a mène jusqu'au bureau de Tsunade : mais c'est elle qui apprend à l'Hokage la disparition soudaine du Jinchuriki. Prenant la nouvelle au sérieux, Tsunade incite la rose à poursuivre ses recherches et lui promet de faire de même. Cependant, sous-entendu aussi le risque que Naruto soit tous simplement « rentré chez lui ».

Sakura refuse d'y croire. Ce n'est pas possible, il doit y avoir une autre solution, une autre explication. Elle s'invente des espoirs en courant dans toutes les directions : si seulement elle arrivait à tomber sur Sasuke !

Comme si Dieu l'avait entendu, elle débarque dans une clairière et tombe sur l'Uchiwa qui se tient droit dos à elle. Elle reste interdite une seconde, surprise de cette rencontre qu'elle espérait tellement, puis fonce sur lui.
« Sasuke ! »
L'interpellé se retourne et fronce les sourcils en reconnaissant la silhouette de Sakura venir vers lui. Il réfléchit, il hésite à s'enfuir encore ou à lui faire face. Son indécision a raison de lui et il se retrouve face à la rose qu'il aurait finalement préférer ne pas affronter si tôt. Quelques jours de plus l'aurait aidé à mieux maîtriser sa prestance et ça contenance. Pour l'instant, il se sent encore beaucoup trop fébrile et il a bien peur que son armure se fissure.
« Sasuke… » Répète Sakura en reprenant son souffle. Cependant elle ne poursuit pas. Dans la noirceur de la nuit, elle essaie de déchiffrer le visage de Sasuke. L'obscurité ne l'aide pas et elle n'arrive pas à trouver les réponses qu'elle cherche dans son regard de glace. Elle avale sa salive et redresse les épaules. Elle n'a pas envie de poser la question, mais elle a besoin de connaitre la réponse.
« Sasuke, que s'est-il passé ? Ou est Naruto ? »
Sasuke se tend, serre les mâchoires et referme ses poings. Sourcils froncés, il baisse la tête, incapable de soutenir le regard de Sakura. Ce qu'il craignait est en train de se produire : toutes ses barrières sont entrain de voler en éclat. Il n'est même pas capable d'ouvrir la bouche ou si non, il va fondre en larme. Sentir sa faiblesse, se retrouver face à ses émotions le panique tellement : il est terrorisé. Jamais il n'aurait connu une telle situation s'il n'avait pas laissé Naruto rentrer dans sa vie ! C'est lui qui à fragiliser sa muraille. Le blond est devenu son plus gros point faible. Il était aussi sa plus grande force. Mais maintenant, par sa faute, il est reparti. Et il n'a rien laissé mis à par des murs fissurés qui sont entrain de s'effondrer. Il est entrain de s'effondrer, et il a l'impression qu'il ne pourra jamais guérir d'une blessure si profonde. Complètement désemparé, Sasuke se laisse tomber à genoux, oubliant la présence de Sakura juste en face de lui. Il n'est plus là, il est perdu dans un océan aux eaux noirs et déchaînées. Il est sous une pluie torrentielle. Il est au fond d'un puits. Il est perdu dans une des nuit éternelle et glacé de l'arctique.
Il est peut-être bien mort.

Sakura regarde Sasuke s'effondrer devant elle avec de grands yeux. Elle comprend alors que Tsunade avait raison. Elle comprend aussi qu'au fond de son cœur, elle le savait déjà. Qu'es que Sasuke à bien pu faire ou dire d'assez stupide et blessant pour arriver à faire fuir Naruto Uzumaki, le ninja le plus téméraire de tout l'univers ? Elle lui en veut tellement. C'est ça faute, elle le sait. Néanmoins dans son cœur ses sentiments se déchire. Sasuke, toujours si droit, toujours si fier, est à genoux devant elle, les joues inondées par un torrent de larme.
Elle ne croit pas avoir déjà vue quelqu'un souffrir autant.

Le visage fermé, elle se laisse à son tour tomber à genoux, puis se penche en avant et prend l'Uchiwa dans ses bras.
Sasuke tressaille, il se réveil. Il est perdu. Pourquoi Sakura cherche-t-elle à le réconforter ? n'a-t-elle pas compris la situation ? Pourquoi ne la repousse-t-il pas ? Il ne s'est jamais sentit aussi triste de toute sa vie. Même lorsque ses parents ont disparus, ça n'a pas été aussi douloureux.
« Sakura » Appelle-t-il, comme on jette une bouée à la mer.
« Tais-toi, Baka. » Répond la rose d'une voix glaçante. Sasuke se raidit, il devine qu'elle a tout compris. Néanmoins, son étreinte et les caresses de ses mains chaudes dans son dos le réconforte un peu. De toute façon, il n'a pas la force de bouger.
Pas encore.

oOoOoOoOoOoOoOoOoOoOo

« Non ! Pas la nuque. Attrape-le par le coude. Voilà ! comme ça c'est parfait. Va un peu moins vite, laisse le se rapprocher de toi. Attend, encore, encore… Maintenant, va y ! Bien Gamin, ça c'est parfait ! »
Je rigole intérieurement. Kurama c'est vraiment pris au jeu du metteur en scène. Et en plus, il est vraiment bon. J'écoute et j'applique ses conseils à la lettre. Bon, il m'a bien fallu deux combats pour me régler, mais à présent face à mon troisième adversaire, je commence à prendre le bon rythme. C'est presque amusant de suivre et découvrir le scénario de Kurama en même temps que je me bats.

« Esquive, recule jusqu'au grillage. »
Je m'exécute jusqu'à se que je sente le métal rouillé des grilles de la cage se plaquer sur mon dos.
« Il va envoyer un uppercut, celui-là, tu ne l'esquive pas.
- Quoi ? Kurama, tu exagères là. Ce mec, c'est Hulk !
- Fait moi confiance. Il faut que le public et Seito puisse voir que tu encaisse tout aussi bien que tu te bats. Il faut qu'ils arrêtent de te prendre pour un moustique qu'une pichenette suffit à neutraliser. Attention, il arrive. Prépare-toi. »
Je souffle un grand coup pour me donner du courage, puis prépare ma garde en laissant une ouverture pour qu'il puisse placer son uppercut. Le chien de guerre en face de moi la voit et il bande ses muscles pour m'envoyer le coup le plus puissant dont il est capable.

