J'oublie mes blessures et me rallonge en souriant de toutes mes dents. Il n'y a tellement pas de raison de sourire actuellement. Je ne me souviens pourtant pas de la dernière fois que je me suis senti aussi heureux.
Obito m'observe avec un air étrange, je crois qu'il pense que je suis en train de perdre la raison. Il s'rapproche de moi et s'assoie en me prenant la main. Je tourne le visage vers lui et lui offre un regard rassurant et un sourire mais je vois bien que ça ne suffit pas à le convaincre.

« Tu restes avec moi, n'est-ce pas ? Tu ne m'abandonne pas ici ? » me demande-t-il en jetant un regard perdu autour de lui.
« Et puis, il y a cette, cette… Qu'es que tu es au juste ? » Demande Obito à Katsuyu.
« Je suis limace. Mon nom est Katsuyu et je viens de la forêt de Shikkotsu. Je suis enchantée de faire votre connaissance, ami de Naruto-Sama. » Répond la concernée avec sa bienveillance habituelle toute en travaillant sur mon torse et mon épaule droite.
« Enchanté… » Répond mon ami avec politesse même si je vois bien dans son regard qu'il est perturbé de parler à une limace géante. « Moi c'est Obito. »

Je souris en l'observant. Il est complètement perdu, il ne comprend rien de ce qui ne se passe ni de ce qui lui arrive mais malgré tout, il répond quand même aux politesses d'une limace qui parle et reste à mes côtés coûte que coûte. Il aurait pu milles fois prendre ses jambes à son coup pour fuir tout cet environnement hostile et inexplicable pour lui, mais cette fois-ci, il ne m'a pas abandonné.
« Katsuyu, donc. Excuse-moi mais, qu'es que tu fais à Naruto ? » demande-t-il en pointant son indexe vers l'invocation et en rehaussant un sourcil.
« Je soigne Naruto voyons. Il est dans un état grave. »

Obito cligne plusieurs fois des yeux, je le sens complètement perdu. J'imagine qu'a sa place, je serais tout aussi perturbé.
Non. Je serais un million de fois plus perturbé, même. Je hurlerais de partout, je ferais crises de paniques sur crise d'angoisse, je n'arrêterais pas de crier et de m'arracher les cheveux. Je me souviens de mon arrivé ici, de mes premiers pas à Konoha. Je me suis évanoui dès que j'ai aperçus le mutant de Jiraya. Je croyais avoir atterris dans un asile, et il m'a fallu un bon bout de temps pour admettre que tout ce que je voyais autour de moi était bien réel.

« Tu connais l'homme qui nous ait venue en aide ? »
Rien que le fait d'évoquer Sasuke réveilles dans papillons dans mon ventre. Je me repasse le film de son sauvetage dans ma tête. A l'instant où j'ai senti son chakra devant moi, j'ai sus que nous étions tirés d'affaire. C'est comme le jour où il s'est rebellé contre Orochimaru. Je réalise que tant qu'il sera vivant, il ne me laissera jamais mourir. Je pense même qu'il ne me laissera plus jamais tomber. J'ai été stupide de le croire, lorsqu'il a essayé de me faire croire le contraire en me soumettant son idée d'épouser Hebiko : il n'aurait jamais été capable d'aller au bout de cette idée, et avec un peu d'énergie, j'aurais sans nul doute pu le faire renoncer. J'ai été aveuglé par la tristesse et par ma désillusion à cause de la nouvelle que je venais moi-même d'apprendre. Dans un geste lent, j'arrive à faire glisser ma main jusqu'à mon ventre. Kurama m'a rassuré à son sujet mais je reste quand même inquiet.
« Ne vous en faites pas, Naruto-Sama. Tout le monde va bien à l'intérieure aussi, ils ont juste été un peu secoué. »
J'écarquille les yeux et relève la tête dans un geste vif pour fixer Katsuyu. Est-ce qu'elle parle vraiment de mon bébé ? A-t-elle vraiment senti sa présence en me soignant ?
« Katsuyu…
- Ne vous en faites pas, je ne dirais rien. Je n'aurais jamais dû l'apprendre.
- Merci, Katsuyu. »

La conversation s'arrête là. Je ne répond pas au regard interrogateur d'Obito et l'évite en refermant les yeux.
Au loin, j'entends les explosions continuer. Je commence à m'inquiéter. Je ne remets pas en doute la puissance d'Itachi et de Sasuke, mais Sasuke est gravement blessé et Katsuyu n'est plus avec lui. Oui, je n'aurais jamais dû partir. Si j'avais été là lorsque le village c'est fait attaquer, j'aurais peut-être pu éviter qu'il y ait autant de dégâts de causés.
J'ouvre les yeux et souris en reconnaissant soudainement le chakra de quelqu'un qui approche. Je souris, ravis par son arrivée.
« Sakura ! Tu en as mis, du temps. »
La rose se précipite à mes côtés. Elle s'agenouille et se met tout de suite au travail en activant son ninjutsu.
« Tais-toi, baka. »
Je lui lance un regard et ne peux empêcher un sourire ému de s'étendre sur mon visage. Elle est en larme. Elle en tremble presque.
Lentement, je relève une main que je pose sur sa cuisse

« Sakura…
- Je t'ai dit de te taire. Tu dois garder tes forces.
- Sakura, je dois le rejoindre. Il est blessé, il a besoin de moi. »
La rose tressaille et m'envoie un regard paniqué. Elle regarde tour à tour mes plaies, puis revient vers mon visage.
« Naruto, Je ne peux pas tout soigner. Il y a des corps étrangers dans plusieurs plaies et des éclats un peu partout dans ton corps. Je peux stopper les saignements, mais si tu bouges, tout va bouger à l'intérieure aussi et ça va se remettre à saigner.
- Sakura, fais ce que je te dis. »
Ma voix et sans appel, ce n'est pas une demande : c'est un ordre. Nos yeux se croisent et elle comprend que je ne lui laisse pas le choix. Elle finit par s'exécuter et se concentre sur son travail dans un froncement de sourcil.
« Ne bouge pas, ça ira plus vite. »

Katsuyu et elles s'activent sur mon corps pendant encore un petit bout de temps. J'obéis à mon amie et reste immobile, même si je brûle d'envie de me remettre sur pied, maintenant que j'ai renouer le contact avec mes jambes. Dès que Sakura stop son ninjutsu, je me relève d'un bon. Je me sens encore abîmé et fatigué, mais largement en état de rejoindre le front.
« Merci, Sakura.
- Aller, va le rejoindre.
- Je garde Katsuyu avec moi. Il est blessé, il va avoir besoin d'elle. Toi, récupère Obito, je te le confie. »
Je vois Obito au second plan. Lui qui me fixait avec des yeux de merlan frit sursaute en entendant mes directives et commence à s'avancer, prêt à me retenir, mais c'est trop tard : je suis déjà parti.

