« Hebiko, s'il te plaît, explique-moi ce qui se passe. »

A Konoha, ça fait déjà près de deux mois que Naruto à disparue. Et depuis, Sasuke semble être rentrée dans une espèce de dépression profonde dont il n'arrive pas à sortir. Il ne parle plus à personne, on ne le voit jamais. Depuis la rentrée, il jongle entre les cours et sa maison sans jamais faire le moindre détour. Depuis le soir ou il a fondue en larme dans les bras de Sakura : il s'est transformé en zombi. Il n'exprime plus la moindre émotion, quoi qu'il puisse se passer sous ses yeux. C'est encore pire que le Sasuke d'avant. Il s'est muré derrière une barrière infranchissable, il s'est caché au fin fond de sa grotte et l'a barricadé si bien qu'il n'entend même plus quand quelqu'un essaie de rentrer dedans pour venir le chercher. Quelques jours après, c'est Hebiko qui s'est mis à avoir une attitude bizarre. Parfois elle fuit Sasuke comme la peste, et le jour suivant elle essaie de rentrer en communication avec lui et de se rapprocher. Souvent, elle fond en larme sans raison évidente, disparaît, et revient plusieurs minutes plus tard avec les yeux rouges. Sakura, qui cherche désespérément à comprendre qu'es que Sasuke a fait qui aurait pu faire fuir Naruto de ce monde, à bien noté le comportement étrange de la fille du serpent et essaie depuis plusieurs semaines de l'intégrer à son groupe d'amis pour réussir à en savoir plus. Aujourd'hui, alors qu'ils étaient tous à table entrain de déjeuner, Hebiko a osé demander le sel à Sasuke. Les autres n'ont pas dû y faire attention, mais elle elle l'a vue : ce regard qui lui a lancer. Ce n'était pas un regard vide comme il aborde le plus souvent. C'était un regard rempli de dégoût. L'idée qu'il doit l'épouser le dégoutte au point qu'il n'arrive même pas à refouler ce sentiment comme il refoule tous les autres. Ce n'est pourtant pas sa faute. Que lui reproche-t-il exactement ? D'exister ? Lui au moins, on lui a laissé le choix. Choix qu'elle n'a pas eu. Au bord des larmes, elle est partie en courant se réfugier dans la forêt environnante. Sautant sur l'occasion, Sakura lui a emboîté le pas. Juste après elle, Shikamaru a suivit et a embarqué Kiba avec lui : les deux hommes étant également très investi dans toute cette histoire.
Après l'avoir rattrapé, Sakura a pris Hebiko dans ses bras et l'a réconforté pendant de longues minutes. Maintenant qu'elle commence à sécher ses larmes, elle fait face au trio qui, elle le devine, attendent tous des réponses. Assis par terre tout comme elle, ils la fixe avec espoir.

« Je suis désolée, je n'ai rien le droit de vous dire.
- Hebiko. »
Sakura saisit sa main entre les siennes et lui offre un regard rempli de soutien.
« Je t'en pris Hebiko, on a besoin de savoir. Je te promets que nous diront rien, personne ne sera au courant.
- Naruto était notre ami, on à le droit de savoir ce qui s'est passé exactement. » Intervient Kiba avec des yeux implorant de chien battu.
« Hebiko, on veut t'aider, toi aussi. On est tes amis, et les amis c'est fait pour ça, tu ne crois pas ? » Conclut Shikamaru.

Hebiko regarde les trois ninjas qui lui font face en réfléchissant. Ce n'est pas pour rien que se sont eux qui sont venue à sa rencontre. Ils doivent savoir eux aussi, pour Sasuke et Naruto. De toute façon si une chose est sûre, c'est que Sakura est au courant. Si elle les a laissé l'accompagner, c'est qu'il n'y a pas de risque. Elle pèse le pour et le contre : désobéir à son père ça, elle l'a déjà fait. Elle réfléchit aux conséquences que ses révélations pourraient avoir. Finalement, elle prend une grande inspiration pour reprendre un peu de contenance et relève la tête, prête à parler.

« Il y a environ deux mois, mon père est allé trouver Sasuke pour passer un marché qu'il ne pouvait pas refuser. Il lui a proposé de ramener ses parents à la vie temporairement à l'aide d'une technique interdite, afin qu'il puisse enfin obtenir des réponses aux questions qu'il se pose sur eux depuis tant d'années. »
Le trio se fige et se dévisage. Personne ne sait exactement le pourquoi du comment de la révolte du clan Uchiwa, rien de tout ça ne leur a été appris à l'académie. C'est un des mystères les mieux gardé du village. De plus si Sasuke a un point faible, c'est bien les rares personnes qu'il porte dans son cœur. Sakura a pu le constater d'elle-même quand Naruto est partie : jamais elle n'aurait crue voir Sasuke dans un tel état un jour. Le début de ces révélations commence mal, et tous devine plus ou moins la suite.
« En échange de cette résurrection, mon père à demander à Sasuke de m'épouser. Et il a dit oui.
- Oh le con ! » Ne peut s'empêcher de cracher Kiba. Shikamaru aussi peste dans sa barbe alors que Sakura soupire.

Il le savait, Kiba. Il le lui avait même dit. Il s'en souvient comme si c'était hier de se jour ou Akamaru a eu son accident et qu'il a appris pour la combinaison qui c'était formé entre les deux ninjas. Il se souvient des mots qu'il a dit à l'Uchiwa. Il avait tellement raison. Si Sasuke a bien un talent, c'est celui de prendre les mauvaises décisions. Il a toujours fait ça, de partir à droite quand il faut aller à gauche, et vice-versa. Grace à Naruto, il commençait à s'arranger, mais il c'est quand même débrouiller pour blesser le seul ninja qui l'aimait au point de se battre crocs et griffes pour l'entraîner sur le droit chemin.
Shikamaru quant à lui, fronce les sourcils. Quelque chose cloche. Pourquoi Naruto ne s'est pas battu ? Oui, le coup a dû être très rude à encaisser. Mais de là à fuir ? Peut-être que le Nara surestime les capacités émotionnelles de Naruto. Après tout, lui-même n'imagine pas la folie qui l'aurait pris aux tripes face à pareille nouvelle. Mais Naruto, il est différent : il sait encaisser ce que personne d'autre ne pourrait supporter. Il l'a déjà prouvé. Ça aussi, il aurait dû l'encaisser. Même si pour le moment le Nara n'a pas encore suffisamment de preuves pour en parler, il en est convaincu à 99% : il s'est passé autre chose, ce jour-là. Et il est bien décidé à mettre le doigt sur la cerise sur le gâteau qui a fait déborder le vase de la coupe trop pleine de Naruto.