Il ne me ratte pas et me fait décoller du sol. J'atterris un bon mètre plus loin.
« Ne bouge pas, attend un peu. » M'ordonne mon bijuu. Je l'écoute et tend l'oreille pour surveiller le molosse derrière moi. Je n'entends pas grand-chose, à vrai dire : le public s'est tu. Le suspense est palpable. Tout le monde se demande si je vais me relever ou pas, même mon adversaire. Impatient, ce dernier fait un pas vers moi.
« Maintenant. Tu te relèves lentement, tu lui jette un regard meurtrier avec un sourire jaune et tu crache ton sang par terre. Ensuite, tu le fini. »
Je me retiens de rire : Kurama est vraiment à fond ! Comme il me l'a dit je me remets en mouvement. Je lève juste mon bras pour plaquer ma main à plat sur le sol. Derrière moi je sens que l'homme s'immobilise, il est surpris de me voir bouger. Je fais glisser les muscles luisant de mon dos et me remet sur pied lentement, les yeux rivés sur le sol. Une fois face au pitbull, je relève la tête. Je lui jette un regard rempli de détermination qui le fait frémir, puis lui offre mon sourire le plus mauvais. J'essuie le sang qui coule au coin de ma lèvre d'un revers de main.
« Je t'avais dit de cracher parterre ! » Me reproche mon bijuu.
« C'est pareil, non ? » Lui dis-je en souriant. Il grogne, pas vraiment convaincu. Autour de nous, le volume est remonté à fond : le public se déchaîne. Mon comportement provoque, et dans un cri énervé mon adversaire se rue sur moi. Il n'aurait pas dû : en trois mouvements et une seconde, il est parterre et inconscient. Les gens hurlent à pleins poumons, tapent sur la grille de la cage, se bagarrent entre eux : c'est la débandade. Je les observe sans les voir puis lève la tête vers la mezzanine pour croiser le regard de Seito. A chaque fois, j'ai l'impression de voir un serpent. Un serpent obèse. Lui me fixe avec des yeux brillants : je devine que la pièce de théâtre servie par Kurama le ravis.
« Tu t'es bien battu, Naruto. Retourne au Chenil, tu reviendras plus tard. »
Cette fois, sans lâcher son regard, je crache le sang qui me restait dans la bouche sur le sol.
« Voilà, s'est ça que je voulais ! » Ne peut s'empêcher de commenter Kurama. Cependant je ne l'écoute pas, trop occupé à soutenir le regard de mon détenteur. Les deux frères qui me servent de garde du corps lui ont-ils dit que je conte le tuer ? Je me doute que oui.
Notre échange visuel est finalement interrompu par une femme à peine vêtue qui m'emmène une bouteille d'eau et une serviette. Lorsque je me tourne vers elle, je tressaille de la tête au pied :
« Hinata ?! »
La jeune femme relève un sourcil, perplexe.
« On se connait ? »
Je ne comprends plus rien. Et Kurama non plus d'ailleurs : on est tout les deux hors-service. Hinata quant à elle semble impatiente. Sourcils froncés, elle regarde derrière nous et tourne beaucoup la tête.
« Le public s'impatiente, on ne peut pas rester dans la cage. Vient. » Elle me saisit par le poignet et me traîne, je fini par docilement la suivre jusqu'au chenil, cependant je reste complètement perdu. Hinata m'assoie sur le banc et commence à m'éponger le visage en se penchant en avant pour dévoiler son décolté et sa cambrure. Cependant je n'en ai pas grand-chose à faire et l'arrête en la saisissant par le poignet. Elle me lance un regard de reproche, les sourcils froncés.
« T'es vraiment bizarre toi ! Qu'es que tu veux ? » Demande-t-elle en se redressant.
« Bordel Hinata, mais qu'es que tu fais là ?!
- Je travaille ici poussin. » Dit-elle en se dégageant de mon étreinte. « Maintenant tu compte me laisser travailler ou tu as d'autres question ? »
elle n'a pas fini sa phrase qu'elle grimpe à califourchon sur moi et se cambre en glissant son visage dans mon coup et ses mains sur ma ceinture. Vêtu uniquement d'un short en jean qui ressemble plus à un string, d'un débardeur blanc tellement court qu'on peut voir le dessous de ses seins et qu'une paire de talon aiguille rouge, il n'est pas dur de comprendre son rôle dans ce terrain tellement masculin. Je reste figé quelques secondes. Est-il possible qu'il existe deux Hinata ? Une ici et une à Konoha ? Leur attitude et leurs manières sont complètement opposé mais elles se ressemble comme deux gouttes d'eau. Même leurs yeux sont identiques. Je tique à cette réflexion : comment une Hinata terrienne pourrait utiliser le byakugan !

