RAR Anonymes :

Dragonichigo : Oui, Draco a eu peur. Peur de tout ce que tu as dis et plus encore. Certes, en parlant ils n'auraient pas ce genre de soucis, mais en même temps ils n'ont jamais pris le temps pendant leur scolarité et tout c'est fit si vite dernièrement. Parler n'est pas toujours simple.

Mimily : Oui je suis un tout petit peu cruelle. Ou plutôt réaliste ? Mère au foyer vs Mangemort tarée, la balance penche plus en faveur du mal. Et puis c'était soit le père, soit la mère Weasley, j'avais prévu que l'un des deux meure. Pas de bol pour Molly. En fait, c'est de la faute de JKR car si elle n'avait pas fait ce combat entre les deux femmes, je ne m'en serai pas inspirée. Vu que je suis pas à l'aise pour ce genre de scènes, je me suis un peu appuyée sur le livre. Désolée que ça te peine autant.


La simplicité d'un battement de cœur

Harry, vas-t'en !

Sauf que Narcissa et Lucius pointaient leur baguette et étaient déjà en position d'attaque. Aussitôt, Harry passa un bras derrière lui pour décaler Ron devant son père.

– Occupe-toi de lui, je me charge d'eux.

Harry, non ! Je refuse de les combattre.

– Moi aussi. C'est pour ça que je vais avoir besoin de ton aide.

Brachialigo ! lança Narcissa.

Immédiatement, réponse instinctive et non contrôlée, le bouclier entoura Harry.

– Ils sont aussi rapides que toi.

Merci.

– Mais si tu ne veux pas que ça finisse en combat à mort, tu vas devoir être très convainquant.

J'ai compris.

– Monsieur, Madame Malfoy, je ne suis pas votre ennemi, commença Harry, pas très convaincu de ses propres mots. Je vais être direct avec vous, votre fils Draco est en vie et il se trouve ici en ce moment même.

– Draco ? appela Narcissa en cherchant autour d'elle.

– Foutaises ! Notre fils est porté disparu depuis des mois et je ne serais même pas surpris d'apprendre que vous l'avez tué.

– Je peux vous assurer qu'il est bien ici. Pour tout vous dire, je suis lié à lui et le bouclier que vous voyez entre nous n'est autre que lui. Ou une manifestation de nos magies si vous préférez.

- Mon fils ne s'abaisserait jamais à une telle chose, grimaça Lucius.

- Je t'avais prévenu qu'ils étaient têtus.

- C'est peu dire.

- Parle-leur de la peluche lapin.

- Draco m'a parlé qu'il avait une peluche lapin quand il était petit. Mais vous avez estimé à l'âge de trois ans qu'il était trop grand pour le garder et vous l'avez jetée.

- N'importe qui pourrait être au courant.

- Y compris que vous, Madame, vous l'avez finalement gardée au fond d'une malle dans votre armoire ?

- Narcissa ? s'exclama Lucius en se tournant vers son épouse.

- C'est vrai. Il y est toujours. Mais Draco l'ignore ou… peut-être pas. Je ne comprends plus, se mit à geindre Narcissa dont le main tendue tremblait.

- Ce n'est là qu'un moyen de nous faire douter, de faire baisser notre garde. Ne l'écoute pas ! Je suis persuadé qu'il sait où il se trouve. Il essaye juste de gagner du temps pour que les deux autres s'enfuient. Endoloris !

Le sortilège rebondit contre le bouclier, haut dans le ciel et Draco soupira dans la tête de Harry.

- Bon, je vais tenter ça. Par pitié, ne te moque pas de moi.

- Quoi ?

Draco commença à raconter une autre anecdote privée dans l'espoir que ses parents acceptent les dires de Harry. Il ne pouvait pas se montrer, sous peine de les mettre en danger. Harry était plus important, sa protection et sa vie lui étaient primordiales. Même vis-à-vis de ses parents.

- Alors euh… Draco me dit qu'il y a deux ans, pour votre fête de fin d'année, il a abusé de l'alcool et il a… quoi !?

- Oh, c'est bon, râla Draco.

- Non, mais tu as vraiment fais ça ? Je jure de te faire boire juste pour que tu le refasses.

- Même pas en rêve !

