RAR Anonyme :

Dragonichigo : Merci d'être là à chaque chapitre (ici ou sur l'autre fic) et de laisser une review. Vraiment ça me fait plaisir de voir que tu prends ce temps pour moi.

Sinon, oui j'ai envie que Severus reste fidèle à lui-même. J'aime beaucoup tout ce qui se cache derrière ce caractère. Du coup j'essaie de faire avec mes souvenirs, mais il semble que je m'en sorte pas trop mal. Et si tu aimes bien ce personnages, ce chapitre parle beaucoup de lui.


Ciguë et Abrine

Le week-end était passé à une allure folle, laissant peu de répit aux nouveaux habitants de la Salle sur Demande. Harry et Draco s'étaient entraînés à matérialiser le bouclier et la baguette, que ce soit à l'initiative de l'un ou de l'autre. Mais tous ces efforts avaient valu un épuisement physique de la part de Draco qui du coup passait beaucoup de temps à dormir. De fait, Harry se trouvait lui aussi bien souvent dans leur lit.

En effet, après deux nuits horribles où le manque de l'autre avait été trop douloureux, emmenant immanquablement à ce que l'un des deux finisse sa nuit dans le lit de l'autre, Molly avait décidé qu'un plus grand couchage serait mieux pour eux. C'est ainsi qu'ils avaient retrouvé leur proximité nocturne habituelle, dans un lit commun.

Cela avait quelque peu gêné les autres garçons qui n'avaient pas l'habitude de les voir dormir ensemble, même pour Ron, mais les regards noirs des filles et leur remontrances avaient calmé le sujet.

Quant à Hermione, elle avait passé le plus clair de son temps dans la bibliothèque à faire des recherches sur la magie qui liait Harry et Draco. Pour l'instant elle n'avait rien trouvé, mais juste avant de quitter la réserve sous les regards méfiants de Madame Pince, elle avait remarqué un très vieil ouvrage qui semblait écrit dans une langue qu'elle n'avait pas reconnu. Peut-être allait-elle trouver des réponses dans ce document. Mais pour cela, elle allait devoir attendre que Dean, Seamus ou Neville lui cède leur place.

En attendant, elle dégustait l'énorme petit-déjeuner que Kreattur venait de ramener des cuisines.

Une nouvelle semaine débutait avec son lot de cours, de brouhahas, de contrôles, de devoirs et de craintes. Severus surveillait les élèves qui marchaient au pas, la tête basse, suivant les nouvelles règles avec effroi. Il attendait que les premiers cours débutent pour ensuite transplaner au Manoir Malfoy. Son Maître avait manifesté son désir de le voir, sans que cela ne soit pressant. Cela devait faire deux semaines qu'il ne l'avait pas vu en personne et espérait que les nouvelles ne seraient pas désastreuses.

Il croisa le regard d'un des Mangemorts qui emmenait un groupe de troisième année à l'extérieur et lui fit un très bref signe de tête. L'homme à l'air affreux l'ignora et poussa une jeune fille qui avançait un petit peu moins vite que les autres.

Doucement, le flot de jeunes gens disparu et un calme presque effrayant résonna contre les murs glacés du château. Sans plus attendre, il se rendit dans son bureau et transplana dans les jardins du Manoir. Ceux-ci autrefois splendides, parfaitement entretenus n'étaient plus. La haie d'ifs étaient parsemées de ronces et avait perdu de sa superbe. Les paons blancs avaient déserté les lieux, probablement tués par certains Mangemorts qui appréciaient de voir la souffrance et des corps morcelés. Quant à la fontaine, son eau autrefois cristalline croupissait désormais et sentait la décomposition.

Ne prêtant pas attention au reste du domaine qui était dans un état tout aussi désastreux, Severus avança jusqu'à l'entrée et passa la lourde porte. L'intérieur de la bâtisse était tout aussi horrible à voir. Les tableaux avaient désertés, laissant des peintures ternes et sans vie, le mobilier autrefois finement décoré et sans un grain de poussière ressemblait plus à une décharge, le grand tapis était maculée de taches douteuses et la lumière qui inondait l'entrée n'avait plus sa place.

