Episode 1 – Course pour la vérité – Partie 2

Nous entrions au Centre de détention. Au départ, nous avions prévu de partir directement pour le Stade Parkour, mais certaines choses dont m'avait parlé Ben a changé nos plans. Grâce à sa discussion avec le procureur, il avait appris que le crime s'était déroulé dans les loges généralement réservés aux pilotes. Puis, Ben m'a sorti un plan, donné par Marine quand ils se sont rencontrés – j'avais été alors désespéré de savoir qu'il s'était effectivement encore perdu. Sur ce plan, nous avons pu voir que les loges n'étaient accessibles qu'en traversant un portail de sécurité. Et si la balade de Ben avait eu un bon côté, c'est qu'il a au moins pu apercevoir ces portails, et que nous allions avoir besoin d'une carte d'accès – à moins que les portes soient ouvertes grâce à la police qui était sur les lieux. Quoiqu'il en soit, nous avions décidé qu'il était plus sage de passer voir notre cliente d'abord.

Nous nous dirigions vers le parloir, attendant notre cliente. Après quelques minutes, elle arriva, passant la porte qui se trouvait de l'autre côté de la salle, suivi par un policier qui fermait la porte et se tenait désormais devant elle. Marine Calcant regardait la salle d'un air peu assuré, comme si elle avait peur de quelque chose, avant de s'asseoir. Elle semblait bien mal en point.

« B-Bonjour vous deux... » disait-elle en se tenant les bras. Elle avait peur de quelque chose, visiblement.

« Bonjour Marine. Qu'est-ce qu'il vous arrive ? Vous ne semblez pas aller... » disais-je alors.

« Ah, c'est... la pièce, je pense... Autant l'avouer, je suis claustrophobe...

- Il n'y a pas un moyen de pouvoir parler dans un endroit qui vous mettre plus à l'aise ? » demandais-je alors en regardant aussi le policier qui gardait le côté de l'accusé. Ce dernier avait croisé mon regard un instant, mais ne disait rien. Marine secoua la tête.

« Je devrais aller... Je pense...

- Nous allons essayer de faire vite, dans ce cas. » annonçait Ben, essayant visiblement de la rassurer. Marine acquiesça lentement. Je ne tardais alors pas à poser ma première question.

« Marine, nous avons remarqué que les loges des pilotes sont derrière des portes automatiques ou quelque chose comme ça. Ben a remarqué qu'il fallait un pass. Savez-vous où nous pourrions en emprunter un ?

- Ah, les pass... J'en ai un, mais ils me l'ont confisqué... »

Nous regardions le policier, qui réagit cette fois en demandant si c'était pour l'enquête. Le confirmant, il annonça qu'il nous le donnera après l'entretien. Au moins, c'était une chose de réglé. Je passais alors à la suivante.

« Est-ce que vous pourriez nous dire où vous étiez au moment du crime. »

La jeune femme semblait réfléchir sur ma question, et répondit finalement... mais avec une réponse à laquelle je ne m'attendais pas :

« Je ne sais pas...

- Vous... ne savez pas ?

- Je n'ai aucune idée... Je ne sais pas quand David est mort... Quand... Quand j'ai vu David la dernière fois... je croyais qu'il dormait. Il était allongé sur son lit, plongé dans son sommeil... enfin, c'était ce que je croyais... Et... »

Je la voyais verser quelques larmes. Elle était secouée et la pièce n'aidait pas visiblement. Elle tremblait. Je ne pouvais pas poser d'autres questions. J'essayerais d'en apprendre plus sur l'affaire avant de la revoir.

« Très bien... Nous nous reverrons plus tard. Nous allons enquêter, et je reviendrais en parler plus tard. Cela vous va ? »

Marine ne répondait pas, mais acquiesçait doucement. Je me relevais, Ben suivant mon geste. Je sortais de la scène, suivi de mon ami... mais ce dernier s'était arrêté avant et avait prononcé ces mots :

« Prenez soin de vous, Marine. »

Je ne pouvais voir la réaction de cette dernière, cependant. Ben sorti alors de la salle, puis nous attendions à l'entrée afin que le policier nous donne le pass. Je laissais Ben le prendre, puis nous partions, cette fois pour le Stade Parkour.


