Encore en retard, désolée. J'ai l'impression d'être le Lapin dans Alice. Mes journées sont trop courtes.

RAR Anonyme :

Dragonichigo : En effet, ça avance enter Harry et Draco. Bon en même temps c'est une fic drarry donc logique. Je pense que Draco ne s'est pa renfermé suite à l'annonce de la prophétie car il commence à être habitué aux trucs bizarres.


Folie mystérieuse

Neville détailla les quatre personnes devant lui, ne sachant toujours pas si c'était une bonne idée. Hermione se trouvait sous l'apparence de Seamus, Ron sous celle de Dean et quant à Draco et Harry, leurs traits avaient changé, mais il restait des vestiges de leur apparence initiale. Les yeux verts d'Harry étaient devenus marrons, sa cicatrice n'était plus et son visage était plus carré. Et pour Draco, ses cheveux blonds étaient devenus châtains, ses iris gris tiraient doucement sur le vert et ses traits étaient plus ronds.

- Vous êtes sûrs ? chuchota-t-il.

- Oui, moi j'en peux plus, répondit Ron sur le même ton.

- Respire Neville, Ginny va nous couvrir, compléta Harry.

- Mais si Rémus…

- Il a pris une potion de sommeil et de régénération, il ne va pas se réveiller de si tôt, poursuivit Hermione tout en posant une main rassurante sur l'épaule de son ami.

- Et si jamais ton père revient Ron ?

- Seamus et Dean sont avec lui, aucune chance.

- Londubat, si tu ne veux pas, dis-le et reste caché. Nous on sort.

- Non, non, c'est bon, se ravisa Neville en croisant le regard froid de Draco.

- Tu as assez de ce truc ? questionna Harry.

- De la Boquila trifoliolata ? Oui. Snape ne s'en est même pas rendu compte.

- Tu me réexplique ce que fait cette plante déjà ?

- Ron ! Tu n'écoutes rien ma parole, se plaignit Hermione. La Boquila trifoliolata est une plante rare qui permet de modifier son apparence en prenant exemple sur une photo ou quelqu'un en face de soi. Les feuilles de cette plante ont le pouvoir de copier les feuilles environnantes pour se fondre dans la nature et ne pas être mangées. Une fois les feuilles séchées et réduites en poudre, il suffit de la mélanger avec un peu d'eau, de boire le tout et de penser à la personne à qui on souhaite ressembler. Seul bémol, ça ne dure que trente minutes et il suffit d'une toute petite inattention pour être défiguré. C'est pourquoi il vaut mieux ne pas vouloir changer trop d'éléments.

- En plus c'est difficile d'en avoir car la Boquila trifoliolata se camoufle tellement bien qu'il faut être un expert pour en trouver.

- C'est bon, pas la peine de me faire un cours, râla Ron.

- Si tout le monde est ok, on y va ?

La petite troupe poussa la porte qui menait au tunnel. Ils descendirent les marches dans la pénombre, puis longèrent un mur avant de commencer leur descente. Après quelques minutes, Neville poussa une nouvelle porte, ou plutôt le tableau de la défunte sœur de Dumbledore. Il n'y avait personne dans le petit salon. Tout en faisant signe aux autres d'avancer, il sourit doucement à la jeune fille qui le fixait de ses grands yeux bleus. Puis, avec délicatesse, il poussa la peinture.

- Bien, il doit nous attendre en bas, dit-il en passant devant.

Quelques marches plus bas, ils retrouvèrent Alberforth qui zieutait l'escalier masqué par la pénombre.

- Vous en avez mis du temps, grogna le vieil homme.

- Désolé.

- C'est tranquille aujourd'hui. Vous pouvez vous installer à la table là-bas, indiqua-t-il du menton. Je vous emmène à boire. Et n'oubliez pas, au moindre signe suspect, vous remontez là-haut et vous disparaissez.

Tous hochèrent de la tête juste avant d'aller s'asseoir à la table indiquée. Elle était dans un coin du bar, non loin des escaliers et peu éclairée. Parfait pour ne pas attirer l'attention.

