RAR Anonymes :

Dragonichigo : Ravie que ce chapitre t'ai plut. C'est vrai que le combat avec Ron est un peu comique. C'est impossible pour lui de gagner. Concernant Harry, je pense que tu vas aimer ce qu'il se passe dans ce chapitre. Bonne lecture.

Lily : C'est un peu tout le monde qui a déserté FF pendant les vacances. Mais je suis ravie de savoir que cette histoire te plaît toujours. L'animation des vacances de Noël débute dès ce chapitre. J'espère que ça te plaira.


Tour d'astronomie

Après avoir passé plus d'une heure à jouer à la bataille explosive, Harry avait fini par se lasser et avait entraîné Draco dans leur lit. Les rideaux fermés, il se mit à fouiller sous le matelas, comme à la recherche de quelque chose.

- Tu fais quoi Harry ?

- Chut. Attends.

La seconde suivante il sortit une étoffe brillante que Draco reconnut aussitôt. Ses yeux s'agrandirent et il regarda dans son dos afin de vérifier que personne ne les observait. Mais il semblait que non. Il monta sur le lit et se pencha vers Harry.

- Tu l'as prise quand ? chuchota-t-il.

- Ce matin, quand Rémus était en train de s'énerver contre Madame Weasley car elle le couve trop. On sort ? proposa-t-il.

Draco le dévisagea, ne sachant pas s'il devait le prendre au sérieux. Mais le regard emplit de conviction qui se trouvait en face de lui et le besoin pressant de changer d'environnement eurent raison de lui.

- On va où ?

- Je pensais à la tour d'astronomie. On sera tranquille.

- Il faut prendre des vêtements chauds.

- C'est là où j'ai besoin de ton aide. Si je fais diversion, tu pourras prendre les capes dans la malle de Madame Weasley.

- Je vais devoir rentrer dans le dortoir des filles, grimaça Draco à cette idée.

- Tu as peur des petites culottes ? ricana Harry.

- Plutôt des gaines de la mère Weasley.

- Alors partant ?

Draco soupira puis esquissa un grand sourire. Bien sur.

Alors que Harry se dirigeait vers le groupe surpris de le voir revenir vers eux alors qu'il semblait fatigué, Draco en profita pour s'infiltrer dans le dortoir des filles. Rapidement, il trouva une grande malle, tellement immense qu'elle était presque aussi grande que le lit sous lequel elle se trouvait. Tout en grimaçant, il commença à fouiller dedans. Tout d'abord il trouva plusieurs pulls au goût plus que douteux avec chacun une initiale dessus. Il se souvint avoir vu Harry et les enfants Weasley en porter à Noël. Etait-ce une fois de plus leur cadeau ? Il les repoussa, puis continua sa fouille. Quelques secondes après il tomba enfin sur plusieurs capes bien chaudes. Il en attrapa deux et se dirigea vers la porte de sortie. Doucement, il passa la tête et se rendit compte que le jeu de cartes avait cessé et qu'une discussion un peu animée entre Harry, Ron et Seamus était en train de résonner non loin du feu. Ne voulant pas se faire repérer, il passa rapidement dans la pièce et retourna dans son lit pour attendre Harry.

Quand ce dernier le rejoignit quelques minutes plus tard, de la colère sur son visage, il l'interrogea en silence.

- Ron a vu que j'étais seul et a commencé à se moquer de toi. De nous. Et Seamus s'en est mêlé aussi. En gros ils me reprochent de passer trop de temps avec toi et pas assez avec eux.

- Si tu préfères…

- Non, le coupa Harry. Ce qu'ils ne comprennent pas, c'est que c'est avec toi que je veux être, pas avec eux, finit Harry en enfilant une cape autour de ses épaules.

Puis il prit la cape d'invisibilité et se força à sourire. Il avait encore plus besoin de s'aérer.

- On y va ?

