RAR Anonymes :

Mimily : Eh je suis sadique, pas un bourreau non plus. Je n'allais pas faire parler Voldy en plein coït. Pour la suite, le combat final, je n'ai pas fait comme JKR, donc j'espère que ça te plaira.

Dragonichigo : Oui pour ce lemon je voulais montrer les ressentis profonds de Draco et emmener une autre vision de leur relation. Il n'y a pas que du physique, le lien n'est pas que corporel, mais maintenant plus intime.


La complexité d'un battement de cœur

La nuit était tombée depuis plusieurs heures. Après l'annonce de Voldemort, un vent de panique s'était emparé de Poudlard. Bon nombre d'élèves était parti retrouver leur famille, surtout chez les plus jeunes. Mais d'autres, qui se cachaient depuis des mois, avaient retrouvé les bancs de l'école et pas pour reprendre leurs études.

L'Ordre du Phénix était au complet, prêt à se battre, complété par de nombreux sorciers, les elfes de maison, des centaures et les fantômes du château. Rémus, Minerva et les professeurs avaient pris en charge l'organisation des défenses et chacun exécutait leurs ordres sans émettre d'opposition. Un peu mal à l'aise face à toute cette agitation qu'il ne maîtrisait pas, Harry s'était réfugié dans la tour d'astronomie et regardait les étoiles qui brillaient avec beauté.

Il avait un peu froid, mais ne s'en formalisait pas. Au moins, il était encore certain d'être en vie. Les bras croisés sur son torse, il frotta ses bras pour dégager un peu de chaleur, puis soupira. Demain tout ceci ne serait peut-être plus. Etait-ce la dernière fois qu'il voyait la nuit ? La prophétie allait se réaliser et il craignait son issue. Sa mort ou celle de Voldemort. Les deux étaient horribles. Il voulait vivre, c'était indéniable, mais aurait-il la force de tuer un autre être vivant, même si celui-ci était Voldemort ? Il l'ignorait…

Une main blanche frôla la sienne et un doux sourire vint chasser certains de ses doutes. Draco l'avait retrouvé, même s'il ne se cachait pas. Sa présence lui faisait déjà un bien chaud et il avait moins froid. Son regard se porta à son visage qui était tourné vers le ciel. De profil, il avait le sentiment de le redécouvrir comme avant, quand il l'observait à la dérobée. Les traits inexpressifs, il reconnut là tout ce qui l'attirait depuis des années. C'était Draco.

Il passa plusieurs secondes à le détailler, sans se lasser et sans que Draco ne bouge. Puis il se racla la gorge et prit la même posture, préférant d'avance ne pas avoir à affronter les iris orages.

- Tu m'en veux ? demanda-t-il d'une petite voix.

Draco frissonna imperceptiblement en entendant le timbre de voix de Harry. Il ne s'était pas attendu à cette question, mais il devinait les doutes qui faisaient de temps en temps tressauter son cœur.

- Oh que oui ! Tu n'imagines même pas à quel point je t'en veux, lâcha-t-il, ses épaules s'affaissant en même temps, se libérant d'un poids qu'il ignorait jusqu'à présent.

A ses côtés, Harry enfonça ses ongles dans ses bras. Il connaissait déjà la réponse, mais l'entendre n'avait pas le même impact.

- Tu peux encore partir. Je comprendrais.

- Tout comme tu comprends pourquoi je ne le ferai pas.

- Oui.

Draco jeta un dernier coup d'œil à la lune au faible croissant, puis lui tourna le dos. Adossé au mur, il voyait les mèches de cheveux noirs qui restaient immobiles.

- A croire que ta passion est de me pourrir l'existence, poursuivit-il, toujours de cette voix basse et grave. Ça fait six ans et tu n'arrêtes pas. Et comme si ça ne suffisait pas, il fallait que tu m'embarques dans cette merde.

- Je m'ennuyais… un peu, avoua Harry avec un petit étouffement.