Severus passa la porte menant au salon et se retrouva face à quelques Mangemorts qu'il connaissait bien et le Seigneur des Ténèbres qui était en train de martyriser un sorcier. Ce dernier hurlait de douleur, suppliant qu'on le tue. Quelques minutes plus tard, son souhait fut exaucé.

- Severus, je m'impatientais, lança Voldemort tout en se levant et en tendant les bras vers lui.

Le Seigneur des Ténèbres enjamba le corps ensanglanté et méconnaissable du mort, sans un regard, puis se posta devant Severus qui aussitôt baissa la tête en signe de soumission.

- Je devais m'assurer que vos directives soient bien effectuées au sein de Poudlard, Maître.

- Oui. Viens, je voulais m'entretenir en privé avec toi.

L'homme qui n'en était plus vraiment un mit une main dans le dos de son fidèle, lui intimant de le suivre en direction d'une autre pièce.

- Je me demandais Severus, ne trouves-tu pas étrange la disparition du jeune Malfoy ?

Le Mangemort retint sa respiration une demi-seconde, puis fit comme s'il n'avait pas été touché par la question que venait de poser son Maître.

- Je sais que les Malfoy vous ont déçu en laissant échapper Harry Potter et je comprends votre colère. Cependant, Draco doit être en train de chercher un moyen de vous faire honneur.

- Si seulement tu avais raison, poursuivit Voldemort en traînant sa voix. Le soucis étant que j'ai beau l'appeler à travers la Marque, je n'ai aucune réponse de sa part.

- J'ignore ce qu'il en est.

- Je me demande même s'il est encore en vie.

Un silence songeur frôla Severus qui usait de toutes ses forces pour lutter contre les intrusions de son Maître.

- J'en suis venu à comprendre que certains ici ne sont pas totalement dévoués à ma cause et me mentent.

- En quoi ma présence vous est-elle utile ?

- J'ai cru comprendre que le Magenmagot avait demandé la création d'un véritaserum encore plus puissant lors de ma disparition il y a quinze ans, afin de découvrir l'identité de mes partisans. Mais comme tu étais soupçonné, cette requête n'a jamais abouti et est tombée dans l'oubli. Cependant, je suis persuadé que tu as réussi cette potion.

- C'est exact.

- J'en ai besoin.

- Le véritaserum prend un mois pour être fait, je vous rappelle.

- Voyons Severus, essayes-tu de protéger quelqu'un ?

- Non Maître.

- Je sais très bien que tu as toujours un chaudron de cette potion sur le feu. Ramène-moi en plusieurs fioles.

- Bien Maître.

Comprenant que son entrevue avec Le Seigneur des Ténèbres touchait à sa fin, Severus pencha la tête et se recula. Tout en s'éloignant, il remarqua un regard gris et une chevelure blonde, mais terne, qui le fixait. Narcissa Malfoy n'était plus que l'ombre d'elle-même. Il avait envie de la rassurer, de lui dire que son fils était en vie, mais il ne le put. De toute façon, il allait devoir concocter cette potion au plus vite, sinon son Maître serait furieux et il en subirait les conséquences.

oOo

Severus pinça ses lèvres, fatigué des élèves de sixième année qui ne faisaient toujours pas la différence entre l'œil de triton et l'œil d'anguille. Pourtant c'était simple.

Le cours se termina par un chaudron qui dégageait une fumée écœurante qui donna envie de vomir à l'ensemble de la classe. Une fois la catastrophe effacée, il ferma la porte de sa salle de potions et commença à monter les escaliers, direction le septième étage. Une fois devant la tapisserie de Barnabas le Follet tentant d'apprendre la danse classique à des trolls, il fit trois passages en pensant à Draco et aux autres occupants et poussa une grande porte pour se retrouver dans la salle de vie désormais QG d'une partie de l'Ordre du Phénix.