Draco acquiesça et se glissa sous la cape avec lui. Aussitôt ses doigts enserrent les siens et il sentit le battements de son cœur s'apaiser. Il comprit qu'Harry allait mieux à son contact, comme à chaque fois.

En silence, ils passèrent la porte de la Salle sur Demande et commencèrent à se diriger vers la tour d'astronomie. Autour d'eux, les tableaux dormaient et l'air froid vint entourer leurs chevilles. Sans un mot ils avancèrent jusqu'à leur destination, ne croisant personne par chance.

Une fois arrivés, Harry souleva la cape et s'assit dans un coin, sous le ciel étoilé. Draco fit de même tout en resserrant son manteau sur lui.

- Tu es calme, dit-il dans un souffle.

Harry tourna son visage en sa direction, la lune et les étoiles pour seules lumières, ne sachant pas si c'était une question. Sauf que le blond regardait un point inconnu au loin.

- Je sais quand tu es calme ou en colère. Quand tu vas bien ou non, commença-t-il à expliquer. Je ne ressens pas tes émotions, mais plutôt tes battements de cœur. Quand ça va, comme là, mon cœur bat lentement. Mais quand tu ressens des émotions très fortes, comme la colère de tout à l'heure, il se met à accélérer tout seul, même si je ne fais rien. Au début je ne comprenais pas, mais maintenant j'en suis sûr.

Harry baissa la tête et détailla la pierre entre eux.

- Hermione m'a déjà dit que les quelques fois où elle nous avait vu dormir en même temps, nos respirations étaient identiques, à la seconde près. Un peu comme s'il n'y avait qu'une seule personne.

- Encore un truc étrange à propos de ce lien.

- Ouais.

- Franchement, t'en as pas marre de ne rien contrôler de tout ça ?

Cette fois, le regard gris s'était tourné vers Harry qui avait aussitôt levé la tête pour s'y ancrer.

- Je veux dire, on est obligé de rester proche, de dormir ensemble, tu passes ton temps à poser ta main sur la marque sans t'en rendre compte, je ressens tes émotions fortes, si tu me donnes un ordre, j'obéis, j'ai ce besoin presque viscéral de te protéger et tu…

- Eh ! Je peux me défendre tout seul encore. Enfin avec notre magie.

- Je ne parle pas de ça, poursuivit Draco. Tu n'as pas remarqué ?

- De quoi ?

- Tu te souviens quand au square Grimmaurd la fille Weasley…

- Ginny.

- Oui. Quand elle t'a tiré du canapé où on était assis, peu de temps après que tout ce truc se déclare.

- Oui ?

- Si je me suis interposé entre elle et toi, c'était parce que non seulement c'était douloureux, comme tu le sais, mais aussi… c'était une agression car tu ne voulais pas et moi… j'ai senti que je devais me mettre entre vous. J'aurai pu choisir de te retenir pour qu'on est pas mal, mais ça été comme une pulsion. A ce moment, je ne savais pas. Et puis il y a eu la fois où tu as failli te battre avec Ron, où vous vous êtes engueulés à cause de ce merdier et qu'il a commencé à te pousser.

- Tu t'es aussi interposé et tu as reçu un coup de poing de sa part.

- Mais tu vois, je m'en moquais de son coup de poing. Du moment que tu n'avais rien, avoua Draco en fixant une nouvelle fois l'horizon. Tout comme lorsque les jumeaux Weasley ont voulu te faire manger des bonbons et que je te les ai volés.

- Je m'en souviens, tu as été malade et tu as eu… Attends ! Tu savais que c'était une de leurs expériences ? Et si je comprends bien, tu les as mangé pour que…

Ses mots moururent dans sa gorge en se rendant compte où voulait en venir Draco. Il n'avait même pas remarqué tous ces moments où le blond s'était interposé entre un danger potentiel et lui. Comme cette main sur son bras pour le retenir dans l'escalier, ces doigts entre les siens qui le tiraient vers lui pour laisser passer Madame Weasley qui courrait dans le couloir, comme ce regard noir lancé à Rémus quand il l'avait sermonné pour son escapade dans les cachots lors de leur arrivée à Poudlard.