- Je ne pensais pas dire ça un jour, mais qu'est-ce que je suis content de me retrouver dans cet endroit miteux.

A cet instant précis, cinq choppes de Bièraubeurre atterrirent sur la table et Ron ravala sa salive en croisant le regard noir que lui lançait l'homme en face de lui.

- Je ne relèverai pas vos propos jeune homme et je vous offre quand même vos boissons. Mais encore un mot mal placé et vous pourrez déguerpir d'ici.

- Oui Monsieur, Désolé Monsieur, répliqua Ron tétanisé sous les rires étouffés d'Harry et d'Hermione.

- Bon. On trinque à quoi ? demanda Neville une fois certain d'être seuls.

- J'en sais rien, y a pas grand-chose à fêter, dit Ron qui boudait toujours.

- Et si… si on trinquait à… à Mercure ? proposa Harry tout en se perdant dans son verre.

- A quoi ? Qu'est-ce que ça vient faire ici ? poursuivit Ron toujours vexé.

- Ok, enchaîna Hermione. A Mercure, qu'elle soit dans le ciel, sur une pierre, sur votre baguette, sur… vous, dit-elle en levant légèrement sa choppe, rapidement suivie par le reste du groupe.

Après un rapide et faible choc entre les verres, chacun but un peu de sa boisson avec un léger sourire sur les lèvres. Il y avait un peu de normalité dans ce moment.

Puis le silence s'installa entre eux car en réalité, rien n'était normal. Hermione n'était plus une fille, Ron avait la peau noire, Harry et Draco étaient collés l'un à l'autre et Neville était défiguré.

Ce fut finalement ce dernier qui engagea les hostilités.

- Hum… et sinon… tu avances dans la traduction de la chanson ? demanda-t-il en se tournant vers Hermione.

- Pas vraiment. Le mélange de grec et de berbère n'aide absolument pas. Et puis je dois me baser sur de la phonétique qui ne reflète pas la réalité des paroles, mais de ce qu'ils entendent. Je n'ai rien traduit de plus.

- Moi j'ai cherché du coup dans des livres sur la Grèce et sur l'Afrique du Nord, mais rien non plus. Et puis pourquoi Mercure ?

- Mec tu devrais arrêter de chercher l'originalité, répliqua Ron qui s'était déridé. Franchement une prophétie, défier la mort, te retrouver dans des situations improbables. Le troll, le gros serpent, les araignées, les dragons, les Détraqueurs et j'en passe. Et maintenant tu nous ponds ça avec Mercure et ta chanson.

Alors que plus d'un aurait pu prendre les dires de Ron pour une agression, Harry se mit à pouffer, rapidement suivi par Hermione. Il savait très bien que c'était la façon pour Ron de détendre l'atmosphère et qu'il n'y avait aucun reproche dans ses mots.

- Et maintenant tu te retrouves lié à lui et je comprends rien à ce qu'ils vous arrive. C'est de pire en pire en fait. Chaque année tu grimpes d'un échelon. Mais tu vas finir comment vieux ?

- Bonne question ! répliqua Harry. En statue de mercure ? Ouais une statue de nous deux en mercure, compléta-t-il en passant un bras autour de Draco qui ne savait pas comment réagir face à la situation.

- Une statue vivante, même.

- Ron, t'es trop con.

- C'est toi la pierre de mercure ? les interrompit une vieille femme qui venait d'apparaître devant leur table.

Tout le monde se figea, stupéfait par l'arrivée de cette inconnue qui fixait Draco avec un air de folie non feint.

- Pardon ? Vous avez dit quoi ? intervint Hermione.

- La question est pour ce jeune homme, reprit la femme en montrant Draco.

- Désolé Madame, mais il ne me semble pas vous connaître, rajouta Draco qui tentait de garder son calme alors que tout son être lui intimait de quitter ce bar avec Harry, au plus vite.

