Coucou
Merci à tous ceux qui m'ont laissé des reviews, ont mis la fic en favoris ou en follow. Ça me touche, sincèrement. J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira.
Bonne lecture!
Square Grimmaurd
Il y avait de lourds nuages dans le ciel en ce jeudi d'octobre. Une masse noire et menaçante qui ne présageait rien de bon. Cela faisait cinq jours que Ron, Hermione et Harry avaient échappé de justesse à la mort au manoir Malfoy. Malheureusement, ce sauvetage in extremis avait fait perdre la vie à leur sauveur, Dobby, qui avait reçu le poignard lancé par Bellatrix. Luna et Mr Ollivander étaient parti dans un lieu plus sûr, chez des amis ou de la famille.
Reprenant doucement des forces, les trois jeunes gens passaient leurs journées à aider Bill et Fleur dans la maison et au bord de la plage. Ce quotidien bien ennuyeux leur convenait parfaitement pour le moment. Ils avaient besoin de faire leur deuil et de retrouver leurs esprits. Parce qu'ils savaient pertinemment que la guerre continuait de faire rage et que, bien trop rapidement, ils se retrouveraient à nouveau au cœur de celle-ci.
Hermione venait tout juste de rentrer dans la petite maison, le froid devenant un peu trop mordant à son goû deux garçons regardaient le ciel en fronçant les sourcils.
- Les nuages sont noirs.
- Oui, il va y avoir un orage. Depuis ce matin je les vois se rapprocher vers nous. Et puis regarde la mer, elle s'agite de plus en plus.
Ron dévisagea son ami, une question le taraudant.
- Dis vieux… t'es pas trop gêné de ne plus avoir de lunettes ?
Harry haussa les épaules. Il ignorait comment, mais depuis qu'ils étaient arrivés chez Bill et Fleur, sa vue s'était faite plus nette.
- Ben écoute, je sais pas pourquoi, mais je vois bien maintenant.
- Comment ça ?
- Je vois normalement. Comme si j'avais mes lunettes. Mais…
- Tu as reçu un sort ou bu une potion ?
- Non. Mais franchement, j'en ai marre de me poser des questions pour tout et n'importe quoi. Et puis c'est pas ce qui pouvait m'arriver de pire. Au contraire. Pour une fois que c'est un truc bien.
- Et… euh… ta baguette ?
- C'est pas pareil. J'arrive à utiliser celles qu'on a récupérées, mais c'est pas la mienne. Bon au moins, maintenant je peux quand même faire de la magie sans emprunter les vôtres.
Son regard se porta au loin sur les vagues qui montaient et descendaient. Un mal de tête commençait à naître sur ses tempes. Il avait besoin de repos. Après une tape sur l'épaule de son ami et un sourire, il rentra dans la maison.
Quelques minutes plus tard, Ron jeta un regard au ciel tremblant de rage et secoua la tête. Il n'aimait vraiment pas la colère qui se profilait à l'horizon. Un frisson étrange lui parcourut l'échine, signe que quelque chose allait se passer. Et craignant toujours le pire, il préféra rentrer à son tour en vitesse dans la maison de son frère.
- Quel temps ! s'exclama Fleur, alors que Ron passait la porte.
- J'aime pas l'orage, grogna ce dernier.
- Tu n'as jamais aimé ça, répliqua son grand frère qui venait d'allumer un feu dans la cheminée.
- Tu te cachais même sous le lit quand tu étais petit, retentit une voix derrière eux.
Aussitôt, tout le monde brandit sa baguette, prêt à neutraliser l'individu encapuchonné qui venait de faire irruption dans le salon.
- Du calme, dit l'étranger en repoussant le haut de sa cape, dévoilant son visage.
- Papa !? s'étonnèrent Bill et Ron.
- Monsieur Weasley ? dirent en même temps les trois autres.
- Bonsoir tout le monde, sourit Arthur Weasley avec un grand sourire.
Ron baissa sa baguette et commença à faire un pas en direction de son père, quand la main de Bill se posa sur son torse.
