Chapitre 7 : BORDEL ! TEME, OÙ T'ES ?!


Coucou salut bonjour ! Comment vous allez ?

Moi je vais très bien, vous êtes tout doucement de plus en plus nombreux à suivre ma fiction, et vous ne pouvez pas savoir à quel point ça fait plaisir !

Et surtout merci à ma jumelle qui lit tous mes chapitres pour me donner son avis, et qui me fait rire tout le temps, et qui me donne du courage tout le temps, et que j'adore ! :3

Et à deux amies du lycée (mouahahahaha vous ne saurez pas leurs noms ! *u*) qui elles aussi lisent ma fic depuis le début et qui me soutiennent, merki beaucoup ma "petite-fille" ! Merki beaucoup "maman" ! Je vous aime fort ! ^^

Bon je vous laisse lire ce chapitre, on se retrouve à la fin pour mon blablatage habituel ! XD


[Naruto]

Le soleil dardait ses rayons chauds sur ma peau, mais étrangement, j'avais froid. Je voulus alors me réchauffer contre le corps de mon amour, mais ne sentis sous mes doigts que le drap fripé par la nuit agitée que nous avions passée. J'ouvris les yeux en clignant pour m'habituer à la lumière, mais ne le vit pas dans la chambre. Peut-être était-il déjà descendu… Et pourtant, mon cœur se serra. Un mauvais pressentiment me tordait l'estomac. Sachant que mon intuition m'avait rarement trompé, je me levai rapidement – un peu trop rapidement d'ailleurs, puisque ma tête me tourna quelques temps – et dévalai les escaliers aussi vite que je le pouvais.

- Sasu ?! Sasuke ! Où es-tu ? Sasuke !

Je passai dans le salon, dans la cuisine, remontai dans la salle de bains, me penchai aux fenêtres pour regarder dans la rue, mais rien. Pas de Sasuke. Ce n'était pas possible, il était forcément quelque part… Je m'habillai en vitesse et descendit dans Konoha, éveillé depuis déjà quelques heures, et courrai à perdre haleine entre tous les endroits où mon brun aurait pu se cacher. Sans résultats…

Adossé contre un mur, je me laissai glisser à terre en serrant si fermement mon haut dans ma main que mes jointures blanchissaient. Mais qu'est-ce que j'en avais à faire ? Mon cœur menaçait de me lâcher. Parce que lui m'avait lâché. Je me doutais bien que tout ce que j'avais pu entendre dans la chambre l'autre jour ne le laisserait pas indifférent. Mais je m'attendais à tout sauf à son départ.

Des larmes commencèrent à couler de mes yeux qui bougeaient sans cesse, dans tous les sens, maladivement, cherchant quelque chose pour m'accrocher et avancer, n'importe quoi… En vain. Sasuke… pourquoi as-tu fais cela ? Je sais que l'honneur d'une famille entière est important, mais était-ce une raison suffisante pour laisser derrière toi cette désagréable odeur de trahison ?… D'abandon ?


[Sasuke]

Arrivé à l'orée de la forêt, je me retournai vers le village. Une larme s'échappa de mes yeux et roula sur ma joue. Je l'essuyai d'un revers de main exaspéré. C'était mon choix de partir. Je n'avais pas à le regretter !

҉

Orochimaru… Son nom tournait en rond dans ma tête. Il avait déjà essayé de me prendre sous son aile avant mon arrivée à Konoha, mais j'avais refusé. Je voulais gagner ma force tout seul pour ne rien devoir à personne. Mais aujourd'hui, je me demandais s'il ne valait pas mieux aller le voir. Après tout, je pourrais toujours l'utiliser contre Konoha, étant lui-même un déserteur, il devait avoir quelques renseignements importants qu'il gardait en réserve… Car oui, j'avais bien l'intention de me servir de lui, et non pas de me présenter à lui comme un serviteur. Ma fierté me l'interdisait ! Et quand ma fierté s'y mettait, rien ne pouvait l'arrêter… !

Je me rappelais de l'endroit où j'avais retrouvé Orochimaru quand il avait voulu m'engager il y a trois ans. L'imbécile n'avait pas fait attention et m'avait convoqué à proximité de l'un de ses repaires. Ainsi, je pourrai le retrouver facilement…

Et mon intuition se révéla exacte. Au beau milieu de la forêt, se dressait une tête de serpent géante dont la bouche servait d'entrée à un couloir sombre. Je m'y enfonçai, en espérant qu'Orochimaru se trouvait à cet endroit, et que je n'aie pas à visiter ses repaires un par un.


