« Un gros investisseur étranger propose l'installation d'une ligne de train dans le village. Konoha c'est beaucoup agrandi ces derniers temps et ça ne fait que continuer. Je pense que la mise en place d'un moyen de transport en commun est une idée intéressante. » Me dit Shikamaru.

J'hoche la tête faiblement pour lui répondre. Ça fait quoi, une minute que je me suis mis une gifle en me disant que je devais me ressaisir, et je me sens de nouveau défaillir. Seconde après seconde, mes épaules s'affaissent sans que j'arrive à les redresser. J'essaie par tous les moyens de rester attentif et je n'en fais rien savoir à Shikamaru qui poursuit.

« L'idée, c'est la mise en place de trois lignes circulaires. Une ferait le tour du centre-ville, une ferait le tour de la périphérie et entre les deux, il y aurait une autre ligne qui dessinerait un cercle elle aussi. »
Je déglutis et serre les dents : le petit vient de m'envoyer un coup phénoménal que j'ai du mal à encaisser sans broncher. Je cligne des yeux et les gardes fermés un peu trop longtemps mais je me ressaisis rapidement et je me redresse en joignant mes mains sur mon bureau. Shikamaru m'ignore et continue.

« Les trois lignes seraient reliés par plusieurs rayons, ce qui permettrait de se rendre n'importe ou dans Konoha en moins de quarante minutes à pied pour n'importe qui. »
Je me pince les lèvres. Un nouveau coup manque de peu de me mettre en PLS. Je me dandine un peu sur ma chaise, je ne me sens pas très bien. J'ai trop chaud et des gouttes de sueurs glacées me glissent dans la nuque et dans le dos. Je me sens mal dans ma peau, j'ai les mains moites et j'ai des frissons. Je fais un effort intense pour essayer d'intérioriser tout ça et rester concentré sur Shikamaru.

« Les travaux devraient prendre un peu plus de deux ans, mais les premières lignes seront utilisables dans seulement quelques... »
Un « pouf » sonore coupe la parole à Shikamaru et un nuage de fumée blanche m'enveloppe, comme si j'étais un clone et que je disparaissais. Seulement, je ne suis pas un clone et je suis toujours là. Shikamaru me fixe avec des yeux exorbités. Il n'est jamais décontenancé et ne se laisse jamais surprendre, mais la son visage trahis tous son désarroi.
« Mois. » Murmure-t-il pour finir ses explications tout en laissant le dossier qu'il tenait dans ses mains glisser et tomber par terre.

Toujours assis les mains jointe sur la table, je me sens envahis de pleins de sensations différentes d'un seul coup.
J'ai l'impression d'avoir perdu quinze centimètres et d'avoir pris trente kilos en un instant. Mon ventre pèse une tonne et ma peau me tiraille. Je ressens aussi une grosse pression au niveau de la poitrine. Je sens que quelque chose de chaud coule en grande quantité entre mes cuisses, comme si j'étais en train de me pisser dessus. Tout va très vite et je n'ai pas le temps d'expliquer tout ces changements quand soudain, une douleur mille fois pire que tout ce que j'ai ressenti jusqu'à présent me prends par surprise et le lance dans tout l'abdomen. Je hurle, je me penche en avant et enlace mon ventre mais rien ne se passe normalement.

Je ne reconnais pas ma voix en hurlant et j'ai l'impression que ce n'est pas moi. Je n'arrive pas à me pencher car j'ai un ventre énorme et j'arrive à peine à en faire le tour avec mes bras. Je vois aussi du coin de l'œil une crinière blonde dégringoler sur mes épaules lorsque je penche ma tête en avant. Je commence vraiment à comprendre ce qui se passe que lorsque mon regard paniqué se pose sur une paire de sein gonflés et douloureux et sur mon ventre en montgolfière.

Je savais que ça ne se passerait pas comme dans la théorie de Sakura mais là franchement, c'est la galère !
Je n'ai pas le temps pour plus de réflexion qu'une autre douleur vivre me déchire les tripes. Je hurle à plein poumons et me tourne sur ma chaise en me penchant un peu plus en avant. Je pose une main à plat sur mon bureau qui j'agrippe alors que la seconde est sur mon ventre. J'ai mal à en crever, mais j'ai aussi honte et je suis complètement paniqué. Je tremble, je suis secoué de spasme, je suis incapable de bouger ou même de penser de façon rationnelle. Il me faut Sakura tout de suite, mais je n'arrive même pas à parler à cause de la douleur et du stress. Je respire comme un bœuf, je ne peux rien faire et ça m'angoisse encore plus. Alors que je commence à désespérer au point que mes yeux s'humidifient, je sens le chakra de Sasuke dans la pièce. Il a dû sentir que quelque chose de grave était en train de m'arriver. Lorsqu'il me voit, il a une demi-seconde de latence. L'instant suivant, il est accroupi en face de moi et cherche à attraper mon regard paniqué en posant une main sur mon genou. Je suis dans un tel état que même lorsque mon regard croise le sien je ne le vois pas. Ma vision est obstruée par la panique. Les yeux hagards, la bouche ouverte, je tremble et hâlette comme un animal blessé.

« Naruto. Naruto ! Regarde-moi. »
Sasuke pose sa main sur mon visage pour me forcer à me concentrer sur lui. Je n'arrive presque plus à contrôler mon cerveau qui est passé en mode « survie », mais entendre sa voix et sentir sa main sur ma joue me reconnecte un peu. Enfin, j'arrive à voir le regard rassurant qu'il m'envoie. En constatant que je reviens un peu à moi, il me sourit et pose son front contre le mien.
« Tout va très bien se passer, je te le promets. »
Sa voix est sans appel. J'ai envie de le croire, même si je devine que se sera loin d'être évident. Je ferme mes yeux et prend une grande inspiration pour essayer de me ressaisir, mais je n'ai pas le temps de terminer qu'un nouveau cri s'échappe de ma bouche. Je me plie en deux et baisse la tête en fronçant les sourcils. Je sens qu'en face de moi, Sasuke se redresse. Il passe son bras sous mes genoux et colle sa poitrine contre la mienne.
« Accroche toi à mon cou. »
J'obéis sans protester. Sasuke me soulève alors avec une facilité déconcertante. L'espace de quelques instant, je le vois comme je ne l'ai jamais vue. Il me parait gigantesque. Il me porte jusqu'au canapé sur le quel il m'allonge avec délicatesse avant de s'accroupir près de mon visage en me tenant la main. Je la serre comme pour me raccrocher au mode réel et ne pas sombrer dans la folie à cause de la douleur qui me lacère encore et encore.

