RAR Anonymes :

Dragonichigo : Oui c'était une vilaine blague vraiment pas drôle. Je pense que c'est condensé car je n'avais pas envie de m'éterniser sur le sujet. Comme déjà dit, ce n'est pas zone de confort la guerre. Pour moi, écrire tout ça est déjà un sacré challenge et je suis quand même assez satisfaite du résultat.

Max132 : Oui, un peu étrange, mais j'en avais besoin, il en avait besoin. Peut-être que ce sera plus compréhensible avec cette suite.


Avec ou sans toi ?

Draco regarda son reflet dans le grand miroir devant lui. Il faisait vraiment peur. Ses cheveux étaient devenus ternes, sa peau encore plus pâle et des cernes violacées pendaient sous ses yeux qui n'avaient plus aucun éclat. Quant au reste, ce n'était guère mieux, surtout avec plusieurs kilos en moins.

– Tu crois vraiment qu'il est ici ? le questionna Hermione dans son dos.

– Tu doutes de notre lien ? Bien sûr qu'il se trouve dans cette ville. Où exactement, je ne sais pas, mais je le sens.

– Et lui aussi, compléta la jeune fille.

– Pas la peine de me le rappeler. Il est assez chiant comme ça. Je me souviens encore de Dagenham. Il était à quelques mètres, je l'ai vu. Et…

Draco soupira, las. Cela faisait près de trois mois que la guerre était finie et trois mois que Harry avait disparu. Il s'était réveillé dans l'infirmerie de Poudlard, entouré de Hermione et de Madame Pomfresh. Sa première pensée avait été pour Harry qu'il ne voyait pas. Après une brève panique quant à sa survie, il avait senti au fond de lui que le lien était toujours présent. Mais faible. Hermione lui avait alors expliqué que cela faisait près de quinze jours qu'il était inconscient et que Harry était introuvable.

Aussitôt, le blond s'était levé, prêt à partir à sa recherche. Sauf que son corps encore faible avait flanché et il avait compris qu'il allait d'abord devoir récupérer. Une fois ses esprits plus clairs et l'estomac plein, ses neurones s'étaient tous mis à réfléchir en même temps afin de mettre la main sur Harry et de trouver la punition adéquate à sa fuite. Car il était clair qu'il avait sciemment disparu. Hermione avait tout vu au loin.

Il avait tout de suite pensé à sa marque et à son pouvoir pour l'appeler. Aussitôt, il avait commencé à passer son pouce dessus. Son geste avait duré près de quinze minutes sans qu'il ne voit Harry débarquer devant lui. Et plus les minutes passaient et plus l'angoisse qui était née dès dans sa poitrine depuis son réveil croissait. Harry avait fuit. Harry l'avait abandonné. Harry n'était plus à côté de lui. Il était seul, une fois de plus.

Il avait tenté de l'appeler plusieurs fois, mais tous ses essais avaient échoué. Harry luttait contre son appel avec toute sa force, son énergie et sa détermination. A chaque fois, il avait pu sentir ses battements de cœur venir lui répondre, venir le marteler et l'assommer de sa puissance, seule preuve qu'il était toujours lié à lui. Et ressentir son acharnement à s'éloigner de lui l'avait tellement blessé qu'il avait manqué à un moment de sombrer dans la dépression. Son corps allait mieux, mais son esprit était brisé en milliers de morceaux et Harry n'avait cessé de les piétinait à chaque seconde en restant loin de lui.

Finalement, Hermione l'avait sorti de son lit avec des menaces aussi terribles que celles de Voldemort. Aujourd'hui, il la remerciait pour son initiative et la prévenait dès qu'il était près de son but, près de Harry.

– On y va maintenant ?

– Après toi Hermione.

En réalité, Hermione était devenue une vraie amie au fil des jours et il appréciait de plus en plus sa présence à ses côtés.