La situation est délicate pour Itachi et Sasuke. Ils font face à trois ennemis : je peux tous les sentir en courant à leur rencontre. Itachi est projeté dans les airs, ses ennemis essaie de profiter de l'ouverture. Sasuke et son Susano leur bloque la route, ils décident donc de se retourner contre lui. Sasuke en assomme deux mais le troisième arrive à le toucher en lui envoyant un pieu fait d'une matière noire dans l'épaule. Sasuke perd son Susano et ramène sa main valide vers son épaule blessée dans une grimace de douleur. Son ennemi n'attend pas et se rue sur lui : C'est le moment !
« Kurama !
- Oui. »
Dans le corps de mon bijuu fait de chakra doré, Je bondis dans le ciel. J'écrase un rasengan géant en plein sur mon ennemi en lui atterrissant dessus. L'explosion éboulis Sasuke et Itachi, mais les deux sourient, ravis de me voir. Moi je rappel Kurama et bondit à côté de Sasuke pour lui arracher le pieu et lui confier Katsuyu. On se sourit lorsque nos regards se croisent. On est heureux de se retrouver. Itachi se remet sur pied et nous rejoint en se dépoussiérant.

« Plus que deux. » Dis-je en lançant une œillade à nos adversaires qui se sont également remis sur pieds.

« Non, toujours trois. »
Je regarde Itachi en fronçant les sourcils, perplexe.
« C'est deux-là ne sont que des marionnettes. Quelqu'un les manipule dans l'ombre : son chakra circule dans les pieux noirs qui sont enfoncés un peu partout dans leur corps. »
J'observe nos assaillants et remarque sans avoir à chercher les multiples pieux enfoncés de partout dans leurs corps et dans leurs visages.
« Ils sont connecté en wifi, et la box est beaucoup plus loin, c'est ça ? » Me demande Kurama à l'intérieure moi. Je ne peux m'empêcher de rire à sa remarque pourtant très bien trouvé.
« Tu as passé trop de temps sur terre toi. » Dis-je en balançant ma tête de droite à gauche. « Mais oui, c'est exactement ça. »
Kurama acquiesce et je retourne à la réalité avec Itachi et Sasuke.
« Occupez-vous de ces deux-là. Je vais chercher celui qui tire les ficelles. » Ordonne Itachi.
Je me mets en posture défensive et sourie : ça ne sera pas bien long comme combat.
« La première équipe qui arrive à la colline aux Hokage ? » Proposais-je en souriant.
Sasuke sourit et Itachi émet un petit rire, puis l'ainé disparaît en un éclair et Sasuke prend la même posture que moi, prêt à en découdre.

Ils ont sans nul doute compris notre stratégie, et un des deux plonges pour essayer de rattraper Itachi. Je l'intercepte en agrippant sa jambe avec le chakra de Kurama et l'éjecte dans le décor. Je me change en Kyubi et Sasuke me rejoint sur la tête de mon bijuu. Je sens alors nos chakras se mélanger. Kurama se recouvre peu à peu du Susano. Ce dernier s'imbrique de façon si parfaite qu'il lui forme une armure sur mesure, ainsi qu'une paire de sabre recouvert par l'Amaterasu. Katsuyu disparaît, incapable de supporter une telle quantité de chakra, mais ce n'est pas grave : elle a eu le temps de soigner Sasuke. Notre adversaire fait un pas en arrière et écarquille les yeux. Il s'apprête à s'enfuir mais il n'a pas le temps de faire un mouvement de plus que les deux épées recouvertes de flammes noirs s'abattent sur lui et l'emporte vers l'autre monde.
Plus qu'un.
On relève la tête pour observer la forêt. J'essaie de repérer l'endroit où je l'ai expédié tout à l'heure. C'est alors que je vois à quelques kilomètres de là quelque chose de très étrange. Une masse est en train de se former au-dessus du sol. Elle s'élève doucement et aspirent les arbres, les roches et le sol pour grossir au fur et à mesure qu'elle s'élève.
« Sasuke, tu vois ça ?
- Oui, c'est l'attraction céleste. C'est une des multiples possibilités qu'offre le Rinnegan.
- Allons y. »

Kurama, toujours armé et équipé de son armure de Susano, pars sans demander son reste vers l'astre qui est en train de se former.
Alors que nous nous approchons, je commence à préparer un bijuu dama. L'attaque part et se fait aussitôt attiré par la masse qui lévite au-dessus de nous. Lorsqu'elle la touche, mon attaque explose et illumine le ciel. Kurama est obligé de fermer les yeux et de tourner la tête, tout en se cramponnant avec force pour ne pas être balayer par le souffle de l'explosion. Lorsque le calme revient enfin, nous constatons avec joie que ça a marché : l'astre a disparu. Nous nous mettons alors à la recherche de notre dernier ennemi, et nous le retrouvons gisant sans vie sous les décombres.

On en déduit rapidement que Itachi aussi, à du réussir sa mission : notre ennemi ne serait pas mort si facilement.
Nous rappelons Susano et Kurama et on prend une grande respiration. Tout est bien qui finit bien. Je me tourne pour essayer de voir la colline aux Hokage que j'aperçois à peine à l'horizon.
« Je crois qu'on ne gagnera pas la course. » Dis-je en rigolant. Sasuke aussi laisse apparaître un sourire amusé en me regardant. Nos regards se croisent et ne veulent plus se lâcher. J'aimerais pouvoir le garder toute ma vie dans mon champ de vision. Doucement, Sasuke commence à s'avancer vers moi. Mon sourire s'étire alors que je le vois venir mais soudain, une douleur vive me prend de l'intérieur. Je me penche en avant, une main sur l'estomac, et crache un peu de sang.
« Naruto ! »
Sasuke se précipite sur moi et passe sa main dans mon dos pour me ramener contre lui en me tenant par l'épaule alors que je suis toujours plié en deux.

« Usuratonkachi. Tu n'étais pas guéri. » Râle Sasuke sans attendre de réponse.
« Tes blessures interne se sont toutes rouvertes, gamin. » M'explique Kurama en regardant autour de lui et en constatant plusieurs failles dans les murs qui l'entoure. Il s'en échappe des filets de sang.
« Kurama !
- Il va bien, je m'occupe de surveiller le petit. » Je pousse un soupir de soulagement et me regonfle de courage. Aller, c'est presque fini. Je me redresse et croise le regard inquiet de Sasuke. J'essaie de le rassurer mais je ne tiens que quelques secondes avant de recommencer à cracher du sang, encore plus qu'avant. A l'intérieur de moi je sens qu'une brèche plus profonde c'est ouverte, elle est en train d'inonder de sang l'abri de Kurama. Je n'ai pas besoin de lui demander que déjà, Sasuke me charge sur son dos. La seconde suivante il part comme une flèche en direction de ce qui reste de Konoha.
Malgré la peur, malgré la douleur, je me sens bien. Mon visage juste à côté du sien, je me sens à ma place. Je ne prête même pas attention aux fourmillements qui commence à se répandre dans mon corps et je me fiche de ne plus voir le décor avec netteté. Je suis soulagé d'être là où je dois me trouver, d'avoir fait ce que je devais faire. Je me sens apaisé.