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Je me réveil brusquement et me redresse, le souffle court.
Je suis en sueur et je tremble, ma respiration est saccadée et des flashs de mes rêves m'assaillent : j'ai même du mal à savoir ou je suis, si ce que j'ai vécu est réels, si ce sont des souvenirs ou des rêves. Devant mes yeux les images défilent et n'ont aucun sens : on se bat, on se hurle dessus, on rigole, on se regarde dans le blanc des yeux, on se bat encore puis on s'embrasse crocs et griffes dehors : on se ravage réciproquement en faisant l'amour comme des sauvages. Déconcerté, je tourne mon visage vers la baie vitrée : c'est la pleine lune. Ça ne doit pas m'aider.
« Naruto ? »
Je tourne la tête dans l'autre sens et tombe dans les yeux pâles de Hinata qui me fixe avec stupeur. Je veux lui offrir un sourire réconfortant pour la rassurer mais je n'y arrive pas. Des flammes dansent encore devant mes pupilles. Mes muscles bandés sont tétanisés et je n'arrive pas à redescendre : les images défilent toujours et me maintiennent de force dans un état second. Je ne sais pas ce que Hinata lit en moi, je ne sais pas ce qu'elle pense, mais elle finit par se jeter sur moi et m'embrasse à pleine bouche en glissant ses mains sur mon torse nu. Les nerfs à vif, je ne peux retenir une exclamation satisfaite lorsque sa peau rencontre la mienne, mais dans une éclaire de lucidité je décolle nos bouches et essaie de la mettre en garde. Je n'ai pas envie de lui faire du mal, et je sais ce qui peut se passer lorsque comme ce soir, je me contrôle à peine.
« Hinata, tu ne devrais pas faire ça. » Dis-je avec difficulté pour la mettre en garde.
« Tais-toi, baka. Dis-toi que je suis là pour ça. »

Je sais que je ne devrais pas, je sais que c'est mal, je sais que ça ne m'aidera pas : mais je craque et accepte son offre.
Nos bouches se retrouves, les caresses repartent. J'ai le cerveau vide, je n'arrive plus à penser normalement : j'agis à l'instinct. En quelques secondes, je la débarrasse de son short et de son t-shirt en les déchirants à moitié. Sans savoir comment je me retrouve nu également, allongé sur elle. Je la caresse, l'embrasse, lui lèche la peau du coup en faisant preuve de tout le peu de lucidité qu'il me reste pour ne pas la mordre. Mais au lieu de me soulager, tout ce que je fais, tout ce qu'elle me fait, ne fait que me frustrer.

Sa peau est trop douce, son corps est trop souple, son odeur trop parfumée, son attitude trop passive, ses exclamations trop aigus. Même lorsque je la pénètre, je ne retrouve pas la satisfaction que je recherche.
C'est alors que tout part en vrille.
Frustré, aveuglé, possédé : je perds le peu de connexion avec le monde réel que j'avais réussi à conserver jusqu'à présent. Mes yeux ne me montrent plus que son corps et son visage, mes oreilles n'entende plus rien mis à part des mugissements de plaisir et ses râles d'extase imaginaires. Je ne sens plus qu'une odeur musquée et alcaline qui n'a rien à faire là.
C'est donc sans aucune conscience de ce que je fais que je retourne Hinata avec violence sur le matelas et l'immobilise. Elle m'interpelle, m'interroge, me demande de me calmer, mais je ne l'entends pas. C'est avec toute la violence dont je suis capable que je change d'orifice et la pénètre. Elle hurle de douleur mais mes oreilles restent hermétiques. Je la tiens par les hanches avec trop de force, pilonne en elle avec trop de puissance.
Je Jouis dans un râle rauque. Un frisson violent me parcourt l'échine. Ce n'est que lorsqu'il prend fin que je reprends connaissance.
Je me sens très bizarre, je ne me rappel de presque rien. Tous mes souvenirs sont flous et désorganisés. Je secoue la tête en regardant sous moi. Je tombe sur le visage d'Hinata, éclairé par les premiers rayons de soleils.
Elle est en larme, le visage déformé par une grimace de douleur. Les bras ramenés contre elle, elle semble ne plus pouvoir bouger. Je réalise alors que je la bloque toujours. Je prends peur en réalisant ce que j'ai fait et me lève d'un bon pour la délivrer.

« Hinata, je… »
Elle ne me laisse pas parler, se lèves et pars avec précipitation dans la salle de bain en enroulant son corps coloré d'hématomes du drap souillé de sang. Je prends mon visage dans mes mains et ferme les yeux, je n'arrive pas à croire que j'ai pu lui faire ça. En baissant les yeux, je constate que moi aussi j'ai du sang sur l'entre-jambe et le haut des cuisses. Toujours à moitié amnésique, je ne me rappel pas de ce que j'ai fait, mais je crois que je ne me le pardonnerais jamais.
J'enfile un caleçon et je vais frapper à la porte de la salle de bain dans laquelle elle s'est enfermée. Elle ne me répond pas mais je peux l'entendre pleurer et renifler. Je ferme les yeux et serre les mâchoires en posant mon front sur la porte : je suis tellement en colère contre moi que je pense que je sans Kurama et le petit je pourrais me tuer.
« Hinata, je suis tellement désolé. Je sais que ça ne change rien, je t'ai fait du mal et je m'en veux terriblement pour ça. Je crois que je ne mérite même pas de te demander pardon. Je sais que c'est incompréhensible, mais ce soir, ce n'était pas moi. Je te jure que c'était pas moi... Quoi qu'il puisse se passer à l'avenir, ça ne se reproduira pas. » Dis-je en laissant couler quelques larmes de rage sur mes joues.