Une fois dehors, il hocha de la tête et chacun partit de son côté. Tout en arpentant les rues qu'il ne connaissait pas vraiment, se trouvant à Barling, un petit village non loin des côtes, il repensa à ces quelques mois.

Après que Hermione lui ait méchamment remis les idées en place à Poudlard, il avait décidé de participer aux recherches, son lien étant un atout de taille. Enfin… c'était ce qu'il pensait. Car dès qu'il était sorti de l'enceinte du château, guidé par la magie de mercure, une vive douleur l'avait fait trembler et il avait manqué de peu de tomber dans un ravin. Harry était parti. Depuis ce jour, son quotidien n'avait été rempli que de chasses poursuites ponctuées par des moments doux lorsqu'ils étaient proches et des instants de souffrance quand Harry s'éloignait à nouveau de lui. Petit à petit, il avait remarqué que la distance entre eux s'allongeait et désormais il pouvait y avoir près d'une trentaine de kilomètres sans que cela ne soit douloureux. Ce qui en soit ne rendait pas les choses faciles dans ses recherches.

Il passa plus d'une heure à marcher dans la campagne anglaise, sans succès. Hormis lorsqu'il s'était retrouvé à Londres, Harry avait le don pour venir se perdre dans des endroits isolés qu'il ne connaissait même pas. Quand il retourna devant le petit hôtel où il séjournait depuis deux jours, Hermione l'attendait déjà. Dans la minuscule chambre, elle s'assit sur un lit et soupira.

– Il n'est pas ici, dit-elle.

– Ah bon ? Pourtant je le sens assez proche.

– Une vieille dame a vu passer un jeune homme brun, emmitouflé dans une cape noire hier matin. Mais il cherchait quelqu'un pour l'emmener à Eastend elle a dit.

– Tu crois que c'est lui ?

– Franchement, vu ce qu'il se passe dans le coin, un étranger est vite repéré et il n'y a eu que lui. Par contre, pourquoi ne pas transplaner directement ?

– Il est épuisé. Ça fait au moins un mois que je dors très mal et je sais que lui aussi. Parfois en pleine nuit je me réveille en panique, mais ce n'est pas la mienne.

– Bon sang, mais qu'est-ce qui lui a pris ? s'énerva Hermione. Il n'a rien dit, rien laissé derrière lui. Je n'ai rien vu venir. Je m'en veux tellement.

– Ce n'est pas ta faute Hermione. Tu sais, toute cette histoire avec le mercure nous a bien chamboulé, moi le premier, finit-il dans un rire nerveux. Regarde, je suis devenu un membre de l'Ordre du Phénix, j'ai tué Tu-sais… Volde… mort et je suis ami avec toi. Tout ça en l'espace de six mois. Qui aurait pu penser cela possible ?

– Pas moi !

– Harry a dû changer aussi et… parfois… je me demande si ce n'est pas de ma faute.

– Draco! le gronda Hermione. On en a déjà parlé et même si tu as des torts dans votre histoire, ce n'est nullement ta faute. Maintenant tu devrais dormir un peu, tu fais vraiment peur dernièrement.

Sans un mot, Draco retira ses chaussures, sa cape et se coucha sous les couvertures, dans le second lit. Il n'avait pas vraiment sommeil, mais son corps ne pourrait pas tenir ainsi sans un minimum de repos. Alors il ferma les yeux et se mit en boule, comme à chaque fois. La chaleur habituelle de Harry n'était plus là pour l'apaiser et le bercer.

– Harry, marmonna-t-il alors qu'il sombrait dans des rêves bien trop réalistes pour sa santé mentale.

Quand il se réveilla deux heures plus tard, Hermione lisait un livre non loin de lui. Elle tourna la tête en sa direction et lui lança un immense sourire, quelque peu inquiétant.

– Quoi ? marmonna-t-il la bouche pâteuse.

– Dis-moi que je suis géniale et tu le sauras ?

– Savoir quoi ?

– Où est Harry.

– Comment ça ?

– J'ai trouvé où il séjourne.

