Bonsoir ! Et voici mon troisième chapitre, j'espère qu'il plaira quand même aussi

Bonne lecture !


C'était le grand jour, celui où il quittait enfin le nid familial pour voler de ses propres ailes. Il avait choisi une Faculté de Musicologie dans la ville d'à côté, il connaissait quelques personnes sur place donc il ne serait pas totale dépaysé. Son nouveau quartier était calme et principalement habité avec des retraités suffisamment âgés pour ne pas entendre les décibels monter. Un endroit parfait pour composer et faire autant de fêtes qu'il le voulait. Hizashi était désormais l'heureux propriétaire d'un appartement au deuxième étage d'un immeuble qui s'était vu refaire la façade assez récemment, mais dont l'intérieur était encore à retaper. Son logis, lui, avait été refait par la propriétaire pour essayer d'avoir des locataires plus motivés à louer son bien. Et cela avait suffit pour le convaincre lui et il avait directement signer les papiers.

. . .

Quelque chose n'allait pas. Définitivement pas. Il n'était pas fou, pourtant en regardant sa montre, il était le même samedi que la veille et l'avant veille. Il avait déjà vécu son déménagement, il en était sur. Il pouvait prévoir les questions des déménageurs, les couacs lui venaient aussi.

Par réflexe il demanda si les gars voulaient boire quelque chose, et il partit presque avant qu'ils ne disent oui. Sur le chemin des courses, il était songeur. Qu'est-ce qui se passait à la fin ? Il avait déjà vu cette journée, tous ces gens qui étaient normalement des inconnus lui semblaient familier, rien ne lui semblait totalement étranger. Il paya ses produits et prit le chemin de l'immeuble. Et cette fois-ci, il redressa la tête pour voir le voisin du dernier étage entrer dans l'immeuble. Il suivit le pas et l'observa un long moment.. Il avait l'air fatigué, épuisé même, les épaules croulant sous un poids qu'il ne discernait pas. Il ne prononça aucune parole.

Malheureusement pour lui, et pour la troisième fois, il se vautra dans les marches. Le bruit de l'impact attira de nouveau l'attention du voisin qui procéda aux mêmes gestes qu'avant. Puis il entendit le ricanement avant de de le voir reprendre sa route sans aucune attention de venir l'aider.

Non, cette fois-ci, il ne se laissera pas faire. Il se redressa en grondant, frottant son menton douloureux.

" - C'est pas sympa ! "

Wow. Félicitation Yamada, quelle rébellion. Il avait envie de se gifler, il avait l'air d'un abruti maintenant. Mais cela eut un effet, car le voisi se stoppa de nouveau pour le regarder de nouveau.

"- Je ne vais pas m'excuser pour ce que j'ai pas fais. Tu es tombé tout seul.

- Ouai c'est ça, et m'aider ça t'aurait bouché peut être ?"

L'autre se remit à rire et reprit sa route, vers son appartement. Comment un type pouvait il être aussi insupportable ? Surtout quand... Sa pensée s'arrêta. Il secoua la tête et se pressa de rentrer chez lui. Il donna les bouteilles et pressa un peu le pas des déménageurs pour se retrouver seul.

Quel genre de malédiction il avait choppé ? Cela ne pouvait être que cela. Arg, il n'arrivait pas à réfléchir correctement, son ventre grondait. Il se redressa sur son canapé et alluma la chaine Ifi. Un peu de musique ne pouvait pas lui faire de mal, même s'il n'avait pas la force de danser. Il fallut un peu de temps Hizashi pour aller prendre son ordinateur et trouver un restaurateur pas trop loin pour que cela arrive vite. Il tapa l'adresse du restaurant par réflexe, celui qui faisait des sushis qu'il savait bon. Cela en devenait très dérangeant pour lui d'arriver à tout savoir.

Au bout de dix minutes exactement, on toqua à la porte. Mince. La musique avait attiré le voisin parce qu'elle était trop forte. Qu'est-ce qu'il était censé faire maintenant ? Lui ouvrir et revivre exactement la même scène ? Ou essayer de lui parler peut être ? Il se leva et vint ouvrir la porte au brun, devançant la prise de parole.

"- La musique est trop forte ? Désolé je viens d'emménager j'ai pas encore bien saisi la sonorisation.

- Y'en a pas. Comme ça c'est vu."

Il était aussi froid que le pôle nord ce type. Pourquoi il était aussi distant ? Cela avait-il rapport avec ce qu'il s'apprêtait à faire avec le fusil ?

" - Je vous invite à boire un verre ? J'ai des bières et personne avec qui les partager.

- Sans façon. Je bois pas. Baissez juste le son."

On ne pouvait pas dire qu'il n'avait pas essayer. C'était juste que ce type ne voulait pas de lien social. Mais c'était peut être ce dont il avait besoin. Il le sentait venir. Pourtant il avait peur de monter les marches et de rejoindre ce presque inconnu. Il réceptionna sa nourriture, ferma la porte de l'appartement et alla s'enfermer dans sa chambre pour se terrant dans ses couvertures. Peut être, cette fois-ci, il ne fera rien ?

Il n'y arriverai jamais. Pourquoi insister comme ça tout le temps ? Jamais son mémoire n'aura aucun impact sur la vie de personne. Qui pouvait-il intéresser de toute façon ? De toute sa vie, rien n'avait eu de sens, il suffisait de voir comment ses parents l'avaient traité.

Il n'avait jamais eu d'ami, sa famille n'avait jamais été la pour lui. Il était seul, encore seul, toujours seul. Il avait eu une chance aujourd'hui, et il l'avait laissé glisser comme un abruti.

Et s'il... oui... S'il disparaissait, plus rien ne pourrait lui faire de mal. Il serait enfin en paix, sans plus rien à réfléchir. Plus besoin de prouver sa valeur. Plus besoin de faire semblant. Plus besoin de rien.

Il laissa tomber son stylo au sol et quitta son appartement en silence. Il descendit jusqu'au premier étage et il entra au numéro 2. C'était là où vivait George Willson, un vieux soldat qui avait toujours un fusil chez lui. Il était suffisamment sourd pour ne pas s'apercevoir qu'il était là et qu'il avait pris l'arme pour la ramener chez lui. Se l'enfoncer dans la gorge, et appuyer sur la détente.

Le coup de feu retentit de nouveau, il en trembla. Il se força à rester en place, pour ne pas retourner voir le corps. C'était peut être le mieux, peut être qu'il allait accéder au lendemain comme cela. Il ferma les yeux, au plus calme qu'il put, et se laissa sombrer dans un profond sommeil