Disclaimer: L'univers et les personnages de Harry Potter appartiennent à Joanne Kathleen Rowling (ou JK pour les intimes), je les emprunte juste. Je ne me fais strictement aucun argent sur cet univers et ces personnages empruntés.
Rating: T
Note: Bien le bonjour ! Et oui, voici le second chapitre, plus long et avec une fin non prévue (le personnage en a fait qu'à sa tête, si si je vous jure, ce n'était pas du tout prévue), Le chapitre devait même être normalement plus long avec d'autres événements. M'enfin, c'est comme ça, ce sera pour le prochain chapitre. ¯\_(ツ)_/¯
Bonne lecture, et n'hésitez pas à me signaler les fautes !
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Chapitre Second
Sans être surpris pour un sous, mais plutôt contrarié d'avoir été interrompu (sentiment de contrariété, n'est-ce pas ?), je tourne ma tête vers l'intrus, perdant mon sourire.
Ohoh. De toutes les personnes, il fallait que ce soit lui. Ça faisait pourtant plusieurs mois que j'arrivais à l'éviter.
«Oh, bien le bonjour, l'autre paria, Tom, c'est ça ? craché-je, rancunier, tout en me levant et m'époussetant le pantalon dans lequel je nage.»
Hmm, douce colère, te revoilà. Que je t'aime, toi qui me fais sentir vivant. Est-ce qu'aimer la colère me fait ressentir un sentiment d'amour ? Ou, puis-je même déterminer la chose que je ressens envers ma belle colère par ce terme ?
Pinçant ses lèvres jusqu'à en couper le sang, il répond:
«Va te faire voir, Grindelwald, grogne-t-il en cognant mon épaule pour descendre tout en me perçant de ses yeux qui en disaient long.»
Une effluve particulière est arrivée à mes narines, me faisant arrêter tout mouvement. Puis, je me surpris moi-même à chuchoter:
«Riddle sent comme le cadavre...»
Il s'arrête net à l'entente du mot «cadavre» puis reprend rapidement sa marche, essayant de faire de grandes enjambées malgré ses courtes jambes. Il disparaît derrière la grande porte de la salle à manger.
«..de lapin… terminé-je ma phrase, soliloquant sur le fait que cette odeur est étonnement très présente sur lui mais ma colère reprend le dessus.»
Je ne l'aime définitivement pas ce type. Me couper dans ma satisfaction d'avoir pu rire, rire ! Nom de tous les Dieux ! J'aimerai bien l'y voir lui. Surtout, ce qui me fait ne pas le porter dans mon cœur est qu'il m'attire, rien qu'avec cette odeur -ça m'étonne d'ailleurs toujours- mais aussi pour un raison inconnue, j'ai envie de m'approcher inexorablement de lui. Disons que ne pas être maître de mes mouvements n'est pas une chose qui me plaît particulièrement.
Étrangement, pouvoir ressentir toute cette animosité mêlée d'attirance et de curiosité me fait sentir vivant. Tout ça est si paradoxal ! Je ne l'aime pas parce qu'il m'attire mais j'aime me sentir vivant. Il me prend la tête !
Que je me calme, que je me calme. Décidément, Riddle me met sans dessus-dessous. C'est la première fois que je ressens ça. Autant ne plus l'approcher, et je n'aurai plus de soucis !
Je soupire. Je ne comprends pas. Je ressens. Est-ce que je deviens comme les autres, à ressentir ? Est-ce une bonne chose ? Est-ce une question à se poser ? Tout ce qui devrait m'importer est mon confort, n'est-ce pas ? Donc.. faisons comme ça, qu'une personne ou non me fasse ressentir, c'est juste surprenant et rien d'autre. Non ? Cela devrait l'être, n'est-ce pas ?
Sauf que non. Ce n'est pas juste surprenant, c'est plaisant ! Je me sens vivant ! Je.. j'ai besoin de ressentir, d'être vivant! Le problème est que dépendre des autres, de Riddle, me laisse un goût amer dans la bouche, je n'arrive pas à l'accepter. Être dépendant de certaines personnes est une mauvaise chose, une très mauvaise chose…
«Bouge-toi d'là, l'monstre ! s'exclame une voix dans mon dos, coupant mon monologue intérieur»
Hm, ayez un peu d'originalité avec vos surnoms, pensé-je avant de descendre les dernières marches et de suivre la trace de Riddle, ignorant complètement le garçon qui s'était exclamé.
Une fois la porte franchie, une sale odeur de poisson atteint mes narines, me faisant plisser le nez de dégoût. La salle est relativement grande comparée au reste de l'orphelinat, le plancher est plus ou moins propre contrairement aux tables qui elles, se font vieilles et souillées de toutes ces années. Le brouhaha des discussions est assez désagréable. Les tables commencent à se remplir rapidement, laissant volontairement un coin de celle-ci de côté habité par une seule personne. Riddle.