- Pardon. Donc il a abusé de l'alcool et s'est mis à chanter une chanson Moldue, sur la table, devant tous vos convives qui ont été outrés en apprenant l'origine de cette chanson.

- N'importe qui présent à cette réception pourrait décrire cette scène en détails.

- C'est vrai. Mais par contre personne n'était là quand vers cinq heures du matin il a vomi tripes et boyaux dans le couloir, devant votre chambre, tout en s'excusant pour son comportement. Je sais même qu'il s'attendait à une correction de votre part, mais à la place, vous l'avez soutenu pour le ramener dans sa chambre, vous lui avez ramené une potion anti-gueule-de-bois et vous l'avez recouché.

- C'est… c'est, bégaya Lucius.

Cette fois il avait été touché. Personne ne connaissait cette histoire et il savait que Draco n'en avait jamais parlé, bien trop honteux.

- Je vous demande juste de quitter le champ de bataille, de vous mettre à l'abri et de rester en vie pour lui. Il vous aime, même si je suppose qu'il ne vous l'a peu ou jamais dit.

- Eh ! s'insurgea Draco. Ne leur dis pas ça, tu n'es plus crédible là !

- C'est la vérité Draco, assume-là bordel. Ce sont tes parents, c'est normal de les aimer.

- Tu as très bien pu apprendre tout ceci en le torturant, répliqua Lucius en faisant un pas en avant.

Harry tapa la paume de sa main contre son front, alors qu'un léger rire résonnait dans ses tympans.

- Bien, dans ce cas, soupira-t-il en avançant à son tour, je vais le faire revenir pendant dix secondes et pas plus. Je suis trop vulnérable sans lui maintenant.

- Harry, non ! hurla Draco.

- Draco, reviens.

Un simple battement de cœur plus tard et le blond apparaissait entre Harry et ses parents. Dans sa tête le décompte avait commencé. Narcissa fut la première à se jeter dans les bras de son fils, le visage à la limite de craquer. Deux secondes plus tard, Lucius la rejoignit. Coincé entre ses parents, Draco ferma les yeux et les serra dans ses bras alors que la dernière seconde résonnait.

- Draco, baguette.

Lucius et Narcissa virent leur enfant disparaître alors que dans la main de Harry une baguette un peu étrange et qu'ils n'avait pas remarquée précédemment se formait.

- Vous me croyez maintenant ?

Les deux Mangemorts baissèrent leur baguette d'un même mouvement.

- Je sais que c'est dur à croire et je vous promets qu'on vous expliquera tout dès que… tout ceci sera terminé. Pour l'instant, je veux juste que vous restiez en vie. S'il vous plaît.

Narcissa attrapa la main de son époux et le tira contre elle, tandis qu'elle hochait de la tête.

- Faites, attention, Nagini traîne dans les parages.

- Il te cherche, expliqua Lucius.

- Oh. Et vous savez où se trouve Vous-Savez-Qui ? Moi, je le cherche.

- Il est de l'autre côté du château, juste à la lisière de la forêt interdite.

- Merci.

- Prends soin de lui, lança Narcissa alors qu'il s'éloignait déjà avec Arthur sous un bras, aidé par Ron.

Il tourna la tête et les vit s'éloigner des combats avec soulagement. Contre lui, dans son invisibilité, Draco le remercia et son cœur rata un battement. Parce qu'il sentait que leur sécurité comptait tout autant pour lui. C'était aussi simple, les parents de Draco devaient vivre pour que Draco soit heureux.

- Bon, souffla-t-il une fois en haut de la butte. Ron, je te laisse là avec ton père. Retrouve Hermione et ta famille. Je vais me débrouiller.

- Je ne peux pas te laisser tout seul, couina Ron alors qu'il se retrouvait seul à devoir supporter son père.

- Mais je ne suis pas seul, lui sourit Harry en reculant, juste avant de pivoter et de se mettre à trotter en direction de la forêt interdite.

L'adrénaline coulait dans ses veines à une vitesse fulgurante anesthésiant son corps blessé. Les plaies sur ses bras saignaient par moments, toute comme celle à sa tempe qui pulsait étrangement. Quant à sa cheville foulée, il peinait à prendre appui dessus, mais refoulait cette sensation au plus profond de son esprit. D'ailleurs, à aucun moment Draco ne fit de remarque sur son état.

