Disclaimer: L'univers ainsi que les personnages de Harry Potter appartiennent à Joanne Kathleen Rowling (ou JK pour les intimes), je ne fais que les emprunter. Je ne me fais strictement aucun argent sur cet univers et ces personnages empruntés.
Rating: T
Note: Hey. Longue absence, beaucoup d'hésitation, mais voilà enfin un chapitre, plus long que les précédents !
Le prochain chapitre est déjà écrit et est très court, il sera donc publié sous peu.
Bonne lecture !
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Chapitre Cinquième
C'est un cafard. Un parasite. Je ne vois pas comment qualifier la chose autrement. Elle m'a approché, s'est collée, et ne me lâche plus, tel un poux. Perchée sur ses petites jambes, elle me suit partout. Pire. Elle fait affluer en moi un tas de sentiments, ce n'est pas comme Riddle, loin de là, elle ne m'insupporte pas comme le fait ce dernier.
Non, c'est bien pire que ça. C'est tellement désagréable.
Elle me gêne dans mes mouvements, me fait grincer des dents avec sa voix, me pose sans cesse des questions et surtout, surtout, elle rit, sourit, se met en colère, pleure, grimace, tout, tout, d'un claquement de doigt. Elle ressent et ça se sent. Elle ne se force pas, c'est naturel ; c'est humain. Elle m'insupporte, mais ce n'est pas de la colère -douce amie- mais un niveau au-dessus, je ne pensais pas jusqu'à maintenant ressentir ça un jour, et ce sentiment me gêne. De ressentir ceci vis-à-vis de mes sentiments si peu nombreux ; c'est désagréable, ça me titille, me gratte, me griffe, me lacère au fond, en moi. Plus j'y pense, plus c'est intense. Je n'arrive pas à mettre un mot sur ce que je ressens, je, c'est flou et ce fait rajoute une couche visqueuse sur tout ce que j'enfouis.
J'entends un bruissement, des frottements de peau contre draps, qui me coupe de mes pensées. Il est temps d'y aller. Je me dépêche de me redresser, évitant de faire du bruits. Je repousse la pauvre couverture au loin et pose mes pieds contre le parquet vieilli. Je jette un regard vers la droite, vers l'autre lit, autrefois si longtemps inoccupé, la forme prenant place dans ce dernier origine de la récente turbulence. Inconsciemment, une grimace déforme mes traits.
Je me lève, prends mes affaires -préparées maintenant la veille pour cette situation-, contourne le plus doucement possible mon lit et vais en direction de la porte, messie chaque matin ici depuis quatre jours.
Je referme celle-ci, et mon souffle se relâche.
L'insecte qui provoque en effet toutes ces pensées est bien mon colocataire, depuis quatre jours. Juste après être parti nettoyer mon poignet et revenu dans la chambre, j'ai pu découvrir la joie d'avoir un pot-de-colle constant sous le doux nom de Mary Bennet. Malgré qu'elle m'ait longuement informé sur elle et sur ses passions, je n'ai littéralement rien retenu. Et, elle a provoqué quelque chose: l'agacement. Puis vint un autre sentiment, pire que la colère donc, dont je ne sais guère le nom, mais c'est désagréable. Tellement désagréable. Ressentir ça vis-à-vis de mes sentiments est désagréable, je ne veux pas les renier. Ma mâchoire se sert sous l'impulsion. Y repenser et remettre encore des mots dessus en un court intervalle de temps me fera craquer, j'en suis certain, comment, je ne sais pas encore. Tout ça me rend bizarre. Évitons d'y penser.
Je me retourne et coule un oeil furtif sur l'horloge. 5H26. Hier c'était quarante, et maintenant vingt six ? Elle se réveille de plus en plus tôt. Je commence à marcher vers la salle d'eau, bien loin des chambres.
Malheureusement, j'atteindrai bientôt le point de non-retour, il se fera un moment où je ne pourrai plus me lever et faire cette routine matinale car ce sera beaucoup trop tôt, et ce moment-là, à ce moment-là, précis, où je devrais les matins, avoir, dès cinq heure et demi, un moulin à parole scotché à moi. J'ouvre la porte des douches et m'engouffre dans l'une d'elles après m'être déshabillé. Rien qu'y penser me fait grincer douloureusement des dents. Insupportable. Je ne pourrai pas. Impossible, si cela arrive un jour, Riddle et moi serons amis. Ridicule. Inconcevable. Cette fille ne pourra pas se lever aussi tôt, même en s'habituant aussi bien qu'elle le fait. Je ne peux pas le croire. Et l'imaginer. Horrible.
Une fois propre et une serviette autour de la taille préalablement prise avant, je sors de la cabine, martelant le carrelage jauni au passage, et prends mes affaires.
La porte s'ouvre, dans un grincement anormal. Une personne entre, plutôt grande, d'abord un pied, puis la main, des doigts fins tiennent l'encadrement en bois. Je retiens mon souffle, dans l'expectative. La porte continue de grincer s'ouvrant de plus en plus chaque seconde. Et un second pied entre, puis le corps vient. Son expression est magique, hilarante, quand il m'aperçoit. J'en aurais ri, si je n'avais les yeux aussi écarquillés que les siens. Le choc. La surprise. Étonnant.
Tom Riddle. Étonnant, vraiment ?
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Il est là, devant lui. Une expression choquée peinte sur son visage, ce qui le surprend encore plus ; il ne l'avait jamais senti tellement vrai.