« Je dois aller chercher Sakura. Je reviens tout de suite. » Me dis Sasuke pour essayer de me convaincre de le libérer de mon emprise.
« Ne me laisse pas. » Suppliais-je entre un cri et un sanglot. J'ai peur, j'ai mal, j'ai honte, je suis perdue dans la nuit. Je ne veux pas rester tout seul, j'ai peur de mourir d'angoisse. Je sens Sasuke un peu perdue. Il est déchiré entre la raison qui lui dicte d'aller chercher Sakura en quatrième vitesse, et son cœur qui ne veut pas me laisser là dans mon état pitoyable. On est coincé dans un cul de sac.

« Va chercher Sakura, je le surveille pendant ce temps. »
A côté de Sasuke, Shikamaru s'avance jusqu'à nous rejoindre. J'ai envie de lui sourire, mais un nouveau spasme me prend et je ne peux que me cambrer en ravalant un cri. Sans perdre plus de temps, Sasuke donne ma main à notre ami et disparaît de la pièce. Shikamaru grimace lorsque je lui écrase les phalanges de toute mes forces mais il ne dit rien. Il s'accroupit à mes côtés et arrive même à décrocher un petit sourire.
« Sacrée poignet de main pour une nana ! » Me chari-t-il en articulant difficilement à cause de la douleur. Malgré mon état, sa remarque m'arrache un petit rire qui disparaît vite lorsqu'un spasme m'agresse.
« C'est sexiste comme remarque… » Lui dis-je non sans difficulté en lui jetant un coup d'œil amusé. « Shikamaru, je ne sais pas comment t'expliquer…
- Alors tais-toi et garde tes forces. De toute façon je pense avoir compris l'essentiel. » Conclut-il en regardant mon ventre proéminent. Je laisse glisser ma main libre dessus pour essayer de calmer son habitant qui me massacre de l'intérieur. Lui non plus, les spasmes que je ressens ne lui plaisent pas.

« Allé gamin, ça va aller. Je reste avec toi. »
Kurama. Mon Bijuu va mieux. A l'intérieur de moi, il a retrouvé toute sa place. La sphère rouge a disparue. Elle a dû déménager dans le ventre de mon corps de femme. Je suis rassuré pour lui, j'étais inquiet de se qui pouvait lui arriver quand l'heure serait venue. Je n'ai pas le temps de me réjouir bien longtemps car une nouvelle crampe me fait hurler à plein poumons. Shikamaru fronce les sourcils mais résiste à la pression démesurée que j'exerce sur sa main. La douleur commence tout juste à passer que j'entends frapper à la porte. Ni moi, ni Shikamaru n'avons le temps d'interdire l'accès que la poignée s'abaisse. Je tourne la tête pour découvrir qui fait irruption dans mon bureau sans autorisation à un moment si peu opportun. Shikamaru aussi se tourne un peu pour regarder, et nous découvrons les visages de Itachi, Obito et Kiba qui nous fixent avec incompréhension. J'hésite entre les envoyer balader et essayer de m'expliquer. Je n'ai pas le temps de me décider que une fois encore, j'hurle de douleur en me cambrant.

Shikamaru ravale un juron pour encaisser le choc, lui aussi. De mes trois autres amis, c'est Itachi le premier à faire un pas vers nous.
« Ou sont Sasuke et Sakura ? » Demande-t-il à Shikamaru.
« Ton frère est allé la chercher, ils arrivent. Tu ne crois pas qu'il faudrait l'emmener à l'hôpital ? » Demande le Nara en m'envoyant un coup d'œil inquiet. Itachi suis son regard et réfléchis quelques instants avant de mimer une réponse négative d'un signe de tête.
« Je pense qu'il est un peu tard. » Conclut-il.

Je les coupe en poussant un nouveau cri qui finit en sanglot. Je n'ai jamais eu aussi mal de toute ma vie, et quelque chose me dit que ça ne fait que commencer.
« Faites évacuer l'immeuble les mecs, si non tout le monde va rappliquer pour savoir ce qu'il se passe. » Ordonne le Nara. Itachi opine et retourne vers la porte ou il récupère mes deux autres amis qui ne semble pas encore avoir repris totalement connaissance. L'Uchiwa commence à les entraîner mais Obito ne le suis pas. Il secoue la tête pour se ressaisir complètement et viens jusqu'à moi en trottant. Il s'accroupit à côté de Shikamaru et pose une main sur mon épaule beaucoup trop frêle à mon gout. Il m'envoie un regard franc et un sourire rempli de soutien.
« Je ne te laisserais pas tomber une nouvelle foi. Je reste avec toi. » Me dit-il. Sa présence me réconforte et j'arrive à lui jeter un coup d'œil et un demi-sourire reconnaissant. Itachi de son côté, emporte Kiba plus ou moins de force car l'Inuzuka ne comprend pas grand-chose à la situation. J'entend la porte se refermer derrière eux.

Chaque seconde me parait être une éternité. Je commence déjà à avoir du mal à supporter la douleur. Je tremble comme une feuille et je sens que mes joues sont recouvertes de larmes. Je souffle fort pour essayer de me ressaisir. Je n'étais pas préparée à devoir surmonter ça.
« Aller gamin, c'est la dernière ligne droite. S'il y a quelqu'un capable d'encaisser un tel choc, c'est bien toi. Tu es capable de supporter des choses que personne d'autre ne supporterait, Naruto. Ressaisi toi. » Me sermonne Kurama pour me redonner du courage. Ses paroles me réconfortent et si la douleur ne s'atténue pas, ma panique par contre commence à s'apaiser. Je peux le faire, je dois le faire. Je n'ai pas le choix, de toute façon. Il faut que j'y arrive. Je ne sais pas si ça va « bien » se passer, mais ça va se passer. Il le faut.
« Tu commence à retrouver tes esprits, Naruto ? » Me demande Shikamaru.
J'opine pour lui répondre. Je relâche sa main et il ne peut retenir une exclamation de satisfaction. A la place j'agrippe le matelas du canapé.