En passant devant l'entrée principale de l'école il put constater des dégâts. Les géants de pierre qui protégeaient l'école étaient réduits en miettes, tout comme une partie de l'enceinte. Parmi les débris, deux géants agonisaient en poussant des grognements qui lui glacèrent le sang. Il les observa quelques secondes avant de secouer la tête et de reprendre sa marche. Il vit alors l'intérieur de la Grande Salle qui était complètement détruit. Tout ce qui la rendait magique n'existait plus et il sentit une vague de colère et de tristesse monter en lui.

Harry.

Mais ce n'était pas le moment de se lamenter sur du mobilier. Elle pourrait toujours être reconstruite, à l'inverse de toutes ces vies brisées qui tombaient les unes après les autres autour de lui.

- Merde ! cracha-t-il en se tapant la tête pour se remettre les idées en place.

Alors qu'il commençait à descendre vers ce qui semblait être un cimetière, Draco l'interpella d'un seul coup.

NON ! cria le blond.

– Quoi ? s'inquiéta-t-il en regardant autour de lui.

Harry, se mit à glapir Draco. S'il te plaît, avance sur ta gauche.

– Quoi ? Pourquoi ?

S'il te plaît.

C'était une supplique étouffante à laquelle il ne pouvait pas répondre. Prudemment, il obéit et se dirigea vers le lac gelé qui présentait maintenant plusieurs trous et de multiples cadavres. Il enjamba le corps de plusieurs elfes de maisons, certains morts, d'autres non, mais qui étaient en train de rendre leurs dernier souffle. Sans cacher une grimace de dégoût et d'effroi, il poursuivit son avancée, comme le lui demandait Draco.

Une odeur de mort venait irriter ses narines et l'air qui emplissait ses poumons semblait toxique. Il toussa, cracha de la salive et essuya ses yeux qui le piquaient. Une certaine humidité venait les entourer et il ne sut si c'était des larmes de tristesse, de rage ou simplement la fumée qui l'irritait. Probablement un peu de tout ça à la fois.

Là ! s'écria Draco.

Devant lui gisait plusieurs corps inconnus. C'était des élèves sans leur uniforme, peut-être déserteurs de l'école depuis la rentrée. Mais ils étaient quand même venus se battre pour une cause qu'ils pensaient juste. Ses lèvres tremblèrent et il réprima un sanglot.

Fais-moi revenir !

– Quoi !? Certainement pas. C'est bien trop dangereux.

Juste une minute. S'il te plaît.

Peut-être connaissait-il un des élèves…

– Ok, abdiqua-t-il. Reviens. Mais pas longtemps.

A peine venait-il de le faire réapparaître que le blond se ruait sur le corps d'un jeune au visage ensanglanté et le prenait dans ses bras.

– Edern ? Edern ? chuchota Draco en passant une main tendre sur le visage tuméfié.

En voyant ce geste intime, Harry sentit une vague de jalousie croître en lui. Draaco allait pour faire des reproches à Harry quand les yeux de l'autre s'entrouvrirent.

– Edern, tu m'entends ? C'est Draco.

Un faible sourire fleurit sur les lèvres carmins.

– Je suis désolé Edern, vraiment désolé, sanglota Draco en serrant encore plus fort le corps qui laissait échapper son dernier souffle.

Inerte et sans vie, Edern retomba en arrière, les yeux clos, mais toujours avec cet étirement de lèvres qui faillit retourner l'estomac de Harry. Sa jalousie s'était envolée pour laisser place à un profond chagrin. Il s'accroupit à côté de Draco et posa une main sur son épaule.

– Il s'appelait Edern. Il était de ma maison. J'ai… c'est avec lui que… il a été le seul à me faire ressentir de l'affection pour un autre. Quand il a appris que j'étais devenu un Mangemort, il m'a largué, je le comprends. Je ne pensais pas le revoir un jour et… pas ainsi.

– Désolé.

Draco renifla un grand coup, puis posa le corps d'Edern avec délicatesse et se redressa en un bond. La main tendue en direction de Harry, il reprit sur un ton ferme et froid :

– On y va.