[Naruto]

- Il faut le retrouver ! On ne peut pas le laisser seul alors qu'il vient à peine de sortir de l'hôpital !

- À mon humble avis, il n'est plus seul… hasarda Tsunade.

- Hein ? Comment ça ?

Sans prêter attention à ce que je venais de lui demander, mamie Tsunade continua en se tournant vers Kakashi.

- Tu vois à qui je pense ? Après tout, il lui avait déjà proposé de le suivre il y a quelques temps.

- C'est très probable. Mais si c'est vrai, on ne peut plus rien pour lui. Ce serpent est capable de tout.

- Mais de qui vous parlez, bordel ?! Si ça peut m'aider à retrouver Sasuke, dites-le-moi !

- Et pour faire quoi ? Aller le voir et lui dire « Laissez Sasuke, s'il-vous-plaît, je veux qu'il rentre au village, merci. » ? Est-ce que tu crois avoir une seule possibilité que ton rêve insensé se réalise ?

La voix de la Hokage avait un ton moqueur qui ne me plaisait guère.

- Je pourrais au moins essayer de parler à Sasuke !

- Il est aveuglé par la vengeance, Naruto. Il ne t'écoutera pas soi-disant parce que tu es son meilleur ami !

- Comment vous pouvez laisser faire ça ? Il pourrait mourir ! C'est comme si vous continuiez ce que Danzō et les autres ont fait !

- Naruto, calme-toi, s'il-te-plaît.

- Me calmer ? Vous croyez que c'est possible alors que mon meilleur ami est en danger de mort ?!

- Mais ouvre les yeux, bon sang, pour le moment, tu ne peux rien ! s'énerva soudain Tsunade. Et je ne continue pas ce qu'ont pu faire Danzō Homura et Koharu, puisque je suis contre ! J'essaie juste de faire ce qui me paraît le plus juste et le plus sage pour Konoha. Tout au plus, je te laisserai le chercher avec deux unités, mais nous n'attaquerons pas Orochimaru sans rien connaître de lui !

- Orochimaru ? C'est qui lui ?

Incrédule, j'écoutai Tsunade qui, résignée, s'était décidée à me dire qui était celui qui voulait mon brun pour lui tout seul. Et ce que j'en appris ne me rassura point. Apparemment, Orochimaru était un déserteur qui cherchait à gagner l'immortalité, et qui utilisait pour cela des corps qui faisaient office de réceptacles. Et Sasuke était sa cible numéro un, étant données ses capacités. Il était donc bel et bien en danger de mort, et pas qu'un peu… J'avais donc peu de temps pour le tirer des griffes de ce serpent. Et il fallait que je réussisse. Je n'osais même pas imaginer ma vie sans lui.

҉

Le lendemain, à l'entrée du village, notre escouade dut subir les recommandations de l'Hokage. Une routine ô combien ennuyante, mais malheureusement obligatoire… Quand mamie Tsunade eut fini ses éternelles mises en gardes et ses phrases de courage, nous pûmes enfin partir. Pas trop tôt ! Enfin, je ne m'inquiétais pas trop. Après tout, j'avais demandé à une équipe formidable de nous accompagner : Hinata, Kiba et Shino. Avec des ninjas de cette envergure, et le commandant Yamato en plus, j'étais sûr de ramener Sasuke à Konoha !

Enfin, c'était sans compter sur la rapidité de mon brun. Tout portait à croire qu'il avait effectivement rejoint l'autre serpent, puisque Kiba avait détecté son odeur à proximité de l'entrée d'un de ses repaires. Et il l'avait trouvé en si peu de temps ! Il devait vraiment vouloir le rejoindre alors…

Je n'arrivais pas à me faire à l'idée qu'il nous avait trahis. Lui qui, il y a quelques jours encore, riait à côté de moi, voilà qu'il se retrouvait sous l'égide d'un serpent sournois aux idées mal placées. Tout cela était si vite arrivé que ça me paraissait irréel. Même si la vérité était exposée clairement devant mes yeux. Beaucoup trop clairement à mon goût.


