RAR Anonymes :
Lily : Merci pour ta review et heureuse que ce chapitre t'ai plut, y comprit la seconde partie.
Dragonichigo : C'est vrai que les passages entre eux sont très agréables à écrire et l'évolution de leur histoire me convient. Merci de me rassurer pour la seconde partie.
Allié ?
Il y eu beaucoup de bruit dans la Salle sur Demande en cette fin d'après-midi. Tous les élèves qui s'étaient rassemblés pour échapper aux professeurs surveillants monstrueux qui rodaient désormais dans les couloirs du château avaient laissé éclater leur joie et leur soulagement à la vue du Sauveur. Tout n'était pas perdu.
Seule la présence de Draco avait laissé perplexe de nombreux étudiants et il était resté en retrait, un peu dans l'ombre. Passé les effusions des retrouvailles, libéré des bras de ses fans, Harry se rapprocha de lui, un petit sac entre les mains.
Draco fronça les sourcils tout en l'interrogeant du regard.
- C'est le sac d'Hermione. Il est plus grand dedans. J'y ai mis la cape. Attends, expliqua-t-il tout en commençant à fouiller. Non ça c'est des livres. Encore des livres. Des potions. Une...une culotte je crois bien. Ah c'est bon je l'ai ! soupira-t-il, absolument pas tenté de retomber sur les sous-vêtements de son amie.
L'instant d'après il les recouvra tous les deux, disparaissant aux yeux de tous dans la plus totale des ignorance.
- Tu es sûr de toi ?
- Oui.
- Ça me plaît pas trop comme idée Malfoy.
Bien camouflés sous la cape d'invisibilité, ils profitèrent de l'excitation générale pour s'éclipser. Une fois dans le couloir, Harry attendit.
- Tu crois qu'il est où ?
- Je dirai, soit dans le bureau de Dumbledore, soit dans sa salle de cours. On… on descend.
- Ok.
Les deux jeunes hommes se mirent à arpenter les couloirs déserts et silencieux. Il y régnait un sentiment d'effroi palpable et angoissant. La chaleur et la vie de l'école n'étaient plus. Tout avait bien changé depuis l'année précédente. Alors qu'ils atteignaient le quatrième étage et longeaient la bibliothèque, les flammes des bougies se mirent à vaciller et un courant d'air glacial les figea sur place. Harry attrapa la main de Draco et la serra avec force. Au loin, une silhouette se dessinait. Draco reconnu rapidement le frère Carrow qu'il avait quelque fois croisé. Aussitôt, il plaqua Harry contre le mur, l'écrasant de tout son poids. Il posa un doigt sur ses lèvres et le fixa intensément . Il ne fallait pas se faire repérer. Les secondes passèrent au ralenti, instant de rupture dans le flot de la vie. Ils étaient si proches. Leurs souffles se heurtaient avec fracas, fouettant le visage de l'autre dans une souffrance muette. Mais le pire était que cela ne les gênait absolument pas.
Le surveillant tortionnaire passa à côté d'eux sans les repérer et continua sa ronde. Une fois sûr que le danger était passait, Draco relâcha sa prise sur Harry et ils soufflèrent légèrement. Puis ils continuèrent leur descente aux cachots, leurs doigts toujours entrelacés.
Arrivés à destination, Harry resserra sa prise sur la cape et sur Draco.
- Si je veux y aller, faut que tu me lâches Potter.
- Je ne lui fais pas confiance.
- Je sais qu'il n'est pas le meilleur sorcier qu'on puisse connaître, mais je lui fais confiance.
- Il a tué Dumbledore.
- Pour me protéger, pour que je n'ai pas son sang sur les mains. C'était la mission que m'avait confié le Seigneur des Ténèbres. Et j'ai échoué, finit le blond en baissant la tête.
- Non. Tu as fait le bon choix.
Draco secoua la tête, chassant ses idées noires. Ce n'était pas le moment de se laisser remporter par ses émotions.
- Aller Potter, j'y vais.
- Si tu as un soucis ?
Draco soupira, las de devoir encore défendre son parrain. Il plongea ses iris dans ceux du brun, voilés par la pénombre.
- Il ne me fera rien. Je ne le laisserai pas faire.
- Je ne lui fais pas confiance, répéta Harry.
- Je sais. Alors aie confiance en moi, Harry.
A l'entente de son prénom, Harry reste coi et Draco en profita pour sortir de sous la cape et pénétrer dans la salle de cours de potions.
Dans la pièce, tout était comme avant et un léger sourire éclaira son visage. Cela lui rappelait tellement de bons souvenirs. Mais le temps n'était pas aux rêveries. Il voulait parler avec son parrain. Il en avait besoin. C'était la seule personne connue et rassurante qu'il allait rencontrer depuis des semaines. Arrivé devant la porte du bureau du professeur de Potions, il prit une grande inspiration, puis la poussa.
