Surpris par une douleur vive à droite de mon ventre au niveau de la taille, je lâche un juron en même temps que j'entends Kurama se plaindre. Je me plie en deux et porte mes mains vers la zone endolorie.
Immédiatement, tous les regards se tournent vers moi. Obito qui se tient juste à mes côtés a le réflexe de poser une main sur mon épaule pour me tenir. Il se penche et essaye d'attraper mon regard tout en me demandant si tout va bien. Je respire fort pendant quelques secondes mais rapidement, je sens la douleur se dissipe.

« Que s'est-il passé, Kurama ? » Dis-je sans arriver à discerner mon Biju qui est complètement invisible à mes yeux maintenant que la sphère prend toute la place à l'intérieur de moi.
« En plus de m'écraser comme une crêpe et de me dépouiller de mon chakra, ton gosse commence à envoyer de sacrés coups. Il ne m'a pas raté. » Gronde le démon renard.
Je rougis d'embarras en entendant la déclaration de mon Bijuu. Je me sens très mal à l'aise de la situation dans la quel il se retrouve à cause de mon fils. Le pire, c'est que je ne peux rien faire pour le soulager.
« Kurama, je suis désolé. » Commençais-je. Mais il me coupe la parole avant que je n'aie le temps d'en dire plus.
« Laisse. C'est bientôt terminé. »
Je comprends au ton de sa voix qu'il est irrité et que le sujet est clos, mais qu'en même temps, il ne m'en tient pas rigueur.
Je soupire tout en commençant à me redresser, je tombe alors dans le regard inquiet d'Obito. Je lui souris pour le rassurer, ainsi que pour rassurer le reste de l'assemblé qu'il m'observe avec inquiétude.
« ça va, tout va très bien. Juste un petit point de côté. On passe à table ? » Déclarais-je en évitant soigneusement les regards lourds de Sakura et Sasuke.

Kiba, Shikamaru et Temari suivent mon invitation sans plus de cérémonie. Je sens que les autres prennent quelques secondes pour partager un regard perplexe à cause de mon petit incident. Ils finissent tout de même par nous rejoindre à leur tour.
« Itadakimasu »
On commence à manger et personne ne fait de réflexion sur le fait que nous leur servons de la nourriture de traiteur. De toute façon, c'était ça ou des ramens instantanés : nos placards sont vides et on n'a pas le temps d'aller faire les courses pour les remplirent en ce moment. La discussion reprend alors que les assiettes commencent à se consommer.
« Comment ça va Hana ? Pas trop fatigué ? » Lui demande Temari.
« Non, ça va. Ils sont très sages pour le moment : parfois j'en oublie presque qu'ils sont là. » Avoue-t-elle en souriant.

Je soupire et lève les yeux au ciel. Le mien, je ne risque pas de l'oublier. Ces gamins ne sont même pas encore nés que je devine déjà à quoi ils vont ressembler. Cette idée me fait sourire et en croisant le regard de Sasuke, je comprends qu'il est entrain de penser à la même chose que moi. On continue notre repas en silence tout en écoutant les conversations qui se croisent autour de la table.
« Et toi alors ? C'est au programme ? » Demande Hana à la nouvelle venue du groupe. Temari et Shikamaru virent tous les deux au rouge pivoine et bafouille sans arriver à formuler une réponse claire, ce qui provoque l'hilarité général.
Assis côtes à côtes, Sakura et Obito aussi sourient en regardant la scène mais ils sont moins amusés que nous. Je les sens presque un peu gêné, eux aussi. Je relève un sourcil, curieux. Mes soupçons se confirme lorsque Obito tourne son regard vers la rose. Je lis toute l'affection qu'il lui porte dans ses yeux brillants et je sourie, ravis pour eux. J'arrête là mon voyeurisme et me tourne vers Itachi qui est en train de parler tout en m'enfonçant dans ma chaise et en posant une main sur mon ventre miraculeusement plat. Je me sens pourtant plein comme un chat qui aurait avalé un chien. Quelques instants plus tard, Hana jette un coup d'œil vers moi et s'étonne de mon assiette toujours à moitié pleine.

« Tu n'en veux déjà plus ? » Me demande-t-elle en pointant mon plat. Je rigole, je peux lire l'envie dans ses yeux. Elle verra lorsque ses gosses écraseront tellement son estomac qu'elle ne pourra plus rien avaler ce que ça fait. Autant qu'elle profite t'en qu'elle le peut encore.
« Non, tu peux finir si tu veux. »
Hana rougit mais récupère quand même mon assiette en me remerciant. Je tourne la tête vers Kiba qui pouffe de rire en nous regardant.
« Naruto Uzumaki qui ne termine pas de manger ? Qu'es qui t'arrive, tu es mourant ? »
Tout le monde rigole et j'en fais de même sans lui répondre pour autant.

Tous fatigué et repus, nous décidons à l'unanimité d'aller manger le gâteau que nous a préparé Temari dans le salon pour profiter du confort des canapés et des fauteuils.
« Ton gâteau est super bon Temari, il faudra qu'on t'invite plus souvent ! » Déclare Obito. Tout le monde confirme en gouttant la première bouchée. La jeune femme nous remercie avant d'expliquer sa recette avec générosité à ceux que sa intéressent.
Peu après le dessert, la soirée prend fin. Temari et Shikamaru sont les premiers à partir. Je soupçonne le Nara d'avoir pris l'initiative exprès, comme s'il avait deviné que nous avions des choses à dire aux autres. Rien ne me permet de l'affirmer, cela dit. Enfin bon, comme par hasard après lui, c'est Kiba qui nous salut pour rentrer chez lui. Ceux qui restent sont debout dans le salon et nous regardent avec bienveillance, comme s'ils attendaient qu'on leur liste nos confidences. Je me racle la gorge, perturbé par le manque de pincette et propose à tout le monde un thé en me dirigeant déjà vers la cuisine. Ils acceptent poliment : ils comprennent mon besoin et m'offre le temps qu'il me faut pour me préparer. Sasuke se fait en revanche harponner par Itachi et se trouve dans l'obligation de suivre son grand frère dans le salon pour poursuivre leur conversation. Sakura vient à ma rescousse pour m'aider à préparer le thé. J'en profite pour lui lancer un petit sourire en coin et un regard lourd en sous-entendue.