Harry jeta un dernier regard en direction de ce garçon qui avait compté pour Draco, puis saisit les doigts devant lui et se releva. Il hocha de la tête et lui demanda de se transformer à nouveau en baguette. D'un pas décidé, il reprit sa descente en direction de la forêt interdite.

Son allure se fit plus lente, moins assurée au fur et à mesure qu'il se rapprochait des arbres. Une odeur fétide se répandait dans l'air et il peinait à respirer correctement. Au-dessus de lui, des nuages sombres avaient envahi le ciel et ne laissaient filtrer que quelques rares rayons de soleil. Sous ses pieds, la neige crissait dans un vacarme effrayant et il se rendit compte qu'il n'y avait presque aucun bruit autour de lui. Pas d'oiseau, pas de vent, pas de vie. Il marchait sur le terrain de la mort et se dirigeait inexorablement vers elle.

Petit à petit, la neige fit place à des corps, à du sang, à de la terre. C'était un amas répugnant qui lui souleva le cœur.

Harry, ne regarde pas.

Mais il n'y arrivait pas. Où qu'il pose son regard, seule la mort s'offrait à lui. Son pied douloureux enjamba le corps d'un Mangemort et, malencontreusement, lui marcha sur la main. Les os craquèrent sous son poids et cette fois ce fut de la bile qui remonta dans sa gorge et la brûla.

C'était pire qu'un cauchemar !

Equilibre précaire entre les membres emmêlés, son autre pied trébucha contre un torse nu, recouvert d'entailles suintantes et noires. Le sang avait coagulé avec la terre et n'était même plus rouge. Son buste vacilla vers l'avant et son premier réflexe fut de mettre ses mains en avant pour se rééquilibrer et, au cas où, amortir sa chute. Malheureusement, il ne put empêcher cette dernière et se retrouva le nez devant une inconnue méconnaissable. Elle avait le visage tuméfié, balafré et teinté de rouge.

Harry ! le réprimanda Draco. Regarde où tu mets tes pieds ! Ce n'est pas le moment de finir estropié.

– Désolé, marmonna-t-il tout en se relevant.

Plus il avançait et plus le nombre de morts croissait à ses pieds, entravant régulièrement son avancée. Au loin, il distinguait la forme sombre de la forêt interdite et il la trouva encore plus noire que dans ses souvenirs. A la lisière, des formes bougeaient doucement, toutes camouflées avec leur environnement. Combien étaient-ils ? Il ne valait mieux pas savoir.

Harry, vas sur la droite.

– Pourquoi ?

Sur la droite je te dis !

Sauf que Harry décela la pointe de panique dans la voix de Draco et fit tout l'inverse de ce qu'il lui demandait. A tout juste deux enjambées il vit Cho, Padma et Parvati assemblées en une forme grotesque, mortes.

Encore.

Combien allaient-il en croiser ? Qui serait le prochain sur la liste ?

Je t'ai dit de ne pas y aller !

– Elles sont mortes.

C'est pour ça que je voulais que tu ailles de l'autre côté.

– Cho a les yeux ouverts.

Lentement, il s'accroupit auc côtés de la jeune fille et passa une main sur son visage pour baisser ses paupières en un repos mérité. Dans ses tympans, la chanson se fit plus douce, presque triste. Jusqu'à présent elle n'avait été faite que de rage et d'angoisses. Mais cette fois, un trop plein d'émotions perla la long de sa joue sale et la mélopée venait lui répondre en écho.

D'un revers de main, il chassa la larme qui pendait à ses cils et se redressa. Il n'avait pas fini.

Une fois de plus, il avança en direction de la forêt. Rapidement, les formes devinrent plus distingues et il compta une bonne dizaine de Mangemorts qui gravitaient autour de Voldemort qui, lui se tenait fièrement devant un corps suspendu en l'air. Et ce dernier lui était étrangement familier.

Peut-être pourrait-il le sauver, juste une vie de plus. Il ne demandait pas grand-chose. Ses enjambées se firent plus grandes et son souffle plus vif.

Harry… c'est…

– Snape.

Il n'eut pas le temps de brandir sa baguette en sa direction que Nagini se ruait sur son cou et plantait ses crocs à en faire gicler le sang. Puis Voldemort baissa sa main et Severus tomba au sol dans un bruit étouffé par les autres cadavres.