- Draco, Potter, lança-t-il sans un regard pour qui que ce soit, se dirigeant immédiatement vers la salle d'entraînement.

En un bond, les deux jeunes hommes firent debout, presque au garde-à-vous. Après un échange de regard perplexe ils suivirent leur ancien professeur de potions.

- Potter, baguette, ordonna-t-il.

- Euh… laquelle Monsieur ?

- Draco.

Harry se pencha sur le coté et chuchota :

- Je dois faire quoi à ton avis ? Il est pire que lors de ses cours.

- Potter ! Ça vient ? Draco, tu attends quoi ? Baguette.

L'énervement de Severus fouetta l'air et les gifla avec violence. La seconde d'après Draco avait disparu et Harry se retrouvait avec une nouvelle baguette en main. Comme à chaque fois, il la détailla avec fascination. Jamais il n'aurait pu penser se retrouver en possession d'une telle magie. Son poids était toujours parfait, comme sa taille. Presque comme un prolongement naturel de sa main. Quant aux filaments de magie qui le traversaient ils ne l'inquiétaient plus. Mais le plus incroyable restait cette pierre de mercure près de son poignet. Son éclat métallisé et argenté l'hypnotisait totalement. Il avait l'impression que le métal dansait devant lui, frémissant à son contact. Après tout, vu tout ce qui lui arrivait, pourquoi pas.

- Snape est en train de perdre patience.

- Hum ? Quoi ?

- Potter, vous m'écoutez ? aboya Severus à la limite de commettre un crime.

- Il vient de te demander de te mettre en posture d'attaque.

- Hein ? Pourquoi ?

- Pour compter les hippogriffes Monsieur Potter.

Harry râla et s'exécuta. C'était la première fois qu'il allait utiliser sa nouvelle baguette, mais aussi la première fois qu'il se retrouvait à faire un duel contre Severus.

- Bien, maintenant que j'ai toute votre attention, nous allons faire un duel. Tout est autorisé sauf les impardonnables. Utilisez cette baguette comme à l'accoutumée. Nous allons déjà voir comment vous vous en sortez.

Harry hocha de la tête et sentit un souffle dans sa nuque. Pourtant il n'y avait personne à côté de lui. Sauf… Draco. Aussitôt sa main se chargea d'une chaleur réconfortante et l'habituelle chanson se répandit dans ses tympans. Il n'était pas seul. Il pouvait sentir sa présence, son torse collé dans son dos, ses bras autour de sa taille, ses mains sur son ventre et sa respiration contre sa nuque.

- On y va ? demanda Draco doucement.

- Ok. Expelliarmus !

Severus se décala légèrement, évitant le rayon rouge sans aucune difficulté.

- Potter, arrêtez avec ce sortilège, ça devient risible.

- Il a raison, compléta Draco. Tu pourrais lancer des sorts plus complexes.

- Oh, c'est bon, marmonna le brun, vexé.

- Confringo.

Harry roula sur la droite, esquivant parfaitement l'attaque de Severus. Plusieurs sorts furent lancés des deux côtés sans qu'ils n'atteignent leur adversaire.

- Potter, soyez sérieux. J'ai l'impression de combattre un deuxième année. Soyez plus réactif et plus inventif.

- Tu n'es pas concentré, répliqua Draco.

- Oh c'est bon, tu ne vas pas t'y mettre toi aussi.

- Tu ne peux t'en prendre qu'à toi même. Tu connais d'autres sorts que je sache. Utilise-les !

- C'est moi qui suis en combat, pas toi que je sache !

- Pardon ?

- Si je reçois un sortilège, c'est pour ma pomme. Toi t'es bien planqué je ne sais où.

- Non mais ! Tu te prends pour qui Potter !? Tu oublies que tu as une baguette grâce à moi, c'est moi ! Si t'es pas content, ne l'utilise pas et vas crever sur un champ de bataille tout seul.

- Pour te faire plaisir ? Certainement pas !

- Lâche-moi, demande-moi de réapparaître et on arrête là !

