Réponses aux reviews
EloMioneS: Merci pour ta review! Je ne prends pas du tout mal ces petits points que tu as soulevé, bien au contraire, c'est en reconnaissant ses défauts qu'on progresse! Comme je l'ai expliqué avant le premier chapitre, les douze premiers chapitres de cette fiction, je les ai écrits il y a deux ans. J'avais donc seize ans et j'étais peut-être un peu immature dans ma vision de certaines choses (et je reconnais volontiers que je ne suis sans doute pas encore la personne la plus mature qui soit dans mon écriture). J'aurais très bien pu modifier ces passages, mais soit, j'ai décidé de ne pas le faire. D'ailleurs, ce treizième chapitre est le premier que j'ai écrit depuis que j'ai décidé de reprendre ma fiction, je ne sais pas si cela va se ressentir mais deux ans séparent mes précédents chapitres de celui-ci. Pour le personnage de Ron, ne t'en fais pas, il ne va pas rester insupportable très longtemps, et pour le côté battante de Hermione, il sera davantage développé au cours de la deuxième partie de la fiction que je n'ai pas encore commencé à écrire mais dont j'ai déjà tous les événements en tête. Je te remercie beaucoup de m'avoir lu et de m'avoir fait part de ton ressenti, à très vite et bonne lecture! :)
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Les deux jeunes gens regardaient l'école se teinter successivement de rouge, puis de vert, de façon cyclique. Hermione ne savait pas qu'il les ferait transplaner si loin et voulut repartir vers le château pour épauler ses amis, qui en avaient probablement besoin. Elle jeta un regard vers son homologue et entreprit de courir, mais celui-ci la rattrapa de justesse par le poignet. Elle se stoppa net, se retournant dans sa direction, les yeux embués de larmes tant par la peur pour ses amis que par la frustration de ne pouvoir être à leurs côtés dans des temps si durs. Lorsqu'il le remarqua, il relâcha légèrement la pression qu'il exerçait sur son bras qui, il ne l'avait pas remarqué sur le moment, était sans doute un peu trop forte. Voyant qu'elle s'était complètement arrêtée et qu'elle lui faisait désormais face, il retira sa main.
- Malefoy, laisse-moi repartir!
- Et te faire tuer?! Hurla-t-il.
- C'est peut-être ce que les autres sont en train de subir, et je n'ai pas envie de laisser ça se dérouler sans rien faire!
- Ecoute, si quelqu'un meurt, c'est inévitable alors si je peux au moins préserver une vie, je ne vais pas me gêner, même si c'est la tienne!
Elle ouvrit la bouche, mais la referma aussitôt, réalisant qu'elle n'avait rien à répliquer.
- Ils sont venus pour les gens comme toi. Et sans vouloir te faire peur, tu as une raison de plus que les autres d'être ciblée.
Elle comprit tout de suite le sous-entendu. Elle était amie avec Harry, oui, et elle savait bien que cela ne jouerait pas en sa faveur aux yeux de Voldemort. Ce qu'elle n'était pas sûre de comprendre, c'est pourquoi Malefoy s'entêtait à vouloir la garder en vie. Même s'il avait soi-disant mûri et qu'il se comportant désormais comme un homme et non plus comme un gamin qui semblait avoir des choses à se prouver, elle ne comprenait pas pourquoi il avait risqué sa vie quelques minutes plus tôt afin de la sauver du sortilège de mort. Il l'avait même appelée par son prénom, sûrement sous le coup de la panique et pour être sûr que la jeune fille l'entende et s'écarte si jamais il n'arrivait pas à le faire à temps. Elle ne comprenait pas non plus pourquoi le vert et argent n'était pas avec sa famille, bien qu'elle soit indiscutablement du mauvais côté, car il avait toujours semblé être soumis à son père, ou bien ce n'étaient là que quelques apparences qu'il suffirait de chasser dans de tels moments. Elle était dans l'incompréhension la plus totale, mais ce n'était pas le moment d'y réfléchir, elle aurait bien d'autres occasions de le faire.
- S'il te plaît, on peut au moins marcher vers le château? Ce n'est peut-être pas plus sécurisant qu'on ne soit que deux en pleine nature, si on nous retrouve je ne donne pas cher de notre peau.