C'est alors que la porte s'ouvre et me surprend, je sursaute presque en tombant dans le regard humide de Hinata. Son visage est complètement fermé et elle se tient nu devant moi, la tête haute et le dos droit. J'ai l'impression de retrouver la Hinata du premier jour : elle vient de remettre sa carapace. Certainement se dit-elle qu'elle n'aurait jamais dû l'enlever. Comment a-t-elle pu croire que j'étais différent des autres hommes ? Nous sommes tous pareils, on ne nous changera jamais. Voilà tout ce que je peux lire dans son regard perçant.
« Je te l'ai dit : je suis là pour ça, tu n'as pas à t'excuser. » Lâche-t-elle en percutant son épaule contre mon bras pour passer de force.
« Hinata ! »
Je la rattrape par le poignet pour la retenir. Elle se retourne vers moi en m'envoyant un regard sévère. Je déglutis : je ne sais pas du tout quoi dire, mais je ne veux pas la perdre.
« Hinata, tu n'es pas ma pute : tu ne l'as jamais été. Et je sais que hier soir tu n'as pas fait ça par obligation. Tu es une amie tellement chère, je n'aurais jamais dû accepter. Je t'en supplie Hinata, je ne veux pas te perdre, toi aussi. »
Je sens mon amie frémir en entendant mes derniers mots. Elle hésite, elle ne sait plus vraiment quoi penser. Je la sens perdue. Finalement elle se ressaisit et récupère son poignet.
« Je t'ai déjà dit que tu es vraiment très étrange, comme mec ? »
Je laisse apparaître un faible sourire sur mon visage et hoche la tête. Hinata soupire et s'habille en deux temps trois mouvement avant de sortir de l'appartement sans plus dire un mot. Je la laisse faire sans m'interposer, je ne sais pas pourquoi, mais je suis plutôt confiant. Je soupire, encore mal remis de mes émotions, et décide d'aller prendre un bain pour redescendre un peu.

« Chapeau, l'artiste. » Me lance Kurama alors que je ferme les yeux, allongé dans l'eau savonneuse.
« Tiens, je trouvais ça bizarre que tu ne sois pas encore intervenu, toi.
- Baka, ne compte pas sur moi pour me mêler de ce genre de choses.
- Je ne te reproche rien, Kurama. C'est moi qui ai merdé hier soir. » Avouais-je dans un soupire triste. « Je ne sais pas ce qui m'as pris.
- Hinata, ce n'est pas Sasuke. Ce n'est même pas une kunoichi. Tu ne peux pas faire la même chose avec elle qu'avec lui.
- Je sais bien. Je dois apprendre à mieux me maîtriser. Je ne dois plus la toucher, ça ne sert à rien : je n'arrive pas à obtenir ce que je cherche de toute façon. Et c'est trop dangereux pour elle.
- Je pense aussi que c'est ce que tu as de mieux à faire. N'oublie pas que tu es combiné, Naruto. Toutes les cellules de ton corps exigent que tu sois et que tu restes avec l'autre Uchiwa. Tu ne peux rien faire contre ça.
- Comment veux-tu que j'oublie ? C'est le drame de ma vie. »

Quelques heures plus tard, alors que je surf sur internet, installé dans la salle à manger, j'entends le bruit de la porte d'entrée. Je relève la tête et tombe sur Hinata. Elle me sourit et me montre le sac de fast-food qu'elle tient.
« Je t'ai ramené à manger aussi. Je me suis dit que du gras, ça te ferait du bien également. »
Je me lève, un sourire radieux accroché au visage. Je marche jusqu'à elle et sans hésitation et je la prends dans mes bras. Elle rigole, pose ses sacs parterre, puis me rend mon étreinte.
« Naruto, la prochaine fois que tu me fais ça, je te tue. » Me murmure-t-elle à l'oreille d'une voix trop douce qui contraste avec la gravité de la phrase.
« C'était une erreur. » Avouais-je en me redressant. Je passe une main dans ma nuque et poursuit en baissant les yeux. « Je suis déjà combiné à quelqu'un d'autre. »
Hinata relève un sourcil en récupérant les sacs pour les poser sur la table.
« Combiné ? » Reprend-t-elle curieuse. Je souris, cherchant l'explication la plus simple et la moins étrange possible.
« En France, c'est un terme qui englobe beaucoup de chose. Destiné, amoureux, âme-sœur… C'est un peu le fil rouge du destin, si tu préfères.
- Alors comme ça, tu crois à toutes ses histoires de coup de foudre et d'âme-sœur ? » Me demande-t-elle en s'asseyant et en déballant les sacs pour distribuer la nourriture. Moi je m'installe en face d'elle et récupère ma pars avant de poursuivre.
« Bien sûr. Regarde-moi : je me suis bien fait avoir.
- Oui et bien, je ne sais pas qui s'est fait avoir avec toi, mais j'espère qu'elle a les lombaires solides et qu'elle te suit dans tes délires bizarres, sale pervers. »

Je rigole puis commence à manger avec appétit. Hinata en fait de même et nous changeons de sujet pour essayer de définitivement tourner la page.
« C'est toujours trop tôt pour savoir si c'est une fille ou un garçon ? »
Je souris, Hinata est vraiment très curieuse à ce propose. Ça m'amuse de la voir comme ça.
« Ça te travaille vraiment ! » Dis-je en rigolant. « Oui c'est trop tôt. Puis comme je te l'ai dit, je pense que je ne préfère pas savoir.
- T'es vraiment nul. Tu arrives à avoir des nouvelles quand même, par mail ou quoi ? »
Je tords la bouche pour lui faire comprendre que c'est compliqué. Elle me répond par un regard rempli de soutien.
« Ne t'en fais pas, ce n'est que temporaire. Bientôt, tu seras avec eux.
- On verra. » Dis-je en hochant les épaules avant de reprendre une bouchée.