« Mais, tu te transforme en fille quand tu baise ? » Me demande Obito avec un air interrogatif sans prendre aucune pincette.
« Obito ! » Le grondais-je
« Ca va, ça va. J'essaie juste de comprendre. » Se justifie l'Uchiwa en hochant les épaules.
Je soupire puis je ferme les yeux et fait balancer ma tête de droite à gauche. Ma réponse contrarie Obito qui du coup, n'arrive toujours pas à trouver une explication rationnelle à mon état.
« Bon. Bah mystère alors. » Conclut-il. « En tout cas, tu es très mignonne en fille tu sais. Tu as des loches de l'espaces !
- Obito, si je survie, je te jure que je te tue. » Sifflais-je entre mes dents. Notre petite altercation fait sourire Shikamaru. Une nouvelle crampe me saisit et je me tends pendant quelques secondes en serrant les dents. J'ai l'impression que c'est de plus en plus fréquent.
Sa passe, et je souffle un grand coup pour me préparer à la suivante.

Soudain je sens deux nouvelles présences derrière Obito et Shikamaru. Sasuke et Sakura sont enfin là. Je tourne la tête vers eux alors que Shikamaru et Obito se redressent. Sakura tient deux grosses valises dans ses mains. Sans attendre, Sasuke s'avance vers moi et s'agenouille pour se mettre à ma hauteur. Il prend la place qu'occupait Shikamaru quelque second avant.
« Comment tu te sens ? » Me demande-t-il en m'envoyant un regard inquiet. Je lui envoie un faible sourire pour le rassurer.
« J'ai connu mieux. » Avouais-je d'une voix faible. Sasuke passe sa main derrière ma tête et colle son front contre le mien en fermant les yeux. Je le copie et profite de son soutien et son amour pour reprendre des forces.

Pendant ce temps, Sakura prépare ses affaires sous le regard un peu perdu de mes deux amis qui restent planté sans savoir quoi faire. Heureusement bien vite, Sakura leur trouve une tâche.
« Obito, tu dois aller me faire bouillir une bassine d'eau. Shikamaru, va me trouver Tsunade et ramène là moi. Je risque d'avoir besoin d'un peu d'aide. »
Les deux hommes opinent et disparaissent sans perdre de temps. Sakura vient enfin jusqu'à moi. J'encaisse une nouvelle crampe qui me tords de douleur avant de pouvoir l'observer. Elle m'envoie un regard doux qui me rassure un peu.
« Aller Naruto. Tu vas devoir me faire confiance, d'accord ? » Me demande-t-elle d'une voix calme et sereine. Je lui réponds par un sourire.
« Je t'ai toujours fait confiance Sakura. »
Elle répond à mon sourire, puis récupère un champ en tissus qu'elle avait au préalable sorti d'une de ses valises. Elle le jette sur moi pour recouvrir mon ventre et tout le bas de mon corps.
« Sasuke, il va falloir que tu nous laisse. » Déclare l'Haruno. Sasuke opine sans opposer la moindre résistance. Moi non plus je ne m'objecte pas. Je crois que je préfère qu'on reste entre fille pour ce qui va suivre. Cette pensée est très bizarre, je sais bien, mais tout est très bizarre aujourd'hui de toute façon. Sasuke se relève sans lâcher ma main et m'envoie un dernier sourire auquel je réponds.
« Je suis juste à côté, d'accord ?
- Oui. »
Il se recule de quelques pas sans lâcher mon regard puis se retourne et passe la porte sans regarder en arrière. Lorsque la porte se referme je soupire. Je devine que c'est maintenant que le pire va commencer.

« Tu m'excusera, mais va falloir que je t'enlève ça. » Me dit Sakura en me déshabillant. Je la laisse faire en essayant de l'aider en peut mais je ne peux plus faire grand-chose.
« Allé, plis les jambes. »
Je tourne la tête pour fixer le mur. Je suis mort de honte mais je m'exécute malgré tout. Sakura relève le champ sur mes genoux et par en exploration entre mes jambes. J'essaie de ne pas trop pensée à ce qui se passe sous le champ. Heureusement la douleur des crampes m'aide à faire abstraction du reste.
« La vache, le travail est déjà bien avancé. Ça va être rapide. » commente Sakura.

Ca me soulage un peu, je me languis que tout ça soit derrière moi. Je ne lui réponds pas, une nouvelle crampe m'arrache un cri et je balance ma tête en arrière. Sakura devient plus intrusive en bas. Pour me changer les idées, je me concentre sur se qui se passe derrière la porte. Je devine la présence d'Itachi et Kiba qui viennent de rejoindre Sasuke.

« Comment ça se passe ? » Demande l'ainé Uchiwa.
« Je ne sais pas, Sakura n'a pas voulu que je reste. » Avoue Sasuke avec une voix angoissée.
« Je suis certain que ça va aller, ne t'en fait pas. » Le rassure son frère.
« Moi aussi. Je n'ai rien suivit mais bon, c'est Naruto. Il est capable de te supporter au quotidien alors ça à côté, ça ne doit pas être grand-chose. » Rajoute Kiba. Sa réflexion détend Sasuke et les trois hommes partagent un petit rire. Moi aussi un sourire étire mes lèvres. Les entendre et suivre leur discutions me fait du bien.

« Merde. » Crache Sakura. Son juron me fait peur et je me redresse un peu, une lueur de panique dans les yeux.
« Quoi ? » Dis-je d'une voix beaucoup trop aigue pour m'appartenir. Mais la rose n'a pas le temps de me répondre. La porte s'ouvre avec fracas. Tsunade apparaît, une bassine d'eau dans les bras. Elle referme la porte derrière elle et la claque au nez d'Obito et Shikamaru qui sont revenus. Elle s'avance vers nous avec détermination et pose la bassine sur le bureau au passage.
« Alors, on en est où ? » Demande-t-elle à Sakura en m'ignorant
« Le bébé est en siège. Il ne passera jamais.
- Merde. » Peste l'ancienne Hokage.

