Chapitre 9 : Bon, qu'est-ce que tu nous fais, là ?
Bon bon bon. Ohayo ! And this is… le nouveau chapitre !
Bon, vous constaterez que le début est un peu… bizarre… Vous verrez bien à la lecture, mais bon, je regardais le cours de danse de ma mère à ce moment-là, donc j'étais pétée de rire… et j'ai peut-être écrit un peu n'importe quoi du coup ! Gomen~
En espérant qu'il vous plaise quand même, malgré l'étrangeté de certains passages un peu décalés ! (Bah oui, c'est du pur moi en fait …)
Bonne lecture et à tout à l'heure pour mon petit mot de la fin !
[POV Sasuke]
Il n'y avait plus beaucoup de guerriers. Tout au plus une vingtaine. Dont un, tout proche de moi. Ce baka s'était planté devant moi, totalement immobile. Mais qu'est-ce qu'il espérait ? Que je n'allais pas le remarquer parce qu'il ne bougeait plus ? Et puis quoi encore ? Pas de quartiers. Je n'avais le droit de ressentir aucune pitié.
Je m'élançai vers la silhouette, restée immobile au milieu du chaos, comme le repaire d'Orochimaru agressé sans cesse par les flots. Il voulait jouer le rôle du phare dans la tempête ? À son aise. Je serai l'ouragan. Et quelque chose me disait qu'il ferait moins le malin une fois qu'il aurait découvert ma violence…
Et voilà l'ouragan qui… s'arrête. Hypnotisé par des yeux d'un bleu azur paralysant… pénétrant… où l'on aurait pu se perdre tellement l'océan qu'ils semblaient enfermer était grand. Nom de nom, ces yeux me rappelaient quelque chose, mais impossible de savoir quoi…
- Sasu… ke ?
Comment connaissait-il mon nom celui-là ? … Et s'il était… ?
- Pourquoi tu m'as pas tué ? Imbécile !
Naruto. Maintenant que je voyais clairement autour de moi, mes souvenirs avaient resurgis. Quel con… ! Il n'y avait vraiment que lui pour sortir un truc pareil.
Bon, c'est pas tout ça, mais j'ai une vengeance à accomplir, moi. À moins que… peut-être étaient-ils déjà tombés au combat ? De toutes manières, Naruto ne me laisserait pas passer comme ça, et il faudrait bien je l'affronte à un moment ou à un autre. Alors autant le faire maintenant.
Un sourire sardonique étira mes lèvres. Tu veux que je te tue, baka ? D'accord !
- Je ne te laisserai pas faire de mal à qui que ce soit. Si tu veux te battre, bats-toi contre moi !
Mais je n'attends que ça !
- Laissez-nous, s'il-vous-plaît.
Non mais, regardez-le se donner des grands airs ! Il se prenait vraiment pour le Hokage ! Au moins, nous ne serions pas dérangés… Oui, parce que malgré ses petits dix-neuf ans et sa tête de gamin, les adultes lui avaient obéi… Il y avait vraiment des choses qui allaient de travers dans ce village !
Et Sasuke se jeta sur le blond, qui lâcha une larme avant de revêtir un masque de volonté impassible. Leur lames se heurtèrent, se frottèrent dans un crissement aigu, avant de se lâcher dans un bruit transparent de métal. Quand ils retombèrent, leurs bras s'armèrent de leurs techniques favorites. La boule de vent virevolta en se changeant petit à petit en shuriken géant, tandis que la foudre électrisait l'air ambiant, désireuse de transpercer quoi que ce soit. L'atmosphère était palpable tandis que les deux garçons, qui s'aimaient et se haïssaient à la fois, s'approchaient l'un de l'autre, inlassablement, fatalement.
Et quand la foudre se mêla au vent, la lumière éclata autour de cette scène sanglante de retrouvailles.