- Pas de bol, t'es bloqué avec moi tant que je ne te l'ordonne pas, ricana Harry.

- Et toi avec moi.

De son côté Severus assistait à une scène étrange. Harry était silencieux, mais semblait perdu dans ses pensées. Seul son visage exprimait différentes émotions. Ses sourcils se fronçaient, son nez se retroussait, ses lèvres se tordaient, ses yeux se révulsaient. Après quelques secondes d'incompréhension, l'homme avait fini par deviner que le brun était en train de parler avec Draco. Et il ne semblait pas satisfait de cet échange.

Sauf que Severus avait d'autres projets, notamment un chaudron plein de véritaseum qui attendait la touche finale, comme l'avait exigé le Seigneur des Ténèbres. L'essence de ciguë n'allait pas se mélanger toute seule. Bien décidé à en finir avec ce duel, il fit craquer son poignet et pointa sa baguette sur la plume reposant à côté d'un parchemin où se trouvaient ses notes.

- Waddiwasi !

- Harry, baisse-toi ! cria Draco en voyant l'objet arriver à une vitesse effrayante.

Le brun eut tout juste le temps de se jeter par terre que la plume frôla le dessus de sa tête, l'éraflant. Stupéfait par l'attaque et la vive douleur qui se répandit sur le dessus de con crâne, il posa sa main gauche dans ses cheveux et fut horrifié en constatant qu'un liquide épais se répandait sur ses doigts. Il saignait.

- Fulguro !

Un puissant jet semblable à de la foudre s'écrasant aux pieds de Severus qui avait fait un bond en arrière. Ce dernier fixait Harry avec interrogation. Comment cet incompétent avait-il pu lancer un tel sortilège et sans le formuler qui plus est ?

- On arrête là pour aujourd'hui. Faites revenir Draco.

Sous le choc, ne comprenant plus rien à la situation, Harry mit quelques secondes avant d'assimiler les dires de son adversaire.

- On a fini Draco, tu peux revenir.

Immédiatement Draco réapparu. Sa respiration était chaotique et une douleur vive se répandait le long de ses tempes. Il était en colère. Contre Harry et contre Severus. Les bras croisés sur la poitrine, il tournait le dos aux deux hommes, ne préférant pas envenimer la situation déjà plus que tendue.

De son côté, Severus avait posé sa baguette et se dirigeait vers Harry qui grimaçait de douleur.

- Debout Potter ! Montrez-moi votre tête.

Peu enclin, mais ne voulant pas subir d'avantage les foudres de l'autre, il obéit. Après une brève inspection, Severus dit :

- Bon,c'est léger. Quelques cataplasmes et demain ce sera guéri.

Puis il se tourna vers son filleul.

- Tu te sens comment Draco ?

Mais le blond resta silencieux.

- Draco ! répéta Severus en posant une main sur son bras pour le faire pivoter.

- Vous voulez nous tuer !? hurla d'un seul coup Draco, faisant sursauter Harry. Si je n'avais pas vu votre sortilège Harry l'aurait reçu en plein dans le bras ! Vous voulez l'entraîner ou le tuer !?

- Tu te rends compte que lors d'un vrai combat vous n'aurez pas le temps de papoter tous les deux ?

- Il n'est pas habitué ! poursuivit Draco.

- Il le faut. Le Seigneur des Ténèbres peut attaquer à tout moment. Il n'est pas prêt, toi non plus, personne ne l'est !

Le ton entre le parrain et son filleul montait, chose nouvelle pour Harry qui n'appréciait pas la tournure des événements. Après tout, il allait bien, c'était le plus important. Son regard passait de l'un à l'autre, suivant la joute verbale, inquiet qu'ils en viennent aux mains ou aux baguettes. Il voulait juste que leur altercation s'arrête, qu'il aille voir Molly pour être soigné et retrouver son lit pour se reposer en compagnie du blond.

Retrouvant un peu de vigueur, il s'interposa.

- Draco, c'est bon.