« Quoi ? » Me demande-t-elle en rougissant.
« Oh rien. » Dis-je dans un premier temps. « Tu comptes m'en parler un jour quand même ou bien ?
- Baka ! »
Sakura m'envoie un coup symbolique dans le bras et on rigole de bon cœur.
« C'est très récent, ça remonte à la dernière pleine lune. La piscine n'a pas encore été réparé alors je suis allé au lac et il est passé par là. Et voilà. Ça te suffit ou tu veux un dessin ?
- ça va, je devrais pouvoir faire avec. » Dis-je en lui souriant. « Je suis content pour vous. »

Sakura me remercie et me prend le plateau des mains pour l'emmener dans le salon, clôturant notre discussion. Je la suis sans entrain en devinant que ça va être à moi de passer à table. Je m'assoie à côté de Sasuke en faisant attention de croiser le regard de personnes. Les discutions en cours prennent fin et le silence commence à tomber. Je me cache dans ma tasse de thé, abordé le sujet du petit ne me plait pas du tout et je ne sais pas comment m'y prendre pour surmonter ma honte. Il m'a fallu huit mois pour en parler au père, alors en parler aux autres…
« Comment ça va, ton point de côté ? » Me demande Obito.
Je relève la tête pour croiser son regard amical. On se sourit, je comprends qu'il me tend une perche pour lancer le sujet avec délicatesse.
« Qu'es qui s'est passé exactement ? » Me demande à son tour Sakura avant que je ne réponde à la première question.

Je sens dans sa voix qu'elle est un peu inquiète et je cherche une formule pour la rassurer. Je souris lorsqu'une image très parlante me vient en tête.
« Rien de grave. Un entrainement de Taijutsu qui a coûté cher à Kurama, c'est tout. » Avouais-je en posant une main sur mon estomac. Ma révélation fait sourire tout le monde et je sens que la tension baisse.
« Ça promet dit-donc. Ton gosse n'est pas né qu'il te ressemble déjà. Tu étais un enfant terrible ! » Révèle Obito.
Tout le monde rigole alors que Sasuke tord la bouche, anxieux d'imaginer se à quoi je pouvais bien ressembler petit. L'ambiance s'apaise encore un peu plus.
« En fait, il y a quelque chose qu'on à pas pu vous dire. Ça concernant notre combat avant d'arriver au temple du seigneur féodal. » Lance Sasuke, se qui instaure un peu de sérieux. « Orochimaru était là. Cependant après avoir vue Naruto, il nous a laissé passer. »

Nos amis se redressent et nous fixe avec attention en attendant la révélation. Hana pose sa main sur le genou d'Itachi et son regard s'anime d'une étincelle de stress. Je devine que c'est la première à avoir compris la suite. Une fraction de seconde plus tard, Sakura tressaille aussi.
« Il veut l'enfant. » Déclare finalement Itachi qui est arrivé à la même conclusion.
Je plante mon regard dans le sien et opine. Un silence prend place, laissant à tout le monde le temps d'assimiler l'information et de réfléchir. Moi-même j'en profite pour essayer de me glisser dans la peau de ce serpent vicieux afin de deviner ses intentions. Est-ce qu'il veut intervenir au moment ou le petit arrivera et profiter de la situation qui sera forcément à mon désavantage ? Peut-être a-t-il déjà infiltré des hommes à lui dans nos rangs pour m'espionner et l'avertir au premier signe. Cela dit avec Orochimaru, on ne sait jamais à quoi s'attendre. Peut-être qu'il attendra plus, et qu'il profitera du relâchement de notre vigilance d'ici quelques mois pour rentrer en action. Quoi qu'il en soit, l'idée qu'il puisse s'en prendre à mon fils me fait frémir.
« Je suppose que vous imaginez bien à quel point c'est dur pour moi de vous parler de tout ça, mais on a besoin que vous soyez dans la confidence pour vous puissiez nous aider à appréhender les intentions d'Orochimaru. » Dis-je. « Je ne sais pas de quoi je serais capable s'il touche à mon fils. » Conclus-je en fermant ma main sur le tissu de ma veste. Mâchoires serrées, je ferme les yeux et respire un grand coup pour essayer de me détendre un peu. Le simple fait de m'imaginer cela me fait sortir de mes gonds. Je pense qu'en situation réel, je serais capable de causer de sacrer dégâts au village sans même m'en rendre compte. Je me demande si ce n'est pas ce que le serpent attend de moi.

