Il y aurait quelques semaines, il m'aurait été difficile de voir comment j'arriverais à m'entendre correctement avec le jeune homme qui allait devenir mon partenaire. Sa façade restait aujourd'hui impénétrable, cependant il me laissait permettre découvrir un peu plus de lui. Il m'avait surpris en se battant pour moi, alors que je préférais passer outre les moqueries de certains camarades. Ignorer et ne rien faire permettait, à mon avis, de lasser les brutes. Mais je ne pouvais rester de marbre en voyant quelqu'un qui s'inquiétait pour mon bien-être. En tout cas, ce fut ce qui permit de débuter notre amitié, entre Ben et moi.

Peu après notre discussion, nous étions reparti vers chez lui. Pendant la route, je l'avais questionné sur le contenu de l'autre sac. Il m'avait alors répondu qu'il s'agissait de provisions et qu'il allait se remettre à cuisiner – quelque chose qu'il a appris à faire car son père n'était pas toujours là pour préparer le repas. La suite me surprit. Je m'étais étonné de le voir avec encore tout cela en main alors qu'il avait certainement eut le temps de rentrer entre temps pendant l'après-midi. Il m'avouait alors une chose : qu'une fois concentré sur quelque chose et pas sur sa route, son sens de l'orientation était terrible. Je n'avais alors pas pu m'empêcher de sourire à cette découverte. C'était idiot, mais grâce à cela, il me semblait bien plus humain qu'avant, bien que son manque d'émotion affiché sur son visage et sa voix parfois glaciale continuait parfois à me faire froid dans le dos.

Quelques jours plus tard, j'étais retourné chez moi, définitivement. Ben m'avait fait comprendre qu'il était capable désormais de se gérer lui-même. Je lui avais malgré tout dit qu'il pouvait venir me voir à tout moment. J'avais aussi, de mon côté, passé une nouvelle session d'examen médical pour s'assurer que je n'avais plus, non plus, besoin de quelqu'un pour me surveiller. Me retrouver alors seul dans mon petit appartement me semblait alors tout à fait étrange, même trop calme. Du moins, ce fut une impression qui ne dura que les premiers jours de mon retour.

Quelques semaines plus tard, un matin, Ben était venu me voir. Le mois d'avril était déjà bien entamé, et le soleil brillait de plus en plus. C'est certainement pour cela que je vis aujourd'hui, avec surprise, Ben portant des lunettes de soleil. Il était bientôt neuf heures et demi, et mes cours commençant aujourd'hui dans trois-quart d'heure, je me préparais pour partir. Puis une fois mes affaires dans mon sac à dos, je sortais de l'appartement avant de prendre l'escalier extérieur. Ben m'attendait en bas.

« Bonjour Will. » me saluait-il.

« Salut Ben. Qu'est-ce que tu fais là ?

- Je pensais t'accompagner. Je faisais une pause pour réfléchir.

- ...Une pause ? Réfléchir ? Par rapport à quoi ? » Je haussais un sourcil, confus.

« Une affaire. J'ai fait mon investigation, mais j'attends désormais l'avocate de l'affaire et Monsieur Henry. »

Je clignais des yeux. Une affaire ? De meurtre ? Oh, cela expliquerait ce message de Monsieur Henry me prévenant qu'il serait occupé ces prochains jours. J'étais même surpris que Ben s'occupe déjà d'enquêter sur une affaire. Il m'avait dit qu'il se débrouillait, mais je ne pensais pas aussi bien.

« Tu enquêtes ? Je suis surpris. » disais-je alors, commençant à marcher pour ne pas être en retard. « Comment ça se fait ?

- Monsieur Henry m'a demandé mon aide. C'est une affaire importante pour lui.

- Ah bon ?

- ... »

Le silence soudain de Ben me surprit. Je sentais qu'il me cachait quelque chose. Ce n'était pas la première fois, c'était déjà arrivé quand j'avais parlé de son père. Il avait été plus silencieux qu'évasif, mais étant donné que cela l'affectait, je n'y avais pas prêté plus d'attention. Ce silence en disait long, mais je passais finalement à autre chose, me disant qu'il ne disait rien car cela ne devait pas être quelque chose dont il devait parler.