– Mais t'es géniale Hermione !

La seconde suivante, Draco était debout et commençait à ranger ses affaires dans son sac.

– Il dort dans un hôtel géré par des sorciers. Voici l'adresse, dit-elle en tendant un bout de papier.

– Hermione, la gratifia Draco alors qu'il enfilait ses chaussures. Merci.

Et il transplana sans plus attendre. Après tout, cela faisait trois mois qu'il attendait et c'était déjà suffisamment long.

Quand il arriva dans la petite ville d'Eastend, il pesta contre le brun et sa manie de choisir des villes sortant tout juste du dix-neuvième siècle. D'un pas déterminé, il se rendit à l'adresse indiquée et après quelques gallions bien glissés aux propriétaires, il monta dans la chambre que louait Harry. Il savait qu'elle était vide, la sorcière de l'accueil avait été formelle. Il n'avait donc plus qu'à attendre et surtout espérer qu'il ne sente pas sa présence et décide de partir encore plus loin.

Un peu anxieux, il poussa la porte et découvrit une chambre très sommaire, comme celle qu'il venait de quitter quelques minutes plus tôt. Un lit double, une table de chevet, une bougie et une chaise avec une table. Par terre, un sac rempli d'habits, de quelques ustensiles de toilettes et de plusieurs documents inconnus reposait négligemment. Non loin, le lit n'avait pas été refait et, sans qu'il ne s'en rendre compte, il se retrouva le nez enfouit dans un oreiller, humant l'odeur qui lui avait tant manqué. Oui, c'était bien lui, aucun doute possible.

Il serra pendant plusieurs minutes l'oreiller, les draps, tout ce qui lui appartenait. Il n'avait jamais été aussi près de lui depuis des mois et le manque de sa présence qu'il refoulait sans cesse pour ne pas sombrer lui revenait d'un seul coup. Des larmes incontrôlables coulèrent sur ses joues et inondèrent le pull qu'il serrait contre lui. Combien de fois avait-il rêvé de cet instant ? Chaque nuit, chaque jour, chaque seconde. Depuis qu'il avait ouvert les yeux à l'infirmerie, depuis que Hermione lui avait annoncé sa fuite. Depuis ce premier regard chez Madame Guipure. Et maintenant qu'il le vivait, un trop plein d'émotions débordait de son corps qui saturait.

– Harry, gémit-il. Harry.

Puis, doucement, il se calma et reprit contenance. Tout n'était pas encore fini. Parce que même s'il se trouvait dans sa chambre, le plus dur restait à venir.

La confrontation.

Il s'était imaginé un nombre incalculable de fois lui parler, l'injurier, le menacer et le frapper avant de l'embrasser et de le prendre en lui avec brutalité. Les scénarios ne manquaient pas, mais il savait que la réalité serait tout autre et surtout imprévisible. Car c'était ce qui définissait le mieux Harry, surtout dernièrement.

Tout en reprenant une respiration normale, il remit les affaires à leur place, nettoya ses larmes, puis se terra dans un coin sombre, s'enveloppa de sa cape et se fit le plus silencieux possible. Il n'avait plus qu'à attendre sa proie.

Par chance, celle-ci rentra chez elle assez rapidement. A peine la porte fut-elle ouverte qu'il brandit sa baguette en direction de Harry qui le fixait avec stupeur.

Petrificus totalus !

Le corps du brun retomba lourdement sur le sol et il pria Merlin pour que les propriétaires de l'auberge ne soient pas curieux. Quelques secondes d'attente, une oreille attentive et il s'autorisa à souffler alors qu'il tirait le corps inerte dans la chambre. Certes, il aurait pu utiliser un sort de lévitation, mais le précédent sortilège lancé à la perfection l'avait presque vidé de toute énergie. Sans Harry, même sa magie était devenue l'ombre d'elle-même.

