Coucou

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RAR Anonymes :

Lily : Ravie que ce chapitre t'ai plu. Oui il fallait virer Ginny et en fait l'occasion s'est présentée toute seule.

Dragonichigo : Ravie que mes explications te conviennent. C'est pas toujours simple de faire passer ses idées sans réellement les dires. Et merci poura ta review.

Guest : Tu me rassures en disant que le rapprochement n'est ni trop lent, ni trop rapide. C'est une crainte pour moi dans cette histoire.


Vent tournant

Un vent froid glissa sur le corps à moitié endormi de Draco. Il frissonna et chercha à tâtons les couvertures pour se réchauffer. Décembre débutait tout juste emmenant avec lui une vague de froid intense. Ses doigts trouvèrent le tissu un peu rêche et se mirent à tirer dessus. Mais une force à ses côtés l'empêchait d'accéder à l'objet de ses convoitises.

- Potter, grogna-t-il, le froid commençant à le réveiller.

- Mmh, gémit Harry.

- J'ai froid.

Aussitôt, Harry se retourna sur le dos et colla son corps contre celui du blond.

- La couverture, râla Draco insatisfait.

Harry marmonna des paroles incompréhensibles tout en gesticulant pour se dépêtre des draps bien chauds.

- C'est moi qui aie froid maintenant, bougonna-t-il.

- Arrête de t'enrouler dedans aussi.

Harry roula sur le côté droit alors que le blond tirait fortement sur les couvertures et lui tournait le dos. Son nez rencontra les cheveux blonds et leur odeur habituelle. Tout en inspirant, ses yeux se fermèrent et le sommeil commença à le rattraper. Sauf que les frissons qu'il ressentait par moments le gênaient trop pour se laisser totalement sombrer.

- J'ai froid Malfoy.

- C'est pas mon problème.

- C'est toi qui m'as réveillé.

- Et c'est toi qui avait pris toutes les couvertures.

Un grognement sorti d'entre les lèvres d'Harry.

- Je sais.

Aussitôt il glissa sa main gauche par-dessus le corps devant lui et la posa sur le ventre qui se contracta à ce contact.

- Potter ?

Ses doigts tirèrent sur le t-shirt, cherchant un chemin vers la peau du blond.

A moitié endormi, Draco réalisait tout juste ce qu'il se passait. Harry était dans son dos et le touchait.

Encore.

Il avait envie de le repousser et de le jeter hors du lit, mais il était trop fatigué pour lutter. Et puis la chaleur caractéristique et familière se diffusait doucement dans son être, lui procurant une sensation de bien-être. Il y avait même cette voix qui chantait doucement et le berçait avec volupté. Harry posa ses doigts sur la marque de son aine et le brasier habituel l'irradia tout entier. Il avait presque trop chaud d'un seul coup.

- Là, c'est bien, soupira le brun dans sa nuque, son souffle l'effleurant délicatement.

Alors, doucement, il se laissa emporter et détendit tout ses muscles. Il se cala contre le corps chaud derrière lui et enfoui son visage dans l'oreiller. Il adorait ce sentiment de plénitude qui l'habitait à son plus grand désarroi. Sa respiration se fit plus régulière, plus calme et se calqua sur celle dans son dos, juste avant de s'endormir profondément. Tout comme le brun.

oOo

- Bon, tout est clair pour tout le monde ? demanda Rémus en regardant chaque personne autour de la table.

Chacun acquiesça.

- Très bien. Donc dans deux jours, nous irons à Poudlard, déclara-t-il.

Alors que la plus part quittait la cuisine pour s'affairer à leurs tâches, Draco s'avança vers Nymphadora Tonks.

- Tonks, l'interpella-t-il.

La femme aux cheveux de toutes les couleurs se retourna.

- Ah Draco.

- Je voulais savoir si tu avais pu…

Elle sourit et le tira sur le côté, dans un coin.

- J'ai bien failli me faire attraper, mais j'ai réussi à les voir.

Draco retint sa respiration dans l'attente.

- Ils sont en vie et ont l'air d'aller bien. Par contre j'ai cru comprendre qu'ils ignorent où tu te trouves et s'en inquiètent vraiment. Du coup le Seigneur des Ténèbres pense que tu as fui ou pire, que tu t'es rallié à nous. Je pense…

- Merci Tonks, la coupa-t-il. Je me doute bien que ma disparition est mal vue, mais s'ils vont bien, c'est le plus important.

