Hizashi était à bout d'idée.

C'était la cinquantième fois qu'il essayait de sauver le suicidaire le plus déterminé de tout le Japon sans qu'aucune de ses tentatives ne soient fructueuses. Il avait tout tenté, jusqu'aux choses les plus absurdes. Résultat des courses, il l'avait vu se tuer quatre-et-une fois et l'avait accidentellement tué neuf fois.

Malheureusement pour lui, vu que sa journée se rebouclait, il n'avait aucun moyen de noter tout ce qu'il avait fait. Ainsi, il était sûr d'avoir retenter plusieurs fois les mêmes choses. Mais là il était certain de n'avoir plus rien de neuf. Hizashi était assis sur son canapé qui venait tout juste d'être posé dans l'appartement.

A ce -jour-, il avait appris que le voisin se nommait Aizawa Shouta. Ils avaient le même âge mais il avait sauté trois classes et il écrivait un mémoire. Le sujet il ne l'avait pas encore compris mais il pensait que c'était sur la figure des héros d'avant et d'aujourd'hui, dans la réalité et la fiction. Pourtant Hizashi n'avait réussi à rentrer dans l'appartement du brun, ce dernier semblait en avoir une immense honte de sa façon très sommaire de vivre. Shouta était endetté et ses parents ne pouvaient pas l'aider, alors son niveau de vie devait forcément en être affecté.

Dans tous les cas, il était au point mort. Aucune idée ne lui venait pour trouver une solution décente et efficace qui ne tuerait personne et sauverai le voisin qui désespérait de mourir. Il prit une inspiration en remerciant les déménageurs pour leur service et partit prendre l'air. Ce jour-là, ce n'était peut-être pas très grave s'il ne tentait rien. Ca serait un jour de repos, en quelque sorte. Il partit se prendre une bouteille, et il hésita à prendre un repas tout prêt. Il n'était pas vraiment chaud à l'idée de manger encore des sushis, mais ça pourrait être aussi une bonne occasion de tenter un autre établissement. Ca changerai de ses habitudes on va dire.

Il échappa un soupire et sur le retour, il manqua d'oublier qu'il croiserai Shouta dans les escaliers, et que, perdu dans la contemplation de ses propres pensées, il allait se vautrer dans les escaliers.

Et cela ne manqua pas, et il ressentit le choc jusque dans son front. Un cri de douleur lui échappa alors que le brun s'immobilisa dans les marches pour se retourner et le fixait.

" - Pourquoi ça n'arrive qu'à moi, bon dieu.

- Ca va aller ?"

Il se figea. Il n'était pas sûr d'être certain d'avoir bien écouter ce qu'il avait entendu. Il lui avait parlé. Pour la première fois, de toutes ses tentatives infructueuses, Shouta lui parlait, et lui demandait si ça allait qui plus est. Il se sentit bafouiller, tout perdu de cette interaction imprévue qui venait de naître entre eux.

"- O..oui j'ai...J'ai juste un soucis de coordination...

- Ah. Je me sens mal maintenant, t'es pas stupide, t'es juste mignon

Le blond se sentit rougir jusqu'au bout des oreilles et n'arriva à rien dire de plus alors que le voisin disparaissait en haut des marches pour rejoindre son appartement. C'était un avancement prodigieux qui venait de se produire. Il se redressa, il devait tenter des choses maintenant qu'une voie été ouverte pour lui.

Il passa la porte de son appartement, avec plus de détermination que les autres fois, et allume presque immédiatement sa chaîne audio. C'était le seul moyen qu'il avait trouvé à ce jour pour le faire venir jusqu'à chez lui et avoir un dialogue. Quand il avait essayé d'aller directement jusqu'à l'autre appartement soit il s'en mangeait une, soit il se faisait juste envoyer paître.

Il attendit quelques minutes avant de commencer à entendre les pas contrariés, presque furieux, descendre les marches pour venir se stopper devant sa porte qui se fit frapper avec vigueur. Hizashi prit une inspiration avant de lui ouvrir, un immense sourire aux lèvres.

" - Oui ? "

Le brun parut déstabilisé pendant quelques secondes, le fixant en silence avant de se reprendre.

"- Vous pouvez baisser le son ? J'aimerai du calme pour travailler.

- Oh vous travaillez ? Sur quoi ?"

Encore une fois, son interlocuteur sembla perturbé de son tact. Hizashi avait toujours son sourire qui semblait l'hypnotiser en quelques sortes.

"- C'est... C'est sur les héros mais...Ca vous regarde pas ! Baissez juste la musique... s'il vous plait...

- Les héros ? C'est génial comme sujet ! Tu aurais envie de manger avec moi ce soir ? "

Merde c'était peut être un peu trop direct. Il vit le visage de son voisin virer au rouge vif, alors qu'il se mit à bafouiller avant de gronder et repartir au plus vite chez lui en claquant la porte. Wow, ça aussi ce n'était que rarement arrivé. Shouta était plutôt mignon, tout rougissant... Il l'avait su dès le premier jour, il était son type de garçon. Il n'y avait que le caractère qui parfois laissait à désirer. Il n'était pas sûr de ce qu'il devait faire maintenant. Il en oublia totalement d'éteindre la musique, restant pensif sur le bas de la porte encore ouverte.

Il n'y arriverai jamais. Pourquoi insister comme ça tout le temps ? Jamais son mémoire n'aura aucun impact sur la vie de personne. Qui pouvait-il intéresser de toute façon ? De toute sa vie, rien n'avait eu de sens, il suffisait de voir comment ses parents l'avaient traité. Mais...

Mais il y a ce type quelques étages plus bas, avec ce sourire qui l'avait fait fondre pour une foutue raison qui lui échappait. Il n'avait même pas su réagir en le regardant, ni dire quoique se soit si ce n'était partir comme un lâche en l'envoyant foutre. Il allait finir sa vie seul parce qu'il était juste incapable d'avoir des relations

Il n'arrivait pas à se calmer ou ôter l'image du garçon dont il ne connaissait même pas le nom, qui lui avait plu dès le premier regard. Son respiration s'accentua, il se pressa sur ses cachets, en pris un. Deux. Dix. Sa tête tourne, il se sent tomber, mais jamais il n'aura conscience du sol sous son dos.

Il entendit le choc contre le sol. Il entendit la panique, alors qu'il venait juste d'arriver devant la porte qui n'avait même pas été fermé. Il se figea, une nouvelle fois. Il avait vu tant de choses jamais produites jusque là, il avait eut le réel espoir d'avoir touché Shouta dans le coeur.

Mais ce n'était pas le cas. Et Shouta était de nouveau mort, étendu sur le sol de son appartement, terriblement immobile.

Hizashi n'arriva juste pas à bouger. Seuls ses larmes coulèrent sur ses joues.