Comme il l'avait prévu, il attacha solidement Harry à la poutre qui trônait en plein centre et semblait prête à s'effondrer au moindre choc, puis s'assit sur une chaise qu'il colla au sol et enfila la paire de menotte que Kingsley lui avait donnée et jeta sa baguette dans un coin, loin d'eux deux.

Là, il s'autorisa à détailler celui qui tourmentait sa vie depuis des mois et se rendit compte qu'il n'était pas dans un meilleur état que lui. Ses cheveux étaient encore plus longs, touchant presque ses épaules, son teint blafard faisait ressortir quelques veines et ses joues étaient creuses. Lui aussi souffrait du manque de contact, c'était indéniable. Mais alors pourquoi le fuir sans cesse ?

Il fallut près de quinze minutes avant que Harry ne revienne à lui en poussant des grognements. Tout d'abord, le brun prit conscience de sa posture de vulnérabilité et du fait qu'il était ligoté. Il chercha sa baguette, mais ne la trouva pas. La tête un peu lourde, il lui fallut puiser dans ses forces pour arriver à la soulever et comprendre qu'il se trouvait dans son dernier lieu de repos.

– J'y ai été un peu fort je crois, dit une voix familière qui électrisa chaque cellule de son corps.

– Draco ?

– Surpris ?

Tout ses muscles se tendirent de concert, son souffle se fit difficile avant de devenir erratique et la chanson qui était devenue un murmure quasi inaudible depuis des semaines se mit à hurler de toute sa puissance. Un peu sonné, il papillonna des yeux et chercha pendant un instant s'il n'était pas en train de rêver.

Harry plissa des yeux pour mieux voir la silhouette qui se dessinait dans l'ombre de la pièce. Il voyait les cheveux blonds, des jambes croisées et une main posée sur un genou.

– Je peux savoir pourquoi tu m'as attaché ?

– A ton avis ?

– Tu comptes répondre à mes questions par d'autre ? s'énerva Harry.

– Ça te dérange ?

– Par Merlin Draco ! Détache-moi !

La seconde suivante un fracas résonna dans la chambre car Draco venait de s'écrouler au sol. L'ordre avait été clair, indiscutable et tout son être s'était précipité pour y répondre. Sauf qu'un bracelet en acier accroché à une chaise collée le retinrent.

- Aïe ! cria Draco sous le choc, son poignet meurtri.

– Draco ? s'alarma de suite Harry, ne pouvant cacher son inquiétude. Mais qu'est-ce que tu as fait ?

– C'est pas assez clair comme situation ? pesta-t-il tout en le fusillant du regard.

L'acier rencontra l'émeraude pour la première fois depuis des mois et chacun se perdit dans le regard de l'autre. Harry se rendit compte de l'état du blond, d'à quel point il souffrait de son absence et toutes ses certitudes s'effondrèrent en un battement de cils. Il regrettait. Une boule de salive se forma dans sa gorge et il peina à l'avaler. Qu'avait-il fait à Draco ? Comment avait-il pu croire une seconde que son stupide plan fonctionnerait ?

– Ne me donne plus d'ordre de mouvement ou je risque de me briser un os ou de me démettre l'épaule à force, ok ?

Harry hocha de la tête alors que Draco retournait sur sa chaise, sans se cacher dans l'ombre cette fois-ci. Il n'avait plus besoin de le faire maintenant qu'il l'avait découvert.

Un silence emplit la pièce, s'étala sur le plancher grinçant et s'enroula autour de chacun d'eux. Il était nécessaire, un peu dérangeant et parfois irritant. Mais Harry cherchait ses mots, craignant qu'une vérité flagellante ne vienne griffer sa peau et Draco attendait.

– Je pensais que tu serais parti je-ne-sais-où, murmura le brun.

– Je pensais que tu serais encore là.

– Il valait mieux que je parte.

– C'est ce que j'ai cru comprendre. Juste… pourquoi ?

– Je ne pouvais pas rester. Pas avec toi.

