Nous arrivons à Suna huit jours après notre départ. Bien que le voyage se soit passé sans l'ombre du moindre problème, je me sens exténué. Sasuke aussi en a bavé : maintenir son Susano en permanence était épuisant et il n'allait pas plus vite que lorsqu'il cour sans son croisé. Après la première nuit, on a donc décidé de poursuivre notre avancer dans nos vrais corps. Enfin eux surtout, parce que pour moi c'était impossible de laisser sortir Kurama : on se serait fait repérer à des kilomètres. Mais qui dit pas de mutant dit également plus de monture pour moi qui ai dû courir comme tout le monde. Un exercice bien plus difficile que dans mes souvenirs. Sasuke a bien sur remarqué mes efforts démesurés par rapport à la difficulté de la course et le soir même sous la tente, le sujet a été mis sur le tapis. J'étais déjà entrain de m'endormir, allongé dos la lui. Lui avait passé son bras autour de moi. J'étais bercé par sa respiration régulière juste à côté de mon oreille lorsqu'il m'a jeté un sceau d'eau froide dans la tête avec une seule phrase.

« Qu'es que tu me cache, Naruto ? »
Soudain mieux réveillé qu'en pleine journée, je me suis tétanisé. Allait-il falloir que je crache le morceau comme ça ? Sans avoir trouvé la situation idéale que je cherche ? Je vais lui annoncer ça sous une tente en chuchotant avec Kankuro et Gaara installé à peine à quelques mètres de nous ? En sentant mon angoisse montée en flèche, Sasuke a soupiré dans mon dos et resserré son emprise autour de moi.
« Bonne nuit.
- Bonne nuit. » Répondis-je dans un murmure. Mais bien évidemment, j'ai mis un temps fou à m'endormir après ça.

Il n'a pas refait d'allusion depuis, il patiente sagement que je me décide à parler. Il ne veut pas me brusquer et son comportement me soulage beaucoup, mais je n'arrive pas à me décider. Notre arrivé à Suna à définitivement clos toute possibilité de me confier. Ce n'est ni l'endroit, ni le bon timing pour discuter de notre vie privée, ici. On va sans nul doute avoir beaucoup d'autres choses à gérer.
On traverse la ville du désert d'un pas lent. Il fait toujours trop chaud, ici. Impossible de faire un mouvement trop vif sans se mettre à transpirer comme un bœuf. La ville a beaucoup changé depuis mon passage avec Jiraya. Elle s'est agrandit et modernisé. Les gens que nous croisons ont l'air heureux et épanouis. Je devine que Gaara sera parfait pour le poste de Kazekage. Je l'imagine parfaitement mener cette ville d'une main de maître. Assez rapidement, nous arrivons devant un grand bâtiment. Nous escortons Gaara à l'intérieur et il est très vite entraîner dans les bureaux des grands conseillés auxquels moi et Sasuke n'avons pas l'accès. On décide donc de profiter de la ville et d'aller faire un peu de tourisme. Côte à côte, le visage caché sous nos capuches pour nous protéger de la chaleur, on avance entre les bâtiments sans vraiment réfléchir à la direction qu'on prend. On marche en observent l'architecture et les gens. Parfois, on s'autorise un petit comparatif avec Konoha, ou alors je lui fais partager mes souvenirs de la ville telle qu'elle était lorsque je l'ai connue.

« Tu es resté combien de temps à Suna ?
- Je ne sais plus trop, environ un mois je pense. » Dis-je en hochant les épaules. « Jiraya n'aimait pas beaucoup les fortes chaleurs, on n'a pas fait long feu dans les environs. Nous préférions les montagnes. » Dis-je en affichant un sourire évasif.
« Il serait fier de toi, aujourd'hui. »
Je jette un coup d'œil à mon amant. Il me lance un sourire réconfortant à travers l'ombre de sa capuche et je lui réponds. Nous continuons d'avances dans les rues en discutant pendant encore plusieurs heures. On parle de Gaara, de son nouveau rôle de Kazekage. On parle de Pain, on met à plat nos impressions sur cette attaque et sur les raisons qui ont poussé cet homme à faire ça. Était-il vraiment seul ? On en doute tous les deux. On parle aussi d'Itachi et de Hana, de leur enfant à naître. Ce sujet m'amuse, me met en joie et me gêne en même temps. Impossible de ne pas penser à ma propre situation et je me sens un peu coupable de ne pas encore avoir intégré Sasuke à mon secret.
« J'aimerais que ce soit un garçon. » Dis-je en parlant du futur enfant d'Itachi, imaginant déjà un meilleur ami pour mon fils avec qui il pourrait faire les 400 coups, comme moi avec Obito.
« Je préférerais une fille. Elles font moins de bêtises, je serais plus tranquille si parfois Itachi me demande de la garder. »
C'est du Sasuke tout cracher, ça. Je souris et étouffe un rire en imaginant sa tête lorsque notre enfant trouvera toujours une bêtise plus grosse que la précédente à faire. Je le fixe d'un regard pétillant, remplis d'amour et de rêves. Caché sous ma cape et ma capuche, je sais que mon regard ne pourra pas me trahir, et je peux garder ma main droite posé sur mon ventre en toute tranquillité.
« Qui sait, peut-être qu'ils auront des jumeaux. Au moins, on sera content tous les deux.
- Dis pas ça ! Tu vas leur porter malheur. »
Je rigole. C'est vrai que deux enfants d'un coup, ça doit être dur comme situation à gérer. Déjà que je me fais des cheveux blancs en m'imaginant l'avenir avec un.