Quelques secondes plus tard, deux corps semblables à des pantins désarticulés volèrent, puis retombèrent à l'unisson dans un bruit sourd. Étaient-ils morts ? Peut-être bien… En tout cas, cela aurait arrangé un bon nombre de personne que « le traître » et « le monstre » se soient entre-tués… Mais le grain de sel du destin tombe toujours là où on ne l'attend pas. Parfois même là où on ne voudrait pas qu'il atterrisse. Et les deux ombres se redressèrent. Ni l'un ni l'autre ne voulait céder le pas à l'adversaire. Le temps de reprendre leur souffle, ils se toisèrent.
Pourquoi cet imbécile avait-il des yeux aussi bleus ? aussi lumineux ? Ils semblaient pouvoir contenir toute la joie du monde sans aucune tâche ni rature. C'en était rageant, et injuste.
Pourquoi ce mec était-il aussi acharné et obstiné ? Pourquoi ne voulait-il pas se persuader de l'inutilité de son geste ? se laisser aller et oublier toutes les injustices qu'il avait subies pour regarder devant lui ? Ce qu'il pouvait être pesant !
Et ils recommencèrent… Les coups fusaient ; les mains s'agitaient à toute vitesse pour composer les mudras ; l'eau, la foudre, le vent, le feu, tout se mêlait en un élégant ballet dévastateur. Parfois, les deux combattants s'affrontaient corps à corps, s'entrechoquaient et s'encastraient en toute violence pour se disputer la place de celui qui prendrait le dessus. Toujours, ils semblaient jouer aux ombres chinoises derrière l'écran de fumée dressé par les flammes du brun. Mais si les nuages s'étaient dissipés, l'on aurait pu voir deux garçons protéger leurs idées en combattant leurs sentiments. Sauver un village, laver l'honneur sali d'un clan, au fond, n'est-ce pas ce qu'il y a de plus juste ?
Alors pourquoi un certain blond devait-il se faire violence pour ne pas stopper ce combat ? Pourquoi son adversaire se sentait-il si bouleversé à la vue de ces deux billes azur qui le scrutaient sans arrêt ? Pourquoi ce combat paraissait-il si superficiel ?
« Il faut que ça s'arrête. » Il fallait porter le coup d'estoc. Et passer le chiffon de l'oubli sur cet instant… compliqué.
Et après ? Vivre ou mourir ? « Mourir. » Le plus simple à faire, le moins difficile à assumer. « S'il meurt, je meurs. » se disait un blond. Quant au brun, rien ne passait dans sa tête. À part peut-être « Vengeance »…
« Une dernière fois, un peu de courage. » Naruto appela Kyūbi, et s'enflamma d'une volonté nouvelle nommée Kurama. Sa cape virevoltait, et ses moustaches s'étaient élargies.
« Une dernière fois, toute ma force. » Sasuke s'entoura d'un Susanō armé d'un arc. Ses yeux fixaient sa cible, impassibles, tandis que ses cheveux se laissaient entraîner dans le souffle de sa puissance.
En lâchant un cri sauvage et déterminé, le jinchūruki de Kyūbi demanda à son renard de former l'orbe des démons à queue, tandis que le maître du sharingan armait son arc. Il fallait viser juste.
Les deux techniques furent lancés à une vitesse fulgurante, et pourtant le temps semblait s'être arrêté, et patienter doucement en attendant qu'ils atteignent leurs cibles. Et tandis que les fractions de secondes s'écoulaient tranquillement, l'orbe et la flèche finirent par se rencontrer, et explosèrent violemment en gerbes de lumière qui retombèrent en silence, presque cérémonieusement après le vacarme de l'attaque.
Mais les combattants n'étaient toujours pas tombés. Immobiles, ils se regardaient sans ciller, semblant essayer de faire plier l'autre par la seule force de leur volonté. Plus une seule goutte de chakra dans leurs corps en tout cas. Naruto avait congédié Kyūbi, souhaitant gagner le combat par ses propres forces. Quant à Sasuke, ne pouvant pas compter sur la présence d'un démon en lui, tous les combats qu'il avait menés jusque-là l'avaient épuisé. Il ne leur restait que leurs corps, qui se mouvaient difficilement dans l'obscurité. Et qui semblaient se rapprocher l'un de l'autre, de plus en plus rapidement. Comme deux amants qui ne se seraient pas vus depuis une éternité l'auraient fait. Seulement voilà, ces retrouvailles-là n'avaient plus rien d'amical. Seuls au milieu de la plaine dévastée par un combat des plus violents, les garçons firent leurs retrouvailles empoisonnées de volonté furieuse et de souhait de vengeance. De nouveau, le bruit des lames retentit avec un écho dérangeant dans l'air frais de la nuit. De nouveau, leurs corps se déplaçaient agilement pour attaquer ou défendre. Et de nouveau, ce combat parut si futile à Naruto.