- Non c'est pas bon ! Il a failli te planter une plume dans le bras !

- Je vais bien, c'est le plus important, continua-t-il.

- Et en plus il t'a pris en traître, il savait très bien que tu n'étais pas concentré !

- C'est ma faute, je n'avais pas à être distrait. Si j'avais été plus sérieux, si j'avais lancé des sorts plus puissants et avec plus de précision ça ne serait pas arrivé, continua le brun en plantant son regard dans celui du blond.

Ses mains se posèrent sur ses bras et glissèrent doucement pour venir enserrer les doigts tremblants de colère. Mais cette dernière restait toujours présente, sifflant dans les oreilles de Draco.

Draco grimaça, incapable de raisonner et d'apaiser la tempête qui tourbillonnait en lui.

- Vous croyez que c'est en lui lançant des sorts informulés qu'il va progresser ?

Severus soupira d'exaspération.

- Draco, je pense que tu devrais écouter le bon sens de Potter. Pour une fois.

- Vous ne comprenez rien ! hurla une nouvelle fois Draco qui fut bloqué par le corps d'Harry. Si jamais… si jamais…

- Draco si tu ne te calme pas de suite je vais être obligé de te le demander. Et ni toi, ni moi ne voulons cela. Alors, s'il te plaît, j'aimerai bien que…

- Ok, c'est bon, lâche-moi, cracha-t-il tout en lui tournant le dos.

Ce geste qu'Harry avait vu des centaines de fois durant sa scolarité et qu'il avait ignoré à chaque fois, le blessa subitement. Voir Draco se détourner de lui, refuser son aide lui enserra la poitrine. Il avait envie de le prendre dans ses bras, de le serrer fort et d'enfouir son visage dans son cou pour respirer son odeur. Il voulait un énième contact, encore et encore. Mais la voix de Severus qui s'adressait à lui le sortit de ses pensées.

- Pardon ? demanda-t-il.

- Je vous demandais où vous aviez appris le sortilège de foudre et surtout en informulé, répéta Severus qui n'en pouvait plus du comportement des deux plus jeunes.

- Oh euh… ben en fait… c'est pas moi.

- Non, c'est moi Severus, compléta Draco qui lui faisait face. C'est moi qui ait lancé Fulguro. Et ce n'était pas un informulé, j'en suis incapable. C'est juste que seul Harry pouvait m'entendre à ce moment là.

Le brun leva les yeux au ciel, fouillant dans ses souvenirs des dernières minutes. Tout était allé si vite. Il y avait bien eu un cri de la part de Draco ou c'était la chanson qui s'était mise à déverser son flot… c'était difficile de savoir.

- Je crois bien que oui, finit-il par dire tout en regardant Draco qui était impassible.

- Donc Draco a lancé lui-même un sortilège à travers vous. Une fois de plus, vous ne faites rien comme les autres Monsieur Potter.

- Eh mais, c'est pas ma…

Sauf qu'il n'eut pas le temps de finir sa phrase que l'homme quittait la pièce, le laissant avec ses incompréhensions et un blond furieux.

oOo

Severus regarda les quatre fioles alignées et le liquide légèrement opaque qui reposait à l'intérieur. L'ajout de l'essence de ciguë se faisait à la fin, après la maturation de la potion initiale. Ainsi ses effets ne se retrouvaient pas amoindris. Avec ce nouvel ingrédient qui allait provoquer une légère paralysie des muscles et donc un faible ralentissement cardiaque, le buveur allait être encore plus enclin à parler, son système nerveux étant moins contrôlable et ses sens perturbés.

Tout en grimaçant, il fourra les fioles dans une bourse puis transplana aussitôt au Manoir Malfoy. Sur place, il retrouva Voldemort qui était satisfait de le voir.

- Severus, j'espère que tu n'arrives pas les mains vides, lui lança le Mage Noir avec un rictus qui pouvait ressembler à un sourire.

