RAR Anonymes :

Guest : Merci pour ta review et heureuse que le chapitre précédent t'ai plu. Pour le titre de ce chapitre, loupé. Bonne lecture.

Lily : Oui c'est chaud. C'est la faute du lien aussi. Et tu as bien trouvé pour le tatouage.


Sa place

Draco regarda le plafond au-dessus de lui. Il y avait une fissure qui le traversait de part et d'autre. La demeure était vraiment dans un état lamentable. Les murs étaient recouverts de papier peint déchiré aux motifs inqualifiables. Les rideaux recouverts de poussière et de crasse cachaient une fenêtre qui devait probablement être dans un état tout aussi désastreux. Seule une faible bougie sans fin brillait dans le noir et projetait des ombres autour de lui. A ses côtés, Harry dormait paisiblement, son dos collé contre lui.

Il n'arrivait pas à dormir.

Cela faisait une semaine qu'il avait élu domicile dans cette maison lugubre, à son plus grand malheur. Personne ne comprenait ce qui les liait, Harry et lui et encore moins, ni comment défaire cette magie. La seule certitude qu'il avait, c'était qu'il était coincé avec des traîtres à son Maître et qu'il n'avait aucun moyen de communiquer avec l'extérieur. De toute façon, il n'avait pas le droit de sortir, tout comme Harry. Et il lui était impossible de s'éloigner de quelques mètres de lui. En effet, rapidement le besoin de contact s'était amoindri et il n'était plus obligé de se coller à lui pour ne pas souffrir. Mais il ne pouvait pas non plus être trop loin. Cependant, c'était déjà énorme de ne plus avoir cette obligation corporelle qui le dégouttait au plus haut point. Néanmoins, il était quand même obligé de partager la même chambre et le même lit. Et c'était ça le plus affreux en ce moment. Parce qu'il savait qu'en s'endormant, son corps allait se coller encore plus à celui d'Harry et il ne le voulait pas. Combien de fois s'étaient-ils retrouvés enlacés le matin ? Chaque fois en réalité. A cette idée, Draco grimaça. Doucement, il s'éloigna et se retrouva tout au bord du lit. Il fallait qu'il trouve un plan pour s'échapper de cette maison de fou.

La plus part du temps il se retrouvait avec Harry, ses deux amis, la plus jeune des belettes et sa mère. Les autres partaient en mission régulièrement, sans qu'il ne sache de quoi il retournait. Et c'était parfaitement logique. En général on ne lui parlait pas et on l'ignorait, faisant comme s'il n'était pas là. Il suivait Harry dans son quotidien avec pour seul objectif, être le plus loin de lui et des autres, sans que cela ne lui soit douloureux. Il passait son temps à jouer avec la limite de leur lien, tirant régulièrement dessus. Mais il abandonnait vite ses idées d'éloignements car cela l'épuisait. Et puis il n'en tirait aucun avantage car il en souffrait tout autant que le brun. Quant aux autres habitants, hormis quelques civilités ancrées dans son éducation de Sang-Pur, il ne leur parlait pas et c'était parfait ainsi.

De manière générale il se retrouvait non loin de Granger qui passait son temps à lire des livres, ce qui lui convenait très bien. Mais le pire était Belette femelle et son frère. L'un passait son temps à gesticuler et à brailler et l'autre collait Harry et roucoulait à longueur de journée. C'était tout simplement écœurant. Surtout qu'il était obligé d'assister à tout cela car Harry ne voulait pas quitter le salon la plus part du temps.

Une main tâtonna à côté de lui. Harry semblait chercher sa présence. Aussitôt, il l'attrapa et la serra.

- Malfoy, tu devrais dormir, marmonna Harry.

- J'ai pas sommeil.

- Après tu t'endors dans le canapé et je peux pas sortir sans te réveiller et subir ta mauvaise humeur. Et pourquoi t'es si loin ?

- On est dans le même lit Potter. Suis pas obligé de te coller en permanence, cracha-t-il.

Mais Harry ne l'écouta pas et se rapprocha de lui. Étant à la limite de tomber, Draco resta immobile et subit l'assaut du brun qui posa sa tête sur un de ses bras et sa main gauche sur son ventre. Avec douceur, ses doigts commencèrent à tracer des arabesques sans sens autour de son aine.

L'habituelle chaleur se propagea dans son corps, apaisant son esprit et détendant ses muscles. Il ferma les yeux malgré lui. Rapidement, son esprit se retrouva embrumé et le sommeil le gagna.