Sasuke profita de cet instant d'inattention pour mettre à terre le blond, et le menacer, sa lame sur le cou. Un sourire sardonique étira les lèvres du brun. Cette fois, il avait gagné. Décidément, ce gars ne valait rien… Quant à Naruto, un soupir passa ses lèvres, et son visage sembla se teinter d'une tristesse soulagée. Peut-être qu'au fond, c'était cela sa fin… Il allait mourir de la main de son brun sans avoir pu protéger le village… Résigné, il ferma les yeux sans savoir où était passée sa volonté légendaire, attendant le dénouement de son histoire. Mais pourquoi mettait-il autant de temps ? Il sentit soudain une goutte d'eau couler sur sa joue. Il pleuvait ?
Non. Quand ses paupières s'ouvrirent sur ses yeux océans, il vit Sasuke qui avait… raté son coup ? Non, impossible. Et pourtant, son katana planté à quelques centimètres de la poitrine de Naruto, il était penché au-dessus du jeune homme, et pleurait…
Il pleurait ?! Mais pourquoi ? Naruto s'imagina que c'était peut-être parce qu'il avait raté son coup, et qu'il se sentait naze. Et pourtant, ça ne lui ressemblait pas. Il ouvrit la bouche pour le lui demander, mais se fit couper la parole.
- Pourquoi tu te laisses faire, imbécile ? Hein ? POURQUOI ?! hurla Sasuke.
Tiens, ça ne lui ressemblait pas de perdre son calme… Les rôles étaient inversés.
Naruto soupira ironiquement, puis enchaîna :
- Et qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Tue-moi, accomplie ta vengeance, et vis heureux…
- C'est vraiment ce que tu veux ?
Sasuke n'en croyait pas un mot. Ce n'était pas possible que Naruto ait pu oublier… ça si vite. Il allait se taire, ou mentir. Il ne pouvait pas avoir oublié, il ne pouvait pas. Ou bien n'était-ce pas plutôt uniquement ce que Sasuke souhaitait ?
Et puis pourquoi se poser toutes ces questions ? Après tout, le blond avait raison, il valait mieux le tuer, et accomplir sa vengeance une bonne fois pour toutes. Alors pourquoi n'y arrivait-il pas ? Pourquoi ne parvenait-il pas à planter son katana, effilé, si meurtrier, dans le cœur d'un pauvre type de plus ? Il avait tué tellement de personnes, ce n'était pourtant pas difficile ! Mais non. Son corps ne voulait pas lui obéir.
- Si c'est pour que tu partes sans rien dire encore une fois, oui, je préfère encore que tu me tues.
Il avait osé le dire. C'était comme lui avouer qu'il l'aimait, malgré tout ce que Sasuke avait pu lui faire subir. C'était comme lui dire « Tu as gagné. ». Comme lui dire « Tu m'as gagné. ». Et ça n'allait pas l'encourager à rester. Mais Naruto ne pouvait pas garder cela pour lui plus longtemps. Il souffrait trop de jouer le rôle du bon Hokage qui défend son village contre tous les méchants sans réfléchir. Ce rôle-là n'était pas pour lui.
Mais ça, Sasuke ne semblait pas l'avoir compris. Il serra les dents, essuya rageusement ses larmes, et extirpa la lame de la terre.
Naruto allait de nouveau fermer les yeux, quand il vit le brun lancer son katana derrière lui. Sasuke le fixait comme s'il voulait trouver une réponse dans ses yeux. Mais une réponse à quoi ? Et son regard était si insistant. Ah, mais ça en devenait pesant !