Ce fut au tour de Draco de tourner son visage et de se retrouver face au profil du brun. Il l'interrogea du regard et même si Harry ne le vit pas, il le devina.

- C'est plus marrant depuis que tu es là. Surtout quand je vois Ron devenir rouge de colère ou maintenant de gêne.

- En gros je suis une distraction.

Et l'émeraude frappa l'anthracite pour la première fois de la soirée.

- Une très bonne distraction même, compléta Harry en souriant.

Sauf que l'étirement de lèvres qui s'étala sur son visage n'avait rien de moqueur. C'était plutôt tendre.

- Heureusement que tu l'étais aussi. On s'est bien amusé. Tu es assez bon au lit.

Ce fut comme une déflagration qui lui explosa en plein visage. Draco avait le visage fermé et seuls ses iris brillaient d'amusement. Son sourire se fana et il reporta son attention sur la nuit. Est-ce que la bataille avait commencé plus tôt ? Etait-ce la première attaque lancée par Voldemort ? Et quels étaient ces martèlements dans ses oreilles ? Y avait-il des troupes aux portes de l'école ? Pourtant tout était si calme en contrebas.

Draco n'avait jamais été très expansif, mais en cet instant, une vive douleur l'étouffait et il dû se mordre la langue pour la refouler au plus vite.

- Draco, l'appela-t-il dans un murmure tremblant.

- Hum ?

- Moi aussi je t'en veux, avoua-t-il avec une sincérité qui le surprit lui-même.

- Je sais, ma perfection est souvent difficile à vivre, le taquina Draco.

- Je t'en veux de m'être précieux, poursuivit Harry, sans prêter attention aux derniers mots qui ne l'avaient nullement fait sourire.

Stupéfait, Draco se figea, sa réplique se mourant déjà entre ses lèvres et se noyant dans sa salive qu'il avait du mal à avaler. Comment Harry pouvait-il lui faire de tels aveux en de telles circonstances ? Ça ne pouvait être qu'une manœuvre maladroite, une réponse erronée, une tentative désespérée avant une bataille à laquelle il n'était pas prêt. Oui c'était aussi simple que cela. Même s'il y avait ce battement de cœur incertain qui venait résonner en lui et le faisait un peu douter.

Ce fut pourquoi il abattit sa main dans son dos, en une tape amicale et gauche.

- Allez Harry. Ne pense pas trop à tout ça et essaie juste de profiter de ces dernières heures de tranquillité. Quand tu auras gagné contre Tu-Sais-Qui, tu pourras enfin te débarrasser de moi. Et moi, de toi ! On pourra reprendre nos vies là où on les a laissées.

Sauf que Harry ne rigolait pas. Son visage s'était brusquement fermé et ses muscles se tendaient dans son corps qui réprimait péniblement ses tremblements. D'un revers de main il repoussa Draco qui écarquilla les yeux sous le choc.

- Reprendre nos vies normalement ? Parce que tu crois que le lien partira ? C'est toi-même qui l'a dit, comment on fera après ? Si tu veux aller sur un autre chemin que moi, ce qui est clairement le cas. Hein ? Et si la douleur revient ? Et si on a besoin d'être ensemble ? On fera comment ?

Draco regrettait déjà ses mots. Il venait de lancer les hostilités alors qu'il tentait juste de détendre l'atmosphère qui l'oppressait. D'une main fébrile, il repoussa ses cheveux en arrière et leva la tête vers le plafond.

- J'en sais rien, moi ! On essayera. On fera tout pour oublier ces quelques mois et cette guerre. c'est la seule certitude que j'ai.

- Tu veux oublier ! lui cracha Harry. Après tout… ça ?

- Je te l'ai dit Harry. On a pris du bon temps ensemble, qu'est-ce que tu veux entendre d'autre ? J'ai juste envie de vivre moi ! Oui, c'est égoïste et je l'assume ! J'ai toujours été comme ça, tu le sais très bien.

- Oui. Tu as raison. Tu es juste un parfait salop.