« Tu enquêtes depuis quand ?

- Ce matin. J'étais à sept heures sur la scène.

- S-Sept heures ? »

Commencer à enquêter aussi tôt me semblait exagéré. Je ne comprenais pas vraiment les motivations de Ben à commencer à travailler d'aussi bonne heure, et me décidais de lui poser la question.

« Le plus tôt est le mieux. Et je pourrais ainsi expliquer l'affaire plus en détail une fois l'avocate arrivée sur place. Elle et Monsieur Henry doivent être en train de questionner l'accusé actuellement. » m'expliqua-t-il alors dans son ton naturel – c'est-à-dire sans émotions.

« Je... vois... » disais-je alors, préférant ne pas juger ses motivations davantage. « Mais dis-moi, comment ça se fait que Monsieur Henry aide un autre avocat ?

- C'est son élève, je crois.

- Son élève... Ah oui. Je m'en rappelle. »

Effectivement, Monsieur Henry avait bien quelqu'un qui travaille dans son cabinet actuellement. C'était cette jeune femme que j'avais rencontré rapidement à l'hôpital. Je comprenais donc l'implication dans l'affaire de mon futur mentor et de Ben. Le sujet était alors terminé, et nous discutions alors de diverses autres sujets sur le chemin. Mon ami m'accompagna jusqu'au Quartier des Affaires, un quartier riche de la ville. Je continuais ensuite mon chemin jusqu'à l'université après lui avoir souhaité bon courage.


Pendant la journée, j'appris rapidement que l'affaire que Ben traitait très probablement était celle d'un ancien avocat retrouvé mort dans sa maison qui se trouvait dans le Quartier des Affaires. L'affaire faisait beaucoup parler d'elle. La victime, Charles Koma, était un avocat très connu avant qu'il ne quitte sa profession il y a trois ans, après avoir été accusé de meurtre. Je n'en savais pas plus sur le sujet cependant. J'appris seulement, le soir, à la télé, que l'accusé était un commissaire.

« Un commissaire qui tue un ancien avocat ? Ça n'a aucun sens... » réagissais-je après que la journaliste ait terminée de parler des informations par rapport au procès.

En tout cas, l'affaire avait été le centre des sujets de conversations dans notre section à l'université pendant les jours que duraient l'affaire. Puis je fus mis au courant de la fin du procès le soir-même où il s'était terminé. Mais d'une façon assez surprenante. Car le soir même, Ben était venu chez moi et me proposait de manger ensemble, se portant même volontaire pour faire la cuisine. J'avais fini par lancer le sujet quand mon ami était en train d'éplucher quelques légumes.

« Alors, comment se passe l'affaire ?

- Elle est terminée. Pour le moment, en tout cas...

- ...''Pour le moment'' ? »

Ben ne répondit pas, terminant ce qu'il faisait avant de finalement poser l'éplucheur et de soupirer – ce qui était bien la première fois depuis que je le connaissais. J'attendais alors de voir s'il allait continuer d'en parler, restant silencieux... jusqu'à ce qu'effectivement, il prenne la parole, se tournant vers moi avec les sourcils froncés. Son mécontentement était visiblement affiché sur son visage.

« L'accusé a été libéré par manque de preuve.

- Manque de preuve ? Je suis surpris... L'accusation avait dû en avoir pour monter son dossier.

- Là-dessus, l'avocate de l'affaire s'est très bien débrouillée. Mais l'affaire s'est retrouvé bloqué quand nous recherchions le vrai coupable.

- Comment est-ce possible ? »

Malheureusement, ma question n'eut aucune réponse. Ben était resté silencieux, retournant à sa cuisine. La discussion s'arrêtait là. Tout ce que j'appris à ce sujet, plus tard, vint de la télévision, où le journaliste s'occupait simplement de dire que la police travaillait sur l'affaire pour trouver le criminel.