« Tu m'as tellement manqué, Sasuke. » Murmurais-je en fermant les yeux. Je n'obtiens pas de réponse mais je n'en attendais pas moins venant de mon Uchiwa remplis de fierté. Soudain, je sens une goûte sur mon visage, puis une autre. Je force pour ouvrir les yeux afin de vérifier s'il pleut mais non : le ciel est bleu. Lorsqu'une nouvelle gouttelette arrive sur ma joue, je constante alors que ce n'est pas la pluie, mais des larmes.
Sasuke pleur et le vent de sa course entraîne ses larmes sur ma joue. Lorsqu'il réalise que j'ai ouvert les yeux, il tourne un peu la tête pour que je ne vois pas son visage.
« Naruto, je suis désolé. »
Je sens mon cœur s'envoler.
L'instant suivant, je m'endors.

oOoOoOoOoOoOoOoOo

J'entends autour de moi un « bip » régulier, et plusieurs bruits de machines diverse. Tous ces bruits, je les ai assez souvent entendus pour deviner que je suis dans une chambre d'hôpital. J'ouvre lentement les yeux mais j'ai du mal à y voir. Je prends mon temps et cligne plusieurs fois avant que les images commencent à être nets. Je tourne légèrement la tête pour observer ce qui m'entoure. Je suis à l'hôpital en effet, mais je ne suis pas dans une vraie chambre. Je suis dans une pièce fabriquée avec des rideaux tirés et j'entends tout autour de moi le brouhaha du corps médical et des patients. Il a dû y avoir trop de blessé, et des chambres supplémentaires ont été créés comme celle-ci.
Je vois que mon bras et relier à une transfusion et à une poche de perfusion. Je souris en comprenant que c'est certainement Sakura qui a encore dû me donner son sang. Je l'en remercie intérieurement. Combien de fois m'a-t-elle sauvé la vie, au juste ? C'est la meilleure amie que je n'ai jamais eue. Enfin, elle et Hinata, bien sûr.

Hinata. Mon sourire se fane alors que je repense à elle. Elle aussi, à tout fait pour me sauver la vie. Elle a même sacrifier la sienne. Je trouve ça tellement injuste qu'elle soit morte comme ça. Je me réconforte un peu en me disant qu'elle m'aurait dit que c'était son choix. Elle était comme ça, Hinata. Elle allait toujours au bout de ses idées, peu importe le prix à payer.
« Naruto ? »
Je tourne la tête vers la voix qui m'appelle, et je découvre la rose qui s'avance vers moi en souriant. Je me redresse dans le lit non sans effort, prêt à entamer la conversation, quand je suis interpellé par Kurama qui est très inquiet.

« Naruto, viens voir ça, dépêche-toi ! »
Je m'exécute sans me faire prier. Dans l'antre de mon bijuu, je constate dans un premier temps que toutes les brèches ont été colmaté. L'énorme boule rouge est toujours là et fait toujours autant de bruits, mais aucune trace de Kurama.
« Par ici, gamin ! »
De l'autre côté de la sphère. Je cours pour faire le tour et je fini par l'apercevoir enfin. Les deux pattes avant tendue au-dessus de sa tête, il semble appuyer de toute ses forces pour tenir quelque chose. Je me fige et me décompose lorsque je comprends enfin.
Il y a une brèche sur la sphère. Une fissure de laquelle s'échappe du liquide. Kurama fait tous ce qui est en son possible pour éviter qu'elle ne s'aggrave.
« Naruto, il faut que sakura utilise son ninjutsu sur ton sceau. Je me débrouillerais pour reconduire son chakra au bon endroit. »
Je ne réponds pas, je reste pétrifier. Mon fils, mon enfant. Se pourrait-il que par ma faute, nous ne nous rencontrerons jamais ? J'ai été tellement égoïste, tellement imprudent. Si je n'avais pas pris autant de risque, il ne lui serait rien arrivé. Je commençais enfin à ressentir son propre chakra circuler à l'intérieur de moi.

« Réveil toi, Naruto ! On n'a pas toute la nuit. »
Je tressaille, je dois me ressaisir. Ce n'est pas dans mes habitudes d'être aussi pessimiste. Tout est loin d'être perdu, je ne dois pas encore une fois me laisser influencer par ma peur. Sans perdre plus de temps, je retourne dans mon lit d'hôpital avec Sakura qui avance vers moi. Mon expression change et elle le voit, elle se fige et ouvre de grand yeux surpris.
« Naruto, tout va bien ? »
Je n'arrive pas à lui répondre, je ne trouve pas les mots. De toute façon elle me comprend sans que j'aie besoin de lui parler. Elle se précipite vers moi et prend mon poignet pour vérifier mon pou mais je la coupe en attrapant ses mains et en plantant mon regard dans le sien.

« Naruto… » Commence Sakura d'une voix inquiète, mais je la coupe.
« Sakura, écoute-moi. Il faut que tu envoies ton ninjutsu à l'intérieur de mon sceau.
- Tu veux dire, directement sur Kyubi ? Je ne sais pas si j'en suis capable. Qu'es qui se passe, explique-moi.
- On n'a pas beaucoup de temps, je t'expliquerais tout plus tard. Il faut que tu y arrive, Sakura ! »

Je n'ai pas besoin de lui expliquer que c'est important, elle le lit dans mon regard. Sans perdre plus de temps elle abaisse le drap pour découvrir mon ventre et pose ses mains dessus. Elle envoie son ninjutsu, mais je sens qu'elle a beaucoup de mal à le diriger là où elle veut. Sourcils froncés et mâchoires serrées, elle peine à faire ce que je lui ai demandé. Elle se fait violence, cherche, lutte, puis finalement elle s'immobilise. Je sens son ninjutsu disparaître au plus profond de moi. Elle a réussi.

« Yes ! elle a du talent, cette petite. » Se réjouis Kurama en souriant. A l'aide de son propre chakra, il redirige celui de Sakura pour l'envoyer pile sur la faille. C'est un peu comme s'il lui prenait la main pour lui montrer ou soigner. Tout semble parfaitement bien se dérouler mais d'un seul coup : tout s'arrête. J'écarquille les yeux, surpris. Sakura a sursauté et c'est soudainement reculé. Elle me fixe avec des yeux ronds et lorsque son regard croise le mien, elle avale sa salive pour reprendre un peu de contenance.
« Naruto, je ne veux pas te faire peur, mais je crois qu'il y a quelque chose à l'intérieur de ton corps. Quelque chose d'autre que Kyubi. »
Je ferme les yeux et peste intérieurement. J'aurais dû me douter qu'elle allait se rendre compte de quelque chose, j'aurais peut-être dû la prévenir avant. Mais on a plus le temps de discuter. Je dois la convaincre de poursuivre en restant dans l'ignorance pour l'instant. J'ouvre les yeux et lui jette un regard sérieux, presque sévère.
« Continue, Sakura. »

Elle cligne plusieurs fois, surprise par ma réaction qui la désarçonne. Elle reste immobile encore une ou deux secondes, puis pose de nouveau ses mains sur mon ventre pour reprendre là où elle c'est arrêter. Elle travail en silence, sourcils froncés et le regard concentré. Kurama place et fait glisser son ninjutsu sur la faille de la sphère qui se résorbe correctement, jusqu'à ce qu'elle soit complètement réparée. Une fois tout revenue à la normal, je pousse un profond soupire et m'autorise à décontracter mes muscles tendus par le stresse. Kurama m'imite et lâche la sphère pour ramener ses bras à lui. Il s'étire tout en arrêtant de diriger le ninjutsu de Sakura, lui donnant ainsi le feu vert pour s'arrêter. Cependant elle n'en fait rien. Surpris, on regarde son ninjutsu prendre en l'ampleur et glisser le long de la sphère. Elle est entrain de la sonder.
Elle examine mon bébé.