- Si, si. Ou pas. Peut-être. Je ne sais pas. C'est Mercure qui décide. Planète, planète. Je crois qu'il avait un message. Mais pour qui ? Qui, qui ? Ah Rosie, la belle rosie. La pauvre Rosie. Et ses cheveux d'or. Pierre d'or. Ah ! Mais elle n'est plus là !

Les cinq adolescents dévisagèrent la femme, ne sachant plus comment réagir. Son discours était incohérent, ses mains s'agitaient dans tous les sens et son regard semblait perdu dans les méandres de son esprit.

- Alors ? Alors ? C'est toi ? Ou c'est lui ? Qui est qui ? Vous vous êtes trouvés. Comme Rosalynda. Ah pauvre Rosie. Elle vous a transmis le message de Mercure ? Tourne, tourne, tourne petit oiseau. Coucou Rosie. Neuf, neuf, neuf, neuf ? Combien déjà ? Il est beau lui aussi.

- Euh… Madame ? tenta Neville qui se trouvait le plus près d'elle.

Mais une main le repoussa et elle se mit à fixer Harry et Draco avec un grand sourire.

- Tu es belle Rosie. Comme le soleil et l'or de ta pierre. Et la tienne ? J'aimerai la voir. Belle pierre de Mercure, continua le femme dans son délire, tout en tendant une main en direction de Draco.

- Miranda !

Tous se tournèrent vers le propriétaire des lieux qui venait d'arriver et avait posé une main sur l'épaule de la folle.

- Je t'offre un verre, viens avec moi.

Aussitôt Miranda détourna son regard et passa une main dans ses longs cheveux noirs.

- Avec plaisir Al.

Encore surpris de l'apparition de cette femme et de ses propos à la fois sans sens et criant d'une vérité secrète, le groupe de jeunes gens resta sans rien faire. Ce ne fut que lorsqu'Alberforth les retrouva qu'ils reprirent pied avec la réalité.

- Elle ne vous a pas trop dérangés ? Miranda n'est pas méchante, mais elle n'a plus toute sa tête.

- On avait pas remarqué ? ironisa Ron.

- Ce qui m'inquiète plus, c'est qu'elle a parlé de certaines choses dont nous sommes les seuls à être au courant. Qu'est-ce qui lui est arrivée ? interrogea Hermione.

- Eh bien, je ne connais pas toute l'histoire car elle s'est installée ici il y a cinq ans et était déjà dans cet état, mais j'ai cru comprendre qu'elle travaillait au Département des Mystères.

A l'énonciation de cette branche du Ministère, tous se penchèrent pour mieux entendre. La rencontre avec une ancienne Langue-de-plomb ne pouvait pas être anodine.

- Il semblerait qu'elle aurait enfreint une règle primordiale et qu'elle aurait perdu la raison suite à cela. Il lui arrive parfois de tenir des propos censés et la seconde suivante de délirer.

- Est-ce qu'elle vous a déjà parlé d'une certaine Rosie ou Rosalynda ? demanda Hermione, toujours soucieuse du détail.

- Quelques fois. C'est souvent confus. Il y a souvent un certain Henri en même temps. Mais j'ignore qui ils sont. Que vous a-t-elle dit ?

- Eh bien elle nous a parlé de Rosie et de Rosalynda, mais pas d'Henri. D'autres choses sans sens et…

Mais Hermione se tut, ne sachant pas si elle pouvait révéler cette information.

- Et de Mercure, compléta Draco.

- Au fait, votre apparence revient Messieurs. Vous devriez faire quelque chose.

- Par Merlin, c'est ma faute ! s'exclama Neville qui se mit aussitôt à fouiller dans la poche de son pantalon.

Il en sortit deux petits sachets avec chacun une dose identique de Boquila trifoliolata qu'il versa dans le reste de boisson de Draco et d'Harry.

- Prenez-la vite. Et n'oubliez pas de regarder la photo et rien d'autre pendant trente secondes.

Harry et Draco acquiescèrent et burent leur boisson, puis se concentrèrent sur la photo qu'ils avaient emportée avec eux. Rapidement, leurs traits se modifièrent une nouvelle fois.