Alors que je comprends que pour une raison qui m'échappe, les choses ne pourront pas se passer normalement, une nouvelle contraction me fait hurler. Elle est encore plus douloureuse que les autres et je me cambre en hurlant à plein poumons. Ma souffrance attire l'attention de Tsunade sur moi. Elle me fixe d'un regard indéchiffrable puis s'avance et plante son majeur et son indexe dans mon flanc, sous mes côtes. Mes douleurs s'apaisent instantanément et je sens que le petit aussi se calme. Je reprends ma respiration puis ose la regarder dans les yeux.
« Tsunade… » Commençais-je.
« On va faire sortir ton bébé de là. Tu vas devoir être fort. »
J'acquiesce. Je lis le soutien dans les yeux noisette de l'ancienne Hokage. Les deux femmes commencent alors à préparer des choses, je n'arrive pas à voir de quoi il s'agit. Je reste concentrer pour encaisser les contractions qui se multiplies.
« Rallonge tes jambes. » Me demande Sakura et revenant vers moi. Elle et Tsunade ont enfilé des gants et un masque de chirurgie. La rose lève sa main et du chakra s'en échappe, un chakra tranchant comme une lame de rasoir.
« Tu es prêt ? »
Je lui répond par un hochement de tête. Alors que Sakura rapproche sa main de mon ventre recouvert du champ en tissus, Tsunade vient appuyer sur mes épaules.
« Allé Naruto. Il va falloir que tu serres les dents. »
Je sens une déchirure violente dans mon bas ventre. A l'aide de son Chakra, Sakura découpe le champ et ma peau d'un même geste. Je cris comme je n'ai jamais crié et Tsunade est obligé de forcer pour me garder plaqué contre le canapé. Sa puissance titanesque me maintient en place mais la souffrance est insupportable. Lorsqu'enfin, Sakura termine son entrailles, elle ne perd pas une seconde pour s'affairer sur ma plaie ouverte. Elle tire dessus, elle enfonce ses mains à l'intérieur de moi. J'ai tellement mal que je lute pour ne pas tourner de l'œil. J'essaie de porter mon attention sur se qui se passe dans le couloir pour oublier que Sakura est entrain de faire de la charpie avec mes entrailles.

Sasuke ne tient pas en place, entendre mes hurlements le met en panique total. Il fait les cent pas devant la porte et se fait violence pour ne pas rentrer. Je devine à l'anxiété qu'éprouvent mes autres amis aussi.
« Je suis tellement heureux de ne pas être une fille. » Murmure Obito.
« Oui. Moi aussi. » Souffle Kiba.
« Calme toi, Sasuke. Sakura et Tsunade sont toutes les deux avec lui. Il ne peut rien lui arriver. » Essaie de rassurer l'aîné.
« Alors pourquoi est-ce qu'il hurle encore comme ça ? Il y a quelque chose qui ne va pas !
- Il s'en sortira. Naruto s'en sort toujours. » Conclut Shikamaru.

Une pression violente qui m'écrase ramène mon attention sur ce qui se passe dans cette pièce. Sakura a les deux bras enfoncer à l'intérieur de moi. Sourcils froncés, elle est très concentrée.
« Tsunde-Sama, j'y suis presque.
- Bien. Occupe-toi du bébé quand tu l'auras sorti, moi je récupère Naruto. »
La pression augmente encore, je n'arrive plus à respirer. Je ne m'entends plus hurler, je ne sais même pas si j'y arrive encore. La douleur est telle que pendant un temps que je ne serais pas chronométrée, j'ai l'impression de perdre connaissance. Je n'entends plus rien, je ne vois plus rien, je ne sens plus rien. Il ne reste que cette douleur qui m'étrangle. Au bout d'un moment, même elle, commence à disparaître. Tout devient noir. Cette sensation me fait peur mais je ne peux rien faire. Mes yeux se ferment doucement. J'ai froid.

Alors que l'obscurité est presque total et mes yeux quasiment clos, j'entends un bruit. J'écarquille les yeux, surpris. La douleur me revient avec violence, mais mes autres sens aussi se réanime. Et j'entends.
J'entends des pleurs.
Je sourie, j'oublie le mal, j'oublie la honte, j'oublie tout. Il est là, il est en vie. C'est tout se qui compte. Je ris et je pleure, ravis d'entendre ses pleures qui caressent mes tympans. Je suis incapable de bouger, mais je devine que Tsunade s'affaire à réparer mon ventre alors que Sakura s'occupe du petit. Une grosse nausée me remue l'estomac et des frissons me parcours le corps. Je ferme les yeux et soupire en devinant ce qui va se passer. L'instant suivant un « pouf » sonore retentis. Je retrouve mon corps dans un nuage de fumée blanche.

Je laisse échapper un immense soupire de satisfaction et la seconde suivant, je me redresse sur les coudes. Je suis toujours recouvert du champ qui est complétement ensanglanté. Tsunade est penché sur mon ventre entaillé et le répares. Son ninjutsu referme lentement la plaie béate qui me tire encore, mais ça n'a plus rien à voir avec ce que j'ai pu ressentir au préalable. Je tremble, je n'ai pas la force de rester redresser plus longtemps. Je profite des secondes qu'il me reste pour tourner mon regard vers Sakura. Elle est de dos et je ne peux pas voir mon fils qui pleure, mais je sens sa présence et son chakra. Mon sourire s'étire alors que je me rallonge, épuisé.

« Calme toi, tout va bien. Je sais que tu as eu peur, mais c'est fini, petit bonhomme. » ronronne Sakura d'une voix tendre à mon fils tout en s'occupant de lui en utilisant le bureau. L'entendre lui parler fait exploser mon cœur.
Dans le couloir aussi, ça s'agite.
« Vous entendez ?
- C'est l'enfant ?
- Pourquoi on n'entend plus Naruto ? »
La porte s'ouvre avec fracas. Mon sourire s'élargit alors que j'observe Sasuke qui rentre en trombe. Je ne l'ai jamais vue aussi inquiet et stressé de toute sa vie. La panique se lit sur son visage, mais il se calme lorsque son regard rencontre le mien. Les pleurs attirent son attention vers Sakura et son regard dévie. Il se fige, je devine qu'il vient d'apercevoir l'enfant. Sakura se tourne vers lui en souriant.

« Tu peux venir, il ne mord pas. »
Sasuke tressaille mais il se ressaisit et fini par avancer vers la rose. Les pleurs de l'enfant se calme pendant qu'il avance puis s'arête complètement lorsque Sasuke se penche pour regarder l'être emmitouflé que Sakura tient dans ses bras. Son expression est complexe. Il est un peu impressionné, je crois. Il n'ose pas faire autre chose que le regarder avec attention. Sakura rigole et fait un pas de plus vers lui pour lui mettre le bébé dans les bras.
« Je crois qu'il y a quelqu'un d'autre qui se languis de le rencontrer. » Dit-elle en tournant la tête vers moi. Sasuke déglutis mais récupère l'enfant au creux de son bras. Il l'observe pendant encore quelques secondes puis s'avance vers moi. Il s'agenouille et enfin, je le vois.