PV Henry Kesak

Le cabinet Kesak. Le cabinet que j'avais ouvert ne trouvais malheureusement que peu de client désormais. Je regrettais la situation principalement pour Diane. Elle avait du talent, même si elle n'avait que deux ans d'expérience à la barre. J'aurais espérer qu'elle puisse prendre la suite le temps que Will finisse ses études, mais mon affaire avait laissé trop de traces. Elle a cependant eu une belle chance en trouvant un travail d'intervenant en tant que professeur de droit. Et ce dans une bonne école.

Je travaillais actuellement sur des documents sur sa dernière affaire. Voilà plusieurs jours qu'elle était terminée – ou devrais-je plutôt dire, suspendue. Je commençais à croire que quelqu'un voulait nous faire tomber. Mais s'il y avait quelque chose que j'avais appris de mon partenaire, c'était de garder son sang-froid. Je regrettais sa mort, mais j'avançais comme il l'aurait fait aussi. Mais il me fallait un second atout. J'avais tout prévu. J'avais de toute façon promis au fils de mon ami de l'aider à trouver des informations sur... un tas de sujets, au final. La perte de mon badge et la mort de son père n'étaient que deux d'entre eux.

« Quand l'affaire se complique, il faut savoir protéger ses arrières. » Voilà un conseil très avisé de mon ancien partenaire. Il n'existait pas deux hommes comme lui, même s'il espérait que son fils serait aussi bon qu'il l'était... voire qu'il le dépasse. Ben avait du talent. Mais personne ne pouvait enseigner comme mon ami. Et de toute façon, ce n'était pas ce que je voulais.

Quelqu'un toqua à la porte. Cela tira mon nez de mes papiers, et j'invitais la personne à entrer. Evidemment, j'attendais quelqu'un. Je travaillais seulement pour aider Diane afin d'alléger sa charge de travail. De toute façon, j'avais désormais tout le temps que je voulais. Je n'avais aucune raison de trouver un autre travail. J'avais l'argent qu'il fallait pour tenir le cabinet – aidé aussi par mon ami qui m'a laissé une somme importante après sa mort – il n'avait probablement pas pu prévoir, lorsqu'il a écrit son testament, que cela m'avait valu beaucoup d'interrogations de la part de la police. Mais du fait que je veillais sur Will pendant son coma, et peut-être parce que Raphaël Landry m'a fait une faveur, mon interrogation s'était déroulée à l'hôpital.

Mais trêve de mélancolie. La personne que j'attendais entra dans la pièce. Il n'y eut aucun doute sur son identité. Sa coiffure excentrique, ses habits élégants et sa lunette à l'œil gauche le rendait impossible à confondre. Mais tel était Xavier Gautier, « Noble Détective » auto-proclamé. Le personnage était étrange, mais ayant déjà travaillé avec lui, ses capacités de déductions ne faisaient aucun doute.

« Merci d'être venu, Xavier. » l'accueillais-je. « Tu m'ôtes une épine du pied.

« Il est bien naturel de venir en aide à ceux qui en ont besoin. Surtout quand ces personnes vous payent en retour.

- Je suppose que oui, effectivement. » répondais-je en riant doucement. « Mais j'avais vraiment besoin de ta collaboration. »

Je me levais de mon bureau pour aller le saluer avec une poignée de main. Je lui proposais du café – noir – mais il refuse mon offre. Puis j'allai droit au but.

« J'aimerais que tu t'occupes de finir la formation du fils de Benjamin. J'ai décidé de l'associer à mon futur nouvel élève, mais il a au moins quatre ans devant lui. Je préfère qu'il puisse continuer d'apprendre pendant ce temps.

- Hmm... Oui, c'est compréhensible. Je suis plus intéressé par le fait que la mort de son père ne l'ait pas arrêté. Je m'attendais à... disons, autre chose.

- Tu peux préciser ?