« C'est déplacé de notre pars de vous demander ça, mais on a vraiment besoin de votre aide pour rester vigilent et surveiller Naruto dans un premier temps, puis l'enfant lorsqu'il sera là. » Clarifie Sasuke.
J'ose observer mes amis, et je ne croise que des regards affectueux et réconfortant. Ça me fait chaud au cœur.
« Evidemment que vous pouvez compter sur nous. La famille, c'est fait pour ça. » Déclare Itachi d'une voix remplie de soutien. Sa déclaration nous redonne le sourire.
« Merci. » Dis-je d'une voix chargée en reconnaissance.
« C'est normal voyons. » Me rassure Hana en se penchant en avant pour poser sa main sur mon genou. Nous partageons un sourire avant qu'elle reprenne la parole en pointant mon ventre du doigt. « Il doit arriver quand ? » Demande-t-elle en nous regardant moi et Sasuke. Je croise le regard de mon amant puis j'hoche les épaule et regarde Hana pour lui répondre. « Plus ou moins une semaine. » Dis-je sans certitude.
Elle écarquille les yeux. Je sens aussi de la surprise chez Obito et Itachi. Le trio nous dévisage. Je me gratte la nuque pour cacher mes rougeurs, mais en vain.

« Ah ouai. » Fini par souffler Obito.
« Cette chance… » Murmure Hana en fixant mon ventre plat.
« Et oui, on va devoir mettre le turbo, si on veut que tout soit prêt dans les temps ! » Lance Sakura d'une voix motivé en souriant.
Leurs remarques me rendent mon sourire. Itachi lui ne commente pas, il fixe Sasuke. Je peux voir dans ses yeux toute la fierté et la joie qu'il éprouve à l'égard de son petit frère. Sasuke lui répond par un sourire reconnaissant.
« Bon, sur ce, on a du pain sur la planche demain. Naruto, il te reste autant de chakra qu'a une crevette. Je pense qu'une bonne nuit de sommeil ne fera de mal à personne. » Déclare la rose en se levant.
Tout le monde l'imite et nous nous avançons vers l'entrée alors que Sasuke et Itachi reste un peu en retrait. Je tends l'oreille pour suivre leur conversation.

« Même sur ça, tu m'as devancé Sasuke. » Commente l'aîné en posant une main sur l'épaule de son cadet. « Ne te fais pas de soucis. Nous ne laisserons plus jamais personne toucher à notre famille. » Glisse-t-il d'une voix sans appel.
Emu, les deux Uchiwa partagent une étreinte fraternelle. Je ne crois pas les avoir connus plus proche qu'au jour d'aujourd'hui. Ils nous rejoignent avec quelque seconde de retard. Tout le monde se souhaite une bonne nuit puis nos amis s'en vont. J'aurais aimé pouvoir profiter d'eux encore un peu.

Je soupire en fermant la porte et je plonge mes yeux dans le regard de Sasuke. On se sourit. On est tout les deux heureux et reconnaissant de tout l'amour et du soutien qu'on à reçus cette nuit. En silence, nous finissons de débarrasser se qui reste dans le salon. Alors que je récupère une tasse sur la table basse, je pousse un piaillement en me pliant en deux. La même douleur que tout à l'heure m'a poignardé à un autre endroit. J'entend Kurama japper également. Ce gosse est un vrai ninja ! Je fais tomber la tasse que je tiens mais je ne l'entends pas se briser : Sasuke l'a rattrapé. L'instant suivant il m'épaule et m'escorte jusqu'à l'étage pour que je puisse me coucher. Allonger sur le matelas, je le remercie en lui lançant un regard navré.

« Tu ne dois pas en faire trop, Naruto. Je ne veux pas qu'il vous arrive quoi que ce soit, d'accord ? »
Je sens la sensibilité de Sasuke dans ses mots. Il se met un peu à nu en me révélant ça. Il m'avoue une faiblesse, une faille à la quelle il faut faire attention car si on tape sur ce point là, il ne s'en remettrait pas. Ce n'est pas dans sa nature. Il doit se faire beaucoup de soucis pour nous pour me parler comme ça. Je le regarde avec amour et hoche la tête. Il me sourit et commence à partir mais je le rattrape par sa manche vide. Il se retourne et me regarde avec curiosité.
« Reste un peu. » Lui dis-je à voix basse. Il abdique et s'assoie à mes côtés. Nous restons silencieux quelques secondes puis je prends la parole en regardant le plafond.

« Tu crois qu'on va y arriver ?
- Non. Je ne pense pas. »
Je lui jette un regard horrifier lorsque j'entend sa réponse. Son sourire me rassure un peu mais je garde les sourcils froncés en attendant qu'il s'explique.
« Heureusement, on est bien entouré. J'espère que ça suffira à rattraper nos lacunes. »
Je lui rends son sourire. Je comprends. Entre Sasuke qui découvre tout juste se que c'est de donner de l'amour, et moi qui n'ai pas connue mes parents, il y a peu de chance pour qu'on gagne la palme des papas de l'année. De plus, mon travail m'occupe déjà à temps plein et je devine que je ne pourrais pas me permettre de garder Sasuke à Konoha en permanence. Il est le meilleur ninja du village, je serais forcé de l'envoyer sur le terrain à un moment ou un autre. Cet enfant ne grandira pas dans les meilleures conditions, mais se fut notre cas également. J'espère qu'il sera malgré tout trouver sa voie.
« Au fait, il voulait dire quoi Obito tout à l'heure, lorsqu'il parlait de toi petit ? » Me demande Sasuke avec une légère appréhension. Je souris et rigole un peu en plongeant dans mes souvenirs. C'est vrai qu'on était deux terreurs. J'évite de trop effrayer Sasuke et j'essaie de rester évasif.
« J'étais assez bruyant et je ne tenais pas vraiment en place. » Avouais-je en arrondissant les angles. Sasuke se détend et me lance un regard amusé.
« Oui enfin, ça, ça n'a pas changé. » Me charrie-t-il.
Je me vexe pour de faux et lui envoie une pichenette dans la main, après quoi nous nous mettons à rire tous les deux.
« Je me languis qu'il soit là. » avoue ma moitié en jetant un coup d'œil vers mon ventre avant de revenir sur mon visage.
« Moi aussi. » Dis-je en souriant.
Nous partageons un regard chargé se sentiments puis Sasuke se lève.
« Tâche de dormir un peu. Je te rejoins vite. »
Il se penche sur moi et m'embrasse. Je lui rends son baiser avant de le regarder s'éloigner et quitter la pièce. Quelques secondes après son départ, je m'endors.