Lorsque nous retournons au bâtiment de l'Hokage, Gaara et Kankuro en sortent à peine. Ils nous proposent de nous héberger chez eux dans la maison familiale et on accepte poliment.
Le soir au repas, Gaara nous explique sa journée. Il va falloir quelque temps avant qu'il devienne officiellement le Kazekage de Suna. Aujourd'hui il a rempli un dossier qui va faire le tour de tous les villages ninja afin que chaque Kage en poste l'étudie et donne son accord ou pas. Il sera ensuite présenter au seigneur féodal et si ce dernier ne voit aucune raison de s'y opposer, alors Gaara deviendra Kazekage. Cependant il y a le risque que un ou plusieurs Kage en poste ne donne pas son aval : au quel cas un conseil aura lieu durant lequel il délibéreront jusqu'à avoir un avis unanime. D'après les cinq grands conseillers de Suna, il y a peu de chance pour que ça arrive. Lors de ces explications, on comprend sans qu'on ait à nous le dire que moi et Sasuke allons devoir nous séparer. Sasuke va être chargé avec un groupe de ninjas de Suna de transmettre le dossier, et moi, je vais devoir rester auprès de Gaara. Pendant une fraction de seconde, on partage un regard triste avec mon amant, mais on se ressaisit vite avant que sa se remarque.

Sasuke est plus rapide et plus discret que moi. Il est donc logique qu'il se charge du dossier. De plus, depuis qu'il a son Rinnegan, il travail sur des techniques de téléportation. S'il arrive à s'en servir pendant son voyage, on pourrait peut-être diviser par deux le temps que tout ça pourrait prendre.
Quelques secondes après qu'on y a pensé, Gaara nous demande si on peut éventuellement se séparer pour gagner en efficacité. Ça nous attriste mais on accepte, conscient que c'est la meilleure chose à faire.
« Un groupe de ninja escortera Sasuke d'un village à l'autre. » Annonce le futur Kazekage. Mais Sasuke lui répond par un signe négatif de la tête.
« Si ça ne te dérange pas Gaara, je préfère être seul. Je serais plus rapide et puis, je n'aurais pas à surveiller une éventuelle embuscade en interne en plus des attaques externe. »

Gaara prend un air concentré. Il réfléchit. Finalement il accorde sa requête à Sasuke qui le remercie.
« Tu peux partir demain matin ? » Demande Kankuro à mon amant. Sasuke se lève alors de table.
« Je préfère partir ce soir. Se sera plus discret et on s'y attendra moins.
- Sasuke ! » Dis-je à mon tour en me levant et en lui jetant un regard soucieux. « Ça fait huit jours qu'on court comme des dératés. Tu devrais prendre au moins une nuit pour te reposer correctement. »
Sasuke me répond par un sourire tendre, oubliant un peu nos hôtes. Il se ressaisit assez vite et se redresse mais n'arrive pas à ravaler son sourire.
« Il n'y a pas que toi qui es solide, Naruto. Fais-moi confiance. »
Je tords la bouche et soupire, moyennement convaincus. Cependant je comprends bien qu'il ne me laisse pas le choix.
« Kankuro, tu sais ou es le dossier ?
- Oui, il est dans un coffre dans le bâtiment du Kazekage. Je t'accompagne : allons y. »
Sasuke opine alors que déjà, Kankuro sort de la maison. Il m'accorde un dernier regard rassurant puis pars à sa suite. Je regarde la fenêtre par la quelle il est parti pendant encore quelques secondes, puis je fini par me rasseoir à table avec Gaara.

« Ne t'en fais pas, il sera bientôt de retour. » Me dit mon ami avec sincérité. Je rougis un peu et lui lance une œillade discrète. Je me demande s'il nous suspecte ou pas. Cependant, Gaara et trop diplomate pour s'enfoncer plus sur un sujet aussi personnel et délicat et il dévie la conversation en continuant de me parler de sa journée dans les moindres détails. Il partage tout se qu'il a retenue pour que je puisse me préparer lorsque se sera à mon tour, je le sais bien. Nous parlons jusqu'à une heure assez tardive puis nous partons nous coucher, tous les deux épuisé. J'ai du mal à trouver le sommeil en allant m'allonger. Le lit et trop vide sans Sasuke, et j'ai du mal à trouver une position confortable. Je me réveille souvent, parfois parce que j'ai trop chaud, parfois parce que j'ai trop froid, parfois parce que j'ai envie d'aller pisser. Allongé sur le dos, une main sur le ventre, j'arrive finalement à me reposer quelques heures avant que le soleil ne se lève.

A titre exceptionnel, le conseil à finalement accordé la requête de Gara et je suis autorisé à le suivre même dans les bâtiments officiels afin de veiller à sa sécurité. Même si ce n'est pas très passionnant d'assister aux réunions et de l'épauler dans la paperasse, c'est toujours mieux que de rester planter devant la porte. Puis encore une fois, ça me permet d'avoir un avant-gout sur se qui m'attend. Au fur et a mesure, épauler par les anciens, Gaara commence à prendre en main ses premiers dossiers. La charge de travail qui c'est accumulé depuis la disparition du dernier Kazekage est impressionnante et il comprend vite qu'il lui faudra des mois pour réussir à rattraper le retard.
Les jours passent et Gaara apprend vite. Kankuro aussi s'investi corps et âme dans son rôle de conseillers. Moi j'essaie de ne pas trop intervenir et d'observer en silence, bien conscient que je ne devrais même pas avoir le droit d'entendre parler des dossiers d'un autre village, mais Gaara ne l'entend pas de cette oreille et régulièrement, il me demande mon avis lorsqu'il doit prendre une décision et qu'il n'est pas sûr. Ça me fait plaisir mais surtout, ça m'aide à voir passer les journées un peu plus vites.

Ça fait maintenant presque deux semaines que Sasuke est parti. Gaara a d'ores et déjà endossé tous les rôles qui siée à un Kazekage. Je sais que traverser le monde ninja ne se fait pas en deux jours, mais je ne peux m'empêcher de m'inquiéter un peu. A moins que se soit le manque qui fait que chaque jour, je pense un peu plus à lui que la veille. Ce soir à table, je suis absent. Je mange sans appétit, le regard fixer sur la fenêtre par la quelle il est parti. De toute façon je mange de moins en moins, si j'avale une bouché de trop : je n'arrive pas à dormir de la nuit.
J'imagine Sasuke franchir la fenêtre en sens inverse, relever la tête et nous sourire en tenant le dossier complet dans sa main.

