Coucou
Ca sent les vacances, ou alors ça vous plait moins et certains ont déserté. Mais je vais rester optimiste et me dire que la baisse de review est due aux vacances.
RAR Anonyme :
Lily : Merci pour ta review et heureuse que ce chapitre t'ai plu. En effet c'est assez tendu entre eux et il y a beaucoup d'émotions contradictoires en jeu. Ah, la scène de la fin où Harry retrace le tatouage. J'étais tout aussi subjuguée que lui.
Barrière
Harry défia du regard Arthur Weasley. Baguette en main, posture d'attaque, il était prêt. En face de lui, l'homme était aussi d'attaque. N'ayant pas de mission de prévue pendant deux jours, le père de famille avait décidé d'entraîner les plus jeunes restés à la maison. Il devait leur apprendre à se défendre et à riposter en cas d'affrontement. Surtout Harry. Il était primordial que le jeune homme acquière un certain savoir en combat, car une fois face à Voldemort à ses Mangemorts, il n'aurait pas de traitement de faveur. Bien au contraire.
C'est pourquoi en ce mardi 13 novembre, Arthur avait transformé le salon en salle d'entraînement. Les deux armoires vitrées avaient été transformées en mannequins d'entraînement. Les tapis au sol avaient disparus, dévoilant un parquet grinçant encore plus avec des taches suspectes. Le canapé avait laissé place à de multiples coussins posé en un tas disgracieux et le secrétaire avait été relégué dans un coin sombre. Plusieurs objets, tels que des chaises, une table, un guéridon ou encore un miroir sur pied étaient disposés à divers endroits. Ils serviraient de bouclier lors des entraînements.
Arthur avait décidé de commencer avec Harry et avait demandé aux autres de les laisser tranquille. Il préférait être seul pour cette première fois et surtout, il ne souhaitait pas que sa famille le voit se ridiculiser face à un tout jeune sorcier. Seul Draco assistait à l'entraînement, ne pouvant s'éloigner que de quelques mètres d'Harry. Il détailla le blond du coin de l'œil, ayant encore beaucoup de mal à se faire à sa présence. Comme à son habitude, le jeune homme assis sur une chaise semblait perdu dans ses pensées et ne prêtait pas grande attention à son entourage.
- Tu es prêt Harry ?
- J'ai les doigts qui me démangent Monsieur, répliqua me brun en souriant.
En effet, depuis plusieurs jours il n'avait plus eu le droit de toucher une baguette en raison de la présence de Draco. C'était trop dangereux et il le comprenait. Mais pour un sorcier, ne pas faire de magie c'était comme l'empêcher d'être vivant. Non seulement il n'avait plus sa propre baguette, cassée par accident par Hermione pour les défendre d'une attaque de Nagini, l'obligeant à composer avec celles des autres depuis quelque temps, mais en plus il ne pouvait même plus faire de magie du tout depuis qu'il était lié à Draco. Alors pouvoir enfin sentir son essence crépiter au bout de ses doigts était grisant, même si la baguette devant lui n'était pas la sienne.
- Très bien, poursuivit Arthur. Petrificus totalus !
Harry esquiva de justesse le sort et riposta immédiatement.
- Expelliarmus !
Draco regarda la scène avec désolation. Ils étaient si pathétiques pensa-t-il. Lorsqu'il s'entraînait avec son père, c'était bien plus fourbe que cela. Ils étaient bien trop gentils entre eux. Limite s'ils n'allaient pas se faire des courbettes et des formules de politesse entre chaque. Mais le pire, le plus agaçant, c'était que Harry utilisait sa baguette. C'était comme une trahison. Dès qu'il l'avait vue, son sang n'avait fait qu'un tour. Et puis Harry l'avait saisie entre ses doigts et quelques étincelles avaient jailli. Comme si le morceau de bois le reconnaissait, comme si elle lui faisait du charme.
Les sorts continuèrent de fuser sans qu'aucun ne soit véritablement sérieux.
- Protego.
- Morsmordre.
- Imobilis.
- Impédimenta.
Draco éclata de rire en voyant le brun tomber au sol, sur les fesses. Harry se tourna vers lui et lui lança un regard noir.
- La ferme Malfoy ! cracha-t-il.
- Ne jamais se laisser déstabiliser Harry. Sectumsempra !
- Hein ?
