Quatrième volet sur six que je vous offre aujourd'hui!
Bonne lecture !
C'était le grand jour, celui où il quittait enfin le nid familial pour voler de ses propres ailes. Il avait choisi une Faculté de Musicologie dans la ville d'à côté, il connaissait quelques personnes sur place donc il ne serait pas totale dépaysé. Son nouveau quartier était calme et principalement habité avec des retraités suffisamment âgé pour ne pas entendre les décibels monter. Un endroit parfait pour -
Non.
Non c'était pas possible.
Pourquoi est-ce qu'il était encore là, dans son nouvel appartement vide de meubles ? C'était un cauchemar, il était donc destiné à voir crevé un type en boucle ? Qu'est-ce qu'il était censé faire au juste ? Il n'allait pas supporter la situation longtemps. Tout était lié à ce voisin de toute évidence. Il devrait peut-être en parler à quelqu'un, mais qui ? Qui ne le prendrait pas pour un fou à entendre une histoire pareille de boucle temporelle ?
Il en oublia presque son propre déménagement alors que les gars arrivaient jusqu'à chez lui pour y déposer les meubles. Il leur donna vaguement des indications, quelle importance cela pouvait avoir de toute façon. Il essaya comme il put de se concentrer malgré tout, tout en réfléchissant à ce qu'il pouvait faire. Cette fois-ci il ne proposa pas d'aller acheter à boire. Peut être que s'il ne croisait pas le brun dans les escaliers le mauvais sort serait rompu ? Non, c'était trop simple pour que ça soit ça.
Il était resté là, planté au milieu de son appartement sans rien faire que juste réfléchir. Finalement il attrapa son téléphone et appela la seule personne qui serait susceptible de le comprendre : sa grand mère.
"- Hello qui c'est ?
- C'est moi, Mamie... Désolé de te déranger, est-ce que je peux te demander un truc bizarre ?"
Un silence fit place sans que la vieille femme ne réponde. Elle devait sentir que la situation était hors de contrôle pour lui.
" - Vas y mon grand."
Il prit une immense inspiration, et il donna tout ce qu'il savait, toute son histoire étrange qu'il subissait depuis maintenant trois jours. Après avoir fini, il dût reprendre son souffle. Il s'était presque retenu de respirer tout le long de son speech. Un nouveau silence se fit entendre. Mon dieu, elle devait le prendre pour un taré, elle allait raccrocher et le bannir de sa vie.
" - Eh ben dis donc. Quelle histoire.
-. . . C'est tout ? Tu me déshérites pas ?
- Pourquoi je ferais ça imbécile. Bon, écoute moi attentivement. Tu es victime d'une malédiction temporelle, ce n'est pas très grave en soi et c'est normalement assez simple de s'en sortir. Il te suffit de trouver le point de chute, le moment où le temps reboucle, et d'empêcher l'événement. "
C'était bel et bien lié au brun. Il avait parfaitement conscience du moment T dont sa grand mère lui parlait, c'était le suicide de son voisin. C'était à cet instant précis où tout repartait à zéro.
"- D'accord. Merci Mamie.
- Pas de quoi mon grand ! Appel moi demain pour me dire si cela à marcher !"
Il raccrocha, en espérant secrètement pouvoir passer ce coup de fils. Maintenant, il devait se concentrer sur le brun. Étudier son comportement. Il piocha dans ses souvenirs les plus profonds, se souvenant vaguement avoir entendu quelqu'un faire l'aller retour dans l'appartement du voisin et le premier étage. Donc avec un peu de chance, le fusil n'était pas au brun. Il fallait qu'il l'empêche d'aller récupérer l'arme, c'était plutôt simple.
Il se sentit sourire, comme si la situation était déjà résolue, et il alluma la musique pour se défouler un peu. De toute façon le brun n'allait pas tarder à venir pour se plaindre de la musique.
On toqua à la porte. Bingo. Il ouvrit la porte, tout en baissant la musique, souriant comme il put, surtout en essayant d'oublier le cadavre qu'il l'avait vu être.
"- Bonsoir, je peux vous aider ?
- . . . C'était pour que la musique reste basse.
- Oh, pas de problème ! Vous vous appelez comment ?
- Ca vous regarde pas."
Wow, c'était encore plus froid que tout ce qu'il avait vécu jusque là, toute relation confondu. Il en resta silencieux un instant avant de se reprendre.
" - Moi c'est Hizashi !
- Je m'en fiche. . . "
Il gronda et semblait très gêné. Alors le brun se tourna et remonta les marches pour rapidement remonter chez lui. Hizashi attendit qu'il n'y ait plus de bruit pour sortir à son tour de l'appartement, armé de son balais. Il monta silencieusement les marches, et une fois devant la porte il cala le plus délicatement possible son instrument de ménage sous la poignée.
S'il ne pouvait pas sortir aucune raison qu'il ne tente de se tuer à coup de fusil.
Il n'y arrivera jamais. Pourquoi insister comme ça tout le temps ? Jamais son mémoire n'aura aucun impact sur la vie de personne. Qui pouvait-il intéresser de toute façon ? De toute sa vie, rien n'avait eu de sens, il suffisait de voir comment ses parents l'avaient traité.
Il n'avait jamais eu d'ami, sa famille n'avait jamais été la pour lui. Il était seul, encore seul, toujours seul. Il avait eu une chance aujourd'hui, et il l'avait laissé glisser comme un abruti.
Et s'il... oui... S'il disparaissait, plus rien ne pourrait lui faire de mal. Il serait enfin en paix, sans plus rien à réfléchir. Plus besoin de prouver sa valeur. Plus besoin de faire semblant. Plus besoin de rien.
Il laissa tomber son stylo au sol et il s'approcha de la porte d'entrée qu'il n'arriva pas à ouvrir. Il s'acharna un long moment en vain. Oh non. Non, non, non pas ça. Ca coûtait 30 000 Y de faire déverrouiller une porte comme celle-ci, et il n'avait pas une somme pareille à dépenser, il avait déjà son prêt étudiant à rembourser et l'appartement à payer et...
Son cerveau se brouilla encore plus, et il se tourna. Il courut, et brise la vitre qui le sépare de l'extérieur en y passant tout son corps.
Son sourire satisfait disparu quand il vit le corps tombé de sa fenêtre. Oh mon dieu cela risquait de durer longtemps. . .