« Naruto ? Tout va bien ? » Me demande Gaara, se qui me sort de ma rêverie.
« Oui oui, tout va bien. » Lui dis-je pour le rassurer en souriant.
« Tu ne manges pas beaucoup. » Remarque Kankuro. « Ça ne te plait pas ? Tu veux autre chose ?
- Non ! Pas du tout, c'est très bon. C'est juste que si je mange trop le soir, je dors mal après. » Expliquais-je à mes amis. Ils opinent sans chercher plus loin.
« Naruto, je peux te poser une question ? » Me demande Kankuro, un peu mal à l'aise.
« Kankuro. » Gronde Gaara, mais je le coupe en répondant à l'aîné.
« Bien sûr, Kankuro. Qu'es que tu veux savoir ? »

Je devine que la question va porter sur moi et Sasuke. Je suis persuadé qu'ils savent pour nous, avec un peu de recul ça me parait évident. Mais j'ai quand même envie de lui répondre avec franchise. Ça fait des semaines que les deux frères m'hébergent, me nourrissent, s'occupe de moi. Il se sont battu pour que je puisse les épauler même sur les dossiers les plus confidentiels. Tout ça pour que je me sente bien et pour que je puisse profiter de mon séjour pour apprendre les bases du métier de Kage. Ils m'ont prouvé qu'ils me font une confiance aveugle, alors, je peux bien me permettre de répondre à la curiosité de Kankuro, même si elle est un peu déplacée.
« Comment tu as fait pour rester loin pendant autant de mois, alors que tu as l'air de souffrir le martyr au bout de quelques jours d'absence seulement ? »
Je dois admettre que la question est pertinente. Je sourie tout en préparant ma réponse.
« Sur terre, c'est tellement loin. Tout est tellement différent. Mon cerveau essayait tout le temps de me convaincre que Konoha, que les ninjas, ça n'existait pas et que ça n'avait jamais existé. J'avais beaucoup de choses à faire, aussi. Beaucoup d'activités, des problèmes à gérer. Tout ça m'aidait à un peu moins y penser pendant la journée. Le pire, c'était la nuit. » Conclus-je.
Kankuro opine, satisfait par ma tirade, et ne s'aventure pas plus loin dans ses questions. C'est Gaara, pourtant si peu intrusif d'habitude, qui reprend le fil.
« Ça n'a pas été évident pour lui non plus, tu sais. Il ressemblait à une coquille vide. » Je soupire et m'enfonce dans ma chaise en m'étirant. La révélation de Gaara ne me surprend pas vraiment.
« Heureusement tout ça, c'est du passé. Maintenant, il faut penser à l'avenir. » Dis-je en posant une nouvelle fois mon regard rêveur sur la fenêtre.

« Naruto, regarde ça. »
Kankuro me tend un dossier pas très épais que je saisis et ouvre.
« C'est arrivé ce matin. » Précise-t-il.
Je découvre avec rage une demande de licenciement immédiat de l'Hokage de Konoha pour manque d'efficacité lors de la dernière attaque et mise en danger du peuple. Orochimaru s'est proposé pour prendre la relève. Cette requête officielle est signée par « l'organisation de protection et de conservation des traditions et des coutumes de Konoha » autrement dit : OPCTCK. C'était quand même plus simple lorsqu'ils se faisaient appeler « l'Akatsuki ».
Inquiet par mes traits de visage tiré et par mon énervement palpable, Gaara se lève de son bureau et nous rejoint, Kankuro et moi pour regarder le dossier par-dessus mon épaule. Il soupire d'agacement en découvrant de quoi il s'agit.
« Comme si les autres Kage allaient accepter ça. » Sifflais-je entre mes dents. « Ce serpent ne s'en sortira pas comme ça !
- Ne t'en faits pas, Naruto. On a pris l'avantage : tu vois bien le temps qu'il faut pour qu'un dossier sois pris en charge, étudier et approuvé. On a une longueur d'avance sur Orochimaru. A la seconde ou je serais Kazekage, notre unité de communication rentrera en contact avec Konoha et préviendra Tsunade. Une démission n'est pas aussi compliquée : elle est prise en compte immédiatement. Sa demande de délégation va prendre le pas sur la demande d'Orochimaru.
- J'espère que tu as raison. »

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Un mois. Ça fait un mois que Sasuke est parti. Et comme si ça n'était pas suffisant, juste aujourd'hui, il faut qu'il y ait se dossier qui arrive. J'ai l'impression que je ne suis qu'a deux doigts de la crise de nerfs.
Je sens que je suis à vif en se moment. Je suis émotionnellement fragile. Je dors mal, je fatigue vite, je mange peu, j'ai des douleurs dans le dos, je dois sans arrêt régénérer du chakra à cause de celui que je perds. Je suis à fleur de peau et je ne sais pas comment je vais pouvoir survivre encore près deux mois dans cet état. Je n'ai qu'une envie : rentrer à la maison et rester à mourir en PLS dans le lit jusqu'à se que ça se termine.
Kurama aussi est dans un état similaire au mien. Le cœur du petit bat tellement fort qu'il n'arrive plus à dormir et il se fait racketter sans cesse son chakra. Il n'est pas encore arrivé à mon niveau d'irritation, mais on va dire qu'il n'en est pas très loin.