En comprenant ce qu'elle fait, j'ai envie de sourire de toute mes dents : mon amie et tellement douée. Elle a compris de quoi il s'agissait et avant de repartir, elle vérifie que tout va bien pour lui. Paradoxalement, j'ai aussi envie de disparaître pour toujours et de ne plus jamais la recroiser. Je suis envahi par une honte insurmontable et je ne sais pas du tout comment faire face à ce sentiment de gène qui m'entrave complètement. Pieds et poings liés, je n'ai d'autres choix que de l'affronter, même si j'ai juste envie de lui tourner le dos et de me cacher sous les draps.
Elle termine son examen et se redresse, les yeux toujours rivés sur mon ventre. Moi je déglutis et rougis à vue d'œil.

Lentement, Sakura fini par tourner son visage vers moi. Son regard est indéchiffrable et ça m'angoisse, j'ai envie de partir en courant vite et loin. Tout aussi lentement, elle se tourne et vas récupérer le porte document qu'elle a laissé tomber en rentrant dans ma « chambre » un peu plus tôt. Je l'observe sans me calmer et la regarde revenir vers moi. Elle me tend le porte document que je récupère d'une main presque tremblante.
J'observe les feuilles de papiers accrochés dessus : ce sont mes résultats sanguins. Cela-dit, je suis incapable de les interprétés et plonge mon regard timide et perplexe dans celui sévère de Sakura qui se tient droite devant moi, les bras croisés sur sa poitrine.

« Je venais te voir pour m'assurer que tout allait bien pour toi. Lorsqu'on m'a amené tes analyses de sang, j'ai cru que l'analyseur était cassé. Puisque je ne pensais pas pouvoir me fier à ces résultats, je voulais constater de ton état directement. »
Sa voix et distante et dépourvus d'émotion. Elle est en colère, je le sens. Mais je n'arrive pas à cerner pourquoi exactement. Et je ne comprends pas le rapport avec son histoire d'analyses.
« Et alors ? » Osais-je demander d'une toute petite voix pour ne pas l'énerver encore plus.
« Et alors tes résultats sont tout à fait cohérents, si on prend en compte la faite que tu es enceinte de 6 mois, baka !
- Chut Sakura ! Pas si fort. » Dis-je en regardant frénétiquement les rideaux autour de moi.

Je ne veux pas que qui que ce soit d'autre ne l'apprenne. Une personne, c'est presque déjà trop. Elle me fixe avec amertume en redressant un sourcil, comme pour me faire remarquer que je n'ai pas à lui donner d'ordre et que je ferais mieux de faire profil bas. Je me vexe presque mais je prends sur moi alors que le silence s'installe entre nous. Je comprends qu'elle soit en colère : elle doit avoir beaucoup d'analyse à faire et avec un analyseur HS, ça a dû lui rajouter beaucoup de travail. Cependant elle pourrait comprendre qu'étant donné la situation, je n'ai pas vraiment eu l'occasion de la prévenir plus tôt. Je n'allais quand même pas me promener avec une pancarte autour du cou pour avertir tout Konoha. Oui je trouve ma situation très gênante et délicate et oui, ça a dû lui poser quelques problèmes à cause des analyses : mais quand même. De là à me fixer comme si j'avais tué quelqu'un, il ne faut pas exagérer. Je dois admettre que sa réaction me touche et me fait de la peine. Je baisse les yeux et tourne un peu la tête en y pensant. Nous restons encore quelques secondes dans le silence, si bien que je fini par croire qu'elle va repartir sans dire un mot de plus.
Je suis presque surpris et je me tourne vers elle lorsqu'elle m'appelle par mon prénom, à voix basse.

« Naruto, mais enfin, ou avais-tu la tête ? »
Sa voix et pincé et retenue. Elle est très en colère, très émotive. Elle murmure mais je sens qu'au fond d'elle elle a envie de pleurer et de hurler. Je ne lui réponds pas, je la laisse poursuivre.
« Est-ce que tu as pensé à moi ? Quand tu m'as demandé te remettre sur pied pour aller combattre, est-ce que tu as pensé à lui ? Comment crois-tu que je me serais senti, s'il était mort parce que je t'avais laissé partir ? »
J'écarquille les yeux puis cligne plusieurs fois. C'est donc pour ça, qu'elle est si énervée ? Parce qu'elle a eu peur ? Un poids me libère la poitrine lorsque je réalise et je prends une grande inspiration en fermant les yeux. Je me sens soulagé.

« Sakura…
- La poche placentaire était fracturé, Naruto. Si elle c'était rompue, c'était fini. »
Je tressaille et avale ma salive avec difficulté. J'ai été tellement inconscient. Les années passent mais j'ai l'impression d'être resté exactement le même idiot irréfléchi qu'avant : contrairement à Sasuke, contrairement à Sakura, moi je n'ai pas évolué. Je suis resté un gamin débile. Et dire que j'ose m'imaginer devenir Hokage. Je ne sais même pas m'occuper de moi et de mon enfant, comment pourrais-je espérer m'occuper d'un village tout entier ? Je suis pathétique.
Je me passe une main sur le visage et je soupire, à l'intérieure de moi j'entends mon bijuu grogner.
« Arrête de te lamenter comme ça, gamin. Tu as fait une erreur, ça arrive. Crois-moi, tu en feras beaucoup d'autres. Mais à chaque fois, tu apprends, afin d'essayer de ne plus les reproduire. C'est ça, être parent. »

Je souris.
Kurama.
Depuis des années, tu m'épaule, tu me soutiens, tu m'encourages.
J'ai vraiment une chance folle, de t'avoir comme ami.
En face de moi, Sakura soupire et vient finalement s'asseoir sur mon lit. Je me redresse pour m'asseoir également. Son regard à changé, elle n'est plus fâchée. Je suis content que la crise soit passé pour nous tous.

« C'est donc pour ça, que tu es parti. » Conclut-elle en fixant le plancher. Je l'observe attentivement, je remarque que l'évocation de se souvenir l'attriste, mais je la laisse poursuivre ses révélations.
« On a rapidement sue pour le mariage arrangé de Sasuke et Hebiko. Nous avons immédiatement fait le lien avec ta disparition, mais Shikamaru ne trouvait pas ça suffisant comme argument pour te faire changer d'univers. Mais ça associer à la nouvelle, je pense que ça devait en effet faire trop, même pour toi. » Dit-elle en pointant mon ventre du doigt.

J'acquiesce lentement pour lui donner raison. Elle passe une main dans ses cheveux en soupirant : ça fait beaucoup de choses à encaisser d'un seul coup. L'attaque de Konoha, mon retour, mon petit : je comprends qu'elle soit un peu remuée. Je sens que je le suis, moi aussi.
« Et alors ? »
Sakura me regarde avec interrogation, elle ne comprend pas ma question. Je souris avant de préciser.
« Tout va bien ? »
Elle aussi, son sourire s'illumine d'un sourire radieux.
« Oui. Tout va bien. »

Nous rions ensemble en réalisant cela. Sasuke ne s'est pas marié, Konoha est sauvé, tout le monde va bien, mon fils est en pleine forme.
Je tique un peu à cette réflexion : je me demande qu'es qui me permet de penser que c'est un garçon. En vrai, je n'en sais rien. J'en suis pourtant profondément persuadé. Je vais avoir un fils. Il sera intelligent comme son père, mais très bruyant et agité comme moi. Il sera fier, mais il sera généreux : toujours prêt à tout pour aider les autres. Il sera fort et puissant. Puis surtout, se sera un gentil garçon. Et je ferais tout pour qu'il grandisse dans un environnement de paix, sans guerre, conflit, et sans Akatsuki.