Les jours passent, puis les semaines et les mois. Je partage de plus en plus de choses avec Hinata, mais je ne l'ai pas retouché une seule fois : même les soirs de pleine lune. Au mieux, si je travail, je passe mon surplus d'énergie sur mes adversaires. Au pire, si je suis à la maison, je pars m'enfermer dans la salle d'eau et prends une douche froide à chaque fois que j'ouvre un œil pendant la nuit. Hinata n'a pas commenté cette attitude et n'est pas non plus revenue vers moi, respectant mes choix avec rigueur. Il n'y a que lorsque nous sommes au travail que là effectivement, nous sommes beaucoup plus intimes pour ne pas éveiller les soupçons de Seito. Au final, les choses s'imbriquent tellement bien que je me demande si ça serait possible d'élever mon petit ici. Je devine qu'Hinata, curieuse et investie, serait lui apporter tout l'amour d'une mère et moi, je n'aurais pas à vivre dans le même monde que son père. Cependant il y aurait d'autres inconvénients : déjà, il faudrait dans tous les cas que je fasse un voyage à Konoha pour le faire naître, puis je devrais revenir ensuite : abandonnant de nouveau mon monde et mes amis. De plus, même s'il ne manquera pas d'amour, être élever par une mère prostituée et un père combattant de rue, ce n'est pas forcément l'idéal.
Puis je veux qu'il puisse vivre dans le monde d'où il vient, je veux lui permettre de devenir un ninja accompli. Sans oublier qu'un enfant, dans la situation où nous sommes avec Hinata, ça serait un très gros point faible. Seito aura vite-fait de l'apprendre, et il n'hésitera pas à s'en servir pour nous faire chanter comme bon lui semble.
Non vraiment, ce n'est pas une bonne idée de l'élever dans ce monde. Mais c'est dommage quand même, l'idée de pouvoir garder Hinata à nos côtés me plaisait.

Ça va bientôt faire 5 mois que je suis revenue sur terre. Mon enfant a déjà 6 mois et la boule rouge à l'intérieur de moi prend une place démesurée, réduisant l'espaces attribuer à Kurama. Ce dernier s'en plaint de plus en plus, d'ailleurs. Sans compter sur le vacarme produit par les battements incessants de son cœur. Je dois admettre que mon biju fait preuve d'une patience admirable. Avec Hinata, tout se passe pour le mieux. On sort régulièrement seuls ou avec ses amis, on est bien organisé à l'appartement et on s'entend toujours aussi bien. On pourrait presque dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais je ne sais pas pourquoi, je sens que quelque chose se trame au " travail ".
Seito n'est plus le seul gros bonnet installé sur la mezzanine. Ça fait plusieurs fois que d'autre trafiquants se joignent à lui, et je n'aime pas la façon dont ils m'observent. Ça fait aussi plusieurs fois qu'il réquisitionne Hinata « juste pour la nuit » pour en faire profiter ses invités de hauts rangs. Je l'ai très mal pris mais Hinata à sue me remettre à ma place d'un seul regard. C'est comme ça, c'est son boulot à elle. Si on veut pouvoir continuer à vivre tranquille le reste du temps, elle doit continuer à lécher les bottes de Seito et lui obéir au doigt et à l'œil. Je ne suis donc pas intervenue.
Pour l'instant, j'observe les changements qui se mettent en place. Cherche-t-il à me vendre ? Ça serait surprenant, à moi seul je lui fais empocher une petite fortune chaque soir ou je me bats. Je ne comprends pas ce qu'il cherche et ça me perturbe. Il faut que j'assure mes arrières et que je commence à réfléchir à un plan de replis, un plan qui prendra Hinata en compte. Hors de question de partir en la laissant dans cette merde : je dois trouver un plan qui l'inclus et lui permettra d'enfin pouvoir vivre ses rêves. Mais comment lui en parler ? Tout me semble beaucoup trop compliqué.

« Bon cette fois Naruto, ça suffit. On ne peut pas rester ici plus longtemps !
- Tu me fatigue Kurama, j'essaye de me détendre. Grondais-je.
- Oui et bien, je m'en fiche. Tu penses à moi ? Je suis tellement écrasé que je peux à peine m'allonger et je n'en peux plus de se bruit incessant ! Il faut que je sorte de là.
- Ça va. Plus que trois mois et ça sera fini, tu auras la paix. Ça sera à moi de supporter les pleures jour et nuit. Lui dis-je pour le calmer.
- Ah ! Et ça ! Tu y as pensé à ça ? Ça fait six mois que le p'tit grandit, mais ton ventre ne bouge pas d'un centimètre. Tu m'explique comment il va sortir ? On a besoin de Tsunade pour le jour-j. Puis, tu comptes vraiment élever le louveteau de Sasuke dans ce monde, toi ? Ah, ça va être marrant quant à 12 ans il va muter dans ton appartement ! Et ses origines ? Ses papiers ? Comment un mort va pouvoir s'occuper de tout ça, tu m'explique ? »

Je grogne et enfonce le bas de mon visage dans l'eau de mon bain.
Kurama a raison et je le sais. Même si tout comme ce fut le cas pour moi, ce monde bloque les capacités surnaturelles de mon enfant, ça sera tout simplement impossible. Je dois rentrer à Konoha. Mais ça va me faire tellement mal d'y retourner, et de dire adieu à Hinata.
« Je ne suis pas encore prêt. Il me faut encore un peu de temps. »
Kurama soupire mais abdique et je sens qu'il m'envoi du réconfort depuis l'intérieur de mon corps.
« Ça va. Mais ne tarde pas trop. » Conclut-il, conscient de la douleur que j'ai ressentie et de celle que je vais sûrement devoir re-surmonter en rentrant au village.