Le chemin entre la ville et le Stade était long, une bonne heure de route au moins. L'endroit était assez récent, et désormais, des constructions commençaient non loin de la zone. Nous entrions ensuite. Dû à l'affaire, l'endroit était fermé aux visiteurs. J'avais donc dû indiquer au policier à l'entrée que j'étais l'avocat de l'accusé afin qu'il nous laisse rentrer. Il nous indiqua où se situait la scène du crime, et nous le remerciâmes avant de partir vers la scène. Nous aidant du plan, nous nous dirigions dans le bâtiment, qui n'était pas si grand que ça.

« Comment tu as réussi à te perdre ici... Sérieusement... » soufflais-je. Ben ne réagissait cependant pas.

Nous arrivions ensuite au fameux portail de sécurité. Et le truc était... gros. Grand. Je genre de truc que je n'aurais jamais pensé voir dans un endroit comme celui-ci. Le portail était cependant ouvert. Au moins, nous avions pris des précautions au cas où que l'endroit ne l'était pas.

« Je me demande quand même... Pourquoi un tel portail ? » disait Ben, soulevant la fameuse question que n'importe qui se poserait.

« Un problème de sécurité, peut-être ? Enfin, le portail semble assez... gros, quand même.

- Il existe des moyens de sécurités probablement plus pratique que ça... »

Ben sorti cependant son téléphone portable et prit une photo avec. Je n'avais aucune idée si cela nous allait être utile pour l'enquête, mais je faisais confiance à son jugement. Nous avancions ensuite dans le couloir des loges des pilotes, en direction de la scène du crime, mais notre chemin fut bloqué par une étrange personne.

« Hm... Excusez-moi, mais... qui êtes-vous ? » questionnais-je à ce dernier.

« Non non non, c'est moi qui doit demander qui vous êtes, et ce que vous faîtes ici !

- Je suis Will Stach, l'avocat de mademoiselle Calcant pour cette affaire. Et voici Ben Ledrert, détective, qui travaille avec moi.

- Oh, vous êtes l'avocat ! Fallait le dire tout de suite ! Je... Hm ? »

Ce type ne portait aucune uniforme, donc je doutais qu'il faisait parti de la police... La poche de sa chemise était rempli de différents objets, mais l'ensemble ne donner pas d'indice non plus sur ses activités. Un stylo, une brosse à dent, un... grattoir ? Difficile de deviner le reste. Et maintenant, ce type était en train de renifler quelque chose.

« Ça sent... la nourriture... » disait-il entre deux reniflements. C'était un homme-chien ou quoi ?

« Pourtant ils ne vendent pas d'en-cas aujourd'hui... » réfléchissait Ben. Ce qui me permit de comprendre ce que cet étrange personne sentait.

« Oh, ça doit être ça. »

Je sortais ma boîte d'en-cas que j'avais gardé depuis hier. Ben était surpris de voir que je l'avais toujours, et je lui avais expliqué que je l'avais pris au cas où j'avais un creux. Mais désormais, le type reniflait la boîte. Il était encore plus bizarre que Ben...

« Noisette... Sucre... Des glucides ! Miam ! Je peux ?

- Prenez la boite, si vous les voulez à ce point.

- Youpi ! Merci ! »

Il prit l'en-cas et s'en alla joyeusement. Je le regardais partir avec étonnement avant de regarder à nouveau devant moi. Quel étrange type, pensais-je.

« Ah au fait ! »

Je sursautais, faisant un bond en avant d'un bon mètre, sur la prise soudaine de parole du type qui était revenu immédiatement. Sans faire attention à ce qui venait de se passer, le type continua sa prise de parole.

« Je m'appelle Jean Vebyen. Et l'inspecteur est sur la scène du crime, au fond à droite !

- Ah, merci bien.

- Je vous en prie ! »

Puis il disparut aussi vite qu'il était revenu. Ben et moi nous questionnons sur cette personne, mais aucune réponse ne pouvait être formulée. Nous partions alors vers la scène du crime.