En parlant de ça, je ne sais toujours pas ce qui s'est passé au village !
« Sakura, qu'es qui s'est passé ? Pourquoi Konoha a été à moitié ravagé ?
- Un dénommé Pain, un ancien élève de Jiraya-Sama. Il a débarqué et nous a parlé d'une vengeance contre le village, une leçon qu'il avait à nous donner, et il a tout détruit. Tsunade c'est battu contre lui. Elle a invoqué la Princesse Limace. Cette invocation peut se diviser et ainsi, elle a pu placer une petite limace sur chacun de nous. En se servant du lien qui l'unie a son invocation, elle a pu soigner tout le village tout en continuant à se battre, mais ça lui a demandé beaucoup trop d'effort et elle s'est fait battre. Sasuke et Itachi sont intervenus avant qu'elle ne se fasse tuer. Orochimaru va se servir de ça pour essayer de prendre le pouvoir de nouveau, j'en suis sûre.
- L'Akatsuki c'est reformé ?
- Non, mais presque. »

Je vais pour lui poser des question mais je suis coupé par l'arrivé d'un nouveau chakra dans les environs. Dans un même mouvement, moi et Sakura tournons la tête vers le rideau par lequel cette personne devrait faire son apparition. Sakura sourit et se lève de mon lit.
« Je vais vous laisser, je dois reprendre le travail, de toute façon. »
Elle récupère son porte document et commence à s'éloigner lorsqu'une question qui aurait dû me venir en tête bien plus tôt me traverse soudain l'esprit.
« Sakura, qu'es que tu as fait d'Obito ? »
Sakura rigole, amusé que je ne me soucie du sort de mon ami que maintenant.
« Je l'ai réquisitionné pour nous aider à l'hôpital. Il est actuellement en train de jouer les infirmiers au deuxième étage. Je lui dirais que tu es réveillé. »
Je souris à la rose pour la remercier. Elle disparaît derrière le rideau, mais je sens à son chakra qu'elle s'est fait intercepter avant d'arriver au couloir. Je tends l'oreille pour écouter la conversation.

« Comment va-t-il ?
- Il s'en remettra, comme d'habitude. Il est solide, tu sais bien. »
Sasuke soupire, rassuré. Il reprend sa route pour venir vers moi, mais il est interpellé par Sakura et s'arrête pour l'écouter.
« Sasuke, juste une précision. Je ne veux pas qu'il mène le moindre combat pendant au moins 3 mois. Je compte sur toi pour le surveiller. »
Sasuke ne répond pas mais je devine qu'il acquiesce. Elle est forte, cette Sakura : avec une telle directive, Sasuke ne m'autorisera même pas à chasser une mouche.
L'Uchiwa fait irruption dans ma " chambre ", et nos sourires s'étire à la seconde ou nos regards se croisent. Il marche vers moi et j'observe sa manche gauche vide flotter derrière lui. Il s'immobilise en arrivant aux abords du lit.
« Comment te sens-tu ?
- Encore un peu fatigué, et toi ?
- Bien, merci. Sakura t'as dit combien de temps tu vas devoir rester ici ?
- Elle ne m'a rien dit, mais je pense que j'en ai encore pour quelques jours. »

Sasuke acquiesce. Moi, je lui lance un sourire espiègle. Lorsqu'il le croise, il lève les yeux au ciel en soupirant : je crois même le voir rougir un peu.
« Ce n'est pas pour ça que je demande… » Marmonne-t-il pour sa défense.
Je rigole, amusé de l'avoir mis mal à l'aise. Lui se cache derrière un sourire gêné.
« Je sais bien » Finis-je par admettre.
« Usuratonkachi. »

On se sourit alors que le silence s'installe entre nous. On n'a pas besoins de mots, on a juste besoin de temps. De temps ensemble. Lentement, sa main droite se rapproche de la mienne. Je frissonne lorsqu'il attrape mon indexe et mon majeur avec les siens. Son contact me fait du bien, je me sens mieux et détendu. Je sens même mon fils s'apaiser à l'intérieur de moi, je le sens à son flux de chakra. Certainement que me sentir aussi détendu l'a calmé lui aussi. Je glisse ma main libre sur mon ventre : il va falloir que je me décide à lui en parler un jour. Demain, ça ne sera pas plus facile qu'aujourd'hui. Je le sais bien. Cependant, je suis incapable de trouver les mots. L'excitation que j'avais ressenti lorsque j'ai appris la nouvelle n'est plus là, et sans elle, cette révélation me semble extrêmement complexe. J'ai honte. J'ai honte, et j'ai peur. Et s'il le prenait mal ? Et s'il me trouvait monstrueux ? Et s'il ne voulait pas de lui ? Il y a tellement de risques que je n'ai pas envie pour de me jeter à l'eau. Mais est-ce que j'ai le choix ? C'est ça ou lui mentir, et dans peu de temps, repartir encore. Même si je ne quitte pas le monde ninja, je ne pourrais pas rester à Konoha si je ne lui dis pas qu'on va avoir un enfant. Je n'ai plus le courage pour m'éloigner de lui une nouvelle fois : je n'ai donc pas le choix.

« Sasuke. »
L'interpelé me regarde. Il m'écoute avec attention. Moi je suis stressé, mon rythme cardiaque accélère. Je suis angoissé à en transpirer. Des gouttes de sueurs glacées se forment dans ma nuque et je sens que je commence à être obliger de contrôler mes tremblements. J'ai une grosse boule dans la gorge qui je le sens, va m'empêcher de m'exprimer correctement. Sasuke lui, fronce les sourcils, inquiet. Il sent tous ces changements chez moi. Il resserre un peu son emprise autour de mes doigts et me couve du regard : il patiente pendant que moi, je cherche les mots et du courage.

« Je, il faut que je te dise… »
La boule que j'ai dans la gorge grossie et m'étrangle. J'ai peur, je fuis son regard et me frotte la nuque avec ma main libre. Je me recharge un peu en courage et souffle un coup avant de reprendre, le regard rivé sur mon ventre.
« Il faut que tu sache que bientôt…
- Naruto ! Tu es réveillé. »