Cette journée passe trop lentement. Je tourne dans le bureau comme un lion dans une cage. Je me sens mal et je ne sais pas quoi faire pour me sentir mieux. Plusieurs fois, Kankuro et Gaara me demande se qu'ils peuvent faire pour moi mais je ne sais pas quoi leur répondre. Ils finissent par baisser les bras et continuer à travailler comme si de rien n'était. Comme d'habitude on reste jusqu'à très tard dans la soirée. Alors que Gaara est sur le point de clôturer son dernier dossier, on sursaute en entendant frapper à la porte. Nos regards se croisent, on est tous surpris que quelqu'un d'autre que nous soit toujours dans le bâtiment à cette heure-ci. Une lueur d'espoir s'allume à l'intérieur de ma poitrine alors que Gaara invite l'inconnue à rentrer. Je me sens envahis d'une grande joie en reconnaissant la silhouette de Sasuke. Il est épuisé, il a le visage creux, le teint gris et les yeux cernés, mais il à l'air satisfait et nous apporte le dossier qu'il tient dans sa main jusqu'à pouvoir le poser sur le bureau. On se lève tous et on l'encercle, on regarde le dossier du coin de l'œil sans oser y toucher. Finalement, c'est Kankuro qui se jette à l'eau et qui demande :
« Ils ont tous approuvé ? »

Un sourire s'étire sur les lèvres de Sasuke alors qu'il opine. Aucun de nous ne peut retenir une exclamation de joie. Kankuro prend son petit-frère dans ses bras et moi j'en fais de même avec Sasuke que je félicite comme si c'était lui qui avait été nommé Kazekage. On rigole, on se séparent pour partager d'autres accolade les uns avec les autres. Après toutes ces semaines de stress et de travail, on accueil cette bonne nouvelle comme un miracle. Même Sasuke rigole et prend les deux frères dans ses bras. Je devine qu'il a dû en baver de son côté aussi. C'est un moment d'exception que nous partageons et qui nous redonne toute notre énergie.
Plusieurs minutes plus tard, ont fini par redescendre. On se fixe les uns les autres en souriant. Kankuro se tourne vers son petit frère et lui demande avec enthousiasme :
« Alors, Kazekage-Sama, quelles sont vos premières directives ? »
Gaara rigole mais lui répond avec sérieux :
« Kankuro, va tout de suite chercher l'équipe de communication : on doit contacter l'Hokage de Konoha. »

Je regagne mon lit en rampant : je suis exténué. Rassemblé l'équipe de communication de Suna et réussir à rentrer en contact avec Konoha nous a pris des heures. Il a fallu aller chercher les ninjas capable d'échanges télépathiques, installer avec eux tout l'attirail permettant les échanges longues distances et chercher un ninja à Konoha en mesure de les entendre. On a finalement réussi à rentrer en contact avec Ino, qui de son côté à du mettre en place le même système puis aller trouver Tsunade pour qu'on puisse enfin échanger avec elle.
L'Hokage a réagis avec autant de joie que nous en apprenant la nouvelle, et elle a sur le champs déposé son dossier de démission qu'elle avait déjà pris soins de préparer méticuleusement. Sauf que cette fois-ci, hors de question que les procédures mettent des mois : tous les kage devait en être informé sur le champ. Suna et Konoha sont donc rentrer en communication avec les trois autres villages le soir même pour établir une réunion d'urgence. Les trois autres Kage ont répondus à l'appel : Tsunade a donc pu présenter sa démission en personne et exposer ses motifs points par point comme dans son dossier. Elle m'a présenté, a expliqué mon parcours et les raisons qui la poussent à me recommander pour devenir le sixième Hokage de Konoha. Son discours était parfait en tout point et elle a su se montrer particulièrement convaincante. Tous l'ont écouté avec attention. Grace à une technique de téléportation des objets que maîtrise une des Kunoichi de Kumo, tous les Kage ont pu recevoir le dossier de candidature les uns après les autres afin de l'approuver. La Mizukage et le Tsuchikage avait des réservent, ils demandaient a avoir plus de temps pour y réfléchir. Après tout, Suna venait tout juste de leur mettre la pression pour la candidature de Gaara. Sans s'énerver, Tsunade leur a expliquer les raisons de cet empressement. Gaara et le Raikage que je connaissais déjà l'ont tous deux soutenue : et j'ai réussi à obtenir les cinq signatures dans la nuit. Il ne me manque plus que l'approbation du seigneur féodal du pays du feu pour que cette histoire finisse bien. En possession de mon dossier, je compte bien l'apporter moi-même au temple pour le présenter au seigneur féodal.
Tout ça nous à pris la nuit entière et une bonne partie de la matinée. Je suis ravie que les choses aient pu aller aussi vite, mais mon état un peu fragile additionner à toutes les émotions que j'ai traversées et à la fatigue font de moi une loque humaine. A peine renté je m'endors comme une masse, complètement épuisé.

Lorsque je me réveil, il fait encore jour. Ou du moins, il fait à nouveau jour : je crois que j'ai fais le tour du cadrant. Je me sens raide et courbatu : j'ai des douleurs de partout et je crois que j'aurais pu dormir encore quelques heures de plus. Conscient que j'exagère et que je suis déjà resté hors-course pendant beaucoup trop longtemps, je traîne ma carcasse jusqu'à la salle d'eau avec l'espoir qu'une bonne douche me dérouillera un peu.

La maison est complètement vide. Il est près de quatorze heure, je devine que tout le monde doit déjà être retourné à la vie active depuis bien longtemps. Je me dépêche de les rejoindre au bâtiment du Kazakage.
Arrivé sur place, je suis noyé dans l'agitation : tout le monde court de partout. Entre la mise en place de la cérémonie en l'honneur du nouveau Kazekage, les anciens et les nouveaux dossiers, et la pagaille qu'a provoquer ma nomination expresse : c'est la débandade dans les couloirs. J'en ai presque le tournis. Je me dépêche de gagner le bureau de Gaara dans l'espoir qu'il pourra m'aider à remettre les choses à leur place dans ma tête. Ce n'est pas lui qui m'accueil, mais Kankuro. Il m'apprend que Gaara lui, est en pleine réunion avec le conseil des anciens. A ses côtés je retrouve Sasuke. Il a encore l'air fatigué mais il à déjà meilleur mine que la veille. Sans hésiter je les rejoints et les aides à trier les dossiers et à prendre de l'avance sur le travail de Gaara pendant que ce dernier est absent.