La porte était ouverte, et nous y entrions calmement. L'inspecteur se retourna en entendant nos pas.

« Ah, vous voilà. Je me demandais quand vous arriviez, vous deux. »

Loïc Werren, chef inspecteur de la police. Malgré son poste haut placé, il est souvent sur les scènes du crime, et souvent sous les ordres des procureurs Landry. Je connaissais l'inspecteur pour l'avoir vu souvent dans des procès. Et surtout, il était un ami de Monsieur Henry. Il était aussi connu pour son caractère colérique. Et même son accueil en disait long sur son état de stress.

« Vous nous attendiez ? » répondais-je alors.

« Bien sûr. J'ai appris que vous aviez pris l'affaire. Je pensez vous voir hier, d'ailleurs.

- Nous aurions bien aimé, mais Ben s'est retrouvé à devoir aller voir Landry, en plus d'autres choses, apparemment.

- Vous êtes allé voir l'accusation ? » s'étonnait l'inspecteur.

« Je suis un témoin. » expliquait mon ami. « Il m'avait demandé à ce que je dise tout ce que je savais, je lui ait donc fait un long discours à ce propos.

- Un long... discours ? » répétais-je, étonné de savoir que Ben ait parlé beaucoup.

« Tu m'avais bien dit de lui faire perdre du temps, non ? »

L'inspecteur et moi devenions alors figé de surprise en entendant ça. J'avais dit cela comme une blague... il l'avait vraiment fait ? Je me sentais énormément coupable, tout à coup. L'inspecteur, lui, se frappa finalement le front de la main.

« C'est donc pour ça qu'il était de si mauvais poil. Je ne peux pas vous remercier pour ça... Merde... »

Et visiblement, cela a produit un effet indésirable derrière. Je soupirais.

« Ben, c'était une blague...

- Ah ? Pardon. »

Loïc et moi soupirions à nouveau. Ben était vraiment... parfois... incroyable. Et pas dans le bon sens du terme.

« Bon, passons. » disais-je pour essayer de laisser ça de côté. « Inspecteur, vous avez le dossier de l'affaire ?

- Il n'y a pas vraiment de 'bon, passons', mais parce que vous êtes les héritiers du meilleur duo du monde, je vais laisser couler. Je l'ai là. »

Ignorant que Ben avait décroché quand l'inspecteur avait parlé, indirectement, de son père, je récupérais le dossier et alla droit au but. Je regardais immédiatement le rapport d'autopsie.

« Voyons... Victime... David Sgrouyé, 25 ans... Heure de la mort... Peu après 9h30... Cause de la mort... Strangulation ? » J'imaginais rapidement la scène dans ma tête. « J'ai du mal à voir Marine étrangler à mort quelqu'un... et avec succès.

- Surtout qu'il était son ami. » ajoutais Ben, un peu surpris de son manque d'objectivité, mais laissant passer cela, convaincu de ses sentiments pour notre cliente.

« C'est même pas ça... Marine est loin d'avoir la carrure pour empêcher David de se défendre. A moins qu'elle a fait du sport de combat ? Non, peut-être pas...

- Arrêtez de supposer et continuez de lire. » m'interrompit l'inspecteur.

« Hm ? Voyons... Traces de sédatifs retrouvés dans l'appareil digestif de la victime... On l'a drogué ?

- Si c'est le cas, il y a de grandes chances que la victime n'a pas pu se débattre. Et dans ce cas, impossible de retrouver l'agresseur via des traces de luttes. L'assassin est intelligent... » conclut Ben.

Mais juste après cela, il semblait se renfrogner. Je pouvais comprendre la raison : parce que Marine n'a pas la carrure pour maîtriser voire même étrangler la victime, l'endormir était le moyen le plus simple.

« Vous savez comment le coupable a réussi à lui faire avaler ces sédatifs ? » questionnait le détective juste après être sorti de ses pensées.

« Non, nous travaillons toujours dessus. Le coupable a peut-être récupéré le tout. Aucun des médicaments trouvés dans la salle de bain n'a pu droguer la victime.

- ...Je n'y crois pas...