Je n'ai jamais trouvé un bébé plus beau que lui. Comme moi, il a des cicatrices sur les joues et comme Sasuke, il a une touffe de cheveux noir ébène sur la tête. Pour une fois, on peut dire sans mentir qu'un nouveau-né ressemble à ses parents. Je rigole de ma réflexion et avance ma main vers lui pour caresser son visage du bout des doigts avec douceur. Il s'est endormi. Mon regard se relève et je tombe dans les yeux de Sasuke. Nous nous fixons en silence. On grave ce moment au fer rouge dans notre mémoire.
Je devine la présence de mes autres amis derrière nous. Rongé par la curiosité, ils ont tous passé la tête dans l'encadrement de la porte. Ils ont tous été là pour nous. Tout s'est bien passé. Orochimaru ne s'est pas encore manifesté. Je peux presque dire que j'ai paniqué pour rien. Enfin, si on oublie la douleur, les cris, le bain de sang, tout ça tout ça, quoi.
« On va s'en sortir, tu crois ? » Murmurais-je.
« Tu t'en sors toujours, de toute façon. » Me répond Sasuke en souriant. Nous partageons un faible rire et il se penche sur moi pour m'embrasser. Je lui rends son baiser comme je peux avec les maigres forces qu'il me reste. Il se redresse finalement et m'ordonnant de me reposer. Il n'a pas le temps de finir sa phrase que je m'endors déjà.
J'ai atteint ma limite.

J'ouvre un œil, le referme, l'ouvre à nouveau. Je me tourne et replace mon oreiller de façon confortable en soupirant. Je grimace un peu, déranger par un tiraillement dans mon bas-ventre qui m'empêche de trouver une position confortable. C'est étrange. J'ouvre de nouveau les yeux, je fronce les sourcils. Je me sens bizarrement bien, ce matin. Ce n'est pas normal. Je rabats les draps et me redresse d'un mouvement vif. Je ne comprends pas pourquoi aujourd'hui je me réveil sans avoir mal partout et en me sentant bien reposé et remplis à bloc d'énergie et de chakra.
L'explication me vient toute seule lorsque je vois le gros pansement sur mon ventre. Je relève le regard et observe autour de moi : je suis dans une chambre d'hôpital. Vêtu uniquement d'un caleçon, je m'assoie sur le bord du lit en essayant de reconstituer le puzzle. Les souvenirs me reviennent par vague. Je revois le bureau, je revois mon ventre énorme, je revois Sasuke, je revois Tsunade et Sakura entrain de me torturer, et puis je revois mon fils. Je souris aux anges puis m'étire en me levant.
Tout va bien, c'est terminé.

Je trouve des affaires propres pliés soigneusement sur une chaise. Je m'habille en vitesse, pressé de partir à la recherche de mon enfant. Cependant, je n'ai pas encore enfilé mon tee-shirt que la porte s'ouvre. J'arrête se que je faisais et je reste bloqué en découvrant Sasuke. Il tient contre lui notre fils emmitouflé dans une couverture. Je ne vois pas son visage mais je devine sans problème que c'est lui. Sasuke aussi est surpris de me voir debout, mais rapidement il se ressaisit et me sourit. Je lui rends son sourire alors qu'il rentre et pousse la porte derrière lui avec son pied.

« Salut. » Dit-il finalement en arrivant en face de moi.
« Salut. Je peux ? » Dis-je en tendant les bras. Sasuke répond à ma requête sans hésitation et me confit notre fils. Je frissonne en le prenant contre mon torse nu, j'ai l'impression que mon cœur prend feu. Je ne pensais pas être capable d'aimer un jour quelqu'un aussi fort que ça. C'est inexplicable, l'affection que je porte déjà à ce petit bout d'homme qui dort paisiblement. Mon sourire s'étire alors que je me penche vers lui. Je pose mon front contre le sien et caresse sa joue d'un bout de l'index.

« Bienvenue parmi-nous, Saruto. »
Sasuke sourit et nous rejoint. Nous allons nous asseoir côte à côte sur le lit. On reste silencieux un moment. Il nous faut du temps pour remettre de l'ordre dans nos esprits. C'est moi qui brise le silence lorsqu'enfin, j'ai l'impression d'être plus ou moins stable dans ma tête.
« J'ai dormi combien de temps ?
- Envieront seize heures. »
Je rigole, amusé par la révélation. Ça ne m'étonne pas, j'étais dans un tel état. Il fallait bien que je prenne le temps de recharger tout le chakra que mon fils m'a pris durant les neufs derniers mois. Je lui lance un regard affectueux à cette pensée. Je suis content qu'il ait pu en bénéficier.
« Ce sera un sacré ninja, il a une réserve de chakra impressionnante pour un nouveau-né. » Commente Sasuke.
« Tu m'étonne. Ça fait neuf moi qu'il nous met à sec, moi et Kurama. » Dis-je en rigolant. Sasuke rigole avec moi et nous partageons un moment léger.

« Oh gamin, je sens quelque chose de bizarre. »
Surpris, je regarde à l'intérieur de moi. Kurama à retrouvé son antre et surtout, il a retrouvé toute sa superbe. Il a l'air en pleine forme ! Le voir comme ça me fait plaisir.
« Tu as l'air d'être en forme, Kurama. » Lui dis-je.
« Oui, ça va mieux depuis que le parasite n'est plus là. » Avouât-il en souriant. « Mais concentre-toi. Il y a quelque chose de bizarre dans son chakra. »
J'écoute mon Bijuu et je me concentre. En effet, on dirait qu'il y a deux chakras qui s'échappe de lui. Le sien bien sûr, mais un autre aussi. Et pas n'importe lequel : C'est le chakra de Kyubi.
« Kurama ! » Dis-je, surpris.
« Oui. Je vis en lui aussi. Ton fils a réussi à accumuler suffisamment de mon chakra pour me dédoubler. » Dit-il avec surprise.
« Tu veux dire que maintenant, il y a deux Kyubi ?
- Oui et non. Celui qui vit à l'intérieur de ton fils et moi, on est le même. Je sens notre connexion.
- Donc, Saruto n'est pas en danger ? Tu ne lui feras pas de mal, n'est-ce pas ? » Demandais-je avec une certaine anxiété.
Kurama me répond en rigolant et me tend son poing. Je lui souris pour le remercier et frappe mon poing contre le sien.