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Je suis fatigué, je suis vidé, j'ai mal, j'en ai marre. Ça ne fait que deux heures que j'ai rejoint mon bureau et déjà, j'ai envie de tuer quelqu'un : Je suis à bout. Ça commence à être vraiment difficile ne serait-ce que de mettre un pied devant l'autre ou de rester assis pendant toute la journée. Toute les dix minutes je me lève et fais le tour de mon bureau pour essayer de me décongestionner un peu mais mes efforts son vain. Je retourne toujours m'asseoir en grimaçant et en posant une main sur mon ventre. Mon fils ne tient plus en place, lui non plus. Il envoie des coups dans tous les sens que moi et Kurama, nous apprenons à encaisser en silence. Shikamaru me regarde faire mon cirque sans commenter, même si je devine que mon comportement étrange ne passe pas du tout inaperçus. Malgré tout, je poursuis mon travail en espérant que le clone que j'ai envoyé avec Sakura et Hana passe une meilleure journée que moi.

« Bon, je crois qu'on a tout ce qu'il nous faut. On peut rentrer ! » Déclare la rose. A ses côtés, Hana sourit et opine. Moi, j'aurais bien soupiré de soulagement, mais je dois faire attention à chacun de mes mouvements si je ne veux pas faire tomber la montagne d'affaire que je porte. J'ai des cartons pleins les bras et une bonne dizaine de sac accroché autour des poignées. Les filles m'ont chargé comme une mule.
Ça fait une demi-journée que nous faisons les magasins et je suis bien heureux qu'on rentre enfin à la maison, je n'en pouvais plus. Je ne peux même pas me mêler de leur conversation sur le chemin du retour, je suis trop occupé à faire attention à la pyramide que je tiens en équilibre à bout de bras. De retour chez moi, je me dépêche de tout déposer dans l'entrée. Je soupire en m'appuyant contre le mur du couloir sous le rire amusé des filles. Je me redresse en souriant et les rejoint dans le salon.
« Alors, on fait quoi maintenant ? » leur demandais-je en me faisant craquer la nuque.
« Et bien, je crois qu'il va falloir lui choisir une chambre. » Déclare la future maman. Je souris et opine pour lui faire comprendre que c'est déjà fait.
« On va le mettre dans l'ancienne chambre de Sasuke. Nous, nous déménagerons dans la grande. » Leur expliquais-je.
Les deux me regardent avec un air surpris. Je les comprends. Moi aussi, j'ai réagi de la même manière lorsque nous en avons discuté avec Sasuke.
« Tu es sûr ? » Me demande Sakura, perplexe.
« Oui. C'est là ou il sera le mieux. Les choses changent, et il faut accepter d'évoluer en fonction. »
Hana et Sakura opinent en souriant. Elles sont d'accord avec mon discours et comprennent la démarche.
« Vous voulez peut-être manger quelque chose avant ? » Leur proposais-je en me dirigeant vers la cuisine.
« Avec plaisir, je suis morte de faim ! » Déclare Hana en laissant parler son estomac. Son appétit d'ogre nous fait bien rire, et nous envahissons la cuisine en se mettant en quête de nourriture. En cherchant bien, j'arrive à trouver suffisamment d'ingrédient pour préparer un plat de riz cantonné. Les filles m'aident de bon cœur à préparer le repas. Je crois qu'elles ont un peu pitié de mon manque d'expérience en la matière.

« Tu vas devoir apprendre à cuisiner mieux que ça tu sais. » Me sermonne Hana en découpant des légumes à côté de moi. « Il est hors de question que tu serves à mon neveu des nouilles instantané à chaque repas. »
Je rigole pour cacher ma gêne, mais je dois bien avouer qu'elle n'a pas tort.
« Ne t'en fais pas. Il ira manger chez sa tante. » Luis dis-je en faisant un clin d'œil.
Hana m'envoie un coup d'épaule mais nous rigolons de ma blague avec légèreté.
Pendant le repas, nous discutons de l'organisation de l'après-midi. Il va falloir commencer par déménager d'abord nos affaires dans la grande chambre, puis monter les meubles. Normalement, ça ne devrait pas nous prendre trop de temps. Impatient de voir le résultat, on se met au travail illico après la fin du repas. Tout se déroule comme prévus, on avance dans la joie et la bonne humeur. Déballer les affaires du petit me met un peu mal à l'aise sans que je ne sache vraiment pourquoi, mais l'excitation et la joie de mes deux amies m'aide à effacer ce sentiment. De toute façon, se sont elles qui ont presque tout choisis, des habilles au linge de lit en passant par les jouets. Tout ce qui leur plaisaient me plaisait aussi. Au bout de quelques heures, nous arrivons enfin au bout du tunnel. Alors que je termine d'accrocher une de mes vestes dans le placard de ma nouvelle chambre, Sakura fait irruption en me faisant un grand sourire.

