RAR Anonyme :

Guest : Merci pour ta review. Ah ça personne ne sait ce qui leur arrive et les explications ne sont pas pour tout de suite.

Lily : Merci pour ta review, j'espère que ce chapitre te plaira aussi.


Tatouage

Harry observait le corps allongé à ses côtés sans chercher à comprendre quoi que ce soit de cette situation incongrue. On lui avait raconté ce qu'il s'était passé durant les deux dernières heures. Il avait écouté, calmement. On lui avait demandé de lâcher Draco, mais il avait refusé. Il ne savait pas pourquoi, mais il se sentait mal rien qu'à cette idée. Au début, tous avaient cru que c'était un sortilège ou quelque chose de ce genre là. Alors on lui avait ouvert les bras de force et Draco s'était éloigné de lui. Mais dès qu'il n'avait plus senti la chaleur de l'autre corps, il s'était mis à hurler de douleur et Draco avait commencé à convulser. Après quelques secondes de panique, Rémus avait déposé le blond à ses côtés et toute cette souffrance s'était volatilisée en une seconde.

Personne ne comprenant ce qu'il se passait, il avait été décidé de leur retirer leurs baguettes et de les mettre dans une chambre, au calme, mais sous surveillance.

Mal à l'aise par les regards inquisiteurs que lui lançait Madame Weasley, Harry avait émis le souhait de se reposer. Bien évidemment, telle la mère protectrice qu'elle était, Madame Weasley avait refusé. Mais après plusieurs minutes de regards larmoyants, de suppliques et suite à la demande d'Harry de manger sa fabuleuse tarte à la mélasse, elle avait cédé.

Harry reposa sa tête sur le moelleux oreiller et grimaça. Il était trop mou. Tout son côté droit était collé au côté gauche de Draco, de la jambe à l'épaule. Il sentait que ce contact était vital et il ne chercha pas à s'en défaire. Il n'était même pas dégoutté par cette soudaine proximité. Pourtant il aurait du l'être. Un soupir s'échappa de ses narines et il ferma les yeux. Il avait besoin de se reposer.

Ce fut donc bercé par les voix dans sa tête qu'il se laissa emporter par le sommeil.

oOo

Hermione s'était retenue d'aller dans la chambre où se trouvait son ami et Draco. Elle avait compris qu'ils avaient besoin de repos et de tranquillité. De plus, elle ne sentait pas la présence du blond comme une menace. Elle avait bien remarqué la fugace lueur de panique lorsqu'il était apparu devant eux. Son esprit vif avait rapidement analysé la situation et pour elle, Draco n'avait pas prémédité son apparition. Elle en était sûre. Il y avait donc peu de chances qu'il soit là pour leur nuire ou en tout cas avec un plan établi par le Seigneur des Ténèbres.

Cela ne l'empêchait pas pour autant de faire tourner ses méninges à deux milles à l'heure. Elle cherchait à comprendre ce qui s'était passé cet après-midi, et probablement les jours précédents quand elle avait trouvé son ami plus pâle, plus fatigué, plus morose. Pour elle, tout était lié à Draco. Mais quoi, elle l'ignorait.

Tout en montant les marches, elle repensa au regard qu'avait porté Harry à Draco lorsque le halo protecteur s'était évaporé. Il semblait si heureux, si paisible. Elle avait retrouvé le visage de son ami d'enfance, l'espace de quelques minutes.

Elle poussa la porte de la chambre où deux respirations régulières vibraient. Immédiatement, elle remarqua que les souffles étaient identiques, l'air sortant et entrant à la même vitesse et à la même seconde. C'était assez troublant de voir ce synchronisme devant elle. Puis elle remarqua que la main du brun enlaçait celle du blond et que leurs corps se touchaient. Son visage se détourna, comme gênée, comme si elle n'avait pas à voir ceci.

- Harry ?

L'appel était doux.

- Harry.

Une main se posa sur le bras d'Harry et ce dernier ouvrit les yeux. Devant lui, Hermione lui souriait tendrement.

- Désolée de te réveiller, mais je t'ai apporté à manger.

Il se redressa tout en gardant le maximum de contacts avec le corps contre lui. Hermione lui tendit une assiette avec une part de tarte à la mélasse. En voyant la sucrerie son estomac se réveilla instantanément. Ce fut donc avec une faim non cachée qu'il se mit à manger la tarte. Hermione rigola un peu puis s'assit dans un fauteuil non loin. Elle était rassurée.

Alors que le dernier morceau de pâte disparaissait entre les lèvres brillantes de sucre, elle osa parler :

- Alors, qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- J'en sais rien Mione.

- Tu es sûr ? J'ai bien vu que ça n'allait pas trop depuis qu'on s'est fait attraper par ces Rafleurs. Je pensais que c'était le temps de te remettre de cette mésaventure, de la mort de Dobby, mais là… je doute.