Revenant à la réalité je la repousse et elle émet un cri de surprise alors que je la saisis par les épaules pour planter mon regard dans le sien.
« Hinata, tes yeux…
- T'es vraiment sérieux ? J'ai une maladie de naissance, si tu veux tout savoir. Un albinisme de la pupille. Je suis quasiment aveugle, mais ne t'en fais pas : je ne suis pas obligé de te regarder, si ça te gène. De toute façon, vous êtes tous tellement laid… »
Suite à toutes ces révélations, je me sens soudain pris à la gorge par une tristesse violente. Il y a vraiment deux Hinata, et celle la n'a rien à voir avec celle que je connais. Elle n'a rien à voir avec Konoha. Kurama ressent ma déception et je crois que lui aussi, est un peu déçus. On commence tout les deux à avoir le mal du pays.
Je fini par repousser la jeune femme définitivement en lui demandant de s'en aller, cependant, elle ne l'entend pas de cette oreille.
« Quoi ? Mais qu'es qui ne va pas chez toi !
- Laisse tomber, laisse-moi tranquille, tu veux ?
- Hors de question. Si tu ne me baise pas, je ne serais pas payé, moi. Seito m'a fait venir exprès pour toi, je te signal.
- Et bien tu diras à ton cher Seito que je n'ai pas besoin de ça. Et qui sait, si tu le suce bien peut-être qu'il te filera peut-être un pourboire. »
Sans que je la voie venir, Hinata m'envoie une gifle qui résonne dans tout le chenil. Dans la colère je me redresse en apportant une main à ma joue meurtrie, puis je comprends en tombant dans ses yeux fous de rage qui soutiennent mon regard sans sourciller que j'y suis peut-être aller un peu fort. Je soupire et me ressaisit.
« Excuse-moi, Hinata. Je n'aurais pas dû te dire ça. Je suis un peu à fleur de peau, ce soir. »
Hinata relève un sourcil, perplexe, puis se redresse et croise ses bras sur son énorme poitrine. Elle m'observe quelques secondes puis me pointe d'un index accusateur :
« Tu n'es pas gay, au moins ? Non parce que Seito ne le tolérera pas ça, je te le dis tout de suite. »
J'écarquille les yeux, perturbé par sa réplique. J'ai envie de dire non mais en même temps, ça fait près d'un an que je couche avec un autre homme et j'ai même réussi à sceller son gosse dans mon bide. Je ne sais pas quoi répondre. Bizarrement, je fini par éclater de rire. Je rigole à en pleurer, à me plier en deux et à en avoir mal au ventre. Cette situation est tellement improbable ! Je n'arrive pas à me remettre de ma crise de folie et continue à rire jusqu'à être obligé de me rasseoir. J'en ai même du mal à respirer. Alors que Kurama m'observe avec dépit, comprenant que je commence à flirter avec la folie, Hinata elle, me regarde comme on regarderait un tour de magie raté. Je crois que je commence même à l'agacer.
« Excuse-moi. » Lui dis-je en commençant à me remettre. « Je crois que je deviens fou.
- Moi, je crois que tu l'es déjà… » Commente la jolie brune, m'enfonçant un peu plus.
Soudain, la porte du chenil s'ouvre. Un homme blessé et inconscient est traîné jusqu'à mes pieds puis abandonné sans ménagement. Ceux qui l'ont amené ici appel quelqu'un d'autre qui va le remplacer dans la cage, puis la porte se referme, sans que personne ne porte la moindre attention à celui qui agonise à mes pieds. Hinata souffle, agacé, puis fini par se pencher sur lui.
« Ippei ? Allo Ippei, tu m'entends ? » Lui demande-t-elle sans obtenir se réponse. Elle n'insiste pas et se redresse sur ses échasses avant de disparaître par une autre porte.
Le calme revient dans le chenil, je me sens un peu perdue et ne sais pas vraiment quoi faire, mais par réflexe je m'agenouille aux cotés du blessé et commence a poser mes mains sur son corps. Je suis nul en ninjutsu médical et mon chakra est bridé, mais je me sens obligé de tenter quand même quelque chose. A Konoha, je serais à peine capable de soigner une migraine, et encore. Mais je ne peux m'empêcher de penser que si sur terre, un échantillon de chakra me suffit pour être largement au-dessus de la moyenne, peut-être qu'un ninjutsu médical de base suffira à soigner un traumatisme crânien. Je me concentre et fronce les sourcils, l'exercice est laborieux. Ça me renvoie des années en arrière, quand Jiraya m'avait accroché à un arbre la tête en bas et que j'essayer de défaire ce fichu nœud qui me retenait pas les chevilles. J'arrive finalement à produire un semblant de ninjutsu. Visiblement ma théorie tien la route, car au bout de quelques secondes seulement l'homme se met à bouger et à geindre. Je souris, fier de moi. C'est alors que j'entends le bruit caractéristique d'une paire de talons claquer sur le carrelage. Je me relève, me retourne et tombe sur Hinata qui me regarde avec surprise. Elle a ramené une bassine d'eau et un morceau de serviette avec elle.
« T'es tellement chelou toi. » Finit-elle par lâcher avant de nous rejoindre et de prendre la place que j'occupais juste avant. Elle éponge le visage du blesser et nettoie ses plaies sans délicatesse mais avec rigueur.
« Tu es multitâches, à ce que je vois. » Dis-je à la prostituée reconvertie en infirmière. Elle rit jaune à ma remarque et continue ses soins.
« Si on ne s'occupait pas de vous, qui le ferait, à ton avis ?
- Par ce que c'est du bénévolat en plus ?
- Devine, Sherlock. »
A peine termine-t-elle sa phrase qu'une autre fille rousse et aussi légèrement vêtu qu'elle fait son entrée. Elle rejoint Hinata, une bouteille d'alcool fort à la main. Elle force le blesser à en engloutir une grosse quantité. Je tords la bouche en les regardant. Ces filles se font utiliser sans scrupule par ces hommes et malgré tout, elle essaie quand même de s'occuper d'eux avec les moyens du bord quand ils reviennent au chenil à moitié mort. J'ai du mal à comprendre comment elles arrivent à faire ça.
« Pourquoi vous faites ça pour lui ? »
Je n'ai pas de réponse tout de suite. C'est finalement la femme rousse qui me jette un coup d'œil intrigué avant de me répondre.
« Que veux-tu qu'on fasse d'autre ? Le laisser mourir ? »
Je reste interdit face à tant d'humanité dans un cadre aussi merdique. Je me dis qu'en vérité, il y a du bon partout, pour qui veut bien le voir. Il y a toujours une étincelle de lumière pour venir à bout de l'obscurité. Cette constatation me réconforte. Cependant pas le temps de philosopher plus longtemps : la porte qui donne au chenil claque et un homme revient en boitant, ses deux mains posées sur son œil gauche. Son visage est en sang. La queue entre les jambes, il se traîne jusqu'au fond du chenil pour se remettre de ses blessures dans l'ombre. Un autre homme passe la tête par la porte. Ce n'est pas un combattant mais l'animateur, celui qui gère l'ordre de passage et l'organisation de la soirée. Il cherche quelqu'un du regard puis s'immobilise lorsque son regard croise le mien.
« Viens là, la starlette. C'est à toi. »
J'obéis docilement et le rejoint. Derrière moi, j'entends le murmure des filles qui commencent déjà à parler dans mon dos.
« C'est qui ce mec-là ? Tu le connais ? » Demande la rousse.
« Pas beaucoup plus de toi. Seito m'a dit de ne m'occuper que de lui, ce soir. Mais je ne l'intéresse pas je crois : il est super bizarre comme mec. Il s'appel Naruto.
- Pour une fois qu'on en a un mignon. Il doit être gay. »
Je rigole, amusé par la conversation, puis fais mon entrée en scène pour poursuivre le spectacle.

Il est 6h00 du matin, et je commence à être bien fatigué. Je me languis de retrouver mon lit.
Assis dans le chenil avec tous les autres combattants, on attend notre paye. Une odeur de sang c'est mêler à celles de la fumée et de la sueur. Certains ne sont même plus en état de se tenir debout ni même assis, alors que d'autres baisent encore les filles dans le fond de la pièce sans aucune pudeur. D'autres fument, boivent, snif et j'ai même croisé quelques seringues usagées. Moi, je suis debout appuyé contre les casiers, les bras croisés. Je profite du spectacle chaotique. Hinata est à mes côtés. Pour la centième fois de la soirée, elle essaie une nouvelle approche en venant se planter en face de moi et en posant ses mains sur mon ventre, sous ma veste.
« Il n'est pas trop tard, tu sais. » Susurre-t-elle en se dandinant. Je soupire, blasé, et lui attrape les mains en lui offrant un sourire désolé. Elle souffle, déçus.
« Tu ne veux vraiment pas que je sois payer toi, ce soir.
- Désolé. Je ne peux pas. »
Elle grogne mais se recule. Je crois qu'elle commence enfin à abdiquer.
Finalement l'animateur fait son entrée dans la pièce. Je l'observe faire le tour et payer chacun des hommes avec plus ou moins de générosité, parfois avec de l'argent, parfois avec de la drogue. Cependant alors que tout le monde commence à partir, il ne vient toujours pas vers moi. Je le regarde faire ses comptes et nous ignorer moi et Hinata comme si nous n'existions pas. Au bout d'un moment, il finit par daigner nous adresser un regard et d'un signe de tête, nous invite à le suivre. Nous lui emboîtons le pas dans le couloir jusqu'à arriver à la grande salle au milieu de laquelle trône la cage vide. Je jette un coup d'œil à la mezzanine : Seito et ses chiens de gardes sont toujours là. Nous les rejoignons en passant par l'escalier métallique. Je fronce les sourcils et grogne intérieurement : j'aurais préféré ne pas avoir à faire à lui directement. Arrivé devant lui, je me fais violence pour ne pas le dévisager avec un regard trop assassin. J'ai besoin de lui pour le moment.
« Naruto, approche. » M'ordonne-t-il de sa voix grasse. Je m'exécute avec difficulté, chaque cellule de mon corps m'ordonnant de partir dans le sens inverse. A l'intérieur de moi je sens Kurama se tendre également. Il sait se que j'ai vécu à cause de cet homme, et il a tout aussi envie de l'éventrer que moi. Lorsque je suis face à lui, il prend le temps d'allumer son cigare. J'attends comme un bon chien qu'il se décide à m'adresser la parole, mais il n'a pas l'air décidé. Il me crache la fumée se son cigare en pleine face tout en continuant à observer le moindre de mes fait et gestes. Moi je ne bronche pas, je reste droit et fier face à l'ordure avachie dans son fauteuil. J'aurais certainement moins de révulsion si j'étais en face d'un sac poubelle.
« Hinata. Viens, toi aussi. »
Elle s'exécute, la démarche droite et la tête haute. Elle se tient à mes côtés et je l'admire un peu d'arriver à rester aussi fier malgré son rôle et la façon dont tous ces hommes la traite. Psychologiquement, elle est certainement miles fois plus forte qu'eux tous réunis.
« Alors ? Elle était bonne ? » Me demande Seito avec un sourire écœurant. Il me donne l'impression de parler d'une pâtisserie et non d'une femme. Hinata ferme les yeux, prête à avouer son échec vis-à-vis de sa mission de ce soir, mais je la coupe et glisse un bras autour de sa taille. Kurama m'observe en relevant un sourcil, surpris.
« Parfaite. » Dis-je en me rapprochant de son visage et en la serrant un peu plus contre moi, un faux sourire pervers accroché au visage. Surprise, Hinata se tend une fraction de seconde, mais très vite elle se ressaisit et se tourne vers moi avec une expression aguicheuse. L'instant suivant elle se jette sur ma bouche et m'embrasse sans retenue en collant tous son corps au mien. Je ferme les yeux et lui rend son baisé, prêt à jouer la comédie jusqu'au bout en espérant que mon plan fonctionnera comme je l'espère.
Seito se met à rire et Hinata rompt le baiser pour l'observer. J'en fait de même et croise les doigts pour qu'il morde à l'hameçon.
« Si tu la veux, elle est pour toi. Je sais récompenser correctement mes meilleurs éléments, tu vois. »