- Tu sais, je pourrai leur envoyer…

- Non ! C'est trop dangereux. Pour eux et pour vous. Je refuse qu'il y ait encore plus de morts par ma faute.

- D'accord.

Ayant eu ce qu'il voulait, Draco commença à se diriger vers l'escalier pour rejoindre le reste du groupe. Juste à la sortie de la cuisine, en bas des marches, il fut surpris de découvrir Harry qui l'attendait, adossé contre un mur.

- Ça va ? lui demanda-t-il.

- Oui, oui.

- On dirait pas.

Agacé, Draco passa une main dans ses cheveux.

- On doit nous attendre.

- Attends, le retint le brun.

- Quoi ?

- Je vois bien que ça ne va pas. T'es pas obligé de tout le temps te cacher derrière ton masque. Surtout avec moi.

- Potter, c'est pas le moment.

- Si tu ne veux pas te battre, je comprendrai, tu sais. C'est pas ta bataille et c'est pas ton camp.

- Potter, je m'en fou de qui est dans quel camp.

Une colère monta le long de sa colonne vertébrale. Il voulait juste que tout se termine et que sa vie redevienne tranquille, comme avant.

- Vraiment ? J'ai du mal à te croire, toi un Mangemort.

Le choc entre leurs deux corps fut violent. Draco venait de saisir le brun par le col de son pull et de le plaquer contre le mur. Son visage à quelques centimètres du sien, son souffle s'écrasant contre ses lèvres, il avait envie de le frapper.

- Parce que tu crois que j'en suis fier ? C'était ça ou je mourrai, ou mes parents mourraient. J'ai pas trop réfléchi tu vois. Je suis marqué à vie et deux fois maintenant. Tout ce que je veux, c'est qu'on me foute enfin la paix.

- C'est plutôt compliqué par les temps qui courent, le nargua Harry.

- Justement. Plus vite on termine cette putain de guerre et plus vite je retrouverai ma vie d'avant.

- Tu pourrais me tuer ou me livrer au Seigneur des Ténèbres. Il gagnerait et tout serait fini.

- Potter…

Draco relâcha le corps devant lui et posa ses mains contre le mur, de par et d'autre du visage qui le fixait avec intensité.

-S'il gagne ce ne sera que le début de l'enfer. Mes parents, ou plutôt mon père a cru un jour à cette idéologie, mais aujourd'hui… on veut juste être tranquille. Et puis… j'ai beau me dire que je dois te livrer au Seigneur des Ténèbres, j'en suis incapable. Je ne veux pas qu'il t'arrive quelque chose, avoua-t-il dans un dernier souffle presque inaudible. J'ai juste envie de retrouver mes parents, de finir ma scolarité, d'avoir mes ASPICS et de trouver un boulot de potionniste.

Harry se tut, surpris de ces révélations soudaines. Devant lui, Draco s'était confié sans aucun masque. Un désir soudain de le prendre dans ses bras et de le serrer fit battre son cœur plus fort. Il semblait si fragile en cet instant.

- Alors on va s'entraîner avec les autres pour botter le cul de Tu-Sais-Qui et que cette guerre se termine.

Draco hocha de la tête. Alors qu'il montait les marches en direction du salon, le brun à ses cotés lui sourit et dit :

- Potionniste ? Comme Snape ? Tes cheveux vont devenir gras.

- Je ferai avec.

Ses doigts effleurèrent ceux qui se balançaient non loin des siens et il retrouva un peu de baume au cœur.

Quand ils arrivèrent dans le salon, Rémus et Arthur étaient déjà en train de donner des conseils aux plus jeunes. Une nouvelle fois, la pièce était devenue un parfait endroit d'entraînement.

- Ah Harry, parfait. Il ne manquait plus que toi. Ta baguette est là, désigna Rémus en indiquant un petit coffret rectangulaire.

- C'est pas la mienne.

- Oui, je sais. Mais c'est la seule qui fonctionne le mieux avec toi.

- Non, je veux dire qu'elle n'est pas à moi, mais à Malfoy. C'est à lui de s'en servir.

Un silence nouveau emplit le salon et tous dévisageaient le brun.

- Harry, tu sais très bien que nous ne pouvons pas lui donner sa baguette. Il pourrait…

- Il ne fera rien, les coupa-t-il. J'ai confiance en lui et une personne de plus ne nous fera pas de mal.