- Je peux savoir ce qui vous… commença à gronder une voix familière qui se stoppa en découvrant le visage de l'intrus.
- Bonsoir Parrain, salua calmement Draco.
- Draco ?
Severus Snape scanna les environs, complètement surpris de la vision qui se dévoilait devant lui. En un mouvement fluide il referma la porte derrière lui et lança quelques sorts de silence et d'intimité.
- Quelle surprise de te voir ici.
- Je me doute bien.
- Assied-toi.
Draco s'exécuta.
- Tu as bonne mine.
C'était une affirmation.
- Merci. Je ne dirai pas la même chose de vous.
- Diriger une école de gamins incompétents n'est pas chose aisée.
- Je comprends.
Severus s'assit à son tour, ne sachant pas si ses jambes allaient encore pouvoir le porter longtemps.
- Que me vaut l'honneur de ta visite ? Cela fait longtemps que je n'ai pas eu de tes nouvelles. Depuis que tu as subitement disparu.
Draco fit craquer les os de sa nuque et commença son récit. Il lui raconta tout. De la capture de Potter et de ses amis. De leur altercation. De la brûlure. De la chanson. De l'appel. De la marque. Du lien. De sa magie. De ses peurs. De ses doutes. De ses désirs. De tout. Il se confia à lui comme jamais il ne l'avait fait. Et Severus écouta, laissant le flot de mots et d'émotions se déverser sur son bureau. Son filleul était en vie, c'était le plus important en cet instant.
- Eh bien. Montre moi cette marque.
- Je ne peux pas. S'il l'apprend je suis mort.
- Potter ? Je ne veux rien savoir de cet impotent. Montre-la moi.
- Désolé, mais c'est non. Je peux vous la dessiner, proposa Draco à la place, se saisissant déjà d'une plume et d'un parchemin.
Une minute plus tard, le nouveau directeur de Poudlard détaillait le dessin, le visage fermé. Il ne voulait pas le montrer, mais cette marque ne l'interpellait absolument pas. Oui, c'était le signe de mercure, mais sans plus.
- Pourquoi deux serpents ?
- On sait pas trop. L'autre jour Potter m'a sorti « pour deux Serpentards » .
- Comment ça ?
- Il m'a raconté que le Choixpeau avait voulu l'envoyer à Serpentard, mais que lui ne voulait pas. Il a donc atterri chez les Gryffondors.
- Eh bien je vais pouvoir remercier ce maudit Choixpeau pour m'avoir épargné des années de souffrance inutile.
Puis l'homme s'humecta les lèvres, signe d'une intense réflexion.
- Et donc… tu viens de me raconter tout ça pour…
- Je sais que votre allégeance ne va plus au Seigneur des Ténèbres. J'espérais… votre aide.
Severus Snape observa le jeune homme en face de lui, cherchant un quelconque piège. Comment pouvait-il affirmer une telle chose avec autant de calme ?
- Voyons Draco, ces dernières semaines avec l'Ordre du Phénix t'ont fait perdre la tête.
- Je l'ai su avant, poursuivit Draco, certain de ses dires.
- Et pourrais-je connaître les raisons qui te poussent à remettre mon allégeance à notre Maître en question.
- Quand vous avez tué Dumbledore, j'ai vraiment eu du mal à réaliser ce que vous veniez de faire. J'en ai fait des cauchemars pendant des nuits. Je n'arrêtais pas de revoir cette scène, Dumbledore qui n'a pas riposté alors qu'il était bien plus puissant que moi. Pourquoi ? Il savait tout et n'a rien fait.
Draco passa une main fébrile dans ses cheveux, les images venant une nouvelle fois le hanter.
- J'ai fini par utiliser une Pensine. Et quand j'y suis retourné il a alors été plus facile pour moi de distinguer les structures et les liens entre mes souvenirs. En effet, Dumbledore n'a jamais cherché à me contrer, limite s'il n'avait pas jeté sa propre baguette lui-même. Mais le plus intriguant a été quand j'ai remarqué ses lèvres bouger juste avant de recevoir le sortilège de mort. Vous savez ce qu'il a dit ? Ce qu'il vous a dit ? « Allez-y. » C'est là que j'ai compris. Il savait tout et il vous a laissé faire. Il vous a demandé de le faire.
- Draco, je pense que tu as rêvé. J'ai tué Dumbledore car c'était un ordre de notre Maître. C'était ta mission, mais tu n'as pas réussi à le faire.
- Désolé de ne pas être un parfait petit soldat qui agit sans réfléchir. Mais merci, avoua le blond dans un souffle.
