Chapitre 6 : De toute façon, qu'y puis-je ?


Ohoh, les révélations vont tomber, pauvre Sasu TT~TT Ok, je n'en dis pas plus, vous n'avez qu'à lire ! MOUAHAHA I GOT THE POWER ! .

Ok, je sors, j'ai compris -.-'

Je vous laisse en paix, amis, lisez bien ! T^T /SBAAAF/


[Sasuke]

Ouf, j'allais enfin sortir de ce trou à rat ! Les docteurs avaient considéré que je pourrais m'en aller le lendemain ! J'allais retrouver l'air libre autre que celui de la fenêtre de ma chambre, et j'allais avoir un Naruto moins gêné que celui qui venait tous les jours me rendre visite. Ce n'était pas trop tôt…

De plus, je n'avais plus d'infirmiers qui venaient me taper sur les nerfs en pleine nuit pour voir si j'allais bien… ! C'est donc satisfait que je m'endormis.

҉

Quoi encore ?! Je croyais pourtant que je n'avais plus à subir d'examens pesants pendant la nuit ! Quoique… réflexion faite, ce gars-là ne ressemblait pas à un infirmier… au contraire, il ressemblait plutôt… à un membre d'Akatsuki !

Je me redressai d'un coup dans mon lit, et fit face au blond en tentant un regard de glace de mes yeux fatigués.

- Hm, c'est censé faire peur ? Décidément, je me demande vraiment comment tu as pu venir à bout d'Itachi !

Ses yeux parurent se mouiller de larmes à la prononciation de ce nom. Il avait été proche de lui ? Oh, et puis, après tout, il ne méritait pas plus d'attention que les autres membres de cette organisation de malheur ! Il devait mourir.

- Hm, avant que tu ne tires de conclusions trop hâtives, sache que je suis ici de mon plein gré, et que j'en suis le seul au courant. Je suis venu parce que j'aimerais te parler. Après, tu pourras tenter ce que tu souhaites.

Me parler ? Bof, après tout, il pourrait peut-être m'apporter des renseignements importants… Et mon état ne me permettait pas encore de me battre normalement.

- Parler de quoi ?

- De ton frère.

- Tu le connaissais particulièrement peut-être ? Comment tu oses me parler de quelqu'un que tu n'as fait que croiser pendant quelques années alors que j'ai vécu à ses côtés huit ans ?!

- Disons que, hm, j'étais plus proche de lui que tu ne le penses.

- Ah oui ? Alors c'était vrai ? Toi ? Hinhin, ses goûts avaient bien baissé !

- Je ne te permets pas de le critiquer ! Sache que tu as tué un innocent !

Un innocent ?! Pardon ?! Après tout ce qu'il avait fait ? Non mais, il se prenait pour qui, lui, à venir me faire la morale ?

- Qu'est-ce que tu connais de mon passé ?! Ce n'est pas parce que vous êtes sortis ensemble que tu dois le prendre pour quelqu'un qui avait un cœur ou même un semblant de sensibilité ! Il a tué sa famille pour « évaluer son niveau » et je n'ai fait qu'exécuter son souhait en le tuant !

- Hm, il était pris au piège, enserré dans les mailles d'un filet.

- C'est mignon de faire de la poésie, reste à savoir si c'est la vérité ou un mensonge qu'il a créé de toutes pièces pour le raconter à quelqu'un afin de s'en faire un objet à satisfaire ses besoins.

Mon ton avait été dur, mais il sortait de mon cœur. C'était vraiment ce que je pensais.

- Comment tu peux dire ça ?! Tu ne le connaissais même pas vraiment !

- Et toi, alors ?

- Il n'y a qu'à moi qu'il a osé dire la vérité, parce qu'il ne faisait confiance qu'à moi à Akatsuki. Alors écoute au moins avant de critiquer quelqu'un qui a fait tellement pour son pays !