A ses côtés, Harry restait dans cet entre-deux, ni réveillé, ni endormi. Il profitait simplement de la présence du blond. Dès lors qu'ils avaient pu mettre de la distance entre eux, Draco s'était fait une joie de ne plus le toucher. Dans un sens, cela l'arrangeait bien aussi, mais… il sentait que le contact de son corps lui apportait détente et soulagement. En réalité, dès qu'il le touchait, tous ses soucis s'envolaient. Ses muscles se relâchaient, son esprit se calmait, ses pensées s'apaisaient et son souffle se faisait plus régulier. Il savait très bien que ce n'était pas normal et qu'il ne devait pas ressentir tout cela, mais c'était plus fort que lui. Hier, alors qu'il s'était réveillé en premier, les bras de Draco entourant sa poitrine, il avait fait une découverte il avait besoin de lui. Tout comme il avait besoin de manger, respirer ou dormir. Bien évidemment il s'était gardé cet aveu pour lui seul, la honte s'insinuant aussitôt dans ses veines. Alors il avait refermé les yeux et s'était collé encore plus contre le corps chaud dans son dos, profitant de chaque seconde avec lui. Tout comme en cet instant.

Harry soupira de bien-être. Il commençait à se rendormir quand il entendit la porte s'ouvrir et une silhouette se faufila dans la pénombre.

- Harry ?

- Mione ?

- Désolée de te réveiller, je peux te parler ?

Harry ouvrit les yeux et grimaça. Il roula un tout petit peu sur le côté et détailla la jeune fille. Elle avait les cheveux en bataille, des cernes sous les yeux et portait une robe de chambre un peu usée. Elle avait un léger sourire de contrition sur le visage et ses doigts trituraient la ceinture qui retenait sa robe. Il s'étira, profitant encore de la présence de Draco à ses côtés, puis se leva.

Dans le couloir, alors qu'il refermait la porte derrière lui, non sans un dernier regard en direction de la forme endormie dans le lit, il bailla sans gêne.

- Désolée de te réveiller. Est-ce que ça va si on reste dans le couloir ? Tu n'es pas trop loin ?

- Non, ça va.

En réalité, il sentait une légère douleur dans la nuque, signe qu'il commençait à tirer sur le lien. Mais c'était supportable et il se dit que pour quelques minutes, il pouvait bien faire fi de cette sensation. Il devait juste espérer que Draco ne soit pas perturbé de son côté et n'ouvre pas la porte à la volée tout en lui lançant son regard mauvais et désapprobateur.

Hermione s'assit le long du mur, aussitôt rejoint par le brun.

- Je vais pas te déranger longtemps. Je voulais juste te parler seul à seule, sans… Malfoy. Et la journée c'est assez compliqué.

- Je sais.

- Je continue de faire des recherches sur ce que tu m'as demandé, mais je n'arrive pas à savoir dans quelle langue est cette chanson que tu entends.

- C'est pas grave.

- Si seulement on était à Poudlard, je pourrai aller à la bibliothèque et je pense que je finirai par trouver quelque chose.

- Ouais, mais c'est Snape qui est directeur maintenant que Tu-Sais-Qui est au pouvoir.

- Oui, soupira Hermione. Sinon…

Elle se pinça les lèvres, ne sachant pas trop comment aborder ce sujet. Très observatrice, elle avait remarqué certaines petites choses entre les deux jeunes hommes et sa curiosité avait été piquée à vif.

- Je me demandais… comment tu vis tout ça ? Le lien, le fait de devoir être toujours proche de lui, la chanson.

- Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Depuis des années je ne maîtrise rien dans ma vie, je n'ai aucun contrôle alors un peu plus ou un peu moins.

- Je comprends, mais...ce n'est pas trop pénible de… toucher Malfoy ? finit-elle par demander avec un petit sourire en coin.

Quelques secondes de silence s'étalèrent à leurs pieds et Harry se racla la gorge. Il se sentait en confiance avec Hermione. Il savait qu'il pouvait tout lui dire sans crainte et qu'elle ne répandrait pas ses dires par la suite. Mais pouvait-il déjà se l'avouer à lui-même ?

- Je sais pas, se mit-il à chuchoter sur le ton de la confidence. Quand on se touche, je sens une chaleur qui m'apaise, qui me détend et me rassure.

Il humidifia ses lèvres.

- C'est pas désagréable. Je crois… que j'aime bien.

Son regard se posa sur un doxy qui grimpait rapidement le long d'un morceau de papier peint qui pendait.

- Tu vois, il pourrait être bien plus méchant qu'il ne l'est. Je veux dire, c'est lui qui se retrouve coincé avec des gens qu'il n'apprécie pas, loin de sa famille. Je pourrai même dire qu'il est respectueux.

- C'est vrai. Il ne m'a pas traité de Sang-de-Bourbe une seule fois.