[Sasuke]

- Alors tu as enfin cédé à la tentation ? Je t'avais dit que tu viendrais chercher du pouvoir mais tu n'avais accordé aucune espèce d'importance à mes paroles. Il semblerait que tes convictions aient quelque peu changé …

Énervé par l'air supérieur que se donnait ce blanc-bec aux cheveux gras, je ne répondis rien. Il continua donc, apparemment sans se rendre compte que quelqu'un était posté derrière la porte, et semblait épier notre conversation.

- C'est bon, tu peux rester. Après tout, ton objectif est le même que le mien, et je ne peux nier tes capacités. Et je sens à ton ressenti envers le village que tu ne me trahiras pas. Je t'enseignerai donc quelques techniques de mon répertoire, et, en échange, tu m'obéiras. Très bien ! Kabuto, puisque tu as tout entendu, montre son nouveau chez-soi à notre ami.

Ah, finalement, il l'avait remarqué… En tout cas, il était vraiment facile à tromper. Croire que je me laisserais faire comme un gentil pantin tout cela pour quelques malheureux sorts ! Non, Orochimaru ! Je suis venu pour me servir de toi ! Pour détruire Konoha plus facilement, pas pour te servir de toutou ! Mais sa naïveté me servait beaucoup : je n'avais pas eu à le soudoyer pour rester. Et il ne me soupçonnait aucunement. Ce n'était peut-être pas le cas de son disciple, Kabuto, mais ce dernier ne m'inquiétait guère. Depuis quand le serpent faisait attention aux conseils qu'on pouvait lui donner… ?

Je fixai les étoiles en repensant au soir où j'avais voulu les rejoindre pour échapper à mes sentiments*. Et la même envie s'immisçait en ce moment dans mon esprit. Je voulais venger ma famille, et surtout mon grand-frère. Mais pourquoi m'en prendre au village entier ? Même en ne visant que les dirigeants, j'étais sûr d'avoir à affronter la piétaille qui se précipiterait pour protéger leurs supérieurs coûte que coûte. Et si tout le monde mourrait, cela n'aurait servi à rien, puisqu'il n'y aurait plus personne pour souffrir. Non, il fallait que je trouve un moyen de n'atteindre que les hautes instances du pouvoir.

Et je laissai mes pensées vagabonder… jusqu'à Naru… Il devait me chercher en ce moment. Désespérer. Pleurer. Crier. M'appeler. Et me maudire. Après tout, il ne connaissait pas la raison de mon départ. J'aurais voulu lui expliquer, mais sa fâcheuse tendance à faire confiance à tout le monde et son penchant bavard ne m'avait pas encouragé à lui révéler un secret aussi lourd. Je ne voulais pas qu'il souffre. Mais cela me paraissait inévitable. Si je voulais regagner l'honneur de ma famille, lui, voulait devenir Hokage, et protéger son village. Nos convictions étaient si différentes, si antinomiques. Et nos destins semblaient nous séparer, peu importe ce que nous tentions pour inverser le cours des choses. Et l'écart se creusait. Irrémédiablement.

Plongé dans mes pensées toutes plus noires les unes que les autres, je ne sentis pas les larmes couler le long de mes joues, et s'envoler, portées par le vent de l'automne qui approchait à grands pas.

Je ne redescendis sur Terre que quand la voix d'Orochimaru retentit dans mon dos, froide au possible :

- Sasuke ? Viens nous aider, il faut avoir récupéré le plus important pour demain midi.

- J'arrive.


[Naruto]

Un frisson parcourut mon échine. Le froid commençait à se faire ressentir. Mais je n'en avais que faire. Le regard perdu dans le ciel étoilé, je n'avais pas remarqué qu'une larme avait tracé un sillon humide sur ma joue.

Je fermai les yeux et pris une grande bouffée d'air frais. Il fallait que j'oublie mes problèmes quelques temps, ou je ne pourrais mener à bien ma prochaine mission. En pensant à celle-ci, je me demandais si Tsunade ne l'avait pas choisie exprès pour nous mettre à l'épreuve, Sakura et moi. Peut-être pour nous dégoûter, peut-être pour nous décourager… Toujours est-il que le but de cette mission était de mettre à jour les plans d'Orochimaru en infiltrant l'un de ses repaires, inoccupé en ce moment.

҉

Un bruit sourd de frappement me tira de mon sommeil. J'ouvris difficilement les yeux, et me dirigeai vers la porte, qui menaçait de casser sous les coups du sauvage qui se trouvait derrière. Bordel, on ne me laissait jamais dormir en paix !

- Narutoooo ! La missiooonnn !