Je tourne la tête vers la personne qui m'a interrompu et intérieurement, je le remercie, même si je sais que se n'est que partie remise. Obito passe le rideau en souriant. Il se stop cependant en réalisant que je ne suis pas seul. Il fixe Sasuke avec interrogation, il ne doit pas l'avoir recroisé depuis son intervention lorsqu'il nous a sauvé. Je devine qu'il se pose beaucoup de question sur lui. Sasuke lui le fixe avec un regard que je devine un peu hautain, un sourcil légèrement relevé. Est-il frustré qu'il m'ait interrompus ou se pose-t-il des questions sur la nature des liens que j'entretiens avec lui ? Je souris à l'idée que Sasuke puisse être jaloux d'Obito. C'est vrai que mis à par sa moitié de visage ravagé, Obito est lui aussi devenue un bel homme. Son corps et bien proportionné, suffisamment musclé pour être puissant mais assez léger pour être souple et rapide. Il a les cheveux un peu plus longs que moi mais bien plus court que ceux de Sasuke : Cependant ils sont tout aussi noir que ceux de l'Uchiwa. Leur yeux onyx aussi se ressemble, tout comme leurs peaux pâles. Sasuke a-t-il noté toutes ces ressemblances ? Serait-ce à cause d'elles qu'il est inquiet à propos de la nature de notre relation ? C'est vrai que si j'avais cherché à le remplacer sur terre : je n'aurais pas pu trouver mieux. Enfin, si on reste sur les ressemblances physiques bien sûr, car d'un point de vue caractère : ils n'ont rien à voir. Il a toujours été comme moi, Obito. Un peu foufou, trop téméraire, du genre à rire trop fort et se faire remarquer. Notre duo ne passait jamais inaperçus. Quoi qu'il en soit, Sasuke ne décroche pas nos doigts, même lorsque le regard d'Obito vient se poser sur nos mains. Ça me dérange un peu mais je ne ramène pas ma main pour autant, comprenant la peine que cela pourrait faire à l'Uchiwa. Obito me lance un regard curieux et je lui sourie. D'un mouvement de tête, je l'invite à nous rejoindre. Obito s'exécute timidement et Sasuke fini par me lâcher et s'éloigner un peu pour laisser une place à mon ami dans le cercle.

« On n'a pas eu le temps de se présenter, je crois. Je suis Obito. » Commence mon ami en lançant un regard timide à Sasuke et en lui tendant sa main gauche. Je me pince les lèvres pour ne pas rire alors que Sasuke fixe sa main tendue avec dépit. Obito met quelques secondes à comprendre et lors-qu'enfin, il comprend que Sasuke n'a plus de main gauche, il se dépêche de changer de main et prends une expression paniquée
« Je suis désolé ! » Dit-il en tendant sa main droite. Je rigole et même Sasuke émet un petit pouffement avant de lui serrer enfin la main. Je pense qu'en quelques secondes, il à du comprendre qu'il n'avait pas grand-chose à craindre d'Obito.
« Sasuke. » Se content-il de dire pour les présentations.
Je les observe et mon cœur se gonfle. Tout se que j'aime se trouve à Konoha, à présent. Ma place est ici, elle l'a toujours été. J'ai été bête de croire que je pourrais m'en sortir sur terre. Là-bas, ce n'était que de la survie.

« Naruto, comment tu nous as emmené ici ? » me demande Obito. Mon regard tombe dans le siens et je réalise qu'il doit avoir un million de question à poser maintenant que le calme est revenu. Je jette un regard à Sasuke et lui demande silencieusement de m'épauler dans les longues et complexes explications qui vont suivre.
Je reprends tout dans l'ordre, depuis le début. Nous lui expliquons pour les différents mondes, pour ma capacité permettant de voyager de l'un à l'autre, la même que celle de mon père. On lui explique le chakra, le monde ninja, les mutations, les bijuu, les pleines lunes. Je lui raconte aussi un peu mon histoire, en sautant les chapitres les plus intimes. Je parle de mon retour sur terre en m'adressant aux deux bruns. Je leur parle des combats, de Seito, d'Hinata. Mon cœur se serre en évoquant son nom, et je lis dans les yeux de Sasuke que mes révélations le peine : mais je ne veux plus lui mentir. Je veux qu'il sache, afin de repartir sur des bases saines si on arrive à repartir un jour. Je parle aussi de Kurama, de son soutien. Je leur raconte le changement dans le club, la mise en place du complot, jusqu'à arriver à mon face à face avec Obito. Je serre le point et retiens mes larmes en expliquant dans quelles conditions est morte Hinata. Je ne peux m'empêcher d'évoquer ses rêves et son parcours : j'ai l'impression de donner un sens à sa vie en parlant d'elle. Pour finir j'avoue, mon intention première de tout faire exploser, jusqu'à se que je me rappel qu'il y avait toujours Obito. La suite, ils la connaissent déjà.

Il nous a fallu des heures pour expliquer tout ça, et encore : on a sauté et simplifier beaucoup de choses pour les rendre le plus compréhensible possible. Je me sens fatigué, mais je devine que c'est surtout le fait d'évoquer ma vie, notamment les derniers mois, qui m'as mis un coup. Le regard bas, je redresse la tête en sentant une main se poser sur mon épaule. Mes yeux croisent ceux de Sasuke. Il me lance un regard bienveillant et remplis de soutient. Je sens mon cœur se gonfler et mes lèvres s'étirer. Lui aussi me sourit. Je comprends son message sans qu'il ait besoin de prononcer le moindre mot.

« On a beaucoup parlé et tu es en covalence, Naruto. Tu dois te reposer. » Lance Sasuke sans lâcher mon regard. J'opine, je sens que j'ai besoin de dormir.
« On y va, Obito. »
Sasuke part en tête sans se retourner. Obito le suit mais avant de quitter la chambre, il se tourne vers moi et me fait des mimes en se faisant se rencontrer ses deux index avant de pointer Sasuke du pouce. Je peux lire sur ses lèvres qu'il me demande silencieusement : « C'est ton mec ? »
Je rigole de bon cœur sans prendre la peine de lui répondre, se qui attire l'attention de Sasuke qui nous jette un coup d'œil sévère. Obito se fige et stop ses mimes avant d'emboîter le pas de l'Uchiwa sans plus faire de vague.
Je suis triste de les voir partir, mais Sasuke a raison, je dois me reposer. Je sens que même le petit en a besoin. Je caresse mon ventre en fermant les yeux. Je divague encore quelques minutes avant de m'endormir. Je repense à notre conversation, aux questions et réactions d'Obito. Il est resté tellement calme, il a tellement bien compris, que j'ai l'impression que se n'est pas la première fois qu'il entendait parler de tout ça. Mon cerveau ne me laisse cependant pas le loisir de creuser plus loin, et je m'endors dans un sommeil profond.

Le lendemain, je reçois beaucoup de visite. La première est Sakura évidemment, qui vient vérifier mon état et celui de mon fils. A l'intérieur de moi, Kurama l'aide a pratiqué son inspection en positionnant son ninjutsu.
« Tout va bien, plus aucun signe de la brèche ! » Se réjouit Sakura. Je lui souris et lève le pouce en signe d'approbation.

« Tu as pu lui en parler, hier ? »
Je me pince les lèvres et répond en mimant un signe négatif de la tête. Sakura comprend sans mal que cette pensée m'angoisse et elle s'assoit un moment sur mon lit en me prenant la main pour le réconforter.
« Il n'y a pas d'urgence, on n'est pas à un jour près. Ça vaut peut-être le coup d'attendre un moment plus propice, tu ne crois pas ? »
Les mots de Sakura me réconforte et je me sens immédiatement un peu mieux. Elle a raison, je ne peux pas lui balancer ça n'importe comment, il faut que je réfléchisse à un moyen de le faire correctement.
« Tu sais quand je vais pouvoir sortir, Sakura ?
- J'avais prévus ta sortie pour demain, mais si tu me jure d'être sage, je veux bien l'avancer à cette après-midi. Ton bilan de ce matin et très bon. »
Je suis ravis : je n'ai jamais aimé séjourner dans les hôpitaux. Puis je devine qu'un lit de libre, ça ne sera pas du luxe avec le nombre de blessés qui n'ont pas la chance de cicatriser aussi vite et bien que moi.
« Promis, Sakura.
- Bon. Je te fais confiance, Naruto. » Insiste-t-elle avant de quitter la chambre.