- Attend. Qu'est-ce qui nous prouve que tu es bien notre père ? demanda-t-il, le regard suspicieux.
- Je te reconnais bien là Bill, souligna Arthur qui n'avait pas bougé.
Harry fit également un pas en direction de l'homme, ses iris plantés dans les siens.
- Lors de notre première rencontre, de quoi avons-nous parlé ? demanda le brun.
- Je t'ai demandé pourquoi les moldus utilisaient un canard en caoutchouc dans leur bain.
Harry hocha de la tête.
- Que m'as-tu donné le matin même de mon mariage ? enchaîna Bill.
- La boucle d'oreille que tu portes en ce moment-même.
- Faux ! s'exclama Ron. Bill n'a plus de boucle d'oreille !
Tous se retournèrent vers le principal concerné qui souriait doucement. Bill regarda son frère et haussa les épaules.
- Désolé Ron. Mais c'est bien papa. Je cache ma boucle d'oreille car Fleur ne l'apprécie pas trop.
Hermione et Harry écarquillèrent les yeux, alors que Ron devenait livide.
- Bienvenue Monsieur Weasley, reprit Fleur en lui tendant sa main. Asseyez-vous, je vous en prie.
- Merci Fleur, ce n'est pas de refus.
Après que Ron aie retrouvé ses couleurs et que chacun fut confortablement installé, Arthur expliqua la raison de sa venue. Et comme le pressentait Ron, ce n'était pas pour leur annoncer de bonnes nouvelles.
- Depuis l'attaque au Terrier, les membres de l'Ordre se sont disséminés un peu partout, se cachant de Vous-Savez-Qui. Le Ministère est complètement sous ses ordres, tout comme Poudlard. Du coup, on ne peut faire confiance à personne. C'est pour ça qu'on ne vous a pas donné de nouvelles depuis. Par chance, j'ai pu avoir vent de votre présence ici, il y a deux jours, grâce à une vieille connaissance qui va pêcher non loin d'ici régulièrement. Quand il m'a parlé d'un garçon aussi roux que mon fils aîné, j'ai tout de suite pensé à toi, Ron.
- Et pourquoi êtes-vous venu alors ? questionna Hermione qui se réchauffait les mains avec sa tasse de thé.
- Pour vous ramener tous les trois au Square Grimmaurd où l'Ordre vient enfin de se réunir depuis hier, après de nombreuses tentatives de rassembler tout le monde en sécurité. Et continuer…
Mais Arthur se tut en voyant les mines graves des trois jeunes gens. Ron avait bien senti que ce ciel noir n'était pas un bon présage. La guerre venait de les rattraper bien trop rapidement à leur goût.
oOo
Le reflet qui faisait face à Draco était bien trop incertain pour être affiché en public. Énerve de ne pas arriver à contrôler ses émotions, le blond passa une main rageuse dans ses cheveux et ferma brièvement les yeux.
Il devait juste se concentrer, faire le vide dans sa tête et présenter son plus beau masque d'indifférence.
Il devait juste ne plus penser à Potter, à l'échec cuisant qui s'était passé il y a une semaine et à la colère du Seigneur des Ténèbres.
Il devait juste oublier ce qu'il s'était passé ce jour là, juste avant que Potter ne disparaisse, effacer la chaleur qui envahissait ses reins de manière incontrôlée et déroutante et surtout… surtout faire taire cette voix qui ne cessait de chanter dans sa tête quand bon lui semblait.
Un peu comme en cet instant…
De rage, il rouvrit les yeux et lorsqu'il croisa son reflet apeuré, son poing s'abattit violemment contre le miroir.
- Merde ! jura-t-il, furieux.
Mais que lui arrivait-il ? Que lui avait fait Potter ?
- Draco ? retentit la voix de sa mère, derrière la porte de la salle de bain. Tu es prêt ?
Absolument pas, pensa-t-il.
- Presque Mère, répondit-il, en tentant de maîtriser sa voix.