- Bien, se contenta-t-il de répondre en reconnaissant qu'elle n'avait pas tort. Non, en fait, non, poursuivit-il avec une idée en tête. On va transplaner jusque notre salle commune.
- Malefoy, enfin, on ne peut transplaner depuis ou vers l'enceinte de Poudlard, Dumbledore a…
Elle s'arrêta, une boule dans la gorge. Elle venait seulement de s'en rendre compte. La magie mise en place par Dumbledore avait quitté ce monde avec ce dernier, et elle réalisa alors que Malefoy et elle avait bel et bien transplané depuis l'école, confirmant qu'il ne restait rien à faire pour sauver le vieux directeur. Elle souffla longuement. Un air désolé sur le visage, bien que pas si triste, Drago lui tendit sa main. Elle la saisit, tête baissée, ferma les yeux, sentit un vertige, et lorsqu'elle se rendit la vue ne se trouvait plus dans le même décor. Le fond sonore avait lui aussi changé, on entendait à nouveau des éclairs, qui avaient pour origine la bataille qui se disputait un peu partout dans l'établissement. Le Serpentard lâcha la main de la jeune fille et commença à lancer des sortilèges qui lui étaient inconnus. N'ayant pas l'habitude d'ignorer l'existence de sorts, elle sembla intéressée et avant qu'elle ait eu le temps de poser la moindre question, il indiqua:
- Ce sont des sortilèges de protection bien plus poussés que ceux que tu peux apprendre dans tes bouquins. Tu vois, si tu en sortais le nez de temps en temps, tu pourrais te confronter à la réalité et apprendre de nouvelles choses, finit-il non sans une pointe d'ironie.
Hermione se renfrogna, presque vexée, mais se dit que ce serait immature de sa part et que son homologue voulait sans doute juste détendre l'atmosphère. Lorsqu'elle le vit avancer vers la sortie, elle l'interpella.
- Eh, où est-ce que tu vas?
- Voir où en sont les autres. Si les Mangemorts viennent par ici, ça devrait les retenir suffisamment jusqu'à mon retour.
- Laisse moi venir avec toi!
- Je te l'ai dit, tu as bien plus de risques que les autres de te faire tuer, c'est hors de question.
- Malefoy tu n'as aucun ordre à me donner, cria-t-elle en avançant vers lui, alors je viens avec toi! Je n'ai pas à...
Lorsqu'elle fut rendue à son niveau, il l'arrêta en la bousculant bien plus violemment qu'il l'aurait voulu et elle tomba à terre. Choquée, des larmes perlèrent au coin de ses yeux et sans un regard pour elle, il fit demi-tour et sortit en claquant la porte. Trop interloquée pour bouger, elle ne le suivit pas, restant au sol. Des visages fusèrent soudainement dans son esprit, celui d'Harry, en passant par Ginny, par Luna, par Blaise, par Dean, Seamus, Lavande, même par Ronald, par chacun de ses amis dont elle ne connaissait l'état actuel, elle serra les poings et daigna se lever. Elle se dirigea à son tour vers la porte, empruntée quelques secondes auparavant par Drago, et la claqua à son tour. Elle avança sans avoir de destination particulière, priant juste pour tomber sur quelqu'un qui soit encore en vie sur le chemin et pour réussir à retrouver Harry et les autres. Elle traversa plusieurs couloirs, le silence semblait d'être fait lorsqu'elle était sortie de ses appartements, elle se dit alors que ce devait être terminé et espérait plus que jamais que son camp soit vainqueur, et surtout entier. Elle bifurqua à droite lorsqu'elle fut arrivée au bout d'un couloir, prit les escaliers au bout d'un autre et ne trouvant personne, elle se dit qu'elle ferait mieux de se rendre à la Grande Salle, là où tout s'était déroulé. Là-bas plus qu'ailleurs elle avait des chances de retrouver du monde. A son plus grand soulagement, elle ne tomba sur aucun cadavre lors de sa traversée du château, et quand elle fit face à la grande porte menant à là où elle souhaitait aller, son cœur s'accéléra et sans réellement pouvoir se contrôler, ses jambes la conduisirent plus rapidement. En entrant, son