- Qu'est-ce que tu veux, connard ?! hurla-t-il, excédé.
- Hm.
Tiens donc, ça faisait longtemps que le blond ne l'avait pas entendu celui-là ! Ça le rendait quelque peu mélancolique… Quelque peu seulement, il ne fallait pas exagérer !
Et Sasuke, de son côté, hésitait. Il avait envie de le faire, mais quelque chose en lui lui disait qu'il valait mieux poursuivre comme prévu. Il s'était promis de mener à bien son objectif sans regarder en arrière, et pourtant il ne pouvait pas s'en empêcher.
- Naruto…
Comme si une force contre laquelle il ne pouvait rien l'attirait au fond de ces yeux bleus.
- Ouais, effectivement, c'est mon prénom, et après ?!
Et maintenant… ?
- Bon, qu'est-ce que tu nous fais, là ?
Bah justement, il ne savait pas. Il avait besoin de se décider. Et ça n'avait rien de facile…
- Oh, Sas…
Il s'était décidé.
Des frissons parcouraient leurs corps. Jusqu'au bout de leurs doigts. Leurs idées s'emmêlaient et s'entremêlaient sans trouver de réponses valables à toutes les questions qui traversaient leurs esprits. Ce n'était pas vraiment la fin de combat qu'ils avaient imaginée…
Orochimaru, caché derrière un arbre, observait la scène avec effarement. Son cher protégé qu'il avait amené à un tel niveau, autant technique que mental, était donc si faible au final ?! Le seul qu'il avait croisé en tant d'années qui eût été capable de contenir son esprit, d'être un réceptacle plus digne que tous ceux qu'il avait utilisés auparavant. Le seul, et il fallait qu'il découvre cette faiblesse qui entachait toute sa puissance à quelques jours du transfert d'âmes… ! Et ce satané Kabuto qui venait, par la même occasion, de prouver indirectement que tous ses soupçons étaient fondés, et qu'il avait raison !
Non, décidément, Orochimaru ne pouvait pas accepter pas d'avoir tort. Mais comment faire taire Kabuto ? En trouvant un autre réceptacle. Mais qui pourrait bien… ? Mais bien sûr ! C'était encore mieux ! Mais il fallait d'abord supprimer ce gêneur… et son 'copain' aussi tant qu'à faire. Au moins, il serait vengé de ce village qui l'avait rejeté ! Il suffisait juste d'attendre un peu qu'ils s'alignent, et il pourrait se débarrasser de deux problèmes épineux en un coup, et initier un nouveau plan.
Konoha ne perdait rien pour attendre. Le village allait découvrir ce qu'était la véritable puissance d'un Orochimaru déchaîné.
Cependant, tout ce que pouvait comploter le serpent dans sa tête de tordu dégénéré échappait complètement à Naruto et Sasuke.
[POV Naruto]
Alors ça, c'était le truc auquel je m'attendais le moins ! J'avais beau avoir imaginé tous les combats possibles, jamais je n'aurais pensé que Mr Uchiwa Le Glaçon serait allé jusque-là ! Mais j'avais beau me rendre compte que j'appréciais la sensation plus qu'agréable de ses lèvres sur les miennes, je ne pouvais pas non plus empêcher ma tête de tourner, assaillie par toutes les pensées contradictoires et hétéroclites qui s'y entrechoquaient. Je ne pouvais pas, je ne pouvais plus… Il m'avait trahi, abandonné lâchement en quête de puissance ; je ne pouvais pas le laisser se racheter aussi facilement.
- Yah, de quel droit tu te permets ça ?! m'énervai-je soudain.
- T'en as mis du temps à réagir… alors ça t'a plu ?
- Tiens, tu parles beaucoup d'un coup… Serait-ce que le sujet t'intéresse ?
Il ne répondit pas. C'était vraiment Sasuke. Allons, Naruto, ce n'était pas le moment de lâcher, il fallait le pousser dans ses derniers retranchements.
- À vrai dire… oui. finit-il par répondre.
- Vraiment ?
Un rire nerveux m'échappa. Il ne cessait de me surprendre.
- J'espère que c'est de l'humour !