J'opine, bien décidé quoi qu'il en soit à ne pas faire des folies de ci tôt. Quelques minutes après son départ, c'est Sasuke qui arrive, accompagné d'Obito et Itachi. Ils me font alors une révélation qui me clou sur place.

« Obito est un Uchiwa ! » Répétais-je, comme pour essayer de mieux réaliser cette révélation abracadabrantesque. Je sens que Kurama s'agite à l'intérieur de moi.
« Gamin, on change. Il faut que je vous parle de quelque chose. »
Je lui laisse la place sans poser de question. Mes yeux se changent en ceux du démon renard et mes canines s'allonges, tout le monde fixe Kurama avec attention. C'est rare qu'il soit loquace, et nous devinons tous qu'il est sur le point de parler de quelque chose de sérieux.

« Tout s'est passé le jour de ta naissance, Naruto. J'étais emprisonné à l'intérieur de ta mère. Elle s'appelait Kushina Uzumaki.
- Comment était-elle ? » Demandais-je d'une petite voix, troublé d'entendre parler de ma mère.
« C'était une jolie femme aux yeux clairs. Elle avait de très longs cheveux rouges qu'elle portait détaché. C'était un sacré numéro. Elle te ressemblait beaucoup, surtout au niveau caractère. » Prend le temps de me raconter Kurama d'une voix qui se voulait détacher mais que je sens remplis de remords.

« Je savais que ça serait plus facile pour moi d'échapper à son emprise le jour de son accouchement et j'en ai profité. Son corps n'a pas supporté mon évasion, et elle est morte alors que tu étais sur le point de naître. Tsunade s'est rué sur son corps pour te sauver, pendant que ton père s'acharnait sur moi : Minato Namikaze. Il s'est battu férocement, jusqu'à être sur le point de m'anéantir.
Mes forces étaient en train de m'abandonner, j'allais y rester et définitivement, cette fois. C'est le moment ou Tsunade t'as fait naître.
J'ai profité de l'occasion pour me réfugier à l'intérieur de toi. En tant que nouveau-né, tu n'avais aucun moyen de m'en empêcher. Cependant le choque était trop fort pour ton corps et ta partie mutante n'a pas réussi à résister. J'ai donc pris sa place. Minato était grièvement blessé. Il a demandé à Tsunade de passer un moment seul à seul avec toi. Tsunade lui a accordé. Aillant compris que j'étais là, il a pris peur. Il s'est mis à pleurer à chaude larme en te serrant contre lui. C'est à ce moment que Obito a rappliqué.
Obito était un orphelin du village. Cependant, Minato et Kushina s'occupait très bien de lui, presque comme un fils. Il s'est approché de Yondaime, complètement perdue après mon attaque qui avait causé beaucoup de dégâts dans le village. Minato lui a confié Naruto. Obito était juste assez grand pour arriver à le tenir correctement. Yondaime a alors ouvert une porte, et vous a envoyé tous les deux sur terres. Ses derniers mots t'étaient destinés, Obito. Il t'a dit...
- Il m'a dit : Veille sur Naruto comme si c'était ton frère, et ne l'abandonne jamais. Fais-ça pour moi s'il te plaît jeune ninja du clan Uchiwa. » Coupe Obito.

Je me raidis. Obito est donc vraiment un Uchiwa. Je me demande si lui aussi, malgré ses années d'exile sur terre, il sera un jour activé ses Sharingan. J'ai encore du mal à réaliser que tout ça est vrai.
« Je ne sais pas si ce qui a tué Minato sont vraiment ses blessures, ou si c'est le fait d'avoir perdu sa femme, son fils et son protégé dans la même journée. Je crois que c'est un peu des deux. En attendant, tout ce qu'il a fait, c'était par amour, pour vous protéger, Naruto et Obito. » Conclut le démon. Sur ce il reprend sa place et me rend la mienne. Je retrouve mon corps et mes yeux, et baisse le regard vers mon estomac.
« Merci Kurama, de nous avoir parlé de tout ça. » Lui dis-je d'une petite voix.
Mon biju me lance un regard ému, je le sens soulagé et touché. Je devine qu'il craignait que je ne lui pardonne pas la mort de mes parents. C'est dur, je ne le cache pas. Mais Je sais aussi l'enfer que ça a été pour lui de rester enchaîné tout ce temps. Je l'ai vue de mes propres yeux. N'importe qui aurait réagi comme lui. De plus, il a tout de même eu le courage de prendre le risque de me raconter toute l'histoire. J'aurais très bien pu l'enfermer à nouveau par vengeance, mais loin de là mon intention.

« Parle moi de ma mère, s'il te plaît. » Lui demandai-je en lui faisant face à l'intérieur de son antre. S'en suit une longue conversation que je ne serais pas chronométrer tellement je me sens absorber par son histoire.
Il me parle de toute sa vie, de toutes les étapes importantes qu'elle a franchies. Il me détaille son caractère, sa façon de voir le monde. Je comprends au fur et à mesure pourquoi il m'a dit un peu plutôt qu'elle me ressemblait beaucoup. Je suis ému en écoutant sa rencontre avec mon père, les soirées qu'ils ont passés avec Jiraya. Je découvre que l'origine de mon prénom vient de lui : c'était le prénom du héro de son premier roman. Il en avait eu l'idée en mangeant un plat de ramen. Il ne revient pas sur les circonstances de la mort de Kushina et je ne cherche pas à en savoir davantage : ce n'est pas se souvenir que je veux garder d'elle. Je préfère la garder en mémoire comme je me l'imagine de son vivant, grâce à tous les détails que peut me fournir Kurama.
Je reviens à moi plusieurs heures plus tard, et je constate qu'Obito et Itachi sont partis. Il ne reste que Sasuke qui m'observe, assis au pied de mon lit. Je réalise que mon absence à du paraître bien impolie et je m'excuse en baissant la tête.

« Tu n'as pas à t'excuser, on a compris que tu avais beaucoup de choses à voir avec Kyubi après de tels révélations. » Me rassure Sasuke.
Je lui sourit et il me le rend. Quelques secondes après, une bonne femme passe le rideau et s'avance vers moi. Elle est petite et potelé, elle à un petit nez retroussé et ses yeux noirs sont rapproché au centre de son visage rond. A sa tenue, je devine que c'est une infirmière. Elle à l'air surmenée et marche vite en portant une bassine remplie d'eau savonneuse sur laquelle est posé un linge et sur son épaule, elle porte une serviette de bain.
« Bonjour, jeune homme. Je t'apporte de quoi faire un brin de toilette et des affaires propres.» Dit-elle en posant le tout près de moi.
Je lui sourie et la remercie, elle me répond à peine et déjà, elle repart. Sasuke se lève également, prêt à la suivre.
« Je suppose que tu n'as pas besoin de moi pour ça. » Me dit-il en commençant à partir, mais je l'arrête en lui répondant.
« A vrai dire, je ne peux pas encore bouger comme je veux. Est-ce que tu crois que tu peux m'aider ? » Lui demandais-je avec un peu de gène.
Sasuke acquiesce sans commenter et me rejoint alors que je m'assoie sur le bord du lit. Il s'installe derrière moi et ramène la bassine à lui. Il me tend la serviette que je récupère en attendant ses directives.