OooOoOoOoOoOo

C'est le jour-j à Konoha.
La salle qui sert habituellement à accueillir les examens chunnin est pleine à ras bord.
Personne ne veut rater l'événement du mariage du cadet Uchiwa avec la fille unique d'Orochimaru.

Dans les coulisses, Sasuke peste, mécontent de se faire inspecter à la loupe par son grand frère. Il a autant envie d'être là que de se pendre, mais il se concentre sur la maigre récompense qui l'attend pour endurer tout ça. Il s'en veut tellement.
Ça serait à refaire il aurait refusé sans la moindre once d'hésitation. Cependant à présent, il n'a plus rien à perdre. Il a blessé Naruto trop profondément et ce dernier est parti. L'Uzumaki a déserté le monde ninja pour retourner sur terre. Sasuke n'a pas eu besoin de le chercher bien longtemps : il l'a senti. Ça lui a fait la même sensation que s'il était mort. Peu importe où il ira, peu importe ce qu'il fera, il ne le retrouvera pas.

« Ça va ? Tu peux toujours changer d'avis tu sais, au cas où il décide de revenir un jour.
- Non. Répond le cadet d'une voix détaché et morte. A sa place, je ne serais pas revenu. »

Itachi acquiesce et ouvre la porte pour laisser passer son petit frère. Sasuke traverse la foule pour se planter devant Tsunade qui est debout sur une petite estrade. Cette dernière ne peut s'empêcher de fixer l'Uchiwa avec un regard triste. Elle sait qu'il est combiné et devine qu'il doit certainement être forcé de se marier à une personne qui n'est pas celui qu'il aime. Cependant elle ne peut rien faire pour lui. De plus, Naruto aillant déserté Konoha, ça aurait doublement servis à rien.
Quelques minutes plus tard, les portes principales s'ouvrent et dévoilent la mariée.

Personne n'a jamais vue une Hebiko aussi resplendissante.
La jeune femme est habillée d'un long kimono moulant violet qui met en avant son maquillage naturel et ses formes graciles. Ses cheveux sont coiffés d'un chignon soigné, décoré de quelques fleurs identiques à celle du bouquet qu'elle tient dans ses mains manucurées.

A son bras, Orochimaru l'emmène jusqu'à son futur époux avant de se retirer pour aller s'asseoir au premier rang.
Tsunade se racle la gorge et le silence se fait dans la salle.

« Bien. Nous sommes tous réunis à ce jour pour célébrer l'union de deux êtres qui nous son cher. Que ce soit nos amis, nos enfants, nos frères ou nos ennemis, si nous sommes ici c'est parce que nous entretenons tous des liens particuliers et privilégier envers eux... » Récite Tsunade sans vraiment y croire, sachant très bien que plus de la moitié des invités ne sont que des curieux venus assisté à l'événement.

Elle poursuit ainsi pendant de longues minutes, comblant le temps de la cérémonie, jusqu'à qu'arrive le moment fatidique de se dire oui.

« Sasuke, accepte-tu d'épouser Hebiko ici présente, de l'aimer, de la protéger et de la chérir jusqu'à que la mort vous sépare ?
- Oui. » Répond froidement l'Uchiwa, n'adressant même pas un regard a la jeune femme qui se tient à ses côtés.

« Hebiko, accepte-tu de prendre pour époux Sasuke, de l'aimer, le chérir et le combler jusqu'à que la mort vous sépare ?
- Non.
- Alors je... Attend quoi ? » S'interrompt soudain Tsunade.

C'est la débandade dans le public et tout le monde s'agite. Les murmures se font de plus en plus bruyants, alors que caché dans différents points de la pièce, Itachi, Hana, Sakura, Kiba et Shikamaru ne peuvent s'empêcher de sourire silencieusement, profondément soulagé par la tournure que prend les événements.

Perplexe, Sasuke se tourne enfin vers Hebiko et la fixe en relevant un sourcil.

« Je suis désolé Sasuke mais... Je continue d'espérer que je peux vivre quelque chose de mieux. Je suis sûr que tu es quelqu'un de très bien, mais tu ne m'aimeras jamais comme tu pourras l'aimer lui. Je veux essayer de continuer à chercher quelqu'un qui puisse me voir comme tu le vois. Se marier serait une erreur pour tous les deux. »

Sasuke entendant ses mots, ne peut s'empêcher de sourire. C'est la première fois depuis des mois qu'il sourit. Il se penche en avant et prend sa presque-femme dans ses bras. Ravis de la réaction de son presque-mari, la jeune femme lui rend son étreinte en souriant à son tour.

« Merci... Merci beaucoup. Lui murmure Sasuke à l'oreille.
- Mais de rien. » Répond Hebiko en se reculant, souriant toujours.

Cependant avant de le lâcher totalement, Hebiko se raccroche à Sasuke pour éviter de tomber à cause d'une secousse violente. Sasuke la rattrape et peine à rester sur ses pieds à cause du tremblement qui persiste.

Les cris de paniquent commence à résonner, provenant de tous les côtés alors qu'un bruit sourd viens de l'extérieur.
Étant au fond de la salle, Itachi se jette sur les portes pour les ouvrir, mais le spectacle qu'il dévoile ne fait qu'effrayer un peu plus l'assemblé. Personne n'ose bouger, et même Tsunade reste figé, fixant la catastrophe sans pouvoir agir.