- Bien sûr. Avec un père comme Benjamin Ledrert, je ne vois pas vraiment plusieurs possibilités. Me confirmes-tu qu'il n'a appris qu'avec son père ? » Je hochais la tête pour confirmer ce fait. « Dans ce cas, je ne vois que ça : dépendance affective. Sa mort a dû le toucher énormément. Tentative de suicide, peut-être ? »

Xavier avait touché dans le mille tellement facilement que je ne pu que me sentir assez mal après avoir entendu cela. Et je crois que cela s'est vu : Xavier avait pris un air plus sérieux quelques secondes plus tard.

« Content de savoir que vous avez pu éviter le pire. Je n'ai qu'une question : comment s'en est-il remis ? »

Je lui expliquais alors ce qui s'était passé le soir où Ben avait tenté de se suicider. Le fait que j'avais ramené mon futur élève ce soir pour le présenter à Ben, le fait que, par chance, nous étions arrivé à temps, et aussi le fait que Ben avait fini par s'appuyer sur Will pour se reprendre – non sans en avoir fait baver ce dernier.

« Je n'aurais jamais dû le laisser seul. » concluais-je. « Je pense que ça ira, désormais, mais il est préférable qu'il puisse s'appuyer sur plusieurs personnes pour éviter un autre cas de ce genre. A cause de son accident, Will n'est pas ce que je peux dire comme hors de danger. S'il apprends la vérité, je crains le pire.

- Un accident ? Lequel ? »

Evidemment, j'avais piqué la curiosité du détective. Je n'avais aucune raison de le cacher. Au contraire : lui apprendre ce fait lui permettrait de s'assurer qu'il ne parlera pas de cette affaire en présence de Will.

« C'était pendant ma dernière affaire. Il était là-bas quand le meurtre a eu lieu. Il veillait à ce que personne ne parte des lieux mais... il a tenté de retenir quelqu'un et a fait une sacré chute. Il a survécu, mais il a oublié tout ce qui s'est passé et tout le monde sauf moi. Il n'a pas réagit quand Diane est venue me voir à l'hôpital, mais je pense que s'il se rappelle de l'endroit ou d'une personne qu'il connaissait bien plus que Diane... Je préfère éviter le pire.

- Intéressant... »

Je finissais par dire sur les mensonges que j'avais prévu : qu'il était venu assister à une de mes conférences et qu'il a eu un accident de la route après qu'il soit parti. Puis je fermais la parenthèse pour retourner sur le sujet du jour. Je me dirigeais alors vers une pièce adjacente et ouvrait la porte. Derrière celle-ci se trouvait un salon et Ben s'y trouvait, regardant la chaîne d'informations à la télévision. Je lui demandais alors de venir. Celui-ci nous rejoignît mais resta silencieux, regardant Xavier sans la moindre émotion visible sur son visage.

« Enchanté, Benjamin Ledrert Junior. Je suis-

- C'est Ben.

- ...Pardon ?

- Je m'appelle Ben. »

Xavier ne semblait pas s'attendre à cela car il semblait alors suer à grosses gouttes. Il avait dû être pris de court par le ton glacial employé – malheureusement naturellement – par le jeune homme. Mais comme je pouvais m'y attendre, Xavier se reprit très vite.

« Je vois. Je m'excuse, Ben. Je me présente...

- Xavier Gautier, 35 ans, détective auto-proclamé noble en se basant sur une chronologie non vérifiée. »

Là-dessus, même moi je ne pouvais ne pas sentir ce froid dans le dos qu'il causait en parlant ainsi. Cela allait être tendu, je pensais. Xavier serrait une seconde des dents mais se reprit juste après :

« Allons, allons, mon cher. ''Non vérifiée'' ? Me prônerais-je noble sans vérification ? Mon égo en serait blessé. As-tu oublié quelque chose ? Les détectives se doivent de savoir toute la vérité. Cela s'applique aussi sur notre héritage et notre passé. Une personne connaissant cela possède un point de pression en moins.

- ...C'est censé... tant que vous en avez les preuves.

- Evidemment ! » disait Xavier, indigné par la dernière phrase prononcé par Ben.