Oups ! Et une tempête rose déboula dans ma maison, et me secoua comme un prunier.

- Comment t'as pu oublier ça ?!

- Désolé, Sakura, j'ai pas fait attention ! Tu peux me lâcher ? J'aimerais bien m'habiller !

Avec un regard noir, elle obtempéra, et me laissa faire un rapide aller-retour dans ma chambre. Et quelques temps plus tard, nous étions à l'entrée du village,… à attendre Kakashi - comme c'était surprenant… !

- Yo, les jeunes !

- Et bah, c'est pas trop tôt ! Dites, sensei, est-ce qu'un jour vous arriverez à l'heure ?

- Ta gueule, imbécile ! hurla soudain Sakura en m'assenant un coup de poing magistral sur le crâne. Je te signale que tu n'étais pas non plus très à l'heure !

- Non, et alors ? Au moins, j'étais prêt avant lui !

- C'est tout ce que tu peux trouver comme excuse ? désespéra-t-elle.

- Dites, il serait temps de partir, non ? hasarda Kakashi avec son air habituel : blasé.

- Ouais, vous n'avez pas tort…

Décidément, Sakura m'échauffait les nerfs en ce moment ! Elle pouvait être très attentionnée, mais depuis quelques jours, elle était sur les nerfs autant que moi. Nos disputes s'enchaînaient, beaucoup plus nombreuses qu'avant, et cela m'énervait. Où était donc passée la Sakura qui s'inquiétait pour tout le monde sous ses airs de jeune fille sûre d'elle ? Je me doutais bien que ce soudain changement d'humeur n'était pas étranger au départ de Sasuke, mais ce n'était pas une raison pour faire subir son désespoir à tout le monde ! Moi aussi il me manquait, ce n'était pas pour autant que j'allais pleurer devant Iruka ou que j'allais passer mes nerfs sur mon équipe ! Enfin, peut-être que marcher me changerait les idées… Je me dirigeai donc vers l'entrée de Konoha d'un pas décidé.

Arrivé devant, j'attendis que Kakashi et Sakura me rejoignent, et remarquai que Tsunade n'était pas venue nous faire ses adieux rituels. Elle devait être passée un peu plus tôt, et ne nous voyant pas, avait dû s'en aller remplir ses obligations de Hokage.

Nous partîmes donc à travers la forêt en bondissant de branches en branches, et ne tardâmes pas à arriver en vue d'une tête de serpent géante qui semblait sortie des profondeurs de la terre. Sa bouche béante s'ouvrait sur un couloir sombre. Nous nous faufilâmes à l'intérieur rapidement ; après tout, on ne savait pas qui pouvait traîner dans les environs.

Plus nous avancions, plus je sentais des haut-le-cœur m'étreindre. L'air froid et humide collait à ma peau, et une odeur désagréable de cadavre en décomposition régnait en cet endroit. Au moins, nous étions sûrs de ne pas nous être trompés… Pièces après pièces, nous découvrions les carnages qu'avaient provoqués Orochimaru. Ce type n'était vraiment qu'un monstre ! Des corps en expérimentation, plongés dans des bains afin de les conserver ; des membres arrachés qui pendaient des plafonds ; des yeux, des doigts, enfermés dans des bocaux et qui remplissaient des étagères ; des récits de massacre et des illustrations d'expériences beaucoup trop détaillées à mon goût ; … Bienvenue chez Orochimaru-le-psychopathe !

Nous récupérions au passage tout ce qui pourrait servir de renseignements, quand soudain, Kakashi stoppa ses investigations et renifla l'air.

- Que se passe-t-il sensei ?

- Je crois que… attendez-moi ici, je reviens.

Et il sortit de la pièce, toujours le nez en l'air. Je jetai un coup d'œil à Sakura. Elle opina du chef, et nous suivîmes donc Kakashi silencieusement. Bien sûr, nous savions qu'il nous avait repérés dès la seconde-même où nous avions décidé de le suivre, mais il devait aussi avoir compris que nous ne resterions pas sagement à attendre qu'il revienne nous dire ce qu'il avait trouvé d'intéressant, ou de dangereux.

Il traversa des couloirs aux torches qui s'allumaient une par une sur notre passage en détectant notre chakra et aux ouvertures creusées à même la roche qui ouvraient sur des passages, des pièces, tout en formant un labyrinthe où il semblait si facile de se perdre !