OooOoOoOoOoOoOoOo

« Tu as senti ? M'intéroge Kurama, à moitié paniqué.
- Oui » Répondis-je simplement avant d'en finir avec mon adversaire du moment.
Je suis au milieu des grilles, en plein combat. Il reste encore pas mal d'adversaire dans le chenil mais j'ai la tête ailleurs. En même temps que Kyubi, une sensation désagréable m'a pris au ventre. Il y a du grabuge à Konoha.
Il faut qu'on rentre au plus vite.
« Naruto ? »
Je suis ramené à la réalité par la voix qui m'interpelle.
Je prends le temps d'observer mon nouvel adversaire, et j'ai du mal à en croire mes yeux...
« Obito ! » L'appelais-je à mon tour.
C'est à peine si j'arrive à reconnaître mon ami d'enfance. La moitié de son visage est défiguré. Cependant c'est bien lui, avec ses yeux aussi noirs que ses cheveux en bataille...
Obito.
Je le connais depuis toujours. Il est de cinq ans mon aîné et malgré la petite différence qui nous sépare, il s'est toujours occupé de moi comme personne ne l'a jamais fait. Évidemment, plusieurs fois il m'a embarqué dans des plans foireux, mais il était trop jeune pour comprendre qu'il valait mieux m'épargner certaines choses plutôt que me plonger dedans. Une seule fois, il n'a pas était là. La fois où j'ai tenu tête à Seito.
Lui avait reçus sa paye. Je sais qu'il a entendue et qu'il a vu que j'avais des problèmes, et je sais aussi qu'il a préféré m'abandonner à mon triste sort plutôt que me venir en aide. A l'époque, je l'avais très mal pris. Mais avec le temps je réalise que mis a par se faire également malmener et perdre son argent, il n'aurait rien pu faire pour moi. J'avais 16 ans et lui 21. Pour moi, il était capable de tout. Mais maintenant que je suis rentré dans la vingtaine à mon tour, je réalise que je n'ai pas plus de pouvoir ou d'influence sur Seito que quand j'avais 16 ans.

« Naruto... Je croyais que tu étais... Enfin qu'ils t'avaient... Je suis vraiment désolé Naruto, je n'aurais jamais dû partir !
- Calme-toi Obito. Je ne t'en veux pas. Oubli le passé, c'est sans importance maintenant.
- Messieurs ! Nous interrompt Seito. Ceci sera votre dernier combat de la soirée et peut-être, votre dernier combat tout court. » Je me fige en entendant les paroles de Seito. Cette ordure connaît notre histoire. Il veut la retourner contre nous. Assise sur les genoux d'un autre homme qui a l'air tout aussi influent que Seito, Hinata nous fixe tour à tour avec appréhension. Je comprends maintenant : Obito n'appartient plus à Seito, il se bat pour le compte de quelqu'un d'autre. Ça a dû être toute une mission pour réussir à organiser un combat entre plusieurs club différents, Seito a dû faire des pieds et des mains pour les convaincre.
C'était son plan depuis le début, depuis le jour où il m'a vue. Malgré tout ce qui m'a fait subir, il ne m'a jamais pardonné de lui avoir levé la main dessus. Il a imaginé la punition ultime et l'a préparé avec discrétion, étape par étape. Il me dégoûte tellement !
« Je ne tus pas, Seito ! » Grondais-je avec hargne.
Cependant le gros porc me répond en sortant son revolver et en tirant une balle juste à côté de moi. D'un seul coup je vois rouge, la rage me prend à la gorge. Je n'en peux plus de lui. Je me ramasse sur moi-même et grogne sur ce connard qui se joue de nous. Il rigole, fier de l'effet produit, puis tourne le revolver vers le visage de Hinata.

« Ce n'est pas toi qui décide, morveux.
- Ok. Répondis-je d'une voix acide. Je veux bien faire une exception, pour ce soir.
- Alors, que je combats commence ! » Cris l'animateur.
Obito se met en position mais son regard est hésitant. Je lance l'offensive et fais exprès de rater mon coup afin de me rapprocher de lui et de pouvoir parler à voix basse.
« Fait semblant de te battre, dès que tu vois une ouverture, tu m'envoie contre la grille. »
Obito fait un mouvement de tête pour répondre à l'affirmative. On a beau faire semblant de se battre, on ne retient pas nos coups : Seito ne doit y voir que du feu. Le public est en folie, tout le monde essaie d'avoir un bon angle de vision pour pouvoir suivre ce combat de titan. Obito est rapide est puissant, il est sans nul doute l'adversaire humain le plus coriace que j'ai eu a affronter. Je fini par lui laisser l'ouverture dont je lui ai parler et il m'envoie sans ménagement une droite dans la poitrine qui m'éjecte contre les grilles, juste sous la mezzanine. C'est parfait ! Si vite que je sais que personne n'a pu suivre le mouvement, je bondis et traverse la mezzanine afin de me glisser dans le dos de Seito. Mes huit queues de renard l'immobilisent sur son fauteuil alors que ma main droite tient son revolver enfoncé sous sa gorge. Je ne sais pas par quel miracle j'arrive à me servir de mon chakra, peut-être parce que je suis vraiment en colère, peut-être parce que par chance, c'est la pleine lune se soir.
Sans réfléchir je tire, créant la panique la plus total dans la salle.

Immédiatement les autres gérants sortent leurs armes pour me tirer comme un lapin.
Je cherche Hinata du regard, je sais qu'elle est en danger, je ne peux pas la laisser là. Elle est derrière les hommes qui me visent, près à m'exécuter sans scrupule. Je les balaye d'un revers de queue et commence à avancer vers elle quand j'entends Obito crier mon nom. En bas, c'est la débandade. Tout le monde court dans tous les sens, des gens armés essaie de tirer Obito à travers les grilles de la cage.
« Naruto, on doit se barrer de là ! » Hurle-t-il en essayant d'éviter les balles.
« Naruto ! »
C'est Hinata. En tournant la tête de nouveau, je vois un des molosses à terre qui me vise. Je n'ai plus le temps de bouger. J'entends le coup partir, mais je ne ressens aucune douleur dans ma poitrine.