La seconde suivante, le poing du brun s'abattait sur la joue pâle, juste avant qu'il ne dévale les escaliers sans se retourner.

Toujours au même endroit, une main sur la rougeur douloureuse qui se répandait le long de son épiderme, Draco papillonna des yeux. Il savait que ce coup était amplement mérité, mais il faisait quand même mal. Tout en massant sa joue, il reporta son attention sur le ciel calme. Cette pulsion qu'il venait de recevoir continuait à le malmener, le frappant de toutes parts. Harry avait réagit comme un écho à leur enfance, comme un souvenir rassurant quand à la suite des évènements. C'était bien ainsi. Il allait peut-être le croiser demain au détour d'un couloir, l'injurier, lui rendre son coup et finir à l'infirmerie. Ce serait bien, oui. Il aurait bien aimé que cela se passe. Tout était si simple avant, se dit-il en soupirant.

Dans un couloir, Harry croisa Hermione qui tenait la main de Ron dans la sienne. Il leur sourit, heureux pour eux, puis fila dans la Salle sur Demande. Là, il passa un temps infini sous la douche, frottant sa peau jusqu'à ce qu'elle soit rouge, irritée et brûlante. C'était un espoir vain de faire partir ses souvenirs. Il n'y arrivait pas. De rage, il écrasa son poing déjà meurtri contre la faïence et feula sous la douleur qui se répandait dans son corps. Cet élancement le rappela à l'ordre et il se força à classer ses idées. Ce n'était pas le moment de penser à Draco, à ses mots, à ses regards ou à ses caresses. La guerre était en train de s'approcher avec ses consœurs Mort et Souffrance. Un dur combat allait bientôt être mené.

Tout en inspirant longuement, obligeant son cœur à retrouver un rythme lent et régulier, il offrit son visage au jet d'eau. Après quelques minutes, il sortit enfin, se sécha, enfila une tenue chaude et se coucha sur son lit, le nez dans l'oreiller de Draco. Ses paupières se fermèrent et même si trouver le sommeil fut difficile, il y parvint, seul dans cette pièce.

Ce fut un tremblement assourdissant qui le réveilla en sursaut. Des alarmes retentissaient de partout et il ne lui fallut que deux secondes pour comprendre ce qu'il se passait. Aussitôt son cerveau se mit en mode survie. D'un geste vif il attrapa sa baguette, enfila ses chaussures et se rua dans le couloir. En contre-bas il entendait des cris, des explosions et plusieurs sorts qui fusaient. Par une fenêtre il vit le ciel encore revêtu de son manteau noir et comprit que Voldemort n'avait pas tenu sa parole et les attaquait en avance. Après tout, il aurait dû s'en douter.

Ses pieds se mirent à dévaler les escaliers qui ne savaient plus comment bouger. Il sauta entre deux d'entre eux et atterrit enfin deux étages plus bas. Là, il se retrouva face à un groupe de quatrième années qui faisaient face à plusieurs Mangemorts qu'il n'avait jamais vu. Les plus jeunes se défendaient bien, mais pas assez pour les battre. N'écoutant que son courage, il se mêla aux étudiants et se plaça au premier rang. Dès que ceux-ci le virent, ils s'exclamèrent et quelque-uns d'entre eux retrouvèrent leur hargne.

Sans réfléchir d'avantage, il lança un bouclier, coupant le couloir en deux parties.

– Filez vite ! hurla-t-il, tandis qu'il sentait que sa magie ne répondait pas bien à la baguette entre ses doigts.

Par chance, les élèves obéirent et lorsque son bouclier éclata, il était seul. Ce fut à ce moment là qu'il se rendit compte qu'il ne pourrait pas faire le poids face à ses adversaires.

– Harry ! l'appela une voix féminine bien connue.

A sa droite, Ginny lui faisait de grands signes. Aussitôt, il esquiva un éclair vert et courut en sa direction. Au passage il vit un objet voler en sens inverse et atterrir à sa place. Une explosion résonna juste derrière lui et une fumée nauséabonde s'étala le long des murs.