Cet échange avait été fait sur un ton bas, comme une confidence cachée, un secret dérobé à la volée. Mais maintenant, Draco ne savait plus quoi répondre. Les derniers mots avaient été encore plus éprouvants que tout ce qu'il avait pu vivre. Il avait l'impression d'être piétiné, tabassé, lacéré et étouffé en même temps, sans aucun répit ni aucune reddition. Immobile, il accusait le coup et remercia intérieurement la chaise de le porter en cet instant.

– Eh bien, si je gêne, commença-t-il en tentant de maîtriser ses muscles qui ne voulaient pas lui obéir. Je ferais mieux de te laisser seul.

Sauf qu'au moment où ses jambes répondirent à ses nerfs, il fut retenu par les menottes et se retrouva à nouveau assis. Il avisa sa baguette au loin et se fustigea mentalement pour son idiotie. En même temps, il n'avait pas prévu que Harry le repousse aussi violemment.

– Par Salazard, maugréa-t-il.

En face de lui, Harry avait le tête basse et ne bougeait pas. Il pensa qu'il attendait simplement qu'il parte, mais il avait tort. En réalité, le brun était en train de lutter contre lui-même et hésitait à poursuivre sa conversation.

– Tu as été coriace, marmonna-t-il d'un seul coup.

– Pardon ? questionna Draco qui n'avait pas fait attention à ses mots.

– Je ne pensais pas que tu serais tout le temps derrière moi. Je ne comprends même pas pourquoi tu as fait tout ça.

Draco papillonna des yeux, stupéfait par ce qu'il venait d'entendre.

– Mais tu croyais que j'allais faire quoi en apprenant que tu avais fui ? Bordel Harry ! On est plus de simples ennemis ! s'agaça-t-il.

– Tu allais pouvoir vivre ta vie… de ton côté.

– Et c'est ce que j'ai fait ?

– C'est là où je ne te comprends plus. Ce n'était pas ce que tu voulais en définitive ?

– Bien sûr que si. Mais… pas avec cette douleur, pas avec ces insomnies, pas avec… ce manque.

– Manque ?

Harry fronça des sourcils et se pencha en avant, autant que ses liens le lui permettaient, cherchant à mieux voir le visage de Draco.

– Oui. Le manque de toi. Tu me manques Harry.

– Mais pourtant on arrive à s'éloigner de plus en plus. Avec un peu de temps on aurait pu vivre à des dizaines de kilomètres l'un de l'autre sans que cela nous gêne.

Un rire étouffé qu'il ne put retenir s'échappa de ses lèvres. Draco n'arrivait pas à croire ce qu'il avait entendu.

– Je t'avoue que tu me manques et toi tu me balances ça ? Je me suis vraiment fourvoyé. J'ai été un imbécile. Vraiment. A quel moment j'ai pu croire que tu m'avais accepté, sans aucune barrière ?

– De quoi tu parles ? Le lien est moins…

– Mais je ne te parle pas du lien ! cria Draco. Je te parle de nous ! Je m'en moque de la pierre de Mercure, je me moque de Rosalynda, je me moque de nos ancêtres. On est ici, maintenant, nous, juste nous deux !

– Draco…

– Tu es parti Harry ! Tu m'as abandonné comme une vieille chaussette. Et même en te courant derrière tu ne cesses de me fuir. Alors dis-moi, dis-moi où ça a merdé ?

– Pardon !? répliqua Harry qui sentait une colère sourde monter en lui. Mais c'est toi qui a merdé Draco. Tu m'as toujours dit que c'était juste du bon temps, rien de plus ! Tu n'as jamais voulu aller au-delà alors que moi… moi j'étais dans la merde avec toi ! Et je ne voulais pas m'imposer, t'imposer ma vie que tu ne voulais pas ! J'ai simplement répondu à tes attentes, même si ce fut difficile pour moi !

Draco passa une main tremblante dans ses cheveux et ferma les yeux.

– Tu… tu es vraiment stupide quand tu t'y mets.

– Bon, détache-moi et vas vivre ta putain de vie loin de moi.

