RAR Anonymes :

Mimily : Tu as eu deux chapitres pour le prix d'un, c'est bien. Concernant Ginny, j'avais envie de parler un peu plus d'elle, même si elle n'a pas une grande place. Et surtout je voulais la dépeindre comme une vraie guerrière qui est selon moi la vision e JKR. Ravie que la discussion sur le quidditch t'aie plu. Enfin, pour le bisou, Harry était juste dans le coltar et n'a même pas réalisé son geste. C'est aussi une preuve qu'il se pose moins de questions à propos de son lien avec Draco.

Dragonichigo : Ah je suis contente que la fin te plaise. Je ne la voyais pas autrement. Pour les réactions du lendemain, j'espère que ça te plaira aussi. Quant à la déclaration intime, il faut surtout la voir dans les derniers mots prononcés.

Max132 : Ben oui j'essaie d'être fidèle à l'univers de JKR et de ne pas dire que des conneries. Et j'avoue, je ne suis pas une spécialiste du quidditch. Merci internet. J'espère que ce chapitre te plaira.


Déclaration publique et intime

Harry se prélassait sous sa douche matinale, profitant du calme ambiant. Il avait été réveillé de bonne heure par Neville, Dean et Seamus qui devaient retourner en cours et son sommeil en avait pâti. Il avait quand même pu se rendormir et quand il avait enfin émergé de son repos, il avait remarqué être le dernier dans le dortoir. Cette solitude était plaisante, alors il prenait tout son temps.

Une demi-heure plus tard, il sortit enfin de sous le jet d'eau chaude, se sécha, puis enfila un jean et un polo. Maintenant il devait substanter son estomac qui n'arrêtait pas de gargouiller. Dans la salle principale, il retrouva Draco qui finissait de manger, Hermione qui lisait un livre tout en prenant des notes non loin du blond, Ron et Ginny qui jouaient aux échecs et Monsieur et Madame Weasley qui discutaient entre eux. Il s'assit à côté de Draco et lui lança un franc sourire.

- Rémus est pas là ? releva-t-il.

- Il est parti voir Nymphadora, répondit Ron.

- Ok. Bon, je vais manger quoi ? Ah, il reste une part de tarte à la pomme.

Il attrapa le morceau de tarte et commença à le porter à sa bouche quand il remarqua que son amie ne lisait ni n'écrivait plus, mais le dévisageait avec un petit sourire malicieux.

- Quoi ? J'ai quelque chose sur le visage ?

Elle secoua la tête, sans pour autant stopper son regard et son sourire. Il se tourna vers Ron et Ginny et se rendit compte que l'une arborait le même visage et que l'autre était rouge de gêne.

- Mais quoi ?

Cette fois il se tourna vers Draco qui buvait son verre de jus de citrouille sans se soucier de lui.

- Dites moi ? J'ai raté un truc ? Pourquoi vous me regardez comme ça ?

Sauf que tout le monde restait silencieux. Même les adultes s'étaient tus, se demandant ce qui se tramait et attendaient.

- Draco ?

- Ah, tu te débrouilles. Je te l'ai dit hier soir, mais tu n'as pas réagi.

- Tu m'as dit quoi ?

Draco haussa un sourcil, se demandant si Harry le faisait exprès. Puis il attrapa son livre posé non loin et reprit sa lecture là où il l'avait laissée la veille.

- Harry, commença Hermione doucement, tu ne te souviens pas de ce que tu as fais hier soir ?

Cette fois il se mit à paniquer, craignant d'avoir dit ou fait un truc horrible, humiliant ou de ce genre. Mais il avait beau repasser la soirée en boucle, il ne voyait rien d'alarmant. De plus, il n'y avait pas eu d'alcool, donc aucun débordement possible. Non, vraiment, il ne comprenait rien.

Alors il secoua la tête et supplia son amie du regard.

- Eh bien… comment dire… enchaîna Ginny qui s'était rapprochée, tout comme Ron. Hier soir, tu as…

Un bruit sourd les fit tous sursauter, Draco venait de poser son livre sans douceur, tout en soupirant. Il ne comprenait pas pourquoi c'était si compliqué de dire les faits. Et comme personne ne semblait vouloir y venir, il lança d'une voix un peu agacée :

- Quand tu es parti te coucher, tu m'as souhaité bonne nuit en m'embrassant sur la joue. Voilà, c'est pas compliqué à dire.

Cette fois, ce fut Harry qui ne savait plus quelle langue il parlait.

- Un-un-un… bi-bi… sou ? bégaya-t-il.