ventre se serra. Toute la décoration était ruinée, des trous s'étaient formés ça-et-là dans le sol, au plafond, dans les murs, tout était sens-dessus-dessous, et plus dur encore à regarder, le cadavre d'Albus Dumbledore trônait encore au fond de la pièce. Hermione détourna le regard pour faire fuir ses larmes et aperçut plus loin un groupe d'élèves, qui semblaient encercler quelqu'un ou quelque chose, alors elle se précipita. Elle ne connaissait aucun d'entre eux, ils étaient tous de la maison Poufsouffle et étaient un ou deux ans plus jeunes qu'elle. Ils étaient attroupés autour de l'un des leurs qui était blessé à l'épaule, mais rien de grave à ce qu'elle put voir, et lorsqu'elle se fut assurée que tout irait bien pour eux, et qu'elle s'était un peu plus renseignée quant à ce tout ce qu'il venait de se passer, elle décida de partir. Elle ne retrouverait pas les autres ici. Une fille du groupe de jaunes et noirs lui ayant appris que le professeur McGonagall avait chassé les Mangemorts de la Grande Salle, elle entreprit de se rendre dans le bureau de celle-ci en espérant la trouver accompagnée des élèves qu'elle recherchait. Elle y alla cette fois-ci en courant, et lorsqu'elle fut rendue devant le portrait qui la séparait de la petite pièce appartenant à son professeur de métamorphose, elle prononça le mot de passe qu'elle connaissait depuis qu'elle avait eu besoin du retourneur de temps en troisième année, et qui n'avait depuis jamais été modifié. Le portrait pivota et laissa entrer la jeune sorcière. Elle sentit son cœur lourdement retomber dans sa poitrine, lui provoquant un soulagement énorme, lorsqu'elle vit que plusieurs élèves étaient déjà réunis ici, parmi lesquels Harry, Ginny et Drago, qui lui lança un regard noir. Elle repensa alors à la scène qui s'était passée juste avant qu'il ne quitte la salle commune et ressentit une légère vexation, qu'elle réprima aussitôt en voyant la vieille dame l'accueillir avec un regard rassuré. Hermione observa les alentours et fit le tour des élèves présents, et fut alors heureuse de constater la présence de Harry, Ron, Ginny, Blaise, Drago, Luna et Dean. Elle espérait que les autres aillent bien, mais savoir que la plupart de ceux pour qui elle s'était fait un sang d'encre étaient ici sains et saufs la délivra d'un poids. McGonagall, qui jusqu'alors était assise, se leva pour toiser chacun des élèves présents un par un.
- Ce qu'il vient de se passer est inadmissible. Jamais nous ne nous serions attendu à un tel acte. Jamais nous n'aurions pu penser qu'ils feraient de cette école leur première cible.
Elle semblait tellement en colère, dévastée, et on sentait dans sa voix la pointe de tristesse qu'elle tentait de masquer, sans doute due à la mort de son supérieur.
- Le plus grand sorcier de notre génération a rendu son dernier souffle. Nos élèves courent un grave danger. Nous allons les renvoyer chez eux, dès demain. Il est hors de question de poursuivre une année normale en sachant que ce genre d'attaques pourrait très bien se reproduire. Le ministère doit déjà être au courant à l'heure qu'il est et ne nous laissera pas le choix de toute façon. Nous sommes en temps de crise, mes petits, et nous n'allons pas pouvoir rester sans rien faire. Mettez-vous en sécurité, retournez parmi vos familles. Les aurors se chargeront du reste.
Le silence retomba. Tout le monde baissa la tête, ne sachant quoi dire. Plus rien d'autre que les respirations de chacun ne venait entraver le silence, qui se faisait de plus en plus pesant, une gêne, un sentiment de malaise s'était installé, et les élèves présents osaient à peine se regarder. McGonagall se leva.
- Allez vous coucher. Vous préparerez vos affaires demain.
- Non.
Tout le monde releva la tête et se tourna vers la personne qui venait de protester. Personne ne s'attendait à ce que ce soit Malefoy.