Non, glapit Draco.

– Pas lui. Pas eux.

Et lorsque son regard se tourna vers un arbre recouvert d'un homme torse-nu, ligoté contre son tronc, il vomit pour de bon. Rémus avait été torturé, c'était indéniable. Il ignorait s'il était encore en vie ou non, mais la quantité de sang qui maculait sa peau ne laissait aucun bon présage. A ses pieds, il reconnut Nymphadora, très mal en point aussi, mais encore consciente, une main tendue en sa direction, cherchant un quelconque moyen de lui venir en aide.

Une fois son estomac vide, Harry releva la tête et croisa alors les iris noirs de Voldemort qui lui souriait. Il l'avait vu. Il ne pouvait plus faire marche arrière. Le glas de la mort allait bientôt sonner pour l'un des deux.

Tout en boitant, il se dirigea vers lui et finit par se planter à quelques mètres, le dos droit, les dents serrées et sa baguette en avant. Plus aucune échappatoire possible.

– Harry, Harry, Harry, Harry, lança Voldemort de sa voix traînante. Te voilà enfin. Je pensais que tu avais oublié notre rendez-vous. Vois comment j'ai préparé les lieux pour qu'ils soient accueillants.

Harry grimaça, dégoutté. Voldemort était vraiment fou, tordu et menaçant. Il était évident qu'il ne laissait aucune chance à ses victimes.

– On dirait que tu as rencontré quelques petits accrochages pour venir ici. J'espère que mes amis n'ont pas été trop durs avec toi.

Expelliarmus !

Voldemort tourna sur lui même en rigolant faiblement.

– Quand vas-tu cesser avec ce sortilège d'enfant ? Voilà encore une preuve de l'incompétence des enseignements de Poudlard. Enfin, ceci changera une fois que tu seras mort.

– Il n'y a rien à changer dans Poudlard ! cria Harry en faisant un pas en avant.

Voldemort pencha la tête sur le côté, puis fronça des sourcils en apercevant l'objet dans la main de son ennemi.

– Oh, toi aussi tu as changé de baguette, releva-t-il alors qu'il présentait la sienne à tous les présents. Comment trouves-tu la mienne ?

– Elle n'est pas à vous, mais à Dumbledore.

– Plus maintenant. Je la lui ai prise. Et toi, où as-tu trouvé celle-ci ?

– Vous ne me croiriez pas si je vous le disais.

Harry, arrête de bavasser avec lui et finis-en ! hurla Draco qui jusqu'à présent s'était tu.

– De toute façon elle ne te sera d'aucune utilité, même si je reconnais qu'elle dégage un certain pouvoir. Voyons voir… Endoloris !

Aussitôt, le bouclier de protection se matérialisa autour de Harry, tandis que l'impardonnable s'enroulait autour, cherchant une faille et finit par se fondre en son sein sans atteindre son objectif.

– Oh ! s'exclama Voldemort. Intéressant. Finalement tu as appris certaines choses utiles.

Harry pouffa un peu nerveusement tout en secouant la tête. Au même instant, Voldemort approchait une main du halo et l'effleurait du bout des doigts. Mais il se fit aussitôt renvoyer à sa place avec une vive décharge électrique.

– Oh et ça mord en plus, ricana-t-il.

– Ah ça pour mordre, il n'y va pas de main morte.

Le Seigneur des Ténèbres tiqua à l'entente des dires de Harry. Il n'en saisissait pas le sens. Face à lui, Harry souriait étrangement et fit trois pas en sa direction, le bouclier le suivant sans ciller.

– Tom, vous ne savez pas et ça vous agace, je me trompe ? Ne manque-t-il personne dans vos rangs ?

Une intense réflexion se lut sur le visage inhumain. Il était vrai que plusieurs de ses fidèles Mangemorts n'étaient pas présents, mais c'était parce qu'ils étaient en train de sa battre en cet instant même.

– Réfléchissez un peu.

Harry, tu vas quand même pas lui dire que je suis là ?

– Pourquoi ? J'ai hâte de voir sa tête quand il l'apprendra.

Et comme ça je serai officiellement relégué au rang de traître, merci.

– Mais de rien.

Harry reporta son attention sur son adversaire qui n'avait pas dit un seul mot, un seul nom.