Ce n'est que plusieurs heures plus tard que le nouveau Kazekage nous rejoint. Il nous fait un débriefing sur tous les sujets qui ont été abordé lors de la réunion. Il a dû planifier la cérémonie, s'expliquer sur les nombreuses initiatives qu'il a pris quelques heures seulement après avoir été nommé, démonter leur intérêt pour la ville de Suna. Il a dû exposer ses plans d'avenir, ses projets d'évolutions. Il m'avoue que pour être convainquant, il a dit que la précipitation de ses actes et son investissement pour m'aider à obtenir le titre d'Hokage avait pour but un accord entre Suna et Konoha. Il a réussi à rester vague. Il me lance un regard désolé en m'expliquant tout ça, mais je lui réponds par un sourire franc : Gaara c'est tellement investi pour m'aider et par extension, pour aider Konoha, que c'est sans aucun problème que j'accepterais de passer un accord avec lui, quitte à lui offrir plusieurs kilomètres carrés de terres cultivable ou de m'engager auprès de Suna pour leur donner une pars de nos récoltes. Je sens que mes mots le soulagent. Je devine que cette initiative qu'il à pris lors de la réunion lui à causé beaucoup d'angoisses.
Nous passons les jours suivant à remettre de l'ordre dans tout le bordel que nous avons créé. On travail beaucoup et on dort très peu. Ce n'est qu'au bout d'une dizaine de jours que les choses commencent enfin à rentrer dans l'ordre.

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Aujourd'hui, pour la première fois depuis des semaines, on n'a rien à faire. Enfin, quand je dis « on », c'est moi et Sasuke.
Ce soir à lieu la cérémonie en l'honneur du nouveau Kazekage.
Gaara et Kankuro sont donc de leur côté toujours aussi occupé mais nous pour une fois : on joue les villageois lambda. Ce soir on sera juste des invités, comme tout le reste du peuple, et on a donc la journée pour vaquer à nos occupations. Inutile de dire que notre priorité absolue a été de rattraper le nombre incalculable d'heures de sommeil en retard.

Lorsque j'ouvre un œil, la chambre baigne déjà de lumière. La matinée doit être passé et l'après-midi bien commencé. Comme à chaque réveil, j'ai mal de partout, mais aujourd'hui je le vis un peu mieux que d'habitude. Savoir que j'ai tout mon temps pour émerger me soulage. Je referme donc les yeux et me tourne pour enlacer Sasuke en plongeant mon nez dans sa nuque alors que je le serre contre moi et que j'enlace nos jambes. On a eu tellement de travail que je ne sais même pas la dernière fois qu'on a pu partager un moment tendre comme celui-ci.
« Bonjour. » Me murmure-t-il en enlaçant nos doigts.
« Bonjour. » Lui répondis-je en souriant.
« Bonjour aussi » Grogne mon biju à l'intérieur de moi d'une voix amère. « Ecoute Naruto, je suis désolé d'intervenir à un moment pareil, mais je me dis qu'il serait peut-être temps que tu lui parle là, tu ne crois pas ? Je n'ai presque plus la place de me tenir debout gamin... »

Je sais que Kurama a raison. Je m'étais dit en arrivant ici, que j'attendrais d'être de retours à Konoha pour lui en parler. Cela-dit, ça va bientôt faire huit mois que je porte son gamin dans le bide. On est seul dans la maison et on a quelques heures devant nous pour pouvoir en discuter calmement. Il faudrait certainement que j'en profite.
Dans mes bras, Sasuke bouge et se retourne. Lorsqu'il me fait face il plonge sur mes lèvres sans hésiter. Je ferme les yeux et lui rend son baiser avec affection. Cela dit, ce simple baiser superficiel change immédiatement de sens lorsque je sens son érection frotter sur ma hanche à travers son boxer. Je soupire contre ses lèvres et il en profite pour laisser sa langue glisser et venir caresser la mienne. Un frisson me parcourt et toutes mes réflexions s'envole alors que je me redresse pour m'allonger sur lui tout en continuant de l'embrasser avec envie.

Tant pis pour les révélations : ça sera pour une prochaine fois. Je crois entendre Kurama râler mais je ne m'en préoccupe pas. Je suis beaucoup trop absorbé par mon activité en cours. Nous nous étions plus touchés depuis le nôtre départ de Konoha : on a pas mal de semaines à rattraper. Nos retrouvailles s'éternisent une bonne partie de l'après-midi, jusqu'à se qu'on a plus d'autre choix que nous lever et vite nous préparer pour la cérémonie de se soir.

Je m'étire en m'asseyant sur le bord du lit et je fais craquer ma nuque et mon dos. J'ai mal aux niveaux des reins et mes activités amoureuses n'ont rien arrangé. Je grimace en plaçant mes mains dessus et en essayant de me cambrer un peu. Ça ne change rien et je soupire. Déjà debout et vêtu d'un boxer, Sasuke m'observe du coin de l'œil. Il ne prend pas la peine de me demander si ça va car il connait déjà la réponse que je vais lui servir, mais je sens qu'il est préoccupé. Je lui sourie pour le rassurer alors qu'il prend la direction de la douche.
« Tu devrais venir avec moi, on n'a plus beaucoup de temps. » Suggère l'Uchiwa en jetant un coup d'œil à la pendule. Je m'exécute et le suis en traînant la patte. En fait, j'ai l'impression d'avoir mal de partout et surtout : je me sens tout aussi fatigué et vidé que si je n'avais pas dormi. Sasuke m'observe sans commenter et c'est sans perdre plus de temps. A présent, il faut vraiment qu'on se prépare pour ne pas être en retard.