Je fus tout de suite rassuré. Je connaissais Xavier et je savais qu'il était plutôt excentrique. J'espérais que cela allait fonctionner, et je fus rassuré de voir que c'était déjà le cas. Il était difficile de perturber longtemps le détective, et il le démontrait déjà magnifiquement.

« J'aurais tout le temps pour te démontrer tout ce que tu voudras. Je ne sais pas si Henry te l'a annoncé, mais je vais devenir ton nouveau professeur. Ou mentor. Ce que tu voudras.

- ...Pourquoi ? »

Ben semblait pas certain de l'intérêt d'avoir un professeur. Je savais qu'il pensait que personne ne pourrait remplacer son père. Evidemment, ce n'était pas mon intention. Et Xavier le savait aussi. Cependant, je pris la parole, vu qu'il s'agissait de mon initiative.

« Je me suis dit que d'apprendre d'un autre détective pourrait t'ouvrir d'autres horizons. Je pense qu'en mettant en commun ce que ton père t'a appris et ce que Xavier t'apprendra, tu pourrais t'améliorer exponentiellement. Et cela pourrait aussi t'aider pour... ''ça''. »

Ni Ben ni moi n'étions convaincu que mon ami s'était donné la mort. Cela fait plus de dix ans que je connaissais Benjamin. A force de le côtoyer, j'avais rapidement fini par comprendre comment il fonctionnait, et le suicide ne me semblait pas être une option pour lui. Mais sans preuves, je ne pouvais pas être certain que ce que nous pensions était la vérité.

Ben semblait nous juger du regard, réfléchissant à ce que je venais de dire, et finissais par acquiescer, acceptant alors avoir un nouveau professeur. Et n'ayant plus rien à dire à ce sujet, il quitta le cabinet après qu'il ait demandé confirmation que nous n'avions plus besoin de lui pour le moment. Et étant donné que je voulais juste le faire rencontre Xavier, c'était effectivement tout. J'attendais ensuite qu'il soit sorti du cabinet pour regarder le détective.

« Qu'en penses-tu ?

- Que ce ne sera pas une mince affaire. Si son père était bien aussi son professeur, ce sera difficile d'aller contre son point de vue. » Mais il souriait juste après avoir dit cela. « Mais ce sera un bon défi. Il sera bien obligé d'accepter la noblesse d'esprit que doit avoir un détective, ou je ne m'appelle plus Xavier Gautier !

- ...Tu n'en voudrais pas encore à Benji pour l'autre fois... ?

- ''L'autre fois'' date de plus de dix ans ! Mais je ne m'étais jamais senti aussi humilié que dans cette affaire ! Il n'y a pas que la perfection dans la vie. ...Si cela me rattrape, je me ferais appeler Auguste, tiens. Et j'irais jouer dans un cirque ! »

Satisfait de sa propre blague, Xavier se mit à rire de bon cœur. Intérieurement, je soupirais. J'avais tendance à attirer les gens étranges. Mais derrière son excentricité, je me disais qu'il cachait un complexe. Le fait qu'il soit venu me proposer ses services quand Benji ne pouvait m'aider sur une affaire me laissait penser qu'il voulait démontrer à mon ami ses propres capacités. Mais c'était un atout. Et c'est aussi ce que je cherchais pour Ben : une nouvelle voie.


PV Will Stach

« ...Et ainsi donc, j'ai un nouveau professeur... »

J'écoutais Ben parler tout en dégustant mon repas. Une demi-heure plus tôt, il m'avait appelé pour que l'on mange dans un restaurant ensemble. Visiblement, il voulait aussi me faire part de cette nouvelle.

« Le Détective Noble, hein ? Impressionnant. Monsieur Henry en connaît du monde... Mais c'est super pour toi. Tu pourras apprendre aussi pendant que je finisse mes études. »

Je continuais de manger ma viande avant que mon regard ne retourne vers Ben, qui semblait me regarder... ou pas. Il semblait plutôt dans ses pensées. Mais finalement, il releva légèrement la tête, croisant alors nos regards. Puis il acquiesça avec un léger sourire. Sourire que je lui rendis. Ma vie commençait à prendre une tournure intéressante, désormais...