Yes ! C'est gagné ! Je souris, fier de la réussite de mon plan. Hinata sera tranquilles pour quelques temps, ainsi. La jeune femme se penche un peu vers Seito en souriant et ce dernier glisse une grosse liasse de billets entre ses seins. Sans précipitation, elle se redresse pour venir se coller à moi de nouveau.
« Et que vas-t-elle devenir, quand tu disparaîtras ? » Me demande Kurama en comprenant enfin mon manège.
« Je ne sais pas encore, je n'ai pas réfléchi aussi loin. » Avouais-je sans complexe. « Mais tu peux commencer à y penser, si tu veux. » Dis-je en espérant qu'a deux, on arrive à trouver un plan. Kurama grogne mais abdique, et me laisse retourner dans le monde réel.
« Evidemment que je la veux, qui n'en voudrait pas ? » Dis-je à Seito tout en plongeant un regard envieux dans le décolté de la jeune femme que je tiens toujours contre moi et en glissant ma main sur ses fesses.
« Allé, prends-la. Tu n'as qu'a voir ça comme un cadeau de bienvenue.
- Et ma paye ? » Dis-je, n'oubliant pas que je suis d'ores et déjà sur la paille. Seito rigole à nouveau et claque des doigts. L'animateur vient alors vers moi et me tends ses deux mains. Dans la première, une énorme liasse de billets. Dans la seconde, plusieurs grammes de cocaïne. Je prends l'argent mais laisse la drogue, ça ne m'intéresse vraiment pas.
« Tu verras, on s'habitue vite au confort. Bientôt, tu n'auras plus du tout envie de me tuer. »
Je tords la bouche, la fratrie n'a pas perdue de temps pour l'avertir de mes aveux. J'aurais peut-être dû m'abstenir de les mettre au courant de mes intentions.
« Regarde-toi. Tu commence déjà à me manger dans la main. Et tu te permets même de faire la fine bouche. »
Je me concentre pour ne pas craquer fasse à ses provocations, je dois me contenir pour le moment.
« Je peux rentrer, maintenant ? » Dis-je d'une voix qui se voulait neutre, mais dont l'intonation reste malgré tout un peu piqué.
Seito sourit et baisse la tête en signe d'approbation. Sans attendre, je fais volte-face et entraine Hinata avec moi en direction des escaliers.
« Naruto. » Me rappel Seito avant que je commence à descendre en compagnie de la jolie brune et des deux frères qui me servent de garde du corps. Je m'immobilise et tourne légèrement la tête vers lui pour lui faire comprendre que je l'écoute, mais je n'ai aucune envie de lui faire face de nouveau.
« La prochaine fois que tu cherches à te rebeller contre moi, je te tue. »
Je grince des dents. C'est tellement facile de dire ça avec une meute de chien de garde et un revolver accroché à la ceinture. Si nous étions à Konoha, il serait déjà mort. A mes côtés, je sens Hinata m'observer avec curiosité et appréhension. Elle commence à se poser beaucoup de questions et elle a du mal à trouver les réponses par elle-même. Elle devine que l'histoire entre Seito et moi ne date pas d'hier, et je sais qu'elle se languis de pouvoir en apprendre plus. Je ne réponds pas à Seito et repend ma route accompagnée de mon escorte, pressé de mettre de la distance entre nous.

Un silence de plomb s'installe pendant tous le trajet. Dehors, il fait déjà bien jour. Je regarde la ville défiler sous mes yeux en lutant contre le sommeil qui m'attire dans ses bras. Arrivé devant la porte de l'appartement, j'arrive tout juste à garder les yeux ouverts.
« Soit prêt jeudi soir à 18h00. » M'indique le plus grand des deux frères.
« Hinata, on t'apportera tes affaires demain dans la journée. Tu restes avec lui jusqu'à nouvel ordre. » Enchaîne le second gorille.
Hinata lui répond par un mouvement de tête. Jeudi, c'est dans 3 jours. C'est bien, Je vais pouvoir récupérer parfaitement d'ici là. Les deux hommes s'en vont sans nous saluer et moi j'ouvre la porte que je tiens pour inviter Hinata à rentrer. Silencieuse et concentrée, elle m'observe avec réserve. Cependant en découvrant l'intérieur elle écarquille les yeux et laisse tomber son petit sac à main à même le sol. Deux façades entières sont complètement vitrées, le salon, la cuisine et la salle à manger baignent de lumière. Je crois qu'elle n'a jamais vue un logement aussi luxueux de toute sa vie.
« Il va vraiment falloir qu'on parle. » Lâche-t-elle d'une voix absente, le regard perdu sur la ville de Tokyo. Moi je baille à m'en décrocher la mâchoire et m'étire en prenant la direction de la chambre.
« Ouai, mais allons dormir d'abord, tu veux ? »

Je sens qu'elle me suit du regard alors que je me débarrasse de mes habiles poisseux que je laisse traîner par terre tout en prenant la direction du lit. Vêtu seulement de mon caleçon, je rentre dans la chambre et plonge sous les draps sans perdre de temps. J'entends Hinata me suivre timidement. Arrivée dans la chambre, elle reste immobiles quelques instants, puis fini par se décider et me rejoint dans le lit. Elle aussi doit certainement être épuisé. Qu'elle soit là ou pas ne change pas grand-chose dans ma tête, et je m'endors en quelques instants seulement malgré les volets ouverts et la lumière du jour.

J'ouvre les yeux.
Je suis allongé dans mon lit, le soleil est haut dans le ciel. Je me réveil bizarrement depuis que je suis revenue dans ce monde : d'un seul coup, de façon brutale. Ce n'est pas très agréable.
Je me redresse en me remémorant les derniers événements. Une odeur de ramens instantanés me confirme la présence de Hinata dans l'appartement. Soudain, une nausée violente me prend aux tripes : pas le temps pour plus de réflexion. Je pars en courant jusqu'au toilette pour vomir. Ces nausées à chaque réveil sont vraiment fatigantes, et je mets quelques secondes à me remettre de mes émotions. Assis par terre, appuyé sur la cuvette, je respire comme un phoque. J'imagine mon visage blanc et mes yeux cernés : je dois vraiment paraître pitoyable. Heureusement que ça finit par passer, sinon je n'aurais pas été bon à grand-chose en combat. Enfin du moins, je n'aurais pas été capable d'établir des scénarios palpitants pour satisfaire Seito et le public.
Alerté par le raffut, Hinata me rejoint dans la salle de bain. Elle tient un bol de ramens instantanée dans la main et me regarde en fronçant les sourcils.
« Ça va aller ? T'as mauvaise mine. » Commente-t-elle en prenant une bouchée de nouilles.
« J'ai le réveil difficile » Dis-je en me redressant et en me dirigeant vers l'évier pour me rincer le visage. « Tu peux me laisser, s'il te plaît ? Je vais me laver.
- Je te laisse trois minutes. Tu me dois des explications. » Dit-elle en partant et en refermant la porte. Je soupire et me frotte le visage. Vue mon état, je n'aurais pas dit non pour un bon bain afin de me remettre un peu d'aplomb.