– C'était une jeune recrue, prometteuse, mais qui vous a déçu à plusieurs reprises.

Dans sa tête, Draco pestait contre cette description peu élogieuse.

– Ses parents aussi vous ont déçu il me semble. Quand je me suis enfuit de chez eux.

Une lueur de compréhension brilla dans le regard noir de Voldemort et Harry hocha de la tête.

– Draco Malfoy, cracha l'homme. Je me doutais bien qu'il m'avait trahi. Ou est-il ?

– Mais là, Tom. Juste devant vous. C'est difficile de le rater tellement il brille.

Voldemort détailla la lumière qui le séparait de sa proie avec une certaine fascination et un mépris non feint.

– Pour faire simple dans le résumé, on s'est retrouvé lié sans trop savoir pourquoi et depuis on cohabite ensemble. Je ne vous cache pas que ce n'est pas tous les jours facile. L'éducation des Sangs-Purs auraient aussi besoin d'être revue. Ils sont trop pourris gâtés.

Eh !

– Vous êtes donc deux en ce moment-même. Mais cela ne suffira pas Harry. Tu ne peux pas me tuer. Moi aussi j'ai des atouts que tu ignores. Des atouts que je t'ai pris.

Ce fut au tour de Harry d'être perplexe. Devant lui, Voldemort sortit une langue qu'il trouva dégoûtante et grimaça tout en faisant craquer sa nuque.

– Le si précieux amour de ta mère, cette magie si ancienne qu'elle t'a sauvé de la mort tu ne l'as plus. Quand j'ai retrouvé un corps il y a trois ans, me servant de ton sang, j'ai aussi récupéré cette étincelle qui te protégeait.

Harry serra les poings contre ses hanches, furieux de cette nouvelle. C'était l'amour de sa mère, la seule chose qu'elle lui avait laissé et il le lui avait volé.

– Espèce de salop ! Bombarda Maxima !

Une explosion violente retentit, provoquant un nuage de fumée. Mais Voldemort n'avait subi aucun dommage face à l'attaque.

– Tu peux lancer des sortilèges à travers, s'enthousiasma-t-il. C'est fascinant. Quel dommage que je doive vous tuer. Cette protection a l'air bien solide, mais rien n'est invincible et toute chose à ses limites.

La seconde d'après, plusieurs sortilèges fusèrent dans sa direction et rebondirent sans soucis, certains atterrissant même sur des Mangemorts pas assez rapides pour esquiver. De son côté, Harry attaquait aussi, usant de toute son énergie pour atteindre Voldemort et l'immobiliser. Mais il était fatigué, ses muscles peinaient à lui obéir et il sentait que Draco faiblissait lui aussi. Ils ne pourraient pas tenir ce rythme bien longtemps. Dans son dos, il entendit un martèlement et vit plusieurs visages familiers se ruer vers lui et lancer des sorts en direction des Mangemorts qui durent alors défendre leur Maître au péril de leur vie.

Quant à Voldemort, sentant la fin approcher, il lança plusieurs sortilèges de mort sur Harry. Au bout du troisième éclair vert, la barrière trembla et une vive douleur naquit le long de la nuque de Harry.

Harry, qu'est-ce que tu fais ? vociféra Draco. Tu attends quoi ?

– Je n'arrive pas à l'atteindre, il est trop fort.

Arrête de te foutre de moi. Tu ne lui renvoies pas ses propres attaques !

– Tu… tu veux que je lance un impardonnable ?

Tu comptais le vaincre comment ? En lui balançant ces stupides sorts ? Harry, réveille-toi ! C'est le Seigneur des Ténèbres !

– Je… je.. je ne peux pas, avoua-t-il alors que son bras se baissait.

La lumière du bouclier faiblit et Voldemort jubila. Il allait enfin en finir avec ce gamin. Et cerise sur le gâteau, il allait se débarrasser d'un traître en même temps.

– AVADA KEDAVRA ! hurla-t-il, déversant toute sa puissance.

Mais la baguette qu'il avait entre les mains se fendilla, nouvelle preuve de son refus d'obtempérer et l'éclair vert effleura le halo qui, à son contact, reprit de la vigueur.

Ok. Harry, tu me fais confiance ?