- Comment voulez-vous qu'on dorme après ce qu'il s'est passé ce soir? Notre directeur est mort, l'ennemi a porté atteinte à notre sécurité et Merlin merci grâce à vous il n'y a eu qu'une seule victime, dont ils ont eu l'air de se contenter. Mais vous avez raison. Ils peuvent revenir. Ils vont revenir. Inéluctablement. Alors, non, je n'irai pas me coucher, non, je ne ferai pas mes affaires et non, je ne repartirai pas demain bien sagement comme vous l'espérez. Fermez l'école si ça vous chante, moi j'y reste. De toute façon je n'ai nul part ailleurs où aller, je pense que je ne suis plus le bienvenu chez mes propres parents. Vous ne mettriez pas un de vos élèves à la rue, tout de même?
Minerva l'observa silencieusement, un air interloqué sur le visage, et s'apprêta à répondre mais Harry ne lui laissa pas le temps de le faire.
- Je n'aurais jamais cru dire ça un jour, mais tu as raison, commença-t-il à l'attention de Malefoy. Nous ne pouvons pas ignorer les événements de ce soir, reprit-il pour l'assemblée. Nous devons faire quelque chose. On est pas prêt à survivre dehors si des gens comme ça viennent pour nous oppresser. On a que seize ou dix-sept ans, même les plus talentueux de nous ne feraient pas le poids contre eux, et ça s'est vu ce soir. On a tellement peu d'expérience, on doit continuer à s'entraîner, et quel meilleur endroit que Poudlard pour y arriver? Moi aussi, je resterai.
Bien vite, un murmure monta, et tous ne firent plus qu'une seule voix, chacun affirmant qu'il resterait là, qu'il ne partirait pas peu importe que l'école ferme ou non. Le professeur de métamorphose, émue, s'autorisa à verser quelques larmes, après toute l'émotion de la soirée, et lorsque les élèves eurent fini de revendiquer leur volonté de rester ici, elle reprit la parole.
- Mademoiselle Weasley, monsieur Zabini, mademoiselle Lovegood, occupez-vous de prévenir les élèves de votre maison de faire leurs affaires et de prévenir leurs parents. Le Poudlard Express décollera demain à onze heures. Je me chargerai juste après des élèves de Poufsouffle.
- Nous n'irons pas avec eux, vous le savez, relança Dean. Et je pense que d'autres qui ne sont pas ici voudront rester avec nous.
Minerva sembla réfléchir. Après un temps, elle répondit au Gryffondor.
- Réunissez les sixième et septième années dans vos salles communes et envoyez les autres dans leurs dortoirs. Enfin, pas vous, monsieur Zabini, l'affiliation de certains élèves de cette école est trop douteuse. Dites leur ensuite que ceux qui le souhaitent peuvent rester. Je m'occupe de mon côté de réunir les professeurs, nous discuterons et aviserons demain.
Ils obéirent. McGonagall se dirigea vers les cuisines pour avertir la maison Poufsouffle, et tous repartirent en direction de leur salle commune, les préfets en chef ne faisant pas exception, mais le vert et argent partit bien en tête, et ne ralentit pas lorsque Hermione lui hurlait de l'attendre. Une fois arrivée au niveau de ses appartements, elle s'engouffra dans l'ouverture avant que le portrait se referme complètement et trouva Drago assis sur le sofa, le regard vers le feu de cheminée qu'il venait sûrement d'allumer. Elle s'assit près de lui.
- Malefoy, je peux savoir ce que tu as?
Voyant qu'il ne répondait pas, elle soupira, se leva et s'agenouilla face à lui, barrant la route à son regard.
- Malefoy, répond-moi bon sang! Je n'ai pas à me faire bousculer puis ignorer de la sorte!