« Vient voir, Naruto. » Me demande-t-elle en m'attrapant par le bras en rigolant. Je souris, amusé par son excitation et je la suis de bon cœur. Nous traversons le couloir et elle m'emmène jusqu'à la chambre qu'elle et Hana viennent tout juste de terminer.
Lorsque je passe la porte, je me fige. Le berceau blanc trône au milieu de la chambre. Un mobile blanc également, avec des loups bleus et des étoiles jaunes est déjà accroché dessus. Le grand lit de Sasuke a été poussé dans un angle pour gagner de la place. Il est décoré de quelques peluches. Sous la fenêtre se trouve un tapis d'éveil avec deux arches blanches qui se croisent. Il est assorti au mobile du berceau, avec des décorations bleus et jaunes. Je devine que tout son linge a déjà été rangé avec soins dans les placards. Sur le bureau, il y a le lait en poudre et les biberons qui sont prêt à être utilisé. Juste à côté, une table à langer blanche sous laquelle sont rangé toutes les affaires de toilettes. Voir tout ça au magasin était déjà un peu perturbant, mais là je me sens tellement déconcerté que j'en ai le vertige. J'ai du mal à réaliser que tout ça, c'est vraiment pour moi et mon fils. Je me sens noyé et angoissé : je ne suis plus du tout sur d'être capable de gérer ça. Comment ais-je pu croire que j'arriverais à m'en sortir ? J'ai zéro fibre maternelle et je me sens perdu rien qu'en m'imaginant devoir utiliser tout ce matériel. J'ai toujours rêvé d'une famille, pourtant. Je crois que j'ai besoin de m'asseoir.

Je déambule jusqu'au lit comme un zombie et je m'assoie dessus sans faire attention sous le regard observateur des filles. Je me redresse en sentant que je me suis assis sur quelque-chose et j'envoie la main pour récupérer l'objet. Je ramène sur mes genoux un doudou orange avec une tête de renard. J'observe l'objet avec attention. Il me parait si ridicule entre mes mains trop grandes et trop dur pour le manipuler. Un bébé, ça a besoin d'amour, de douceur. Moi, je suis un guerrier, un ninja, un Hokage. Je n'y arriverais jamais.
Je serre les mâchoires et baisse la tête, complètement dépité. Je sursaute en sentant une main réconfortante se poser sur mon épaule. Je me tourne et tombe dans le regard de Sakura qui s'est assis à mes côtés. Je ne l'ai même pas entendue me rejoindre. Elle me lance un sourire doux et un regard rempli de soutien. Ça me fait du bien.
« Vous allez y arriver. Et lorsqu'il aura besoin d'un peu plus de calme et de douceur pour surmonter certaines épreuves, il pourra compter sur nous. » Me rassure mon amie d'une voix douce. Je sourie, touché par sa délicatesse. Mon regard se repose sur le jouet que je tiens toujours entre mes mains, je le caresse d'un geste du pouce. Les filles se sont vraiment surpassées dans leur choix.
« Je ne sais pas s'il trouvera beaucoup de douceur chez toi, mais c'est gentil quand même. » Dis-je en lançant un regard espiègle à mon amie. Sakura me répond en me donnant un coup symbolique dans l'épaule, mais nous partons tous les deux dans un rire qui me réchauffe le cœur. Finalement, elle se penche sur moi et me prend dans ses bras. Je ferme les yeux et lui rend son étreinte.
Je me sens déjà mieux.

Soudain, je sens un nouveau chakra dans la maison. Je tourne la tête vers Hana qui nous couvait d'un regard doux depuis l'encadrement de la porte et je découvre Sasuke qui avance dans son dos. Je me lève en déposant le jouet sur le lit et Sakura m'imite alors que l'Uchiwa pénètre dans la chambre avec une expression étonné. Les deux filles se sourient et Sakura s'avance vers la future maman. Arrivé à sa hauteur, elle la prend par le bras et l'emmène.
« Viens Hana, allons préparer un peu de thé. » Propose-t-elle en l'embarquant. Hana la suit en souriant sans faire de vague. Moi, j'observe Sasuke. Son regard se pose sur un élément après l'autre, il observe tout avec minutie. Lorsque finalement, son regard tombe sur moi, il me fixe pendant de longues secondes sans broncher. Je lui offre un sourire timide et me décide à aller vers lui.
« Les filles ont tout choisi. J'espère que ça te plait quand même ? » Osais-je lui demander en me frottant la nuque.
Il ne me répond pas et tourne son regard pour fixer le mobile au-dessus du berceau. Un léger sourire se dessine lentement au coin de ses lèvres.
« C'est parfait. »
Mon sourire me revient lorsque j'entends ses mots. Sasuke sera un bon père, je le sais. Je l'ai toujours sue. J'espère qu'il sera rattrapé mes erreurs.

Je me rapproche de lui, se qui ramène son attention sur moi. Je ferme les yeux et appuis mon front contre le sien. Lui aussi clos ses paupières pour profiter pleinement de notre échange. Lentement, je fais glisser ma main jusqu'à sa nuque. Je sens ses cheveux noirs me chatouiller la peau. Je glisse mes doigts dans sa crinière soyeuse avec satisfaction alors que lui agrippe ma veste au niveau de ma taille.
« Je t'aime tellement, Sasuke. » Murmurais-je dans un souffle.
Je le sens se tendre un peu, surpris par ma déclaration inattendue. Depuis que nous sommes ensembles, je crois bien le lui avoir dit qu'une seule foi. Je comprends sa surprise. Je ne sais même pas pourquoi je lui ai dit ça comme ça, tout à coup. Mon émotion à décidé de s'exprimer sans me laisser le choix.
Le moment s'y prête tellement.
« Moi aussi, Usuratonkachi. »
Toujours front contre front et les yeux clos, nous sourions et partageons un léger rire. J'ouvre les yeux pour le contempler quelques secondes, puis je fonds sur ses lèvres pour l'embrasser avec amour. Je sens que je ne vais pas avoir le temps de finir ce baiser, le moi original commence à être beaucoup trop fatigué pour me maintenir. Je fais le choix de ne pas me reculer pour le prévenir de ma disparition immédiate mais de profiter de cet instant le plus possible. Je sais qu'il comprendra. Je me demande même s'il n'a pas déjà compris.
Je disparais d'un un « pouf » sonore et un nuage de fumée blanche pour retourner d'où je viens.