Pour son pays ? Comment ça ? Itachi n'avait été qu'un traître et un assassin, comment aurait-il pu servir son pays de cette manière ?

- Tu te décides enfin à me laisser parler ? Hm, ce n'est pas trop tôt. Bon. Il faut déjà revenir aux origines de Konoha, et même quelque peu avant pour comprendre ce que je vais te raconter.

- Comment peux-tu assurer que ce que tu vas me dire est la vérité ?

- Ne me dis pas que tu as pu oublier ses larmes… !

Mon cœur rata un battement. Comment pouvait-il… ? Alors Itachi lui avait vraiment "tout" dit ? Il était au courant de quelque chose que je ne savais pas sur mon clan ? Sur mon frère ? Finalement, il était très intéressant. Bon, c'est décidé. Je t'écoute, et je te tuerais peut-être après. Selon ce que tu vas me dire.

- Mouais, vas-y…

- Hm, merci.

Il s'asseya sur le fauteuil de la chambre en laissant tomber quelques larmes sur le sol, et commença un récit qui se promettait bouleversant, autant pour lui que pour moi.


[Naruto]

Je me tournais et me retournais dans mon lit depuis une bonne heure sans parvenir à trouver le sommeil. Un mauvais pressentiment occupait mon esprit sans aucune intention apparente d'en sortir.

Tout s'était trop bien passé depuis quelques jours. Sasuke et moi sortions ensemble, nous nous entendions à merveille ; Kakashi et Iruka ne se séparaient plus, bien plus complices que d'habitude ; Sakura bavardait tous les jours avec Temari, la plupart du temps de Shikamaru et Sasuke (tsss … trop tard, Sakura, il est à moi !) ; Sasuke d'ailleurs sortait de l'hôpital demain, son état s'étant amélioré de jour en jour ;… Bref, tout était parfait. Trop parfait. Aucun souci pendant un bout de temps était synonyme de souci prochain. Comme dans la forêt.

Il fallait que je voie Sasuke.

Je me levai donc, m'habillai rapidement, et partis vers l'hôpital de Suna. Arrivé devant la porte de la chambre 317, je m'arrêtai d'un coup. Mes craintes étaient fondées. Un autre chakra que celui de Sasuke se révélait à l'intérieur. Que je ne connaissais pas. Monsieur l'inconnu, adieu. Vous allez souffrir.

J'allais ouvrir la porte en grand fracas afin de tirer mon brun de ce piège, quand je les entendis parler, apparemment calmement. Ma curiosité piquée au vif, je tendis l'oreille.

- Il y a de cela plus de quatre-vingt ans, une guerre sans fin faisait trembler la planète entière, hm. Des clans innombrables se disputaient de minuscules territoires au prix de nombreuses vies. Tout cela pour une chose, convoitée par tous : le pouvoir. La domination sur tous les autres.

Pourquoi parlait-il de l'histoire de notre monde, cet imbécile heureux ?! Qu'est-ce que ça avait à faire avec Sasuke ?

- Deux clans se distinguaient des autres dans cette lutte sans pitié. Le clan Senju, que Hashirama dominait grâce à son habilité au mokuton, et le clan Uchiwa, qui pouvait compter sur un immense chakra et leurs sharingans.

Oh pitié, pas un cours d'histoire ! Iruka avait bien essayé de me faire rentrer tout cela dans la tête, mais il avait fini par perdre espoir. Mon cerveau restait totalement hermétique à ce qui ne concernait pas les techniques de combat. Mais le mystérieux interlocuteur de Sasuke ne semblait pas avoir suivi les cours du professeur Iruka, car il partait sur un sujet que mon tuteur avait quelque peu modifié en nous le racontant :

- Izuna, qui était à la tête du clan Uchiwa avec son frère Madara, désirait plus que tout que son clan s'établisse enfin, et règne. Il a donc demandé à son frère de le tuer, et de récupérer ses pupilles. En effet, seul un Uchiwa ayant pris les pupilles de son frère après l'avoir tué serait en mesure de posséder un Mangekyō Sharingan éternel, sans aucune séquelle, hm.