Après m'être douché et rhabillé, je rejoins Hinata qui m'attend assise à table dans la salle à manger. Elle porte un t-shirt et un caleçon à moi qu'elle à du piquer pour pouvoir se changer après sa douche. Je n'ai pas beaucoup d'affaires et ça me dérange un peu mais je ne relève pas : certainement qu'elle aussi, aurait préféré pouvoir faire autrement. On fait l'un comme l'autre avec les moyens du bord.
Les bras croisés sur sa poitrine et ses pieds nus posé sur une seconde chaise, elle me fait signe de venir m'asseoir en face d'elle. Je m'exécute et tombe nez à nez avec un bol de ramens instantanés qu'elle m'a fait chauffer.
« Merci. » Lui dis-je en commençant à manger. Elle ne répond pas. Elle m'observe en silence quelques secondes puis se redresse et se penche en avant, les bras posés sur la table.
« C'est quand tu veux, l'artiste. » Me presse-t-elle.
« Qu'es que tu veux savoir ? » Lui dis-je entre deux bouchées.
« C'était quoi, ce cinéma devant Seito ? »
Je termine ma bouchée et avale avant de m'enfoncer dans ma chaise, pas particulièrement pressé de débuter les explications.
« Tu as passé la soirée à râler parce que t'allais pas être payé. Je ne voulais pas que tu te retrouves dans la merde à cause de moi.
- Ah. Par ce que tu crois que je ne suis pas dans la merde, maintenant que je suis séquestré ici ? »
- Tu peux partir si tu veux. » Dis-je en hochant les épaules. « Tu n'as qu'a attendre que les deux gorilles t'apportent tes affaires, après rien ne t'empêche de faire ta vie et de revenir jeudi soir avant qu'on vienne nous chercher. »
Hinata me regarde avec perplexité, les sourcils froncés. Elle saisit le bol vide qu'elle à fini de manger depuis longtemps et se met à jouer nerveusement avec, sans décrocher son regard blanc du mien.
« Tu sais ce qu'on risque, si Seito nous attrape ? »
Je rigole et me penche en arrière en passant mes mains derrière ma tête. Ça m'a fait du bien de manger un peu, je me sens mieux.
« Je connais Seito mieux que personne. Il ne me fait pas peur.
- Baka. On ne se bat pas contre un flingue, tu sais. »
L'expression de Hinata est sérieuse. Je sens au fond d'elle qu'elle s'inquiète. Je me penche en avant sur la table pour rétrécir la distance qui nous sépare.
« Quand on commence à avoir peur de quelqu'un, c'est à se moment là qu'on lui donne du pouvoir. Je ne laisserais pas Seito avoir le moindre pouvoir sur moi.
- Tu veux rire ? Tu es déjà un des ses toutous préféré, Naruto.
- Par ce que je le veux bien. Ça m'arrange, pour l'instant. Mais ce n'est que temporaire.
- Qui ça arrange, de se retrouver entraîner dans un merdier pareil ? Tu n'en ressortiras pas : Seito ne te laissera pas faire. »
Je souris. C'est vrai que pour le commun des mortels, ressortir de là c'est compliqué. Tout le monde ne peut pas changer d'univers comme bon lui semble. Moi-même, je ne sais pas encore comment je vais pouvoir faire avec si peu de chakra. D'ailleurs il faudrait peut-être que je me penche sur le sujet sérieusement.
« Qu'es qui s'est passé, entre toi et Seito ? Pourquoi est-ce que vous vous détestez tant ? »
Mon sourire se fane suite à sa question. Les images me viennent devant les yeux sans que je ne les commandes. Les souvenirs m'assaillent et je serre les mâchoires pour leur résister et trouver la force de les chasser.
« Je n'ai pas envie d'en parler. » Conclus-je en me levant.
Hinata me regarde faire sans broncher, je sens que son esprit est en ébullition. Elle essaie de rassembler les morceaux, de trouver les solutions par elle-même. Je ne doute pas qu'elle doit certainement déjà avoir réussi à trouver quelques réponses.
« Ou tu vas ? » Me demande-t-elle en me voyant rassembler mes affaires et enfiler mes chaussures.
« J'ai quelques courses à faire. Je reviens vite.
- Profite en pour ramener autre chose à manger que tes merdes pré-préparé. Si je continue à me nourrir avec ça, je vais finir par faire une indigestion. »
Je souris, amusé par sa réflexion et lui lance un regard mutin en relevant un sourcil.
« J'en déduis donc que tu comptes rester ? »
Hinata grogne et détourne le regard en croisant ses bras.
« J'y réfléchis encore. » Lâche-t-elle par fierté.
Je rigole, amusé, puis la salue par un mouvement de main avant de sortir.

Seito m'a donné largement assez d'argent pour que je puisse m'acheter un petit PC portable et pour que je puisse subvenir à mes besoins pendant plusieurs semaines. Je pense même que j'aurais de quoi me prendre un abonnement à une salle de sport. Ce n'est pas une nuit de combat tous les 3 jours qui va suffire pour que je garde la forme, et il est hors de question que je me laisse aller.
Au magasin, je repense également à se que m'a demandé Hinata. Je soupire et commence à sillonner les rayons avec désespoir. Je regarde autour de moi avec dépit, je n'ai aucune idée de se que je pourrais bien acheter. Au rayon primeur, mon regard se pose sur un tas de tomates et je m'en approche presque par automatisme. J'en prends une dans la main et l'inspecte, le sourire aux lèvres. Sasuke adorait les tomates, il pouvait les manger comme ça, sans rien de particulier avec. Je pousse un petit rire : moi aussi, j'ai envie de tomate. Serait-ce le souvenir qu'il m'a laissé dans les entrailles qui commence déjà à me dicter ses envies ? Amusé à cette idée, je repars avec un sachet de tomates. Par principe, je prends aussi quelques autres légumes plus ou moins au hasard, un peu de riz, des yaourt et des briques de lait. Avec ça, Hinata devrait être à peu prêt satisfaite.