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« Naruto ? Oh Naruto. Ça va ? »
Je secoue la tête pour me reprendre. En face de moi, Shikamaru me fait des signes de la main. J'ai dû rappeler mon clone, je commence à vraiment tirer sur la corde. Je ne m'attendais pas à se qu'il me ramène tant de souvenirs. La journée qu'il a passé à vraiment été éprouvante d'un point de vue émotionnelle, au point que ça m'a complètement déconnecté pendant plusieurs secondes alors que Shikamaru était entrain de m'expliquer un projet important.

« Oui, excuse moi Shikamaru. Je commence à fatiguer un peu. » Dis-je en me grattant la nuque. Je ne sais pas s'il me croit ou pas, mais je vois dans son regard qu'il abdique. Il soupire et se recule un peu en me ramenant le dossier dont nous étions entrain de parler sous mes yeux.
« Continue à feuilleté ça. Je vais nous chercher deux cafés. »
Je souris en le regardant partir. J'ai tellement de la chance de l'avoir comme ami. Tout comme Sakura, et Hana, et Obito, et Itachi, et Kiba. Je ne sais pas se que je serais sans eux. Ils sont mon essence pour continuer à avancer dans n'importe quelle situation. Je soupire et me fait craquer la nuque en m'appuyant contre le dossier de ma chaise. Je baisse les yeux sur le dossier ouvert en posant une main sur mon estomac. Le projet concerne l'ouverture d'une garderie à Konoha. Quand je pense à la complexité de l'organisation qui nous attend avec le petit, je ne peux qu'approuver l'idée. Si cette garderie existait déjà, ça aurait été un grand soulagement pour moi. Le pire, c'est que ça aurait pu être possible si le dossier avait été traité à temps. Ça fait plus d'un an que Tsunade doit le traiter mais qu'elle l'a laissé traîner. Comme tous les dossiers qui n'ont pas de caractère d'urgence, d'ailleurs.
Je grimace de douleur face à un nouveau coup du bébé que j'ai du mal à encaisser. Je ferme les yeux et penche la tête en avant en ravalant un juron. J'appuie un peu mon bras contre mon ventre mais ça ne sert pas à grand-chose, je dois juste attendre que la douleur s'estompe. Au bout de quelques secondes, ça commence à aller mieux, mais Un nouveau coup me déchire encore les entrailles. Je grogne et me penche en avant, le front appuyé sur mon bureau et les deux mains sur mon ventre.

« Pitié calme toi… Il n'y en a plus pour très longtemps. Prends tout le chakra que tu veux, mais arrête de me prendre pour un punchingball, s'il te plaît. » Suppliais-je à voix haute.
« Mais à qui tu parles ? »
Je me redresse en sursaut. Dans l'encadrement de la porte, Shikamaru me lance un regard perplexe en tenant nos deux cafés. Je comprends qu'il attend une réponse et qu'il ne lâchera pas l'affaire tant qu'il ne l'aura pas eu. Je me racle la gorge et bafouille un peu en me cherchant une excuse.
« A Kurama. Je parlais à Kurama. Il est très agité, peut-être qu'il va y avoir un orage... »
A l'intérieur de moi, j'entends mon Bijuu soupirer et je l'imagine lever les yeux au ciel fasse au manque de crédibilité de mon excuse. Shikamaru n'a pas du tout l'air convaincus. Il reste immobile quelques secondes, puis je lis dans ses yeux qu'il abandonne. Il soupire et revient vers le bureau pour me tendre mon gobelet fumant.
« Merci, Shikamaru. » Dis-je en portant la boisson chaude à mes lèvres. Mon ami me répond par un mouvement de tête et prend une gorgée à son tour.

Je profite de cette pause pour me tourner vers la baie vitrée et profiter de la vue. Je laisse mon regard vadrouiller pendant que je me perds dans mes pensées. Je suis anxieux, faible et fatigué. Je me sens émotionnellement fragile. Ça ne fait que quelques heures que je ne l'ai plus vue, mais Sasuke me manque. J'aimerais pouvoir rester tout le temps avec lui en se moment. Son soutien et ses attentions permanentes me donne de l'énergie. Lorsqu'il est là, c'est plus facile de supporter tout ça.
La pause se termine et nous reprenons le travail jusqu'à vingt-deux heures bien passées. Je me plains mais c'est déjà mieux que deux ou trois heures du matin. Épuisé, moi et Shikamaru rentrons chez nous en traînant la patte. On se salut en arrivant a un carrefour et je finis le trajet tout seul. C'est bizarre que Sasuke ne m'ai pas rejoint au bureau dans la soirée. J'espère que tout va bien. Je commence à paniquer en m'imaginant toute sorte de scénario. Peut-être qu'Orochimaru a attaquer la résidence, peut-être qu'il a pris des otages pour un éventuel échange ! Pris d'une angoisse insupportable, je passe en mode Bijuu-Sennin et fonce jusqu'à la maison en courant si vite qu'on ne peut même pas me voir passer. J'ouvre la porte en trombe, le souffle couper par le stress.
Assis dans le salon, Sakura, Obito, Hana et Itachi me dévisagent. Je me calme un peu mais reste tendu jusqu'à ce qu'enfin, j'entende la voix de Sasuke qui arrive de la cuisine.
« Naruto ? Mais qu'es qui t'arrive ? »
Je reste figé encore quelques secondes puis enfin, je me détends. Je pousse un long soupire en annulant mes techniques. Je reprends mon aspect normal alors que Sasuke s'avance vers moi.
« Ça va ? » Me demande-t-il avec un peu d'inquiétude en essayant d'attraper mon regard.
« Ouai, j'ai flippé pour rien. Je me fais beaucoup de films en se moment, pour pas grand-chose. Excuse-moi. » Dis-je d'une voix fatiguée en essayant de lui sourire un peu pour le rassurer.