On a tous juste le temps de plier nos baguages avant de partir à la cérémonie, nos sacs sur les épaules. Pour perdre le moins de temps possible, nous partirons en direction du temple du seigneur féodal dès ce soir. En se moment j'ai l'impression de vivre en menant une course contre la montre. Tout doit aller vite et aucun retard n'est permis. Déjà, parce que ça laisserait une ouverture à Orochimaru, et puis aussi parce que je ne sais toujours pas comment les choses vont se passer le jour de la naissance de mon fils mais étrangement, je préférerais être à Konoha et au près de Sakura ce jour-là. Le pire, c'est que plus les choses avancent, moins j'ai de temps. Cette sensation d'être pris à la gorge me fatigue presque autant que mon petit qui n'arrête jamais de prendre mon énergie, mon chakra et le chakra de Kurama. Ce dernier a d'ailleurs arrêté de s'en plaindre et comme moi, il reste stoïque alors qu'il se fait dépouiller jusqu'à se qui lui en reste juste assez pour ne pas dépérir. J'espère sincèrement qu'on n'aura pas a mener un combat trop gourmand en chakra car on vie tous les deux sur le fil en aillant juste se qu'il faut et sans aucune réserve. Cependant, comment en vouloir au petit ? Il n'y est pour rien, et il en a besoin pour grandir. On se réconforte en se disant que ça sera bientôt fini.

Aux alentours de dix-huit heures, nous arrivons à la cérémonie qui a lieux au stade de Suna. Les gradins sont remplis à craquer et des écrans ont été installés devant le stade pour que les retardataires qui n'ont pas pu rentrer puisse quand même profiter du spectacle. Moi et Sasuke arrivons à nous glisser en toute discrétion jusqu'à une place pas trop mauvaise dans les gradins. Debout et appuyé à la rambarde, on regarde Gaara faire son entrée sur l'estrade en souriant. Il a de l'allure sous sa tenue traditionnelle de Kazekage. Son charisme est puissant et le silence prend place instantanément lorsqu'il lève la main pour faire son discours. Derrière lui, Kankuro le fixe avec fierté. Moi aussi, je suis fier pour mon ami : il mérite vraiment son nouveau poste.
A la fin de la cérémonie, un concert est donné en l'honneur du nouveau Kazekage et la foule se déchaîne dans le stade afin de faire la fête jusqu'au bout de la nuit. Moi et Sasuke ne restons pas et on s'en va en prenant la direction du toit du bâtiment du Kazekage.
Arrivé sur place, nous tombons sur Gaara et Kankuro. Je savais que nous les trouverions ici. On s'avance vers eux dans l'obscurité de la nuit et ils font de même afin de nous rejoindre plus vite.

« Félicitation, Kazekage. » Lance Sasuke en premier en serrant la main de Gaara.
« Toutes mes félicitation, Kazekage-Sama. » Dis-je à mon tour à Gaara en lui tendant la main, le sourire aux lèvres. Il me rend mon sourire et nous échangeons un regard complice en nous serrant la main.
« C'est le début d'un monde nouveau. » Déclare mon ami sans décrocher mon regard. Nos sourires s'élargissent alors qu'on s'imagine un monde paisible et sans conflit dans lequel nos enfants pourront grandir et s'épanouir sans crainte.
« Bon. » Reprend Kankuro. « Vous ne devez pas traîner, le temps presse.
- Oui, tu as raison. Merci beaucoup pour tous ce que vous avez fait pour nous ces derniers temps. » Dis-je avec le plus de sincérité possible.
« Merci à vous. Je ne sais pas comment on s'en serait sorti sans votre aide également. » Répond l'aîné alors que Gaara confirme par un mouvement de tête.

J'ai du mal à me mettre en mouvement. Je sais au fond de moi que je ne les reverrais pas avant très longtemps. Si je deviens Hokage, ma place sera à temps plein à Konoha. Tout comme Gaara est à présent lié à Suna. Ça me fait de la peine de partir, et ça me fait un peu peur aussi. La partie n'est pas encore terminé et je manque d'énergie pour poursuivre les étapes qui m'attendent avec sérénité. Cela dit je n'ai pas le choix, je le sais.
« Naruto ? »
Lisant dans mes pensé, Sasuke se rapproche de moi et pose sa main sur mon épaule pour m'offrir un peu de soutien. Je tourne la tête vers lui et je tombe dans un regard doux. Il m'offre un sourire compatissant qui me donne un peu de courage.
« On doit y aller, maintenant.
- Oui. » soufflais-je en hochant la tête.

Sans perdre plus de temps, on commence à se mettre en marche et saluant nos amis d'un signe de main. Ils nous le rendent alors que d'un bon, on disparaît dans la nuit.
Nous traversons Suna à un rythme normal et ce n'est que lorsque nous mettons un pied en dehors de la ville qu'on accélère l'allure pour se mettre au pas de course. Sans regarder en arrière, on traverse le désert comme deux flèches silencieuses. On essaie de gagner le plus de terrain possible car on sait que dès que le soleil se lèvera, il fera beaucoup trop chaud pour qu'on puisse continuer à avancer en courant. Je fais abstraction de ma fatigue et de mes douleurs et je suis le rythme. Je ne veux pas perdre une seule seconde.
Nous passons la nuit à courir mais comme on l'avait prédit, on est obligé de freiner notre évolution quelques heures seulement après le lever du soleil. On ralenti au fur et à mesure, jusqu'à être tellement lent qu'on décide de s'arrêter en attendant que la température redescende. A l'ombre d'un pilier rocheux, On grignote un en-cas avant de nous allonger sur le dos, la tête reposée sur nos sacs afin d'essayer de dormir quelques heures. On ne parle presque pas, le stress et palpable et nous étrangle. Je devine que Sasuke se languis tout autant que moi que tout ça se termine. L'idée me passe par la tête de profiter de cette pause pour lui parler de ma situation, mais je chasse cette réflexion rapidement. J'ai déjà tellement attendue, je ne suis plus à quelques jours près : je pourrais très bien lui dire lorsque nous serons rentrés et que toute cette histoire sera fini. De toute façon je suis tellement éreinté que je m'endors presque instantanément.