« Malgré le ressenti et le regret, Madara obéit au souhait de son frère, cela étant le seul moyen de donner plus de pouvoir au clan. Il gagna donc un Mangekyō Sharingan éternel, et devint ainsi l'unique chef du clan.

« Cette condition l'amena bien vite à de nombreux combats contre Hashirama, qui, la plupart du temps, se terminaient d'un commun accord, leurs forces se valant. Le clan Senju proposa donc un armistice. Madara, voyant cela comme un moyen pour leurs ennemis de les écraser, s'opposa. Cependant, le reste du clan Uchiwa voulait accepter. C'est donc ce qui arriva, hm. En passant un accord avec le Pays du Feu, naquit un modèle qui devait se répandre par la suite : un pays et son village ninja. Les conflits cessèrent ainsi peu à peu. Du moins entre les pays. Mais à Konoha, une lutte subsistait : celle pour le poste de Hokage. Les habitants choisirent Hashirama. Madara, qui voulut continuer le combat, fut abandonné par son clan, et accusé d'avoir volé les pupilles de son frère. Il quitta donc le village, avec la ferme intention de se venger. Ainsi, il provoqua un jour Hashirama en duel, mais, ce dernier n'ayant plus la menace du clan Uchiwa, prit le dessus. Madara fut défait, et tué.

« Quand le deuxième Hokage, Tobirama, le frère de Hashirama, confia plus tard aux Uchiwa la direction du département de police de Konoha, certains membres du clan comprirent que c'était une manière détournée de les éloigner des instances du pouvoir. Voulant continuer la lutte initiée par Madara, ils durent pourtant se rendre à l'évidence : les Senju avait assis leur pouvoir sur la ville, et il serait difficile, voire impossible, de les vaincre.

« Il y a dix-sept ans, l'attaque de Kyūbi sur Konoha fut utilisée comme une aubaine pour les Senju : ils accusèrent le clan qui les gênait le plus d'avoir été les commanditaires de cette attaque, disant que seul le sharingan était capable de cela, hm.

De plus en plus intéressant… Vraiment, je n'aurais jamais cru les Hokage capables de cela… Mais de son côté, comment réagissait Sasuke ?


[Sasuke]

Mon étonnement grandissait au fur et à mesure que le voile se levait sur le passé de mon clan. Les conflits cachés révélaient une histoire beaucoup plus compliquée et sombre que celle que l'on voulait bien nous apprendre en cours. Deidara, qui ne m'inspirait aucune confiance au début, me paraissait de plus en plus convaincant au fil de ses révélations.

- C'est suite à cette accusation que votre clan a été placé sous étroite surveillance au village du feu. Même si le Troisième Hokage n'était pas pour, il a subi les pressions de Danzō et des sages du village, Homura et Koharu. Mais Fugaku a voulu profiter de cette faiblesse, et a levé le clan contre Konoha, en préparant un coup d'état. Ils avaient placé leurs espoirs en Itachi, qui était pour eux un espion au sein des services secrets, hm. Malheureusement, le village avait aussi pris ses précautions, et Itachi leur servait également d'espion "infiltré" dans votre clan. Ayant vécu tous les conflits qui avait déchiré sa famille et en ayant souffert, ton frère a décidé de trahir son clan pour la paix.

… Impossible… Je n'arrivais pas à y croire… Non, c'était faux, il devait inventer tout cela ! C'était faux !

- Et les grandes instances de Konoha en ont profité. Les Uchiwa les gênaient. Et qui mieux que l'un deux serait en mesure de tous les tuer ? Sous la menace d'une quatrième grande guerre shinobi, Itachi a accepté, à contrecœur.

Le Troisième, qui avait initié une opération de réconciliation, a donc vu son projet échouer parce que Danzō, Homura et Koharu ont demandé à ton frère la mission la plus horrible qui soit.