- Tu ne comprendras donc jamais rien, hein, dit-il après avoir marqué un temps d'arrêt, en plantant son regard dans les yeux noisette de la préfète. Tu ne comprendras jamais que j'essaie de te protéger, que si je t'ai poussée tout à l'heure c'est parce que je ne voulais pas que tu viennes avec moi, pas parce que je ne voulais pas que tu sois là, mais pour te protéger, Granger! Et toi, tu ne trouves rien de mieux à faire que de te barrer d'ici sans savoir si la bataille est terminée, sans te préoccuper du fait que, peut-être, tu pourrais mal finir?! Il t'est inconnu, ce concept?! Tu ne penses à rien d'autre qu'à vouloir sauver les autres, Granger, si tu savais combien ça m'exaspère! Arrête de faire l'héroïne avec tes petits copains, et pense à ta vie, putain, tu penses à ta vie des fois?!
Elle encaissa, silencieuse. Elle ne savait quoi répondre, trop étonnée pour réfléchir correctement, trop épuisée aussi par tout ce qu'il venait de se passer. Le regard perdu dans l'au-delà, elle ne bougea même pas lorsque Drago se leva et qu'il l'enjamba pour regagner sa chambre, et ne remarqua qu'il s'était arrêté un peu plus loin que lorsqu'il l'acheva de ces paroles:
- Heureusement que tu m'as emmené à l'infirmerie, l'autre fois, parce que si j'étais dans cet état, c'était aussi un peu ta faute.
Elle entendit la porte de sa chambre claquer et, définitivement atterrée par cette fête du Nouvel An qui avait tourné à la catastrophe, elle rassembla le peu de force qui lui restait pour se relever et s'allonger sur le canapé sur lequel elle s'était assise à peine plus tôt. Elle ne s'en rendit même pas compte, mais en moins de temps qu'il en faut pour le dire, elle s'était endormie.
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Trois jours étaient passés depuis la soirée du Nouvel An. Minvera McGonagall avait été désignée comme directrice à la suite de Dumbledore, jugée par les élèves comme par les professeurs comme étant la succession la plus légitime, de part son ancienneté et sa réaction durant la récente bataille qui avait sans doute permis de sauvegarder quelques vies de plus. Il ne restait que très peu d'élèves pour peupler l'intérieur du château, qui en conséquence semblait plus grand encore à l'habituel. Les professeurs avaient tenté d'y remettre un minimum d'ordre, rebouchant les sols, redressant les murs. Une cérémonie en l'honneur du professeur Dumbledore avait eu lieu avec les professeurs et les élèves restants. Un représentant du ministère avait assité à cette dernière, et cela fit une excuse à Minerva pour expliquer le fait que certains élèves n'étaient pas rentrés chez eux: elle avait expliqué qu'ils avaient été proches du directeur et qu'ils repartiraient une fois la cérémonie terminée. Certains professeurs étaient partis, il fallait être le moins nombreux possible pour rester discret et ne pas éveiller les soupçons du ministère, qui n'aurait aucune raison de revenir à Poudlard s'ils la pensaient fermée. Des membres de l'équipe pédagogique ne restait plus que la nouvelle directrice ainsi que madame Pomfresh et Hagrid, et il avait été jugé utile de rappeler le professeur Lupin, qui avait formellement accepté de revenir au vu de la situation. Quant aux élèves, un certain nombre étaient restés, parmi les Gryffondor il y avait Harry, Ron, Hermione, Ginny, Neville, Seamus et Dean, Luna était la seule Serdaigle, sans grand étonnement aucun autre Serpentard que Blase et Drago ne répondait présent et pour ce qui était des Poufsouffle, tous étaient rentrés chez eux. Minerva s'était contentée de leur annoncer leur retour imminent, ne tenant pas à mettre davantage de personnes en danger que les élèves qui avaient déjà pris cette initiative peu avant dans son bureau. Il avait alors été convenu que Luna et Blaise, pour ne pas rester seuls, s'installeraient dans le dortoir des Gryffondor avec ceux-ci, qui étaient les plus nombreux, et Hermione et Drago pourraient continuer à occuper leurs appartements, mais rien ne les y obligeait.
Hermione n'avait pas reparlé à Drago depuis, elle n'avait même pas essayé car lorsqu'elle se retrouvait seule en sa compagnie, il semblait tendu, ce qui la dissuadait de dire quoi que ce soit. Elle avait passé ces dernières nuits dans sa chambre, mais puisqu'elle se sentait presque aussi seule en la compagnie de Malefoy que lorsqu'elle l'était vraiment, elle avait décidé qu'elle irait dormir avec ses camarades le soir même. Elle se sentirait bien mieux avec Ginny et Luna.