« Naruto ? Que se passe-t-il ? »
Je reviens dans le monde réel. Sasuke me regarde avec interrogation. Je le rassure avec un sourire.
« Je ne sais pas si Saruto sera un mutant. » Avouais-je. Sasuke relève un sourcil en apprenant cette révélation et attend que je poursuive.
« Kurama vit en lui aussi. C'est un Jinchuriki. » Dis-je en posant un regard fier sur lui.

oOoOoOoOoOoOoOoOoOo

Quelques minutes plus tard, Sakura fait irruption dans la chambre. Je confie Saruto à son père le temps de finir de m'habiller, puis nous suivons la rose jusqu'à la nurserie. Elle nous donne un cours complet sur les soins quotidien et elle nous aide à avoir les bons gestes. La manipulation réveille mon fils qui ne tarde pas à me montrer toute la force de sa personnalité : il fait un scandale jusqu'à se qu'on lui donne à manger. Sasuke m'envoie un regard un peu noir alors que je me gratte la nuque en souriant. Une fois le cours terminé, Sakura nous met à la porte de l'hôpital sans plus de cérémonie.
« J'ai encore du travail. Je viendrais ce soir avec Obito pour voir si tout ce passe bien. On apporte le repas.
- Merci, Sakura. » Lui dis-je. Elle nous accorde un dernier sourire puis disparaît dans les couloirs.

Nous nous regardons avec Sasuke, je sens que tout comme moi, il est un peu perdu. Lui tient Saruto dans les bras alors que moi je porte un sac rempli d'affaires sur l'épaule. On reste immobile quelques secondes avant de se mettre en route vers la sortie. On traverse Konoha à un rythme lent.
J'ai l'impression de revivre. Je n'ai plus mal, je me sens léger, fort, remplis d'énergie. Orochimaru a raté sa chance : à présent, plus rien ne pourra m'arrêter. Lorsqu'on arrive à la maison, on reste un peu bloqué dans l'entrée. On échange un sourire d'encouragement avant de monter à l'étage et de coucher l'enfant dans son berceau. Sasuke l'allonge avec délicatesse et lui caresse la joue d'un revers de main avant de se redresser. On le couve tout les deux d'un regard tendre. Je passe ma main autour de la taille de Sasuke en admirant notre fils et je le rapproche de moi.
« Plutôt pas mal, non ? » Dis-je à voix basse avec humour. Sasuke laisse échapper un petit rire avant de répondre en hochant la tête.
« On n'aurait pas pu faire mieux. »

La journée passe et nous prenons doucement nos repères. En quelques heures seulement, on comprend déjà les premiers traits de caractère de notre enfant. Quand il dort, il dort. Avec lui on comprend vraiment l'expression « dormir comme un bébé ». Mais par contre quand il est réveillé, quel tempérament de feu ! Et quand il a faim, on n'en parle pas. Heureusement, il se calme dès qu'il a le ventre plein. Avec Sasuke, on est un peu gauche, souvent perdue. Rapidement, on met la pagaille un peu partout.
A quelques minutes de l'arrivé d'Obito et Sakura, Sasuke est assis sur le canapé à coté de Saruto. Le petit est couché à côté de lui. Il est bien réveillé mais il est calme et Sasuke le surveille en lisant un bouquin. Moi, je lave son dernier biberon avant de les rejoindre. Je m'affale dans un fauteuil en soupirant.
« Ça va, on ne s'en sort pas si mal. » Déclarais-je avec satisfaction. Sasuke décroche ses yeux de son livre pour me regarder et opine en souriant. Son regard se pose alors sur Saruto qui couine un peu. Je me penche en avant pour le récupérer et le lève au-dessus de moi.
« Et alors ? Qu'es qui t'arrive bonhomme ? » Dis-je en souriant.
Saruto a un petit hoquet et la seconde suivante, il me vomit dessus.
Je ferme les yeux et soupire : j'en ai de partout. Je reste bloqué un instant avants de réaliser. Sasuke me regarde et ravale un sourire en se pinçant les lèvres. Il ramène son regard amusé sur son livre et fait mine de m'ignorer. Je me lève finalement pour regagner l'étage en râlant. J'emmène mon fils avec moi pour le débarbouiller également.

Lorsque Sakura et Obito arrivent, c'est Sasuke qui va leur ouvrir. Moi et le petit nous sommes toujours en haut. Je descends les escaliers pour les rejoindre en tenant Saruto contre moi. Mes amis sont toujours entrain de discuter dans l'entrée. En me voyant arriver, Obito se décale et se redresse. Je devine qu'il est impatient de revoir le petit. J'arrive vers lui et il se jette presque sur moi pour voir le bébé. L'enfant gigote un peu dans mes bras, et Obito en profite pour attraper une de ses petites mains.
« Hey coucou toi ! Tu sais que tu ressemble comme deux gouttes d'eau à ton papa ? »
Je redresse la tête et dévisage Obito en fronçant les sourcils. Comment il veut qu'on devine à qui il pense en disant ça ? Obito voit mon expression et rigole.
« Je me suis dit qu'au moins, aucun de vous deux ne m'en voudra. » Avouât-il.
Nous rigolons de la blague d'Obito. Juste après, Saruto commence à pleurer. Il a faim, évidement. Je vais vers la cuisine pour lui préparer de quoi le calmer puis je rejoins le groupe qui s'est installé dans les canapés. En me voyant arriver, Obito se lève et s'avance vers moi, des étoiles dans les yeux.
« Je peux ? » Me demande-t-il en pointant le petit à qui je donne à manger. Je souris et l'installe dans ses bras en essayant de ne pas lui retirer son biberon trop longtemps pour qu'il ne se mette pas à hurler. Obito est ravis et retourne s'asseoir en souriant de toutes ses dents. Je le suis en rigolant doucement et je m'assoie à côté de Sasuke. Nous observons tous Obito avec amusement. Je fini par me tourner vers Sakura avec un regard amusé.
« Tu sais qu'il ne va pas te lâcher ? » Lui dis-je.
Sakura soupire de désespoir. Obito ne rate pas l'occasion de plaider sa cause.
« Mais au moins ils seront tous copains ! ça serait trop bien ! » Pleurniche-t-il.

On rigole tous de bon cœur. Peu de temps après, Saruto est couché et nous passons à table. Nous résumons la journée à Sakura qui nous explique se qui est bien et se qui l'est un peu moins. Elle nous donne de nouveau conseils, partage des astuces. Le couple ne reste pas trop tard et s'en va à peine le dîner terminé. On ne va pas se coucher très tard, nous non plus. Dans la nuit, Saruto ne nous réveille que deux fois. Ça fait une fois chacun, je m'attendais à pire. C'est en étant en forme que je pars au bureau le lendemain matin, laissant Saruto avec Sasuke pour la journée. On s'est dit que ça serait bien qu'on fasse ça, au moins la première semaine. Après, on pourra le laisser un peu à Hana.
En arrivant dans mon bureau, je constate qu'il y a un nouveau canapé. Je n'imagine même pas l'état de l'ancien. Les souvenirs me reviennent alors que j'avance dans cette pièce. C'était quand même une drôle d'épreuve.