« Naruto, réveil toi. On doit repartir. »
J'ouvre un œil et regarde autour de moi. Le soleil commence à bien décliner, dans peu de temps il fera nuit. J'obéis et me remet sur pied. Je grimace, handicapé par mes douleurs et mes tiraillements. Je suis dans le même état que lorsque je sortais d'un entrainement de karaté avec Gai-Sensei à l'académie. Cette comparaison m'arrache presque un sourire et me redonne un peu de baume au cœur : C'est pour ça que je dois tenir bon. Pour que les générations suivantes puissent bénéficier d'autant de chance et de soutien que moi, pour que leur éducation et leur instruction puisse être basé sur l'égalité et l'ouverture. Un peu revigorer, je reprends ma course sans me plaindre et avance à un bon rythme aux côtés de Sasuke. Je lui jette une œillade discrète. On en aura franchi, des étapes tous les deux. Qui aurait pu croire en nous voyant il y a de ça quelques années en arrière qu'aujourd'hui, on avancerait côte à côte pour sauver Konoha ? Je repense à notre toute première rencontre, quand je lui étais rentré dedans. C'était mes tous premiers pas à l'académie et déjà, le destin me l'a envoyé sur ma route. Depuis, son chemin n'a jamais cessé de croiser le mien, jusqu'à aujourd'hui ou il se sont confondu pour qu'on puisse évoluer ensemble dans la même direction. Quand je suis avec lui, je suis à ma place. Je suis plus fort, plus courageux. Je puise dans la puissance des liens qui nous unissent pour trouver l'énergie d'avancer malgré mon état fragile.
Nous continuons de traverser le désert sur le même schéma pendant trois jours. On s'arrête pour dormir dans la journée et on repart dès qu'il commence à faire moins chaud. A l'aube du quatrième jour, nous sortons enfin du désert. On laisse les dunes de sable derrière nous pour découvrir un paysage de plus en plus vert. La température étant redevenue supportable, on ne s'arrête pas et on enchaîne la nuit de course avec la journée. Ça nous crève mais le soir, la chance nous sourie et on trouve enfin une petite source assez irrigué pour qu'on puisse se laver et se désaltéré. Je ferme les yeux alors que je baisse la tête et laisse l'eau ruisseler dans mes cheveux et sur mon visage. Ça me fait un bien fou. Je bois encore et encore, malgré les remontrances de Sasuke. Je bois jusqu'à en avoir mal au ventre. L'estomac tendue et la peu propre, je m'effondre comme une masse dans notre tente, près à sombrer pour plusieurs heures. Je commence déjà à déconnecter lorsque Sasuke m'interpelle

« Naruto ? Tu dois manger quelque chose.
- Non merci, je suis trop fatigué.
- Ce n'était pas une question. » Conclut Sasuke avant de laisser retomber le battant de la tente. Je me redresse en grognant, même si je sais qu'il a raison. Je suis déjà en permanence sur le fil de ma réserve d'énergie. Il faut que je mange pour pouvoir en avoir un peu plus, que se soit pour moi ou le petit.
Je rejoins donc Sasuke qui est installé sur une souche face à un feu de camp. Lorsque j'arrive à ses côtés, il me tend une gamelle et je saisis sans même chercher à savoir se qu'elle contient. Je le remercie en m'asseyant et commence à manger. Sasuke m'observe avec inquiétude pendant quelques secondes puis il soupire avant de commencer à manger lui aussi.

« J'ai bien compris que tu ne voulais pas en parler mais rassure moi : tu ne vas quand même pas mourir ? » Fini par lâcher mon amant qui a de plus en plus de mal à attendre sagement que je me décide à lui avouer ce que je cache depuis des semaines. J'avale ma bouchée avec difficulté et ferme les yeux en détournant un peu la tête.
« Non, ne t'inquiète pas.
- Naruto » Reprend Sasuke, peu convaincus. « D'un jour à l'autre, tu as de moins en moins de chakra et d'énergie. On dirait qu'il ne se régénère pas et tu…
- Ne t'inquiète pas, je t'ais dit. » Répétais-je en le coupant. « Tout va rentrer dans l'ordre bientôt. »

Je sens bien que je ne l'ai pas convaincu, mais Sasuke abdique. Il soupire et reprends son repas. Aillant terminer le mien : je l'abandonne pour retourner sous la tente. J'ai vraiment besoin de dormir. Cependant une foi allonger : impossible de fermer l'œil. Mon estomac et trop plein et mon ventre me fais souffrir. De plus ma conversation avec Sasuke me trotte dans la tête. Est-ce que je vais réussir à lui parler de cet enfant un jour ?
« Si tu veux mon avis gamin, arrête de chercher le bon moment. Tant pis, c'est trop tard. Sasuke pourrait t'aider, s'il savait exactement ce qui est entrain de se passer dans ton corps. » Me dit Kurama.
« Oui, tu as raison. Mais c'est plus fort que moi : je n'y arrive pas. Je me sens tellement minable de ne même pas trouver le courage de prononcer quelques mots. »
Kurama soupire et ferme les yeux.
« On ne peut pas être doué partout, Naruto. » Conclut-il.

La conversation s'arrête là. Kurama aussi a besoin de repos : il est méconnaissable. Il est cerné et amaigrit, même sa voix et moins forte et puissante que d'habitude. Un peu plus tard, j'entends Sasuke venir se coucher à mes côtés. Il s'allonge dos à moi. J'aimerais tellement que les mots sortent maintenant. J'aimerais entendre ma voix sans avoir rien à faire. Mais je n'y arrive toujours pas. Sakura, ce n'était pas pareil. Il était en danger, il risquait de mourir. Il fallait qu'elle face quelque chose. L'urgence de la situation à débloqué tous mes verrous. Mais là, comme ça à froid, ça me parait juste impossible de lui avouer ça.
« Sasuke, je suis désolé. Excuse-moi. »
Je ne sais pas pourquoi je m'excuse, si c'est pour lui avoir parlé avec froideur tout à l'heure ou si c'est par rapport à mon manque de courage. Sasuke relève un peu la tête, puis il soupire et se rallonge. Il se tourne pour se mettre sur le dos en gardant les yeux clos, puis il attrape ma main dans la sienne. Son geste me fait sourire et me rassure : il me pardonne.
« Dors, Usuratonkachi. »
Je m'exécute sans plus de cérémonie, une main dans la sienne et l'autre posé sur mon ventre.
Aujourd'hui, ça fait huit mois.