– Bon sang Ginny, tu viens de me sauver d'un sacré pétrin.

– Allez, viens. Neville et Seamus sont là-bas.

– C'était quoi ce truc que tu as jeté ? demanda-t-il tout en la suivant au trot, son cœur tambourinant comme un fou dans sa cage thoracique.

– Une préparation de Seamus. Il en a fait plein. Je sais pas ce que c'est, mais ça les ralentit. Tiens, je t'en donne quelque-unes. Ah, les voilà.

Les quatre amis s'enlacèrent rapidement, heureux de se retrouver.

– Par Merlin, ils sont arrivés sans prévenir. Je crois que c'est Tonks qui a donné l'alerte, expliqua Neville. J'étais avec Ron et Seamus, on faisait une bataille de cartes explosives. Ron est parti chercher Hermione, mais je ne les ai pas revu.

– Il faut les retrouver, répliqua Ginny.

– Et Dean aussi, compléta Seamus.

Mais en voyant le regard perdu dans les chevelures des élèves qui s'agitaient au loin, Ginny posa une main sur le bras de Harry et rajouta :

– Et Draco aussi.

En entendant son prénom, le brun se tourna vers son amie et lui sourit.

– Oui, nous devons nous assurer que tous nos proches aillent bien. Neville et Seamus, allez dans la Grande Salle. Avec Ginny je vais plutôt voir sur les hauteurs.

– Ok.

Les deux groupes formés, Harry attrapa la main de Ginny dans la sienne et la tira vers un couloir.

– Dès que je trouve Draco, tu vas trouver quelqu'un que tu connais, n'importe qui et tu restes avec. Ok ?

– Harry.

– Je ne vais pas pouvoir l'affronter si je te sais juste à côté de moi. Et c'est valable pour chacun d'entre vous. Si je pouvais même faire en sorte que Draco ne soit pas là, je le ferais. Mais sans lui je suis bien moins puissant.

Les doigts dans sa paume se resserrèrent, signe qu'elle avait compris. Quand ils arrivèrent dans la tour Nord, ils virent leur professeur de divination en train de lancer des boules de divination sur deux Mangemorts qui semblaient surpris de cette attaque. Dans son dos, trois jeunes filles tremblaient et pleuraient.

Expelliarmus ! lança Harry en direction d'un des Mangemorts.

– C'est Potter, file le dire au Maître, couina le désarmé en secouant sa main.

La seconde d'après, son acolyte disparaissait avant même que Harry n'ait eu le temps de faire quoi que ce soit.

Petrificus totalus, grogna Ginny, énervée que l'un des deux se soit enfuit.

– Monsieur Potter ? s'étonna Trenawley. Vous ne devriez pas être dans les jardins ?

– Pourquoi ?

Il s'approcha d'une fenêtre et vit en contre-bas une foule de sorciers se battre dans un fracas effroyable. Il allait pour reculer, paniqué par ce qu'il voyait quand il vit un éclair blond se faufiler et pétrifier des Mangemorts dans une discrétion incroyable.

– Bon sang, Draco ! s'exclama-t-il.

Il se tourna vers les autres, les détailla, puis commença à se diriger vers la porte.

– Ginny, suis-moi, les autres aussi. Dès que je vois quelqu'un de confiance, vous allez avec et moi je…

– Vous ne préférez pas utiliser ceci Monsieur Potter ? proposa Trenawley en lui tendant un balais.

Harry hésita un peu. Avec, il pourrait rejoindre Draco en un clin d'oeil, mais il ne pouvait pas laisser Ginny sans protection.

– Euh… je…

– Vas-y Harry. Tu oublies que c'est moi qui t'aie battu à l'entraînement ? Je suis capable de me défendre.

– Retrouve un des membres de l'Ordre, dit-il alors qu'il s'emparait du balais et le chevauchait.