A nouveau, Draco se retrouva plaqué contre le sol, son bras tirant férocement sur la chaîne et la chaise.

– Harry, le supplia-t-il en grimaçant sous la douleur qui irradiait tout le long de son bras.

– C'est bon, oublie, Draco.

La tension retomba et le blond soupira. Assis par terre, à quelques mètres de Harry, il chercha son souffle pendant plusieurs secondes.

– C'était quoi ton plan ? Je veux dire si je suis attaché et toi aussi, comment comptais-tu nous défaire de ces liens ? J'ai bien vu que nos baguettes étaient bien trop loin pour les attraper. Et tu vas me détester, mais je te demande de me répondre de suite.

– Il suffit que tu me demandes de me transformer, grogna Draco.

Harry fit une moue étrange, indiquant qu'il était en train de se corriger mentalement.

– Ok. Et donc pourquoi je suis une nouvelle fois stupide ?

– Je vais vraiment me vexer là, soupira Draco en posant son dos contre un pied de la chaise. Je pensais que tu me connaissais mieux. Mais je me trompais semble-t-il.

– Parler en énigmes n'aidera pas mon cerveau de débile.

Draco rejeta la tête en arrière et prit une grande inspiration. Le courage n'était pas inné chez lui et même s'il avait dépassé sa zone de confort depuis un certain temps, il allait devoir aller encore plus loin une fois de plus. Pour Harry. Toujours pour lui.

– Je préfère te dire tout ça sans être attaché.

– D'accord. Draco baguette.

La seconde suivante leurs deux esprits fusionnaient et la musique qui s'était faite plus douce à chaque seconde passée en présence de l'autre se remit à gronder à la fois de satisfaction et de colère. Harry ferma les yeux et tous ses muscles se détendirent d'un seul coup alors que la fatigue quittait peu à peu son corps. Son cœur s'accéléra d'un bonheur intense et débordant. Il ne cherchait même pas à le cacher et tant pis si Draco le ressentait. Il n'était plus à ça près.

De son côté Draco avait déjà collé son corps à celui du brun, espoir fugace et dernière tentative déraisonné. Son visage s'était niché dans son cou et même s'il n'avait aucune sensation physique, cela n'était pas important. Il avait retrouvé sa place, c'était la seule chose dont il était certain. Et cela suffisait à le combler comme jamais.

– Draco ?

Oui ?

– Je vais te rendre ton apparence. Si tu comptes partir après, merci de me détacher avant, même si tu dois à nouveau me stupéfier. Reviens.

Devant lui, Harry vit Draco reprendre forme. Il était accroupi et très près de lui.

– Je ne compte pas partir, lui confia-t-il tout en passant une main sur sa joue râpeuse.

Instinctivement, il lova son visage dans cette chaleur rassurante qui lui avait manqué tant de fois. Il ferma les yeux et frotta sa joue, imprimant chaque seconde dans son esprit, priant pour que cette paume ne le quitte plus. Mais il ne pouvait pas être égoïste, pas avec Draco en tout cas. Alors il recula son visage et le tourna du côté opposé, évitant soigneusement les iris orages qu'il sentait sur lui.

– Harry. Je suis un sang-pur, un Malfoy, éduqué dans la pure tradition sorcière. Je suis un premier né et fils unique. Je suis le fils d'un Mangemort qui lui-même en est devenu un. J'ai toujours appris à mentir, à me cacher, à manipuler les autres. Je suis un Serpentard, fourbe, sournois, manipulateur et rusé. Je devrais dire aussi intelligent, mais je crois que ce trait m'a fait défaut à ton propos. Enfin… Peut-être qu'en te disant tout ça je tente de me trouver une excuse, mais c'est comme ça que je suis.

– Et ?

– Laisse-moi finir ! lui ordonna-t-il. Ce que je veux te dire c'est… que toi aussi tu m'es précieux.