« Tiens-la sur tes reins, je n'ai plus qu'un seul bras, je te rappel. »
C'est vrai. Il parait tellement à l'aise malgré ça que j'ai presque tendance à l'oublier. Il récupère le morceau de tissus qu'il égoutte puis commence à le passer dans ma nuque et sur mes trapèzes. Une décharge me parcourt la colonne et je frissonne tellement fort qu'il marque un temps d'arrêt avant de poursuivre. L'effet est immédiat sur moi et je ferme les yeux. Je ne me rappel pas la dernière fois que je me suis sentie si détendu. Ses gestes sont lents, doux et appliqué. Je devine que lui aussi profite de ses quelques instants de complicités que je n'aurais accordé à personne d'autre. Je souris et profite du moment qui tire en longueur car avec un bras, il met beaucoup de temps à rincer et essorer le morceau de tissus à chaque fois qu'il devient trop sec.

« Ça ne te fais pas trop mal ?
- Un peu. C'est surtout étrange. J'oublie souvent, et je ne réalise que lorsque je vois que ma main n'est pas là ou je lui ai demandé d'aller. » M'avoue-t-il.
« ça doit être handicapant, en effet.
- Oui, notamment pour se laver, justement. » Admet-il. Je tourne la tête pour lui lancer un regard et un sourire amusé.
« La prochaine fois alors, c'est moi qui t'aiderais. »
Nous rigolons de ma remarque et il termine en glissant une dernière fois le tissu tiède sur mon flanc avant de le laisser retomber dans la bassine. Je m'assis de nouveau normalement alors que lui se relève.
« Je te laisse terminer seul, je repasserais plus tard.
- Ne t'embête pas : Sakura m'a autorisé à sortir cette après-midi. » Lui dis-je. « Je n'imagine même pas l'état de mon appartement. J'en ai sans doute pour des heures de ménages. » Râlais-je.
Sasuke ne me répond pas tout de suite, mais je comprends à son expression qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Je lui lance un regard interrogateur au quel il fini par répondre.

« Naruto, l'immeuble ou tu habitais n'existe plus. Il a été détruit. »
Je reste bête. C'est vrai que presque la moitié du village a été rasé dans la bataille, j'aurais dû penser à cette éventualité. Néanmoins du coup, je ne sais pas du tout où aller.
« Le quartier Uchiwa a été épargné. On a accueilli beaucoup de monde. Si tu veux, il reste une place dans la maison. »
Un large sourire se dessine sur mon visage alors que je devine les pensées de Sasuke. Je suis certain qu'a l'instant ou il a appris que mon immeuble a été rasé, il a pensé à ça. Il essaie de me glisser l'idée comme si c'était une coïncidence, mais je ne suis pas dupe à ce point : je sais qu'il a pensé à moi depuis longtemps déjà. Ça me touche profondément, mais je décide de le faire un peu payer pour sa petite mise en scène et d'enfoncer le clou. Je relève un sourcil et je fixe avec malice.
« Comme par hasard. Ne me prendrais-tu pas un peu pour un pigeon, Sasuke ? » Il ne me répond pas et lève les yeux au ciel en se retournant.
« Je viendrais te chercher toute à l'heure. » Conclut-il avant de passer le rideau.

Propre, habillé, reposé et prêt à partir : je n'attends plus que l'avale de Sakura afin de pouvoir quitter l'hôpital. Je l'attends, assis sur mon lit. Cependant ce n'est pas elle que je vois passer le rideau. Toujours coiffé de ses deux couettes blondes et équipé de ses airbags, c'est Tsunade qui s'avance vers moi. Elle à l'air épuisé, ses yeux sont cernés et son visage tiré. Je devine que malgré toute l'énergie qu'elle à du donner pour affronter ce dénommé Pain, elle a dû enchaîner avec les soins sans pouvoir prendre le temps de se remettre. Malgré tout, elle me sourit quand nos regards se croisent.

« Ça te rappelle des souvenirs ? » Lui dis-je en évoquant notre première rencontre. Elle rit un peu et se met a avancer vers moi en se redressant.
« Naruto. Disparaît encore une fois sur terre, et je te tue. »
Mon sourire s'élargie : elle n'a pas changé. Elle me demande de me lever afin de pouvoir faire un dernier check-up avant de me laisser sortir et je la laisse m'ausculter sans broncher. Alors que les secondes s'écoulent, je commence à ressentir sa tension et je comprends que se n'est pas dû uniquement à sa fatigue. Quelque chose la perturbe. J'ai la faculté de pouvoir lire de plus en plus facilement les émotions et les sentiments des gens qui m'entourent depuis que je suis revenue. Est-ce dû à une évolution dans mon maniement du chakra, à la gestation ou à une prise de maturité ? Je ne sais pas, mais dans l'immédiat, je préfère me concentrer sur Tsunade.

« Qu'es qui t'arrive, Tsunade ? » Lui demandais-je à voix basse, bien conscient que les murs sont en tissus et qu'il y a de nombreuses oreilles qui pourraient traîner autour de nous. Tsunade, sans s'interrompre, jette quelques œillades autour d'elle avant de me répondre en murmurant également.
« Konoha est très affaiblit. On a pris un gros coup, physiquement, émotionnellement et financièrement. Je sais que Orochimaru ne va pas laisser passer cette opportunité et il va en profiter. Je pense que la seule raison pour la quelle il n'est pas encore intervenue, c'est à cause de ton retour. » Me confit-elle.
Orochimaru. Rien que d'entendre son nom me donne la nausée. Ce serpent de malheur ne finira donc jamais de venir sans arrêt nous mettre des bâtons dans les roues ? Que va-t-il bien pouvoir imaginer, cette fois-ci ? Je fronce les sourcils, énervé d'imaginer son visage et son sourire malsain.
Tsunade termine son examen et plante son regard dans le mien avant de reprendre la discussion.

« Je crois qu'il va essayer d'organiser une table ronde pour que je sois licencié de titre d'Hokage. »
Je frémis et ouvre grand les yeux. Ce monstre vicieux et profiteur serait prêt à aller jusque-là ? Je serre le poing, j'aurais dû le tuer lorsque j'en ai eu l'occasion.
« Ne t'en fais pas, Naruto. On va prendre l'avantage. » Me rassure Tsunade en posant sa main sur mon épaule. « D'ici quelques jours, je vais envoyer en toute discrétion une petite équipe pour escorter Gaara jusqu'à Suna afin qu'il puisse prendre son titre de Kazekage. Et à l'instant où il sera nommé, je vais moi-même démissionner. Ainsi, j'aurais l'avantage de pouvoir proposer un candidat pour me remplacer. »

Je me raidit. Gaara doit donc devenir bientôt Kazekage ? Quant a Tsunade, je n'arrive pas à me faire à l'idée que se ne soit plus elle qui soit à la tête de Konoha. Elle a tellement donné pour ce village, elle ne mérite pas de partir comme ça.
« Naruto, tu vas escorter Gaara jusqu'à Suna avec Sasuke. Il ne faut pas qui lui arrive quoi que se soit en route. S'il ne devient pas Kazekage, ça risque de jouer contre nous lorsque je proposerais mon successeur.
- Et qui est-ce que vous comptez nommer Hokage, mamie-Tsunade ? »
Son regard change. Elle qui était si sérieuse, m'envoie soudain un regard plus doux, plus affectueux. Je sens beaucoup d'amour et de fierté dans ses yeux. Elle a le regard d'une mère.
« Toi. »