- Oui, tu sais, comme ça, renchérit Draco en joignant le geste à la parole, accentuant les sourires des filles, les rougeurs de Ron et créant de l'étonnement chez les autres.

Stupéfait, Harry porta sa main à sa joue légèrement humide. Il n'avait pas osé, non ce n'était pas possible ! Les secondes d'effarement passées, il détailla ses amis qui semblaient attendre la suite. Quant à Draco il avait repris sa lecture, comme si rien ne s'était passé. Alors Harry soupira. De toute façon, il fallait bien que le reste du groupe soit un jour au courant. Il ne pouvait pas cacher sa relation avec Draco indéfiniment. De plus, ce dernier ne semblait pas gêné le moins du monde que la vérité éclate.

- Bon, ok. Draco et moi ça fait quelques temps qu'on…

Mais quelle vérité pouvait-il énoncer ? Ils s'embrassaient, se caressaient, s'engueulaient, c'était certain. Sauf qu'il ne savait pas ce que tout cela signifiait réellement pour le blond. Prenant conscience de ce fait, il pivota pour lui faire face.

- On sort ensemble ? lui demanda-t-il.

Néanmoins, Draco ne s'était pas attendu à cette question. Il cligna plusieurs fois des yeux. Puis il haussa des épaules et marmonna :

- Si tu veux.

Plus loin, un sifflement aigu fit souffler le parchemin devant Hermione qui le rattrapa avant qu'il ne tombe par terre.

- Comment ça, si je veux ?

Harry allait de surprise en surprise. Non seulement il l'embrassait sur la joue devant tout le monde, mais en plus il avait l'air de se moquer de ce que pouvait signifier leur relation.

- Que je sache on est deux dans cette histoire, toi et moi ! C'est toi a commencé ce matin alors que…

- Oh, oh, oh ! Pardon !? TU as commencé, hier soir. TU m'as embrassé en premier dans la tour d'astronomie. TU m'as embrassé hier soir devant tout le monde. TU n'as rien écouté quand je t'en ai parlé en allant me coucher. Moi j'ai rien fait, j'ai rien demandé.

- Ah donc, maintenant c'est de ma faute ? Et tu vas me faire croire que tu as subi tout ça depuis le début ?

Non loin de là, les deux filles buvaient les paroles qui fusaient dans l'air, avides de découvrir la suite de la dispute de couple qui s'étalait en direct devant elles. Monsieur Weasley avait fait une tentative d'intervention, mais son épouse l'avait empêché de se lever tout en secouant la tête. Quant à Ron, il se retenait de s'évanouir, les doigts enfoncés dans la table.

- Bien sur que non, répliqua Draco qui sentait sa colère monter, réponse à la mélodie effrénée dans la cage thoracique du brun. Mais si tu n'assumes pas devant tes amis, il fallait que tu…

- Je n'assume pas ? le coupa Harry, excédé.

Les yeux sortant de leurs orbites, les poings serrés contre ses cuisses, son corps fit un mouvement de demi-tour et ses iris scannèrent l'assemblée qui ne bougeait pas.

- Donc voilà, Draco et moi, on sort ensemble !

Et il croqua avec force dans sa part de tarte, évacuant sa colère du mieux qu'il le pouvait. Il ne remarqua même pas les grands sourires sur les visages de Hermione et de Ginny, ni le haut le cœur de son ami. Et encore moins les mains pâles qui tremblaient doucement tout en tournant une page du livre.

oOo

Après ce début de journée mouvementée et riche en émotions, un certain calme régnait dans la Salle sur Demande. Chacun vaquait à ses occupations, sans vraiment se soucier des autres. Même la partie d'échec qui se disputait entre Harry et Ron était d'un ennui mortel, le jeu avançant lentement et sans stratégie, chaque joueur perdu dans ses pensées.

Ron avait bien du mal à digérer la nouvelle, mais sa sœur et Hermione lui avaient demandé d'être tolérant face à son ami et ce qu'il pouvait vivre en ce moment.

- Tour en A5, annonça-t-il à la pièce qui bougea lentement et se plaça à l'endroit indiqué. Donc… tu sors avec Malfoy ?

- Mouais, répondit Harry, captant tout juste les dires du rouquin.

- T'as l'air vachement enchanté.

- Euh pardon. Donc euh… pion en C4.

Comme la plus part du temps, le pion n'en fit qu'à sa tête et n'avança pas. En face de lui, Ron prit une mine contrite.

- Si tu veux pas en parler, je te force pas, marmonna-t-il.