- Draco tu as vraiment besoin de t'éloigner de Potter et des autres. Je vais avertir tes parents et le Maître que…
- Non ! Vous ne m'avez pas écouté !? Je suis lié à Potter. Si je m'éloigne de lui ça va être horrible. Peut-être même fatal. Et je sais tout. Vous n'avez plus besoin de vous cacher. Je ne vous en veux pas, même si j'ignore pourquoi vous avez changé de camp ! Allez-vous m'aider, oui ou non ?
Severus se leva et tourna le dos à Draco. Ce dernier avait bien grandi depuis des années. Il n'était plus le petit garçon arrogant qui se croyait supérieur à tout. C'était devenu un jeune homme capable de raisonner, de réfléchir et de remettre en questions des années d'éducation.
- Qui est venu avec vous ?
- La Belette, sa sœur son père et sa mère, Granger et Lupin.
- Potter ?
- Il est dans le couloir et m'attend.
- Fais le rentrer.
Draco se leva et lorsqu'il ouvrit la porte, il tomba nez à nez avec une tête brune flottante.
- Potter ! T'es malade.
- Tu as été long.
- Viens.
Il tira Harry dans la salle de classe, sans ménagement.
- Monsieur Potter.
- Professeur Snape.
- Monsieur Malfoy m'a expliqué votre situation quelque peu… déconcertante.
Harry resta silencieux, mal à l'aise.
- Il semblerait que la situation ait quelque peu changée et que les plans du Seigneur des Ténèbres soient légèrement compromis. Je vais réfléchir à la demande de Monsieur Malfoy. En attendant, retournez dans la Salle Sur Demande et que personne n'en sorte.
Draco hocha de la tête et saisit Harry par le bras. Mais alors qu'ils allaient sortir de la pièce, Severus reprit :
- Une dernière chose Potter. Avez-vous toujours des visions du Seigneur des Ténèbres ?
Harry fixa l'homme tout en fronçant des sourcils. Il chercha dans ses récents souvenirs et réalisa alors qu'il n'y en avait plus eu depuis des semaines.
- Non.
- Depuis quand ?
- Je sais pas trop. Depuis… je crois… que tout ce merdier m'est tombé dessus. Pourquoi cette question ?
- Pour savoir si je dois me préparer à le voir débarquer ici avec son armée sous peu. Mais il semblerait que nous ne craignions pas ceci, puique vous n'avez pas eu de vision de lui depuis quelques temps, depuis que Monsieur Malfoy s'est retrouvé coincé avec vous.
- Vous croyez que ce nouveau lien bloque les pensées de Vous-Savez-Qui ?
- Vu votre niveau en occlumencie ? C'est fort probable. Allez, déguerpissez d'ici !
La seconde suivante, Harry et Draco se retrouvaient dans le couloir. A nouveau sous la cape d'invisibilité, les deux jeunes hommes restèrent silencieux tout le temps du retour.
Quand ils arrivèrent dans la Salle Sur Demande, ils se retrouvèrent face à Rémus qui avait l'air sévère. Après un bon savon quant à leur comportement dangereux et irréfléchi, ce fut au tour de Draco d'expliquer ce qu'il s'était passé. Rémus resta dubitatif, attendant de réelles preuves concernant le choix du camp de Snape.
- Nous verrons demain comment virer ces Mangemort. En attendant, allez vous coucher avec les autres ! aboya-t-il. Vos lits sont là-bas.
Harry détailla l'endroit indiqué en découvrant plusieurs lits à baldaquins, regroupés dans un coin de la pièce. Tout en s'avançant vers eux, il comprit qu'il n'y avait pas de lit double et qu'il allait devoir dormir seul cette nuit. La première fois depuis des semaines. A cette idée, un haut-le-cœur le secoua.
- Harry, l'appela Ron. Je t'ai gardé un lit à côté du mien.
Tout en jetant un rapide coup d'œil à Draco qui l'ignorait, il se dirigea vers son ami.
- Comme avant. Ça fait du bien de se retrouver, non ?
- Ouais, marmonna-t-il.
De son côté, Draco avisa face au dernier lit de libre et s'assit dessus. Il retira ses chaussures et tira les rideaux, coupant net tout échange possible. Ce geste blessa bien plus Harry qui ne l'aurait cru.
Draco n'était plus à côté de lui.
.
A suivre…
.
Ma première impression, en me relisant, fut que ce chapitre était bâclé. Et puis finalement, je le trouve moins brouillon que ce que je ne pensais, surtout après avoir rajouté la scène sur les visions de Voldemort.
Alors un Severus en possible allié, ça vous tente ?
Prochain chapitre : Nouveaux liens