Je rentre chez moi sans détours et découvres en ouvrant la porte deux grosses valises ouvertes au milieu du salon. Hinata est allongée dans le canapé, elle regarde la télé sans entrain. En me voyant arrivé, elle se redresse et éteint le téléviseur sans remords.
Elle s'est changée, elle porte à présent un pantalon en jean et un débardeur à sa taille. Elle n'a plus du tout la même allure que hier soir : impossible de deviner en la voyant comme ça, du haut de sa vingtaine, qu'elle pratique le plus vieux métier du monde
« Tu en as mis, du temps. »
Je rigole et secoue la tête de droite à gauche.
« Tu as toujours le mot pour être agréable, à ce que je vois. »
Elle me rejoint en silence et m'escorte jusqu'à la cuisine pour m'aider à ranger les courses. Tout en mettant les légumes au frigo, je me garde une tomate que je rince rapidement avant de croquer dedans en m'appuyant sur le plan de travail. C'est tellement bon que je ferme les yeux pour savourer et laisse échapper un soupir de plaisir. Pas de doute possible, pour que je m'extasie comme ça pour une tomate, c'est vraiment que le petit être à l'intérieur de moi commence à avoir de plus en plus d'impacte sur mes goûts et mes désirs.
J'avale ma bouchée et rouvre les yeux. Je tombe sur Hinata qui me regarde bizarrement, un sourcil relevé.
« Toujours aussi bizarre. » Dit-elle avant de poursuivre son rangement. Je souris, amusé, et fini de manger ma tomate avant de récupérer mon nouveau PC et d'aller m'installer sur le canapé. Hinata me rejoint et m'observe déballer mon nouveau jouet.
« Il est un peu pourrit, ce PC. Il va rapidement ramer à mort. » Commente-t-elle en regardant la boite.
« Ça suffira pour ce que j'ai à faire. » Dis-je en l'allumant. Je m'occupe des branchements, de placer la batterie, de chercher le code du wifi sous la boxe. Kurama observe tout ça avec admiration.
« Et toi alors ? Tu ne m'as pas beaucoup parlé de toi. Si on habite ensemble, ça serait bien de se connaitre un peu mieux, tu ne crois pas ? » Dis-je à Hinata pendant que le PC se met à jour.
De son côté, elle a pris l'initiative de rallumer la télévision. Elle me regarde avec étonnement, surprise par mon questionnement.
« Il n'y a rien de particulier à savoir. Je vivais dans un petit appartement proche du club que je louais à Seito jusqu'à aujourd'hui. Mes parents vivent loin d'ici, à la campagne. Oh oui j'ai oublié ! Je suis une pute qui bosse dans un club de combat clandestin, mais ça, tu le sais déjà je crois. »
Je souris. Cette fille me fait rire : elle ne ratte jamais une occasion d'être piquante. C'est un véritable cactus !
« A toi maintenant.
- Il n'y a pas grand-chose à savoir sur moi non plus. Je suis orphelin, j'ai grandi près du club et j'y suis rentrée très jeune. Je ne sais plus quel âge j'avais, mais j'était beaucoup trop petit pour baigner là-dedans. Enfin bref, je me suis barré lorsque j'avais 16 ans, j'ai changé de pays on va dire. Et là, je viens de rentrer.
- Et du coup tu es gay ou pas ? »
Je soupire et lui jette un regard désespéré.
« Non je ne suis pas gay. J'ai déjà quelqu'un dans ma vie, c'est tout.
- Oui mais c'est un homme ou une femme ?
- Tu es lourde, Hinata. » Dis-je en grognant. « De toute façon c'est du passé, tout ça n'a plus d'importance. »

Je me lève du canapé avec l'intention de clore la conversation et d'aller chercher un verre d'eau. Cependant Hinata me suis, bien déterminée à en savoir plus.
« Quoi ? Et c'est tout ? Non mais tu ne peux pas me laisser sur ça. C'est quoi le problème, tu n'as pas pu la ramener avec toi ici ? Ou c'est toi qui n'as pas pu rester là-bas ? Laisse-moi deviner : Tu as eu un problème de visa, tu t'es fait expulser, c'est ça ? Et tu étais dans quel pays au fait ?
- Je te trouve bien curieuse, tout à coup. Je n'ai pas l'impression d'avoir était si intrusif. » Dis-je avant de boire mon verre d'eau.
« Je suis une femme : je ne résiste pas à une histoire d'amour tragique. » Répond-elle avec ironie.
Je secoue la tête et retourne prendre le PC pour m'installer sur la table à manger.
« J'ai des recherches à faire, laisse-moi travailler un moment, tu veux bien ? »
Elle grogne mais abdique et me laisse tranquille. Je sais que je dois me renseigner sur les gosses, mais je reste figé devant le clavier : je ne sais pas quoi taper dans le moteur de recherche.
« Commence par le mot « grossesse » peut-être.
- Oui, tu as raison Kurama : on va commencer par la base. » Je m'exécute et essaie de sélectionner les pages qui me semble les plus intéressantes. Bien vite, je me retrouve noyer sous un flot d'informations destinés aux futures mamans : cependant, la moitié de ce que je lis ne me concerne pas. Ça parle d'utérus, de trompes, de nidification… C'est très intéressant certes, mais ça ne m'aide pas beaucoup. Même une info qui me dit que c'est le spermatozoïde du père qui détermine le sexe de l'enfant ne m'aide pas ! Ça voudrait dire quoi ? Qu'étant donné que moi aussi je suis un homme, j'ai pu donner soit un chromosome X soit un chromosome Y ? Donc si je donne la moitié d'un chromosome Y et que Sasuke aussi, le bébé sera un double garçon ? C'est sans queue ni tête. Je souffle, de plus en plus pessimiste sur mes chances d'apprendre des choses qui pourront vraiment me servir.
« Allez gamin ne désespère pas. A force de lire des choses, tu vas peut-être réussir à trouver des liens avec toi.
- Merci, Kurama. Allez, c'est repartie : essayons une nouvelle recherche.
- Ça fait presque 7 semaines que le petit c'est installé ici, essaye de taper ça. »
Je tente, et tape dans la barre de recherche « gestation 7 semaine ». Les résultats sont un peu plus probants, et je récolte quelques infos intéressantes comme la taille de mon bébé qui doit faire à peu près celle d'un haricot rouge. Je découvre aussi que je subie la totalité des symptômes du « premier trimestre ». Heureusement d'après ce qu'ils disent sur internet, ça devrait disparaître assez rapidement dans les semaines à venir. Je lis aussi un programme d'activités sportive à pratiquer. Il est fortement déconseillé d'éviter les coups de chaud, de fatigue, les sports de contact… Bref : tout ce grâce à quoi je peux survivre à l'heure actuelle. Bon, je ne pense pas que je sois autant exposé qu'une femme classique étant donné que moi, mon enfant est scellé à l'intérieur de moi aux côtés de Kurama. Je me suis déjà pris de nombre de coups, même dans le ventre, et mon bijuu ne s'en est jamais plein. Il est aussi préférable d'éviter les « émotions fortes. » Je site « la mère doit de préférence évoluer dans un milieu calme, être bien entouré, ne pas être stressée. Le stress et les contrariétés produisent des substances toxiques dans l'organismes qui sont nocives pour le bébé. » Au et pour finir aussi, l'alimentation est primordiale. Se nourrir avec des ingrédients frais et de qualité, ne rien manger crue, fuir les plats préparés.
Bon. Je fais juste tout ce qu'il ne faut pas. Cet enfant n'a vraiment pas de chance… Kurama rigole, amuser par mes constatations dramatiques.
« Allez gamin, on va remettre les choses en ordre, ok ? Ne t'en fais pas trop, va.
- J'espère. S'il devait lui arriver quelque chose, je crois que je ne m'en remettrais pas… » Avouais-je en posant une main sur mon estomac.
Je continue ainsi mes recherches pendant plusieurs heures. Le soir venue, Hinata se prépare à dîner en silence. Elle ne m'adresse pas la parole, mais lorsque plusieurs heures plus tard je me décide à manger à mon tour, je constate qu'elle m'a aussi préparé une assiette. Je souris et repars la manger devant l'ordinateur. Hinata fini par aller se coucher, et en constatant l'heure tardive, je décide d'en faire de même. Le lit est largement assez grand pour que nous puissions dormir confortablement sans se déranger l'un l'autre. On se souhaite tout de même une bonne nuit par politesse, puis nous nous endormons rapidement.