Sasuke continue de m'observer en silence. Son regard se pose sur mes yeux cernés, sur mes traits tirés. Les épaules basses et le teint gris, je me demande s'il peut encore me trouver à son gout. Finalement il soupire et s'écarte un peu pour m'inviter à rentrer.
« Viens vite manger. Ça va te faire du bien. »
J'opine et je rejoins le groupe avant que tout le monde passe à table.
« Ça me fait plaisir de vous voir. » Dis-je entre deux bouchées. « Je ne pensais pas que vous seriez là ce soir.
- Après le départ de ton clone, on est resté pour continuer à mettre les choses en place avec Sasuke. » M'explique Hana. « Du coup, il nous a invité à rester manger.
- Je vois. » Dis-je en souriant.

Je réalise qu'on est bien loin de l'attaque dramatique que je m'étais imaginer. Je souris, satisfait par ce scénario bien moins catastrophique. Le repas se termine et mes amis repartent. On traîne un peu dans le salon avec Sasuke. Je crois qu'on est tout les deux un peu angoissé à l'idée de monter dormir dans notre nouvelle chambre. C'est quand même l'ancienne chambre de ses parents, je comprends que ça lui fasse quelque chose.
Allonger sur le canapé, la tête appuyée sur sa cuisse droite, je caresse le bas de mon ventre par-dessous ma veste en regardant le plafond. Sasuke à la tête appuyé sur le dossier et sa main posé sur mon estomac. Son regard est perdu dans le vide.

« Sasuke, comment ils étaient, tes parents ? » Demandais-je sans oser le regarder. Sasuke se crispe et reste immobile. Je crois qu'il se demande s'il a bien entendu. Je sais que c'est un sujet très tabou que je suis entrain d'aborder. Je ne sais pas si je fais bien. Ce que je sais, c'est qu'il y a un petit Uchiwa qui grandit à l'intérieur de moi. J'ai envie d'en savoir plus sur cette famille si mystérieuse. Sasuke reste silencieux pendant de longues secondes. Je le sens à peine respirer. Je ne le brusque pas et je patiente. Je commence même à douter d'obtenir une réponse à ma question lorsque qu'il se décide enfin à parler. Sa voix et très serrée, très maîtrisé. Je devine que parler de ça et une épreuve parieuse pour lui. Il fait tout de même le choix de se mettre en danger pour m'en parler.

« Mon père s'appelait Fugaku. Il était brun mais pas autant que nous, il était grand, carré. Il avait un visage dur. C'était un homme droit et très fier. Il n'avait pas besoin de dire un mot pour imposer le respect. Il était toujours sérieux, strict et très exigent. Je dirais même qu'il était intransigeant. Il est mort sous nos yeux, tué par un membre des forces spéciales de Konoha. Itachi me tenait alors que je pleurais en essayant de le rejoindre pour le sauver. Ses derniers mots étaient pour mon frère. Je m'en souviens par cœur, il lui a dit : « Veuille bien sur Sasuke. Tu es un si gentil garçon, Itachi. Je suis tellement fier de vous. » Itachi était en larme, mais il n'a pas bronché lorsque le katana a traversé le cœur de notre père. C'était la première et la dernière fois de sa vie qu'il nous disait un mon affectueux. »
Sasuke fait une pause. Il avale sa salive. Sa voix était en train de perdre en justesse, je l'ai sentie. Il prend le temps dont il a besoin pour remettre en places ses barrières de protections avant de reprendre son histoire.

« Ma mère s'appelait Mikoto. Elle était très belle. Elle avait de longs cheveux ébène et de grand yeux noir brillant, encadré de long cils. Elle était douce et souriante. Elle avait toujours les bons mots, les bons gestes. J'étais très proche d'elle. Psychologiquement, je n'étais pas aussi fort qu'Itachi. Je n'arrivais pas bien à encaisser les réflexions de mon père ni à me montrer à la hauteur. Ma mère savait me remonter le moral et me donner l'affection dont j'avais besoin pour avancer. Elle aussi, elle est morte sous nos yeux aux côtés de mon père. Elle nous a dit qu'elle nous aimait, qu'elle nous aimerait toujours. Ses derniers mots étaient pour moi. Elle m'a dit…
- Non, ne me dit rien. »