- Donc nous disions ? Oui elle nous a parlé de Mercure. Est-ce déjà arrivé ? reprit Draco.

Alberforth grimaça, cherchant dans ses souvenirs, puis secoua la tête. Sentant qu'il n'avait rien de plus à apprendre au groupe et qu'il n'était pas en danger, il retourna à son travail.

De son côté, Ron termina lui aussi sa choppe, puis fit signe aux autres de se rassembler pour parler tranquillement.

- Vous croyez qu'elle sait quelque chose ?

- Autrefois peut-être. Mais aujourd'hui, elle me fait plus penser à mon arrière-grand-mère Irma, réplique Draco.

- Comment peut-elle savoir pour Mercure ? Y a-t-il des informations au Ministère ?

- Il semblerait que oui Harry.

- Vous croyez qu'on doit y retourner ?

- Comment ça ? Vous êtes déjà allé dans le Départements des Mystères ?

- Oui en cinquième année. Malheureusement j'ai cassé ma propre prophétie. C'est une longue histoire, je te la raconterai un jour.

- Bon, c'est pas tout, mais moi je vous propose qu'on prenne un autre verre et que pendant qu'on est ici, on arrête de parler de Mercure, de prophétie et autre chose de ce genre. Ça vous va ?

- Tu as raison Ron, dit Harry en commençant à se lever pour aller chercher une nouvelle tournée.

Une demi-heure plus tard, alors que les cheveux de Draco se teintaient à nouveau en blond et que chacun retrouvait son vrai visage, Neville poussa la porte accédant à la Salle sur Demande et jura en découvrant qui les attendait de l'autre côté.

Les cinq jeunes se figèrent se place, pris en grand délit.

- Je peux savoir ce que vous avez fait ? questionna Rémus en les fixant de son regard noir, presque animal.

Neville vira au rouge, un peu comme Ron qui avalait sa salive avec difficulté, Hermione leva les yeux au ciel, Draco soupira et Harry se cacha derrière lui, espérant échapper aux remontrances.

- Vous croyez vraiment que sortir tous seuls, sans adulte était une bonne idée ? poursuivit Rémus en leur intimant d'un mouvement de main de s'asseoir autour de la table.

- Il y avait Alberforth, tenta Ron qui regretta aussitôt son once de courage quand il vit les iris de Rémus se teinter de jaune, presque comme ceux d'une bête.

- Je sais que rester enfermer ici n'est pas facile, mais on ne peut pas s'aventurer dehors sans être un minimum préparé. Et si quelqu'un vous avait reconnu ?

- On avait…

Mais le mouvement rapide de tête et le regard suppliant d'Hermione fit taire Neville. Las, Rémus passa une main derrière sa tête et soupira.

- Si vous le prenez comme ça, on va être plus sévère avec vous. Je refuse que l'un de vous se fasse prendre. Est-ce clair ?

Presque tous hochèrent de la tête.

- Toi aussi Malfoy.

- Oui Monsieur, répondit le blond, quelque peu surpris d'être inclus dans le groupe.

Puis chacun retourna à ses occupations.

Draco se saisit du livre que lui avait ramené Hermione de la bibliothèque : un ouvrage de la réserve traitant des potions. Il s'installa dans le canapé et reprit sa lecture là où il l'avait laissée, tandis qu'Harry s'asseyait par terre, contre ses jambes, face à Neville et Ron qui venaient de sortir un jeu de cartes explosives. La morosité de leur quotidien était de retour.

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A suivre...

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Pompom... Qui a compris qui était cette Miranda ? Je vous précise qu'elle est déjà apparue dans l'histoire. Une idée de pourquoi elle est devenue folle ? Et qui est Rosie ? Et Rosalynda ?

En tout cas c'est une scène qui est importante et qui vous rappelle un point essentiel du lien entre Harry et Draco.

Pour la Boquila trifoliolata, c'est une plante non référencée par JKR, mais elle existe vraiment.

Prochain chapitre : Enneigement qui dérape