- Je ne crois pas qu'il…

- Rémus, je ne te demande pas de croire en lui, mais en moi.

- C'est le cas.

- Alors rends-lui sa baguette. Je pense qu'il a assez prouvé de choses depuis qu'il est ici pour la récupérer. Et tout le temps.

- Voyons Harry, tu n'es pas raisonnable, intervint Ron en s'avançant vers lui.

- Stop Ron ! Ça fait plus d'un mois qu'il est ici, qu'il se plie à nous alors qu'il n'a rien demandé. Un mois qu'il nous supporte alors qu'il préférerait être avec ses parents. Un mois que j'apprends à le connaître. Et je jure sur Merlin qu'il ne fera rien contre nous. Je le sais, c'est tout. Et si vous ne voulez pas de lui, alors c'est que vous ne voulez pas de moi non plus. A partir de maintenant, c'est nous deux ou rien !

Ce soudain changement en étonna plus d'un, mais il avait raison. Rémus s'avança vers lui, baguettes en main et lui proposa de choisir entre celle de Pettigrow et celle de la mère de Draco. Harry prit cette dernière. Puis il se tourna vers Malfoy et lui rendit sa baguette.

- Au moindre faux pas je te déchiquette, menaça Rémus en montrant ses dents à Draco.

Ce dernier déglutit et hocha de la tête.

- Bien, reprenons, poursuivit Arthur, tentant de capter l'attention de tout le monde. Donc vous allez être en équipe de… trois. Hermione, Fred et Rémus. Ginny, Harry et Ron. Malfoy, Georges et moi-même.

- Pourquoi c'est moi qui suis avec toi ? geint Georges.

- Parce que. Donc votre objectif, c'est de faire en sorte que tous les membres de votre équipe soit encore debout et en possession de leur baguette à la fin du sablier. Tous les sorts sauf les impardonnables sont autorisés. Vous devez penser en équipe, ne l'oubliez pas. On commence par une session de dix minutes. Vous êtes prêt ?

Les trois groupes hochèrent de la tête, baguettes levées.

- C'est parti.

Immédiatement les sorts fusèrent dans tous les sens dans un fracas effrayant. Draco sentait sa magie vibrer de plaisir, joie de se retrouver, de s'exprimer librement. Avec une facilité étonnante, il esquivait les sorts adversaires et attaquait avec précision. Il était évident qu'il avait de l'expérience en la matière. Sauf que pour lui, il était loin d'être au meilleur de sa forme. Non seulement cela faisait très longtemps qu'il n'avait pas pratiqué de magie, mais en plus, son esprit ne s'occupait plus uniquement de lui. Car ses pensées se tournaient régulièrement vers un brun dans son dos. Il s'inquiétait, malgré lui. Il le voyait bien avoir du mal à utiliser la baguette de sa mère. Harry était en difficulté.

Harry roula sur le côté, évitant de justesse un sort de désarmement lancé par Hermione. Sa main droite ne cessait de trembler, à la fois de colère et de frustration. La baguette entre ses doigts était difficile à manier. Trop rigide, trop longue, elle ne lui convenait pas. Il sentait bien que ses sorts étaient moins puissants et ses défenses plus faibles. Dans ces conditions, il n'allait pas être d'une grande aide en cas de confrontation.

- Harry, concentre-toi, cria Monsieur Weasley.

Il grogna et secoua brièvement la tête. Il devait juste y aller avec moins d'instinct et plus de logique. Mais quand il reçut un Expelliarmus et que sa baguette vola en l'air, il se dit que ce n'était finalement pas une bonne solution. Il fallait qu'il se protège. Et vite ! Ginny et Ron ne pouvaient pas tout le temps le faire à sa place. Comme en cet instant. Comme en cet éclair orange que lui lançait Fred. Ou Georges. Il lui fallait se protéger. Maintenant !

il ferma les yeux, plus ou moins prêt à l'impact. Un bruit fracassant résonna autour de lui sans qu'il ne sente le moindre choc. Perplexe, il entrouvrit les yeux et se retrouva nez à nez avec une lumière bleutée et frémissante.

- Putain Potter ! hurla une voix familière dans sa tête.

- Ma… Malfoy ?;

- Qui tu veux que ce soit !?

- Que… qu'est-ce… tu as…

- J'ai rien fait ! C'est toi ! J'étais en train de lancer un Flipendo en direction de Lupin quand je me suis retrouvé comme ça.