Arrivé devant une énième porte, il s'arrêta, l'ouvrit d'un grand coup de pied, et poussa un grand soupir de soulagement, en même temps qu'il semblait préoccupé, et triste. Mais pour quelle raison ? Il devait avoir senti l'odeur d'Orochimaru, ne l'avait pas trouvé, en avait été soulagé, et également déçu de ne pas avoir pu lui régler son compte. Oui, ça devait être ça, j'essayais de m'en persuader… Seulement voilà, je n'étais pas vraiment convaincu. Un doute persistait dans ma tête. Il fallait que je sache exactement. J'activai donc le mode sennin, et les odeurs qui régnaient en cet endroit me parurent bien plus distinctement. Bien trop distinctement, en fait. L'une d'entre elle attira mon attention. Je la connaissais. Oh, non ! En espérant de tout mon cœur de me tromper, je courrai à toute vitesse vers la porte devant laquelle mon sensei était resté planté, et rentrai en coup de vent dans la pièce. Et cette odeur que je redoutais tant me sauta au visage. Comme une claque glacée de vérité. Il avait été dans cette pièce il y encore quelques heures.

Je ressentis une douleur sourde aux genoux. Je devais être tombé dessus. Je ne ressentais plus rien, n'entendais plus rien, ne voyais que ce haut où l'éventail des Uchiwa n'était que trop visible, ne sentais que cette odeur qui assaillait mes narines à l'odorat trop aiguisé à mon goût, cette odeur si propre à Sasuke, si douloureuse.


[Sasuke]

- Pourquoi être partis si vite ? Craigniez-vous quelque chose ?

Orochimaru se tourna vers moi et me fixa de ses iris fendus qui semblaient lire en moi comme dans un livre ouvert. Il semblait réfléchir. J'en déduisis qu'il ne m'avait pas tout dit sur ce départ précipité. Sa bouche esquissa soudain un sourire carnassier, et il passa sa langue fourchue, longue et répugnante sur ses lèvres étirées.

- Je vais être franc avec toi. Puisque tu veux tellement échapper à ce village. Sache qu'une équipe doit être en train de fouiller le repaire à l'heure qu'il est. Je les ai sentis arriver, et j'ai récupéré tout ce qui pourrait nous nuire si cela tombait entre leurs mains. Je leur ai laissé des documents, des indices, pour les lancer sur une fausse piste.

« Je suis recherché, ne l'oublie pas.

« Et enfin, sais-tu pourquoi je t'ai révélé cela ? Sans attendre ma réponse, il continua : Pour voir ta réaction. Et je t'avoue qu'elle m'a plu. Tu n'accordes plus d'importance à ce village, et c'est parfait. Du moins, en apparence. Je ne peux connaître tes réelles pensées, mais il vaudrait mieux pour toi ne plus rien ressentir du tout à l'égard de cet endroit. Cela ne pourrait que te nuire. Débarrasse-toi de tous ces sentiments d'attache qui t'entravent plus que ne t'aident. Tu verras que tu te sentiras beaucoup mieux après. Et que tu pourras agir comme tu le souhaites. Et détruire ceux qui ont détruit ton frère.

Je comprenais mieux… Au fond, il avait raison, tout cela, c'était pour ma famille que je le faisais, et surtout pour Itachi. Je fermai donc les yeux face à la « cachotterie », et continuai mon chemin. Cela ne servait à rien de m'accrocher à des liens vains, et qui en aucun cas ne m'aideraient dans mon but.

C'est donc d'un pas décidé que je suivis celui qui allait bientôt se révéler utile pour moi, sans le savoir. Sans se rendre compte que je ne faisais que le manipuler depuis le début, dans le seul et unique dessein de parvenir à mes fins. Quel naïf !

҉

Le lendemain, nous étions arrivés à un autre repaire du serpent. Il faisait face à la mer, comme bravant les éléments, et le bruit des vagues qui s'écrasaient violemment au pied des rochers à pic couvrait efficacement les cris des cobayes d'Orochimaru.

Je déballai mes maigres affaires, quand je me rendis compte de mon oubli. Un de mes hauts. Il avait dû rester dans ma chambre, là-bas. J'imaginai alors la tête que tireraient certains à Konoha en le découvrant. Un sourire ironique étira mes lèvres. En réalisant que Naruto serait sans aucun doute mis au courant, je ressentis un pincement au cœur, comme pour contredire mon sourire. Puis je me ressaisis. Il fallait que je l'oublie. Pour ma famille. Pour Itachi.