A l'entente de ces quelques mots qui résonnaient comme un souvenir empreint de douleur, Harry plongea ses pupilles dans ceux de Draco.

– Je ne me répéterai pas, donc oui, tu as bien entendu.

– Mais… tu as dis…

– Je sais ce que j'ai dit, le coupa-t-il. Je ne suis pas comme toi Harry, je ne me laisse pas habiter par mes émotions sans les contrôler. Je voulais juste que tu vives. Et que je vive. M'étaler sur ce que je ressentais pour toi n'était pas important, pas à ce moment là. Il fallait déjà qu'on survive à… Voldemort.

– Tu dis son nom ?

– Une certaine fille m'a dit que ne pas nommer une chose qui fait peur ne la rend que plus effrayante.

Harry sourit, reconnaissant là ses propres mots lancés à ses amis des années auparavant.

– Mais on est pas là pour parler de lui. Harry, crois-tu vraiment que j'aurais fait tout ça juste pour une histoire de cul ? Suis-je tombé si bas dans ton estime ?

– Non ! répondit aussitôt Harry. Mais tu ne disais rien, tu ne me montrais rien et je…

– Tu ?

– J'étais complètement perdu ! T'es un mec, je me croyais hétéro. Je n'avais pas dépassé le stade du baiser et je perds ma virginité avec toi. Tu étais censé être mon ennemi, pas mon allié, pas mon… amant, finit-il dans un murmure presque inaudible. Alors j'ai pas cherché plus loin.

Draco se leva en silence et attrapa sa baguette qu'il pointa sur Harry dont les liens se défirent la seconde suivante.

– On est con.

– Si peu.

Harry se releva et massa ses poignets douloureux. Certaines choses avaient été dites, mais le doute s'éternisait toujours entre eux et le mettait mal à l'aise. Du coin de l'œil il vit Draco le regard rivé sur ses mains qui tremblaient par moments.

– Viens, lui dit-il en tendant une main en sa direction.

Certes c'était un ordre, mais avant tout une invitation. Et Draco ne pouvait pas la refuser. Après tout, c'était ce qu'il attendait depuis toujours, une main tendue en sa direction, prête à l'accepter sans concession. Il sourit un peu, un souvenir d'enfance lui revenant et attrapa les doigts qui l'attendaient. A peine les eut-il frôlé qu'il se retrouva enfermé dans une étreinte étouffante et chaleureuse. Il le touchait enfin, il le sentait enfin. Après des mois d'absence, il était là où il se sentait bien en toute circonstance, même quand rien n'allait autour de lui.

Ses bras entourèrent la taille un peu maigre du brun et son nez s'enfouit dans les boucles qui avaient perdu de leur douceur. Mais l'odeur était toujours la même, toujours aussi entêtante et rassurante. Il inspira longuement ce parfum unique qui avait bercé ses nuits remplies de cauchemars inavouables et qui les avait chassés à la longue. Jamais il n'avait autant apprécier retrouver un être cher à son cœur. Certes, ceux-ci avaient été peu nombreux, mais toujours avec sincérité. Et Harry prenait désormais la première place et tout au fond de lui il sentait que rien, ni personne ne pourrait le détrôner.

Sans vraiment s'en rendre compte, ses lèvres se mirent à bouger toutes seules, tandis que ses doigts s'agrippaient au pull, le serrant si fort que ses jointures blanchirent. Il déposa un premier baiser, aérien et rapide. Puis un autre. Et un autre. Au fur et à mesure ils devinrent plus appuyés, plus chauds et plus réclamants. Il restait dans cette zone, ne cherchant pas à aller plus loin, ce petit bout de peau étant déjà si enivrant.

– Draco, gémit Harry en tendant son corps face à cet attouchement qui lui envoyait des signaux électriques dans chacune de ses terminaisons nerveuses.

Il passa ses mains sur son torse et crocheta ses doigts juste sous le col de la chemise. Le traitement qu'il subissait était plus que grisant, mais il ne voulait pas que cela se passe ainsi. Après tout, il y avait encore quelques minutes, il pensait être le seul à souffrir de cette situation, de ces ressentis.