Harry se releva et remarqua que tout le monde le fixait.

- Harry ! Ca va ? lui demanda Hermione.

- C'est le… bouclier ?

- Il est où Malfoy ?

- Il s'est probablement enfui.

Hermione assena Ron d'une tape sur la tête en le fusillant du regard.

- Réfléchis. Il n'aurait pas laissé sa baguette par terre et Harry serait en train d'hurler de douleur. C'est la barrière. Il est la barrière.

- Harry ? demanda confirmation Rémus.

- Oui, il est en train de m'engueuler dans ma tête. Oh, c'est bon Malfoy !

Arthur se rapprocha du halo et l'effleura. Harry grimaça.

- Monsieur Weasley, c'est assez désagréable. Malfoy me dit que c'est… un peu trop intime comme contact.

Aussitôt l'homme retira sa main, comme s'il venait de se brûler.

- Bon, Potter, j'aimerai bien retrouver mon corps, moi.

- Je sais pas comment on fait moi. Je sais même pas comment tu as fais…

- Mais j'ai rien fait je te dis. C'est toi qui m'a appelé.

- J'allais recevoir un sortilège et j'étais désarmé. Je voulais juste quelque chose pour me protéger.

- Ben voilà, tu m'as transformé en bouclier.

- Harry, tu es bien silencieux, dit Fred en le dévisageant à travers la lumière.

- Et tu fais de drôles de têtes, compléta son frère jumeau.

Harry fronça des sourcils. Il parlait pourtant.

- Je crois que tu peux me parler dans ta tête Potter.

- Tu crois ?

- Vu leurs têtes étranges, oui.

- Tu les vois ?

- Je vois et j'entends tout je te signale. Je suis toujours là, même si… j'ai pas de corps.

- Harry ? reprit Ginny.

- Ah, désolé. Je parlais avec Malfoy, dans ma tête.

- Et ? questionna la jeune rousse.

- Bah on comprend rien à la situation.

- Au moins tu sais que tu peux te protéger, à défaut d'attaquer, répliqua Fred.

- Ouais, ben c'est pas génial comme situation.

- Qu'est-ce que je devrai dire !

- Si seulement tu pouvais te transformer en quelque chose de plus utile, comme… une baguette ! Ouais une baguette qui me soit bien utile.

Soudain, un vent nouveau souffla dans la pièce sans en déterminer l'origine. Arthur attira Ginny et Hermione contre lui et les éloigna. Ron et ses frères jumeaux brandirent leurs baguettes, prêts à en découdre si besoin. Et Rémus resta stoïque, mais vigilant car son instinct de loup ne l'alertait pas, mais il fallait se préparer à tout en ces temps sombres.

Quant à Harry, il venait de fermer les yeux et inspirait l'air qui le caressait. C'était chaud, agréable et grisant. Tout son être frémissait à cette sensation étrange et déroutante. Dans sa tête, il n'entendait plus la voix du blond, mais la chanson. Intense, vibrante. Parfaite.

Ses paupières se soulevèrent doucement et il réalisa qu'un ballet bleuté s'offrait devant lui. Les volutes de magie dansaient autour de lui, s'enroulaient autour de ses jambes, de ses bras et finirent par se rassembler dans sa main droite. Il fixa cette dernière avec émerveillement.

Entre ses doigts, une baguette venait de se matérialiser. Elle était droite, légère, brillante. D'une couleur d'un gris aux reflet verts, il lui était impossible de deviner sa composition. Il n'avait jamais vu pareille magie à l'œuvre. De fins filaments de magie bleutée s'enroulaient autour, la liant à sa main, caressant cette dernière de son souffle. Et puis il y avait cette pierre à son extrémité la plus large, près de son poignet, près de son artère radiale. Une pierre de Mercure.

- Malfoy ?

- Potter, je… je me sens…

L'instant d'après, toute magie s'était dissipée et à la place Harry tenait entre ses bras le corps lourd de Draco qui avait une respiration erratique. Ils venaient de découvrir une autre facette de leur lien.

.

A suivre…

.


Ah je suis trop contente, depuis le temps que j'attends d'arriver à cette scène. J'ai cette image de baguette magique dans la tête depuis le début et ça y est, elle est enfin là.

Et vous avez vu, le chapitre est un peu plus long que d'ordinaire !

Vous en pensez quoi ? Vous vous y attendiez ou pas du tout ?

Prochain chapitre : Pré-au-lard