Le Mangemort baissa la tête et dit :

- Bien sur que non Maître. Je vous en ai ramené quatre fioles. Deux gouttes suffisent. Trois maximum. Au-delà les risques de mort à cause de l'essence de ciguë sont très élevés.

Il tendit la potion, espérant être vite congédier. Mais alors qu'il pensait pouvoir partir de suite, Voldemort se saisit des fioles et se dirigea vers une table où reposait différents flacons. Il le vit prendre une bouteille ambrée, verser un peu de liquide dans un verre et ajouter quelques gouttes de véritaserum. Puis il se tourna vers lui et lui tendit le verre.

- Tu ne refuseras pas de boire un peu de whisky pur feu ?

Severus esquissa un faible sourire, se doutant bien que son Maître n'allait pas l'épargner.

- Je vous remercie, dit-il tout en avalant le poison et l'alcool d'une traite.

Les minutes qui s'ensuivirent furent atroces pour lui. Voldemort était direct, ne s'encombrant pas de futilités. Les questions fusaient à une vitesse folle, lui laissant peu de repos entre chaque. Il sentait la potion aller chercher la moindre parcelle de vérité, irradiant chacune de ses cellules de son poison mortel. Il avoua certains secrets qu'il n'avait jamais dit tout comme il dévoila son amour pour une sorcière qui était née moldue. Il lui parla d'elle avec passion, avec désir, ne pouvant contrôler ses mots.

- Son nom Severus.

- Lucy. Lucy Jones. Elle avait deux ans de moins que moi. Une Serdaigle. Elle… elle est morte lors de votre première ascension.

Il reprit sa respiration avec grande difficulté. Son corps était parsemé de tremblements incontrôlables et sa peau était recouverte de sueur.

- Je remercie ta franchise Severus. Je n'ai plus besoin de toi.

- Très bien Maître, marmonna l'homme qui était soulagé.

Quelques secondes plus tard, il atterrissait dans son bureau de Directeur, s'écrasant contre un guéridon. D'une main fébrile, il fouilla dans son bureau, ouvrant tous les tiroirs à la recherche d'un objet en particulier. Lorsque ses doigts rencontrèrent une toute petit pierre difforme et une fiole au liquide vert il soupira. Sans plus attendre, il versa dix gouttes de la potion sur la pierre qui n'était autre qu'un bézoard. Sur le flacon était inscrit « Antidote des poisons rares ». Puis il avala le tout et laissa son corps tomber dans le grand fauteuil. Lentement, les effets de l'abrine qu'il avait ingérée juste avant de rendre visite à Voldemort se dissipèrent.

Il savait que son Maître allait lui faire prendre du véritaserum, même s'il était celui dont il se méfiait le moins. Alors pour ne pas tout dévoiler, pour ne pas trahir toutes ces années, pour rester fidèle à Lily Evans, il avait avalé de l'abrine, un puissant poison qui avaient permis de contrer ceux de la ciguë. Une seule goutte avait suffit à lui permettre de mentir. Ou plutôt d'omettre la vérité. Car Lucy Jones avait bel et bien existé, sorcière née-moldue de la maison de Serdaigle, de deux ans sa cadette. Elle était belle et gentille. Intelligente aussi. C'était souvent sa partenaire en cours de potions. Il avait échangé un baiser avec elle en sixième année. Et s'il n'y avait pas eu Lily, il aurait pu tomber amoureux d'elle. Mais ce n'était pas le cas.

.

A suivre…

.


On est moins centré sur Harry et Draco, mais je vous rassure, ils reviennent très très vite. Je voulais rappeler le contexte extérieur et qu'il y a quand même cette guerre qui plane toujours au-dessus de la tête de chacun.

Autre point, pour vous situer sur la longueur de cette histoire qui est toujours en cours d'écriture, j'en suis actuellement à 29 chapitres. Je ne sais pas combien de chapitres je vais encore écrire, mais il reste encore des choses à dévoiler et la bataille contre Voldemort.

Par contre, la suite n'arrivera que dans une semaine, je serai trop occupée dans les prochains jours pour poster.

Prochain chapitre : Complicité