- Hum. Tu sais, parfois, quand on est que tous les deux… j'oublie tout ce qui nous entoure. J'oublie la guerre, Tu-Sais-Qui, ses partisans. J'oublie qu'il en est un, qu'il a dû tuer des gens pour son nom. C'est comme si on revenait en cinquième année, avant tout ça et qu'on apprenait à se connaître.

- Tu l'apprécies.

Ce n'était pas une question, mais plutôt une affirmation. Harry laissa sa tête reposer sur l'épaule de son amie. C'était une évidence. Ses paupières se fermèrent et son corps s'alourdit. Il sentait la fatigue prendre le dessus. Puis, progressivement, la voix dans sa tête se mit une nouvelle fois à chanter. Elle l'appelait… ou plutôt, il l'appelait. Draco était en train de chercher sa présence et il ne la trouvait pas. Si Harry n'allait pas le rejoindre dans l'instant il savait que le blond allait finir par se réveiller et que son humeur serait massacrante pour le reste de la nuit.

Sans un mot, il se leva, fit un petit sourire à Hermione et retourna dans la chambre. Dans le lit, le corps endormi gesticulait et une main fouillait les draps. La faible bougie éclairait toujours la pièce et il remarqua que Draco avait le visage crispé. Quelques gouttes de sueur brillaient sur son front et il regretta de s'être éloigné de lui. Il avait tiré sur leur lien et il détestait cette sensation qui lui enserrait la poitrine. A présent il ressentait le manque de Draco. Le brasier devenait étouffant et la chanson écrasante. Un peu comme pour le punir de s'être éloigné, de l'avoir laissé seul.

Draco gémit. Aussitôt, il se glissa entre les draps et saisit les doigts qui les griffaient.

- Chuut, siffla-t-il.

Draco se calma immédiatement. Alors Harry se pressa contre lui et reprit sa position d'avant. La tête près du cœur du blond, il entendait les battements de ce dernier cogner contre ses tympans. C'était une rythmique familière qui l'ébranla malgré lui. Il remarqua qu'elle suivait la même cadence que la chanson, comme si tout communiquait.

Le flux devint plus calme et régulier et se calqua sur le sien. Tout comme sa respiration. Il huma l'odeur à présent familière et se laissa bercer. Il se sentait à sa place, comme il ne l'avait jamais été. Tout redevint calme, paisible, comme s'il n'était jamais parti.

- Je suis bien dans la merde, moi, marmonna-t-il sans grande conviction.

Peut-être parce qu'il appréciait ces moments rien qu'à eux.

Peut-être parce qu'il se sentait plus vivant depuis qu'il avait revu Draco une dizaine de jours plus tôt.

Peut-être parce qu'il lui manquait, aussi simplement que cela puisse être.

C'était fort possible même.

Après tout, même si leur relation n'était basée que sur ces conflits indescriptibles, il y avait bien un lien qui les unissait depuis des années. Il avait créé un lien de fraternité avec Ron, un lien d'amitié avec Hermione, un lien de filiation avec la famille Weasley et un lien de rivalité avec Draco.

Certes, aujourd'hui c'était différent, mais il était certain d'une chose il ne voulait pas le perdre, peu importe ce qui se jouait entre eux avec cette nouvelle magie.

oOo

Quand Draco se réveilla ce matin là, un poids lourd l'écrasait. Cependant, cela ne le gênait pas. Il ouvrit doucement les yeux et regarda le plafond. Il y avait toujours cette fissure qui semblait le narguer. Allongé sur le dos, enfoncé dans le matelas, le corps encore engourdi de la nuit, il grimaça. Que devait-il faire avec cette craquelure ? La défier encore plus ou l'ignorer ? Il ne savait pas. Après quelques minutes à la détailler, il se décida à l'affronter. Fier combattant, armé de sa main tendue vers elle, il s'amusa à détailler ses doigts. Ils dansaient devant lui, jouant sur les cordes invisibles du temps. Ils auraient presque pu lui faire oublier la situation incongrue dans laquelle il se trouvait. Presque… mais ce n'était pas le cas. C'est pourquoi il passa sa main, doigts écartés, paume ouverte vers le ciel, fière au bout de son bras tendu, sur cette fissure dérangeante. Une fois. Pas de résultat. La traîtresse était résistante. Deux fois. Il la vit se dandiner devant lui. Trois fois. Elle jubila de sa défaite cuisante. Et lui, il n'avait plus la force de lutter. Alors son bras retomba mollement sur le matelas, retrouvant sa place initiale. Il avait perdu face à une crevasse en pierre.

- Tu fais quoi ? lui demanda une voix endormie.

- Rien Potter, lui répondit-il, passablement énervé. Et tu pourrais dégager de sur moi, je suis pas ton oreiller.