Draco regarda le jet de lumière sortir de la baguette de l'homme et fuser en direction de son adversaire. Ce sort, il ne le connaissait que trop bien pour l'avoir reçu l'année précédente. Et Harrt était encore par terre, sa baguette à quelques mètres de lui. Il n'aurait pas le temps de se protéger. Il allait recevoir le sort de plein fouet. Il allait… il devait…
Harry papillonna des yeux, surpris. Il avait entendu le sort que Mr Weasley avait jeté et il avait regretté d'avoir pris leur confrontation à la légère. Il pensait déjà à la douleur qui allait irradier tout son être. Tenter de récupérer sa baguette était vain, il le savait. Sauf que la douleur ne vint jamais. Car le sort venait de ricocher et avait coupé en deux un tableau au mur. Devant lui, ou plutôt tout autour, une barrière magique venait d'apparaître. Médusé, il n'osait même plus bouger. Il n'avait rien fait.
- Harry ! s'inquiéta Arthur. Ça va ?
- Euh… je crois.
- Désolé, j'y suis allé fort, mais tu sais dehors…
- Non vous avez bien fait. Je n'étais vraiment pas concentré. Mais euh…
Arthur se rapprocha de la barrière et la détailla.
- C'est comme lorsque Malfoy… D'ailleurs il est où ? demanda-t-il en tournant la tête vers la chaise désormais vide.
Harry se tourna à son tour en direction du fauteuil où se trouvait le blond quelques secondes auparavant. Il était vide. Et pourtant il ne ressentait aucune souffrance, comme s'il était juste à ses côtés. Mais où avait-il pu bien aller ?
- Malfoy ?
- Bordel Potter, c'est quoi encore ce truc ?
Étonné de l'entendre sans le voir, Harry chercha autour de lui.
- Malfoy, t'es où ?
- Monsieur Malfoy ?
- Je suis juste devant toi, crétin !
- Où ça ?
- Tout autour de toi. Le machin lumineux qui t'a évité de te faire découper en rondelles, c'est moi !
Harry observa la bulle qui l'encerclait totalement. Il s'avança et l'effleura. Immédiatement, une chaleur rassurante se propagea dans son corps.
- Malfoy ? C'est… tu…
- Tu es vraiment long à la détente Potter.
- Mais c'est génial ce truc ! s'exclama Harry. Tu as dévié le sortilège de Mr Weasley sans soucis.
- Euh… Harry tu parles à qui ? questionna Arthur de l'autre côté du bouclier.
- A Malfoy. C'est lui.
- Soit plus précis Harry.
- La barrière, c'est lui, c'est Malfoy. Il… s'est transformé ?
- Comment ça ?
- J'en sais rien, mais je l'entends parler et il me dit que c'est lui ce truc. C'est génial ! Il a repoussé votre sortilège sans problème. Vous croyez qu'il peut encore ?
- Attends Harry. Tu me dis que Malfoy s'est transformé en bouclier tout autour de toi ?
- Potter, grogna Draco, sa patience mise à rude épreuve.
- Oui, oui, s'enthousiasma Harry. Lancez un autre sort Monsieur.
Perplexe, Arthur se recula et brandit sa baguette. Il n'était pas sur de la démarche à suivre, mais le jeune sorcier en face de lui semblait assuré dans ses propos. Après tout, c'était Celui-Qui-A-Survécu.
- Potter, je t'interdis de…
- Oh la ferme Malfoy ! ordonna le brun, agacé.
- Petrificus totalus, commença Arthur.
Le sortilège rebondit.
- Stupéfix. Croque cheville. Flipendo.
Aucun sort ne pénétra la barrière à la plus grande surprise d'Arthur.
- Essayez quelque chose de plus fort. L'Impérium par exemple.
- Voyons Harry, c'est un impardonnable.
- Justement, allez-y.
Arthur hésita quelques secondes, puis lança le sort. Le même résultat se produisit.
- Stupéfiant, s'émerveilla Arthur.
- Malfoy ? Eh t'es là ? Réponds.
- Oui je suis là Potter.
- Comment tu fais ça ?
- J'en sais fichtrement rien. Tu crois que la magie qui nous lie était livrée avec un manuel d'utilisation ?
- Oh, c'est bon, garde ta mauvaise humeur pour toi !
- Harry ? s'inquiéta l'homme de le voir parler tout seul.