Ses yeux dérivent sur son torse découvert, la peau sur les os -comme tout le monde, un peu, ici- et la serviette lâchement attachée autour de ses hanches. Pire moment, pire endroit, pire vision. Pire début de journée. Il referme la porte et s'avance de quelques pas. Stupide, stupide, stupide cauchemar, stupide Teddy, stupide. Les lèvres pincées, le choc passé, il maudit intérieurement ce dernier. Il lui en ferait voir de toutes les couleurs plus tard. Un rictus sinistre vient s'installer sur son visage suite à cette pensée.
«Quelle joie de te voir de si bon matin, Riddle» siffle Grindelwald avec ironie.
Son sourire se fane progressivement, reprenant en compte la présence de l'autre.
Un lourd silence chargé de tensions s'élève. À chaque, chaque, chaque -putain de- fois qu'il le voit, l'entend, l'aperçoit, une envie irrésistible de l'étrangler vient le titiller. Il faut qu'il se calme. Il doit se calmer, mais-.. Il a toujours cette envie irrépressible.
Et, inévitablement, comme deux clébards de rue, ils se toisent. Comme deux fauves en colère, comme deux sauvages se rencontrant, comme deux bêtes grognant, ils se toisent, se regardent, s'abreuvent mutuellement de leur haine. Il commence à avancer d'un pas.
Lorsque tout à coup, la porte s'ouvre. La tension retombe, la vision se ternit, Riddle s'arrête dans sa lancée, leurs corps se détendent légèrement, d'un commun accord silencieux, ils tournent leurs regards vers la source de leur arrêt, ne se quittant jamais du regard, au fond. Que de surprise quand une jeune fille, cheveux encore humides sur ses épaules, habillée d'une marinière et d'un pantalon lui descendant juste en dessous du genoux, rentre sans hésitation dans les douches des hommes.
Riddle marque un temps d'arrêt, avant de faire fleurir sur son visage un sourire en coin. Oh, Mary Bennet. Quelle merveilleuse invention. Mary sonne si bien sur sa langue, le prénom roulant affectueusement sur celle-ci, mais doit être une insulte pour celle de Grindelwald.
Il se retourne pour voir la réaction de ce dernier, son sourire s'agrandit face à ça. Définition de ça, ici: visage décomposé, mâchoire tendue, mains crispées, yeux luisant dangereusement.
Riddle lâche un petit rire, s'attirant un regard rempli de venin de l'autre.
Mary cligne des yeux, fatigués, bruns et communs, et accoure vers Harry, lançant une oeillade peu avenante à Riddle.
«Harry ! Je savais que tu serais là.» dit-elle de sa voix fluette, toute sourire.
La mâchoire dudit nommé se contracte encore plus, si ce n'est ne serait-ce que possible. Celui-ci se retourne, vêtements en mains, et entre dans une cabine de douche, malgré qu'il soit déjà propre, pour échapper à tout ça, se retenant de visiblement claquer la porte avec force. Puis, il dit, avec une voix étonnamment neutre pour la situation:
«Mary, sors.»
Celle-ci fronce les sourcils, le cliquetis d'une porte se fait entendre, et sort, comme demandé.
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Qu'est-ce qu'il m'arrive ? Je m'accroupis, tenant avec force ma tête entre les mains en forme de poings. Je, ce qu'il s'est passé avec Riddle était irrémédiablement inhabituel, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Je ne comprends pas, pourquoi étais-je aussi en colère, aussi extatique, en l'attente de quelque chose ? Mon corps attendant une chose, une seule chose, un signe, une alarme, une chose, une chose, une quelconque chose. Mais quoi ? Mes cheveux commencent à faiblir sous le joug de mes doigts fermement serrés. Qu'est-ce que je voulais ? Vraiment, qu'est-ce que je voulais ? Pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi ! Qu'est-ce que je voulais ? Qu'est-ce que je, mon corps, mon esprit, voulions ? Je ne comprends pas. Toute cette haine, toute cette colère, toute cette tension, suffoquant. C'était suffoquant, mais en même temps, j'attendais, je voulais quelque chose de ce suffoquant. MAIS QUOI ?
J'entends une porte se fermer, un cliquetis s'enclencher et de l'eau couler -Riddle. Un souffle tremblant s'échappe d'entre mes lèvres.
Je ne comprends pas, est-ce que je veux comprendre ? Pourquoi étions-nous aussi remontés l'un l'autre ? N'est-ce pas moi qui ait initié la chose ? Est-ce à cause de toute la haine accumulée depuis que l'on se fréquente ? Ou, alors c'est à cause de celle contre Bennet ? Ces quatre jours, horribles, haïssables et, vraiment, vraiment longs. À la supporter. À essayer de la décoller. À, à juste supporter ses émotions fleurir sur son visage. À, à, à juste la.. la jalouser.
Ma respiration se coupe.
J'ai enfin réussi à mettre un mot sur ça. Horrible, horrible jalousie. À l'instar de me faire sentir vivant, tu me fais sentir violent. Horrible, horrible jalousie. Toi qui me lacères au fond, qui me griffes de toutes tes forces -et, ôh que tu n'es pas faible-, qui souhaites que je fasse sortir la chose grondante, patiente, à l'affût, qui s'écoule en moi. Horrible, horrible jalousie, sournoise aussi.
Tout cela finira mal. Pour elle.