En revanche, elle avait pardonné à Ron, se rendant compte après ce douloureux épisode que la vie des autres ne tenait qu'à un fil, et le rouquin semblant toujours rempli de remords, elle avait décidé qu'il était temps de tourner la page. Hors de question de ne pas rester soudés dans une situation comme celle qu'ils étaient en train de vivre.
Une fois qu'elle eut fini de mettre quelques affaires dans un petit sac en bandoulière histoire de passer la nuit, la Gryffondor sortit de sa chambre. Elle y trouva son homologue en train de lire, assis sur le sofa qui était désormais devenu le sien, puisqu'il y passait le plus clair de son temps lorsqu'ils ne s'entraînaient pas.
- Je dors avec les autres, ce soir.
Elle ne s'attendait pas à avoir une réponse, elle voulait juste le prévenir. Après avoir récupéré sa brosse à dent et sa serviette dans la salle de bain, elle sortit de la salle commune. Le temps qu'elle vérifie une dernière fois qu'elle n'avait rien oublié – ce qui était idiot puisqu'elle n'aurait qu'à revenir si c'était le cas – elle entendit le portail derrière elle pivoter. Elle tourna la tête et vit Malefoy sortir, un sac par-dessus l'épaule. Il ne fit pas attention à elle et la devança sans même un regard. Elle sourit et avança derrière lui, sans chercher à le rattraper. De toute façon, ils se rendaient au même endroit. Quelle étrange pensée de se dire qu'il allait cohabiter avec Harry, qu'il avait toujours haï, et qu'ils étaient du même côté désormais.
Arrivés devant la salle commune des Gryffondor, dont l'accès ne nécessitait plus de mot de passe et qui restait toujours ouverte et accessible pour le peu d'élèves qui restaient, les deux préfets en chef entrèrent. Les autres les accueillirent avec le sourire, et s'ils ne furent pas surpris de voir que Hermione avait apporté des affaires, puisqu'elle les avait prévenus qu'elle dormirait avec eux ce soir, ils regardèrent étonnés le sac que Drago venait poser à côté d'un grand canapé rouge et or. Comprenant que lui aussi leur tiendrait compagnie pour la nuit à venir, ils ne dirent rien à ce sujet.
- C'était fatigant, aujourd'hui, lança Luna pour mettre fin au long silence qui s'était installé.
Personne n'était vraiment joyeux, ces derniers temps, et s'ils s'amusaient parfois durant leurs entraînements, la réalité les regagnait vite, ils se rappelaient alors de la raison pour laquelle ils étaient là et ne semblaient plus si amusés. Chaque soir dans la salle commune l'ambiance était tendue, personne n'osait dire quoi que ce soit de peur que ce soit déplacé, alors ils se serraient les coudes en silence.
- Assez, oui, répondit Ginny.
Drago avait sorti de son sac le livre qu'il lisait déjà quand Hermione l'avait prévenu de son départ. Il était parti s'asseoir en tailleur dans le coin du canapé à côté duquel il avait posé ses affaires, rouvrant l'ouvrage à la page à laquelle il s'était arrêté. Neville, qui était assis au sol, à côté, se pencha légèrement sur la droite pour tenter de voir la couverture du livre, mais n'y parvint pas. Remarquant cette tentative vaine, Blaise s'autorisa à déranger le blond dans sa lecture, tandis que Neville cherchait quelque chose qui venait de tomber de sa poche.
- Où a bien pu tomber cette fichue graine! se plaint-il.
- Qu'est-ce que tu lis? demanda ensuite le Serpentard.
- Des sorts, répondit-il avec indifférence, le regard toujours rivé sur son livre.
- Des sorts? s'interrogea Hermione. J'en ai lu, des livres de sorts, mais je ne le connais pas celui-là.
- Normal, ce n'est pas le genre de sorts que tu utilises, répondit-il bien plus froidement qu'à Blaise.
Elle soupira. Quand allait-il donc se décider à lui reparler normalement?