- Hein ? De quoi tu parles ?

- De Malfoy, reprit Ron en tordant sa bouche.

- Qu'est-ce qu'il a fait ? questionna Harry qui reprenait d'un seul coup pied avec la réalité.

- Je te demandais juste si tu sortais bien avec lui.

- Euh… ben oui, je crois.

Harry avait encore un peu de mal à réaliser qu'il parlait de sa relation avec Draco, en compagnie de son ami.

- Tu crois ? répéta Ron surpris.

- Disons que c'est pas très clair. On a jamais vraiment abordé ce sujet. On s'est rapproché, et c'est tout.

- Hum. Pion en D6.

Harry regarda la pièce d'échec bouger sur le plateau de jeu et se demanda ce qu'il allait pourvoir faire comme coup suivant. Il était nul à ce jeu, mais Ron aimait faire partie sur partie, alors il acceptait de subir de multiples humiliations amicales, juste pour voir son ami sourire et être heureux.

- Mais… vous avez déjà… tu sais…

- Ron ! s'exclama Harry.

- Je veux pas les détails, se hâta de répliquer le rouquin qui rougissait. Ce sont surtout les filles qui veulent savoir.

- Non. On est pas allé aussi loin.

- Et depuis quand vous… tous les deux ?

- Au début des vacances de Noël. On a pas vraiment réfléchi, c'est venu tout seul.

- Pourquoi tu ne m'en as pas parlé ?

- Tu aurais réagi comment Ron ? Avec un grand sourire, en me félicitant et en me souhaitant d'être heureux ? J'y crois pas trop. C'est Malfoy, un mec qui plus est.

Son ami se gratta le dessus du crâne, puis hocha de la tête. Harry avait raison, il aurait probablement très mal réagi.

- Donc t'es gay ?

Harry soupira, les questions du roux ne l'aidant pas à voir plus clair dans sa relation avec Draco.

- Franchement, j'en sais rien. Je pensais être attiré par les filles, je me suis jamais tourné vers les garçons. J'ai jamais eu d'attirance pour aucun de vous. Même aujourd'hui. Mais Malfoy, il a toujours été là, toujours chiant, emmerdeur, arrogant, vantard, bref lui. Et tu sais, l'année dernière, je sentais qu'il se tramait quelque chose avec lui. Je l'ai beaucoup suivi.

- Tu l'as suivi !? s'exclama Ron.

- Oui, rigola Harry en repensant à toutes ces fois où il s'était caché, à tous ces moments où il avait découvert un Draco différent de celui qu'il pensait connaître depuis des années. Bref, on a fini par se retrouver lié avec cette magie et j'ai appris à le connaître, comme vous, mais avec encore plus de sincérité.

Ne comprenant pas trop ce qu'il voulait dire, Ron fronça des sourcils.

- On était ensemble tout le temps et on a fini par parler, par faire tomber les masques, sans forcément s'en rendre compte. Draco a bien changé. Il ne voulait pas rejoindre Tu-Sais-Qui, mais s'il ne le faisait pas il mourrait et ses parents aussi. Il devait tuer Dumbledore, mais il n'a pas réussi car ce n'est pas un meurtrier. Il ne veut pas qu'il gagne et continue à instaurer son règne de terreur. Tu sais, au fond, il est comme nous.

- C'est-à-dire ?

- Il veut simplement finir sa scolarité, faire des études, trouver un boulot et se construire une vie tranquille.

- Enfin, la vie tranquille en étant lié à toi, c'est pas gagné, fit remarquer Ron.

Il est vrai que Harry n'avait pas vraiment pensé à cela. Il était tellement préoccupé par le présent que le futur restait un point flou vers lequel il se dirigeait sans savoir où il le menait. Mais pouvait-il emmener Draco avec lui ? Chaque jour il avançait, l'entraînant dans son sillage sans lui demander son avis, sans lui laisser vraiment le choix. Et demain, que ferait-il ? Et lui ? Ce lien les attirait l'un à l'autre, sauf qu'il ignorait réellement les sentiments qui l'habitaient. Sans parler de ceux de Draco. Un futur ensemble était-il envisageable ?

- De toute façon, faudrait-il déjà que cette guerre se termine. Fou en F4, conclut-il en se concentrant à nouveau sur le jeu, un léger mal de tête pointant.

oOo

La porte de la Salle sur Demande se referma sur Neville et Seamus. La seconde suivante, un cri presque inhumain déchira l'air, faisant sursauter tout le monde.