Hinata c'est interposé. La balle l'a tapé en pleine tête : elle s'effondre, tué sur le coup.
Mon regard change et mon chakra m'échappe : je hurle à plein poumons alors que toute la puissance de Kurama émane de moi. Les hommes de Seito me tirent dessus de toute pars pendant quelques instants, jusqu'à ce qu'il soit déstabilisé par le sol qui commence à trembler. Le planché ce décroche, les fenêtre explose une à une. Je suis prêt à tout faire sauter quand mon regard se pose sur Obito qui me fixe avec une tête d'ahuris alors qu'il est toujours dans la cage. Je n'ai pas pu sauver Hinata, mais je ne l'abandonnerais pas à un destin tragique lui aussi. Je change de stratégie et Je lui tombe dessus, mais avant que nous touchions le sol, je déchire le continuum espace-temps d'un coup de griffe boosté au futon. Je me sens aspiré, et Obito avec moi.
Finalement nous atterrissons tous les deux faces contre terre et nous mangeons la poussière. Je pousse plusieurs jappements incontrôlés et essaye désespérément de me redresser. Cependant quoi que je fasse, je retombe lourdement au sol.

Je me tourne pour m'allonger sur le flanc. Dans un effort surhumain, je me redresse un peu, restant en position allongé. Des douleurs vives me lances et proviennent de tout mon corps. Je serre les mâchoires pour ne pas hurler.

« Merde ! Lâche Obito. Tu t'es pris plusieurs balles, Naruto ! »

Sentant qu'elles sont plutôt du côté gauche, je passe ma main droite par-dessus mon épaule pour chercher les plaies. Cependant j'ai trop mal et je n'arrive pas à me concentrer. Je pers du sang, beaucoup trop de sang. Dans un effort difficile, j'ai le réflexe d'amener une de mes mains vers mon estomac. Le petit, j'espère tellement qu'il va bien. Je n'ai pas la force d'aller le vérifier. Il me semble entendre Kurama me rassurer à son sujet, mais je perds le contact. Tout devient de plus en plus flou autour de moi, un sifflement strident résonne de plus en plus fort dans mes oreilles. Je perds beaucoup trop de sang, j'ai beaucoup trop de blessures. Chaque seconde m'est compté, je le sais, mais je n'ai plus assez de force pour faire le moindre mouvement. Je perçois à peine la présence d'Obito. Il m'hurle quelque chose, mais je n'arrive pas à comprendre se qu'il veut. Il gesticule de plus en plus, il me semble entendre un murmure lointain alors qu'il lute comme un acharné pour me remettre sur pied en passant un de mes bras par-dessus ses épaules. Je plisse les yeux pour me concentrer, je dois continuer à me battre. Je dois réussir à le comprendre. Les bruits redeviennent plus ou moins clair, il me semble percevoir des explosions un peu plus loin. La voix d'Obito devient de plus en plus clair, bientôt je l'entends et j'arrive même à l'apercevoir de façon plus ou moins net alors qu'il cri à plein poumons.
« Naruto reprends toi, on ne doit pas rester là ! »
Je regarde autour de moi. Ma vision fonctionne par vague, je sens mon sang battre dans mes tempes et me brouiller la vue une seconde sur deux. Cependant le cadre ressemble beaucoup à un champ de bataille. Obito a raison, on ne doit pas rester là. Je dois absolument trouver quelqu'un capable d'arrêter au moins mes multiples hémorragies au plus vite ou je ne m'en sortirais pas. On n'a pas de chance d'avoir atterris au milieu d'un conflit : les rares médic'nin présent ne doivent déjà plus savoir ou donner de la tête. Mes chances sont maigres, je le sais, je le sens. Je commence déjà à avoir froid.

« Naruto ! » Hurle de nouveau Obito.
Je relève la tête pour suivre son regard terrifié. C'est alors que je vois un gigantesque chien à trois têtes nous foncer dessus, tout crocs dehors. Je suis dans un tel état que je ne sais même pas si c'est réel ou si c'est mon imagination qui me joue des tours. Cet animal est beaucoup trop grand pour être un mutant, mais il ne ressemble pas à un démon. Quoi qu'il advienne je suis juste incapable de bouger le petit doigt pour l'arrêter, je ne peux même plus laisser ma place à Kurama.
C'est donc comme ça que ça va se terminer pour moi ? Pour Obito ? Pour Kurama ? Pour mon enfant ? J'ai du mal à l'admettre mais toute ma détermination ne suffit pas à faire bouger mon corps beaucoup trop abîmé.
Obito s'effondre et je tombe à genoux avec lui alors que l'énorme animal bondit.
C'est la fin.
C'est alors que je vois devant moi un homme apparaître comme par magie. Il est protégé par un gigantesque Susano violet. En une fraction de seconde, il décoche une flèche gigantesque faite de chakra et recouverte de flammes noires. Elle transperce l'air et part se loger en plein dans la poitrine de l'animal qu'elle transperce. Il se retrouve expulser à plusieurs dizaines de mètres de nous. Il atterri dans un nuage de poussières et hurle sa détresse alors qu'il se fait engloutir par les flammes.
Je connais cette attaque. Notre sauveur est toujours le dos, mais malgré ma connexion de plus en plus laborieuse avec la réalité, je reconnais son visage quand il se tourne vers nous.

« Sasuke ? » Murmurais-je avec difficulté avant de me mettre à cracher un demi-litre de sang. Sasuke s'agenouille en face de moi et pose sa main sur mon épaule. Ce n'est que maintenant que je réalise la présence de Katsuyu sur son bras gauche, et l'absence de son membre qui devrait s'y trouver.
« Katsuyu, va soigner Naruto, dépêche-toi. » Ordonne Sasuke avec autorité mais sans agressivité.
« Mais Sasuke-sama, je n'ai pas fini de soigner votre bras, vous saignez encore…
- Fait ce que je te dis, ne t'en fais pas pour moi, ça ira. » Insiste l'Uchiwa.
Je commence à plus rien y voir du tout, mais je devine à peu près les traits de son visage. Ses cheveux ont poussé, et son regard a changé. Sa pupille gauche… Serait-ce le Rinnegan ? Je n'ai pas le temps de le confirmer que tout devient noir autour de moi.
Je suis frigorifié, et pourtant, je n'arrive pas à trembler. J'arrive encore un peu à entendre quelques mots ou bruits important autour de moi, mais c'est de plus en plus compliqué.