La seconde suivante il volait dans les airs. Devant lui, le ciel commençait timidement à se teinter d'orange, signe que l'aube arrivait. Il voyait un nouveau jour se lever, mais ignorait si d'autres suivraient. Dans sa poitrine, son cœur battait à tout rompre, alimenté par l'adrénaline qui pulsait dans chacune de ses cellules. C'était un vacarme déstabilisant et qu'il ne comprenait pas bien.

Il vira sur la droite, évitant de justesse un jet de flammes dont il ignorait l'origine, puis fusa à toute vitesse en direction de Draco qui avançait vers un objectif bien précis semblait-il. Plus loin, derrière des arbres, il vit deux autres têtes toutes aussi blondes et il comprit aussitôt qu'elles étaient ses intentions. Sauf qu'à quelques mètres de ses parents, il remarqua une forme ramper au sol, Nagini. Cela ne pouvait signifier qu'une chose, Voldemort ne devait pas être loin. Et Draco se dirigeait droit sur lui.

Sans aucune douceur, il rencontra le sol et s'érafla les bras et le visage sous l'impact. Mais il n'avait pas le temps de se plaindre. Ses pieds se mirent à courir, le regard rivé sur Draco à quelques mètres. Il craignait que ses parents ne le voient.

– STOP ! hurla-t-il de toute ses forces dans l'espoir que le lien fonctionne.

Et quand il vit le blond s'immobiliser, son souffle retrouva ses poumons dans un battement douloureux. Arrivé à sa hauteur, Draco le fusilla de son regard et serra les dents.

– Potter. Je peux savoir ce que tu fais ?

– S'ils te voient c'en est fini de toi.

– Ce sont mes parents.

– Je sais. Mais Nagini tourne autour d'eux. Il ne vaut mieux pas s'en approcher.

– Tu as utilisé le lien.

– Désolé, mais c'était nécessaire. Et puis… j'ai besoin de toi.

– De moi ?

– Oui, la baguette. Celle-là n'est pas très utile.

Draco soupira, regarda une dernière fois ses parents, puis cligna des yeux.

– Ok.

– Draco, j'ai besoin de notre baguette maintenant, ordonna-t-il.

Et comme à chaque fois, la chaleur, la chanson et la sensation de complétude l'envahirent. Dans sa main, la baguette issue de leur magie étincelait. Mais ce n'était pas le moment de la contempler, ils se trouvaient sur un champ de bataille.

– Draco ?

Oui ?

– Je te promets qu'on fera tout pour les sauver. L'idée de Rémus n'est pas mauvaise.

Ils ne voudront jamais.

– Tu n'en sais rien. Ils pourraient te surprendre. Ça a bien été le cas pour nous.

Tout en disant cela, Harry s'avança vers un groupe de sorciers qui se défendait plutôt bien contre un géant qui détruisait tout sur son passage, sans se soucier du camp de chacun. Il vit même un Mangemort voler et s'écraser contre un arbre.

Un de moins.

– Oh ! Draco, le reprit-il.

C'est la vérité.

Tout en secouant la tête, préférant oublier les dires du blond, il courut jusque devant le géant et lança un sort d'entrave. Rapidement, il fut imité par d'autres qui se joignirent à lui. Le géant finit par tomber lourdement et sa tête heurta un mur de l'enceinte du château. Profitant de son hébétement,d'autres sorciers lancèrent plusieurs sortilèges qu'il ne connaissait même pas. Le géant était neutralisé, mais autour d'eux, la guerre faisait toujours rage.

Harry ! Là-bas.

Il fit un demi-tour sur lui-même et vit devant une des serres Molly se battre avec Bellatrix. Son sang ne fit qu'un tour et il se précipita vers elle pour aller l'aider.

La femme rousse se démenait comme un diable, esquivant les attaques et ripostant avec vivacité. Il comprenait mieux pourquoi Ginny avait du talent elle tenait cela de sa mère. Des éclairs fusaient de toutes parts, ponctués par des boucliers. Plus il se rapprochait et plus l'inquiétude qu'il ressentit vis-à-vis de cette mère de substitution grandissait. Ses cheveux étaient parsemés de terre et de feuilles mortes, du sang coulait d'une de ses joues et elle boitait.