- JE DESTESTE LES CARROW ! hurla Neville, à bout de nerf. Une journée, une putain de journée et je peux dire qu'ils n'ont manqué à personne.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? s'enquit Ginny.

- Ils s'en sont pris à un second année qui a trébuché dans les escaliers et fait ralentir le groupe. On a eu douze secondes de retard et c'était la bonne excuse pour se défouler sur ce pauvre garçon, expliqua Seamus.

- Un doloris ! Il a reçu un doloris ! poursuivit Neville, encore habité par sa rage.

- Je l'ai empêché de s'en mêler et il est comme ça depuis.

- Qui est partant pour un duel ?

Tous se dévisagèrent, surpris de la demande du Gryffondor qui était plutôt pacifique. Puis une main blanche se leva de derrière un fauteuil.

- Moi, si tu es d'accord, se proposa Draco.

- Eh mais je veux pas, moi, répliqua Harry aussitôt.

Sauf que Draco était déjà debout et sortait sa baguette. Il se tourna vers Harry et dit :

- Je ne te comptais pas dans l'équation. Je proposais à Londubat un duel un contre un. Je dois aussi m'entraîner tout seul. Enfin tu es partant, Londubat ?

- Oh, soupira Harry.

- Ok pour moi Malfoy.

Les deux jeunes hommes se dirigèrent vers la salle d'entraînement et fermèrent la porte derrière eux, laissant le reste du groupe étonné de l'échange qui venait de se dérouler.

Harry se laissa tomber sur le banc et ses coudes rencontrèrent le bois de la table avec douleur. Draco venait-il de le rejeter ? C'était la première fois qu'il se battait sans lui, sans leur magie.

Hermione s'assit à ses côtés et posa une main douce sur un de ses bras.

- Il a raison.

Il le savait, mais il ne l'acceptait pas. Draco disposait toujours de sa baguette et pouvait faire de la magie comme auparavant, contrairement à lui qui était contraint d'utiliser la baguette d'un autre, baguette qui ne lui convenait jamais vraiment. Seule celle de mercure, celle qui provenait de la fusion de sa magie avec celle de Draco était parfaite. Même son ancienne baguette qui l'avait accompagné durant de longues années n'avait pas été aussi en accord avec lui. Il avait besoin de Draco, définitivement besoin de sa magie.

- Et si on continuait à faire des informulés. Tu n'es vraiment pas au point.

Harry soupira, attrapa la baguette de la mère de Draco qui traînait toujours non loin de lui sans vraiment lui servir et suivi son amie pour une séance de sortilèges informulés qu'il savait déjà vaine, ne pouvant utiliser pleinement son potentiel.

Une demi-heure plus tard et un nombre impressionnant d'échecs à son actif, Harry se laissa tomber dans le canapé, fatigué et démoralisé. Ce fut à cet instant que Draco et Neville sortirent de la salle d'entraînement, essoufflés. Ils se mêlèrent au reste du groupe qui les fixait avec interrogation.

- Je suis vidé, soupira Neville tout en laissant son corps choir à côté de Ron. Mais ça fait du bien.

- Tu te défends bien Londubat.

- Toi aussi Malfoy.

Les deux jeunes hommes échangèrent un regard rempli de malice et ils sourirent. Qui aurait pu penser que cette scène se passerait un jour ?

- Il faudra que tu m'apprennes ton sortilège de foudre, il a l'air bien efficace.

- Quand tu veux. Bon, je vous laisse, j'ai besoin d'une bonne douche.

Et Draco s'éloigna en direction du dortoir, tout en clopinant par moment. Cette nouvelle démarche n'échappa pas à Hermione qui se tourna vers Neville et le gratifia d'un immense sourire.

Puis la discussion reprit avec Hermione qui tentait de faire comprendre à Ron comme pratiquer un sort de protection sans formule. Mais le pauvre roux arrivait tout juste à faire briller le bout de sa baguette.

- Tu arrives à lancer des sorts futiles comme lumos ou alohomora, mais dès qu'on augmente le niveau tu n'y arrives pas.

- Tu crois que je fais quoi ? s'énerva Ron.

- Je sais que tu en es capable. Tu dois juste te concentrer et faire confiance à ta baguette et à ta magie. Allez réessaye.

Ron tendit sa baguette devant lui et focalisa toute son attention sur le sortilège de protection. Il savait que les informulés étaient très utiles, mais les réaliser était difficile.

- Harry, allez toi aussi.

- Mais Mione ! se plaignit le brun en se redressant. Tu sais bien que je n'arrive à rien sans ma baguette. Celle-là ne me va pas.