On traverse une grande plaine verdoyante en courant d'un bon rythme. Ça fait une semaine qu'on est partie de Suna, on ne devrait pas tarder à arriver au temple. Peut-être encore un ou deux jours et nous y serons. Normalement, après la plaine nous attend une grande forêt. Le temple se trouve sur la montagne qui se trouve derrière. Nous y sommes presque : si on avance bien, on devrait pouvoir atteindre la forêt avant la nuit. On monte sur une petite colline et on devine que normalement arriver en haut, on verra enfin la forêt. On accélère un peu, pressé d'apercevoir enfin notre objectif. Sasuke est le premier à arriver et à ma grande surprise, il s'immobilise. Inquiet, je le rejoins d'un bon. Il à l'air pétrifier. Je suis son regard et à mon tour, je me liquéfie.
C'est une catastrophe.

Effectivement, on voit enfin la lisière de la forêt. On peut également discerner sans problème sept biju qui nous attendent de patte ferme devant cette dernière. Sans broncher, Sasuke active son sharingan pour pouvoir mieux discerner ce qui se passe là-bas. Je le regarde faire en attendant ses explications.
« La majeure partie des anciens membres de l'Akatsuki sont là aussi. Orochimaru et parmi eux.
- Comment peuvent-ils avoir rallier les Biju ? C'est impossible !
- Ils sont assujetti. Ils ont des morceaux de métal noir dans le corps, comme les hommes de Pain contre qui nous nous sommes battus. »
Je serre les dents et les poings. Je comprends que l'attaque de Konoha aussi a été orchestré par lui. Il savait très bien se qu'on allait essayer de faire pour le contrer : il n'a même pas cherché à nous en empêcher. Il nous à laissé partir avec la ferme intention de fermer la porte derrière nous et de ne plus jamais nous laisser rentrer.
Ce combat tombe tellement mal. Ni moi ni Kurama, n'aurons suffisamment de chakra pour combattre sept Biju d'un seul coup. Sasuke n'a pas des réserves suffisamment grandes pour pouvoir se permettre de nous en offrir, sans quoi il n'aura plus de quoi combattre correctement. Ça s'annonce mal. Je ne vois pourtant aucune autre solution, nous devons réussir à passer ce mur.

Dans un clignement de paupière, je passe en mode biju-sennin. Sasuke me regarde avec une certaine frayeur.
« Naruto... » Commence-t-il, prêt à essayer de me raisonner. Je l'interromps en tendant mon poing vers lui. Je lui offre mon sourire le plus déterminer. A un moment, il faut se résoudre à sauter l'obstacle. Même si ça parait insurmontable, il faut garder la foi en ses propres capacités.
« Quand je suis arrivé ici, je ne savais même pas se que c'était que du Chakra. Aujourd'hui, je suis à deux doigts de devenir Hokage. Ce n'est pas une petite poignée de ninjas de pacotille qui vont m'en empêcher. » Dis-je en fixant mon amant dans les yeux.
Sasuke reste immobile quelques secondes, puis un sourire fini par venir habiller ses lèvres. Il tape son poing contre le mien et on tourne dans un même mouvement la tête vers nos ennemis. Le chakra du Susano commence à émaner de lui alors que Kurama se réveil.
« Ensemble.
- Ensemble. »

Sans plus réfléchir, on fonce tête baissée vers nos assaillants. On n'a pas beaucoup de temps, je n'ai que très peu de Chakra. Sasuke le sait, il va falloir être rapide et efficace. On court dans la décente aussi vite que l'on peut, le regard déterminé. Alors qu'on se rapproche de l'ennemis, une idée me vient en tête. Je pars avec un sacré handicape, par rapport à Sasuke. Ce n'est pas impossible que lui s'en sorte et que moi, j'y reste. Ici, nous ne sommes pas très loin de Konoha, peut-être à une demi-journée, pas plus. Peut-être que s'il fait vite, et qu'il ramène mon corps à Konoha, Sakura pourrait sauver l'enfant.
« Gamin, si ce scénario devait arriver, je ferais de mon mieux pour le maintenir jusqu'à Konoha.
- Je sais, Kurama. Merci, mon ami. »

Le démon renard m'offre un de ses rare sourire que je lui rends, puis je tourne la tête vers Sasuke. De toute façon là, c'est le moment ou jamais. Je repense à mes propres paroles, un peu plus tôt. A l'obstacle qu'il faut se résigner à franchir pour avancer. Cette fois, ce n'est pas de confiance en moi dont j'ai besoin : mais de confiance en nous.
« Sasuke ! Il faut que je te parle. » Criais-je à ma moitié sans m'arrêter de courir à ses côtés. Sasuke me lance un regard surpris.
« C'est vraiment maintenant que tu te décides ? » Me gronde-t-il. Je souris, amusé par ses remontrances.
« S'il devait m'arriver quelque chose pendant ce combat, il faut absolument que tu ramène mon corps à Sakura le plus vite possible. »
Sasuke fronce les sourcils, il n'apprécie pas que je commence à m'imaginer une conclusion qui inclus ma mort, je le sais. Sasuke décroche son regard et fixe de nouveau nos ennemis.
« Il ne t'arrivera rien du tout, Naruto. » Affirme-t-il avec détermination.
Je tourne la tête à mon tour pour regarder devant moi : je suis assez près des Biju pour lancer l'offensive. Il va falloir que je termine de convaincre Sasuke en me battant. Sans perdre de temps, j'appelle Kurama et nous plongeons sur les deux premiers Biju en les plaquant au sol. Sasuke quant à lui appel son Susano et abat son épée sur une poignée d'ennemis. L'instant suivant, il décoche une flèche et couche un autre Biju.
Le combat est lancé.