Alors il crispa ses phalanges et d'un coup sec repoussa son assaillant de quelques centimètres juste le temps de calmer les retrouvailles qui allaient finir par déraper.

– A-Attends, siffla-t-il.

Il craignait encore de n'être qu'un corps, qu'un bout de chair là pour assouvir un désir charnel. Mais lorsqu'il croisa les pupilles humides, débordants de larmes silencieuses qui roulaient sur les joues de Draco, il effaça tous ses doutes et ses appréhensions. A la place, il fit pivoter leur corps afin que celui de son amant se retrouve contre la poutre branlante et dans un choc un peu violent, il plaqua ses lèvres sur les siennes. Un bruit sourd résonna à ses oreilles et il ne sut si c'était la charpente qui menaçait de s'écrouler ou son cœur qui s'écrasait dans sa propre poitrine. Ou peut-être celui de Draco. Mais cela n'avait aucune importance car il retrouvait enfin le goût qui hantait ses rêves chaque nuit.

Ses lèvres se mirent à jouer avec celles du blond qui répondit aussitôt. Le baiser se fit rapidement aventureux, explorateur et possessif. Il n'y avait plus rien de chaste dans leurs échanges. Seuls leurs désirs refoulés depuis des mois s'exprimaient enfin avec une ardeur non feinte. C'était un besoin, c'était vital. Chaque fibre de leur corps était avide de retrouver l'autre dans toute son entièreté.

Les dents de Draco mordirent la lèvre inférieure de Harry qui poussa un feulement sous la douleur et le plaisir mêlés. En réponse, le brun poussa son bassin en avant et colla son érection naissante contre son homologue qui n'était pas en reste. Puis sa main droite descendit, griffa le torse de Draco et tira sur la chemise coincée dans le pantalon afin de se faufiler dessous. L'impact fut salvateur. Draco rejeta la tête en arrière, se cognant contre le bois de la poutre et Harry tira sur les quelques mèches de cheveux qui se trouvaient à portée de caresses.

– Bon sang, geint Draco, submergé par ses sensations et ses émotions.

– Merde, grogna Harry en relâchant sa prise dans les cheveux blonds. On… c'est pas bon.

Draco papillonna des yeux, ne comprenant pas bien ce que voulait dire son amant. Dès qu'il l'avait effleuré tout n'avait été qu'attraction et même si ce n'était pas le genre de retrouvailles auxquelles il s'attendait, cela le comblait et il ne cherchait pas plus loin.

Deux mains s'écrasèrent sur sa poitrine, paumes à plats et il écarquilla les yeux en voyant Harry s'éloigner de lui, les bras tendus à l'extrême, mettant le plus de distance entre eux.

– Je dois… je dois te parler de certaines choses, haleta Harry qui avait la tête baissée en avant.

– Comment ça ? tiqua Draco, son euphorie d'avant chutant avec douleur.

– Il y a des choses que tu ignores et que tu dois connaître. Et je ne peux pas… continuer ça sans que tu ne les saches.

– Qu'est-ce que tu as encore fait Harry ? soupira Draco en attrapant ses poignets entre ses mains et en le forçant à reculer un peu plus, sans pour autant rompre tout contact physique il en était incapable de toute façon.

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A suivre…

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Alors ? Je suis curieuse de savoir comment vous recevez ce nouveau chapitre avec une longue ellipse et un Draco bien différent.

Un idée de ce qu'a pu faire Harry et qui est aussi important ? Petit indice (c'est bientôt Noël), c'est en lien avec leur lien, mais sur un aspect qu'ils ignoraient complètement que vous, vous connaissez.

Sinon c'est normal cette baisse de lecteurs et de reviews ? Allez, un jolie cadeau de Nowe pour me donner envie de publier le dernier chapitre.

Prochain et dernier chapitre : L'éclat du passé au présent