- Pas le moins du monde.
- Hin hin… Alors tu te barres sans prévenir en laissant tout le monde dans le doute et l'inquiétude pendant plus d'un an, et après tu te pointes comme une fleur en croyant qu'un bisou va effacer tes erreurs ? Ou plutôt devrais-je dire… tes horreurs ?
- Naruto, je t'en prie, je suis très sérieux. dit-il en fronçant les sourcils.
- Oh, mais ça tombe bien, moi aussi, Mr Uchiwa. Je suis parfaitement sérieux quand j'avance que tu nous a tous trahis, nous, et toute la confiance qu'on avait pu avoir en toi. Et je suis aussi parfaitement sérieux quand je te dis de foutre le camp si tu ne veux pas finir dans une des geôles de Konoha. Va rejoindre ton serpent venimeux et repoussant !
À voir sa tête, le message avait du mal à passer. Peut-être cela le surprenait-il que « celui qui l'avait aimé » sorte un truc pareil… En tout cas, tout abasourdi qu'il paraissait être, je n'allais pas retirer mes paroles. J'avais vraiment trop souffert pour renoncer maintenant.
- Tu… le penses vraiment ? demanda-t-il avec un air déçu au possible.
Oui, et non. Mais ça, s'il pensait que j'allais le lui révéler, il ne me connaissait pas !
- Excuse-moi, mais…
Je l'envoyai soudainement balader à quelques mètres de moi. Cela faisait un peu trop longtemps qu'on était dans cette position pour le moins gênante.
- C'est déjà mieux.
Alors qu'il s'appuyait péniblement sur ses mains pour se relever – visiblement, je l'avais surpris –, je me précipitai sur lui à une vitesse digne de mon père, et pris sa place d'il y a quelques secondes. Cette fois, c'était à moi de contrôler la situation, et j'y prenais un malin plaisir.
- Je le pense vraiment, pour répondre à ta question. Est-ce que j'ai l'air de raconter des conneries ? Alors ne viens plus me gêner avec tes semblants de remords à la con, je n'y crois plus.
[POV Sasuke]
Alors, c'était vraiment ça sa réponse ? Je n'arrivais pas à y croire, ce n'était pas possible. Il ne pouvait pas penser que je les avais trahis ! J'étais seulement parti pour que mon clan recouvre son honneur, accomplir ce que mes parents auraient sûrement voulu que je fasse. Et, par-dessus tout, pour redonner à mon frère la place qu'il méritait : il s'était sacrifié pour Konoha.
- Alors, maintenant, soit tu te barres en vitesse, et je ne te revois plus jamais, soit en tant que Hokage suppléant, je me verrais dans l'obligation de t'arrêter pour trahison et pour meurtre.
Une lueur passa dans ses yeux… un reflet humide… il se trahissait lui-même, son corps ne pouvait pas mentir aussi bien que sa bouche. Sa bouche… si ensorcelante que je n'écoutais plus rien autour de moi. Tout ce qui nous entourait, la brise, les bruits de la nature, le sol rugueux sur lequel il m'avait jeté de plein fouet, le ciel qui commençait à se dévoiler derrière les nuages de fumée qu'avaient dressés nos techniques, absolument tout disparaissait, happé par l'hypnotisme de ces parcelles de peau charnues et roses qui ne demandaient qu'à être embrassées, que dis-je, dévorées de passion brûlante !
Mais… ? Il s'approchait de moi ! Serait-ce qu'il avait enfin compris qu'il nous fallait nous réconcilier, que nous ne pouvions pas rester à nous ignorer en souffrant silencieusement… ? Il s'approchait de plus en plus de moi, et mon cœur s'affola. Il était si près de mon visage que nos souffles se mêlaient, et je pouvais reconnaître son odeur enivrante qui m'avait fait rêver si souvent.
Alors que j'allais pour sceller nos lèvres fiévreuses et tremblantes d'envie, il se dévia rapidement et me susurra d'une voix qui me fit frissonner :
- … te faire tuer par celui qui t'a instruit…
Et la réalité m'éclata en plein visage. Évidemment qu'il n'allait pas s'avouer vaincu si vite ! Mais qu'est-ce qu'il voulait dire « te faire tuer par celui qui t'a instruit » ?