Harry passa une main dans ses cheveux alors que le corps contre lui se mit à bouger et grogna. Aussitôt, toute son attention se porta sur Draco et il pressa ses doigts sur son ventre. De son côté, Hermione assista à la scène avec une certaine fascination.

- Harry.

- J'en sais rien, je viens de te dire, s'énerva Harry, sans un regard

- T'es pas obligé de tout me dire, mais… est-ce que ça va au moins ?

Il soupira, le blond s'apaisant doucement, détendant ses muscles petit à petit.

- Oui, ça va. J'ai juste besoin de… d'être seul. Enfin… avec lui. J'attends que ce connard ouvre les yeux pour avoir une explication.

La jeune fille comprit que c'était encore trop tôt. Respectant cela, elle récupéra l'assiette vide et quitta la chambre.

Harry reporta toute son attention sur le blond qui s'était retourné vers lui et avait saisi son bras droit entre ses doigts, le serrant doucement. Que leur arrivaient-ils ? Et pourquoi lui ? Le destin ne pouvait-il pas s'acharner sur un autre sorcier que lui, ou n'importe qui d'autre ? La pression contre son épiderme était douce et ferme à la fois.

- Malfoy, murmura-t-il. Faudrait peut-être que tu te réveilles.

Mais l'endormi ne bougea pas et cela énerva Harry. Il fit une grimace pour montrer sa désapprobation et souffla d'un seul coup, sortant l'air de ses poumons en une seconde.

- Malfoy ! cria-t-il sans prévenir, provoquant un sursaut de l'interpellé qui rompit tout contact en une fraction de seconde.

La douleur qui lacéra alors sa peau fut si douloureuse qu'il eu envie de mourir sur le champ. C'était comme recevoir des piques dans tous le corps, le traversant de toute part, tout en se faisant lacérer la peau par des lames tranchantes et chauffées à blanc qui déversaient leur venin dans son sang, incendiant chaque cellule sur son passage. C'est pourquoi, sans réfléchir, il rattrapa Draco et le colla contre lui en une étreinte possessive.

- Putain Malfoy, jura-t-il alors que la souffrance se dissipait.

- Po… Po.. Potter, haleta Draco, surpris par le réveil, la douleur et l'apaisement qu'il avait ressenti en l'espace de deux secondes.

Draco était perdu, encore plus que d'ordinaire. Où était-il ? Pourquoi Potter le serrait-il dans ses bras ? A cette constatation, il commença à vouloir se défaire de cette pression. Sauf que le brun le serra encore plus.

- N'essaye même pas. Sinon la douleur va revenir.

Il papillonna des yeux, assimilant doucement la révélation. Il sut qu'il avait raison et ne chercha plus à rompre leur échange. Souffrir était insupportable. Les Doloris qu'il avait pu recevoir n'étaient rien en comparaison. Son corps et son mental qui étaient alors habitués à souffrir refusaient de vivre une nouvelle fois pareille expérience que celle-ci.

Sentant que le blond n'allait plus lutter, Harry desserra sa prise et laissa ses bras choir le long de son corps. Il sentait le souffle incertain contre sa nuque, lui envoyant des frissons.

- Potter, j'ai besoin d'une explication avant de croire que je suis devenu bon pour Sainte Mangouste.

- Je suis autant dans le flou que toi. Tout ce que je peux te dire c'est que tu as transplané directement dans le salon alors que c'est impossible et que lorsque je t'ai touché tu as disparu et qu'une barrière magique m'a entouré alors que j'étais dans les vapes. Mais je crois que c'est le moment où on s'est retrouvé dans cet endroit tout blanc avec le gros caillou. Rémus m'a dit que ça avait duré deux heures sans que personne ne puisse faire quoi que ce soit. Et puis le bouclier a disparu et je me suis réveillé avec toi dans mes bras. Et…

- Et dès qu'on s'éloigne, on ressent cette douleur ?

- Oui.

- Putain tu m'as fait quoi ?

- Mais rien !

- Pendant que j'y pense…

Draco se décolla doucement, tout en faisant attention de garder un minimum de pressions sur son corps. Il était attentif aux signaux que lui envoyaient ses nerfs, prêt à rétablir le contact à la moindre pointe de douleur. Ses mains glissèrent sur son ventre et il tira sur sa chemise qui était bien rentrée dans son pantalon, contrairement à tout à l'heure. Il visait un point spécifique, cet endroit qui le brûlait d'ordinaire, ce morceau de peau que le brun avait touché. Le tissu se souleva dans une lenteur tremblante. Il avait peur de ce qu'il allait découvrir. Il sentit le regard absinthe qui suivait ses gestes.

Sur son aine, non loin de la hanche, un symbole était tatoué sur sa peau. Une nouvelle marque avait fait son apparition et l'interprétation du symbole le déstabilisa.

- Potter, marmonna-t-il.

Harry rapprocha sa main avec une envie irrésistible de le toucher. En s'apercevant de cela, Draco siffla et cacha la marque.