- C'est la seule que tu as pour l'instant, alors tu t'exécutes !

- Pfff. De toute façon, si je suis en danger Draco viendra de suite et j'aurai à la fois un bouclier et une baguette qui me conviennent parfaitement. Franchement ça ne…

- Et si Draco est retenu prisonnier ? Et s'il est stupéfié ? Et s'il… enfin, tu vois. Tu feras quoi dans ces cas là ?

Des visions d'horreur se peignirent devant ses yeux et Harry frissonna d'effroi. Il aurait presque pu croire que Voldemort venait de lui envoyer des visions pour le faire douter et le déstabiliser. Mais il savait que ce n'était pas le cas, puisque cela n'arrivait plus depuis des semaines. Alors il secoua la tête et pointa sa baguette de secours, tentant d'obtenir ne serait-ce qu'un semblant de barrière protectrice.

- Mione ! s'écria Ron non loin alors qu'un léger halo presque transparent venait de se former devant lui.

- Continue Ron, tu vois que tu peux y arriver. Harry, un peu plus d'entrain.

Le brun soupira et ferma les yeux, occultant les exclamations de joie de son meilleur ami. Il se concentra sur la formule, sur le prononciation, sur le geste, sur le résultat. Il en était capable, avec une baguette adaptée bien évidemment. Sans vraiment s'en rendre compte il se mit à penser au bouclier que formait Draco, à sa couleur qu'il trouvait magnifique et à sa vibration qui était douce à ses oreilles. A cette baguette si parfaite entre ses doigts, si exceptionnelle face à sa magie.

- Harry.

Il se demandait si un jour il pourrait utiliser une baguette sans ressentir un manque.

- Harry.

Est-ce que sa magie serait contente d'avoir à nouveau une consœur fabriquée pour elle ?

- Harry ?

Et comment serait ses sorts en répercussion ?

- Harry !

Ses paupières se soulevèrent doucement et il croisa le regard inquiet de Hermione.

- Harry, tu m'écoutes ?

En réalité, non. Il ne l'écoutait pas car la chanson dans ses tympans s'était faite plus forte et envoûtante. Comme poussé par un vent inconnu, il s'éloigna d'elle, sans un mot.

- Harry ?

Mais la jeune fille comprit immédiatement que cela ne servait à rien d'insister et que son ami avait autre chose en tête.

Harry passa la porte du dortoir, la referma, puis celle de la salle de bain, qu'il referma également. Dans la pièce l'air était chaud et humide et un bruit lointain d'eau qui coulait lui parvint. Mais il s'en moquait. Seul l'appel qu'il ressentait était important. Il n'avait qu'une certitude, il devait aller le retrouver et lui répondre.

Quand il rentra dans la cabine de douche, la vision qui s'offrit à lui le stoppa l'espace d'une demi-seconde. Draco était nu, sous le jet d'eau, le visage rejeté en arrière, les yeux clos et son index reposait contre la marque de Mercure, sa marque. En voyant le doigt qui passait et repassait lentement sur le serpent, l'appelant et le narguant en même temps, il sentit un vent de rage le pousser en avant. Son corps écrasa celui de Draco qui rencontra le froid de la faïence humide alors qu'il écarquillait les yeux sous la violence du choc. Le blond grimaça et alla pour répliquer quand une griffure repoussa sa propre main, le faisant gémir et qu'une bouche s'écrasa sur la sienne, sans aucune équivoque.

Enfin comblé, Harry soupira d'aise. Il était à sa place, là où il rêvait toujours d'être, là où il se sentait bien en permanence. Ses muscles se relâchèrent et il recula légèrement, sans pour autant retirer sa main droite, plaquée sur sa marque.

- Tu m'as appelé, souffla-t-il alors que les paupières en face de lui dévoilent doucement deux orbes orages.

- Tu as été long.

- Il y avait les autres.

- J'ai envie de toi.

Puis à nouveau, une paire de lèvres rencontra les siennes et cette fois il ferma les yeux, certain que la suite allait être agréable.

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A suivre…

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Encore une fin sadique, je le sais et je préfère être honnête avec vous, ça va être ainsi pour la plus part des chapitres. Je sais, c'est frustrant, mais si je vous dis que la fic est finie, que j'ai tout écrit, vous me pardonnez ?

Et sinon, les réactions des uns et des autres vous ont plu ? Une idée de ce qui va suivre ces aveux chargés de désirs ?

Prochain chapitre : Marque de l'espoir