Je n'eus pas le temps d'y réfléchir que Naruto fit volte-face pour retenir un Orochimaru visiblement fou-furieux qui allait se jeter sur nous, et apparemment nous embrocher l'un sur l'autre. Il fallait forcément que ce serpent de malheur vienne nous déranger à ce moment précis !
Sa rage était telle que ses yeux maladifs semblaient ne voir que nous deux. Ils cherchaient fiévreusement le bon moment pour pouvoir éliminer ce qui le gênait : un réceptacle de Kyūbi extrêmement fort à la tête de Konoha, et le dernier des Uchiwa qui ne voulait plus se laisser faire comme un pantin.
Il avait récupéré mon katana et le faisait tournoyer dans tous les sens, tranchant l'air de son envie de meurtre palpable. La lame semblait perdue, cherchant son but, mais le regard animal d'Orochimaru me fixait, injecté de sang. Ses iris fendus ne quittaient pas leur proie. Si je n'agissais pas dans l'instant, je risquais de mourir !
Je roulai donc rapidement sur le côté, évitant de justesse la lame effilée, et me relevai rapidement. Dans une pirouette adroite, je pris appui sur la tête du serpent pour passer au-dessus de lui, et me retrouver dans son dos. Sans qu'il ait le temps de se retourner, je lui arrachai mon katana qu'il avait placé derrière lui pour prendre de l'élan. S'il pensait le garder, il se fourrait le doigt dans l'œil. C'était l'héritage de ma famille, le sabre que j'avais récupéré au temple des Uchiwa, le sabre que mon frère utilisait en tant qu'Anbu, le sabre qui devait m'aider à… tuer Itachi, le sabre qui m'accompagnait depuis le début de ma vengeance. Qu'il utilise les katanas qu'il sortait de la bouche de ses serpents dégoulinants et répugnants ne me dérangeait pas, mais il n'avait pas intérêt à toucher à celui-là.
Quand il se rendit compte que je le lui avais subtilisé, un de ses gluants compagnons lui en fournit un nouveau comme prévu. Mais Orochimaru n'avait pas mon habilité au kenjutsu, et le combat risquait fort de tourner rapidement en ma faveur.
Qu'il tentât de frapper à droite ou à gauche, par le haut ou le bas, directement ou par revers, je contrais le moindre mouvement de sa lame en ma direction grâce à mon sharingan. Et comme je le connaissais, je pouvais deviner que ses nerfs n'allaient pas tenir beaucoup plus longtemps. En effet, au bout d'une vingtaine de coups ratés essuyés, il se mordit vivement le doigt, traça des lignes invocatrices au sol, et fit apparaître Manda dans un nuage de fumée. Il ne rigolait plus, prenait le combat parfaitement au sérieux. Et apparemment, il n'était pas le seul. Naruto venait d'invoquer un énorme crapaud aux couleurs bariolées et fumant arrogamment une pipe gigantesque, et il trônait fièrement sur son crâne.
- Tu vois pas que tu gênes, Sasuke ? Ce n'est pas un combat de pacotilles, ici.
Ah il pensait vraiment que je ne savais que remuer une lame ? Attends un peu Naruto, tu vas voir ce que tu vas voir ! Mangekyō sharingan enclenché, et Susanō autour de moi, le serpent pouvait toujours essayer de m'avoir ! Et les beaux-parleurs n'avaient qu'à bien se tenir ! Parce que ma rage ne faisait qu'augmenter à mesure qu'Orochimaru effectuait ses techniques.
Soudain, je sentis une nouvelle source de chakra arriver droit sur moi. Kabuto avait décidé de se mêler du combat. Décidément, il se mêlait de tout ce qui ne le regardait pas, celui-là ! Furtivement, je me dirigeai vers lui et tentai de l'attaquer par derrière, mais il esquiva avec un kunai. Tout d'un coup, il dirigea habilement sa main vers ma poitrine avec un scalpel de chakra. Je n'eus pas le temps d'esquiver, et il toucha aux poumons. Ce satané Kabuto avait coupé certaines liaisons, et ma respiration était hachée, difficile. Il avait appris les techniques de l'équipe médicale de Konoha quand il y avait été espion, et savait parfaitement s'en servir.