Vexé, Harry se redressa, sans pour autant s'éloigner. Il n'en avait pas envie. Draco gardait le regard vissé sur le plafond, retardant au maximum la confrontation avec les iris émeraudes. Il les sentait le détailler, glisser sur son visage, dans son cou, s'arrêter sur sa pomme d'Adam, puis courir jusqu'à sa clavicule. Ils glissèrent le long de son torse et de son ventre avec une certaine curiosité. Du coin de l'œil il les vit hésiter une fraction de seconde avant de s'ancrer à sa hanche. Il ne le touchait pas et pourtant il pouvait déjà sentir sa présence sur sa peau. Son souffle devint plus vif, alors que le sien était mordant. Il voulait lui dire d'arrêter, de s'éloigner, de faire taire le chant et le feu. Mais il en était incapable. Devant lui, la fissure était devenue floue.

Harry fixait avec envie cette partie du blond qui le tentait en permanence. Il passait ses journées à y penser, comme un toxico en manque. Il ne l'avait pas touché depuis hier, c'était déjà trop loin. Néanmoins, il ne voulait pas précipiter les choses. Parce qu'il savait que Draco n'appréciait pas l'initiative de ce contact et aussi car le moment précédent la rencontre était encore plus grisant que celle-ci. Il attendit, retraçant mentalement la forme cachée. Puis, il bascula son corps et se retrouva face à face avec le blond. Ce dernier ouvrit la bouche pour protester, mais se ravisa en sentant les doigts l'effleurer. Alors il ferma les yeux pour ne plus voir le visage d'Harry, pour se déconnecter de l'horreur de la réalité. Sans plus attendre, la main droite d'Harry glissa le long de ses cotes et se faufila sous le t-shirt. Sa paume rencontra l'épiderme un peu froid et il se retint de gémir face aux sensations qui l'envahissaient. Elle était toujours là, à sa place, identique. Magnifique. Son regard la détailla et il sourit. Une idée un peu étrange naquit dans son esprit. Allait-il oser ? Draco allait-il le laisser faire ? Ses doigts tremblèrent d'anticipation.

Tout en détailla les traits presque neutres du visage du blond, son index se posa sur une tête de serpent. Mais au lieu de laisser la pulpe de son doigt glisser, ce fut son ongle. Sans trop appuyer, il commença à redessiner le tatouage, ou plutôt à le griffer. La réaction de Draco fut immédiate. Ses pupilles s'ouvrirent en grand et ses lèvres aspirent une grande bouffée d'oxygène. Satisfait et ne se sentant pas repoussé, Harry continua son exploration.

Sous lui, Draco haletait par moment, incapable de bouger et de penser avec cohérence.

- Po… tenta-t-il de prononcer.

Mais le blond abandonna toute idée de protestation et se laissa emporter par la magie qui déferlait dans son organisme.

Quand Harry arriva au bout de la vague, il appuya plus fort, planta son ongle dans la chair et termina son exploration sur cette note.

Doucement, les sensations diminuèrent et ils reprirent pied avec la réalité.

- On devrait leur en parler Potter. Il faudrait leur montrer.

- Non ! ordonna Harry, furieux à cette idée.

- Mais comment veux-tu qu'on comprenne quelque chose à ce merdier si on cache des trucs ? Comme ça, tenta Draco en remettant son t-shirt en place et en le poussant pour s'asseoir.

- C'est hors de question Malfoy ! Je ne veux pas qu'il la voie. C'est… c'est à nous. C'est… notre marque.

- Ou leur en parler.

- Malfoy, j'ai dit non. Je refuse qu'un autre que moi la voie, la… la touche, finit-il dans un tremblement de voix.

C'était la sienne, la leur. C'était trop intime pour la montrer aux autres et il savait qu'à la moindre évocation, il perdrait ce droit d'exclusivité.

Draco avait tenté une nouvelle fois de le faire changer d'avis, en vain. Harry ne voulait pas et c'était catégorique. Pourtant il devait bien y avoir une signification pour que cette marque soit là, pour que le signe de mercure peigne sa peau de noir.

.

A suivre…

.


Hiii ! Ils se rapprochent. Vous trouvez que ça va trop vite entre eux ou c'est bon ? La petite ellipse d'une semaine vous dérange ?

Donc pour ceux qui n'arrivent toujours pas à visualiser le tatouage, vous chercher « signe mercure » et vous re transposez la description sur le dessin et vous aurez le tatouage.

Sinon je suis encore partie sur une looooongue fic. J'en suis à 20 chapitres, ils se sont tout juste embrassés, rien n'est clair, ils ne savent toujours pas d'où provient cette magie, Voldemort est toujours vivant… bref j'ai encore du boulot et un bon paquet de chapitres à écrire. Suis pas sortie du chaudron moi.

Prochain chapitre : Barrière