Sasuke cligne des yeux, comme s'il était rappelé brusquement dans le monde réel. Il me fixe avec surprise en attendant que je m'explique. Je lui sourie en me redressant. Une fois installé en face de lui, je lui envoie un regard doux avant d'enfin lui dire pourquoi je ne veux pas entendre la fin.
« Les derniers mots de ta mère, c'est un cadeau précieux. Un cadeau qu'elle t'as fait à toi. Je n'ai pas besoin de les entendre. »
Sasuke me fixe avec un regard brillant. Il est complètement noyé par une vague d'émotion. Il baisse un peu la tête pour rompre notre échange visuel en serrant les mâchoires. Il referme son poing sur sa cuisse et au bout de quelques instant, laisse s'échapper une longue expiration.
« Merci. » Souffle-t-il sans relever les yeux.
« Merci à toi, Sasuke. » Dis-je en posant ma main sur sa mâchoire pour le forcer à me regarder. Nos regards se croisent et on échange un petit sourire. Je rapproche mon visage pour poser mes lèvres contre les siennes. Nous échangeons un baiser profond et chargé en émotions. Lentement, Sasuke prend de la vigueur. Au bout de quelques minutes, je me retrouve allonger sous lui, en proie à ses caresses et à ses baisers.
« On monte ? » Proposais-je en lui jetant un regard lubrique. Il me le rend et hoche la tête avant de se remettre sur pied et de me tendre la main pour m'aider à en faire de même. A peine debout, je fonds de nouveau sur ses lèvres. On parcourt le chemin jusqu'à l'étage en s'embrassant et en se plaquant sur les murs à chaque pas. Enivré par l'envie, on en oublie le reste. Il n'y a plus que lui et moi, le reste ne compte plus. C'est sans vraiment y prêter attention que nous pénétrons dans notre nouvelle chambre avec la ferme intention de profiter de lit, même si ce n'est pas pour dormir.

Le lendemain, le réveil est rude. Je ne crois pas avoir déjà eu autant de mal à me sortir du lit. J'ai mal au ventre, j'ai mal aux articulations, j'ai mal à la tête, je suis fatigué. Je me sens si mal que je suis à deux doigt de fondre en larme. Cependant je n'ai pas le choix et rassemble tout le courage que je possède pour traîner ma carcasse jusqu'au bureau. Sasuke m'escorte et essaie de me soutenir du mieux qu'il peut. Heureusement qu'il est là, sans quoi je ne pense pas que j'arriverais à tenir encore.
Au bureau, il prend presque tout en main. Malgré la désapprobation de Shikamaru, il s'occupe de dossiers de classe C, B, et même A parfois. Il signe pour moi, répond pour moi. Il me décharge de tout se qu'il peut, et même un peu des choses qu'il n'est pas sensé pouvoir pour le plus grand drame du Nara qui s'arrache les cheveux de peur que quelqu'un découvre le subterfuge.

Dans les bureaux adjacent, Itachi, Obito et Kiba aussi continuent à venir m'épauler. J'avoue faire un peu exprès de ne pas les envoyer en mission pour le moment. Déjà, leur aide m'est très précieuse et de plus, leur présence près de moi et de mon fils me rassure. Plus le temps passe et plus je me sens faible. Je ne pense plus être capable de me défendre ni de défendre Konoha si Orochimaru me tend une embuscade. La journée passe beaucoup trop doucement. Chaque minute, chaque seconde me parait être une éternité. Je ne désire plus qu'une chose : que mon supplice se termine vite. Malheureusement, ces choses là ne se commandent pas. Le soir, je suis tellement épuisé que je m'endors sans manger. C'est sans surprise que le lendemain, je me réveil dans le même état. Sasuke essaie de me motiver comme il peut, j'ai beaucoup de rendez-vous et de réunions importantes aujourd'hui au quels il ne pourra pas aller à ma place. J'essaie de vider mon cerveau et de ne pas penser à mon état, mais les secondes s'écoulent aussi lentement que la veille.

Les jours continuent à défiler et se ressemble. Je ne stress même plus tellement je me sens mal. Enfin si, je stress à l'idée qu'un conflit éclate. Par contre, je ne me préoccupe plus du tout de mes compétences de futur père.
Kurama et le petit aussi sont à bout. Il ne se passe plus une minute sans que je me prenne une droite dans l'estomac ou un kick dans la rate. J'ai appris à faire avec et la douleur que je ressens ne se remarque presque plus. Je ratte une ou deux expirations, je marque une petite pose dans ma phrase si je suis entrain de parler, puis je reprends comme si rien ne c'était passé. J'ai tellement de mal à me déplacer que c'est Sasuke qui m'aide en me téléportant d'un bout à l'autre du bureau, de l'immeuble ou de la ville.
Actuellement assis devant mon bureau, j'écoute Shikamaru sans l'entendre. Il a beau parler doucement et utiliser des mots simples, mon cerveau ne veux plus. Je suis à bout. Affaler sur mon bureau, le visage posé dans ma main, je le regarde sans le voir. Je suis un zombie. Shikamaru le remarque forcément et s'énerve un peu, se qui me fait reprendre conscience.

« Oh Naruto ! Allé secouer toi les puces. Sasuke se tape tout ton boulot depuis une semaine. Il est parti pour très peu de temps, il termine sa réunion avec le pôle de recherche et il revient. Tu peux faire un effort pendant encore une heure ou deux ? »
J'acquiesce et accepte les remontrances de Shikamaru en me redressant. Je réanime mes neurones et essaie de faire abstraction de tout pour me focaliser sur le dossier de Shikamaru. C'est vrai que tout le monde se donne à fond en se moment pour m'aider du mieux qu'ils peuvent. Sakura passe tous les soir pour me faire un check-up complet. Hana nous a fait à manger à moi et Sasuke pour tous nos repas de la semaine. Itachi, Obito et Kiba planchent sur les dossiers sans sourciller alors que leur place n'a jamais été dans un bureau. Shikamaru ne me lâche jamais et passe aussi peu de temps chez lui avec Temari que moi chez moi avec Sasuke. Quant à Sasuke, je crois que c'est lui le vrai Hokage. Moi, je ne suis plus qu'un visage. Oui, tout le monde se déchire pour moi. Ce n'est pas juste que je les laisse faire sans me donner à fond moi aussi. Un peu remotiver, j'écoute Shikamaru avec attention. Il me sourit, fier de moi, et reprends ses explications.