- Dépêche-toi. Nous ne devons surtout pas le faire attendre. Surtout après…
Elle se tut, puis s'éloigna sans un mot de plus.
Depuis que Potter et sa bande leur avait filé entre les doigts, le Seigneur des Ténèbres avait plus ou moins élu domicile au manoir et s'amusait régulièrement avec eux. Ses jeux impliquant à chaque fois les sortilèges Doloris ou Imperum. Un souvenir où il avait dû lacérer les bras de sa mère avec un poignard était encore bien trop présent dans son esprit.
Ses iris tremblants lui faisaient face et il se promit de ne plus jamais faire souffrir sa mère. Tout en enfilant une chemise et un pantalon, il força son visage à ne plus exprimer d'émotions. Certes, il n'arrivait pas à étouffer le trouble, la peur, l'effroi, l'incompréhension qui s'étaient emparés de lui, mais il devait au moins ne pas les laisser transparaître.
C'était vital…
Lorsqu'il retrouva ses parents dans le salon, il se plaça à côté de sa mère et ses doigts frôlèrent les siens. Ce geste anodin rassura légèrement les deux concernés. Ils tentaient de puiser la force d'affronter leur pire cauchemar dans le soutien de l'autre. De toute façon, ils n'avaient que ça…
Et c'est d'ailleurs à cet instant précis que Voldemort apparut devant eux, la mine grave. Il fixa longuement les Malfoy, puis alla s'asseoir dans son fauteuil.
- Lucius, appela-t-il, sans un regard.
Aussitôt, le patriarche de la famille se jeta à ses pieds, courbant l'échine au maximum.
- Oui Maître ?
- Pourquoi suis-je en colère ?
Le silence qui s'ensuivit fut chargé de tensions qui fracassaient l'air violemment.
- Je… je l'ignore Maître, osa répondre Lucius.
- Vois-tu… je viens d'avoir vent que ce cher Harry Potter avait été retrouvé par ces idiots de membres de l'Ordre du Phénix et qu'ils allaient désormais veiller sur lui comme le fait une mère avec ses enfants. Et tout ça… en raison de ton incapacité à le garder bien au chaud ici.
Lucius ne dit rien, sachant pertinemment qu'aucun mot ne pourrait calmer la colère du Seigneur des Ténèbres.
- Peut-être devrais-je te tuer pour cet échec qui retarde fortement mes plans. Ou alors… tu pourrais d'abord tuer ton épouse, puis ton fils et ensuite seulement je te tuerai.
- Je… je vous en prie Maître, le supplia Lucius. Nous ferons tout pour que vous ne soyez plus jamais déçu par nous.
- Je n'en doute pas Lucius, reprit Voldemort d'une voix traînante. Mais qu'est-ce qui me prouve que tu ne vas pas me décevoir une nouvelle fois ?
- Je vous le ramènerai Maître. Je vous ramènerai Potter ici-même.
Voldemort glissa sa baguette sous le menton de son sous-fifre terrorisé et le força à lever la tête.
- C'est ta dernière chance à ta famille et toi, siffla-t-il juste avant de lui lancer un Doloris.
De son côté, Draco regardait la scène, pétrifié. Il n'allait pas mourir aujourd'hui. Probablement dans peu de temps, mais aujourd'hui ne serait pas son dernier jour. A ses côtés, sa mère serrait sa main dans la sienne, la broyant avec force. Pourtant, il n'avait pas mal. Il sentait les ongles s'enfoncer dans sa chair et les bagues meurtrir sa peau, mais il n'y avait aucune douleur. Tout simplement parce qu'une autre partie de son corps hurlait sa souffrance. Et même s'il ne laissait rien transparaître, Draco n'avait qu'une envie : hurler. Ce n'était pas la première fois que ce mal venait lui rendre visite et il avait appris à le camoufler en présence d'autres individus. Mais le pire, c'était l'incompréhension qui l'accompagnait. Il ne comprenait pas son origine, ni sa raison et encore moins la solution qui l'apaisait. Car oui, il connaissait le remède à sa souffrance. Depuis avant-hier, pour tout dire. Et ce qu'il avait découvert l'effrayait autant que les iris rouges du Seigneur des Ténèbres.