- Pourquoi ? Ce que l'inspecteur a dit me semble tout à fait correcte pour moi. » m'étonnais-je.

« Enlever des médicaments n'est pas aisé... Voyons... Les pilotes sont, comme tout sportif, toujours contrôlés au niveau du dopage, donc tout ce qui est médicament doit être probablement contrôlé. Peut-être une liste des médicaments que chaque pilote possède ?

- Inutile, nous savons déjà que quelque chose manque. Mais nous ne savons pas s'il a été enlevé par le coupable ou s'il est juste manquant.

- Une liste n'est pas inutile. » objecta Ben.

« Bon, il n'y en a pas, si vous préférez. Mais l'agent Vebyen a assuré qu'une bouteille en verre manquait dans l'armoire avec les médicaments.

- Attendez... Vebyen ? Comme Jean Vebyen ?

- Lui-même. C'est notre meilleur agent de la police scientifique. Il a un flair inégalé. Nous ne pourrions nous passer de lui. »

Je suis complètement ahuri. Ce type qui ne ressemblait à rien était bien de la police ? Et même un de leurs meilleurs agents ? L'habit ne fait pas le moine, mais là, c'était un moine qui n'en portait pas l'habit, si j'ose dire...

« Euh bon, sinon, euh... La victime est morte étranglée... par quoi ?

- L'information est dans le dossier aussi. »

Haussant un sourcil, je replongeais le nez dans le dossier et remarquait rapidement l'information. Celle-ci était accompagnée de deux photos : la première montrant le corps de la victime sur le lit, dos tourné au reste de la pièce, dans un costume qui me disait quelque chose. La seconde était une corde... qui ressemblait énormément à celle qui servait de ceinture au costume.

« Pourquoi il est en costume ? Il ne devait pas piloter ? Ou il pilote comme ça ? » questionnais-je, montrant ainsi mon incompréhension.

« C'est le costume du Samouraï Nickel, le personnage de feuilleton pour enfant. Apparemment, c'était un cadeau de ses amis. Il voulait le tester avant de participer à la course. »

Je tournais mon regard vers Ben. Comment savait-il tout ça ? J'aurais bien aimé poser la question, mais je remarquais le regard de Ben. Apparemment, un détail sur une photo semblait attirer son attention.

« Les draps étaient déjà comme ça quand vous êtes arrivés ou vous les avez déplacés pour prendre la photo ?

- Ils étaient déjà comme ça. »

Les draps ? Je regardais à nouveau la photo de la scène. Je remarquais que tout a été mis contre le mur. En effet, c'était bizarre. Mais je ne voyais rien de pertinent qui pouvait en ressortir.

« Il y a des empreintes sur la corde... euh, déjà, vous êtes certain que la corde a servi pour l'étrangler ?

- L'ADN retrouvé sur la corde correspond bien à celui de la victime. La cou de la victime montrait des traces de brûlures et des marques qui correspondaient bien. Enfin, nous avons retrouvé uniquement les empreintes de la victime et de l'accusée dessus. »

Je me tendis subitement. Ça... c'était pas bon du tout.

« Et vous l'avez arrêté... pour ça ?

- Non. Le procureur a d'autres raisons, mais il nous en a pas parlé.

- Encore à garder des informations... » grognais-je à voix basse.

Je vais encore me retrouver dans un procès avec un grande manque d'information, et Landry va encore en profiter pour me ridiculiser et pencher le procès de son côté. Ce procureur était fourbe et je le détestais.

« Qu'est-ce que tu en penses, toi, Ben ? »

Mais il n'y eut pas de réponse. Relevant la tête et regardant autour de moi, je cherchais Ben du regard, mais il n'était plus dans la pièce. Parti réfléchir dans son coin ? Encore une fois... Je soupirais, me disant que j'irais le chercher après.

« Donc... c'est tout ?

- Tant que nous aurons pas trouvé la bouteille manquante ou su comment le coupable a administré les sédatifs, oui.

- Et les autres pilotes, où sont-ils ?