- Je parle à Malfoy. J'arrive à l'entendre.
- Il dit quoi ? Demande lui s'il sait comment il a fait.
- J'en sais rien ! s'énerva Draco. Je… J'ai juste vu le sortilège te foncer dessus alors que tu étais désarmé et… la seconde d'après j'étais comme ça.
- Tu… tu as voulu me protéger ?
- Certainement pas. Si tu pouvais mourir ça me ferait un poids en moins.
Harry se tourna vers Arthur et lui répéta sa réponse.
- Et il fait comment pour retourner dans son corps ? Ou plutôt pour redevenir son corps ?
- Il sait pas non plus.
- Il ne faudrait pas que ça dure comme la dernière fois.
- Par Merlin, j'avais oublié cette histoire ! Malfoy t'as intérêt à reprendre ton corps de suite ! Je n'ai pas envie de passer les deux prochaines heures coincé ici.
La seconde d'après Draco se retrouva debout, sur ses deux pieds, juste devant Harry. Un flot d'émotions étaient en train de le submerger. Il était frustré de n'avoir aucun contrôle sur sa vie, en colère d'être utilisé comme une vulgaire chose, fatigué de ne rien comprendre, inquiet pour sa famille. Tout allait de travers, rien ne suivait le chemin que lui avait tracé son père. Une boule se forma dans sa gorge et il fut pris d'un vertige invisible.
D'un pas vif il s'éloigna des deux hommes et leur tourna le dos. Des larmes commençaient à inonder ses yeux, contre sa volonté. Il devait s'éloigner, s'isoler. Sans réfléchir d'avantage il commença à se diriger vers la porte. Une douleur trop bien connue commença à se répandre dans son ventre. Mais il décida de l'ignorer et continua à s'éloigner du brun qui se mit à grimacer. La porte claqua, s'écrasant contre le mur derrière elle. D'un pas précipité, il passa dans le couloir faiblement éclairé et commença à monter les marches. Il sentait la douleur s'étirer au grès de ses pas. Parfois agaçante, parfois menaçante, parfois apaisante. Dans son dos, il entendait les pas d'Harry qui le suivait avec peine.
- Malfoy !
Il posa un pied sur une énième marche et s'immobilisa pour reprendre son souffle. Une main posée sur le mur, le visage penché en avant, il toussa. Des sanglots étouffés, inavouables échouèrent à ses pieds, s'enroulèrent autour de ses chevilles et glissèrent. Une marche, deux marches, trois marches. Quatre marches, cinq marches, six marches.
- Malfoy ! A..att…
Mais Draco reprit sa folle course, voulant s'éloigner de la source de tous ses maux. Le feu dans son bassin devint mordant, courant dans chacune de ses veines, incendiant tout son être. Il avait mal. Il était mal. Le sang battait dans ses tempes, ou alors c'était la voix qui résonnait trop fort ? Il ne savait plus.
Avec une dernière once de force, il gravit les deux dernières marches et poussa la porte de sa chambre. Il ne pouvait pas aller plus loin. Coincé, acculé et sentant que le brun se rapprochait de plus en plus de lui, il se jeta sur la porte, dernier rempart à sa sauvegarde. Sauf qu'il ne fut pas assez rapide car au moment où le verrou allait s'enclencher, un corps s'écrasa en un bruit sourd. Le morceau de bois s'ouvrit et Harry se retrouva face à lui. Les cheveux en désordre, la respiration haletante, les bras tremblants il n'allait pas bien lui aussi.
- Potter, le supplia-t-il d'une voix chevrotante, tout en lui tournant le dos.
- Malfoy, bordel ! Tu… c'était… ça fait mal.
Harry reprit son souffle alors que ses nerfs se remettaient de leurs tourments. Il pouvait sentir le flot d'émotions qui traversait le blond. Il les voyaient s'étendre à ses pieds et s'enrouler autour de son corps. En réalité ce n'était qu'un ressenti, mais il avait compris que c'était celui du blond et non le sien. Il y avait de la colère entre ses jambes et de la tristesse contre son torse. Mais il ne comprenait pas leur raison.