- Même pas en rêve.

Cependant, Harry ne l'entendait pas de cette manière. Il saisit la chemise et tira dessus. Draco se défendit, repoussant ses doigts, les claquant comme on le ferait avec un enfant qui n'a pas le droit de toucher un objet précieux. Mais les mains du brun devinrent impérieuses. Il voulait le toucher, il devait le toucher. Au plus profond de son être il sentait que ce besoin viscéral devait être comblé au plus vite. Même s'il n'oserait jamais l'avouer.

Quant à Draco, il était en train de lutter intérieurement entre son désir de le laisser faire et sa haine envers lui. Harry n'avait pas ce droit, il n'était qu'un moins que rien. Et il osait l'effleurer, lui dicter sa conduite ? C'était inadmissible ! Mais quand une main se posa sur sa poitrine en une pression dominatrice et que les doigts serrèrent sa chemise, il sut que la lutte serait vaine. Lentement, il sentit le feu renaître dans son bassin et le chant venir chatouiller son esprit. Il devait encore résister, aussi longtemps qu'il le pourrait. Alors il y mit toute sa force, toute sa volonté. Ses bras se tendirent et il repoussa Harry. Cet effort lui sembla si difficile que sa respiration devint erratique et des perles de sueurs perlèrent le long de son dos.

- Malfoy, ça suffit ! cria Harry hors de lui.

Une décharge immobilisa Draco, figé par les mots autoritaires. La seconde d'après il se retrouva sur le dos, la tête dans les coussins et Harry au-dessus de lui à quatre pattes. Que venait-il de se passer ? Pourquoi le laissait-il faire ? Aucune partie de son corps ne lui obéissait. Pourtant son esprit ne cessait de crier sa désapprobation. Un Draco domine. Un Draco décide. Un Draco se bat.

Mais toutes ces belles paroles disparurent en un souffle, balayées par une caresse aérienne sur sa peau. Harry venait de toucher le tatouage.

Subjugué par la vision sous lui, Harry sourit. Draco n'opposait plus de résistance, c'était parfait. Les picotements dans sa main se firent plus violents et il inspira longuement pour ne pas arracher la soie qui masquait la marque. Il ferma les yeux brièvement tout en serrant ses cuisses autour du corps sous lui. Ce contact l'apaisa immédiatement. Il savait que tout dans cette situation était anormale, mais il n'avait plus la force de réfléchir ou de lutter. Car le bien qu'il ressentait en cet instant était pure félicité.

Sa main droite se posa sur la poitrine du blond, juste sur son cœur. Il sentit les battements sous sa paume, encore un peu archaïques. Ce ne fut que lorsqu'il fut sûr du calme de Draco qu'il s'autorisa à descendre. Lentement. Avec une certaine dévotion. Jusqu'à se stopper à la lisière entre haut et bas. Une nouvelle fois il inspira l'air autour de lui et se mordit les lèvres. Le tissu remonta et dévoila sa convoitise. Dès qu'il posa le regard dessus, il sut que c'était pour lui, que c'était sa marque. Il ignorait sa signification, mais elle était magnifique. Du bout des doigts il se mit à la redessiner. Dès qu'il sentit la chaleur sous ses doigts, tout ses sens se mirent à vibrer. La chanson qui ressemblait plus à une litanie s'amplifia. Tout était lié, pensa-t-il.

Il y avait deux serpents qui formaient une demi lune, leur queue se rejoignant et leur regard se défiant. Juste dessous reposait un cercle parfait, d'un trait très fin. Et encore plus bas, une croix comprenant un trait en forme de vague et l'autre en forme de zig-zag terminait la figure.

- Harry, je voulais savoir…

Mais la voix de l'intrus mourut dans sa gorge. Ron détourna le visage, les oreilles et les joues rouges. Horriblement gêné il se mit à bafouiller des paroles incompréhensibles alors qu'Harry cachait le tatouage sous sa main, plaquant avec injonction Draco sous lui. Il se semblait pas réaliser à quel point la situation était anormale. Ce ne fut que lorsque le blond posa sa propre main sur la sienne qu'il reprit pied avec la réalité. Il bascula sur le lit et aida Draco à se rasseoir.

- Hum, se racla-t-il la gorge. Tu veux quoi Ron ?

- Ben en fait… euh… Papa voulait savoir si vous étiez réveillé et… il veut que vous descendiez dans la cuisine..

- Soit.

Harry attrapa la main de Draco et le tira vers lui.

- Je crois qu'on a pas le choix.

.

A suivre…

.


Qui a deviné à quoi peut ressembler ce tatouage ? Comment trouvez-vous leur début de relation ? Piouff je sais pas du tout comment vous allez prendre leur besoin d'être si proche alors qu'ils ne se portent pas dans leur cœur. Mais ça vous donne le ton pour la suite des événements.

Prochain chapitre : Sa place (de qui on parle à votre avis ?)