- En ville. Au poste ou chez Landry. Il est en train de vérifier chaque déposition de chacun d'entre eux. »

Je soupirais. C'est reparti pour un tour, quoi. Mais je suis certain que Marine Calcant est innocente. Elle n'a pas... Disons que je sais qu'elle ne me cache rien. J'ai ce sentiment là.

« Inspecteur, j'ai trouvé du verre cassé. »

La voix de Ben me fit sortir de mes pensées. Il était de retour, et avait apparemment trouvé quelque chose. Nous le suivions alors, et Ben tira une poignée, ouvrant alors... une poubelle, là où j'aurais pensé que c'était un endroit pour un extincteur. Et au fond, nous voyons bien du verre.

« C'est pas cassé, c'est en mille morceau, plutôt. »

Par contre, je ressentais comme une aura de rage non loin. Me retournant doucement, je regardais en direction de l'inspecteur. Et je le voyais devenir furieux... C'était pas bon... Je reculais d'un pas par prévention... puis il craqua.

« QU'EST-CE QUE C'EST QUE CE PUTAIN D'ENDROIT ?! PEUVENT PAS FAIRE LES CHOSES COMME LES AUTRES ?! RAAAAH ! »

Le coup de pied parti, comme je le pressentais. Heureusement, aucune porte n'était à proximité, mais le mur prit le coup. Visiblement, le fait de ne pas avoir remarqué qu'il y avait une poubelle ici avait fini de l'énerver. Il disait déjà être stressé à cause de Landry... Quand il retira son pied, je remarquais aussi l'impact. Inutile de le dire deux fois : il valait mieux pas prendre un coup de pied de sa part... Il prit ensuite son portable et composa un numéro.

« VEBYEN ! RAMENEZ VOUS SUR-LE-CHAMP ! »

Il ne fallut que quelques secondes pour que l'appelé arriva sur place. Ce qui ne m'étonnait pas.

« Oui Inspecteur ? »

Par contre, l'agent semblait tranquille. S'il avait vite accouru, il n'avait cependant pas perdu de son calme.

« Vérifiez ces bouts de verre ! Dîtes-moi s'ils possèdent des traces de sédatifs !

- A vos ordres ! J'en ai pour trente minutes. »

Il prit les morceaux de verre dans un sac puis parti vite. Mais ce fut les trente minutes les plus longues de ma vie, avec l'inspecteur prêt à exploser à n'importe quel moment. Et je ne trouvais rien pour calmer la situation non plus. Autant dire que cette attente fut... stressante.

« Me revoilà avec les premiers résultats ! » indiqua l'agent Vebyen, au rapport une demi-heure plus tard.

« Alors ?

- Je pourrais pas dire de combien ça date avant les examens poussés, mais ces morceaux de verre compose bien un verre qui a servi à prendre un somnifère !

- Gyargh ! »

Ce fut le coup dur. Ils avaient désormais une réponse pour le moyen d'administration des sédatifs. Ben restait pensif, cependant. Je me demandais à quoi il pensait. Moi, tout ce que je pensais, c'est que le procès de demain allait être compliqué...

« Il faudra combien de temps pour avoir le reste des... euh... examens poussés ?

- Aucune idée. On va devoir reconstituer le verre, vérifier les empreintes... Plein de choses, quoi.

- Et vous aurez fini ça pour demain ?

- Pour sûr ! »

Alors que l'agent était sûr de lui et avait la tête haute, moi, c'était complètement l'inverse. Je désespérais.

« Nous vous donnerons les résultats avant le procès. » indiqua l'inspecteur.

« Tu parles Charles, Landry vous aura avant nous... » répondais-je à mi-voix.

« Je m'appelle Loïc ! » réagit-il, furibond. Ce qui me fit sauter d'un pas en arrière et me fit excuser.

« Bon, euh... Et si on allait jeter un autre coup d'œil à la scène du crime, Ben ? » proposais-je alors, voulant changer de discussion.

« Vous pouvez, Will, mais Ben n'a pas le droit.

- Hein ? »

Je regardais l'inspecteur avec un air confus. Pourquoi Ben pourrait pas ? Je posais la question.

« L'ordre vient d'en haut. » répondait-il simplement.