Le lendemain, le réveil se fait aussi brusquement que la veille. Chaque matin, je crois que je vais mourir pendant au moins une bonne heure avant que mon organisme commence à se remettre. Comme prévus, je pars à la recherche d'une salle de sport ou m'inscrire. Hinata aussi est sortie je ne sais pas trop où : je lui ai confié le double des clefs pour qu'elle puisse faire sa vie.

Entre mes recherches et la reprise du sport, le temps s'écoule vite jusqu'au jeudi soir. Avec Hinata, on se croise et on cohabite sans aucune altercation. Les choses se mettent doucement en place.
Comme la dernière fois, les frères gorilles viennent nous chercher. Hinata à revêtue sa tenue de travail et se cache derrière un long manteau pour rester discrète jusqu'à la voiture. Le trajet se fait en silence jusqu'au club.
Sur place, les choses se déroulent bien. Ma coordination avec Kurama est parfaite et il apprend de mieux en mieux à faire durer le plaisir. Hinata joue la poule de luxe à merveille : elle ne me lâche pas d'une semelle et me grimpe dessus régulièrement. Pour ne pas nous faire remarquer, Je réponds à ses avances et l'embrasse en la caressant alors que nous sommes au milieu du chenil afin qu'il y ait des témoins. Elle s'occupe de moi à chaque fois que je reviens, et même si je sais qu'on joue la comédie pour ce qui est de notre relation, je sais aussi qu'elle ne joue pas lorsqu'elle va me chercher de l'eau ou qu'elle m'attend avec une serviette propre. Je la remercie du regard et lui offre un sourire sincère à chaque fois, au quel elle fini par répondre.
Après la nuit, l'animateur vient nous payer comme tous les autres. Je n'aurais pas à parler à Seito ce soir, à mon plus grand plaisir.
Nous rentrons à l'appartement et nous avons que quelques heures pour nous remettre avant de repartir : cette semaine, j'enchaîne le jeudi, le vendredi et le samedi. Dimanche matin en rentrant, je me sens épuisé. Il va me falloir un peu de temps pour prendre le rythme. Ça me rassure cependant de voir que Hinata est tout aussi crevé que moi.

Les jours passent et se ressemble. Avec Hinata, on se rapproche à force de se côtoyer. Ça fait bientôt 15 jours que je suis revenue dans ce monde, et mes souvenirs de Konoha commence déjà à s'effacer. Est-ce mon cerveau qui cherche à tout prix à cicatriser ou est-ce dû à un phénomène physique ? Je ne sais pas, mais plus le temps passe plus je me demande si j'ai vraiment vécu tout ça ou si je l'ai lue dans un manga. Heureusement, Kurama est là pour me secouer les puces et me remettre sur le droit chemin quand je m'égare.
« Naruto, tu viens ? On va être en retard. »
Je crache mon dentifrice dans l'évier et me rince la bouche rapidement.
« Oui j'arrive. » Dis-je en m'essuyant dans une serviette.
Je me dépêche de rejoindre Hinata dans l'entrée et enfile mes chaussures. Elle me regarde faire sans broncher, elle m'attend patiemment.
« C'est bon, on peut y aller. » Dis-je en prenant les clefs. Hinata me sourie et se glisse devant moi pour passer dans le couloir. Moi je referme derrière nous et la rejoint devant l'ascenseur. Ce soir, c'est le dernier soir de repos avant d'enchaîner un gros week-end : On va devoir bosser quatre nuits d'affilé. On a décidé d'aller manger dehors pour se donner un peu de courage.
« Tu veux manger quoi ? » Demandais-je à la jolie brune en montant dans l'ascenseur et en appuyant sur le bouton du rez de chaussée.
« Ca te dirait, des sushis ? »
Je tords la bouche : Je n'ai pas le droit de manger des sushis. Je ne sais pas si ça peut vraiment faire du mal au petit ou pas, mais dans le doute, je m'étais dit que je n'en mangerais pas. Hinata comprend bien à mon expression que ça ne me convient pas et elle rigole de bon cœur.
« D'accord, pas de sushis. » Conclut-elle, le sourire aux lèvres. Je le lui rends, et ont fini par décider d'aller se promener dans la rue jusqu'à trouver un endroit accueillant.

On sillonne les rues du centre-ville pendant plusieurs minutes. Hinata est habillé d'une robe noire avec une veste marron et une paire d'escarpin beige. Je suis à chaque fois bluffer de la facilité avec laquelle elle peut passer d'un style à l'autre. Elle me tient par le bras et nous profitons de la brise fraîche automnal en avancement d'un pas lent. L'hiver ne devrait plus beaucoup tarder, je peux déjà sentir l'odeur du gel arriver. Nous marchons jusqu'à ce qu'on tombe sur un petit restaurant traditionnel à la façade attrayante. On se regarde en souriant, ça sera parfait. Je m'avance et lui tiens la porte pour qu'elle rentre. Elle me remercie en passant devant moi et mes lèvres s'étirent encore. Ça me perturbe un peu, car je sens une douce chaleur dans ma poitrine. Quelque chose de mielleux et de réconfortant. On dirait l'ombre des sentiments que j'éprouvais quand j'étais à ses côtés. J'avale ma salive en essayant de chasser mes réflexions : je ne dois pas penser à lui. A chaque fois, je termine en PLS et je me morfonds pendant des heures, et sur internet, je me souviens qu'ils disaient que quand la mère se sent mal elle envoie du poison à son bébé. Hors de question que j'empoisonne mon gosse parce que je suis émotionnellement trop instable.
Rapidement, une femme vient nous accueillir en souriant. On la suit jusqu'à une table au fond de la pièce. L'ambiance et à la fois chaleureuse et intime, l'éclairage n'est ni trop fort ni pas assez : c'est juste parfait. Nous nous asseyons et commençons à feuilleté la carte. Je tords la bouche : rien ne m'inspire ce soir. J'aurais été à la maison, j'aurais mangé deux tomates avant d'aller au lit. Peu convaincus, je me rabats sur le plat du jour : du poisson à la plancha. Hinata choisis également et nous rendons les cartes à la serveuse qui nous remercie.
« Merci » nous dit-elle. « Vous voulez boire quelque chose ? » Propose-t-elle avant de repartir.
« Je vais prendre un cocktail newmoon. Et toi tu veux quelque chose Naruto ?
- Si vous avez quelque chose de bon sans alcool je veux bien, merci. »
La serveuse s'incline et repart. Très vite, elle nous ramène nos boissons puis retourne s'occuper des autres clients.
« Bon, et bien, santé ! » Dis-je en levant mon verre.
« On trinque à quoi ? » Me demande Hinata en m'imitant. Je lui réponds en hochant les épaules, se qui la fait rire : je crois qu'elle n'est pas beaucoup plus inspirée que moi.
« On à qu'a trinquer à nous, alors. » Propose t'elle
« Ca me va très bien. » Dis-je en souriant.
On trinque donc à nous et buvant une première gorgée chacun. Je fronce les sourcils quand le liquide glisse dans ma bouche, il y a de l'alcool dedans.
« Mince, je crois que la serveuse c'est trompé. » Dis-je en reposant mon verre.
« Je pense aussi, tien prend celui-là : il est sans alcool. »
Nous échangeons nos verres et constatons qu'en effet, on avait inversé les verres.