Il fallait que je réfléchisse, que j'analyse ses techniques. Il n'était fort qu'en combat rapproché, n'avait que très peu de capacités en distance. Il fallait que j'exploite cette faille.
Je pris donc de l'élan, m'élançai sur un rocher qui surgissait de terre bien plus haut que les autres, tendis mon arc, visai mon adversaire et lâcha une flèche de mon Susanō en une fraction de seconde.
Mais avec une vitesse que je ne lui connaissais pas, il esquiva en me narguant d'un sourire vainqueur. Puis il joignit ses mains, et commença à composer des mudras.
Étrange… on aurait dit qu'il voulait exécuter une technique du répertoire Fūton. Mais c'était impossible, il n'avait pas cette habilité ! En revanche, Orochimaru !
- Eh oui ! Comme tu peux le voir, Orochimaru et moi avons réussi à partager nos habilités ! Alors, qu'est-ce que tu vas faire, maintenant ?
- Hm ! Tu crois vraiment que tu pourrais me vaincre ?
J'éclatai d'un rire sardonique en le laissant se bercer de ses rêves idéalistes, tandis qu'il lâchait son Daitoppa*, qui fut rapidement stoppé par mon Susanō, ce qui ne fit qu'augmenter mon rire. Il croyait vraiment qu'il lui était possible de… ? Que… ? Un serpent venait de s'emparer de ma cheville, et montait vivement autour de moi. J'essayai de m'emparer de mon katana, mais il retenait mon bras en le serrant fortement. Merde ! Cette fois, c'était moi qui étais en mauvaise posture.
- Alors ? Tu ries toujours ?
Soudain, un sabre sortit de la bouche du serpent.
« Un battement de cœur résonne dans mes tympans. La lame s'approche. Si doucement. Et pourtant si rapidement. Un autre battement. Et mon cœur s'emballe. La pointe sur mon ventre. Puis qui disparaît dans la chair. Une douleur sourde. Si présente. Une larme de regret qui coule sur ma joue blanche, comme un adieu, une excuse, un aveu peut-être. Un regard désolé posé tendrement sur un blond qui ouvre des yeux ronds comme des soucoupes. Peut-être que finalement il m'a pardonné… Alors, je peux partir en paix. »
*« La grande percée », technique d'Orochimaru.
Gniéhéhéhé… ! /PAN/ Je sais. Vous me détestez. Je sens les ondes meurtrières arriver jusqu'à moi, pauvre innocente que je suis. (Haha, la blague !) Enfin. Lisez mon "petit" commentaire jusqu'à la fin au moins cette fois s'il vous plaît !
Vous avez sûrement remarqué que j'ai écrit une grande partie du chapitre en POV extérieur, et que c'est la première fois. Il y a plusieurs raisons à ce choix. D'abord, il fallait que cette partie de la fiction soit vraiment à part, parce qu'elle est décisive, très importante. Ensuite, dans une moindre mesure, parce qu'il fallait avoir accès aux pensées d'Orochimaru sans pour autant qu'il n'ait son propre POV. Enfin, et surtout, parce que je ne voulais pas de POV Sasuke, ni de POV Naruto. Je voulais donner une impression qu'ils sont réunis, qu'ils ne font presque plus qu'un. Je voulais créer une certaine ambiguïté, un amour, un couple, suggérés même dans un combat. Et je ne pouvais le faire qu'avec un POV extérieur.
Donc voilà, maintenant que vous savez tout, donnez-moi votre avis, parce que c'est mon salaire ! Je me nourris de vos reviews ! XD (Peut-être pas à ce point-là quand même) Non, mais c'est vrai que c'est quand même très important pour moi, donc n'hésitez surtout pas, même si ça ne fait que quelques mots, ça fait toujours plaisir !
Voiliiii gros bisous, et gros merci aussi à vous tous de me lire !