Les adultes ne disent rien de cet ostracisme flagrant, bien que le sujet qu'est Riddle ne cherche pas vraiment à s'intégrer, il a l'air plutôt content, seul. D'une certaine manière, je le comprends. Les orphelins d'ici ne sont pas vraiment recommandables de ce que j'en ai vu. Après tout, être plongé tête en avant dans les toilettes n'a pas vraiment dû plaire à Riddle. Oui, j'ai vu le crime, et oui je suis passé devant sans l'aider, et encore oui, ça ne me fait ni chaud ni froid. Et pour une quelconque raison, je ne l'ai jamais vu, à part cette fois-là, dans une situation défavorable pour lui. Enfin, comme je l'ai déjà dit, Riddle n'est pas vraiment quelqu'un que j'apprécie, mais ça ne m'empêche pas de le comprendre.
Enfin, passons, je m'assois le plus loin possible de ce cher Riddle -ne plus s'approcher de lui, vous vous rappelez ?-, à la table à l'opposé de la sienne -bien qu'il y ait que quatre tables- et tout au bout de celle-ci. A vrai dire, il y a bien quatre tables mais une est réservée au personnel donc, le choix n'était pas vraiment présent puisqu'une des tables n'a plus de place. Je m'assieds donc en bout de table, et les personnes, dont celle qui se tenait à ma gauche et l'autre en face de moi, se déplacent toutes deux de respectivement deux et trois chaises. Quel subtilité.
Je sens un regard bizarrement intensif, c'est plutôt étrange vu qu'habituellement on m'évite plus qu'autre chose. Je tourne la tête et j'aperçois Riddle qui m'observe avec des sourcils légèrement froncés, sûrement perdu dans ses pensées. Peut-être qu'il s'est aussi aperçu qu'il sentait fort.
Je détourne la tête, essayant de m'empêcher d'encore le regarder, et vais me servir en allant voir celle qui nous remplit les gamelles, Mme Verger la cuisinière.
Une fois servi et assis, je commence à grignoter négligemment mon plat, étant plutôt perdu dans mes pensées.
Je repense au dilemme qui m'est arrivé tout à l'heure. Riddle m'a fait ressentir. Et j'ai aimé ça. Mais je n'aime pas spécialement Riddle, m'attirant pour une raison que j'ignore. Mais -encore une fois-, il sent cette senteur particulière. Ce qui est bizarre. Ce que je trouve bizarre. Après tout, en omettant le lapin et le grenier, il n'y a rien qui sent aussi fortement cette odeur. Et puis, je l'ai déjà croisé plusieurs fois et c'est la première fois que je sens ça sur lui. Je ne le croise pas tous les jours, c'est plutôt une personne que j'évite et je ne me souciais même pas de son existence avant de faire parti des parias, mais cela n'empêche pas que ce soit étrange. Je ne peux pas lui demander comme ça: «est-ce que tu t'approches souvent de cadavres de lapins ?». Mais contrairement à ce qu'essaie de conclure cette question, peut-être que cela veut juste dire que des humains, de surplus vivants, peuvent aussi sentir fortement cette odeur.
Ce qui est une option à ne pas négliger.
Je soupire.
Mme Cole me fixe bizarrement, et une des surveillantes, Martha, a les yeux écarquillés. Je les regarde chacune respectivement, avant de détourner mes yeux d'elles et de me concentrer sur mon poisson qui a l'air d'être pané et des frites en bouillie, soit de la purée, de ma gamelle.
Je soupire étonnamment beaucoup ces temps-ci, je deviens même beaucoup plus expressif, toute cette histoire avec Riddle me trouble. Mais à ressentir à tout va comme je le fais, deviendrais-je humain ? Me transformerais-je en Homme ? Ma monstruosité partirait-elle ?
Si c'est bien le cas, ce serait… étonnant, c'est le mot. Ce changement serait donc dû à Riddle. Ce serait donc grâce à lui que je deviendrais humain ?
Devrais-je le remercier ou.. le maudire ?
Je cligne des yeux plusieurs fois, retournant sans cesse la question dans ma tête, la chuchotant même à bout de lèvres, complètement perdu quant à la réponse à donner. À offrir. Ou à lui balancer.
Puisqu'après tout, devenir comme les personnes que je côtoie ici ne donne vraiment pas envie. Mais je ne serais plus un monstre. Mais devenir comme les perso- Mais je ne serais plus un monstre.
Deve- Mais je ne serais plus un monstre.
Mais je ne serais plus un Monstre.
Je ne serais plus un monstre.
Je ne suis plus un monstre.
Je suis un humain.
Je ne suis plus un monstre.
Je suis humain
"Monstrueusement Humain." entendé-je chuchoter.
Mon sourire retombe de lui-même.
Amenant résignation qui étrangle espérance.
Sans que je sache que c'est moi qui tenais inconsciemment la main au survivant.