– Hum.

Ferme les yeux.

– Je ne peux pas Draco, je ne peux pas tuer quelqu'un, même lui.

Ferme les yeux par Merlin !

Face à l'ordre qui était emplit de colère, Harry accéda à sa requête. Le noir se fit autour de lui et alors ses autres sens devinrent plus réceptifs à son environnement. Les membres de l'Ordre du Phénix se battaient à quelques mètres, sur sa droite, dans un fracas assourdissant. Tout son corps lui intimait d'abandonner et de le laisser reposer, ses nerfs irrités jusqu'à la moelle épinière. L'air entrait et sortait de ses poumons en un sifflement inquiétant, tandis qu'une effluve de mort pénétrait ses narines. Et puis il y avait ce souffle, rapide, chargé de tensions, cette chanson qui martelait son crâne et suivait les expirations qui n'étaient pas les siennes.

Brachialigo !

Confringo !

Diffindo !

Endoloris !

Fulguro !

La série d'attaques qui fusa en l'espace de quelques secondes provoqua plusieurs spasmes dans son corps. Il sentit un liquide épais couler de son nez alors qu'un puissant mal de tête prenait place. Il voulut porter sa main à celle-ci, mais en fut incapable. Dans sa cage thoracique, il sentit son cœur cogner lentement et il se demanda pourquoi tout semblait si calme en ce battement qu'il ressentit au ralenti. Ce n'était pas normal.

Avada Kedavra.

Un souffle passa à côté de son visage, caresse chaude et tendre. Puis se fut le silence. Un peu anxieux, il entrouvrit les yeux et remarqua alors qu'il n'y avait plus aucune protection autour de lui. Il allait pour paniquer, quand un faible rire résonna et fit vibrer chacun de ses muscles. Draco riait ? Et ce fut alors qu'il vit le corps inerte à ses pieds, celui de Voldemort. Il avait le visage déformé par la peur et la colère. Un peu hésitant, il se pencha au-dessus de lui, craignant à tout moment qu'il se jette sur lui et l'étrangle de ses mains crochues. Mais rien ne vint.

– Draco ?

Il n'a rien compris.

Puis il sentit sa magie faiblir et il comprit alors que Draco était à bout de force.

– Reviens, demanda-t-il, s'apprêtant à recevoir son corps inconscient.

Harry regarda le champ de bataille autour de lui. Il y avait des morts dans les deux camps, des survivants aussi. Et tout était fini. Enfin… Il pouvait respirer et l'air nauséabond autour de lui, lui sembla plus respirable que jamais. Voldemort était enfin mort, tué par Draco qui avait puisé dans ses dernières forces pour lancer l'impardonnable.

Son regard dévia jusqu'au corps allongé à côté de lui. Draco était inconscient, vidé de toute énergie et de toute magie. Ses cheveux étaient en bataille, ses joues un peu terreuses et il y avait un peu de sang séché qui reposait sous son nez. D'une main tendre, il retraça les contours de son visage avec la certitude qu'il était l'être le plus précieux pour lui en ce monde. Il l'aimait, c'était une évidence qu'il avait eu un peu de mal à accepter. Mais maintenant que tout ce cauchemar était fini, il pouvait se l'avouer sans crainte. Un battement dans sa poitrine se fit plus fort en réponse à cette acceptation.

Un peu fébrile, il se pencha en avant et déposa chastement ses lèvres sur les siennes. Au même instant, une larme roula sur sa joue et s'écrasa sur celle de Draco. La seconde suivante il n'était plus là, ayant transplané au loin. Loin de tous ceux qu'il aimait. Loin de celui qu'il aimait.

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Fin

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Vous y avez cru ?

Mais non c'est pas la fin. Là ce serait juste ignoble. Mais j'avoue que j'ai eu cette scène juste après la mort de Voldemort très tôt dans l'écriture de cette fic et que pendant très longtemps je n'arrivais pas à aller plus loin. Je la trouve si belle en fait.

Bon sinon vous survivez face au nombre de morts ? J'ai pas été tendre, je sais. En même temps c'est une guerre… Allez, on respire, c'est fini, promis, plus de morts.

Et sinon une idée pour la suite ?

Prochain chapitre : Avec ou sans toi