Harry humidifia ses lèvres et les mordit, réalisant alors à quel point Draco faisait désormais parti de sa vie et que c'était réciproque.

- Donc… tu veux me protéger.

- Non, je dois. C'est là toute la nuance Harry. Dès que je sens qu'il y a un danger, tout mon corps a envie de s'interposer. Je ne pense plus qu'à ça, te protéger. Je dois te protéger.

- Et si tu ne veux pas ?

- Ça n'est jamais arrivé. Je pense que cette magie est là pour ça en réalité. Pour que je te protège.

- Contre n'importe qui ?

- Je pense, oui.

Harry réfléchit quelques secondes, puis reprit :

- Même contre tes parents ?

A ces mots, Draco baissa la tête. Il y avait pensé, il y avait réfléchi à de nombreuses reprises. Et si jamais Harry se retrouvait face à ses parents, que ces derniers l'attaquaient, comment allait-il réagir ? Se transformerait-il en bouclier ? Ou en baguette ? Laisserait-il Harry jeter des sortilèges à leur encontre ?

- Oui, murmura-t-il tout en serrant les dents.

Parce qu'il ne voulait pas affronter ses parents, il ne voulait pas leur faire face. Mais il sentait au fond de lui que perdre Harry serait encore plus douloureux que leur perte.

A ses côtés, Harry saisit sa main entre la sienne et la serra. D'un mouvement rapide et agile, il se retrouva face à lui, le chevauchant. Assis sur ses cuisses, le brun lui sourit puis posa son front contre le sien. Draco ne chercha pas à le repousser car tout son être vibrait de bien-être face à cette soudaine proximité. Ses inquiétudes commencèrent à s'envoler et ses peurs à se terrer.

- Alors on fera tout pour ne pas les croiser, si on doit se battre.

Le blond hocha doucement de la tête et soupira. Il espérait tellement qu'Harry ait raison. Il avait déjà hésité il y a deux mois lorsqu'il s'était retrouvé face à lui, le reconnaissant mais n'arrivant pas à la dénoncer. Alors aujourd'hui, après tout ce temps passé à ses côtés, après ce lien, cette magie et leur quotidien, après ce besoin vital de sa présence qu'il avait, être un Mangemort devenait encore plus difficile. Voire impossible. Après tout, Harry avait toujours été particulier pour lui, il avait toujours cette place unique d'ennemi. Et même si aujourd'hui tout avait basculé, le brun restait une personne unique dans sa vie, une personne dont il avait besoin pour avancer.

En face de lui, Harry posa ses mains sur ses épaules et les serra doucement. Ses yeux se fermèrent et son souffle devint légèrement plus vif. Il en ignorait la raison, mais sa respiration suivit machinalement le même rythme. Contre ses lèvres il sentit son souffle chaud et incertain. Peut-être était-il chargé de peurs pour l'avenir ?

- Draco, souffla le brun si bas qu'il crut avoir rêvé.

Ses mains posées au sol contre la pierre froide de l'hiver étaient en contraste avec la chaleur qui se dégageait de leurs corps. Comme à chaque fois, la chanson se fit forte et douce en même temps et le brasier se répandit dans leurs veines avec ce désir d'allégresse. Draco détendit ses muscles et ferma les yeux à son tour. Tout doucement ses pensées s'envolèrent loin des craintes de la guerre, loin des jours sombres à venir. Il profitait du présent, de cet instant qu'il cherchait à capturer en permanence sans y arriver. Harry lui échappait toujours à un moment ou à un autre. Sauf peut-être ce soir.

Après tout, ils étaient seuls, sans personne pour les interrompre, sans quiconque pour les séparer. Ils pouvaient rester ainsi sans se soucier des autres.