D'une main passablement agacée, il attrapa un bras de Draco et l'obligea à se retourner. Mais alors qu'il s'attendait à devoir affronter deux iris orages, il fut déstabilisé en y découvrant des perles salées faiblement contenues. Elles s'agglutinaient au bord de la paupière, se poussant les unes les autres. Bientôt il n'y aurait plus assez de place et celles qui se raccrochaient péniblement aux cils allaient devoir lâcher prise.
- Malfoy. Qu'est-ce…
La première larme dégringola la seconde suivante. Elle glissa sur la joue pâle, laissant derrière elle un sillon humide. Harry ressentait sa chute avec beaucoup trop de violence. Son propriétaire devait les retenir, les détruire.
- Arrête de…
Sauf qu'une main se posa sur sa bouche et l'empêcha de finir sa phrase. Elle était violente, à la limite de la gifle. Il sentit la pulpe des doigts s'enfoncer dans sa joue, pression de désespoir camouflé.
- La… la ferme, cracha Draco qui ne retenait plus rien. La ferme ! Tu n'as pas le droit de me demander ça.
Déconcerté, Harry cligna plusieurs fois des yeux. Pourquoi lui disait-il cela ?
- Laisse-moi ça au moins.
Lentement, le brun attrapa le poignet blanc arqué non loin de ses lèvres et tira dessus. Il ne força pas, Draco se laissant faire.
- Comment ça ?
- Tais-toi ! Tu sais très bien de quoi je parle ! Toutes ces demandes. Tous ces ordres. Et moi qui subit. Laisse-moi au moins ça, ne me l'enlève pas, finit-il la respiration saccadée.
Harry ne comprenait pas grand-chose, mais il sentait que la situation allait déraper s'il restait.
- Je vais dans le couloir. Si jamais…
Le mouvement de main que lui lança Draco le conforta dans sa décision. Alors il quitta la chambre, ferma la porte et s'adossa contre elle. A peine était-il assis qu'un bruit sourd résonna contre les murs. Draco explosait.
Non loin de là, il vit Mr Weasley qui arrivait, les yeux écarquillés, posant milles questions muettes.
- Je crois que Malfoy a besoin de décharger un peu.
- Est-ce que ça va aller ?
- Oui. Merci, le rassura-t-il.
Alors que l'homme s'éloignait, Harry reprit :
- Juste… si vous pouviez ne rien dire sur ce qui s'est passé lors de notre confrontation. Sur le fait que Malfoy se soit transformé en bouclier. Pour me protéger.
Arthur passa une main dans ses cheveux alors qu'un cri retentissait.
- Je vous laisse deux jours, ensuite il faudra en avertir l'Ordre. Vous ou moi.
- Merci. Et euh… vous pourriez lancer un sort de silence ?
L'homme fit tourner sa baguette en l'air, sourit, puis redescendit, laissant les deux jeunes hommes ensemble.
Appuyé contre le bois qui tremblait par moments, Harry se demanda ce qu'avait voulu dire Malfoy. Pourquoi l'avait-il empêcher de finir sa phrase ? Il voulait juste le réconforter, faire en sorte qu'il se sente mieux. C'était tout ce qu'il désirait depuis qu'il était rentré dans cette maison. Il comprenait combien la situation pouvait être difficile, encore plus que pour lui. C'est pourquoi il s'efforçait de ne pas le déranger, de lui laisser le plus de place possible, quitte à supporter certaines piques, certaines brûlures et les suppliques dans sa tête. Cependant, ce n'était pas encore assez, semblait-il.
Plusieurs minutes s'écoulèrent, puis il sentit que la furie à quelques mètres de lui s'amenuisait. Il laissa sa tête reposer en arrière et soupira. Une vibration lui indiqua que le blond n'était plus qu'à une barrière de hêtre de lui. Dans sa poitrine, son cœur se calmait, probablement en réponse à son homologue non loin.
- Si seulement tu voulais bien me dire que ce qu'il se passe dans ta tête Malfoy, soupira-t-il.
Parce que même s'ils étaient devenus proches, il y avait toujours cette barrière entre eux, ce voile invisible qui les séparait.
.
A suivre…
.
Et voilà, on en apprend un petit peu plus sur leur magie. Est-ce que ça vous plaît ? Comment va se passer la suite à votre avis ? Et concernant Draco et ce qu'il a voulu dire dans la chambre, des idées ? Si on cherche un peu dans le chapitre, on peut parfaitement comprendre.
Prochain chapitre : Épidermique mercurien