Sa jambe droite est cassée je pense.

– Merde, jura Harry en accélérant le pas.

Le souffle dans sa poitrine le lacérait à chaque inspiration et le froid sur ses bras meurtris le mordait à chaque poussée dans le vent. Il avait mal et pourtant tout son corps ne s'arrêtait pas une seconde. Prendre une respiration ou s'immobiliser une seconde n'était pas envisageable. Il en allait de la vie de centaines d'individus.

Pris dans sa course, le regard rivé sur Molly qui faiblissait petit à petit, il ne vit pas la racine qui sortait de la terre et tomba face la première dans la neige boueuse. Tous ses nerfs crièrent en même temps de douleur. Et lorsqu'il releva la tête et vit le corps inerte de Molly rencontrer le sol, Bellatrix riant aux éclats en face d'elle, son poignard maculé de sang entre ses doigts, ce fut son cœur qui hurla., accompagnant son cri de désespoir.

– NON ! Draco va l'aider !

Le blond se matérialisa à ses côtés et enfonça ses ongles dans la paume de ses mains.

– Elle est morte Harry, on ne peut plus rien. Je ne peux pas aller l'aider.

– Non, non, non.

– Il faut te lever.

– Non, non, non.

– Harry, on est encore plus dans la merde pour reprendre les mots de Seamus.

– Non, pas elle.

– Bellatrix se dirige vers nous, elle m'a vu.

A l'entende de ces mots, tout le corps de Harry se figea. Il dépêtra sa cheville de la racine et prit appui sur ses mains pour mieux voir. En effet, la tante de Draco avançait dans leur direction, ses pupilles folles posées sur eux.

– Draco, il faut qu'on parte, elle est…

– Non, le coupa Draco d'un ton sec. C'est une meurtrière, une folle qui ne mérite pas de vivre une seconde de plus. Je l'ai toujours détestée et petit, elle m'effrayait. On est capable de l'affronter.

– Draco.

Le résonnement qui vint s'écraser contre sa poitrine était perturbant et le fit grimacer. Son souffle s'accéléra, réponse biologique au muscle qui se contractait fortement plus bas, envoyant d'un seul coup son sang pulser dans sa tête. Cette sensation qui ne lui appartenait pas le laissa quelque peu stupéfait. Il haïssait Bellatrix.

– Elle a tué Madame Weasley, elle doit périr aussi.

Elle n'était plus qu'à une grosse dizaine de mètres et pointait déjà sa baguette.

– Draaacooo. Draaacoooo, scanda-t-elle, faisant frissonner son épiderme d'effroi. Tu étais donc ici vilain garçon.

Sentant la menace grandir, Draco se leva et se planta devant Harry. Sa seule priorité était de le protéger. A tout prix.

– Que caches-tu derrière toi Draco ? Un autre de ces traîtres-à-leur-sang ?

– Draco, baguette !

Aussitôt le blond disparut et à la place Bellatrix vit Harry en train de se relever. Elle s'arrêta, surprise de la disparition et de l'apparition qui venait de se produire sous ses yeux. Elle ne comprenait pas tout, mais elle s'en moquait. Après tout, l'ennemi de son Maître se trouvait juste devant elle et ne semblait pas être en très bon état.

– Harry Potter ? Quelle surprise. Tu étais aussi caché ici. Les Mangemorts envoyés ici sont vraiment des incompétents. Enfin, je me chargerai de leur correction plus tard. Pour l'instant je vais me faire un plaisir de te démembrer avant de t'emmener voir mon Maître.

– La ferme !

– Oh, tu es en colère ? Ah c'est parce que j'ai tué cette femme ? J'avoue qu'elle s'est bien battue, mais sa mort est préférable.

Flipendo !