Harry tentait de canaliser ses pensées qui partaient dans tous les sens. Il était sur Draco, l'entourant de tout son être, mais il avait l'impression que c'était l'inverse. Quoi s'il fasse, tout le ramenait au blond. Son odeur, sa chaleur, sa présence, sa peau, son corps. Le sien se fit plus lourd et il se pencha un petit peu plus en avant. Juste pour créer encore plus de contacts avec lui. Juste pour amorcer ce nouveau peau à peau. Sans vraiment réaliser, ses lèvres glissèrent contre les siennes et les caressèrent en un frôlement osé et apeuré. Il venait de l'embrasser.

La seconde d'après Harry avait retrouvé sa position initiale, craignant la réaction de Draco. Il priait Merlin et tous les grands sorciers pour ne pas être repoussé et rejeté. Rien que cette idée le mettait en panique totale. C'est pourquoi il ne bougeait pas, les yeux clos, les doigts crispés, dans l'attente d'il ne savait quoi.

Les minutes s'écoulèrent lentement, telles des perles de sueur qui glissent le long d'une échine. Comme la sienne. Puis le corps sous lui bougea quelque peu, une main se posa sur sa joue.

Brûlante.

Il s'attendait à un coup, mais la pression sur son épiderme se fit tout autre. Tout comme celle sur sur sa bouche. A cette constatation, prenant d'un seul coup conscience que Draco l'embrassait en retour, son cœur se mit à battre encore plus fort dans sa poitrine.

Aussitôt ses mains remontèrent dans la chevelure blonde et s'y agrippèrent car la crainte du rejet persistait. Ses dents se mirent à mordre légèrement les lèvres du blond qui haleta sous la sensation, entrouvrant l'accès à plus. Ne réfléchissant plus, Harry engouffra sa langue avec pour seul objectif découvrir cet endroit sous tous ses angles. Rapidement il se rendit compte que celui qu'il préférait le plus restait le morceau de chair, consœur à la sienne. Il jouait avec, la suçant, la mordillant et la caressant sans s'en lasser. Et puis il y avait ces mains qui avaient glissé dans son dos et qui le griffaient par moment. Et ces soupirs qui résonnaient contre les murs et se perdaient dans la nuit. Et la chanson qui devenait encore plus mélodieuse et claire à ses oreilles.

Tous ses sens se retrouvaient décuplés et ce fut l'apothéose lorsqu'il souleva ses paupières et rencontra les iris orages qui le fixaient avec intensité. Totalement subjugué par cette vision il rapprocha son bassin et gémit sans retenue.

Puis le baiser se fit plus doux, moins empressé et les respirations reprirent un rythme normal. Harry enfouit on visage dans le cou de Draco, ne sachant plus comme être avec lui, mais refusant de rompre tout contact.

Ils restèrent ainsi pendant de longue minutes, sans un mot, juste entourés de leurs respirations qui s'apaisaient et des bruits ded la nuit.

Ce ne fut que lorsque Harry se mit à bailler, sentant la fatigue s'emparer de lui que Draco le repoussa doucement. Avec un léger sourire, il dit :

- On rentre ?

Harry hocha de la tête et il se releva, aida Draco à en faire de même, puis les recouvrit de la cape d'invisibilité pour qu'ils rentrent dans la Salle sur Demande.

Alors qu'il tournait le dos au ciel, et que sa main se logeait dans celle du blond, il sentit un vent frais s'enrouler autour de son poignet. Une brise qui le chatouilla et gonfla son cœur d'un sentiment nouveau, mais réconfortant.


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A suivre…

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Les hostilités sont lancées. Si ça c'est pas du rapprochement.

Je poursuis le rythme des publications à 1 chapitre/semaine. J'ai pris du retard dans ma cadence d'écriture, donc je préfère me laisser le temps et respecter les délais annoncés.

Prochain chapitre : Indécision