« Encore Landry ? Mais pourquoi il n'aurait pas le droit ?

- Parce que je suis un témoin. » expliqua mon ami. « Hier, Landry m'a dit que je n'aurais pas le droit d'examiner la scène tant que le procès n'aura pas commencé.

- Mais tu as fait la remarque à propos des draps...

- C'était sur une photo.

- Mais c'était la scène du crime... Si c'est comme ça, je te prends plein de photo de la loge, et tu les regarderas une fois qu'on sera rentré !

- Tu penses pouvoir prendre chaque millimètre carré de la chambre en photo ?

- ...Millimètre ? » Je commençais à transpirer. C'était pas... un peu trop ?

- Chaque détail compte. Cette salle pourrait comporter des détails importants mais très petit. Nous ne pouvons rien oublier.

- Et si on les zoom sur ordinateur... ?

- Tu as regardé trop de séries d'investigations, Will. Nous n'avons pas les logiciels pour cela. Et de toute façon, il y a des détails, par rapport au lit, que j'aimerais examiner mais nous ne pouvons rien bouger. Nous verrons cela plus tard. »

J'étais dépité, les bras ballants et la tête baissé. C'était pas faute d'avoir proposer des solutions. Mais finalement, je devais voir la réalité en face : sans les yeux de Ben, examiner la salle serait vain. Je n'ai pas son œil pour les détails. Je soupirais.

« Bon, on fait quoi du coup ?

- Rentrons. Reposons-nous et préparons-nous pour demain. Non, attends, nous devons revoir notre cliente d'abord.

- Pourquoi ?

- Pour avoir sa version des faits. Nous avons appris différents détails. Peut-être qu'elle pourra expliquer certaines choses.

- Ah... Oui, faisons ça. A demain, inspecteur. Bon courage pour... euh... le reste. »

Nous prenions ainsi congé de l'inspecteur, puis sortions du Stade. Finalement, nous serions pas resté très longtemps ici...


« Le crime s'est déroulé un peu après 9h30, apparemment. »

De retour au Centre de détention, nous reparlions à notre cliente des événements passés. Marine n'était toujours pas à l'aise, et cela empirait à chaque fois que nous parlions de la mort de son ami. J'étais convaincu de son innocence, mais comme l'avait dit Ben, elle pourrait nous donner de nouvelles informations selon ceux qu'on a.

« 9h30... Désolée, je ne sais même plus quand je suis retournée à la loge. Ce qui est certain, c'est que David était déjà là et semblait dormir quand je suis revenue. Donc il devait déjà... être mort à ce moment-là.

- Je vois... Est-ce que vous pouvez nous parler de la corde ? Celle qui sert de ceinture au costume que David avait ? Il y a vos empreintes dessus, et il s'agit apparemment de l'arme du crime.

- Quoi ? » Marine nous regardait avec stupéfaction pendant quelque secondes, avant de finalement rebaisser la tête. « Je comprends mieux... J'ai remis la ceinture car elle était mal mise... Je voulais lui faire un peu plaisir quand même, pensant prendre une photo quand il se réveillerait puis l'obliger à se préparer pour la course...

- Pourquoi l'avoir laisser dormir ?

- Il m'avait avoué avoir fait la fête la veille. Il n'a pas dû dormir tôt, donc je pensais le laisser se reposer un peu.

- Oh, donc voilà le point de départ de cette dispute. » nota Ben. Marine acquiesça doucement.

« Et par rapport aux médicaments ? Il manquerait une bouteille apparemment.

- Ah, oui... Je vérifiais les médicaments pendant qu'il dormait. Les pilotes ont un régime strict, et cela concerne aussi les médicaments qu'ils prennent. J'ai peut-être bouger l'une d'elle, mais je ne m'en rappelle plus vraiment... C'est à ce moment-là que la personne qui a remarqué que Ben était mort m'a dit que David était mort.

- La personne ? Qui ?

- Je ne sais pas... Un des pilotes, je crois... »

Cette fois, nos yeux, à Ben et à moi, brillaient à nouveau. Nous avions enfin peut-être trouvé un possible suspect !