Les hostilités étaient lancées. Combattante acharnée, Bellatrix se défendait et ripostait avec talent. Si elle n'avait pas été folle et ralliée à Voldemort elle aurait pu devenir une grande sorcière. Mais ce n'était pas le cas.

De son côté, Harry ne la laissait pas pour autant prendre le dessus. Sa fureur à son encontre était si intense qu'elle annihilait toutes ses blessures, les rendant indolores. Son seul objectif était de détruire Bellatrix. Avec Draco, ils alternaient les sortilèges sans aucune concertation, leur instinct les guidant avec une perfection qui aurait fait grimacer Severus s'il les avait vus.

A plusieurs reprises le bouclier vint s'interposer entre les deux combattants et Bellatrix enrageait. Plus les minutes s'écoulaient et plus sa folie devenait effrayante et démesurée. Elle but une potion qui fit trembler tous son corps et changea la couleur de sa peau l'espace d'un instant. Après cela, elle enchaîna les sortilèges si vite que Harry n'arrivait pas à contre-attaquer. Le bouclier subissait les assauts sans ciller, mais il pouvait sentir que Draco s'épuisait petit à petit.

Avada Kedavra !

Horrifié face à l'éclair vert qui passa devant lui sans le toucher, Harry regarda Bellatrix chuter lourdement, les yeux empreint de folie meurtrière. Il n'avait rien fait et elle non plus. Surpris par cette intervention inattendue, Harry pivota et vit Arthur Weasley juste derrière lui, le souffle court, sa baguette en avant et le regard vide. Rassuré, il stoppa le bouclier et s'avança vers l'homme qui ne bougeait plus.

– Harry ! Papa ! cria Ron plus haut.

– Monsieur Weasley ? Vous m'entendez ? Arthur ?

– Je n'ai rien pu faire. Je n'ai pas pu la sauver, geint-il.

– Je sais.

– Elle est morte.

– Donnez-moi votre baguette.

L'homme obéit calmement.

– J'étais aux prises avec les Lestrange, il y avait Ron et Severus avec moi. Je l'ai vu en bas, mais si je partais, j'allais perdre Ron.

– Vous devriez vous asseoir, proposa Harry en appuyant doucement sur ses épaules.

Entre temps, Ron était arrivé et observait la scène avec effroi, colère et tristesse.

– Severus m'a poussé pour m'éviter un maléfice et je suis tombé par terre. Le temps que je me relève et elle était en train de tomber.

– Severus nous a ordonné de partir et d'aller vous retrouver en vitesse. Malfoy est… ?

– Avec moi. Je suis vraiment désolé. Je… Moi aussi je n'arrive pas à y croire. Et Hermione, Neville, Ginny, les autres, vous les avez vu ?

– Hermione est dans le château avec Ginny et Neville il me semble. J'ai vu Fred et Georges avec Rémus et Tonks de l'autre côté, vers la forêt interdite. Je n'en sais pas plus. Il y a des attaques de partout, c'est l'enfer.

– Et il n'est pas prêt de se terminer, cingla une voix.

Harry se retourna alors que Ron devenait blanc. Au sol, Arthur mit quelques secondes avant de relever la tête. Ils faisaient face aux Malfoy.

.

A suivre…

.


Fin sadique, j'avais prévenu.

Alors la petite discussion entre Harry et Draco, ça vous inspire quoi ?

Et pour décrire la guerre, ça passe ? Je ne suis pas à l'aise pour écrire ce genre de scène. Et vous l'avez constaté, je ne fais pas du tout comme JKR.

Je vous rappelle aussi que j'ai une page facebook qui vous permettra de connaître me avancées sur mes autres projets. Notamment mon premier Tome de Enchaînement carmin qui touche presque à sa fin.

w w w . fa ce book . c o m

/Sinien.M /

(les 2 lignes en une et sans espace, FF refuse les liens et je dois les déstructurer pour qu'ils soient visibles)

Prochain chapitre : La simplicité d'un battement de cœur