Une larme roula sur la joue de Deidara. Je voyais bien que parler d'Itachi le faisait souffrir. Mais je ne pouvais plus le stopper dans ses explications. Ses dernières révélations m'avaient secoué au plus profond de moi. Connaître la vérité après tant d'années à le haïr me brisait le cœur, et j'avais l'impression que le katana qui l'avait achevé se retournait contre moi. Comment avait-il pu supporter de choisir entre la paix et sa famille ? La suite du récit m'arracha des sanglots.

- Il exécuta donc sa mission, en acceptant toutes les conditions, dont devenir un déserteur pour sauver la paix de son village. Mais quand il t'a vu devant lui, alors que tu devais être à ton entraînement, il n'a pas pu. Il n'a pas pu tuer son petit frère qu'il aimait tant, et a demandé au troisième Hokage de te protéger contre Danzō. Et il n'a pas oublié, hm. Quand le Troisième est mort, assassiné par Orochimaru, il a rapidement réapparu au village, en guise d'avertissement à Danzō.

Tout cela, c'en était trop. Comment avais-je pu faire confiance à un village qui avait assassiné ma famille ? Comment pouvais-je pardonner que mon frère ait été sacrifié ainsi ?

- Si tu veux être en mesure de me tuer un jour, remplis ton cœur de ressentiment ! Hais-moi ! Sauve ta vie lâchement… fuis… fuis ! Accroche-toi à la vie… et puis quand tu posséderas la même pupille que moi… viens à moi !

Alors ma seule raison de vivre n'avait été qu'un mensonge ? Ma vie jusqu'ici ne se résumait qu'à une mascarade qui se profilait depuis si longtemps ? Non ! C'était comme si tout ce que j'avais pu construire sur mon passé s'effondrait… Et j'avais tué un innocent… et qui plus est… Itachi, mon grand-frère ! Celui qui, avec un si beau sourire, m'avait dit adieu à sa façon…

- Désolé, Sasuke… C'était la dernière fois.

Non, je ne pouvais le tolérer ! Bien sûr, j'étais quelque peu soulagé de le savoir innocent, mais je n'assumais pas de l'avoir tué. J'avais l'impression que tout le fardeau qu'il avait porté pendant toutes ces années était tout d'un coup retombé sur mes épaules.

Pendant que des larmes de rage se desséchaient sur mes joues, Deidara s'approcha de moi, et posa une main sur mon épaule.

Surpris par ce geste, j'avais relevé la tête, pour découvrir un visage souriant, et même malicieux. Comment pouvait-il sourire en un pareil moment ? J'allais le lui demander, quand une langue surgit de son autre main pour venir me lécher le menton. Quoi ?! Mais qu'est-ce que c'était que ce mec-là ?


[Naruto]

Je n'entendais plus que les sanglots de Sasuke de l'autre côté de la porte. Il devait être vraiment perturbé, je l'étais tellement moi-même ! J'aurais voulu entrer dans sa chambre et lui sauter dans les bras, le consoler de baisers-papillons dans le cou, sur son visage… sur ses lèvres… Mais quelque chose m'en empêchait. Il souhaitait sûrement être seul.

Quant à moi, j'avais besoin de prendre l'air. La face cachée des vieux sages de Konoha m'avait tout remué. Moi qui croyais qu'on pouvait leur faire confiance… Perché sur le toit de l'hôpital de Suna, j'inspirai une grande bouffée de l'air vivifiant de la nuit, et pris la ferme résolution de révéler cette odieuse machination une fois que je serai Hokage. Quoi qu'il m'en coûte.


[Sasuke]

- Hm, tu lui ressembles.