« Tu ne fume pas, tu ne bois pas, tu ne te drogue pas… Tu cherches à devenir immortel ? » Me taquine Hinata en souriant. Je laisse échapper un petit rire amusé puis lui répond.
« Tu te doute bien que non. Je refuse juste d'être dépendant à quoi que ce soit.
- Être dépendant de quelque chose te fais vraiment si peur que ça ? » Me demande-t-elle en se penchant en avant. Son regard est doux et sérieux à la fois : elle ne se moque pas. Nous rentrons dans une phase de confidence et elle me fait comprendre à son attitude que je peux lui parler sans craintes et qu'elle ne me jugera pas.
« C'est juste que, je sais ce que ça fait. Et quand on se retrouve privé, ça fait vraiment trop mal. » Je serre les poings sous la table. Evidemment je ne parles ni de drogue, ni de clopes, ni d'alcool. Je parle de Sasuke. La douleur est tellement vive dès que je parle de lui, dès que je pense à lui. Me faire transpercer par un Kunaï à côté de ça, ce n'est rien du tout. Puis les douleurs physiques, ça passe tellement vite. Au final ce n'est pas grand-chose, c'est insignifiant même. La véritable souffrance, ce n'est pas ça. Cette sensation toujours si violente d'être déchiré en deux à l'intérieur me rend dingue. C'est comme si je n'étais que la moitié de moi-même.
Je suis ramené à la réalisé par la main de Hinata qui vient attraper la mienne sous la table : ce contact me réveil et je réalise que je tremble. Hinata m'envoie un regard rassurant et plein d'empathie. Comme ça, elle ressemble encore plus à la Hinata que je connais.
« Ça va aller, tu verras. Fait confiance au temps qui passe : il sait guérir toutes sortes de blessures. »
Je lui sourit, j'aimerais qu'elle ait raison. Elle se redresse et repend quelques gorgées de sa boisson : je l'imite et clos le sujet précédent en partant sur autre chose.

« Tu m'as dit que tes parents habitent à la campagne : qu'es qui t'as donné envie de venir vivre en ville ?
- Je n'étais pas faite pour être une fille de ferme. J'ai besoin de péripéties dans ma vie. Je pensais trouver en ville, de quoi occupé mon cerveau trop gourmand et qui demande toujours plus. Surtout, pour rien au monde je voulais suivre mes parents et travailler dans l'exploitation, à me casser les reins toute ma vie pour vivre comme une misérable. Je crois que même en faisant se que je fais aujourd'hui, je suis moins malheureuse que si j'étais restée là-bas. » Me confit-elle en regardant par la fenêtre.
Je l'admirais déjà pour beaucoup de chose, pour sa fierté, pour son humanité. Aujourd'hui, je peux rajouter son courage et sa détermination à la liste. Elle n'a pas peur de prendre des chemins difficiles : elle va vers son objectif et rien ne peux l'en décourager. Pour toutes ces choses, je trouve vraiment qu'elle est remarquable.
« J'aimerais faire le tour du monde un jour, tu sais. Je veux apprendre, je veux découvrir comment ça se passe ailleurs. Mais avant, je veux d'abord aider mes parents à sortir de leur gouffre financier. Quand ils iront mieux, je pourrais enfin économiser un peu d'argent pour pouvoir partir.
- Et je sais que tu le feras, Hinata. Tu es une personne épatante, je sais que tu iras au bout de tes rêves. » Lui dis-je avec toute la sincérité du monde. Elle réagit en rougissant un peu et en baissant la tête. C'est la première fois que je vois cette Hinata là rougir, et je me sens envahis par un hélant de nostalgie.

La serveuse nous emmène nos plats et nous commençons à manger avec appétit. Même moi je donne de bon coup de fourchette : c'est vraiment très bon au final.
« Dans quel pays tu es parti, pendant toutes ces années ? » Me demande Hinata entre deux bouchées. Moi, je fais chauffer mon cerveau pendant que je termine de mâcher. Il n'y a aucun pays que je connais mieux qu'un autre, il faudra que je trouve une parade si la conversation devient trop compliquée.
« En France, je suis parti en France. » Mentis-je. Hinita acquiesce, elle ne semble pas décidée à me poser d'autres questions là-dessus à mon grand soulagement.
« Comment elle s'appelle ? »
Je la regarde en haussant un sourcil, je ne comprends pas sa question. Elle me sourit puis baisse la tête avant de poursuivre.
« Ne m'en veut pas, mais mon ordinateur n'avait plus de batterie hier soir et j'ai voulue emprunter le tien pour faire une recherche rapidement. La page du navigateur était ouverte et j'ai vue se qui t'occupe pendant autant d'heure quand tu es à la maison. Je sais que tu vas devenir papa. »
Je me fige.

Alors là, là on est passé sur un terrain encore plus glissant que le précédent. Je n'imagine même pas l'ampleur des mensonges que je vais devoir sortir pour me tirer de là. Il faut que je reste attentif, je n'ai pas le droit de faire de gaffes, même si c'est ma spécialité. Je dois faire des réponses courtes et éviter de m'enfoncer trop profondément.
« Ce n'est pas grave, je ne t'en veux pas.
- Merci. »
Je ne rajoute rien, espérant, priant pour que la conversation n'aille pas plus loin.
« Tu sais déjà si ça sera une fille ou un garçon ? »
Même si je sais que je ne devrais pas parler de ça et la couper immédiatement en lui demandant de changer de sujet, c'est plus fort que moi : je souris. C'est dangereux mais c'est un sujet qui me rend tellement heureux que j'ai envie de partager avec elle. Je lui réponds en mimant un signe négatif de la tête.
« C'est encore trop tôt. Puis je ne sais pas si je veux vraiment le savoir…
- Tu préfères garder la surprise ?
- Oui. C'est plus naturel, je trouve. »

Kurama rigole à l'intérieur de moi en entendant la conversation en cours.
« Baka, dit plutôt que tu n'as pas le choix surtout ! » Se moque le démon renard.
« Tu ne sais pas, peut-être que Tsunade pourrait trouver un moyen de savoir ! » Lui dis-je.
« Oui, mais pour ça, il nous faudrait Tsunade... » Conclut-il. Je dois bien admettre qu'il n'a pas tords. Je lève les yeux au ciel en soupirant avant de retourner avec Hinata.

« Tu as déjà réfléchis à des prénoms qui te plaisent ? » Me demande la jolie brune, visiblement tout aussi passionnée que moi par le sujet.
« Non pas encore. Mon père s'appelait Minato. Si c'est un garçon, j'aimerais bien que son nom finisse en « To », ça ferait comme une ligne entre nous.
- C'est une bonne idée, mais je te déconseille quand même de l'appeler Seito. Il parait que ce nom donne des prédispositions à l'obésité. »
Nous rions ensemble à sa blague très habilement placé, et même Kurama relève les babines dans un rictus amusé.
« Non ne t'en fait pas, ça ne sera certainement pas Seito.
- Toi, tu as trouvé un nom qui te plait ! » Devine-t-elle en lisant l'expression rayonnante de mon visage. J'hoche la tête et lui révèle le prénom en question. Kurama ne peux s'empêcher de lever les yeux au ciel en l'entendant, alors que Hinata me conforte en me disant qu'elle trouve ça très jolie.