« Déjà en poste, Hokage ? »
Je me retourne pour observer Shikamaru qui me rejoint. C'est vrai que le soleil se lève à peine à l'horizon. Ses premiers rayons baignent le bureau d'une lumière chaude. Le Nara avance jusqu'à moi d'une démarche nonchalante, comme à son habitude.
« Comment tu te sens ? » Me demande-t-il avec sérieux. Je lui réponds par un sourire rassurant.
« En pleine forme ! J'ai l'impression de revivre. » Avouais-je. Shikamaru me rend mon sourire, il est soulagé pour moi.
« Parfait. On va pouvoir prendre le taureau par les cornes, un peu. Au travail. »

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La semaine se déroule sans encombre. Le soir, je suis un peu fatigué et je rentre tard, mais ça n'a rien à voir avec mon état avant la naissance. Le plus dur, c'est que le petit est déjà couché lorsque j'arrive à la maison. Je le regarde dormir un peu, puis j'attends presque avec impatience qu'il se réveil dans la nuit pour pouvoir m'occuper de lui.
Comme convenus la semaine suivante, on le laisse à Hana pour la journée. Sasuke a beaucoup de mal à le laisser, mais il se fait violence pour que ça ne se voit pas trop. Il rentre beaucoup plus tôt que moi le soir pour aller le chercher.
Un rythme s'installe qu'on arrive à peu prêt à suivre. Ce soir, j'ai même réussi à rentrer un peu plus tôt. Assis sur le lit, j'ai Saruto sur les genoux. Je tiens ses mains entre mes pouces et mes indexes et je lui fais faire de grand geste. Il me fixe de ses grands yeux bleus et rigole. Moi aussi, un sourire gaga étire mes lèvres. Je suis heureux juste de le voir s'amuser. Soudain, notre petite séance de jeu et interrompu par un bruit d'explosion.
Je me redresse, puis me lève du lit pour aller vers la fenêtre en prenant Saruto contre moi. Un nuage de fumé grise monte vers le ciel au loin. Ça vient de l'entrée du village. Sasuke me rejoint et suis mon regard. Je lui confis Saruto qui râle, mais on ne l'écoute pas.

« Je vais voir. » Dis-je à ma moitié. Sasuke opine. J'ouvre la fenêtre, passe en mode Bijuu-Sennin et je pars comme une flèche vers l'entrée du village. Arrivé sur place, je découvre se qui se passe avec horreur.
Un petit groupe d'hommes est entrain de rentrer dans le village. Ils n'ont pas l'air dans leur état normal, ils ressemblent plutôt à des zombis. Les gardes essayent de les arrêter mais ils n'y arrivent pas. A chaque fois qu'un shuriken ou qu'un kunai atteint un des zombies, ce dernier se met à gonfler comme un ballon, puis il explose. Se sont des bombes humaines. Je remarque qu'un chakra bizarre semble les empoisonner. Je dois trouver un moyen de le neutraliser. Peut-être que si je leur injecte un peu du chakra de Kurama, ça annulera l'effet.
« Ça vaut le coup d'essayer. » Me confirme mon Bijuu.
« Bien. Alors c'est parti. »
Je rentre dans l'arène et me plante devant les gardes qui sursaute, surpris de me voir.
« Arrêtez de les attaquer, je m'occupe d'eux.
- Oui, Hokage-Sama. »

L'instant suivant, je suis partie. J'esquive leurs attaques en me glissant comme lorsque je devais traverser un parcours du combattant en survie. J'évolue à la vitesse de la lumière et arrive en un instant sur le premier homme. Je plaque la paume de ma main sur son front et lui injecte le chakra de Kurama. L'homme se fige alors qu'un manteau de chakra rouge le recouvre. Son regard change et au bout de quelques secondes, il s'effondre, inconscient. Je ne sais pas si ça à parfaitement marcher mais au moins, ça l'a arrêté. C'est déjà bien. Satisfait du résultat, je fais de même avec la vingtaine d'homme qui reste. Ils tombent tous les uns après les autres, jusqu'à se qu'il n'en reste plus un seul. Mission accomplis, je retourne vers le village. L'équipe médicale prend mon relais et va récupérer les hommes. Sakura, Obito, Itachi, Hana, Shikamaru, Temari, Kiba, Sasuke et Saruto sont là. Ils regardent le spectacle avec effrois.
Je me plante au près de ma famille et observe avec eux l'équipe médicale rapatrier les individus vers l'hôpital.

« Qu'es se c'était ? » Demande Sasuke sans dévier son regard.
« Des bombes humaines. » Dis-je en rappelant mon chakra doré. Je ferme les yeux et pousse un long soupire. Je sais se que je dois faire, mais c'est tellement dur.
« Sasuke…
- Je sais. » Me coupe l'Uchiwa.
Nous nous tournons l'un vers l'autre et on se dévisage alors qu'il transfert Saruto dans mes bras. Il me sourit et la seconde d'après, il a disparu.
Il s'est téléporter.
Je soupire une nouvelle fois en baissant les yeux sur mon fils qui gigote. J'ai l'impression qu'il cherche Sasuke des yeux. Je souris, touché par son comportement.
« Ne t'en fais pas. Il rentrera bientôt. » Lui dis-je avant de relever mon regard vers l'horizon.

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Un mois et trois jours.
Un mois et trois jours que je ne l'ai pas vue. Je suis inquiet et je guette chaque message qui arrive dans l'espoir de reconnaître son écriture.
Je suis fatigué par l'inquiétude tout autant que par le rythme de vie que je mène. Il est très tard et je ferais mieux d'aller me coucher, mais je n'en ai pas envie. Assis à côté du berceau de mon fils, je le regarde dormir. Ça m'apaise. Je me lève dans un soupire et m'avance pour regarder le ciel à travers la fenêtre. La pleine lune est éclatante. Elle illumine la forêt qui encercle Konoha. J'imagine de croisé de Sasuke qui doit sans doute l'admirer aussi, de là ou il est. Un petit gazouillis attire mon attention. Saruto se réveil. Je retourne vers lui et lui sourit pour essayer d'apaiser ses premiers pleurs.
« Chut, je suis là. Tout va bien. »
Je le prends dans mes bras et je vais chercher le biberon que j'avais préparé à l'avance. Je le fais boire en retournant vers la fenêtre. Il prend son repas en fixant la pleine lune d'un regard fasciné.
Il ne se rendort qu'une bonne heure plus tard, et je me décide à me reposer un peu moi aussi afin d'être en forme pour demain. Je vais avoir une grosse journée : le conseil des Kage se réunis à Konoha pour échanger sur la situation de chaque village ninja. Je me languis de revoir Gaara.