Un sourire en coin sur le visage, Deidara scrutait mes traits, en particulier mes lèvres. Non mais, de quel droit ?! Je le repoussai de toutes les forces que je pouvais trouver dans mon corps encore faible, mais le blond (encore un blond… tous des pervers !) s'accroupit sur mes cuisses. Il s'approchait dangereusement de moi, là… ! Et ce connard avait bloqué mes mains, il avait pensé à tout ! Le sharingan. C'était ma seule issue.

- Senpai, qu'est-ce que tu fais ? Tobi attend depuis…

Qui c'était ce gars qui se cachait derrière un masque en spirale orange ? Ridicule ! En tout cas, il avait été efficace : Deidara s'était relevé tout d'un coup, en faisant comme si de rien n'était.

- Qu'est-ce que tu fous là, Tobi ?! Je t'avais pourtant bien dit de ne pas nous déranger !

- Bah oui mais ça faisait longtemps que j'attendais, et Tobi n'aime pas attendre ! Mais qu'est-ce que tu faisais avec l'autre garçon, senpai ?

- Rien, je… je l'aidais à se redresser, hm.

- Ah bon ? Bah en tout cas, il faut y aller, Pain a essayé de nous contacter.

- Je sais, Tobi, je sais. Bon bah on décolle alors.

Il osait partir aussi vite que cela, sans s'excuser, ni rien ?! Non, ça, je ne pouvais pas le laisser passer ! Alors qu'il passait la fenêtre, je tentai de lui infliger les arcanes lunaires, mais le manquai de peu. Sa main réapparut rapidement, avec sa langue qui semblait se « lécher les babines », puis disparut dans un souffle.

- Au revoir, Tenshi… !

Tenshi ? « Tenshi » ?! Il était sérieux ? Non mais, de quel droit ?! Oh, et puis, je n'avais pas que cela à faire que de me soucier du copain d'Itachi.

Itachi… En repensant à lui, une question me vint, et emplit ma tête en prenant la place de toutes mes autres pensées. J'avais trouvé une nouvelle raison de vivre, un nouvel objectif : comment allais-je pouvoir le venger ?

҉

Il montre enfin une faille, il faut que j'en profite ! Et ma lame fend l'air, brille un instant à la lueur de la lune, avant de transpercer l'épaule du brun. Il se retourne vivement, arrache le katana à sa prison de chair sans une seule expression dans le regard, et me fixe. Ou plus exactement, fixe mes pupilles. Son objectif. Tout cela pour devenir plus fort ! Décidément, il a vraiment mal tourné.

- Ces pupilles, elles sont à moi. Je les aurai, peu importe de quelle manière. Alors, persuade-toi que rien ne sert de fuir ou de battre des bras comme un enfant pour tenter de t'échapper.

Il s'avance encore vers moi. Comment peut-il tenir le choc après toutes ces blessures ?! Pour ma part, je suis exténué, et je ne me sens même plus la force de combattre.

Lancinantes, tremblantes, hésitantes, je force mes jambes à reculer. Encore et toujours. J'ai beau me réclamer le statut de glaçon, devant un tel regard, il est quasi-impossible de garder son sang-froid ! Et il s'approche encore. Et je recule de plus belle. Mais soudain, un contact froid et dur se révèle dans mon dos. Paniqué, je réalise que toute retraite m'est coupée par un mur – un des derniers en place dans ce chaos !

Quand il arrive près de moi, deux doigts se lèvent irrémédiablement en direction de mes yeux. Alors tout va se finir ici ? De cette manière-là ? La raison même de mon existence va s'évanouir dans les ténèbres, pour disparaître à jamais ? Résigné, je desserre les mâchoires. De toute façon, qu'y puis-je ? Ses doigts sont maintenant si près. C'est la fin, Sasuke. Je ferme les yeux. Quand je ressens soudain une légère pression sur mon front.

- Désolé, Sasuke… C'était la dernière fois.

Pardon ?

En ouvrant les yeux, je ne vois que mon frère. Plus ce meurtrier qui a massacré son clan sur un caprice. Plus ce membre d'Akatsuki sans regrets ni remords. Juste Itachi, mon grand-frère, nii-san. Qui me sourit si innocemment, avec un air de regret dans ses pupilles désormais noires. Avant de tomber à mes pieds, aussi immobile que moi.