- Malefoy, ne me dis pas que c'est ce genre de sorts, sembla comprendre Ginny.
- Je sais pas à quoi tu penses, Weasley.
- De la magie noire, comprit également Seamus. Tu lis de la magie noire.
- Vous êtes devenus perspicaces, chez les Gryffondor, ironisa-t-il sans lever les yeux.
Harry se leva.
- Malefoy, qu'est-ce que ça veut dire?! Tu es soi-disant du côté du bien mais tu te mets à te renseigner sur la magie noire! C'est quoi la suite, tu vas faire des Horcruxes?!
- Rassied-toi, Potter, je ne compte tuer personne si ce n'est pas pour me défendre. Si tu penses réussir quoi que ce soit face au mal avec tes petits sortilèges d'écolier sage, tu te mets le doigt dans l'œil, et crois-moi, pour avoir souvent vu et subi les sorts de mon père, je sais de quoi je parle.
Hermione resta bloquée sur la fin de la phrase, repensant à ce fameux soir où elle avait dû l'emmener à l'infirmerie. Elle fronça les sourcils.
- Je ne compte pas utiliser la magie noire pour les vaincre. Je me débrouillerai avec mes « petits sortilèges d'écolier sage », comme tu les appelles.
- Tu sais, Harry, l'interpella Luna, Drago a peut-être raison. Et puis, si on ne s'en sert pas pour faire le mal, la magie noire n'est peut-être plus si noire que ça, n'est-ce pas? acheva-t-elle avec son innocence naturelle.
- Il faudrait qu'on en parle avec les professeurs demain. Tous les moyens doivent être déployés pour nous améliorer, et je suis plutôt d'accord avec Luna, intervint Blaise en recevant un sourire de la blonde.
- Bien. Si ça vous chante, on pourra leur en parler, acheva Harry.
Remarquant que Ron le regardait un peu de travers, il se rassit.
- Je sais que c'est bizarre de voir cette fouine de notre côté, mais on va devoir s'y faire et accepter qu'il veut peut-être juste la même chose que nous, chuchota le rouquin à l'oreille de son ami pour qu'il soit le seul à l'entendre.
Pour toute réponse, le survivant hocha la tête et balaya l'assemblée d'un regard. Remarquant qu'il se faisait tard et qu'ils n'avaient toujours pas mangé, Seamus suggéra qu'ils aillent dans la Grande Salle, proposition qui fit l'unanimité. Tous se levèrent d'un même pas et se dirigèrent vers la sortie. Drago, qui prenait un peu plus de temps que les autres pour mettre son marque-page et ranger son livre dans son sac, remarqua que son homologue l'attendait à l'embrasure de la porte. Il soupira. Lorsqu'il passa près d'elle pour sortir, elle se lança:
- Malefoy, est-ce que je peux te parler?
Elle marchait à côté de lui, et voyant qu'il n'accélérait pas, elle considéra qu'il était d'accord.
- Lorsque tu as dit que tu avais pour habitude de subir les sorts de ton père… Enfin, je veux dire… C'est ce qu'il s'est passé aussi, ce soir là?
- Je t'ai déjà demandé de me lâcher, avec cette affaire.
Elle souffla longuement, mais n'insista pas, même si elle en mourrait d'envie. L'autre fois, il lui dit qu'elle était semi-responsable, et il osait encore dire que cela ne la regardait pas? Ce garçon était vraiment plein d'incohérences. Voyant qu'il ne l'avait pas semée pour rejoindre les autres qui étaient quelques mètres devant, et qu'il ne cherchait pas à le faire vu comment elle marchait lentement, elle décida de poursuivre.
- Tu l'as eu où, ton livre? Je ne l'ai jamais vu, pas même à la réserve.
- Mon père.
- Il te l'a donné?
- Non, je lui ai pris il y a longtemps.
- Il n'a jamais essayé de le récupérer?
- Tu poses beaucoup trop de questions, Granger.
Elle allait répondre, mais Ginny ne lui laissa pas cette opportunité.
- Dépêchez-vous, tous les deux! cria-t-elle en se retournant.