- Disparaissez ! ordonna Voldemort d'un seul coup, stoppant toute torture sur le corps de Lucius.
Aussitôt, Narcissa glissa une épaule sous le bras de son époux et l'aida à quitter la pièce, suivie par Draco qui avait une main sur son aine douloureuse et brûlante. Au détour d'un couloir, il hésita. Pouvait-il s'absenter, ne serait-ce qu'une heure ? Cela serait-il suffisant ? La grimace qui se peignit aussitôt sur son visage eu raison de lui. Sans prévenir quiconque, il se dirigea dans sa chambre, ferma la porte avec plusieurs sorts et transplana.
- Misère, marmonna-t-il juste avant de s'évanouir dans les ténèbres.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, ce fut pour se retrouver ébloui par le soleil qui se couchait à l'horizon. Draco grimaça et porta une de ses mains au-dessus de ses yeux pour les protéger. Il sentait son ventre se tordre et se demanda combien de temps il allait encore devoir supporter tout ça. Tout en se camouflant derrière un bosquet, il repensa à la première fois où il avait ressenti cette sensation de chaleur douloureuse, il y a une semaine. Ça avait été comme un éclair, un choc électrique. Il était dans sa douche, épuisé, fatigué et soudain, sans prévenir, il s'était retrouvé à genoux, plié en deux, les mains plaquées sur son ventre, plus précisément son aine gauche, en feu. Serrant les dents, il n'avait pas crié. Mais de nombreuses larmes s'étaient noyées avec l'eau de la douche ce jour là. Et puis, il y avait eu cette chanson dans sa tête, ces mots étranges qui n'avaient pas de sens. Petit à petit, la brûlure s'était faite moins vive, plus supportable. Alors Draco s'était relevé et était allé se coucher, refusant de chercher à comprendre ce qu'il lui arrivait. Sauf que la nuit n'avait absolument pas été de tout repos.
Un craquement non loin le sortit de ses songes et lui fit lever la tête. La voix dans sa tête devenait de plus en plus forte, de plus en plus mélodieuse et il sut que l'attente ne serait pas longue. En effet, quelques minutes plus tard, il vit apparaître une forme ressemblant à un corps, entourée d'une lourde cape noire. Puis il y eu une seconde et une troisième. Au même instant, un soupir de soulagement s'échappa des lèvres du blond qui ne ressentait plus aucune douleur. Et même la voix dans sa tête était devenue agréable. Elle chantait doucement, presque comme si elle voulait le bercer. Mais les voix qui se rapprochaient de plus en plus de lui le rappelèrent à l'ordre.
- Tu crois que c'est une bonne idée de sortir comme ça ? demanda une voix grave, appartenant probablement à un homme.
- J'en peux plus, soupira la seconde en secouant la tête.
- Et puis avec tous les sorts qui nous camouflent, on ne risque rien, compléta la troisième voix, plus féminine.
- On fait juste le tour du quartier et on revient au Square Grimmaurd, répliqua la seconde voix.
Tout en se tassant d'avantage dans son buisson, Draco s'autorisa un sourire. Il savait enfin où se cachait les ennemis du Lord. Il pouvait retourner au manoir et redorer le nom de sa famille. Ou peut-être qu'il devrait en parler à son père et mener une attaque surprise, puis rapporter Potter à son Seigneur, comme promis. Mais avant de prendre une telle décision, Draco décida qu'il pouvait rester encore, juste un petit peu, assis par terre, et laisser la voix murmurer doucement ces mots envoûtants. Juste ça…
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A suivre…
.
Pompompom… Mais que se passe-t-il pour Draco ? Une petite idée ?
Bon, j'ai viré les lunettes d'Harry car elles m'énervent dans les fictions. C'est galère à intégrer je trouve.
Sinon, moi suis plutôt contente de ce chapitre. Et vous ?
Prochain chapitre : Dangereuse bulle