[Naruto]

Je n'en pouvais plus. Je courrais partout. Dans tous les couloirs. J'ouvrais toutes les portes. Je balançais tout ce qui gênait ma vue. Je finis par émerger à la lumière éblouissante du soleil, et, sautant sur les roches qui entouraient l'entrée, je lâchai de ma voix la plus puissante possible :

- BORDEL ! TEME, OÙ T'ES ?!

Je tombai à genoux et laissai tomber dans un souffle

- Sasu, je … je t'…

Avant de sombrer dans l'inconscience.

҉

J'entendais une voix au loin. Comme un appel. J'aurais voulu y répondre mais mes sens, tout comme mon corps, semblaient tout à fait engourdis. Je tentai difficilement d'ouvrir les yeux, et quand enfin j'y parvins, ce fut pour découvrir des taches floues et colorées qui se promenaient devant mon regard. C'était quoi ce délire, au juste ? Peut-être que si je clignais des paupières… Ah, c'était déjà mieux !

- Naruto ?! Naruto !

Oui, Sakura, c'est bien moi. Maintenant, si tu pouvais gentiment faire taire ta voix ô combien agréable - ironie, je précise -, ce serait génial. Parce que ce n'est pas que tu me tues les tympans à chaque fois, mais… Si, en fait. Tu me tues les tympans à chaque fois.

Je tentai de me redresser en soutenant ma tête de ma main. J'avais un mal de crâne insupportable. Et l'épouvantail rose et ses cris suraigus n'avaient pas arrangé les choses.

- Naruto !

- Je t'en prie, Sakura, baisse d'un ton, j'ai l'impression d'abriter une cinquantaine de tambours dans ma tête !

- Naruto, tu te sens bien ?

- Ouais, j'ai juste mal à la tête.

- Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? On t'a retrouvé inconscient et couvert d'égratignures !

C'est vrai, ça, que s'était-il passé au juste ? Je fouillai dans mon pauvre cerveau déjà torturé par la migraine, et des images éparses me revinrent. Je n'avais plus qu'à reconstituer le puzzle. Moi qui n'étais pas très fort en logique, j'étais assuré de galérer. Voyons… Alors, d'abord j'avais couru comme un dératé à travers le repaire du serpent pour retrouver mon brun. Ensuite… Ah oui !

- Je suis monté sur ces roches, j'ai hurlé quelque chose, et puis plus rien.

- Je vois. Tu as dû tomber de là-haut. Ça expliquerait les égratignures. conclut Kakashi.

- Imbécile ! Pourquoi tu es monté sur des rochers alors que tu étais exténué ?! s'énerva Sakura.

- Ça ne te regarde pas.

- Bien sûr que si ! Tu es mon ami, et je ne veux pas que tu souffres !

- Comme c'est attentionné de ta part, fis-je d'un ton ironique, mais c'est trop tard. Et si j'étais vraiment ton ami, tu serais depuis longtemps au courant de choses que tu ignores toujours.

C'était méchant, certes. Mais en ce moment, j'étais très irritable. Et Sakura ayant la fâcheuse manie de dire ce qu'il ne fallait pas, en avait payé les frais. Au moins, elle s'était tue… Elle était même partie sans rien répliquer. Ça ne lui ressemblait pas, d'ailleurs…

- Naruto, tu ne trouves pas que tu y es allé un peu fort ? Je sais que…

- Vous ne pouvez pas savoir. Vous ne pouvez pas.

Je me levai, et partis également. C'était la première fois que je coupais la parole aussi dûrement à Kakashi-sensei …


* Voir au début du chapitre 2.


Et voilà, le chapitre 7, fini ! J'espère qu'il vous a plu !

J'ai essayé d'y mettre tant de sentiments que je crois que c'est un peu confus… Et vous ?

Bon, sinon, c'est sûr que ce n'est pas un des chapitres les plus heureux, mais quelque part, je l'aime bien. Ça montre un Sasuke un peu torturé entre ses sentiments, qui doit faire des choix difficiles, et j'aime bien écrire ça, je mets toujours un peu de moi.

Et je vous annonce la fin de la première partie de The Guy Who Stole My Heart ! Eh oui, déjà ! Moi, je n'ai pas vu le temps passer ^^'

Allez, dites-moi tout ce que vous en avez pensé !

Bisous à vous, et encore un grand merci !