Drago se dépêcha alors, et Hermione l'imita. Ils arrivèrent à l'entrée de la Grande Salle, qui n'avait pas été entièrement rénovée, il ne restait plus qu'une table qui était encore en état convenable. C'était autour de celle-ci que tout le monde mangeait, élèves comme professeurs, qui étaient d'ailleurs déjà attablés. Les quatre sourirent. Le petit groupe leur rendit leur sourire, s'assirent à côté et se servirent dans le grand plat qui trônait au centre.
Ces trois derniers jours, Minerva et Remus leur avaient enseigné des sortilèges un peu plus poussés que ceux qui étaient au programme, madame Pomfresh s'attelait à leur apprendre les premiers soins par le biais de quelques de sortilèges et de quelques plantes médicinales dont Neville apprenait les propriétés avec le plus grand sérieux qu'il puisse donner. Hagrid pour sa part n'avait pas grand-chose à leur apprendre, mais sa présence avait quelque chose de familier qui était plutôt rassurant, et il était toujours disposé à aider si quelqu'un le lui demandait.
Le repas se déroula silencieusement malgré quelques tentatives peu habiles de Hagrid pour engager une discussion, chose qu'il leur était difficile d'avoir depuis l'autre soir. Les professeurs ne semblaient pas plus guillerets que les élèves.
Le repas achevé, tout le monde retourna à la salle commune des Gryffondor tandis que les professeurs, pour leur part, regagnèrent les appartements qui leur étaient réservés.
Après s'être douchées, Hermione, Ginny et Luna étaient montées du côté des dortoirs des filles et allèrent toutes trois dans la même pièce, qui était celle où dormait Ginny le reste de l'année. Les trois filles s'allongèrent, mais chacune savait que les deux autres peinaient à trouver le sommeil.
- Vous pensez que tout ce qu'on fait sert à quelque chose? demanda la rouquine.
- Je l'espère, lui répondit Hermione.
- Hermione, tu sais depuis quand Malefoy est de notre côté? poursuivit-elle.
- Je ne sais pas s'il est de notre côté, à vrai dire. Je sais juste qu'on a un ennemi en commun. Mais autant s'allier, si on est plus nombreux, on aura plus de chances de vaincre le moment venu.
- Je ne pense pas que Drago Malefoy soit une mauvaise personne, intervint Luna. Je pense juste qu'il est un peu perdu, mais ça, je l'ai senti depuis longtemps. Peut-être que nous aider lui donne l'impression d'avoir trouvé sa voie?
- Peut-être.
Le silence retomba. Hermione se tourna dans l'autre sens, et se rendit compte combien Drago Malefoy l'intriguait. Il était tellement mystérieux, il l'avait toujours été mais elle ne s'était jamais penchée sur ce cas avant de le côtoyer cette année. C'est vrai qu'il était surprenant de sa part d'accepter de travailler en vue du même objectif que les Gryffondor. Hermione se dit que cela devait avoir un rapport avec son père, qu'il était peut-être prêt à tout pour lui faire face, quitte à revoir ses relations sociales. Elle ferma les yeux.
Ce n'était pas le moment de penser à lui. Demain encore, elle allait devoir se dépasser.
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Lucius, mon cher Lucius, ton fils nous a tous tellement déçus. Nous nous attendions tellement à le voir se ranger de notre côté, c'était comme une évidence. Et le voilà qui se met à sauver la vie d'une Sang-de-Bourbe!
- Je suis tellement désolé, Maître. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir me rattraper.
Je ne sais pas s'il est possible, Lucius, de rattraper la mise au monde d'un tel d'échec. Narcissa l'a compris, et elle pense pouvoir s'en tirer en fuyant. Un rire bruyant s'éleva. Quelle naïveté! Je suis content que tu n'aies pas fui, toi. Même si tu aurais peut-être dû. Tu me seras resté loyal jusqu'à la fin, quel dommage que tu m'aies tant déçu, et que tu ne sois pas assez précieux dans mes rangs pour que j'ai la clémence de t'épargner!
Un éclair vert fusa, et dans un bruit sourd, le corps de Lucius Malefoy vint s'écraser au sol, inerte.