Je ne comprends plus rien. Tout se mélange. Pourquoi une expression si belle et si triste avait-elle peint son visage alors que deux secondes avant, il se battait contre moi avec acharnement pour atteindre le pouvoir ? Qu'est-ce que ça signifiait ? Itachi, explique-moi ! J'ai besoin de savoir ! Relève-toi ! Ne meurs pas ! Explique-moi !

- Itachi !

Et merde. Encore un cauchemar. Comme d'habitude. Tous ces mauvais rêves étaient devenus mon quotidien. Mais ceux qui m'assaillaient depuis quelques temps étaient plus tenaces, et durs à effacer. Un goût amer resta dans ma bouche alors que je me levai pour me servir un verre d'eau. Ce n'était pas la solution miracle, mais le liquide froid que je sentais descendre le long de ma gorge avait au moins la capacité de me détendre quelque peu.

Quelque peu seulement…

C'était sans compter sur mes démons qui recommencèrent à m'assaillir rapidement. La trahison de Konoha n'était pas passée. Je n'arrivais pas à l'oublier, et je ne savais pas comment réagir. Partir ou rester ? Partir pour échapper à ce village abject. Partir pour mieux préparer une vengeance qui me tentait beaucoup. Partir pour sauvegarder mon honneur, puis regagner celui de mon clan. Ou rester. Rester pour Naruto. Rester pour la seule personne au monde avec qui je me sentais bien. Rester pour lui, pour ne pas le décevoir en choisissant de… partir.

Mon attention se porta sur le blond endormi à côté de moi, un sourire béat sur les lèvres. Il devait faire de beaux rêves, lui. Une pointe de jalousie me pinça le cœur.

Mais enfin, Sasuke, ressaisis-toi ! Tu ne vas pas être jaloux de ton copain parce qu'il est heureux, quand même ?!… Apparemment, mon putain de cerveau n'avait pas voulu cela, et était bien décidé à suivre ses instincts. Connard. Pour me débarrasser de ces pensées contradictoires, je passai une main dans les cheveux soyeux de mon blond. « Punaise, qu'est-ce qu'il est beau quand même ! » Je l'aimais, c'était indéniable. Et je ne voulais pas qu'il souffre.

Mais je ne pouvais laisser Itachi derrière, l'effacer de mes souvenirs comme s'il n'avait jamais existé, comme s'il ne m'avait jamais sauvé la vie, et oublier que le village où je vivais était aussi celui qui avait souhaité rayer le nom Uchiwa de la surface de ce monde.

Je me penchai, et déposai un baiser sur le front de Naruto, puis un dernier sur ses lèvres qui s'étiraient toujours en un sourire craquant. Une boule à l'estomac, ma gorge nouée laissa tomber des mots fatidiques :

- Je suis désolé, mon ange.

Puis je me levai, m'habillai prestement, récupéra sous le lit un sac à dos préparé à l'avance, et sortis par la fenêtre ouverte en constatant que les premiers rayons du soleil pointaient à l'horizon. Il était temps. Un dernier regard à ma boule de nerfs aux yeux océans, et je tournai le dos à mon bonheur pour sauver mon honneur. Il le fallait. Du moins, c'est ce dont j'essayais de me persuader…


Je sais, je suis horrible. Mais pourquoi tant de haine ? Rangez-moi ces haches, voyons ! Ces katanas aussi ! Et c'est valable pour ces cordes et ces AK47 !

Armez-vous plutôt de vos claviers, et lâchez votre colère (ou votre amour… ? /SBAF/) en reviews, s'il-vous-plaît !

Et merci à tous les lecteurs, bien sûr. C'est vous qui faites vivre cette fiction, ne l'oubliez pas ! ^^

Plein de bisous à vous tous !