« Je l'emmène, suis-nous. » Ordonne une nouvelle fois Sasuke. Je me sens alors soulever du sol, je devine que Sasuke m'a pris sur son épaule valide. Je sens également une petite source de chaleur rentrer en moi : ça doit être les soins de Katsuyu qui commence à produire leurs effets.
« Tiens le coup gamin, ça va aller maintenant. »
Kurama… Je l'entends de nouveau. Je me permets de croire que je vais peut-être bien m'en sortir, finalement. Je sens qu'on s'immobilise et que Sasuke me rallonge par terre. Je serre les dents pour étouffer un cri de douleur, mais ce comportement me rassure : si j'ai l'énergie de me plaindre, c'est que je vais mieux. J'ose même essayer de soulever une paupière et de lever la tête. C'est peut-être beaucoup demander d'un seul coup, et ma tête trop lourde, retombe en arrière. Je sens que quelqu'un me la redresse et glisse une brique derrière mon crane pour m'aider à me redresser un peu.

« Reste tranquille, tu ne dois pas bouger. »
Cette voix, encore. Sa voix. C'est la même, mais elle est tellement différente. Je n'entends plus sa haine et sa rancune omniprésente d'habitude. Ça me donne encore plus envie de le voir, et j'essaie à nouveau d'ouvrir mes yeux pour pouvoir le regarder. C'est difficile et il est très flou, mais au fur et à mesure que les secondes défilent l'image devient de plus en plus net. Une mèche de ses cheveux trop long me cache son œil gauche, celui que je suspecte de s'être changé en Rinnegan. Je lis sur son visage qu'il est inquiet, mais je ne vois plus aucune colère en lui. J'ai l'impression qu'il a tellement changé en quelques mois. Moi aussi, je donne l'impression d'avoir autant changé que lui ?
Je suis soudain ramené à la réalité par un bruit d'explosion. Derrière Sasuke, je peux distinguer au loin le Susano d'Itachi livrer un combat acharner contre son adversaire. Sasuke aussi tourne la tête pour l'observer. Katsuyu, allongée sur ma poitrine, fait un travail formidable : si bien que j'arrive un peu à me redresser pour regarder autour de moi.
Je suis bien à Konoha, le portrait des Hokage sur la falaise me le confirme. Une bataille d'un niveau extraordinaire à dû se dérouler ici : une partie du village est complètement rasé, et partout ailleurs des bâtiments et des maisons ont été touchés. Moi-même, je repose sur des débits qui se sont accumulés autour du champ de bataille. Je tourne la tête, quelqu'un vient vers nous. C'est Obito. Il est à bout de souffle, et peine à nous rejoindre sur les décombres. Sasuke l'observe vernir avec une expression indéchiffrable.
« Naruto ! Comment tu te sens ?
- Toujours vivant. » Dis-je, n'ayant pas envie de lui mentir en lui disant que je vais bien, ni de me plaindre devant Sasuke en avouant que je souffre comme un chien.
« Katsuyu, contacte Tsunade ou Sakura. Donne-leur la position de Naruto et dit leur de venir le plus rapidement possible.
- Oui, Sasuke-Sama. »

J'aimerais tellement avoir un peu plus de force, juste un peu. Juste assez pour pouvoir mieux suivre tout ce qui se passe.
Une nouvelle explosion. A l'horizon, je distingue le Susano d'Itachi qui est à terre. Sasuke aussi l'a vue et le fixe avec inquiétude.
« Sasuke, va le rejoindre. » Arrivais-je à articuler en parlant très lentement.
« Non, je ne te laisse pas tant qu'un médecin n'est pas arrivé. » Refuse l'Uchiwa.
« Itachi à besoin de toi. Ne t'en fais pas pour moi, j'ai connu tellement pire. » Lui avouais-je avec un sourire un peu ironique. Je fais bien sûr référence aux douleurs psychologique atroce qu'il m'a fait endurer. Sasuke m'envoie un regard triste, remplis de remord. Je me trouve puérile de lui avoir jeté cette pique dans une telle situation. J'aurais pu la garder pour plus tard.
« Naruto… » Commence Sasuke, la voix chargée en regret. Je lui coupe cependant la parole, comme je viens de me dire à moi-même : se n'est pas le moment pour parler sentiment, le village est en danger.
« Vas-y, Sasuke ! C'est un ordre. » Dis-je en posant une main sur sa poitrine pour le pousser, liant ainsi le geste à la parole.
Une décharge me parcourt le bras, puis tout le corps, lorsque ma main touche son torse. C'est comme si ont venait de relier un circuit électrique. Immédiatement, je me sens mieux dans ma tête : deux fois plus déterminé, deux fois plus courageux. J'ai l'impression de retrouver la moitié de se que je suis. Je ne laisse cependant rien paraître, je veux que Sasuke m'écoute. Je me concentre donc pour lui lancer le regard le plus sérieux que je peux faire. Sasuke fini par abdiquer. Il baisse légèrement la tête pour acquiescer, puis ramène sa main valide devant son visage en pliant ses doigts. L'instant suivant, il disparaît. Est-ce que j'ai rêvé ? Est-ce que je vais me réveiller dans quelques instants dans mon lit à Tokyo ? Non, je ne crois pas. Pendant quelques secondes, j'oublie mes blessures et me rallonge en souriant de toutes mes dents. Il n'y a tellement pas de raison de sourire actuellement. J'ai débarqué en plein conflit et Konoha et plus qu'à moitié détruit.
Je ne me souviens pourtant pas de la dernière fois que je me suis senti aussi heureux.