Le lendemain avant de partir, j'appelle un clone dans l'entrée et je lui fais un petit topo.
« Hana ne peut pas garder Saruto, aujourd'hui. Elle doit se reposer après la pleine lune. Tu ne fais rien qui pourrait t'amener à disparaître, et si tu sens que je commence à fatiguer, tu me ramène Saruto. Peut importe ou je suis et se que je fais, c'est compris ?
- Ne t'en fais pas. C'est mon fils aussi. » Me rassure mon clone.
J'opine puis je passe la porte. Je ne suis pas très rassuré de faire ça, mais je n'ai pas le choix. Avec ses jumeaux qui grandissent à vive allure, Hana est de plus en plus fatiguée. Je n'ai pas envie de la surcharger et de lui faire vivre le même supplice que j'ai dû moi-même supporter pendant mes dernières semaines de grossesse. Itachi quant à lui est en mission avec Obito, et Sakura travail à l'hôpital. Je n'ai pas d'autre option. C'est donc avec l'esprit préoccupé que je me rends au bureau. Comme tous les jours, j'y retrouve Shikamaru, fidèle au poste.

« Des nouvelles ? » Dis-je sans y croire. Le Nara me répond par un mouvement de tête négatif. Je soupire mais je me mets au travail. J'ai pas mal de dossiers à boucler avant la réunion de cet après-midi.
Les heures défilent lentement. A chaque seconde qui passe, je prie pour ne pas sentir mon clone disparaître. Il n'y a aucune raison pour que ça arrive, mais quand-même : on ne sait jamais.
« Ça va, Naruto ? » Fini par me demander Shikamaru.
« Saruto est seul à la maison avec un clone. Ça me stresse. » Avouais-je sans détourner les yeux du dossier dont je m'occupe. Le Nara ne répond pas tout de suite, il réfléchit sa réponse.
« Tu veux qu'on envoie quelqu'un pour s'assurer que tout se passe bien ?
- Non, ce n'est pas la peine. Si mon clone disparaît, je le serais. »
Shikamaru opine et se remet au travail à son tour. On va bientôt devoir quitter le bureau pour aller inaugurer l'ouverture d'un bâtiment de police. Je me prépare sans entrain et enfile ma tenue d'Hokage avant de me mettre en route. Ça me fait du bien de sortir un peu de mon bureau et de voir autre chose, j'ai l'impression de m'empâter en restant toujours dans cette pièce. L'air frais me revigore. Nous arrivons rapidement sur place et l'inauguration se passe sans complication.

« Tu veux qu'on s'arrête manger quelque pars ? » Me propose Shikamaru.
« Ça fait une éternité que je n'ai plus mangé chez Ichiraku. » Avouais-je.
Je croise le regard du Nara et on se sourit. Ça va nous faire du bien, une petite pause dans la journée. On se rend au restaurant et nous passons commande avec satisfaction.
« Comment va Temari ? » Lui demandais-je.
« Elle va bien. Elle est encore plus nerveuse que d'habitude, mais bon. C'est normal, je crois. »
Je lui jette un coup d'œil intrigué pour l'inciter à s'expliquer et à poursuivre.
« Il faut croire que c'est contagieux. » M'avouât-il en rougissant un peu. Je souris en comprenant de quoi il parle.
« Félicitation ! » Lui dis-je en lui adressant une tape amicale dans le dos. « Tu peux commencer à faire le deuil de ton ancienne vie. »
Nous rions de bon cœur. Malgré sa pudeur, je peux quand même ressentir sa joie. Nos plats arrivent et nous continuons à discuter de sujet autre que le travail. Soudain, je sens une présence dans mon dos. Je me retourne dans un geste vif, surpris par cette arrivée à laquelle je ne m'attendais pas. Mon clone rentre dans le restaurant avec Saruto dans les bras et un gros sac rempli d'affaire sur l'épaule.
« Qu'es que tu fais là ? » Lui dis-je avec surprise.
Je ne me sens pas du tout fatigué, je ne sais pas se qui l'amène. Il me désigne alors sa main bandée.
« Nous nous sommes fait attaquer. Deidara a débarqué avec une cinquantaine de bombe humaine. Je les ai éliminés et l'ANBU est déjà sur place, mais je me suis fait légèrement blesser. »

Je me décompose en attendant la nouvelle et en comprenant tout ce que cela implique. Orochimaru a réussi à introduire des espions parmi nous. Il a dû me suivre et comprendre que c'était bien moi, l'original, qui était à l'inauguration. Il a voulu profiter de la situation. Je n'imagine même pas se qui se serait produit si mon clone c'était fait blesser plus gravement. Je savais que laisser Saruto avec lui n'était pas une bonne idée. Je me lève et vais récupérer mon fils qui commence à s'agiter et à pleurer.
« Merci pour tout. » Dis-je à mon clone avant de le rappeler.
Je retourne m'asseoir sans décrocher ni un mot ni un regard à Shikamaru. Je berce mon fils pour qu'il se calme et je cherche machinalement un biberon dans le sac. Saruto s'énerve dessus : la bouffe, c'est son anti-stress. Si ça continue, il va devenir comme Chôji. Ma réflexion ne m'arrache même pas un sourire tellement je suis perturbé par tout ce que je viens d'apprendre. Il me faut plusieurs minutes avant que le calme revienne dans mon esprit.

« Je vais demander à Ino de faire passer un test à tout les membres des forces spéciale et les employés du bureau. » Déclare Shikamaru.
J'opine, c'est une bonne idée pour commencer.
« Si je recroise Orochimaru un jour, je le tue. » Conclus-je d'une voix sans appel. Il me faut encore quelques minutes pour que je me ressaisisse totalement. Je soupire et range le biberon vide avant de repositionner Saruto dans mes bras. Je le regarde, il baille en s'étirant. Lui aussi commence à se détendre. Il a dû être très stressé avec tout ce qui s'est passé.
« Naruto, on va devoir y aller. Tu comptes faire quoi ? » Me demande Shikamaru. Je lui réponds sans décrocher le regard de mon fils qui est entrain de s'endormir dans mes bras. Ma décision est clair, et il n'est même pas envisageable pour moi de réfléchir à une autre option.
« Il reste avec moi. »